mardi 24 mars 2015

• Reportage Zen

Les moinillons sont assemblés dans la cour, s'efforçant d'être sages.
Un maître vénérable, de passage en ces lieux, va leur délivrer un message.
Le voici qui approche, vieillard au dos courbé, à la démarche lente.
A grand-peine, il monte sur la petite estrade pour lui aménagée.
Les moinillons se taisent, le maître va parler.
Surgit à ce moment la trille d'un oiseau. Le maître s'immobilise, le doigt levé.
Lorsque l'oiseau se tait, le vieil homme s'incline devant l'assemblée,
puis il s'en va, à pas menus, comme il était venu.



jeudi 12 mars 2015

• Le Rien - Stephen Jourdain


Causeries et discussions bastiaises
2006-2007
Extraits significatifs

Un sujet voyant sans yeux ni lumière
un objet sans apparence qui n'est autre
que le sujet voyant, se voyant.
Tel est le miracle de la conscience.
Stephen Jourdain
"Les propos de Steve Jourdain étaient d’une fulgurance à vous couper le souffle. Certes, il avait, au fur et à mesure du temps, élaboré son propre langage, mais ce qui était certain c’est qu’il n’avait copié personne. Une grammaire inédite émanait directement, comme il aimait à le souligner lui-même, de cette chose qui lui était tombée sur la tête à l’âge de seize ans."
"Sa liberté de langage révélait une pratique métaphysique de haut vol. Son discours n’avait strictement rien à voir avec toutes ces élucubrations de maîtres spiritualisants, qui aujourd’hui surgissent de toutes parts, se gargarisant de formules récurrentes qu’ils rabâchent à tour de bras. Ici, il s’agissait d’une rupture totale."
Charles Antoni
Le thème principal de ses ouvrages gravite autour de ce qu'il appelle un geste intérieur qu'il nomme également « l'éveil » :
« Je suis resté une heure ou deux éveillé, dans l’obscurité, œuvrant « l’éveil », grattant l’allumette et provoquant la flamme - qui était une même chose que le geste par lequel je la faisais brûler - et jouant un peu avec cela, je crois, avec émerveillement. Le lendemain matin, ma première pensée a été « l’éveil », et savais-je toujours faire le geste ? J’ai découvert que oui, je savais, que cette chose miraculeuse était toujours là, et qu’elle serait présente jusqu’à ma mort, car je n’oublierai jamais le geste. »


Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions Charles Antoni - L'Originel : 

Esprit. Être. Étonnement.

L’Esprit, unique assise et unique substance
de toute chose.
Esprit pur. Pur de quoi ? D’étendue.
Spatialiser l’esprit, c’est le crime de lèse
esprit.
L’esprit est insitué et insituable.
Entends comme brame en avril
La rame viride du bois
A. Rimbaud


Frapper à la porte de l’être. Comment ?
En s’étonnant d’être.
La culmination de l’étonnement :
l’étonnement d’être.
Pas d’étonnements mineurs, inféconds.
Tomber simplement bouche bée est un
accomplissement.
Un étonnement peut en cacher un autre.
Ci-dessous, quelques notations - rendant, je
l’espère le son léger de la drôlerie - allant dans
le sens de ce qui vient d’être dit.


La vue de l’oreille humaine me fiche un
coup ; je regarde cet entonnoir cartilagineux
sculpté de saillies et de creux, et suis saisi par
une incrédulité gréée de stupeur.
A un moindre degré, un pied, surtout nu,
me fait le même effet.
Je me découvre soudain une furieuse envie
d’en découdre sur le mystère de cet appendice
(devrais-je parler d’organe ?), glabre chez
l’homme, velu chez l’animal.


En quoi, grand Dieu, un pied - en termes
vulgaires, un panard - spectacle banal s’il en
est, usé jusqu’à la trame par une fréquentation
qu’on peut sans risque qualifier de journalière,
justifie-t-il qu’on s’ébahisse !


Et me voici creusant sous la pellicule de mon
étonnement ; tombant en arrêt devant une
interrogation qui me tarabuste depuis l’enfance.
Pas la peine de chercher bien loin pour vous
en communiquer la teneur :
Mon voisin de table vient de poser
machinalement l’un de ses pieds sur l’autre ;
par mimétisme, je l’imite ; nous voilà au coeur
de l’affaire !


Entre la sensation induite chez cet homme
par ce geste anodin, et celle que présentement
j’éprouve à mon tour, existe-t-il une différence,
même minime ?
Réponse sans affèterie ni calcul : PAS DE
DIFFÉRENCE, identité absolue des deux
sensations.


Serais-je fou depuis ce temps lointain qui me
vit passer du lait maternel au Pelargon Orange ?


L’hypothèse de ma folie doit être retenue.
Combien de fois n’ai-je pas clamé : « L’oeil de
la pensée est un oeil de verre » ; ajoutant dans la
foulée : « Un coup de pied dans la fourmilière
de la quête et de la non-quête ! »


Pour votre gouverne, sachez que dans le
passé je me suis enhardi maintes fois à soumettre
à mon interlocuteur une question plus
insidieuse et révoltante encore :
Pouvez-vous, cher Monsieur (ou cher
Ami, ou plus cavalièrement, cher Dushnok),
mettre le doigt sur ce qui pourrait distinguer
la précieuse impression que vous avez d’être
vous-même, cela même que chacun entend
par le mot moi, et cette même fondamentale
impression s’épanouissant chez votre serviteur ?
Pressentant quelque piège dans ma question,
le type s’est débrouillé pour noyer le poisson.


En vertu de quelle inconscience, de quelle
abyssale inconscience, un être s’estimant dans
la pleine possession de ses facultés, peut-il indéfiniment
faire l’impasse sur l’universalité de
l’intuition « moi » !


Si le monde tournait à l’endroit, nul doute
que nous nous inclinerions devant la primauté
de ce raptus : moi ; et obéirions à la demande
instante qu’il nous fait de le DEVENIR ; ayant
dès lors parcouru l’étrange chemin qui mène à
l’Être, nous SERIONS.


Fais le voyage jusqu’au tréfonds de l’intimité
de toi-même, et sois.


Personne, jamais, ne crédite l’autre d’une
conscience semblable à la sienne ; il n’y a donc
pas que moi qui suis fou.
La vieille dame attendrissante qui traverse la
rue en boitillant ; le malabar devant son demi,
captivé par l’exploration de ses fosses nasales ;
le bel homme vieillissant paradant à destination
d’une galerie féminine imaginaire.
Pas un seul de ces représentants de la gent
humaine qui ne perçoive en son semblable un
strict vide subjectif ; pas un sujet, un OBJET.
Comment une telle représentation de l’autre
pourrait-elle s’accompagner de compassion ?


mardi 10 mars 2015

• Qu'est-ce que l'éveil ? - Frédéric Samnidhi



Il est un temps où le regard se perd

dans l'infinité des étoiles,

 

Il est un instant où les étoiles se perdent

dans l'infinité du Regard.



lundi 2 mars 2015

• L'éternité est toujours à l'heure - Malo Aguettant


Toute la beauté de l’être humain réside dans la possibilité de s’interroger sur sa véritable nature.
L’enjeu de ce qu’il est convenu d’appeler la quête spirituelle est la croyance en un moi séparé et auteur de ses actes, croyance qui est à l’origine de la souffrance et de la nostalgie de l’unité perdue.
Tout notre malheur provient du fait que l’on s’identifie à une forme autour de laquelle l’ego se cristallise. Mais la seule chose à laquelle nous ne pouvons pas nous identifier, c’est justement notre identité. « Être » n’est pas une identité.
En amont de tout ce qui constitue le contenu d’une existence, il y a être.

Pouvons-nous nous libérer des constructions imaginaires du mental, de ce parasitage permanent, pour accéder directement à « être », c’est-à-dire à ce que nous sommes déjà ?
Il s’agit de revenir à quelque chose de très simple, mais qui n’est pas facile pour autant : l’immédiateté d’être, en amont de toute représentation de soi.
Sur le plan de l’être, il ne nous manque rien. Ici, là, maintenant, vous pouvez apprécier la qualité très particulière de cet espace vivant que vous êtes. Cet espace permet un regard sans jugement, et donne accès directement à chaque situation concrète, dans toute sa dimension et dans toute son intensité.
Il n’y a en réalité ni « ici », ni « maintenant », ni souffrance, ni éveil, sauf dans nos rêves. Le mental transforme en concept et neutralise la moindre vérité, issue d’un enseignement authentique, qui pourrait le remettre en question.
Rien ne manque à cet instant dès lors que nous sommes présent.


© Extraits publiés avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel

Avant de découvrir cet espace de liberté, ce que nous sommes ultimement, en amont de nos sensations, de nos émotions, de nos pensées, il est indispensable de commencer par reconnaître à quel point nous sommes déterminés par nos conditionnements, conscients ou inconscients. L’évidence s’impose alors de se donner les moyens, grâce à une vigilance incarnée, de se surprendre en flagrant délit de dépendance. Ce constat constitue un véritable choc. Tant qu’on ne l’a pas vécu, on vit dans son rêve. Si nous gardons la moindre illusion en ce qui concerne la force des déterminismes et leurs conséquences dans tous les aspects de nos existences, nous resterons prisonniers de notre mental, et aucun progrès vers la liberté intérieure, ce qu’on appelle la libération, la réalisation, ne sera possible.


En amont de tout ce qui constitue le contenu d’une existence, il y a être.
En amont de notre apparente identité, de notre nom, de notre sexe, de nos qualités et défauts, des sensations et des émotions que l’on éprouve, des pensées que l’on a, il y a être.
Un livre ne peut pas changer les événements de notre vie, mais il peut changer le regard, la perspective, à partir de laquelle nous les vivons. Si notre relation aux situations auxquelles nous sommes confrontés est différente, ces situations ne nous affecteront pas de la même manière. Nos pensées, nos émotions, ne seront plus les mêmes.
La substance même de la vie n’est que relation. Les sensations nous mettent en relation avec notre corps qui lui-même est en relation avec le monde. Nos émotions et nos pensées sont également des ensembles de relations qui interagissent avec les sensations. Il suffit donc de changer notre regard sur ces relations pour que notre expérience de la vie change radicalement. Notre vie devient ainsi la qualité d’attention que nous lui portons.
La vie, avant de se manifester dans le monde apparent des phénomènes, est elle-même attention sans attente, c’est-à-dire conscience.
Ce livre ne prétend pas parler de ce que nous sommes, mais plutôt examiner tout ce qui vient interférer avec cette conscience-être.
Il s’agit d’une enquête sur les représentations que nous nous faisons de nous-mêmes. Toutes ces images, toutes ces histoires que nous produisons à longueur de vie forment autant de filtres, d’écrans, entre ce que nous sommes essentiellement et ce à quoi nous réduisons notre vie.
D’où proviennent ces images, ces histoires ? Pourquoi apparaissent-elles avec autant d’insis tance ?
Pouvons-nous nous libérer de ce bruit de fond, de ce parasitage permanent, pour accéder directement à « être », c’est-à-dire à ce que nous sommes déjà ? Ou bien sommes-nous condamnés à passer notre vie entière sous hypnose, esclaves de nos émotions et de nos pensées ?

L’urgence de cette question constitue le sujet de ce livre.


L'ÉTERNITÉ EST TOUJOURS À L'HEURE

Tout à coup, ce matin, penché sur une églantine au bord du chemin, ce n'était plus un simple promeneur qui sentait le parfum d'une fleur mais bien plutôt l'univers entier qui respirait son propre parfum.

Une vache, longuement, m'avait regardé. Je plongeai mon regard dans le sien. Et puis, brusquement, il n'y eut plus qu'un seul regard entre nous.

Une légère brise souffla par-derrière et fit voler en éclats ce qui pouvait encore se prendre pour quelqu'un. Alors, un coucou chanta au coeur même de l'instant.

Le reste de la promenade, ce fut la routine habituelle du cosmos : le monde se déployait au feu de la conscience comme un chat qui s'étire dans un rayon de soleil pour exposer chaque millimètre de son corps.

Le promeneur de la vie se déplaçait dans le corps du monde, vibrant de conscience.

«Je» est une vitre inexistante que l'on ne connaît que par les baisers de sang de la vie, dont il est couvert de toutes parts.

C'était étrange, il y avait à la fois comme un air de deuil et d'ivresse dans l'air : une vie soumise à son image s'achevait ce matin-là. Elle avait effacé sa propre image. Quand toutes les deux se font face, il y en a toujours une de trop. Alors, il faut s'attendre au pire.

Et ce fut le chaos du monde dans toute sa splendeur. Sa beauté semblait faire signe. Mais ce qui faisait signe et ce à quoi il faisait signe étaient la même chose.

Et si, en se brûlant le corps au soleil du désir, en se brûlant le coeur au soleil de la passion, on ne cessait pas de se consumer au soleil de la conscience ?

Oui, c'est bien ça, cette incessante marée de l'oubli qui n'en finit pas d'aller et venir pour toujours, inlassablement, ramener le souvenir, non pas du passé qui n'existe pas, mais le souvenir du présent, la présence, tout simplement.

Dès le moment où l'on est dans le moment, cela s'appelle un événement. Alors, tout est à sa place. Personne ne peut faire cesser cet événement précisément parce qu'il n'y a personne dans ce moment.

Et si la vie de cet homme, qui était parti pour une simple promenade, et qui n'en reviendrait jamais, n'était que le sourire furtif que la vie se faisait à elle-même ?

C'est ainsi que, parfois, «je suis» se prend à répondre de la nécessaire futilité du monde. Dès cet instant, il est, à lui seul, la loi de gravitation universelle de l'amour.

L'éternité est toujours à l'heure. Ne la faisons pas attendre. Soyons exacts.


Blog de Malo Aguettant : Être n'est pas une identité


mercredi 25 février 2015

• Nouvelles parutions

Parmi les grandes figures spirituelles de notre temps, Krishnamurti (1895-1986) fait exception. Il ne s’inscrit dans aucune des grandes traditions philosophiques ou religieuses et peut difficilement être rapproché d’autres penseurs, sages et mystiques de notre époque.
Écrire aujourd’hui un livre sur K. alors que tant d’ouvrages reprenant ses exposés s’affichent sur les rayons des librairies, est une gageure. Pourtant cette pléthore de textes n’est pas sans inconvénients, le principal étant peut-être de faire perdre de vue la grande simplicité et cohérence de sa pensée. Il reste une place pour une synthèse dégageant les grandes lignes de sa vie et de son message. C’est le projet de ce livre.
L’intelligence et la force de son message nous interpellent encore aujourd’hui : changer de regard, se libérer du connu, accueillir le réel, agir et vivre relié.
En ce temps de crises (économique, sociale et existentielle) nous avons besoin de lumière pour orienter nos vies et notre agir. Krishnamurti fait partie des sources qui peuvent nous en donner. Il a l’avantage sur d’autres sages et gourous prodigues de leurs conseils de ne pas chercher à nous imposer les siens. Rebelle ayant mis et tenu à distance l’univers des religions et des idéologies, il nous invite simplement à la vérité et à la liberté. 
Apôtre du silence, de l'expérience immédiate, du retour aux choses mêmes, K. renvoie sans cesse chacun à sa propre évidence. Sa singularité est d'être le témoin d'une innocence première, le messager exigeant d'une liberté sans frontières, d’être ancré dans la profonde vacuité.
C’est à cette innocence, à cette liberté et à cette vacuité qu’il nous convie.

© Extrait publié avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel

Par quelque bout qu’on le prenne, le premier constat que Krishnamurti nous amène à faire est celui de la nécessité d’une mutation de nos esprits et de nos cœurs. Sans une conversion profonde de nos manières de voir et de vivre modifiant notre regard et notre agir en ce monde, celui-ci ne peut que descendre une pente qui le mènera inexorablement au chaos. C’est cette conviction et le désir que ce changement se produise qui a déterminé sa longue marche à travers les nombreux pays qu’il a traversés, où il s’est posé et s’est exprimé. Une transformation du dedans des hommes et des femmes qu’il a rencontrés est le motif essentiel qui l’a fait agir et parler.
Le premier pas de cette transformation est la prise de conscience d’un mal-être, d’un dysfonctionnement de la société humaine et de chacun des individus qui la composent. Comme le Bouddha annonçant Sarvam Dukkham – Tout est souffrance – Krishnamurti, devant l’état de l’humanité, se livre à un constat pétri de tristesse et d’indignation:
«Les êtres humains ont souffert dans le monde entier et à travers les âges. Ils ont eu dix mille guerres. Songez aux hommes et aux femmes mutilés, aux larmes versées, à la détresse des mères, des épouses, à tous ceux qui ont perdu enfants, conjoints, amis... et nous continuons en multipliant les armements sur une vaste échelle. Il y a cette immense souffrance de l’humanité. Ce pauvre homme sur le bord de la route qui ne connaîtra jamais aucun confort... Il y a la souffrance de l’ignorance, de la solitude... la souffrance de la mort, d’avoir perdu quelqu’un. Et puis celle de notre propre dégénérescence, de notre propre perte, de notre manque d’intelligence, de capacité...» «Le monde entier est dans un état de confusion, de misère grandissantes. Cette souffrance, non seulement individuelle mais aussi collective, est extrêmement aiguë. Il s’agit d’une catastrophe mondiale.»
Pourtant, si K. dresse un tel état des lieux dans lesquels nous vivons, ce n’est pas pour se complaire dans la plainte et le ressentiment, mais pour appeler à l’action. Car à côté de ce tableau désolant de notre monde, il en dresse un autre, différent, qu’il ne cessera de reprendre au fil de ses interventions. Le monde est en souffrance, certes, mais il est aussi beau et vivant, et «nous sommes le monde», ce qui veut dire que nous avons pouvoir, en travaillant sur nous, de l’améliorer, de le changer. Nous pouvons lever le voile de l’ignorance, désactiver les réflexes de la peur, désamorcer les pulsions de la haine et de la violence. C’est la certitude en tout cas qui l’a toujours habité et a fait de sa vision de l’existence humaine une vision positive, évolutive, ouverte sur un inconnu prégnant de vie et d’amour.
La première chose pour nous orienter vers la transformation qui nous attend est d’apprendre à voir ce qui est et ce qui est à faire. À cet égard, K. nous conseille d’examiner la manière dont notre mental fonctionne, c’est-à-dire d’analyser le petit cinéma de notre cerveau qui nous projette à longueur de journée ses représentations, ses sollicitations, et que pour faire bref il appelle «la pensée».

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 L’écriture de ce livre répond à un élan pour partager et accompagner l’éveil à notre nature véritable, Être.

Voyage au cœur de soi est un guide spirituel à l’intention de personnes aspirant à se rapprocher de leur vérité profonde et à rayonner la Splendeur de Être. À partir d’une vision installée dans la Non-dualité, ce livre invite  à retrouver l'Unité. Il propose une approche unifiant le divin et l’humain, la conscience et la matière, la contemplation et l’action.
En tant qu’être humain, nous avons accès à deux dimensions : la dimension spirituelle, Être et la dimension humaine. Claudette Vidal partage ces espaces avec nous et nous accompagne dans leur découverte.
Plusieurs livres traitant de Non-dualité occultent le plan humain. L’auteur nous propose ici une vision élargie. L’originalité de cet ouvrage est de proposer une vision où il est nécessaire de reconnaître sa réalité humaine pour la transformer à la lumière de la conscience.
Le point de vue de la Conscience Source est un non point de vue. Le point de vue humain, quant à lui, traduit une expérience unique et personnelle. Le Divin et l’humain, l’Impersonnel et le personnel sont à jamais unis pour révéler l’infinie Beauté de l’expérience humaine.
Portant un regard sur l’évolution de l’humanité, ce livre facilite la compréhension du processus de transformation individuel et planétaire dans lequel nous sommes actuellement impliqués. L’éveil de la conscience y occupe une place prépondérante. Des panneaux indicateurs pointent, parfois discrètement et parfois ouvertement en direction du Soi.
Sans être lié à une religion ou courant spirituel, ce livre, à l’écriture fluide, porte le souffle de la mystique chrétienne, de l’hindouisme, du shivaïsme du Cachemire, du soufisme et d’autres courants spirituels.
Un livre inspirant qui donne du cœur et de l’élan pour le cheminement vers Soi.

Claudette Vidal est née au Québec et vit maintenant dans le sud de la France. Elle s’est éveillée à sa propre nature lors d’une rencontre avec Gangaji. Elle offre des rencontres et des retraites au Québec et en Europe. Elle a publiée, chez le même éditeur, Chemin d’éveil.

© Extrait publié avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel

Nous pourrions longuement disserter sur les caractéristiques d’une vie vécue dans l’ego. Il y aurait beaucoup à en dire. Tous les jours nous entendons des personnes étaler leurs malheurs ou leurs exploits et faire état de ce qu’elles aiment ou n’aiment pas. Tous les jours, nous échangeons avec des personnes vides intérieurement. Elles se réfugient dans leur mental et racontent tout ce qui s’y présente. Qu’elles parlent ou pas, leur mental fonctionne à plein régime. Il domine. Jusqu’à ce que le sommeil nocturne s’impose, le mental est actif. Dès le réveil, le mental se réactive… il est à nouveau bouillonnant. Il ne s’arrête jamais.

Pourquoi l’emprise de l’ego est-elle aussi forte ?
Pourquoi un Dieu vivant, si c’est ce que nous sommes, ne peut-il arrêter ce chaos ?
Vous êtes-vous déjà posé la question : pourquoi un Dieu vivant se laisse-t-il contrôler par un petit ego souffrant, vindicatif et intransigeant… ?
Comment ne pas se poser cette question essentielle… ?

La réponse est dans la question…

Car qui poserait cette question ?

L’ego, voilant la nature profonde de Être, ignorant l’identité de son Créateur et imbu de certitudes, est incapable de se poser cette question et - a fortiori - de s’intéresser à la réponse. Tout questionnement visant à réduire son pouvoir, à ébranler sa suprématie et à le remettre en question est d’emblée rejeté. Pourquoi partagerait-il ce pouvoir qui lui est si cher et qui nourrit fortement son sentiment d’exister ?

L’ego n’a aucune raison de laisser entrer… ne serait-ce qu’une parcelle de lumière.

Et pourtant…
Un jour, la souffrance pour certains, le questionnement pour d’autres, laisseront pénétrer un peu de lumière.
Malheureux, parfois dépité, il renoncera à une petite partie de son pouvoir pour éprouver un peu de soulagement, un certain apaisement… si minime soit-il.
Le réveil aura sonné… peut-être ? Probablement faudra-t-il plusieurs réveils pour qu’il perde un peu de sa superbe et rende les armes… À ce moment-là, et seulement à ce moment-là, un espoir de libération pourra être envisagé.

Nous parlons d’un réveil. Du réveil de qui s’agit-il ?

Il ne peut s’agir du réveil de l’Être, Être ne dort pas, il EST.

Il s’agit du réveil du dormeur. Qui est le dormeur ?

Le dormeur est le petit « moi », une création virtuelle.

Soudain, l’envie de découvrir quelque chose de nouveau surgit.
Nouveau, mais pas totalement inconnu... nous en soupçonnions déjà l’existence depuis un moment… L’attrait pour la découverte de ce trésor devient irrésistible, incontournable. C’est le début de la quête.

La majorité des gens vivent leur vie principalement dans l’ego, occasionnellement et furtivement ils expérimentent être, mais n’en sont que rarement conscients. Comme leur intérêt pour les affaires spirituelles n’est pas encore éveillé, ils sortent rapidement de cet état que leur mémoire qualifiera plus tard de moments idylliques. L’ego souffrant revient à la charge… Il exigera rapidement son butin. Fouetté par son insatiable besoin de reconnaissance et de contrôle, il revient avec force et détermination.

Nous nous sentons enfermés dans cette pièce trop petite pour nous… Nous pressentons que la vastitude infinie est la réelle dimension de notre maison. Alors, arrive un moment où nous voulons sortir de notre prison et retrouver notre vrai Soi. Les sentinelles (les peurs) font leur travail, elles gardent les portes du temple. C’est leur fonction. Pour sortir de cette chambre obscure, l’ego devra être humble et lâcher le contrôle. Une multitude de croyances devra être réévaluée à la lumière de la conscience. Chez certains, par un geste symbolique, l’ego devra se rendre et déposer les armes pour qu’une ouverture puisse se produire.

Sortir de la prison mentale ne se réalise pas à force de volonté. C’est dans le lâcher-prise et l’abandon que l’ouverture se déploie. Il ne s’agit pas de vouloir lâcher prise, juste de se relâcher intérieurement et de goûter…

L’ego éprouve un grand besoin d’amour et de reconnaissance. C’est lorsque la Conscience source pose un regard aimant sur la forme pensée appelée moi, que celle-ci disparaît. La conscience et l’amour permettent de dissoudre les murs de l’espace où l’ego est enfermé. N’étant plus fixé dans le mental, le regard Un se dévoile. L’identification au corps physique, émotionnel et mental cesse. La notion de séparation s’estompe. Peut-être faudra-t-il encore un peu de temps pour qu’elle disparaisse complètement…

Bien que leur nature véritable soit Amour et Conscience, les personnes qui vivent dans l’ego en sont souvent coupées ou partiellement inconscientes. Elles accèdent à cet espace de façon inopinée et furtive.

Selon l’espace où se trouve notre attention, les actions à mettre en place sont différentes.
Dans la conscience limitée, lorsque l’attention est captive du mental ou identifiée à une émotion, lorsque nous nous sentons piégés, enfermés ou bloqués, nous sommes appelés à lâcher prise et à nous ouvrir.
Nous pouvons aussi nous redresser intérieurement et physiquement pour retrouver notre verticalité, et ainsi accéder à notre puissance intérieure. Ce positionnement du corps et de la conscience aide à déplacer notre attention vers la Source, pour reconnaître que c’est en soi que le blocage ou le sentiment d’enfermement est vécu. À cet instant, la conscience commence à se détacher de sa création et revient vers elle-même.

À l’image d’une grande maison que nous n’avons pas totalement investie, une pièce est vacante. La Conscience est toujours là et nous l’ignorons. À nous de la découvrir et de l’habiter en conscience.
Dans la Conscience illimitée, nous pouvons voir, ressentir et accueillir les créations. Cette Conscience est impersonnelle ; la volonté personnelle n’y donne pas accès. C’est l’abandon de la volonté personnelle qui donne accès à la Conscience source.

lundi 23 février 2015

• Là, j'ai disparu - Bertrand

 🙏
Il y a quelques années, j’écrivais le dernier message de 2008 sur ce site. Ce que je pensais très sincèrement être un beau témoignage d’éveil.Quelques mois après ce témoignage, une série d’événements troublants m'ont trouvés aux cotés de Mooji lors d’une retraite au Portugal. 
Un des participant s’est assis aux pieds de Mooji, il a décrit la même expérience que moi et a demandé si c’était ça l’éveil ?
Mooji a sourit, il a répondu « …this is nothing… ».
Alors j’ai bien failli me lever pour protester, comment pouvait-il prétendre que la plus merveilleuse des expériences n’était RIEN.
Mooji a poursuivi,  « …Vous souvenez-vous du début de cette expérience ?... »
Bien sur, comment l’oublier.
« … Vous souvenez-vous de la fin…? »
Bien entendu.
«… Qu’est-ce donc qui a pu observer cette expérience du début à la fin ? Qu’est-ce donc qui était là avant et est encore là maintenant…? »
Là, j'ai disparu. Quelque chose de plus grand que la plus grande expérience, de plus grand que n’importe quelle expérience. Quelque chose d’intemporel, de toujours présent, quelque chose qui n’a pas de nom, pas de qualité, quelque chose de vide mais de complet. J'étais cela, mais cela n'était pas "moi".
Cela fait maintenant 6 années que la vie me vit, que les choses se font, sans qu’il n’y ait plus quelqu’un pour les revendiquer. La vie s’occupe de tout, elle est simplement merveilleuse.
Gratitude infinie à Mooji.
Que la vie vous vive pour l’éternité.

Om Shanti.