lundi 19 février 2024

• Il n’y a pas de libération à atteindre autre que ce qui est déjà présent - Peter Alan Roberts

 

La vérité qui transcende l’intellect ne sera pas vue au moyen de l’intellect. Le point de non-action ne sera pas atteint par une action délibérée. Si vous voulez atteindre le point de non-action transcendant la pensée, coupez la racine de l’esprit lui-même et reposez-vous dans la conscience nue !


Mahāmudrā, ou chakchen en tibétain, signifie littéralement « le grand sceau ». Les maîtres de cette tradition ont expliqué que tout est scellé avec la bouddhéité, la vraie nature intrinsèque, qui est déjà parfaite.


Par conséquent, il n’y a rien à ajouter ou à enlever de l’esprit. Il n’y a pas de libération à atteindre autre que ce qui est déjà présent. On dit souvent que la raison pour laquelle le mahāmudrā n’est pas atteint n’est pas parce qu’il est trop difficile, mais parce qu’il est trop facile, non qu’il est trop éloigné, mais parce qu’il est trop proche, et non parce qu’il est caché, mais parce qu’il est trop évident.


Par conséquent, la tradition mahāmudrā emploie l’expression « esprit ordinaire » pour exprimer que l’illumination n’est rien d’autre que l’esprit que nous avons déjà. Comme l’affirme Tselé Natsok Rangdröl dans son texte de ce volume, l’erreur que commettent les méditants est de « penser que le simple maintien du "mental ordinaire" — votre propre esprit — ne suffit pas. Au lieu de cela, vous cherchez ailleurs une méditation tant attendue, imaginée et merveilleuse. »


La méditation elle-même implique de regarder vers l’intérieur, directement vers son propre esprit, sans conceptualisation, catégorisation ou conclusions. Cette vraie nature de l’esprit est là pour tout le monde, et quiconque regarde de cette façon la verra inévitablement, au moins un instant, avant que la conceptualisation ne s’installe.


La pratique de la méditation consiste essentiellement à se familiariser avec cette vision directe de l'esprit. Néanmoins, une série de méditations graduées sont enseignées en conjonction avec cette pratique, y compris des méditations śamatha (calme mental)  de base, pour stabiliser la concentration, et les étapes successives de la méditation vipaśyanā (vue profonde), des pratiques de perspicacité qui conduisent progressivement un praticien au mahāmudrā réel.


Thrangu Rinpoché a souligné à maintes reprises que le seizième karmapa, Rigpé Dorjé (1924-1981), lui a dit que le mahāmudrā était la pratique la plus bénéfique pour les Occidentaux parce qu’il évite les pratiques complexes et culturellement étrangères.


Rinpoché a également déclaré que les pratiques élaborées telles que les six dharmas de Nāropa et les retraites dans le noir n’atteignent pas un but plus élevé que le mahāmudrā, mais sont enseignées pour le bénéfice de ceux qui ne peuvent pas croire que la réalisation finale peut être atteinte par une méthode aussi simple. Néanmoins, il ajoute que la poursuite d’un éventail de pratiques peut aider les praticiens dans leur progrès.



Le Mahamudra n’a aucune cause.
Le Mahamudra n’a aucune condition.
Le Mahamudra n’a pas de méthodes.
Le Mahamudra n’a pas de chemin.
Mahamudra n’a aucun résultat.

jeudi 15 février 2024

• Le vrai satsang, consiste à vivre en relation consciente avec tout ce qui est - Yvan Amar



Ce sont des choses qu’il est bon de dire : on a beau être éveillé, avoir vécu l’éveil, on reste prisonnier de mécanismes égoïstes, de mécanismes de protection de soi, et cela tant que cet éveil, cette illumination n’habite pas tous les recoins de l’être. A ce stade, il faut reconnaitre que la lumière, l’intelligence de l’éveil n’éclairent en fait que les lieux dont on a ouvert les portes en nous.

En fait, l'éveil n’a rien à voir avec quelque chose qui se mérite. Je me suis rendu compte à quel point l’enseignement qui mettait en avant l’éveil comme le but ultime avait tendance a individualiser la démarche et à renforcer l’égoïsme de chacun. Dans mon enseignement, j’ai voulu au contraire que les personnes entrent en relation les unes avec les autres, qu’elles oublient un objectif personnel d’éveil, de libération, et reconnaissent qu’on ne peut grandir qu’ensemble, en prenant le risque de l’autre, en entrant en relation profonde avec l‘autre dans la mesure où celui-ci est l‘occasion d’aller voir ce qu’on n’est pas capable de voir tout seul. Si j’ai pu voir des choses importantes me concernant, c’est parce que ma femme, mes enfants, ma mère ou les gens avec qui j’étais en relation m’ont obligé à les voir.

Dans l’enseignement, le grand tournant se produit finalement quand on cesse d’être victime de l’autre pour devenir disciple de l’autre. ll se passe quelque chose a partir du moment où l’on n’est plus obsédé par l’éveil et où l’on entre vraiment en relation avec ce qui est. C’est d’ailleurs là que j’ai compris la vraie signification du mot satsang, qui tient une grande place en Inde cela ne se limite pas à la fréquentation du guru, mais c’est élargir le guru à tout ce qui est et fréquenter le réel en tout et partout. Le grand enseignement, le vrai satsang, consiste à vivre en relation consciente avec tout ce qui est ; c’est l’occasion d’un grandir qui, par nature, est de la nature de l’éveil.

En sanskrit, Brahman signifie « grandir », « croître «. Cette dynamique, du fait qu’elle devient prioritaire, nous libère de l’objectif de l’éveil ; on prend peu a peu conscience de la nature réelle du grandir et on se rend compte que cette nature est la réalité. Quand le Christ dit : "Je suis le chemin, la vie, la vérité ", il ne dit pas " Je suis le bout du chemin ", mais  " je suis le chemin ". C’est quand on entre dans un grandir constant, qu’on ne cherche plus à atteindre une destination finale, un but, qu’on l’appelle « éveil » ou autrement, que le grandir devient lui-même la conscience vivante dans laquelle tout est inclus. Saint Jean de la Croix disait : « Celui qui s’arrête en quelque chose cesse de se jeter dans le tout. »

Visiter le site : http://yvanamar.fr/ 

mardi 13 février 2024

• Le « je » est présent, même en l'absence du « suis » - Nisargadatta Maharaj

Dès l'instant où vous avez réalisé que le monde est votre propre projection, vous en êtes libéré.

Vous n'avez pas besoin de vous libérer d'un monde qui n'existe pas, sauf dans votre imagination.

Cessez d'attribuer des noms et des formes à ce qui est essentiellement sans nom et sans forme, réalisez que tout mode de perception est subjectif, que ce qui est vu ou entendu, touché ou senti, ressenti ou pensé, attendu ou imaginé, est dans le mental et non dans la réalité, alors vous connaîtrez la paix et vous serez libéré de la peur. Même la sensation « je suis » est composée de la Pure Lumière de la sensation d'être.

Le « je » est présent, même en l'absence du « suis ».

De même, la Pure Lumière est présente, que vous disiez « je » ou non.

Devenez conscient de cette Pure Lumière et vous ne la perdrez jamais.


jeudi 8 février 2024

• Rien n'est tel qu'il apparaît... - Bouddha


Sachez que toutes choses sont ainsi :

Un mirage, un château de nuages,

Un rêve, une apparition,

Sans réalité essentielle

Pourtant leurs qualités peuvent être perçues.


Sachez que toutes choses sont ainsi :

Comme la lune dans un ciel clair 

Reflétée dans un lac transparent ;

Pourtant, jamais la lune n'est venue jusqu'au lac. 


Sachez que toutes choses sont ainsi : 

Comme un écho issu

De la musique, de sons, de pleurs

Pourtant dans cet écho, nulle mélodie.


Sachez que toutes choses sont ainsi :

Comme un magicien nous donne l'illusion

De chevaux, de bœufs, de charrettes et d'autres objets

Rien n'est tel qu'il apparaît.


≈≈≈≈≈≈≈


Je me suis manifesté à la manière d’un rêve

à des êtres semblables au rêve,

et j’ai enseigné un Dharma pareil au rêve ;

mais en réalité je n’ai jamais enseigné

et je ne suis jamais réellement venu.


≈≈≈≈≈≈≈


Nous sommes ce que nous pensons.


Tout ce que nous sommes s'élève de nos pensées.


Avec nos pensées, nous créons le monde...



Bouddha