dimanche 2 mai 2021

• Immuablement stable et en veille constante - Rûmi

IL est le vrai Ami de Bien,

Celui qui le coeur

touché par la Grâce peut révéler

la forme du Sans-Forme devant vos yeux ;

Qui enseigne la voie simple, la vérité ultime 

sans prérequis, ni rites ni cérémonies ;

Qui ne vous fait pas fermer la porte, 

retenir votre souffle, et renoncer au monde ;

Qui vous fait inlassablement percevoir l'Esprit 

suprême partout où le mental s'attache ;

Qui vous enseigne à être calme, simple et naturel 

au milieu de toutes vos activités.

Sans peur, toujours immergé dans la félicité,

immuablement stable et en veille constante, 

Il garde l'esprit du yoga au milieu des plaisirs.


samedi 1 mai 2021

• Laissez-vous porter par le courant des choses... - Huang Po

 

Aujourd'hui et à tout instant,

lorsque vous vous déplacez ou restez debout,

assis ou couché,

entraînez-vous uniquement à la non-pensée...

Que cela vous prenne trois, cinq ou dix ans,

il faut que vous ayez un éclair d'expérience...

Vous n'avez qu'une chose à faire :

à tout instant, sans vous appuyer sur rien,

ni vous fixer nulle part,

laissez-vous porter par le courant des choses.

Personne ne saura qui vous êtes,

mais quel besoin avez-vous qu'on vous connaisse

ou vous ignore.

Vous aurez l'esprit ferme, sans faille,

et pourtant tout le traversera sans s'y incruster.

Vous goûterez alors à la silencieuse coïncidence...

Dans un tel état d'esprit un,

les expédients ne sont que des ornements.

Ces montagnes bleutées qui nous comblent le regard

et les univers perdus dans l'espace

forment une seule terre de blancheur...

et tous les êtres vivants

sont des manifestations de l'Éveil.

mardi 27 avril 2021

• Co-Vide


 

mardi 20 avril 2021

• Le "je suis" n'est pas de nature temporelle - Jean-Marc Mantel

Un enseignement de non-dualité moderne. Par sa précision et sa clarté, cet enseignement a la qualité des grands enseignements qu'il prolonge.

 L'enseignement de Jean-Marc Mantel invite continuellement le questionneur à tourner son regard du monde perçu vers ce qui le perçoit. Il invite à négliger la pensée objet et à habiter la conscience-témoin.

Vient alors naturellement la question du « comment faire ? ». Comment habiter la non-pensée qui ne connaît pas la souffrance ? Ce livre enseigne un chemin du "comment faire".

La pratique spirituelle présentée ici est une pratique de l'écoute silencieuse de ce qui se manifeste en nous.

Pour le personnage identifié à son histoire, la pratique est un chemin qui amène à un glissement d’identification. C'est un abandon de l’identification au monde objectivable et instable (pensées, émotions, sensations que l’on croit être soi), au profit de l'identité réelle et stable d’être l’ultime sujet qui écoute le monde changeant.

Cette "pratique" requiert-elle beaucoup d'efforts pour éviter l'éparpillement mental ? L'effort est-il contre-productif pour le lâcher-prise ? Faut-il accepter tout ce qui se manifeste en soi ? ... Toutes ces questions trouveront des réponses limpides et imagées.

Par sa précision et sa clarté, cet enseignement a la qualité des enseignements des grands maîtres spirituels, qu'il prolonge, la modernité en plus. Il ne peut pas manquer d'illuminer ses lecteurs.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-l'Originel : 

La réalisation

de l’intemporalité de l’être

Dans le livre La Crème de la libération de Tandavarya Swami, la phrase : « Celui qui a oublié sa vraie nature alterne naissance et mort » m’a interpellé. Comment trouver sa vraie nature? Dans le présent « je suis » ?

Ce n’est pas vous qui pouvez trouver votre vraie nature, ce n’est qu’elle qui peut vous trouver. Laissez-vous trouver.

Le « je suis » n’est, en effet, pas de nature temporelle. Il pointe vers l’intemporalité de l’être.

Peut-on se libérer du karma en vivant constamment dans l’instant présent ?

En réalité, vous ne pouvez vivre en dehors de l’instant présent, car toute pensée du passé ou du futur s’inscrit aussi dans la conscience présente. La conscience présente est la source du présent. Le présent est la source du passé-futur. Il les contient tous deux.

Le karma est le fruit de la pensée. Il est indissociable du personnage créé par la pensée. Dans l’absence du personnage, il y a présence. La présence est sans karma, car elle n’est jamais née, étant, de toute éternité. Seul ce qui naît subit la loi du karma. Ce qui ne naît pas, en est libre.

La forme, la non-forme, est-ce une voie possible vers la dissolution du moi, ou bien seul l’instant présent compte-t-il ?

La conscience est à la fois la forme et le sans-forme. Le sans-forme est sa nature pure. La forme est le revêtement qu’elle prend. Ce que vous êtes, dans la réalité de votre être, transcende les notions de passé, présent, futur. Celles-ci sont créées par la pensée. Elles n’existent pas dans la non-pensée, ni dans le silence mental du sommeil profond.

***

Hier soir, sur la route, j’écoutais une chanson et le chanteur dit : « What if there was no time? » (« Et si le temps n’existait pas ? »). J’ai eu comme un flash. Je me suis rendu compte que toutes les pensées étaient reliées en notre croyance au temps. Pas de temps = pas de peur = pas de projection = etc. Que conviendrait-il de faire maintenant ?

Rester tranquille et laisser les projections mentales s’éteindre d’elles-mêmes.

***

En se libérant de la croyance que vous n’y habitez pas.

Comment éviter de nous laisser entraîner par notre imagination ?

En ramenant l’attention sur ce qui est immédiatement présent.

Doit-on porter notre attention sur les sensations, les perceptions du corps ?

C’est une manière de réintégrer le présent.

Accorder toute notre attention à nos activités quotidiennes ?

C’est ainsi que la méditation imprègne l’action.

***

Y aura-t-il toujours des manifestations perçues ? Sommes-nous une permanente impermanence ?

Nous sommes la permanence au sein de laquelle se déroule l’impermanence. Pour la permanence que vous êtes, la temporalité est inexistante. La permanence est, par nature, intemporelle. L’idée de la temporalité naît avec la pensée, et meurt avec elle. Dans le vécu qui est présent en vous, dans la non-pensée, les questions d’ordre temporel sont absentes, car le mental est absent. La mer, dont la profondeur est toujours silencieuse, ne s’inquiète pas du bruit des vagues en surface, qui font partie d’elle-même. De même, la conscience est à la fois immuabilité et mouvement. C’est à partir de l’immuabilité qu’est perçu le mouvement. Le mouvement ne peut, lui, percevoir l’immuabilité, car le contenu ne peut percevoir le contenant. Seul le contenant peut percevoir le contenu.

***

Pourquoi faisons-nous tous semblant d’ignorer que chaque instant passé jamais n’est comme un autre, jamais ne reviendra, jamais ne ressemblera au prochain. Dans l’instant qui est une feuille voltigeant, il n’est pas de séparation entre la feuille et l’instant, il n’y a alors que la danse joyeuse. Qu’est-ce qu’il manque à ma compréhension pour que le fait de goûter à la magie d’une seule seconde ne suffise pas ?

Tant que l’intemporel est cherché dans le temporel, il y a manque et frustration. Bien que votre nature se réfléchisse dans le monde objectif, elle ne peut se réduire à lui. « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. » Il en est de même pour la conscience et ses reflets, qui doivent être artificiellement séparés, afin que le temporel soit vécu à partir de l’intemporel, et non à partir de lui-même. L’eau, aussi, doit être séparée du vin, afin qu’elle apparaisse dans sa pureté originelle, et puisse ensuite être reconnue dans le vin. Bien que le temporel soit tout autant conscience que l’intemporel, il n’en est qu’un de ses aspects. Et c’est à la lumière de l’intemporel que le monde prend toute sa beauté et majesté. Il apparaît alors comme sa directe émanation, brisant ainsi la frontière entre manifesté et non-manifesté. Ultimement, tout est un.

Je ne comprends pas que l’intemporel ne puisse pas être cherché dans le temporel, de même que le mental ne puisse pas objectiver sa source.

Si vous êtes sur une piste de ski, et que votre regard est porté vers l’aval, il vous est impossible de voir ce qui est en amont. Votre regard doit se détourner de l’aval pour se tourner vers l’amont, s’il veut pouvoir le voir. Maintenant, si votre regard veut se regarder lui-même, il réalise que cela n’est pas possible, car pour se regarder, il devrait se diviser en deux, un témoin et un objet. Comment séparer l’eau du vin? Ne pas comprendre et chercher induisent une sorte de vide intérieur !

***

Peut-on dire qu’il y a un flux d’énergie universelle qui me traverse, ainsi que toute existence ou toute action, et n’est pas réellement mené par une entité séparée ? Cette entité étant une illusion, une erreur de compréhension ? 

Ce flux d’énergie est la source de l’action. Il n’y en a pas d’autre. Le moi qui prétend en être la source n’est qu’un imposteur qui cherche à s’approprier ce qui ne lui appartient pas.

Il semble de plus en plus facile de faire confiance... Faire confiance à la vérité et l’amour, qui est l’essence de la vie. Une de vos paroles m’a particulièrement aidée. Elle parlait du ressenti d’un saisissement : « C’est une brèche ouverte dans la digue... C’est sans retour... La digue sera emportée. » Merci pour la bonne nouvelle ! Elle peut prendre du temps avant d’être emportée, mais là où le temps n’est pas, cela ne fait alors aucune différence !

En effet.

De toute évidence, je suis l’intemporel, qui n’a ni attente, ni besoin, ni existence... Il semble que la clarté de l’instant brûle du feu de cette connaissance qui se réalise sans effort, mais nécessite une attention tournée vers soi ?

Oui, une attention tournée vers le Soi, vers ce qui précède tout mouvement manifesté. On peut dire qu’il s’agit du der- nier effort, celui nécessaire pour briser les résidus d’identification à la mouvance des phénomènes, et permettre l’établisse- ment dans l’immuabilité du Soi.

L’affirmation « je suis l’intemporel qui n’a ni attente, ni besoin, ni existence... », est sans retour. Elle sonne juste et elle peut être gardée comme cela.

Oui, le « je suis » pointe vers la pure intemporalité de l’être. Dire : « Je suis l’intemporel » est donc une réalité plus vivante et absolue, que de dire « je suis M. ou Mme Untel ». La première affirmation désigne la nature véritable de l’être, la seconde, son expression transitoire phénoménale. 


mercredi 14 avril 2021

lundi 5 avril 2021

• Tout ce qui est perçu est une présence - Claude Leclerc



LA CONSCIENCE DU CORPS EST... LE CORPS

Si vous examinez votre corps

Par le chemin du ressenti

Avec le microscope

De votre attention pénétrante

Vous traverserez plusieurs couches

De sensations, puis d’énergie

De plus en plus subtiles

Pour aboutir à ne plus percevoir 

Rien d’autre que de la conscience attentive

La même avec laquelle vous regardez…

Dans une première étape

Le corps physique 

Que vous percevez avec vos yeux

Perd sa forme matérielle

Pour se transformer en un magma

De sensations et d’énergie vitale

Qui deviennent de plus en plus subtiles…

Au point culminant 

De cette plongée dans le corps 

Tout ce qui est perçu

Est une présence 

Aussi subtile que délicieuse

Avec rien d’autre dedans

Que cette présence elle-même…

Une présence consciente d’elle-même !

Et puis, une lumière s’allume :

La conscience reconnait sa propre présence

Mais réalise également

Que tout ce qui a été perçu depuis le début 

De ce voyage initiatique dans le corps

Émanait d’elle-même

Était sa propre création !

Puis suit la réalisation

Que tous les autres corps physiques

Incluant l’univers au grand complet

Sont aussi une émanation cette même conscience…

Et aussi la personne que vous croyiez être

Avec tous ses problèmes

Tous ses désirs et toutes ses peurs…

Ce n’est plus vous qui habitez l’univers

C’est l’univers qui vous habite 

Vous, la présence-conscience !

Votre monde intérieur dans sa totalité

Rien d’autre qu’une fine pellicule de rêve

Sur un océan infini de présence-conscience

Qui se révèle être aussi un océan d’amour

Lumineux, cristallin…

Un point de non-retour

Dans la folie inconsciente du monde…

Le vous qui souffre appartient au rêve !

La terre 

Un immense paquebot de souffrance

Qui flotte sur l’amour !

Laissez-vous couler

Dans votre corps

Dans votre ressenti

Avec une attention des plus curieuse

Mais aussi des plus paisible…

N’arrêtez jamais de plonger

Jusqu’au moment de la délivrance !

Jusqu’à la délicieuse découverte

De votre vraie nature !

La conscience du corps EST le corps !

Vous êtes ce qui perçoit 

Et non le vous qui est perçu !

Ce qui contient votre personnage

Avec son corps et tout son bagage

Et non le personnage lui-même…

Vous êtes pure liberté

L’espace de tous les possibles !


PS : Mon dernier livre gratuit (PDF de 215 pages) : " Messages de l'au-delà... de vous-même ".

En faire la demande à : claudeleclerc.psy@videotron.ca


lundi 22 mars 2021

• Rentrer à la maison - Michèle Cocchi & Jacques Vigne


Le fil directeur de cet ouvrage : du dépassement de la dépendance psychologique à la plénitude non-duelle.

L’être humain, au fil de son existence, perd en général progressivement sa liberté. Il est de façon imperceptible de plus en plus piégé par toutes ses émotions. Nous sommes en fait « dépendants » de ces émotions réactualisées souvent de façon insidieuse dans l’instant que nous vivons.

Cet ouvrage qui décrit un chemin intérieur vers l’être aborde différents aspects théoriques et pratiques visant à lâcher les dépendances d’une façon fondamentale. Les vécus de dépendance induisent de fortes limitations dans le quotidien des sujets. La qualité de la thérapie analytique libère ainsi la personne de l’emprise envahissante de ses fixations négatives, anxiogènes et culpabilisantes. Par sa prise de recul, elle se désidentifie progressivement de tout ce qui a un impact négatif

pour faciliter son contact à son être naturel.
La voie lumineuse du détachement de toute référence nous ouvre à ce qui est, à la réalité de la vie. Apprécier l’instant pour s’ouvrir à l’essentiel.

L’ouverture à l’advaita-védânta est au cœur de ce livre. Cette approche donne accès à l’Être totalement libre, là où l’attachement et la dépendance n’ont plus lieu d’être...

Les réflexions exprimées ne s’inscrivent dans aucune religion, mais dans une spiritualité dépouillée, où l’esprit se contente de lâcher les codifications et les références. Provenant de la quiétude, elles vous amèneront à la paix intérieure.

Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias l'Originel :

 Méditons maintenant sur la chance d’être Ce par quoi, ce qui est, est. On s’aperçoit que la maladie du phénoménal se plaque sur l’océan de la conscience, elle en détourne la lumière, qui n’est que reflet de l’océan de Conscience cosmique, du « Je Suis », selon l’évolution de notre approche. La vie en nous absorbe tout. Je suis alors libre du phénoménal, bien que celui-ci fasse partie intégrante du Tout cosmique. C’est l’éveil intérieur de « celui qui voit », libre de l’esclavage engendré par les peurs du phénoménal. Il s’agit de la libération de l’emprise de mises sous dépendance, de références, de concepts, de pseudo-buts, de fixations... du domaine du manifesté.

Une blessure était cependant toujours au sein du soi séparé, se traduisant par la nostalgie d’un bonheur, d’une paix vécus lors de l’expérience du « Je » de la « Conscience infinie », et recherchée par le « je » du soi-séparé fini. Ce sera justement en lâchant les dépendances, les pensées, les références, les perceptions, les sentiments, les sensations... lors du dévoilement de l’Être que la joie sans objet se révélera.

C’est la voie sans voie ;

Ramana Maharshi parlait d’investigation du Soi, de « s’immortaliser dans son Soi », le mental se faisant réabsorber dans sa source. Ramana Maharshi (1879-1950) est un des plus grands sages védântins de l’Inde moderne. Il atteignit la compréhension de l’Ultime Réalité, l’illumination. Il vécut en ermite dans les grottes de la montagne Arunachala, au sud de l’Inde, à Tirunnamalai, près de Madras. Ramana adorait la montagne d’Arunachala comme une manifestation de l’Être suprême. Arunachala procure par ses qualités mystiques effectivement une pro- fonde expansion intérieure à ceux qui l’approchent et elle est reconnue comme un des hauts lieux spirituels de l’Inde.

La vie dans le monde est le fonctionnement total de la Conscience, dont l’individu n’est qu’une manifestation dérisoire et illusoire. Ancré dans la plus profonde intériorité, on transcende alors la conscience conceptuelle – connaissance déployée dans les Écritures. 

Le « Je Suis » : Espace dans sa vastitude, et sa subtilité est expérience directe sans nom ni forme. En tant qu’Espace ici et partout ailleurs, il n’y a plus nulle part où aller.

S’y ancrer ! Seul l’Esprit est Un, de toute éternité. Rien n’est, mais « Tout est Un ».
Je Suis « le Tout » là où « Tout est », sans séparation.

Il n’y a pas de dualité
— L’autre n’existe pas.
« Seul l’Absolu, l’Un est », sans qualités.

Seul le Un est et il n’y a pas d’autre. Il n’y a rien à faire. « Tout est là dans l’instant » : puisqu’il n’y a rien, et « Tout est » de toute éternité. Il ne se passe rien. Toute dépendance quelle qu’elle soit n’a donc pas de raison d’être. Certains védântins emploient l’expression : « Rentrer à la maison ». Cette expression est en fait impropre puisque rien ne se passe, qu’il n’y a ni lieu ni espace. C’est comme si en ayant recours à une concrétisation d’un abstrait qui au fond n’existe pas, pourrait faciliter la « compréhension » mais en fait de quoi ? Tout en nommant ainsi un lieu qui n’est pas, là où l’autre (alors qu’il n’y a pas d’autre) ferait partie de « notre » possessivité (qui n’existe pas non plus) et de « notre » intériorité (ce qui supposerait une extériorité) − alors que Tout est Esprit, éternel et cosmique. Tout est Un dans Cela que Je Suis, c’est l’expression de l’Infini en soi.

« Sa nature est Conscience » 

La Conscience se révèle progressivement, sans l’intervention de l’intellect dans le par-delà d’un au-delà, qui nous échappe ; étant l’expression tangible de l’Infini, l’expansion de la Conscience se manifeste sur terre en demeurant dans le Principe de la vie, qui absorbe tout en lui- même, en l ’« Être-Esprit ». Visualisons l’image là où le « Je Suis » est le guide, le chemin de vie qui par maturation conduit l’être limité vers l’Être souffle infini. En s’y ancrant, s’installant dans son corps de silence grâce à un processus de mûrissement, l’espace intérieur se retrouve tout entier envahi par sa paix.

C’est de cette communion dans cet état de paix que l’Infini émerge, et se révèle comme « Je » « Esprit » « Je Suis », miroir-reflet du Je cosmique. Nous sommes à un point de rencontre avec l’Infini que l’on est, immergés dans l’Infini trésor intérieur là où, Je Suis Un, avec tout le non-différencié de l’océan cosmique. Il s’agit de seulement tout lâcher et de s’abandonner.

vendredi 19 mars 2021

• ll n'y a que ça - Rose Roes

"Soudain, il n'y a que ce qui est là, ce qui bien sûr a toujours été le cas… Le libre arbitre et le choix sont considérés comme un libre arbitre apparent et un choix apparent. Vouloir se sentir mieux ou changer disparaît. La liberté réside dans ce qu'elle est et est déjà complète." 

Rose Roes

jeudi 18 mars 2021

• Quel désarroi pour celui qui cherche - Rose Roes

 

Il n'y a pas des corps séparés. On pense il y a mon corps et c'est séparé des autres corps, non, c'est un, c'est une seule soupe, c'est une seule énergie.

Rien n'est solide, c'est que de l'énergie, il n'y a pas des personnes individuelles. 

Ce n'est pas non plus des corps connectés, il n'y a pas de connexion, quand on pense je suis connecté à l'autre ou à je ne sais quoi c'est toujours la dualité, il n'y a pas de connexion. Rien n'est séparé. Tout est un.


C'est tellement convaincant qu'il y a un moi, avec d'autres personnes dans le monde, qu'il n'est jamais remis en question. La recherche d'un meilleur moi, d'un monde meilleur semble être le seul moyen. Mais que se passe-t-il s'il est remis en question? Tout ce en quoi vous avez cru, tout ce à quoi vous vous êtes accroché va faiblir.


Lorsque le « je » s’effondre, il est immédiatement clair que rien ne s’est produit, qu’il ne se passe rien de toute façon. Il est clair que le « je » n’a jamais existé nulle part, que tout n’est qu’apparence, rien n’est solide. Il est là, et il ne l’est pas. Tout est si normal, si exactement comme il est. Et il a toujours été comme ça.

Chaque complication disparaît, rien n’a de sens, c’est tout.

C’est si simple, et la beauté de cela est qu’il est impossible de le dire.

La chute n’est pas un événement, c’est seulement dans l’histoire qu’un processus semble se produire au fil du temps.

Le libre arbitre et le temps sont perçus comme une illusion. Rien n’est réel.


Les circonstances semblent bien réelles. Les émotions semblent être une réaction à cela. Les actions semblent provenir de décisions et les réactions d'autres personnes semblent influencer votre comportement. C'est tout un rêve.

Il n'y a pas de temps, donc il n'y a pas de conséquences. 

Rien n'est réel, ce n'est qu'apparemment réel. Il est apparemment là et il ne l'est pas en même temps.

Il n'y a pas de circonstances, car il n'y a pas de monde.

Il n'y a que ce qui est, littéralement. S'asseoir dans une pièce, regarder la télé, marcher dans une rue, chagrin. Il n'y a personne, donc il n'y a pas non plus d'autres individus. Seuls les corps apparents. Les réactions ne sont que des mots prononcés d'une certaine manière par personne. Les émotions sont sans cause ni effet, elles sont exactement ce qui est, sans raison.

C'est très simple, normal et facile. La vie est juste ce qui est, pour personne. Elle est sauvage et merveilleusement gratuite Incroyable.


Ça n’a rien à voir avec un mode de vie.

Ce n’est pas la liberté sans émotions ni douleur.

Ce n’est pas quelque chose que tu peux atteindre.

C’est une question de perte.


Ce n'est pas savoir, aucune indication. Rien n'est important ni significatif. Les raisons et les explications ne sont que dans l'histoire, elles perdent leur sens.

Tout apparaît (apparemment): la marche, les pensées, un train. C'est ça. Tout est simple comme ça. Faire du vélo le long de l'autoroute, c'est seulement le long de l'autoroute. Rien ne provoque l'excitation étonnée, il est là, pour personne 

Quelle merveille sans mot, quelle liberté

Rien n'est nécessaire, rien n'a besoin d'aller nulle part, car c'est tout. Il est complet en soi, quoi qu'il en soit.

Il n'y a pas de début, pas de fin, pas de cause et d'effet, pas de dedans et pas de dehors, pas de bien ou de mal, seulement dans l'histoire.

Il y a de la douleur et ce n'est pas là. Incompréhensible et en même temps si simple et direct.

Quel miracle ouvert et ineffable. 


Quel désarroi pour celui qui cherche. Pour moi c’est un mystère, et pourtant c’est un secret de polichinelle. Dans l’histoire apparente rien ne change. La tension survient ou non.

Et pourtant tout est si différent, impossible à décrire.


Tiré du site de Rose Roes :

https://www.rosemarijnroes.nl/


mercredi 17 mars 2021

• La méthode directe - Ramana Maharshi

Question : Quelle est la différence entre méditation (dhya¯na), et investigation (vicha¯ra) ?


Sri Ramana Maharshi : 


La méditation implique le maintien de l’ego. Il y a alors l’ego et l’objet sur lequel il médite. C’est la méthode indirecte. 

Quant au Soi, il est seul. 

Lorsque l’on cherche l’ego, c’est-à-dire sa source, l’ego disparaît. 

Ce qui reste est le Soi. Cette méthode est directe.


jeudi 11 février 2021

jeudi 28 janvier 2021

• Ce qui cherche la connaissance est la connaissance même - Ramesh Balsekar

Dans ce livre, Ramesh Balsekar nous présente l’œuvre majeure, l’Anubhavamrita, d’un jeune sage Indien non-dualiste du treizième siècle, Jnaneshwar (1275-1296). Déjà le texte en lui-même, à la fois poétique et philosophique, serait assurément une formidable source d’inspiration mais les commentaires de Balsekar, éclairés par l’enseignement de Nisargadatta Maharaj, nous permettent une percée plus précise dans la compréhension même de ce qu’est une approche réellement non-duelle, et de ses implications dans notre vie quotidienne.

Le sujet du livre est que la dualité entre l’Absolu non-manifesté et la manifestation de l’univers est illusoire et n’existe pas réellement. Jnaneshwar et Ramesh affirment que c’est uniquement lorsque l’identification à l’entité individuelle est totalement abandonnée que nous demeurons tel que nous sommes vraiment.

Ramesh Balsekar nous offre ici l’opportunité de goûter en sa compagnie l’essence même de l’expérience de l’immortalité, ICI ET MAINTENANT. A défaut d’en faire l’expérience, le lecteur attentif, qui accepte de laisser de côté tout ce qu’il sait ou croit savoir, se retrouve dans une ouverture, une disponibilité, où le pressentiment de CE QUI EST prend le relais.

Ramesh nous le rappelle : CE QUI EST est toujours là, tellement simple, qu’il suffit de cesser de conceptualiser, d’imaginer, de fantasmer, pour que cela saute aux yeux. Nous sommes d’ores et déjà ce que nous cherchons, la liberté, la quiétude. Nisargadatta, Balsekar, nous invitent ici à simplement ÊTRE.

Extraits choisis publiés avec l'aimable accord des Éditions Accarias-l'Originel

Le Vide et le Plein

L’ignorance est transitoire, et c’est la pure connaissance qui prévaut. C’est comme la prévalence de l’état de veille qui subit la nature éphémère de l’état de sommeil.

A l’aide d’un miroir, le visage voit sa ressemblance, mais c’est le visage seul qui existe fondamentalement.

De même, l’ignorance momentanée s’identifie à chaque être sensible, mais fondamentalement, la connaissance essentielle prévaut, autrement ce serait comme un poignard se transperçant lui-même.

Dans ces versets, le sage fait allusion à l’émergence de la conscience dans l’état originel de la totalité du potentiel, la pure subjectivité, quand, naturellement, comme il y a absence complète d’objectivité, il n’est pas question de quelqu’un ou de quelque chose qui éprouve un sentiment de présence. C’est uniquement dans cet état d’unicité que le sentiment de présence survient (JE SUIS, c’est-à-dire la conscience), et que simultanément il produit sur lui-même la totalité de la manifestation et dans le même temps les concepts d’espace et de temps en lesquels le phénoménal va s’étendre.

Cette conscience impersonnelle sur laquelle la manifestation se déploie est la « connaissance » dont le sage parle ici, et « l’ignorance » est le stade où la conscience impersonnelle (ou universelle), après s’être objectivée dans la dualité de la manifestation en tant que sujet et objet, s’identifie à chaque être sensible. Quand cette personnalisation de la conscience impersonnelle a lieu, l’ego individuel, ou le « concept-moi » naît. C’est cet ego individuel ou ce « concept- moi » qui est la « servitude » de laquelle la « libération » est recherchée. Et la « libération » est la réalisation que c’est la conscience impersonnelle ou universelle qui est notre véritable nature, et que l’objet phénoménal auquel cette conscience s’est identifiée est purement une aberration ou une illusion, une apparition qui n’a pas la possibilité d’avoir d’existence indépendante propre.

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La connaissance pure ne peut pas être consciente d’elle-même ;

L’œil peut-il se voir lui-même ?

La connaissance pure ne peut pas se connaître elle-même, parce que le connaissant et le connu sont un. La connaissance qui tente de se connaître elle-même serait comme la pure subjectivité tentant de se trouver en tant qu’objet. Ce serait comme l’œil tentant de se voir lui-même. La pure subjectivité (la connaissance pure) n’a pas la moindre trace d’objectivité, et donc elle ne peut pas se connaître elle- même ; si elle s’objectivait, ce ne pourrait être que dans la dualité et il ne resterait plus alors de pure subjectivité. En d’autres mots, ce qui cherche la connaissance est la connaissance même, le chercheur et le cherché sont un seul et le même. En fait, c’est seulement quand on réalise que le chercheur ne peut pas être trouvé que le but de la recherche est atteint, parce que la recherche (le  fonctionnement de la recherche) ne se produit que dans l’esprit divisé à travers la division du sujet et de l’objet, du chercheur et du cherché. Notre véritable nature n’est pas le dispositif phénomènes que nous voyons, mais le fonctionnement même de la manifestation (voir, faire, penser) sans le moindre sujet pour voir un objet. Comme Nisargadatta Maharaj le disait : JE SUIS ce qui connaît, comment pourrais-je me connaître moi-même ?

.../...

25. Si « tout ce qui est » ne peut être déclaré ni présent ni absent, cela ne signifie-t-il pas que « tout ce qui est » est juste « rien » ?

26. (A cette objection ou interrogation, la réponse est) qui (ou quoi) s’interroge pour savoir si « tout ce qui est » doit être le « néant » ?

27. Quiconque (ou quoi que ce soit) en est arrivé à la conclusion du « néant », est forcément présent pour faire cette objection. Nommer « CELA » le néant serait donc un reproche ridicule.

Les aspects de présence et d’absence sont tous deux des concepts phénoménaux, et donc, ils ne peuvent pas s’appliquer à ce qui est cela même qui conçoit. 

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Ce que le sage dit entre les lignes dans ce chapitre, c’est que comme ce-que-nous-sommes-vraiment est par nature absolument libre et totalement inconditionné, tout concept (et tout désir) de libération ou de réalisation personnelle ou d’illumination, est en soi un obstacle à l’aperception impersonnelle de cette liberté. Dans tous les cas, une telle aperception ne peut pas être un objet perceptible par un percevant. Il ne peut y avoir que la perception même, qui est elle-même la Vérité. En essayant d’appréhender la Réalité, l’erreur qui voile toute compréhension est cette tentative de comprendre ce-que-nous-sommes (la Réalité) sur une base objective, alors que la Réalité est pure subjectivité, le sujet unique sans la moindre trace de qualité objective. En fait, la Réalité est cela sur quoi apparaît la manifestation temporelle du phénoménal, qui est prise à tort par l’objet sensible pour « réelle ». Que l’apparition phénoménale soit présente ou absente, le substrat de la Réalité (Ce-que-nous-sommes-vraiment) est éternellement présent à part entière, indépendamment de la manifestation phénoménale temporelle. Au niveau conceptuel, la disparition à la fois de la présence et de l’absence des apparitions manifestées, laisse un vide, un néant, mais le vide, ou le néant conceptuel, est en réalité une plénitude (un plenum potentiel) qui représente la présence Nouménale absolue, ou l’absence totale du phénoménal. C’est inconcevable simplement parce que c’est Cela qui conçoit, et la conception ne peut pas concevoir la conception. En d’autres termes, le sage attire notre attention sur le sujet (qui n’apparaît pas pour exister) sur lequel l’objet peut apparaître comme quelque chose qui est phénoménalement absent.

mercredi 27 janvier 2021

• La connaissance de la connaissance elle-même - S. Rinpoché

 

Parmi les nombreux aspects de l'esprit, on en distingue plus particulièrement deux. Le premier est l'esprit ordinaire, que les Tibétains appellent sem. Un maître le définit ainsi : « Cela même qui est doté d'une conscience discriminante, cela qui possède un sens de la dualité - qui saisit ou rejette ce qui est extérieur lui : tel est l'esprit. Fondamentalement, il est ce que l'on associe à l'"autre" - tout "objet" perçu comme différent de celui qui perçoit » Sem est l'esprit discursif, dualiste, l'esprit« qui pense », qui ne peut fonctionner qu'en relation avec un point de référence extérieur projeté par lui et faussement perçu.

Sem est donc l'esprit qui pense, intrigue, désire, manipule, qui s'enflamme de colère, crée des vagues d'émotions et de pensées négatives et s'y complaît. C'est l'esprit qui doit sans relâche se justifier, consolider son « existence » et en prouver la validité en fragmentant l'expérience, en la conceptualisant et en la solidifiant. Inconstant et futile, l'esprit ordinaire est la proie incessante des influences extérieures, des tendances habituelles et du conditionnement : les maîtres le comparent à la flamme d'une bougie dans l'embrasure d'une porte, vulnérable à tous les vents des circonstances.

Perçu sous un certain angle, sem apparaît comme vacillant, instable, avide, se mêlant sans cesse de ce qui ne le regarde pas ; son énergie se consume en une constante projection vers l'extérieur. Parfois, il me fait penser à un pois sauteur mexicain, ou un singe dans un arbre, bondissant sans répit de branche en branche. Cependant, vu sous un autre angle, l'esprit ordinaire possède l'immobilité minérale que donnent des habitudes invétérées, une stabilité morne et factice, une inertie vaniteuse, autoprotectrice. Sem se révèle aussi rusé qu'un politicien retors ; il est sceptique, méfiant, expert dans la fourberie et la ruse, « fort astucieux dans les jeux de la tromperie », écrivait Jamyang Khyentsé. C'est au sein de cet esprit ordinaire chaotique, confus, indiscipliné et répétitif - sem - que nous faisons l'expérience, encore et toujours, du changement et de la mort.

Le deuxième aspect est la nature même de l'esprit, son essence la plus profonde, qui n'est absolument jamais affectée par le changement ou par la mort. Pour le moment, elle demeure cachée à l'intérieur de notre propre esprit - notre sem - enveloppée et obscurcie par l'agitation mentale désordonnée de nos pensées et de nos émotions. De même que les nuages, chassés par une forte bourrasque, révèlent l'éclat du soleil et l'étendue dégagée du ciel, ainsi une inspiration, dans certaines circonstances particulières, peut-elle nous dévoiler des aperçus de la nature de l'esprit. Ces aperçus peuvent être d'intensité et de profondeur très différentes mais de chacun émane une certaine lumière de compréhension, de sens et de liberté. En effet, la nature de l'esprit est la source même de toute compréhension. En tibétain, nous l'appelons Rigpa, conscience claire primordiale, pure, originelle, à la fois intelligence, discernement, rayonnement et éveil constant. On pourrait dire qu'elle est la connaissance de la connaissance elle-même.

In Le livre tibétain de la vie et de la mort - Éditions de la Table Ronde.