jeudi 14 octobre 2021

• Tout se dissout dans la vacuité primordiale, "moi" y compris... - Michaël Szyper

Une exploration approfondie du basculement de la conscience que constitue l'éveil au regard de notre vraie nature, de l'âme, du coeur, du mental et du moi


Ce livre présente une description approfondie du basculement de la conscience que constitue l’éveil, en lien avec les principaux éléments de la conscience humaine : notre vraie nature, l’âme, le mental, le cœur et le moi.
La vue d’ensemble proposée permet de résoudre les contradictions apparentes que l’on trouve fréquemment dans les enseignements spirituels concernant notamment le caractère soudain vs graduel de l’éveil, l’utilité des voies directes et progressives, la nécessité des pratiques spirituelles, le libre arbitre, l’existence de l’âme et le rôle du moi.
Nous explorerons pourquoi, bien que l’éveil donne lieu à une libération radicale et permanente vis-à-vis du mental et dissout la séparation intérieure, il reste néanmoins sujet à une intégration continue. Cet ouvrage souligne l’importance de vivre notre vraie nature de manière intégrée, authentique et sensible à partir du cœur. Comme nous le découvrirons, l’éveil n’est pas une fin en soi; il constitue un nouveau départ dans la manifestation du potentiel illimité de la conscience à travers ses formes. Et si le passage de la séparation à la conscience de l’unité ne concernait pas que quelques individus privilégiés et qu’il s’agissait de la prochaine étape évolutive pour l’humanité? Celle qui nous permettra de réaliser que nous sommes toutes et tous des expressions singulières d’une même conscience infinie et de vivre en paix, en harmonie avec la Terre Mère.

© Extraits publiés avec l'aimable accord de l'auteur :

Cet ouvrage propose une description approfondie de l’éveil, que j’espère aussi claire, complète et intégrale que possible. Je me pencherai en particulier sur l’impact du basculement intérieur que constitue l’éveil sur les composantes essentielles de la conscience humaine : notre vraie nature, le mental, le corps physique, le cœur et le moi. J’aborderai également la place qu’occupe l’éveil dans le voyage de l’âme à travers le temps et l’espace ainsi qu’au sein du mouvement cosmique de la conscience se manifestant à travers les formes.
Je souhaite apporter à travers ce livre une compréhension claire de qui nous sommes réellement et de la raison d’être de notre présence ici. En explorant en profondeur le paysage intérieur de l’éveil, je tenterai d’apporter plus de clarté, d’inclusion et d’intégrité dans un domaine souvent empreint de simplifications, d’idéalisations et de croyances. J’espère ainsi pouvoir aider certains d’entre vous à ne pas gaspiller leur temps et leur énergie dans des voies sans issue, et à éviter les nombreux pièges qui jalonnent le chemin.
Enfin, j’espère que cet ouvrage pourra devenir un compagnon de route au cours de ce voyage de retour à la maison, là où il n’y a plus de séparation et où l’amour inconditionnel de la conscience abonde. J’espère également que cet ouvrage pourra vous servir de guide à travers les territoires intérieurs non explorés, qui se situent au-delà des concepts et des limitations du mental conditionné.
Cet ouvrage n’est toutefois pas un essai théorique. Il constitue une invitation à tourner le regard vers l’intérieur, à chercher ce qui est vrai, et à découvrir que notre conscience individuelle n’est pas séparée de la conscience infinie et omniprésente, qui est toujours disponible ici et maintenant, bien plus proche que ce que l’on pense et plus simple que ce que l’on peut imaginer.
Mon intention n’est cependant pas de convaincre quiconque, ni de prouver l’existence de la conscience infinie, de l’âme et de l’amour inconditionnel qui sous-tendent l’univers manifesté, mais plutôt de vous fournir une description la plus complète possible du basculement intérieur tel que j’ai pu l’observer chez moi et chez les personnes que j’ai accompagnées dans leur cheminement à la découverte de leur vraie nature. J’espère répondre aux questions essentielles suivantes :
Qu’est-ce que l’éveil et quelles en sont ses composantes ?
Existe-t-il des conditions préalables à l’éveil ? Est-il possible que l’humain s’éveille tel qu’il est, sans devoir tout d’abord résoudre tous ses problèmes personnels ? Pourquoi l’éveil se produit-il chez des gens qui, de toute évidence, ne l’ont pas cherché ou qui n’ont aucune pratique spirituelle ?
Quelle est la différence entre « éveil soudain » et « éveil graduel », et pour quelles raisons l’éveil semble se produire d’une manière ou d’une autre ?
Comment concilier les enseignements de la non-dualité selon lesquels on ne peut rien faire pour s’éveiller et les voies spirituelles graduelles qui requièrent efforts et pratiques ? Quelles sont les principales caractéristiques des voies directes et comment fonctionnent-elles ? En quoi consistent les pratiques graduelles et sans formes, basées sur l’observation, la présence à soi et l’acceptation, et quel est leur lien avec le basculement de la conscience que constitue l’éveil ?
Quelle est la vraie nature de la conscience ? Si la conscience est déjà et toujours éveillée, comment se fait-il que l’on ne s’en rende pas compte ? Existe-t-il différents niveaux de profondeur dans la réalisation de notre vraie nature ?
Quel est l’impact de l’éveil sur le corps et le mental, le cœur, l’âme, le moi ? Qu’advient-il de ceux-ci après l’éveil ? Les réactions émotionnelles et les schémas mentaux limitatifs se produisent-ils encore après l’éveil ? Et si oui, pour quelles raisons ? Qu’arrive-t-il au mental après l’éveil et que veut dire exactement « se libérer du mental » ? Quelles sont les répercussions de l’éveil sur le cœur et sur notre capacité à aimer ? Pour quelle raison certains êtres éveillés disent- ils qu’« il n’y a plus personne » après l’éveil ? Quel en est l’impact pour l’individualité ? Le moi n’est-il qu’un fatras de conditionnements et de concepts tel que le prétendent certains enseignements non dualistes, ou bien a-t-il une portée plus profonde en rapport avec l’âme ? Et qu’est-ce que l’âme et quel rôle joue-t-elle dans le basculement de la conscience constitutif de l’éveil ?
Comme vous allez le découvrir, ce livre ne s’adresse donc pas seulement aux personnes en recherche, qui aspirent à découvrir la vraie nature du soi, de la vie, de l’amour et de la réalité. Il intéressera aussi, je l’espère, ceux et celles qui vivent déjà à partir de leur vraie nature, mais qui restent néanmoins suffisamment curieux, humbles, ouverts d’esprit et de cœur pour reconnaître qu’un approfondissement et une intégration restent possibles.
J’aborderai en détail les raisons pour lesquelles, même après qu’il ait donné lieu à une libération radicale vis-à-vis du mental, l’éveil reste l’objet d’une intégration continue, intégration dont le principal bienfait consiste à nous permettre d’exprimer la complétude de la conscience à travers notre véhicule humain, plutôt que d’être agis par des comportements issus de l’ancienne perception de la séparation. Nous explorerons aussi pourquoi l’éveil reste incomplet tant qu’il n’inclut pas le cœur, l’âme, le moi et le mouvement cosmique de la conscience manifestant son potentiel infini d’amour et d’intelligence à travers la diversité des formes, autant d’éléments qui sont souvent absents des enseignements contemporains de la non-dualité.
Comme nous le verrons, au-delà de la réalisation profonde que nous sommes la conscience même et non une personne séparée, chacun d’entre nous est également une âme, c’est-à-dire une conscience sans forme et intemporelle, identique en essence à la conscience infinie mais individualisée de celle-ci. L’éveil libère l’âme du cocon de la séparation et du voile de l’identification à la forme. Telle une fleur de conscience, elle peut alors ouvrir ses pétales et irradier son parfum unique, contribuant ainsi au tout. Se tenant debout, libre et légère et se sentant en sécurité au sein de l’arbre de vie infini, elle prend joyeusement part à la manifestation de l’amour de la conscience sur le plan terrestre. En ce sens, cet ouvrage se fait l’écho de la voix originelle de la conscience, qui chuchote à chacune des âmes qu’elles ne sont pas seulement ici pour elles-mêmes, mais qu’elles font partie du mouvement cosmique manifestant son infini potentiel d’amour dans la forme.
Étant donné que les différentes facettes de l’éveil sont interconnectées et que cet ouvrage a été conçu pour que chaque chapitre puisse être lu indépendamment des autres, il m’arrivera de revenir à plusieurs reprises sur certains thèmes. Je m’en excuse par avance auprès de mes lecteurs et lectrices assidus. 

≈≈≈≈≈≈≈

Aussi loin que remonte ma mémoire dans cette incarnation, je me souviens d’avoir été entouré d’un champ de conscience plus vaste. À l’âge de 4 ans, j’ai vécu un éveil abrupt à la source non manifestée de la conscience. Parce que j’étais si jeune, cet éveil a eu un impact profond sur ma psyché qui ne s’est jamais totalement effacé.
Sur l’écran noir et blanc de la télévision, des dépouilles sont jetées dans une fosse. Face à ces images, je prends soudain conscience de la réalité de la mort et de la nature éphémère de la vie humaine. Je réalise que toutes les personnes que j’aime, mais aussi la terre, le soleil et l’univers entier sont voués à disparaître. En un instant, alors que le temps semble s’étirer à l’infini, tout se dissout dans la vacuité primordiale, « moi » y compris. 

                                        Ouvrage disponible sur Amazon
Site Internet de Michaël Szyper :  La simple Présence

mardi 5 octobre 2021

• Nous sommes le Cosmos qui rêve de lui-même...


Scène finale (audio) tirée de la série "Sermon de minuit" :


Nous sommes le Cosmos qui rêve de lui-même

(cliquer sur le lien)


vendredi 1 octobre 2021

jeudi 30 septembre 2021

vendredi 24 septembre 2021

• Râmana Gîtâ - L'essence des enseignements de Râmana Mahârshi

 

L’essence, le rasa, « saveur », des enseignements de Râmana Mahârshi sont réunis ici sous la forme particulièrement concise de dix-huit chapitres, selon le modèle du grand texte classique et universel qu’est la Bhagavad-Gîtâ. 

Ces conversations et instructions spirituelles ont été revues et éventuellement corrigées par Râmana Mahârshi lui-même. Elles offrent donc une grande garantie d’authenticité. 

La Râmana Gîtâ est un ouvrage particulier, dans le sens où Râmana expose ses enseignements – dont le fil conducteur est la recherche du Soi – d’une manière particulièrement succincte et ordonnée. Aussi chaque verset, shloka, est-il un thème précieux de méditation, de contemplation, de recueillement. 

Les satsang et propres compositions écrites de Râmana Mahârshi, sont agrémentés ici, en fin de chaque chapitre, d’un « bonus » : le Sage explique lui-même le ou les mots clés (particulièrement sanskrits) de chacun des 18 chapitres. Cela apportera au lecteur, à la lectrice un éclairage nouveau, ou un approfondissement de ses connaissances, tant du sanskrit que de l’Advaïta. 

L’essence des enseignements de Râmana Mahârshi présentés ici exposent non seulement les fondements de la non-dualité, mais aussi du Râja-yoga, Jnâna-yoga, mantra- yoga et bhakti-yoga. 

Votre devoir – nous dit Ramana – est tout simplement d’Être et non pas d’« Être ceci ou cela ». En deux mots : « Reste tranquille ». 

Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias L'Originel :

De l’importance de la méditation 

(upâsanâ) 

29/212/1913 

Srî Kâvya Kantha Ganapathi Muni : La libération peut-elle survenir par la simple discrimination entre le réel et l’irréel ou y a-t-il d’autres moyens pour obtenir la fin de la servitude ? 

Râmana Mahârshi : Seul demeurer dans le Soi libère de tous les liens. La discrimination entre le réel et l’irréel conduit à l’absence des désirs et au non-attachement. 

Le jnânî est inconcevable ; il est établi dans le Soi. Il ne considère pas le monde comme irréel ou comme différent de lui-même. 

G. M. : Une étude des écritures suffit-elle à elle seule pour libérer ceux qui désirent la connaissance, ou une pratique spirituelle selon les instructions du guru est-elle également nécessaire ? 

Râmana : Le chercheur de la connaissance n’atteint pas son but par la seule étude des écritures. Sans méditation, il ne peut y avoir de réalisation pour lui ; c’est certain. 

peut y avoir de réalisation pour lui ; c’est certain. 

L’expérience de l’état naturel [sahaja], durant la pratique spirituelle, est appelée upâsanâ et quand cet état devient ferme et permanent, cela même est appelé jnâna. 

En rejetant les objets sensoriels, on demeure dans sa vraie nature comme une flamme de jnâna, de connaissance. Cet état d’être est appelé état permanent (sahaja-sthiti). 

G. M. : Comment celui qui est établi dans la connaissance inébranlable (sthita-prâjna) se reconnaît-il comme tel ? Est-ce en connaissant la plénitude de son illumination ou est-ce par la cessation de la conscience objective ? 

Râmana : Dans l’état stable, naturel, à travers ce Silence suprême exempt de toutes impressions mentales subconscientes (vâsanâs), le jnânî se connaît comme tel, sans aucun doute. 

G. M. : Par quelle indication les érudits sont-ils capables de reconnaître le jnânî ? 

Râmana : Son accomplissement du jnâna se révèle à travers son équanimité envers tous les êtres [et toutes les créatures]. 

G. M. : Le samâdhi mène-t-il uniquement à la connaissance ou confère-t-il également le fruit [matériel] désiré ? 

Râmana : Lorsque la pratique du samâdhi est commencée avec un désir, ce désir portera sûrement son fruit. 

G. M. : Si l’on pratique le yoga pour une fin désirée et devient aussi un sthita-prâjna, est-ce que ce désir est également réalisé ou non? 

Râmana : En pratiquant un yoga avec un désir, et [même] si l’on devient un sthita-prâjna, la félicité ne le pénètre pas bien que le désir ait été satisfait. 

≈≈≈

Du sens des mots selon Râmana 

[Upâsanâ : Litt. « Se tenir (âsanâ) auprès de (upa) » ; pratique, instruction spirituelle, méditation.] 

(318) Râmana : C’est l’approche la plus avancée de la Vérité, laquelle s’achève dans la réalisation du Soi. 

[Il définit jnâna et upâsanâ ainsi :] 

« Qu’est-ce que jnâna et upâsanâ ? Jnâna est toujours présent. Il est également le but final. Quand un effort [hatha] est nécessaire, cet effort a pour nom upâsanâ. Quand l’effort n’est plus nécessaire, il s’agit de jnâna, qui veut dire la même chose que mukti, libération... 

[Il ajoute toutefois :] 

Les exercices spirituels tels que upâsanâ, dhyâna, etc., sont possibles aussi longtemps que le mental est en activité. Ils disparaissent d’eux-mêmes lorsque le mental disparaît [manonâ- sha, manolaya, disparition, érosion du mental]. Ce sont des étapes préliminaires à l’éradication finale de tout le processus de la pensée et à la pacification parfaite du mental. 

mercredi 22 septembre 2021

• Témoignage non-duel (3)


Quand l'illusion d'être 'quelqu'un' est reconnue,

se révèle la simple évidence d’Être.

Conscience, seulement conscience.

Absolument conscience.

Apologie de l’Étant, "je suis",

Genèse et Apocalypse.

Aucune raison pour que je sois,

et pourtant au delà de toute raison,

indéniablement, étant,

Je Suis. 


Charle Coutarel 


lundi 20 septembre 2021

mercredi 15 septembre 2021

• Témoignage non-duel

Merci Didier de partager avec nous cette dynamique de l'Éveil à travers ce(s) témoignage(s).

Site Web de Didier Weiss : Explorations non-duelles

vendredi 16 juillet 2021

• Au sein de cette réalisation, il n'y a ni sujet, ni objet

Puisqu'ils sont comme un rêve de la veille, 

sachez que devenir et extinction 

n'apparaissent ni ne disparaissent, 

ne vont ni ne viennent. 

Ce qui est réalisé n'est ni obtenu ni perdu, 

ni saisi ni lâché. 

Celui qui a réalisé l’Éveil ne fait rien, 

n'arrête rien, ne suit rien, n'anéantit rien. 

Car au sein de cette réalisation, 

il n'y a ni sujet, ni objet et finalement 

ni réalisation, ni personne ayant réalisé ;

l'essence de toutes choses est alors 

égalité et inaltérabilité.


Extrait tiré du Sûtra de l’Éveil parfait


mercredi 7 juillet 2021

• Revenir à l'endroit que nous n'avons jamais quitté - Douglas Harding

C'est là depuis toujours,

et ça ne peut jamais être accompli,

amélioré ou cultivé.

C'est simplement ici pour être contemplé.

Cette paix est notre véritable nature,

ce n'est pas quelque chose que nous rencontrons.

C'est là où nous sommes,

plus près que quoi que ce soit d'autre.

Nous ne venons pas à elle, nous venons d'elle.

Pour la trouver nous devons nous permettre

de revenir à l'endroit que nous n'avons jamais quitté.


Vu sur la page FB de Charles Coutarel


samedi 26 juin 2021

• Nous sommes la conscience de l’être - Alain Galatis

 


Le jour de la nuit regroupe quatre textes, tous consacrés à la non-dualité. Ce sujet est abordé sous différents angles : l'expérience que l'on peut en faire, les moyens de parvenir à cette perception, les raisons des difficultés rencontrées.
Dans Ordonnateurs du chaos, l'auteur, partant d'un souvenir particulier, relate comment un acte simple et anodin - l'observation de quelqu'un qui marche devant nous - peut devenir une bouleversante expérience de la non-dualité.
Sur un ton plus poétique Le jour de la nuit évoque l'étrange cheminement d'un expérimentateur de la non-dualité réalisant qu'il était de tout temps parvenu au lieu recherché et que ce long périple fut l'ultime rêve duquel émerger.
Par des maximes laconiques et parfois ironiques La nuit espiègle démonte les nombreux pièges dans lesquels nous tombons et dénonce les compromissions et atermoiements que nous pratiquons.
Avec une virulence certaine L'homme croit que ce qui n'existe pas existe dresse un réquisitoire sur les conséquences dramatiques de notre incapacité à reconnaître ce que sont les illusions et notre refus obstiné de nous en libérer.
Quatre textes comme quatre coups de masse assénés sur les chaines qui nous emprisonnent.
Quatre textes comme quatre flèches décochées au cour d'une seule cible : le réel.

Né en 1961 d’un père grec et d’une mère suisse, Alain Galatis vit à Lausanne. Durant de nombreuses années, il écrit de la poésie. Son cheminement ainsi qu’un questionnement incessant sur la nature de la réalité, l’amène à la rédaction d’un premier livre L’indicible publié en 1997. Cette même année, il ouvre la Librairie Ex Nihilo. Depuis il a publié six ouvrages tous consacrés à la non-dualité et enregistré deux CD de chansons.

© Extrait publié avec l'aimable accord des éditions Accarias L'Orignel : 

Cela s’est produit il y a une vingtaine d’an- nées. La date précise, le mois, le jour et l’heure m’échappent mais le souvenir vivace d’un instant précis m’habite.

Lausanne. Je traversais la place de la Riponne venant assurément de la rue du Valentin et me dirigeant vers la place de la Palud. Quelqu’un marchait devant moi, un jeune homme, un inconnu. Je l’observais un peu distraitement se déplaçant et soudain je perçus, j’eus cette compréhension, ce déclic : si mon attention se portait uniquement sur l’événement en cours, ma conscience pouvait devenir la conscience de l’événement lui-même et non plus celle d’un individu percevant un événement.

Cela signifiait que ma conscience devenait égale- ment celle de la personne marchant devant moi. Il n’y avait plus de séparation mais bien un seul être mouvant. Le fait que nous marchions d’un même pas amplifiait la sensation. Il y avait un mouvement. Tout participait d’un seul événement. J’étais conscient de ce mouvement et non conscient d’un individu percevant un autre individu.

Il y eut le net sentiment d’une apesanteur. Cette attention à l’instant suspendait la temporalité. Sans passé et sans futur, un allégement se produit. On se retrouve comme aspiré par l’œil du cyclone. La métaphore est peut-être extrême mais il y eut comme un flottement ou un déroutement.

La sensation fut forte et elle s’accompagna instantanément d’une conviction : je découvrais ce que j’avais longtemps cherché (du haut de mes trente-deux ou trente-trois ans). Je percevais clairement ce qu’auparavant j’avais trouvé évoqué dans des textes d’auteurs divers. Appréhension d’une unité des phénomènes et du caractère atemporel de l’instant présent. Il y avait de la joie, de la réjouissance et de l’allégresse. Oui, c’était ça, bien sûr, évidemment ! Je comprenais comment, en se concentrant sur l’instant présent, une conscience peut sortir de l’individualité pour s’ouvrir à ce qui se produit et devenir conscience de l’événement lui- même. Je découvrais la possibilité d’une libre circulation, sans entrave aucune, entre l’individu et le monde. 

Cette vision a duré peut-être deux ou trois secondes puis le sentiment usuel d’être Alain qui traverse la place de la Riponne en regardant un inconnu est revenu. Ensuite, il a fallu de nombreuses années pour approfondir cette perception, l’éprouver à nouveau, en divers endroits, dans diverses circonstances, de plus en plus facilement, avant qu’elle ne finisse par devenir une simple évidence, la banalité du quotidien si j’ose dire. À chaque instant, il est possible d’observer des individus et de percevoir dans un même mouvement leur unité. C’est un seul et unique événement dont deux lectures sont proposées. Cette subtilité d’un jeu entre deux manières d’appréhender le réel me fascine. Je l’expérimente. Je tente de comprendre les tenants et les aboutissants, de saisir les rouages, ce que cela implique. 

Pourtant, parallèlement, un malaise s’est développé, croissant au fur et à mesure que les années s’écoulaient. Quelque chose ne joue pas, dysfonctionne. Si cette double vision me paraît aussi simple, évidente et tellement importante, fondamentale, pourquoi n’est- elle pas partagée par autrui ? Par la société entière ? Pourquoi n’est-elle pas un truisme reconnu par tous ? Mon humble expérience me montrait que cette pénétration consciente de ce qui se produit dans l’instant présent est relativement aisée et ses conséquences bouleversantes. Le décalage n’en est que plus grand entre cette possibilité offerte à tous et l’indifférence que tous manifestent pour cette expérience.

Ainsi étrangement la question s’est métamorphosée. Elle est passée de comment atteindre ces contrées désertées où errent quelques mystiques solitaires à pourquoi jamais personne n’accomplit un acte à la portée de tous, aussi simple et nécessaire que de boire un verre d’eau ?

C’est là quelque chose de fascinant : tout se met en place pour que ce dévoilement du réel ne soit pas rendu possible. La position de chacun, quelle qu’elle soit, vient renforcer les barricades. D’un extrême où cette question semble inintéressante et ne se pose même pas, à l’autre extrême où elle sera estimée au- delà des capacités humaines, rien ne permet d’aborder simplement une question simple.

Depuis des millénaires, différents textes évoquent cette double perception mais ils n’ont jamais été à même de conduire une communauté humaine à cette vision. Ainsi, au lieu d’indiquer une possibilité offerte à tout un chacun de partager une expérience, ils sont au contraire devenus les révélateurs d’une impossibilité, d’un obstacle infranchissable. Qu’elle ne le puisse, qu’elle ne le veuille ou qu’elle ne le choisisse, jamais la communauté humaine ne connaîtra cette expérience. 

La chose serait anecdotique, insignifiante, si elle ne portait en elle les germes d’un chaos infini dont nous sommes les grands ordonnateurs.

L’équation est simple : ne pas effectuer cette distinction entre deux dimensions témoigne d’une confusion et cette dernière génère le chaos. Et c’est bien en rai- son de cet enjeu que la question revêt une importance cruciale. Autrement, elle relèverait du bon droit et du libre arbitre de chacun de penser n’importe quoi et de voir ce qu’il veut, ce dont d’ailleurs nous ne nous privons pas.

Il semble que tous les discours, les plus incongrus, irrationnels, délirants soient-ils, parviennent à se faire une place au soleil. Il semblerait même que plus ils sont insensés, plus leur audience croît. Tous les dis- cours sont entendus, tous sauf un. Celui qui garantirait cette cohérence qui nous fait défaut. Cela ne manque pas de piquant. Nous pouvons discourir sur absolument tout et n’importe quoi mais jamais personne pour revendiquer ce b.a.-ba du discernement : il existe une double dimension et il est impératif d’en tenir compte.

C’est étrange. Cela laisse songeur et amer. Cela attriste. Quelle est cette malédiction sur nous jetée ? Pourquoi un tel prix à payer pour le génie humain ? Mais la question n’est pas à l’ordre du jour. Le délire entraîne le délire ; nous n’en sortirons jamais. Et pour- tant ! Il suffirait que chacun fasse cette misérable expérience d’observer deux secondes un inconnu marchant devant lui et comprenne ce qui est en train de se pro- duire pour changer la face du monde.

Reprenons. Je traverse la place de la Riponne et mon regard se porte sur quelqu’un marchant devant moi. Faisons un arrêt sur image. Figeons les deux protagonistes. Il y a un événement, quelque chose se produit. Ou encore plus simplement : il y a de l’être. Quelque chose existe. Si nous nous bornons à cet événement, c’est tout ce que nous pouvons dire et ce n’est pas grand-chose, quasiment rien. Mais c’est également ce que nous pouvons éprouver, ressentir. Et là, c’est énorme, gigantesque. Nous saisissons que nous sommes cet événement et nous en sommes sa conscience. Nous sommes la conscience de l’être. 

mercredi 16 juin 2021

• C'est une absence étonnamment présente - Yolande Duran Serrano

 

Le silence est l'ultime guérison puisqu'il guérit de l'idée d'être une personne.

JE SUIS vivante comme jamais et je suis morte, en même temps.

C'est une absence étonnamment présente.

A tout vivre dans la paix, je suis tombée dans un étonnement profond et je me suis laissée faire, de plus en plus, de plus en plus profondément.

Ce silence t’empêche de te recréer à chaque instant, d’interférer, de penser, de projeter, de sécréter ce filtre du mental.

Tu sens plus que tu ne penses.

L’agitation reste à l’extérieur. A l’intérieur, tout demeure tranquille.

Aucune déperdition d' énergie. Le fait de percevoir les choses depuis un autre point de vue, non pas depuis moi mais depuis le silence, engendre une grande tranquillité, une grande présence que rien ne peut troubler. Donc une grande efficacité.

Le vieux réflexe de s’identifier à ses pensées est aussitôt balayé.

Cette déperdition d’énergie qu’il y avait avant vient de ce qu’on s’identifie à cette agitation. On croit à ses pensées. On est partie prenante, d’accord, pas d’accord, anxieux, réactif. On veut, on veut pas, on prévoit, on suppute.

On est acteur du film.

Là, on est spectateur. On voit le déroulement : celui du dehors : les gens, les événements qui passent et celui du dedans : les pensées, les émotions qui passent aussi, de la même façon.

Il n’y a pas un « je » pour dire je suis cette pensée, je suis cette émotion.

Il n’y a pas d’enjeu.

Et puis, il y a cette saveur du silence… Une douceur qui est là, en continu.

Il n’y a plus cette voix qui te juge, te condamne, te soumet, te fatigue.

Il n’y a plus cette souffrance, ces pensées qui te somment d’exister.

Et même si, de temps à autre, une pensée apparaît, elle est si douce…

elle te rend légère.

Il n’y a pas de séparation.

Tout est en fusion avec tout le reste. Mon corps, mon senti, est ce qu’il y a de plus proche, mais c’est fusionné avec tout le reste. C’est au second plan.

Cette présence constante t’empêche de tomber dans le piège de la complicité avec tes propres pensées… alors encore moins avec celles des autres.

Ce qui va se faire, se dire dans l’instant, se fera, se dira, mais ce ne sera pas le résultat d’un savoir, d’une compréhension.

C’est ce silence qui sait.

C’est lui qui fait. 

Tu laisses cette fluidité agir.

Il a toujours été là, même quand tu ne le percevais pas.

Il est là avant tout ce qui peut apparaître à chaque instant.

C’est lui qui permet de vivre ce qui est.

Pas besoin de penser ta vie.

C’est cette présence qui permet qu’apparaisse le monde.

Tout ce qui apparaît, tout ce qui existe n’est là que parce que ce silence est là.