mercredi 24 juin 2026

• Un ciel de cristal bleu qui se sait - Guy Mauchamp

 

Voici l'introduction de "Le jeu de l'oubli et un café sans sucre" paru dans la Revue Troisième Millénaire :

Mon ami Julien et moi sortons d’un “Satsang”. En fait, en français : une réunion - mais ça ne fait pas vendeur dans les milieux spirituels. Ce mot sanscrit à la mode accroche l’oreille, ouvre une porte sur : Qui suis-je ?
Bref, nous refaisons le match sur une terrasse, deux cafés sans sucre.
- Julien : Cette disposition du maître qui sait, assis sur son estrade, et les non-sachants tous en face, ça sépare les gens, non ? Ça fait des catégories !
- Guy : Oui ça peut vite glisser vers la vénération d’une personne. Pourtant, il y a cette distinction : soit le vécu de ta nature profonde s’est révélé, entier, instantané, total, soit ce n’est pas là. Mais éveillé ou non, nous restons tous humains avant tout. Sans hiérarchie.
Long silence… Julien sonde ses abysses. Il cherche aussi à démystifier l’éveil. Ramener le panthéon des « éveillés officiels » au ras des pâquerettes du quotidien, faire les courses, le ménage, tomber amoureux, comme tout le monde. Ils ont toujours des émotions, des préférences, des envies, mais elles sont vues comme des nuages, non saisies… Dans l’idéal !
- Mais enfin, toi, est-ce que tu es éveillé Guy ?
- C’est une formulation piège : dans le retournement vers soi, il n’y a pas de «Guy » pour le revendiquer. Il s’agit d’un lâcher-prise de l’identification à un personnage. Ma conscience se reconnait elle-même, un absolu d’amour. Pour moi, le bonheur est plus simple à aborder que ce mot galvaudé “d’éveil”.
- D’accord, mais il y a tellement de charlatans, de simulateurs dans le monde de la spiritualité !
- Aucune importance, ils jouent leur rôle pour ceux qui en ont besoin à un moment de leur recherche. C’est un jeu. Oublies cela, reviens à toi-même.
Mon ami se débat. Des pensées-moustiques virevoltent dans le ciel de sa conscience : jugement, peur, protection... Une danse qui dit non, un refus mortifère de souffrance et de confusion. Comment voir la conscience derrière ces bourdonnements ? Les laisser s’envoler. Être le ciel.
- Julien : Pour moi c’est la confusion toutes ces histoires d’éveil !
- Guy : La confusion fait son travail pour te conduire à une clarté, c’est son rôle, sa poésie.
- Mais pour toi c’est clair ?
- Dès la première étincelle d’ouverture, la clarté est là, une parfaite évidence dans toutes les fibres de mon Être. Dans mon vécu de l’absolu il n’y a pas l’ombre de l’idée d’une question ou d’un doute. D’ailleurs il n’y a même pas de réponse. Un ciel de cristal bleu qui se sait. Il n’y a clairement que ce qui Est là, radieux, silencieux, paisible. Toujours dans l’amour, transparent et ouvert. Vivre cet émerveillement avec ce bonheur d’Être, sans en faire une identité, une pendule, une épicerie spirituelle.
- Et depuis quand c’est comme ça pour toi ?
- Une première graine de conscience s’était semée lorsque j’avais 18 ans, en 1971. Finalement peu importe, car il y a aussi la compréhension qu’il n’y a qu’un seul présent...

... la suite dans le N°157 d'Octobre 2025 Revue Troisième Millénaire

lundi 22 juin 2026

dimanche 21 juin 2026

• O


 

jeudi 18 juin 2026

• L'écoute intérieure de notre nature propre - Tsun Yun

 

« …Je saignais continuellement. Attendant ma fin, je m’assis avec fermeté dans le hall de méditation jour et nuit avec un zèle accru. Dans l’état de pure concentration de ma méditation, j’oubliai tout de mon corps et, vingt jours plus tard, mon corps guérit complètement. Quand l’abbé de Cai-Shi Jetty vint offrir des vêtements à l’assemblée, il fut rassuré et ravi de voir que mon apparence était radieuse. Il parla alors de ma chute dans la rivière et tous les moines me tinrent en grande estime. Je fus alors dispensé de travailler dans le hall et pus poursuivre ma méditation.

Mes pensées en arrivèrent à s’arrêter complètement, ma pratique se poursuivait jour et nuit. Mes pas étaient aussi légers que si je flottais dans les airs. Un soir, après la dernière période de méditation, j’ouvris les yeux et soudain, je perçus une clarté semblable au grand jour, dans laquelle toute chose à l’intérieur et à l’extérieur du monastère m’était discernable. A travers le mur, je vis le moine en charge de l’allumage des lampes et de l’encens en train d’uriner à l’extérieur, le moine en charge des invités se trouvait dans les toilettes, et plus loin, je voyais des bateaux sur la rivière dont les rives étaient plantées d’arbres — je vis tout cela clairement juste à la troisième heure de la nuit.

Le matin suivant, je questionnai le moine chargé de l’encens et celui en charge des invités qui me confirmèrent ce que j’avais vu la nuit précédente. Comprenant que cette expérience n’était encore qu’un état temporaire, je ne lui accordai pas une importance excessive.

Dans le douzième mois, au cours de la troisième nuit de la huitième semaine de sesshin, un moine vint remplir nos tasses de thé après la fin de la méditation. Le liquide bouillant éclaboussa ma main et je lachai la tasse qui tomba sur le sol en se brisant avec un bruit net; instantanément, mes derniers doutes au sujet de l’Esprit-Racine furent tranchés et je me réjouissai à la réalisation de mon but tant espéré…

Extrait de Empty Cloud – The autobiography of the Chinese Zen Master XU YUN (épuisé)

Extrait d’enseignement :

« Dans notre école, l’enseignement consiste en la vision directe de notre essence propre, que les mots et les phrases ne peuvent exprimer. […] Cependant, à cause de notre nature inférieure, les anciens maîtres furent obliger d’user d’artifices pour instruire leurs disciples et leur donnèrent à méditer des phrases particulières appelées hua tou. Et comme les adeptes de la Terre Pure qui récitaient le nom de bouddha était nombreux, ils leur donnèrent à méditer le hua tou suivant : « Qui récite le nom du Bouddha ? » […] Dans notre investigation du hua tou, le mot « qui » doit être soigneusement examiné. […] Vous devez vous efforcer de connaître d’où vient ce « qui » et à quoi il ressemble. Notre investigation doit être tournée vers l’intérieur et pour cela elle est aussi nommée l’écoute intérieure de notre nature propre. »

Source : Tsun Yun, le moine aux semelles de vent par Eric Sablé

Vu sur Témoignage d'éveil

mardi 16 juin 2026

• Le Tout dans l’Un - Gerta Ital

Chaque soir, j’allais au sanzen (bref entretien avec le Maitre). Le Rôshi, conscient tout comme moi de mon prochain départ, me forçait avec une intensité croissante à pénétrer dans le domaine de l’Un. Comme à sa question : De quelle façon sentez-vous la «seule main»?(Gerta Ital travaille sur le koan : quel est le son d’une seule main qui applaudit); je répondis : « L’Un est la forme et aussi l’absence de forme. La « seule main » est tout. Je suis cette main ». Il s’écria, et sa voix tonnait comme de l’airain : « Il n’y a pas de « je », il n’y a que l’Un ! »

Le soir suivant, comme je m’agenouillais devant lui, il ne posa pas de question, mais dit aussitôt :
« Il n’y a pas de Gerta Ital, il n’y a pas de Rôshi, il n’y a que l’Un ! »

Quand, après le zazen, je rentrai vers dix heures dans ma chambre et allumai le poêle à pétrole dont j’étais redevable à la bonté du Rôshi, après la dépression spirituelle que j’éprouvais maintenant à chaque sanzen avec le Maître, je restai encore longtemps plongée dans ses paroles. Mon corps n’était plus que l’ombre de lui-même. Mais peu m’importait ; j’aurais préféré ne plus avoir de corps, qui constituait toujours un obstacle, le détruire par l’esprit, afin d’être totalement libre.

Le 8 novembre la « percée » se produisit. La veille au soir, le Rôshi avait de nouveau posé la question :
« Comment éprouvez-vous le son de la seule main »? » et je répondis, approfondissant la question : «L’Un vit de lui-même. Il vit sa vie en moi, en tous les êtres. » Le Rôshi prit une inspiration profonde, comme toujours lorsque « Cela » parlait à travers lui. Quand il parla finalement, sa voix était très douce, pourtant l’effet de ses paroles n’aurait pas pu être plus électrisant que si un éclair de lumière m’avait traversé et rempli de feu. (Et cela quoiqu’elles ne signifiassent rien d’autre que ce qui avait déjà été exprimé bien des fois, en réponse à mes propres paroles) :
« II n’y a pas d’intérieur. Il n’y a pas d’extérieur. Il n’y a que l’Un ! »

Je ne sais pas pourquoi c’est justement ce mot qui donna la solution du kôan, après que du point de vue spirituel tout fût devenu clair depuis longtemps déjà. Souvent, quand on prend connaissance des expériences d’un élève, on s’aperçoit que pour celui-ci, qui se tourmentait jusqu’à l’anéantissement avec son kôan, il suffit parfois d’une occasion insignifiante pour que les dernières barrières disparaissent.

Pour moi ce furent les paroles : « Il n’y a pas d’intérieur. Il n’y a pas d’extérieur » qui permirent d’abattre les barrières ébranlées depuis longtemps.
Pendant la nuit, je continuai de méditer sur ces paroles et c’est alors que cela se produisit : Il n’y avait plus de kôan, plus de différences, même le moi n’existait plus. Il n’y avait que l’Un. Après avoir dormi trois heures à peine, je me remis de très bonne heure au zazen et l’expérience de la nuit se reproduisit. J’atteignis plus rapidement qu’auparavant la profondeur du samadhi, mais ensuite il s’étendit à l’infini. Pendant que j’écris cela, je me pose la question : l’expression « à l’infini » est-elle bien celle qui convient ? Oui et non. Non, surtout parce que ce mot signifie pour nous une chose, même si cette chose est indéfinie. Mais cela ne convient pas. En ce qui me concerne, cela ne se manifesta pas comme une vision. Ce n’était pas non plus un ravissement. Si je tente d’exprimer ce que je ressentais, en toute simplicité et sans fioritures, je ne peux que dire : il n’y avait plus rien et moi aussi je n’étais plus rien.

Mais ce néant n’était qu’un néant apparent. C’était la vie elle-même. Et cette vie m’absorbait. Cette vie était le Tout dans l’Un. Mais la participation à ce « Tout en Un » est justement ce qu’on ne peut décrire, ce qui se refuse à être exprimé en paroles. Rien (ce qu’on en dirait ne peut convenir, car même l’expression que j’avais employée auparavant, « béatitude pleine de paix, qui serait peut-être la plus adéquate, ne permet de rendre qu’une partie du tout. Mais comment pourrait-on décrire en paroles l’Être sans forme, l’Être en tant qu’état, la Vie en tant que vie en soi, trouver les mots susceptibles non seulement de désigner, mais aussi d’exprimer l’Être lui-même ? Ce n’est pas possible et j’échoue dans cette entreprise, comme d’autres ont échoué avant moi.

Ce matin-là je ne pensais cependant pas à tout cela. Rien ne pouvait me retenir. Je devais aller trouver le Maître et me joignis au zazen du matin qui était réservé en principe aux moines vivant dans le zendô.

Lorsque, frémissante d’émotion, je pénétrai dans la pièce du sanzen, le Maître sut aussitôt ce qui s’était produit et, comme je me mettais à genoux devant lui, il me questionna vec douceur et affection sur le « son de la seule main ». Ma façon de répondre dût être celle de quelqu’un de complètement bouleversé, ébranlé jusqu’au tréfond de son être. Par bribes, d’une voix saccadée qui semblait venir d’un autre monde, pendant que tout mon corps vacillait comme avant un effondrement final, je lui racontai en balbutiant mon expérience de l’Un. Il hocha la tête et s’écria radieux :
« Only one hand ! only one hand ! » (Seulement une main, seulement une main !).

Je levais les yeux vers lui ; son visage était rayonnant et avant de lever la main pour prendre la clochette et l’agiter pour indiquer la fin du sanzen, il me fit encore un signe de tête.
J’étais à peine capable de me relever et fus sur le point de tomber pendant que je faisais la dernière prosternation, la sueur me coulait le long du corps, je chancelais comme prise d’ivresse en sortant de la chambre du sanzen et en allant dans le couloir jusqu’à ma chambre, où je me laissais tomber sur le lit qui n’était pas encore rangé. Pendant plus d’une heure je continuai de trembler, comme par un grand froid, avant de pouvoir me calmer. Les lignes que j’écrivis alors dans mon journal sont irrégulières, comme si je les avais écrites dans un train en marche.

Extraits de : Le Maitre, les moines et moi

lundi 8 juin 2026

mercredi 3 juin 2026

• Un acte d’amour cosmique - Daniele Balland

Le péché originel est sans doute l’un des symboles les plus mal compris du christianisme. Beaucoup l’imaginent comme une simple “faute morale” commise par Adam et Ève, presque une histoire d’enfants désobéissants punis pour avoir mangé un fruit interdit. 

Pourtant, derrière ce récit se cache quelque chose d’immense, presque métaphysique.

D’un point de vue plus ésotérique ou hermétique, le récit peut être lu comme une allégorie de la descente de l’esprit dans la matière.

Le “fruit” devient alors le symbole de la connaissance séparatrice : la conscience qui se coupe de l’Unité pour expérimenter le monde dense.

Le serpent y prend parfois une figure ambiguë : tentateur pour certains, révélateur pour d’autres.

Mais la gnose classique considère surtout que la tragédie vient de l’enfermement de l’étincelle divine dans le monde inférieur gouverné par le démiurge.

Avant d’être une faute morale, le péché originel est, dans sa lecture ésotérique, le récit d’une rupture ontologique , une séparation entre l’être et sa source divine. 

La pomme n’est pas un fruit défendu par un Dieu jaloux : elle est le symbole de la conscience duale, ce moment où l’esprit se scinde en sujet et objet, où l’homme se perçoit séparé du Tout.

Errer vient du latin errare , ne plus savoir où l’on va. La chute, c’est d’abord la perte du centre.

Pour les courants gnostiques (valentiniens, séthiens, manichéens ) le récit de la Genèse est lu à rebours du dogme officiel.

Le vrai “crime” n’est pas d’avoir mangé le fruit de la connaissance. 

C’est précisément l’ignorance (agnoia) qui est la faute originelle. L’humanité a oublié sa nature divine. Elle est une étincelle de lumière (pneuma) enfermée dans la matière dense, créée non par le Dieu suprême, mais par le Démiurge, un artisan imparfait, parfois aveugle, parfois malveillant.

Dans certains textes gnostiques comme l’Apocryphon de Jean, c’est le serpent qui joue le rôle du libérateur. Il incite l’humanité à connaître, à s’éveiller à sa propre origine céleste. 

Yahvé devient alors la figure du geôlier, celui qui maintient l’homme dans l’ignorance de sa vraie nature.

Le péché originel gnostique : avoir cru être séparé de Dieu. La rédemption : se souvenir qu’on ne l’a jamais été.

Le sang comme mémoire et  la transmission générationnelle est peut-être là la dimension la plus riche à cette question .

Qu’est-ce qui se transmet réellement de génération en génération ?

Dans la kabbale, le concept de Tikkun (réparation) suppose que l’âme entre dans le monde avec un héritage spirituel des klipot (écorces, enveloppes sombres) qui sont les résidus karmiques des ancêtres. 

Le sang est ici une métaphore de la mémoire de l’âme. Certaines “fautes” ne sont pas des crimes moraux mais des noeuds vibratoires transmis de corps en corps, d’incarnation en incarnation, jusqu’à ce qu’une conscience les affronte et les dissolve pour la lignée et pour elle même . 

Dans les traditions chamaniques , sibériennes, amérindiennes, africaines , on parle d’entités ou de dettes qui voyagent dans les lignées. 

Le guérisseur ou chaman peut “remonter” la lignée pour identifier où la rupture a eu lieu. 

Ce n’est pas très éloigné de ce que la psychanalyste Françoise Dolto, appellera les fantômes cryptiques : des traumatismes non digérés qui ressurgissent dans les descendants sous forme de symptômes parfois inexpliqués.

Dans l’hindouisme, le concept de « karma sanchita » désigne le karma accumulé sur de multiples vies ( un poids que l’âme porte à travers les réincarnations) . 

Il ne s’agit pas d’une punition mais d’une dette d’apprentissage, une invitation à la maturation spirituelle.

Le sang, dans la lecture ésotérique, n’est pas seulement un fluide biologique. Il est le substrat subtil de la mémoire ancestrale, l’archive vivante des expériences non intégrées.

Pour l’Islam ésotérique (soufisme) Adam n’est pas un pécheur mais un amant. 

Sa descente sur Terre est voulue, presque désirée par Dieu lui-même, pour que la conscience divine se découvre à travers l’expérience du manque et du retour. Ibn ‘Arabî voit dans la chute un acte d’amour cosmique : Dieu voulait être connu, et pour cela il fallait un être capable de l’oublier et de le retrouver.

Plotin lui, décrit une procession : l’Un se déploie vers la multiplicité par une nécessité interne, non par faute. L’âme “tombe” dans la matière non par péché mais par un mouvement naturel d’extériorisation. 

Le retour vers l’Un est tout aussi naturel. Il n’y a ni coupable ni punition, seulement le rythme du cosmos qui s’éloigne de sa source et y revient.

Dans le bouddhisme, Il n’y a pas de péché originel à proprement parler, mais il y a l’avidyâ , l’ignorance primordiale, le fait de prendre le moi pour une réalité solide et permanente. C’est cette illusion fondamentale qui génère la souffrance et la roue des renaissances (samsara). Le “péché” est structural, non moral : c’est la condition de toute conscience incarnée.

Les Orphiques , dans la Grèce antique, enseignaient que l’homme était né des cendres des Titans , ces êtres qui avaient dévoré Dionysos. L’humanité porte donc en elle une double nature : titanesque (lourde, matérielle, violente) et dionysiaque (divine, lumineuse). La vie spirituelle consiste à purifier la part titanesque pour libérer la part divine. C’est un péché originel collectif, mais aussi une promesse d’origine : nous sommes faits de lumière dévorée.

En vérité le péché originel peut être vu comme initiateur. 

Lues ensemble, ces traditions suggèrent quelque chose de vertigineux : le “péché” originel n’est peut-être pas une faute, mais une nécessité.

Sans la chute, pas d’éveil. Sans l’oubli, pas de mémoire. Sans la séparation, pas de retour. 

La blessure originelle est aussi la porte d’entrée du chemin spirituel. 

L’homme n’est pas un dieu déchu qui expie, il est un dieu en train de se redécouvrir à travers la densité du monde.

Ce que le sang transmet de génération en génération, c’est moins une malédiction qu’une invitation non résolue : celle de regarder en face ce que nos ancêtres n’ont pas pu transformer, et de faire, à notre tour, un pas de plus vers la lumière.



mardi 2 juin 2026

• La Vérité n'était pas une question de recherche - Franklin Albert Jones (Adi Da)

Assis à mon bureau tard dans la nuit, j'avais épuisé toutes mes recherches, au point de ne plus avoir de livres à lire, ni d'expérience ordinaire susceptible de surpasser ce que j'avais déjà vécu. Il ne semblait y avoir aucune source d'inspiration pour une nouvelle exploration, aucune possibilité définitive. J'étais absorbé par la tension intérieure de mon esprit, qui contenait toutes ces recherches, chaque impulsion, chaque alternative, chaque motif sous forme de désir. Je la contemplais comme un tout, une unité dramatique, et elle me plongea dans une profonde sensation de vie, si bien que tous les centres vitaux de mon corps et de mon esprit apparurent comme un long entonnoir de plans contractés menant à une image infiniment régressée et invisible. J'observai cette profonde sensation de conflit et de contradictions sans fin, au point de m'abandonner à sa forme même, comme pour la vivre parfaitement et l'incarner.


Puis, tout à coup, en un instant, je vivais une révolution totale dans mon corps et mon esprit. » Et, tout à fait, dans ma conscience vivante. Un sentiment absolu de compréhension s'est ouvert et a surgi à l'extrémité de cette soudaine contemplation. Et tous les mouvements de moi qui descendaient dans cette profondeur semblaient s'inverser en un point insondable. Énergie…


Dans ce grand moment d'Éveil, j'ai su que la Vérité n'était pas une question de recherche. Il n'y avait pas de « raisons » à la Joie et à la Liberté. Ce n'était pas une question de vérité, d'objet, de concept, de croyance, de raison, de motivation, ni d'aucun fait extérieur. C'est seulement la Connaissance et le Pouvoir absolus qui sont la Réalité.


J'ai aussi vu que la Liberté et la Joie ne s'atteignent pas, qu'elles ne dépendent d'aucune forme, d'aucun objet, d'aucune idée, d'aucun progrès, d'aucune expérience. J'ai vu que les êtres humains (et, en fait, tous les êtres) sont, à chaque instant, toujours et déjà Libres. Je savais que je ne manquais de rien que je devais encore trouver, et que je n'avais jamais manqué de rien. Le problème était la recherche elle-même, qui « créait » et imposait la contradiction, le conflit et l'absence en moi.


Il m'a fallu beaucoup de temps. Il m’a fallu des années pour comprendre cette révolution en moi. Elle a marqué l’émergence de la Vie fondamentale et inconditionnelle, et elle a, en cet instant, dissipé toute ombre de dilemme et d’ignorance de l’esprit, à tous les niveaux, ainsi que tous ses effets sur le corps.


dimanche 31 mai 2026

• Suivez votre véritable nature


 Même la pub en parle (Center Parcs) !

samedi 30 mai 2026

mardi 26 mai 2026

• Lorsque nous en faisons l'expérience, nous sommes éveillé dans l'instant - Anam Thubten

Le Dzogchen enseigne que rigpa est la base fondamentale de notre esprit car elle est depuis toujours présente en chacun de nous. Elle existe avant le développement de l'ego et de nos conditionnements mentaux. Lorsque nous en faisons l'expérience, nous sommes éveillé dans l'instant.
D'un autre coté, il ne s'agit pas de devenir quelqu'un d'autre. Nous retournons simplement à la base primordiale de notre conscience. Cela nous invite à ne pas comprendre l'éveil comme une transformation en quelque chose de sublime mais comme un retour à ce que nous sommes vraiment - notre nature originelle.

samedi 23 mai 2026

• Tous les chemins mènent à la conscience

 

Tous les chemins mènent à la conscience.


Le véritable temple n'est pas bâti de pierre,


mais se découvre au cœur même de la conscience.


Le véritable Dharma n'est pas fait de simples mots et rituels,


mais la reconnaissance directe de la nature de l'esprit.


Les dieux apparaissent sous d'innombrables formes – paisibles et courroucés,


pourtant, leur essence est la vacuité lumineuse, en soi.


Les religions se divisent par les noms et les voies,


mais la sagesse primordiale est immuable.


Les écritures, les textes sacrés, la philosophie, les années d'étude et de retraites,


sont de précieux bateaux pour traverser le fleuve,


mais on n'atteint la rive finale que par la réalisation de sa propre conscience.


L'essence…


Cherche moins à l'extérieur et repose davantage à l'intérieur.


Car le Bouddha primordial n'a jamais été séparé de ton esprit.


Ne cherche jamais hors de toi.


Même si tu cherches pendant mille ans ou jusqu'à ton dernier souffle,


la vérité ultime ne se trouvera pas à l'extérieur.


Lorsque l'esprit se tourne vers l'intérieur et se reconnaît lui-même,


l'illumination se manifeste naturellement,


grâce à l'introduction suprême et à l'enseignement essentiel du maître racine.


Sources FaceBook

vendredi 22 mai 2026

• Instructions essentielles (pratique Dzogchen) - Tokden Achö

Dans cette série de courts extraits vidéo, Tokden Achö (Tokden Chökyi Lodrö) partage des instructions essentielles sur la méditation, ponctuées d'exercices pratiques. Les Tokdens, littéralement « réalisés », sont des yogis qui consacrent leur vie entière à la retraite et à la pratique de la méditation. Cette lignée extraordinaire de pratique et de réalisation a été initiée par les précédents Khamtrul Rinpochés dans l'est du Tibet et se poursuit sans interruption jusqu'à nos jours.


Être sans distraction

Des séances courtes répétées plusieurs fois

3 aspects de la méditation : L'immobilité, le mouvement et la conscience

Les trois nobles principes