mercredi 9 octobre 2019

• Il n'y a que l'UN - Gérald Ben-Merzoug


Il n'y a que l'UN.
On se crée une identité (identifiée), une raison d’être. Mais en réalité il n’y a pas d’identité !
Il n’y a pas pas besoin de "s’identifier à" pour Etre. Dans la Béatitude de Ce que l’on Est, il n’y a plus de limite.
Tout ceci (corps, esprit, univers), c’est l’Un.
C’est déjà comme ça en chacun, il s’agit d’un prendre conscience.
A la suite d’une intense expérience mystique et six années d’un bouleversant pèlerinage en "solitaire" sur le chemin de la Vie intérieure, j’eus la grâce de rencontrer un Maître spirituel qui fût à la fois, pour moi (et pour tous ceux qui l’ont rencontré), l’Amour d’une Mère, la Guidance d’un Père, l’Ami à qui l’on peut tout confier sans crainte d’être jugé ... et bien plus encore !
La vie de Gérald est, à elle seule, un extraordinaire message d’Amour et de Compréhension.
C’est dans son petit appartement que, depuis des années, il donne tout son temps libre pour les autres sans jamais rien demander en échange. Pour des questions d’ordre spirituels ou pratiques, ou bien simplement pour "gouter" à cette Paix qui "repose l’Ame" lorsqu’on est en sa présence, ils viennent de tous statuts sociaux, religieux et culturels, et repartent bien souvent transformés au plus profond d’eux-mêmes par sa compagnie et son Amour qui donne et diffuse continuellement ... aussi naturellement et sans effort que le parfum d’une fleur éclose.
Ce livre est écrit à deux, mais c’est la même voix qui parle, et son message est pour tous.

Pierre Leré-Guillemet

À ce moment-là, il n'y a plus de corps, de mental, d'état quel qu'il soit… Il y a simplement l'Un. L'Un qui est Présence, donc Présent. Il n'y a pas non plus d'état de dissociation, tout ne forme plus qu'Un pour toi, consciemment. Depuis des millénaires, tous les chercheurs spirituels se sont servis de la prière et de la méditation pour comprendre cela : dès que nous les utilisons, nous développons l'ouverture nécessaire pour être directement relié à cet espace où sommeille « Qui nous Sommes, Ce que nous Sommes ».

Ce livre est un enseignement de Sagesse. Dialogue entre deux hommes, Pierre - jeune homme à la recherche de Soi et avide de réponses, et Gérald, guide spirituel, qui nous délivre au fil des pages son message, profond et intemporel. Accessible à tous, ce témoignage spirituel offre des réponses d'une clarté stupéfiante sur des thèmes ancrés dans notre quotidien : peurs, croyances, doutes, Ego, Amour, Présence… Pour finalement ouvrir de portes de compréhensions sur Soi, sur l'Autre, et tout ce qui nous unit. Afin de vivre pleinement, consciemment, notre nature profonde. 
Gérald Ben-Merzoug est né en 1967. Sensible, il développe dès son plus jeune âge une forte empathie envers les autres et expérimente une vie intérieure extrêmement profonde. Au fil des années et des rencontres, il entame un processus de recherche et de compréhension intérieure. À 20 ans, il commence une phase d’ascèse extrêmement intense, basée sur des techniques ancestrales indiennes. Cette Sadhana le mène à des méditations pouvant durer jusqu’à dix heures d’affilée. Rien ne l’arrête dans ses expériences. Jusqu’à ce que des interrogations émergent sur la justesse de sa démarche. La vie met alors sur sa route un ami et Maître, avec lequel il passe nombre de moments à converser à propos de sujets spirituels. Après quinze années de pratiques intensives, il réalise l'Unité. Depuis, il apporte son aide, sans contrepartie, à toutes les personnes qui viennent à lui. En 2013, il fonde avec des amis l’association « Tout est Un », dont le but est de venir en aide aux plus démunis et de promouvoir les multiples approches spirituelles et inter-religieuses.

© Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions Aluna :

           L'unité entre la science et la spiritualité
 Pierre : J’ai entendu une histoire sur un grand scientifique qui était allé voir avec quelques-uns de ses élèves un Maître soufi.  Le scientifique passa un bon moment seul avec le Maître soufi. Puis il finit par sortir sans dire un mot. Les élèves, qui l'attendaient, le pressèrent de questions : « Alors !? Qu’avez-vous appris professeur ? Et le scientifique répondit : « Ce que moi je sais, lui il le vit ! »
Dorénavant nous savons, grâce à la découverte de l’atome, qu’il existe un invisible organisé. C’est pour cela que des liens entre le spirituel et la science existent. Ce que les grands Rishis (les sages de l'Inde ancienne) ont affirmé il y a des milliers d’années peut maintenant être vérifié et mesuré avec notre technologie contemporaine.

Gérald : Oui, un lien fort existe entre les deux, et d'ailleurs à un moment dans l’histoire de l’humanité, cela fusionnera.

P : Avec le temps, la science va-t-elle aller de plus en plus loin dans la découverte de l’infiniment petit ?

G : Tout à fait.

P : J’ai entendu quelques Maîtres parler du Nucléus atomique. Vois-tu de quoi ils veulent parler ?

G : Oui. Cela constitue l'atome, le centre de l'atome. Mais il y a plus petit. Les particules de vies, l’élément fondamental. Pour certains, cela s’appelle « les atomes permanents », pour d’autres ce sont « les énergies de cohésion ». C’est plus petit que l’atome, plus petit que le noyau, plus petit que ce qui compose le noyau de l’atome.... Il y a le subatomique, et il y a l’intra-atomique c’est-à-dire ce qui compose les particules… Mais à ce niveau nous ne pouvons plus le définir comme des particules, mais comme une énergie de cohésion qui permet qu’un atome soit, et demeure ce qu’il est. Les neutrons et les protons en sont également composés..

P : C’est plus fin qu’une particule de lumière ?

G : Ce n’est pas de l’ordre de la matière à ce niveau, disons que ce sont des « particules » (qui n’en sont pas en réalité) qui sont plus de l’ordre de l’Esprit.

P : Ah d’accord ! Cela nous amène à ce que tu disais plus haut, le spirituel et le scientifique finiront par fusionner.

G : Oui. Ce qui est difficile à comprendre c’est que ce ne sont pas des particules qui vont d’un point à un autre. Nous abordons le non-temps et le non-espace à ce niveau de compréhension. Et ces particules sont par essence présentes en toutes choses ! Tu comprends mieux ?

P : Cette particule est-elle consciente ?

G : Elle est plus que cela. C’est la Conscience.

P : Donc si nous « descendons » au minimum dans la dimension des particules d’énergie, ce n'est que de la Conscience ?

G : Utilisons ce terme « descendre » si tu veux, même si ce n’est pas tout à fait cela. Nous descendons, descendons, descendons, jusqu’au moment où effectivement nous expérimentons cet aspect-là.

P : Et donc après avoir réalisé cela en toi et l’avoir compris, tu perçois un objet, par exemple un verre d’eau, comme étant de la conscience matérialisée ?

G : Exactement ! Mais chacun le dit avec ses mots. Certains diront pure lumière, d’autre pure énergie, d’autre pur Esprit…

P : Mais alors quand tu dis « cette particule »...

G : Attends, je dis « particule » pour employer un mot, mais ce dont nous parlons est hors norme du système des particules. C’est l’essence de vie, de la cohésion… C’est ce qui compose tous les systèmes.

P : Donc si nous devons prendre une image, ce n’est pas du tout comme des petites billes, comme lorsque nous montrons des atomes ?

G : Ah non !

P : Donc c’est vraiment la même « substance » partout, identique. (Note: Les sages de l'Inde appellent Dieu, le « substratum» qui soutient toutes choses.)

G : Oui. (Gérald montre le bout de son index) Et si c’est réalisé ici, dans la compréhension d’un être, si c’est là au bout de mon doigt, alors c’est aussi là, partout. Quand nous réalisons cela en un point, nous réalisons cette même compréhension partout en même temps.

P : Donc c’est pour cela que lorsque nous réalisons Dieu, nous réalisons aussi qu’Il est partout.
G : Oui.

P : C’est comme-si, disons, ce ne serait… qu'une seule grosse particule ! (Rires)

G : (Rires)

P : Ce ne sont pas des billes séparées mais une seule grosse bille !

G : Oui, ce qui est important, c’est que ce dont je suis en train de te parler fait un véritable écho en toi. Car si cela fait écho, je pense que tu vas comprendre que la « matière » n’est qu’un mot en réalité. Mais cela, ce dont nous parlons, n’a pas encore été trouvé par la science actuelle. Il est évident que dans les accélérateurs de particules nous trouvons toujours des particules nouvelles à l’infini. Pourquoi ? Car à chaque fois que deux particules se cognent, une nouvelle se crée.
Quand nous observons un champ aurique (cette énergie qui nous entoure et qui entoure aussi les objets, et qui compose l'aura) nous pouvons voir une globalité. Même ce qui est de l’ordre du subtil comme les émotions, les sentiments… Tout cela est composé de cette force. Et si tu fais jouer ça (Gérald montre le troisième œil, le point situé entre les sourcils) tu peux voir combien cette force est remplie d’une Lumière impressionnante. Ce n’est pas du tout comme nous le pensons.
Nous parlons de l’aura, de ceci, de cela, mais nous n’abordons jamais de ce qui entre dans sa composition. Pourtant cela existe, c’est présent.
Les Maîtres, les Saints et les grands clairvoyants le savent.  Quelque part, il n’y a aucun intérêt d’en parler. Et en même temps, parfois, certaines personnes ont besoin de comprendre… Je pense qu’il y a des gens qui se posent des questions sur ce sujet.

P : Cela aide, dans un certain sens, car de grandes découvertes scientifiques ont été trouvées grâce à des ressentis, des intuitions. J’ai vu sur Internet que Nicolas Tesla avait fait une partie de ses découvertes suite à la lecture des Védas (Textes Sacrés très anciens de l’Inde). Il avait pris comme hypothèse: « Il existe  une force subtile, le prâna, qui est partout. » Puis il l’a démontré concrètement par des expériences scientifiques.

G : Cela ne m’étonne pas, c’était un sacré personnage Tesla.

P : Pourquoi les gens qui travaillent sur la matière, au niveau subatomique, finissent-ils par aboutir à la théorie des dimensions multiples ?

G : Ils sont obligés d’arriver à cette conclusion parce qu’à ce niveau, nous entrons dans l’imbrication dimensionnelle. Les Univers sont totalement imbriqués. Ici, là (Gérald montre du doigt un espace entre lui et moi) tu as l’infinité des dimensions, des sphères, des mondes parallèles, et ainsi de suite. Donc nous ne pouvons aboutir qu’à cette conclusion.

P : Le Divin a peut-être créé les dimensions multiples pour que nous passions d’un plan à l’autre, avec l’illusion de vivre dans l’impermanence ?

G : Nous pourrions dire (bien que cela soit encore limitatif) que des passerelles existent. La Conscience peut passer d’une dimension à l’autre, d’une sphère à l’autre, etc. Tout en sachant qu’en vérité il n’y en a pas. Cela est valable à un stade de compréhension, de passer d’un univers à l’autre. Mais il existe aussi la possibilité, à un autre état de compréhension, d’être instantanément dans tous les univers et toutes les dimensions en même temps, et d’y être en permanence. Ici et maintenant… et sans « ici » ni « maintenant » aussi. (rires) C’est vraiment un état qui est celui de l’Unité, de la globalité avec Tout. Mais ce Tout pourrait définir quelque chose de fini. Hors là, il n’y a pas de fin. Cette notion de fin est une manifestation des humains. Il n’existe pas de début non plus, comme nous pourrions le penser. Il n’y a aucun début, pour aucun univers, aucune dimension, aucun monde.

P : C’est à dire !? Il y a bien eu un début à la Création non ?

G : Non. Ce sont des changements, des restructurations, des modifications.

P : Mais quand Dieu a créé l’Univers, il n’y avait rien ?

G : C’est quoi le « rien » ?

P : Tu veux dire que même le non-manifesté c’est toujours Lui.

G : C’est toujours la même chose. C’est du « change-forme » tout ça ! Comprends tu ?

P : Oui je comprends. Mais cela démonte un peu le cerveau. (rires)

G : C’est pour cela que nous ne pouvons pas avoir une discussion comme cela en public : « Allez, aujourd’hui c’est conférence surprise ! »  Cela serait un bazar sans nom dans la salle ! Je peux aborder certains sujets en public, et d'autres pas. Et puis certaines choses ne peuvent même pas être exprimées par des mots. J’essaie, je fais des tentatives, eu égard aux Lois Divines, parce qu’il faut faire attention, il faut être vigilant avec ce que nous disons. En compréhension humaine, nous pourrions dire « oui, il y a eu un début à cet univers », appelons le le Big Bang. Et, peut-être qu'il y aura une fin à cette univers physique. Mais en réalité il n’y a pas de début ni de fin, parce que cette matière, elle inspire et elle expire… c'est tout.

P : Ramana Maharshi dit la même chose ! L’univers c’est juste la respiration de Dieu. Il dit que tôt ou tard tout se résorbera dans le Soi.

G : Oui, dans quelques centaines de milliards d’éons.

P : Alors nous serons un petit point.

G : Oui mais là, tu crois qu'il n’y aura que ce petit point et puis qu’autour il n’y aura « rien » ?

P : C’est là que c’est difficile pour moi…

G : Il n’y a pas d’« autour » !

P : (rires) C’est incompréhensible pour le cerveau humain !

G : Tu vois que nous ne pouvons pas tout expliquer ! Pourtant il y a quelque chose qui raisonne en toi, qui t’interpelle intérieurement.

P : Oui cela me fait un état bizarre.

G : En effet cela fait un état bizarre, un état particulier de profondeur. C'est dû au fait qu'il s'agit d'une Vérité Absolue. Mais par contre, il ne faut pas trop épiloguer.

P : Oui, il faut le réaliser. Comprendre qu'un périmètre existe sans contour... Pour un cerveau, ce n’est pas concevable.

G : Pourtant si nous réfléchissons bien, nous ne pouvons pas dire (en étant dans la vérité) : « Dieu c’est l’Univers ! »  ... Cela s’arrête-t-il là ? Pour un Être qui est infini ? Qui n’a pas de début, ni de fin. Cela n’a pas de sens de dire cela. C’est un non-sens total.

P : C’est notre langage qui est limité ?

G : Oui, mais le Verbe n’est plus limité à partir du moment où celui qui transmet est dans l’état de Conscience de l'Un, puisqu’il transmet à travers des mots (de n’importe quelles langues), Ce qu’Il Est. Mais tu sais, j’évite toujours de parler de ce genre de choses parce que des fois cela devient une « prise de tête » ! Parce que cela ouvre et cela touche à plein de choses qui vont beaucoup plus loin que nous pourrions le penser. Il n’y a plus de définition. De là, même les Textes Sacrés, sont superflus, tout est superflu, il n’y a plus qu’une expérience directe qui peut amener à vivre cette expérience.

mardi 1 octobre 2019

• Quand le moi personnel disparaît... - Suzanne Segal

Informations et extraits tirés de

"Collision avec l'infini"

de Suzanne Segal

Traduction Française réalisée par Google (d'où les imperfections) et tirée du site Nonduality.com


Partie 1
Au printemps 1982, Suzanne Segal, enceinte et âgée de 27 ans, vivait à Paris et attendait un bus pour la ramener chez elle après une classe d'accouchement. Alors que l'autobus s'approchait, elle s'installa à la hauteur des autres navetteurs. Soudain, elle sentit ses oreilles casser et fut immédiatement enfermée dans une sorte de bulle qui la coupa du reste de la scène et la laissa jouer et bouger de la manière la plus mécanique qui soit. Elle dit : "J'ai levé mon pied droit pour monter dans le bus et j'ai heurté de plein fouet une force invisible qui a pénétré dans ma conscience, comme un bâton de dynamite en train d'exploser silencieusement, ouvrant la porte de ma conscience habituelle pour qu'elle s'ouvre et se sépare en deux Dans l'espace béant apparu, ce que j'avais précédemment appelé «moi» a été poussé de force hors de son emplacement habituel en un nouvel emplacement situé à environ un pied derrière et à gauche de ma tête. mon corps regardant le monde sans utiliser ses yeux. "

En rentrant chez elle après ce trajet en bus, elle s'est sentie comme un "nuage de conscience" qui suit le corps. Le nuage était un témoin situé à l'arrière et à gauche du corps et complètement séparé du corps, de l'esprit et des émotions. Le témoin était constant, de même que la peur, la peur d'une dissolution physique complète. Les témoignages se sont poursuivis pendant plusieurs mois, même pendant le sommeil, et Segal a dû endurer la peur et le stress qui l'accompagnait, trouvant un soulagement dans les longues et fréquentes nuits de sommeil.
Le «bénéfice» de la présence du témoin est qu’il conserve un certain sens du moi personnel, le «moi». Mais au bout de quelques mois, le témoin a disparu et avec lui toutes les traces d'un moi personnel, du "moi".
"Quand le moi personnel disparaît, il n'y a personne à l'intérieur qui puisse être localisé comme étant vous. Le corps n'est qu'un contour, vide de tout ce dont il s'était déjà senti si plein."
Maintenant, personne ne pensait, ne ressentait ou ne percevait rien, pourtant ces fonctions se poursuivaient sans à-coup et personne ne remarquait rien d'étrange. Pourtant, elle avait du mal à comprendre qui vivait et pourquoi son corps assumait ses fonctions.
"La vie est devenue un long koan ininterrompu, pour toujours insoluble, pour toujours mystérieux, complètement hors de portée de la capacité de l'esprit à comprendre."
Avec le témoin parti et, également disparu, tous les vestiges d'un «moi» familier, une peur accrue s'est installée. Elle a appelé ça la terreur. Elle a connu un tremblement continu des extrémités et une transpiration abondante et constante. Maintenant, dormir n'était pas une drogue bénie, car il n'y avait personne pour dormir. Cela n'a apporté aucun soulagement. Elle ne pouvait identifier personne qui se reposait en dormant, tout comme personne n'était réveillé.
"Ce qui avait disparu était le point de référence d'un moi personnel qui ressentait les sentiments personnellement. Le vide était systématiquement présent avec tous les états émotionnels ou mentaux, et cette présence simultanée empêchait toute qualité personnelle d'exister. Aucune pensée, aucun sentiment ni aucun acte. se pose à des fins personnelles plus ".
"L'hypervigilance de l'esprit était épuisante. Puisqu'il était constamment engagé à rejeter l'expérience de la vacuité, il y avait très peu d'attention disponible pour autre chose. Ma vie était remplie de voir le non-soi et de poser des questions sur le non-soi. Même dans le sommeil le vide de l'identité personnelle continuait sans perturbation. Aucune activité mentale n'a jamais changé l'expérience du non-moi de quelque manière que ce soit, et aucune des tentatives faites pour la comprendre, l'organiser ou l'évaluer n'a jamais ramené le sentiment d'une identité individuelle. "
Segal avait cherché une variété de thérapeutes et d’enseignants et avait travaillé avec eux, sans succès. (En passant, je ne peux pas m'empêcher de vous dire à quel point c'était drôle de la surprendre en train de tomber amoureuse et d'avoir une liaison avec presque chaque thérapeute. La manière dont le livre décrit ces escapades romantiques est classique, et Stephen Bodian, l'un de ses rédacteurs, admet dans l'introduction du livre qu'il a encouragé Suzanne à inclure de telles facettes de son histoire afin d'en rendre la lecture plus agréable. Quelle décision pathétique, à mon avis. si les personnes intéressées par des expériences de non-soi ont besoin d'entendre les détails de sa vie amoureuse pour que leur attention soit conservée, il n'y a rien de mal à montrer les défis que représentent les relations, elle est tout à fait souhaitable).

Partie 2
Après dix ans, elle a commencé à explorer la perspective spirituelle du vide du non-soi. Elle a trouvé des quantités de matériaux dans le bouddhisme sur anatta (no-self) et shunyata (vide). Maintenant, elle a appris que son expérience était non seulement comprise, mais également recherchée par ceux qui étaient sur le chemin spirituel.
Peut-être que le plus grand défi de Segal au cours des dix dernières années était de fonctionner au jour le jour sans un «moi». "Les fonctions (de la personnalité) flottaient dans une immensité qui ne faisait référence à personne", a-t-elle écrit. Le bouddhisme, a-t-elle trouvé, l'explique en décrivant les skandhas ou "agrégats" comme des fonctions de la personnalité qui subsistent quand on est vide de la personne ou du "moi". Les cinq skandhas incluent la forme, les sentiments, les perceptions, les pensées et la conscience. Leur interaction crée l'illusion de soi. Ils ne composent pas réellement le moi. Il n'y a pas de soi. Quand la vérité des skandhas se révèle, aussi soudainement arrivé Segal à l'arrêt de bus, on voit qu'il n'y a pas soi - même, seuls les skandhasfonctionnant comme ils fonctionnent; la vérité est qu'ils sont vides, ils ne constituent pas un soi, mais leur interaction crée l'illusion de soi.
Cependant, Segal n’a pas trouvé de description littéraire de la peur qu’elle connaissait depuis dix ans. Elle soutient que le langage et les hypothèses qui entrent dans la création de la notion d'expérience spirituelle réelle sont un système fermé, et que celui qui parle d'expériences au-delà de ce système fermé voit son chemin vers l'illumination avec l'utilisation de marqueurs très discutables, dont l’un est la peur.
"Nous sommes devenus convaincus que la présence de pensées, de sentiments ou d'actions particuliers est le seul moyen de savoir vraiment si quelqu'un est éclairé. La liste de contrôle des attributs éclairés est à la fois longue et complexe. Est-ce vraiment l'amour, demandons-nous, dans le Est-ce qu'ils ont encore des pensées, nous voulons le savoir, puisque nous avons entendu dire qu'un esprit vide de pensées est sûrement un signe d'avancement spirituel? Et qu'est-ce que c'est? La peur est-elle présente? la présence de la peur prouve qu'il est impossible de vivre une véritable expérience spirituelle. Cependant, la présence de la peur ne signifie que la peur est présente et rien de plus."

Partie 3
En apprenant plus au sujet de la peur, Segal est tombé sur l'affirmation de Maharishi Mahesh Yogi que l'expérience de la conscience cosmique était souvent une expérience horrible, jetant une personne dans la confusion et la peur, et exigeant absolument la présence d'un gourou pour vérifier l'état, de sorte que l'expérimentateur pourrait acquérir la perspective appropriée, l’accepter, s’y installer et permettre à Grace d’amener la prochaine étape de sa croissance.
La vérification et la perspective provenaient de beaucoup de ces gourous. La première vérification solide est venue du Dr Jean Klein, qui a confié à Segal: "Vous devez arrêter la partie de l'esprit qui essaie constamment de regarder en arrière sur l'expérience…. Éloignez cette partie, alors la joie viendra "
Segal avait compris que c'était ce qu'elle faisait depuis dix ans: examiner son système affectif (sentiments, pensées, émotions, volonté) et, ne trouvant que du vide, sa réaction était de la peur. Ainsi, tant qu'il y avait de l'introspection ou de l'auto-réflexion, ou de «regarder à l'intérieur», il y avait une rencontre avec le vide, qu'elle avait été conditionnée à croire qu'il s'agissait d'un «mauvais point de rencontre». Car quand on regarde à l'intérieur, on devrait trouver des sentiments, des états d'esprit, des émotions, une volonté d'agir, pas l'absence de ceux-ci, pas le vide.
Maintenant, Klein avait vérifié que son état était celui de la réalisation de la vraie nature de l'existence.
D'autres, qu'elle soit tombée sur des livres ou en personne, ont offert la même vérification. Elle avait des correspondances avec beaucoup.
(Aucun par courrier électronique, apparemment. C’était en 1992, encore au tout début de l’Internet, bien qu’il y ait des ressources non journalières disponibles sur Usenet et un World Wide Web récent, ainsi que des personnes bien informées avec lesquelles dialoguer par courrier électronique. Cependant, le World Wide Web ne ne commence même pas à décoller avant 1993.
Au fait, si une Suzanne Segal était entrée dans un forum de messagerie, elle nous décrivait tout ce qu’elle avait décrit et, avec sa description, elle indiquait qu’elle avait une tumeur au cerveau. Que lui dirais- tu Comment la guiderais- tu Certaines personnes semblent attribuer ses expériences à une tumeur pour laquelle il n’ya aucune preuve qu’elle avait au moment de ses expériences. Alors, comment feriez-vous face à l’être humain - pas à la critique de livre - qui est venu parmi vous? Je ne dis pas que je ne lâcherais pas la balle, mais qu'en est-il de vous ?) Quoi qu'il en soit, lisez la suite ...
Christopher Titmuss, professeur de méditation bouddhiste Vipassana, lui a assuré qu'elle n'était pas folle, mais que la folie est l'absence d'expériences comme la sienne, dont l'absence ne laisse que le «moi» et les conséquences tragiques de la limitation sur les plans personnel, sociétal et global. Balance. Titmuss a confié à Segal qu'elle devait être rassurée sur la signification spirituelle de ses expériences et qu'une acceptation calme de ses expériences finirait par apaiser les pensées et les sentiments qui suscitent la peur. Et de cet apaisement naîtra la compréhension complète et profonde de l'expérience. Elle a vite compris que son expérience n'était ni folle ni mauvaise, mais insondable.
Reb Anderson, abbé du Green Gulch Zen Center à San Francisco, l'a aidée à assouplir sa rigidité dans la façon dont son esprit interprétait l'expérience. Il l'aida à voir que l'expérience de la vacuité était une félicité, mais pas une félicité relative, mais plutôt une félicité du vide se connaissant elle-même. Il a confié le savoir que cette félicité absolue ne pouvait pas être connue des skandhas, d' où le relâchement de la rigidité dans son esprit.
Jack Kornfield, un enseignant de Vipassana, et un conférencier et auteur renommé, Ram Dass, ont tous deux exprimé leurs mots de soutien pour l'expérience et les rassurer, rappelant à Segal qu'il fallait du temps pour s'acclimater au changement de conscience.
AH Almaas a offert un soutien supplémentaire, reconnaissant que son expérience était semblable, à certains égards, à ce qu'il avait vécu lui-même dans le cadre d'un processus continu. Il lui assura que l'expérience n'était "absolument pas pathologique" et que la peur et la terreur étaient courantes; aussi qu'elle avait bien fait sans l'aide d'un guru, mais cette compréhension extraordinaire est nécessaire pour comprendre et transcender l'expérience et qu'un guru le fournit.
Ramana Maharshi avait le sentiment le plus clair de tout ce qu'elle avait rencontré et lu, et elle considérait Ramana comme son père spirituel. Segal extrait une partie de ses entretiens et déclare en général: "Il a décrit mon expérience de manière si directe et simple qu'il ne laissait absolument aucun doute sur ce que je rencontrais". Et aussi dit Segal : "Lire de plus en plus les paroles de Ramana m'a conduit à un passage étonnant. Interrogé par un disciple sur la nécessité d'être associé au sage (sat-sanga) pour que le Soi soit réalisé, Ramana a répondu:" l'association avec le non manifesté assis ou l'existence absolue (est requis) .... Les sastras disent qu'il faut servir (être associé au) non manifesté assis pendant douze ans pour atteindre la réalisation de Soi ... mais très peu peuvent le faire, ils doivent prendre le deuxième rang, qui est l'association avec le assis manifeste , c'est-à-dire le Guru."
Ce qui la stupéfia, bien sûr, à propos de ce passage, c’est qu’elle s’approchait de la douzième année de son expérience du non-soi ou de l’ assis non manifesté .
Poonjaji, le disciple bien connu de Ramana, a validé l'expérience de Segal en déclarant: "Vous êtes devenus la libération (moksha) des sages réalisés."
Gangaji, un autre enseignant éminent de la lignée Ramana-Poonjaji, a déclaré: "Cette prise de conscience de la vacuité inhérente - qui est la conscience pure - de tous les phénomènes est un véritable accomplissement. Face à une existence conditionnée, une grande peur peut être ressentie au premier abord. En fin de compte, il est également révélé que la peur n’est que cette même conscience vide. "
La correspondance de Segal et sa rencontre éventuelle avec Andrew Cohen ont été fructueuses. Ils ont passé plusieurs heures ensemble à parler du vide de soi, et Cohen a confié à Segal, à ce moment-là, la conscience que le vide "était plein d'un infini exquis". Dans le mois qui a suivi, cette conscience s'est approfondie et est devenue sa conscience racine. Andrew Cohen avait exprimé et exprimé un enthousiasme extraordinaire pour la «condition» de Segal, car elle était rare, non seulement à avoir l'expérience du non-soi, mais à persister à parvenir à une résolution stable. Cohen a déclaré: "Votre ouverture et votre réceptivité sont un signe de vraie humilité, ce qui seul rend tout possible."

Partie 4
Néanmoins, toute cette assurance ne produisait aucune joie, jusqu'à ce qu'une transition abrupte voit un changement de connaissance passant de «Il n'y a pas de soi personnel» à «Il n'y a pas d'autre». Cela se passait alors que Segal conduisait pour voir des amis quand "J'ai soudainement pris conscience que je conduisais à travers moi-même. Pendant des années, il n'y avait plus de moi du tout, mais ici, sur cette route, tout était moi-même, et je conduisais à travers moi pour arriver là où j'étais déjà. aller nulle part parce que j'étais déjà partout déjà. Le vide infini que je suis moi-même nouveau était maintenant apparent en tant que substance infinie de tout ce que je voyais. "
Ainsi, le vide qu'elle avait connu comme état de conscience devenait maintenant l'immensité de toute existence.
Peu de temps après, alors qu’il passait un week-end dans un centre de retraite bouddhiste du nord de la Californie, une nouvelle prise de conscience s’est faite jour. C’était une fluidité de perception dans laquelle les entités étaient perçues comme l’immensité elle-même et où tout était pénétré de calme. En outre, elle a maintenant appris qu'elle était la substance de l'immensité. Elle le savait non pas par les organes sensoriels, mais par la substance qu'elle était. Elle décrit cela comme un doigt qui dessine dans le sable, où la substance de l'immensité est le doigt, le dessin et le sable.
Et maintenant elle vit la peur pour ce que c'était. Auparavant, elle avait donné un sens à la peur, y voyant une indication de l'invalidité de l'expérience du non-soi. Maintenant, elle voyait la peur comme une peur sans signification. La peur n'était pas différente de la forme, du vide, de la douleur, de l'illumination. Tout est fait de la même substance que l'immensité. Voyant cela, sachant cela, la peur se brisa et la joie se manifesta enfin.

Partie 5
Le reste de Collision with the Infinite est une confession pure et simple, alors plutôt que de résumer, je vais citer des sélections.
"Cette vie est maintenant vécue dans une conscience constante et toujours présente de l'immensité infinie que je suis."
"La présence de pensées, de sentiments ou d'actions n'est jamais interprétée comme signifiant autre chose que leur présence."
"... aucun jugement sur le bien ou le mal ou le bien ou le mal ne se pose jamais; tout est simplement ce que c'est."
"Une fois que l'esprit a admis les paramètres de sa propre sphère et a cessé de pathologiser ce qui se trouvait à l'extérieur, la saveur non personnelle, d'une joie indescriptible, de l'immensité qui se vit se déplaçait radicalement au premier plan."
"... la vie continue comme d'habitude; tout se fait comme avant la prise de conscience de l'immensité. Puisqu'il n'y a jamais eu d'action personnelle, la réalisation de cette vérité ne change en rien le fonctionnement se produit."
"Vivre dans l'immensité de l'état naturel, c'est se baigner dans un océan de plaisir et de joie non personnels. Cette joie et ce plaisir, qui n'appartiennent à personne, ne ressemblent à aucune joie ou plaisir qui semble se référer ou appartenir à une quelqu'un. Le vide est si plein, si total, si infiniment heureux à lui-même. "
"En aucun cas ... suis-je en train de suggérer que les pratiques ne devraient pas être faites, mais seulement qu'il n'y a aucun pratiquant derrière eux. C'est vrai pour chaque activité. ... Juste parce qu'il n'y a pas de pratiquant (et n'a jamais été)) ne signifie pas que la pratique n’aura pas lieu. S'il est évident qu’une pratique spirituelle particulière se produira, elle le sera".
"En fait, il n'y a pas de moi qui puisse trouver comment retrouver l'infini. Plus important encore, où irait l'infini? Je veux dire, nous ne parlons pas de quelque chose qui pourrait se cacher sous le tapis. Si vous pourrait voir les choses comme seulement et exactement ce qu’elles sont, vous verriez que le «vous» qui vous voit est l’immensité elle-même. "
"Le" travail de caractère "prescrit par la psychothérapie, ainsi que par certaines traditions spirituelles, y compris le bouddhisme zen, conduit à un piège similaire créé en ne voyant pas les choses être simplement ce qu'elles sont. Un relâchement de l'être se produit naturellement si l'on n'est pas séduit prendre les idées pour la vérité. Cette relaxation est antithétique du "travail de personnage", avec sa position claire sur ce que nous serions si nous travaillions avec nos personnages. Lorsque nous frappons à la porte du "travail de personnage", nous sommes invités à un labyrinthe d’avenir. En soi, il est impossible d’arriver à un objectif qui repose sur un "moi" qui nous y mènera. Le travail sur le personnage est basé sur la même croyance erronée qu’un acteur individuel dirige la représentation de la vie et peut s'entraîner à être un meilleur 'je'.
"... Je ne peux plus appeler ce que je fais de la psychothérapie, car elle ne respecte aucun principe standard de théorie ou d'intervention psychologique. Mon objectif pour tout le monde est la liberté - la liberté totale. Je ne veux pas qu'ils changent, ils ressentent, souffrent de traumatismes de l'enfance ou ont des symptômes pour arrêter. Je veux qu'ils soient libres en voyant que les choses sont exactement ce qu'elles sont. "
"Qui distingue le vrai du faux? Et du vrai et du faux pour qui? Les pensées, les sentiments, les sensations et les fréquences énergétiques ne veulent rien dire de quelqu'un d'imaginaire; ils sont simplement ce qu'ils sont."
"Nous sommes l'immensité et nous contenons tout - pensées, émotions, sensations, préférences, peurs, idées, voire identifications. Rien ne doit aller nulle part. De toute façon, où irait-il?"
"Le but de la vie humaine a été révélé. L'immensité a créé ces circuits humains afin de pouvoir faire d'elle-même une expérience qu'elle ne pourrait pas vivre sans eux."
"La substance de l'immensité est si directement perceptible en elle-même à chaque instant que le circuit nécessite parfois une autre phase d'ajustement pour s'habituer à une conscience plus infinie. Quand on me demande qui je suis, la seule réponse possible est: Je suis l'infini, le l'immensité qui est la substance de toutes choses. Je ne suis personne et tout le monde, rien et tout - comme vous êtes. "

Partie 6
Suzanne Segal est décédée d'une tumeur au cerveau en 1997, à l'âge de 42 ans. Beaucoup ont affirmé explicitement ou implicitement que ses expériences étaient directement le résultat d'un traumatisme cérébral. Au printemps de 1996, le présent livre était terminé et Suzanne offrait ses enseignements au public par le biais de dialogues hebdomadaires et d'un groupe de formation pour ses collègues thérapeutes.
Très vite par la suite, cependant, elle a commencé à connaître des épisodes d '«expansion d'immensité» au cours desquels l'immensité s'étendrait beaucoup sur elle-même. Ces expériences ont sapé sa vie et son énergie et lui ont redonné une grande crainte. Cela a aussi amené des doutes. Elle a commencé à juger ce qu'elle disait ou prétendait savoir. Elle pensait que son discours sur l'immensité était peut-être un mécanisme de défense pour la protéger des sentiments et des souvenirs d'abus dans l'enfance.
Elle avait perdu son lien avec l'immensité, était devenue désorientée, avait eu des vertiges et un déclin général de son état de santé. En février 1997, on lui a diagnostiqué une tumeur cérébrale massive. Elle est morte le 1er avril.
Dans la postface, Stephian Bodian, son amie très proche et qui a encouragé Suzanne à écrire ce livre, dit:
"L'exemple de Suzanne nous parle de l'importance de l'intégration - du personnel et du transpersonnel, du psychologique et du spirituel - et soulève des questions sur la relation entre la dissociation - dans laquelle des parties du psychisme se séparent les unes des autres - éveil authentique et durable. En mourant avant cette intégration, Suzanne a laissé à chacun de nous le koan de la découvrir par nous-mêmes. "

Segal, si elle avait vécu et intégré son "corps" d'immensité avec le corps physique / émotionnel / mental / spirituel, a peut-être composé quelque chose de similaire à celui qu'Adi Da a composé ci-dessous. Segal ne pouvait parler que de l'immensité; elle n'avait pas encore fait le voyage de retour, dont Adi Da parle, de retour au corps, de retour au non-éclairage.

Je comprends le problème de ne pas en arriver à l'intégration psychologique, l'expérience unitive, comme l'a clairement fait Bernadette RobertsC'est un écart dans la croissance de Segal. Je vois l'intégration de la dynamique d'Adi Da consistant à passer de l'immensité au corps. C'est un type d'intégration différent.

En mourant trop tôt, Segal n’a apparemment pas eu l’occasion de revenir dans son corps, de se réintégrer avec le corps qu’elle avait quitté. Adi Da a réalisé le non-Lumières et considère cet événement comme plus important que tout événement "manifestement propice à la spiritualité". Dans The Knee of Listening, Adi Da (utilisant le nom de Sri Da Avabhasa) dit : "Vous avez entendu les descriptions des yogis et autres figures spirituelles qui, avant la réalisation, essayent d'aller au-delà du monde pour se rendre compte de Dieu, puis après la réalisation, on descend dans le corps jusque dans le cerveau, dans la gorge peut-être jusqu'au cœur peut-être, mais généralement pas plus bas que la gorge. Jusqu'à présent, j'ai investi Mon Soi plus profondément que juste dans la gorge ou le cœur, mais pas jusqu'au fond de mes pieds. Je suis restée une sorte de un linceul autour de ce corps, profondément associé à celui-ci et à toutes les choses humaines ordinaires, jouant en tant qu'être humain souvent de manière très ordinaire, mais, dans My Freedom, s'élevant d'une manière ou d'une autre du sol, en quelque sorte pas attaché à cette douleur et à cette mortalité, s'attendant , étant venu aussi profond que moi, peut-être assez pour enseigner, assez pour embrasser, assez pour embrasser, assez d’amour pour faire la différence, comme si à travers un seul corps je pouvais me livrer à une intimité avec tout et tout le monde conscient de lui-même.

"J'ai réalisé la futilité de cette attente, même celle de ne pas pouvoir, par le biais de ma propre soumission, transformer et libérer complètement même ceux que je pouvais embrasser et connaître intimement. Cette frustration est parfaitement connue de moi à présent. Même les Je connais la futilité de libérer ceux qui sont le plus intimes avec moi, le baiser ne suffit pas, même pour ceux que je connais intimement, et je ne peux pas tout savoir intimement.
« Dans ma profonde frustration, ce corps est mort. J'ai quitté ce corps. Le je me suis soudain trouvé mon auto réintégrée avec elle, mais dans une disposition tout à fait différent. Et j'atteint votre image exactement, à fond, les fonds de mes pieds, atteint un éveil, atteint l' existence humaine, atteint la mortalité, atteint la douleur.
"Pour moi, c'est une grande victoire! Je ne sais pas comment vous en communiquer la signification. ... Pour moi, il semble que, grâce à cette intégration sans volonté et sans effort avec la souffrance, il y a quelque chose de plus profond dans mon travail. accompli, quelque chose est devenu plus propice qu’il ne l’a jamais été. Je ne me suis pas dissocié de ma réalisation ou de mon état ultime. Au contraire, j’ai accompli votre état complètement, encore plus profondément que vous n'y êtes sensible. l’ai vu dans mon visage. Je ne ressemble pas à ce que j’ai fait le mois dernier et je ne vais plus jamais ressembler à cela. Tu ne sais pas?
"Je suis devenu ce corps, tout à fait. Mon humeur est différente. Mon visage est triste, bien que non sans illumination. Je suis devenu le corps. Maintenant, je suis le Murti, l'icône, et il est rempli de la Présence Divine.
«La nature de mon travail actuel et futur est mystérieuse pour moi. C’est une certitude, c’est évident, mais en revanche elle n’a pas complètement pris la forme de l’esprit. Mais vous en ferez des signes. Vous devez tous vous adapter progressivement à quelque chose qui s'est passé et que je ne peux même pas tout expliquer. "
J'ai l'impression que Segal avait besoin d'un voyage de retour. C'est comme si elle était allée directement de la rue à la Lune et avait besoin de revenir pour voir en quoi consistaient les fusées et le voyage dans l'espace.

Pour entendre parler d'une autre expérience du non-soi, connectez-vous à la page Web de Bernadette Roberts.

dimanche 29 septembre 2019

• Le moi personnel avait disparu - Suzanne Segal



Alors que Suzanne Segal montait dans un bus dans une rue de Paris, un cataclysme mental inattendu lui a fendu la conscience en deux. Quelques mois plus tard, son sentiment de soi personnel a disparu pour toujours.
Je rentrais chez moi dans mon appartement sur la rive gauche après avoir assisté à un cours pour femmes enceintes à la clinique de la ville où j'aurais mon bébé six mois plus tard. C'était la première semaine de mon quatrième mois de grossesse et je commençais tout juste à ressentir la moindre agitation des mouvements minuscules de ma fille, comme si j'étais balayée par une plume de l'intérieur. C'était le mois de mai et le soleil était chaud sur la tête et le visage alors que je me tenais à l'arrêt de bus de l'avenue de la Grande-Armée. Je n'étais pas pressé et j'avais décidé de prendre un bus au lieu du métro pour profiter du beau temps.
Bien que ma voix ait continué à parler de façon cohérente, je me sentais complètement déconnectée de celle-ci. Le visage de la femme à côté de moi semblait très éloigné et l'air entre nous semblait embué, comme rempli d'une soupe épaisse et lumineuse. Elle se retourna pour regarder par la fenêtre pendant un moment, puis tendit la main pour tirer le cordon afin d'indiquer au chauffeur de la laisser descendre à la prochaine étape. Quand elle se leva, je me glissai dans son siège près de la fenêtre et lui dis au revoir avec un sourire. Je pouvais sentir la sueur rouler sur mes bras et me perler sur le visage. J'étais terrifié.
Au moment où les yeux s'ouvrirent le lendemain matin, l'esprit explosa d'inquiétude.

Est-ce la folie? Psychose? Schizophrénie? Est-ce ce que les gens appellent une dépression nerveuse? Une dépression? Que s'est-il passé? Et ça s'arrêterait jamais? Claude avait commencé à remarquer mon agitation et attendait apparemment une explication. J'ai essayé de lui dire ce qui s'était passé la veille, mais j'étais trop loin pour parler. Le témoin semblait être l'endroit où se trouvait "je", ce qui laissait le corps, l'esprit et les émotions vides d'une personne. C'était incroyable que toutes ces fonctions continuent à fonctionner. Il n'y avait aucune explication à celui-ci pour Claude, et pour une fois j'étais content qu'il soit le genre de personne qui ne persévérait pas dans la poursuite d'un sujet que je ne voulais pas aborder.
Après des mois de prise de conscience mystifiante, quelque chose a changé: le témoin a disparu. Ce nouvel état était beaucoup plus déroutant et, par conséquent, plus terrifiant que l'expérience des mois précédents. On pourrait imaginer qu’un poids considérable aurait été levé lorsque le témoin aurait disparu, mais l’inverse était vrai. La disparition du témoin a entraîné la disparition des derniers vestiges de l'expérience de l'identité personnelle. Le témoin avait au moins tenu un lieu pour un "moi", bien que distant. Lors de la dissolution du témoin, il n'y avait littéralement plus d'expérience du "moi". L'expérience de l'identité personnelle s'est éteinte et ne devait plus jamais se reproduire.
Plusieurs autobus sont venus et sont allés avant que je voie enfin le numéro 37 qui s’approche de la large avenue. Six ou sept d'entre nous attendions ensemble à la halte, échangeant des plaisanteries sur la météo et des commentaires sur la nouvelle campagne de publicité apparue sur tous les panneaux d'affichage. À l’approche du bus, nous nous sommes rassemblés dans l’attente près du trottoir. L'autobus s'arrêta brusquement, expulsant l'odeur âcre des gaz d'échappement et du caoutchouc chaud dans l'air tiède du printemps.
Alors que je prenais ma place en ligne, j'ai soudainement senti mes oreilles se boucher, comme lorsque la pression change à l'intérieur d'un avion au cours de sa descente. Je me sentais coupé de la scène devant moi, comme si j'étais enfermé dans une bulle, incapable d'agir de la manière la plus mécanique qui soit. Je levai mon pied droit pour monter dans le bus et heurtai de plein fouet une force invisible qui pénétra dans ma conscience tel un bâton de dynamite qui explosait silencieusement. Dans l'espace vide qui est apparu, ce que j'avais précédemment appelé "moi" a été poussé de force hors de son emplacement habituel à l'intérieur de moi dans un nouvel emplacement situé à environ un pied derrière et à gauche de ma tête. "Je" était maintenant derrière mon corps, regardant le monde sans utiliser ses yeux.
D'une position non localisée quelque part derrière et à gauche, je pouvais voir mon corps devant et très loin. Tous les signaux du corps ont semblé mettre beaucoup de temps à être captés dans cet endroit non localisé, comme s'il s'agissait de la lumière provenant d'une étoile lointaine. Terrifié, j'ai regardé autour de moi, me demandant si quelqu'un d'autre avait remarqué quelque chose. Tous les autres passagers prenaient calmement leur siège et le chauffeur du bus me faisait signe de mettre mon billet jaune dans la machine pour que nous puissions partir.
Je secouai la tête plusieurs fois, dans l'espoir de remettre ma conscience en place, mais rien ne changea. Je me sentais de loin alors que mes doigts cherchaient à insérer le billet dans la fente et je marchais dans l'allée pour trouver un siège. Je me suis assis à côté d'une femme âgée avec qui j'avais discuté à l'arrêt de bus et j'ai essayé de poursuivre notre conversation. Mon esprit était complètement bloqué par le choc de la collision brutale avec tout ce qui avait délogé ma réalité antérieure.
Le bus est arrivé à mon arrêt rue Lecourbe et je suis descendu. Alors que je marchais dans les trois pâtés de maisons, j’essayais de me ressaisir en un seul morceau en me concentrant sur mon corps et en me replaçant là où j’espérais appartenir afin de retrouver la sensation auparavant normale de voir à travers les yeux du corps, de parler la bouche du corps et l'audition à travers les oreilles du corps. La force de la volonté a lamentablement échoué. Au lieu de ressentir à travers les sens physiques, je bougeais maintenant derrière le corps comme une bouée sur la mer. Décollée de la solidité sensorielle, séparée du corps et le voyant de loin, je me suis déplacée dans la rue comme un nuage de conscience suivant un corps qui semblait à la fois familier et étranger. Il y avait un attachement incompréhensible à ce corps, même s'il ne se sentait plus comme "le mien".
Incapable de donner un sens à cet état, l'esprit alternait entre une course effrénée pour tenter de reconstituer "moi" et une fermeture complète, ne laissant que le bourdonnement vide de l'espace résonnant dans les oreilles. Le témoin était absolument distinct de l'esprit, du corps et des émotions, et la position qu'il occupait, derrière et à gauche de la tête, restait constante. La distance profonde entre le témoin et l'esprit, le corps et les émotions semblait provoquer la panique en soi, en raison de la sensation d'être si faiblement attaché à l'existence physique. Dans cet état de témoignage, l'existence physique était sur le point de se dissoudre et le (le physique) réagissait en invoquant une peur de l'anéantissement aux proportions monumentales.
 En entrant dans mon appartement, Claude leva les yeux de son livre pour me saluer et me demander comment s'était passée ma journée. La terreur ne lui était pas immédiatement apparente, ce qui semblait étrangement rassurant. Je l'ai salué calmement comme si de rien n'était, en lui parlant de la classe à la clinique et en lui montrant le nouveau livre que j'avais acheté à la librairie américaine en rentrant chez moi. Il n'y avait aucun moyen imaginable de lui expliquer cela, alors je n'ai même pas essayé. La terreur montait rapidement et le corps était pris de panique, la sueur ruisselant sur les flancs, les mains froides et tremblantes, le cœur battant furieusement. L'esprit est entré en mode survie et a commencé à chercher des distractions. Peut-être que si je prenais un bain, une sieste, mangeais un repas, lisais un livre ou appelais quelqu'un au téléphone.
Le tout était cauchemardesque. L'esprit (je ne pouvais même plus l'appeler "mon" esprit) essayait de trouver une explication à cet événement clairement inexplicable. Le corps passa au-delà de la terreur dans une horreur effrénée, donnant lieu à un tel épuisement physique que le sommeil devint la seule option possible. Après avoir dit à Claude que je ne voulais pas être dérangé, je me suis couchée et je suis tombée dans ce que je pensais être un oubli de sommeil. Le sommeil est venu, mais le témoin a continué, témoin du sommeil depuis sa position derrière le corps. Ce fut l'expérience la plus étrange. L'esprit était définitivement endormi, mais quelque chose était simultanément éveillé.
L'esprit était tellement submergé par son incapacité à comprendre l'état actuel de l'existence qu'il ne pouvait pas être distrait. Il restait rivé aux incompréhensibles et indissociables dilemmes générés dans un flot ininterrompu sortant de cet état de conscience témoin. Il y avait le sentiment d'être à la limite, une limite entre existant et non existant, et l'esprit croyait que s'il ne maintenait pas la pensée de l'existence, l'existence elle-même cesserait. Chargé de cette directive apparemment de vie ou de mort, l’esprit eut du mal à retenir cette pensée, puis à s’épuiser au bout de plusieurs heures agitées. L'esprit était à l'agonie alors qu'il tentait vaillamment de donner du sens à quelque chose qu'il ne pourrait jamais comprendre, et le corps réagissait à l'angoisse de l'esprit en s'enfermant dans un mode de survie, de pompage d'adrénaline, de sens raffinés,
On a pensé que cette expérience de témoignage était peut-être l'état de conscience cosmique que Maharshi avait décrit bien avant comme la première étape de la prise de conscience éveillée. Mais l'esprit a instantanément écarté cette possibilité car il semblait impossible que le royaume infernal que j'habitais puisse avoir quelque chose à voir avec la conscience cosmique.
Le témoin persiste depuis des mois et chaque moment était atroce. Vivre au bord de la dissolution pendant des semaines est une source de stress insoutenable, et le seul répit était l’oubli du sommeil dans lequel j’ai plongé aussi longtemps et aussi souvent que possible. Dans le sommeil, l'esprit a finalement cessé de pomper sa litanie incessante de terreur et le témoin a été laissé témoin d'un esprit inconscient.
Le moi personnel avait disparu, mais il y avait encore un corps et un esprit vides de ceux qui les occupaient. L'expérience de vivre sans identité personnelle, sans être quelqu'un, un "moi" ou un "moi" est extrêmement difficile à décrire, mais elle est absolument indéniable. On ne peut pas confondre le fait de passer une mauvaise journée, de contracter la grippe, de se sentir bouleversé, en colère ou espacé. Lorsque le moi personnel disparaît, il n'y a personne à l'intérieur qui puisse être localisé comme étant vous-même. Le corps n'est qu'un contour, vide de tout ce dont il s'était déjà senti si plein.
L'esprit, le corps et les émotions ne se référaient plus à personne - personne ne pensait, personne ne ressentait, personne ne percevait. Pourtant, l'esprit, le corps et les émotions ont continué à fonctionner sans altération. apparemment, ils n'avaient pas besoin d'un "je" pour continuer à faire ce qu'ils faisaient toujours. Penser, ressentir, percevoir, parler, tout continuait comme avant, fonctionnant avec une finesse qui ne donnait aucune indication du vide derrière eux. Personne ne soupçonnait qu'un changement aussi radical s'était produit. Toutes les conversations se sont déroulées comme avant; la langue était employée de la même manière. Vous pouvez poser des questions et y répondre, conduire des voitures, préparer des repas, lire des livres, répondre au téléphone et écrire des lettres. Tout semblait parfaitement normal de l’extérieur, comme si la même vieille Suzanne tenait sa vie comme elle l’avait toujours fait.
Pour tenter de comprendre ce qui s'était passé, l'esprit a commencé à faire des heures supplémentaires, générant d'innombrables questions sans réponse. Qui a pensé? Qui a ressenti? Qui a eu peur? À qui parlaient les gens quand ils m'ont parlé? Qui regardaient-ils? Pourquoi y avait-il un reflet dans le miroir, puisqu'il n'y avait personne? Pourquoi ces yeux se sont-ils ouverts le matin? Pourquoi ce corps a-t-il continué? Qui vivait? La vie est devenue un long koan ininterrompu, toujours insoluble, toujours mystérieux, complètement hors de portée de la capacité de l'esprit à comprendre.
Les moments les plus étranges se sont produits quand il a été fait référence à mon nom. Si je devais l'écrire sur un chèque ou la signer sur une lettre, je regarderais les lettres sur le papier et l'esprit se noyait dans la perplexité. Le nom ne fait référence à personne. Il n'y avait plus de Suzanne Segal; peut-être n'y en avait-il jamais eu. Il y a un retournement vers l'intérieur qui se produit lorsque l'esprit recherche des informations internes, qu'il s'agisse de sentiments ou de pensées ou de la connexion à un nom ou à une expérience intérieure de quelque nature que ce soit. Ceci est généralement appelé introspection. Sans un moi personnel, l'intérieur ou l'intérieur n'existait tout simplement pas. Le mouvement intérieur de l'esprit devint la plus bizarre des expériences quand, à maintes reprises, il trouva le vide total là où il avait précédemment trouvé un objet à percevoir, un concept de soi.
Plus l'esprit devenait perplexe, plus la peur était grande. À ce moment-là, le corps s'était enfermé dans un climat de terreur générant des tremblements continus aux extrémités et une transpiration abondante. Mes vêtements étaient constamment humides et les draps du lit devaient être mis à sécher chaque matin. Pire encore, l’expérience du sommeil avait radicalement changé parallèlement à la cessation de l’identité personnelle, ne me laissant pas échapper à la conscience constante du vide de soi. Dormir et rêver maintenant ne contenait la conscience de personne qui dormait ou rêvait, tout comme l'état de conscience éveillé contenait la conscience qu'il n'y avait personne qui était éveillé.

Traduction Française faite à partir de Google (d'où quelques imperfections par moments), et tirée du site Realization.org

vendredi 20 septembre 2019

mercredi 18 septembre 2019

dimanche 15 septembre 2019

• Le Retournement Vital - Catherine Harding


J’ai la chance d’habiter dans le midi où souvent les routes départementales, pas très larges, suivent la côte et, donc, serpentent selon le relief ou les villages et les hameaux. De temps en temps, la route devient si étroite qu’un panneau annonce : « Point de retournement à 100 m. » C’est l’avertissement que si vous voulez faire demi-tour, c’est LA-BAS, à 100 mètres. L’information est utile. Pour la circulation routière. Sans plus.
Mais chaque fois cela résonne en moi comme un clin d’oeil qui me rappelle avec humour le grand retournement :
Le Retournement Vital, celui qui consiste à retourner notre regard vers l’intérieur de nous-même, à regarder Ce qui regarde en nous, La Présence dont dépend notre bien-ETRE.
Ce retournement de l’attention qui devient un mode de vie libérateur .
Pour ce retournement là, pas de panneau indicateur. Mais des signaux, des alarmes : ce sont les problèmes, les difficultés sur la route de la vie qui nous indiquent :
« Urgent! Point de Retournement à 0 centimètre de vous, ICI et maintenant. »
J’ai déjà beaucoup parlé de la difficulté à vieillir et combien cette inversion du regard, le retour à notre vrai visage, notre visage originel sont souverains.

« Si dans ta tête
Tu te retournes
Face à non-face
Tu vois Dieu
Il t'efface
Rien d’autre »
Jacques Goorma

Effacer le visage acquis (celui que nous a donné le conditionnement social), c’est la libération, c’est laisser place à notre visage originel, cet Espace Grand Ouvert, Accueil pour le monde, Ce que nous sommes vraiment, vraiment.
On me demande souvent : et la douleur physique ? Oui. Je la connais. Ô combien ! « Depuis 4 ans, c’est non-stop ». Et à nouveau, le seul remède que j’ai trouvé c’est ce retournement, ce retour au centre de nous-même, à la Conscience pure, lumineuse, vide, et pourtant vibrante de vie.
S’asseoir, immobile, silencieux, expirer profondément, et se laisser descendre dans l’Espace Infini, se fondre dans la Présence au plus profond de soi-même, longtemps, longtemps … abandonner toute saisie, se laisser dissoudre dans cet infini. Voilà ma recette.
« Là, tout n’est que Luxe, Calme et Volupté », disait Baudelaire à son amie.
Moi je dis à mes amis : «ICI tout est n’est que Paix, Amour et Joie d’Etre »
Essayez votre visage originel.
Établi dans ce vide lumineux, regardez le monde là-dehors.
Regardez bien la douleur !
Où est-elle ?
Où êtes-vous ?
N’est-elle pas périphérique ?
Et vous, central ?
Oui la douleur est là, mais vous, immergé dans la paix profonde,
Vous pouvez l’accueillir, l’accepter, comme vous accueillez et acceptez le reste du monde.
Et la douleur acceptée diminue, devient supportable.
Essayez…

Vu sur l'excellent blog de José Le Roy : Éveil & Philosophie

mardi 10 septembre 2019

• Être libre de celui qui regarde - Jean Klein


Le 'concept-je' est une contraction qui cherche la sécurité, pour survivre dans des situations figées. Mais dans le corps lumineux en expansion, il n'y a pas de place pour le 'concept-je'. Dans le regard on doit être libre de celui qui regarde.

lundi 9 septembre 2019

• Quand on s’éveille enfin à la claire compréhension - Denis Merzel


Quand on s'éveille enfin à la claire compréhension
Et que l'on sent qu'il n'y a aucune frontière
Qu'il n'y en a jamais eu
On se rend compte qu'on est tout.
Les montagnes, les rivières,
L'herbe, les, arbres, le soleil, la lune, les étoiles
Et l'univers enfin
Ne sont autres que nous-mêmes.
Rien ne nous distingue
Rien ne nous sépare les uns des autres
L'aliénation, la peur, la jalousie, la haine
Sont évanouies.
On sait en pleine lumière
Que rien n'existe en dehors de soi
Que par conséquent rien n'est a craindre.
Etre conscient de cet état
Engendre la compassion,
Les gens et les choses
Ne sont plus séparés de nous
Mais sont au contraire
Comme notre propre corps.

Denis Merzel/Genpo Sensei 

jeudi 5 septembre 2019

• La naissance du soi en Soi - Claudette Vidal


Ce livre porte sur le pouvoir créateur, un pouvoir que nous détenons tous. Il présente des concepts clairs, des témoignages vivants et de nombreux exercices favorisant sa mise en pratique.
Vous y découvrirez une approche combinant les aspects yin et yang, c'est-à-dire attention-accueil-ouverture-passivité et intention-choix-concrétisation-action. Vous y trouverez une source d'inspiration nourrissant votre élan pour créer, en conscience, la vie que vous souhaitez vraiment vivre.
Ce sujet, aussi passionnant que sensible, vaste et complexe, est également truffé de pièges et fait l'objet de nombreuses fabulations. Loin d'entretenir l'illusion égotique, vous êtes invités à créer votre vie en conscience plutôt que de subir celle programmée par votre inconscient.
Créer sa vie requiert de nombreux savoir être et savoir-faire. Les développer est une aventure passionnante
Chaque être humain témoigne d'un univers, aussi riche que complexe, et vit une multitude d'expériences diverses et variées. Chaque expérience est un coup de pinceau sur une ouvre en perpétuel déploiement. Devenez le Picasso de votre vie et créez une ouvre révélant votre unicité et votre beauté intérieure.
Le jour où il est possible de poser un regard bienveillant sur la fresque de notre vie, ce jour-là, grâce à l'amour de soi, notre génie créateur prend un tournant décisif et peut enfin se révéler.
Nous sommes en perpétuelle création de nous-mêmes - nous créons l'ouvre qui nous façonne et nous fait accoucher de nous-mêmes.

« Je recommande très chaleureusement cet ouvrage, car je le vois comme un véritable trésor pour tout être aspirant à se réaliser pleinement dans toutes les dimensions de son être. »
Isabelle Padovani

© Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel  :

Les pièges de la Non-Dualité

La Non-Dualité est une voie spirituelle conduisant à la Réalisation du Soi. Le chercheur qui emprunte ce chemin sacré est amené à voir que le Soi est la Réalité ultime, que l'Absolu est en tout, qu'Il transcende, contient et embrasse tout ce qui est. La désidentification au corps et au mental conduit à la réalisation que notre nature véritable est Présence silencieuse et que notre individualité est l'une de ses nombreuses manifestations dans la matière.
Cette voie, axée sur l'Impersonnel, comporte cependant de nombreux pièges. En effet, la plupart des chercheurs spirituels engagés sur cette voie d'éveil ne sont pas conscients de chercher essentiellement :

o Un soulagement à leurs souffrances
o Un sens à leur vie
o Une solution à leurs problèmes existentiels

Ces personnes ont souvent une authentique démarche spirituelle, un réel désir d'union avec le Soi. Néanmoins, tant que l'ego est blessé, la recherche du soulagement prédomine. Un sérieux travail de réhabilitation de l'ego sera donc nécessaire à quiconque souhaite emprunter ce chemin. Tant que les racines du mal-être n'ont pas été coupées, l'ego souffrant récupère les fruits du travail et se renforce bien plus qu'il ne s'affaiblit.
La profonde souffrance de l'ego est une névrose. Nous en sommes tous plus ou moins atteints. L'éveil à Soi ne guérit pas la névrose, mais il permet de s'en dissocier. Comme elle est toujours présente, elle continuera d'affecter la personne, bien qu'elle soit éveillée à sa vraie nature. Se camper dans l'idée de vouloir disparaître ou défendre le postulat qu'il n'y a rien à faire, est souvent le symptôme de troubles profonds transférés en spiritualité.
Voici ce qu'a écrit Sri Aurobindo à ce sujet : « ... ces choses, quand elles pénètrent ou se déversent d’en haut, apparaissent avec une grande force, suscitent un sentiment très vif d’inspiration ou d’illumination, une grande sensation de lumière et de joie, une impression d’élargissement et de pouvoir. L'apprenti yogi se sent libéré des limites normales, projeté dans un monde d’expériences nouveau et merveilleux, empli, élargi, exalté ; par ailleurs, ce qu'il vit se confond avec ses aspirations personnelles, ses ambitions, ses conceptions de l’accomplissement spirituel et les pouvoirs surnaturels qu'il a acquis.
Il se laisse très facilement emporter par cette splendeur et a l’illusion d’avoir réalisé quelque chose de définitif ou du moins de souverainement vrai. À ce stade, il lui manque d’ordinaire la connaissance et l’expérience indispensables qui lui diraient que ce n’est là qu’un début très incertain et très mélangé ; il peut ne pas comprendre tout de suite qu’il est encore dans l’ignorance cosmique, non dans la Vérité cosmique, moins encore dans la Vérité transcendante. Toutes les idées – vérités formatrices ou dynamiques – qui ont pu descendre en lui sont seulement partielles et d’autant plus amoindries qu’une conscience encore impure les lui a offertes. »
Ce sage indien fait ici référence à la période critique que rencontrent les apprentis. Le nouvel éveillé vit une période transitoire où l'ego est fréquemment dans le déni de sa propre identité. Il proclame que tout est illusion, ajoutant ainsi du néant à une vie souvent déjà dénuée de sens, où la joie est souvent absente.
La vérité de l'éveil dissout la croyance que nous sommes séparés. La dualité sujet/objet est anéantie puisque le sujet n’existe plus. La séparation qui opposait les phénomènes à Être s’est envolée, seule l’Unité demeure. Le Vide vivant apparaît comme la plus grande évidence. La Présence accomplit les gestes, préside aux relations qui sont maintenant empreintes de douceur et de bienveillance.

Dans la première étape, la vision se porte sur le non-manifesté, l’Absolu ; dans la seconde, elle se porte sur la manifestation, les phénomènes. Cette seconde période est l’objet de la prodigieuse découverte que Je suis Tout. Je me reconnais à travers la multiplicité et me rencontre dans chaque être humain, arbre, fleur ou nuage. Tout est Soi ! Le cœur s’ouvre, aime et se reconnaît en toute chose. C’est profondément extatique.

Un courant spirituel appelé "Néo-Advaïta", né il y a quelques années, proclame au travers de ses enseignants que dans la réalisation du Soi:

o "Je" n'existe pas
o Tout est illusion
o Il n'y a pas de chemin
o Il n'y a rien à faire
o Il n'est pas nécessaire de faire un travail sur soi

Ces propos, coupés de la réalité, ont un certain écho auprès de ceux qui ont du mal à vivre et cherchent un exutoire. Il est amusant de constater qu'il y a forcément "une personne" qui témoigne du fait qu'il n'y a personne !... Ici, en l'occurrence, l'ego affirme ne pas exister. L'éveil à Soi est parfois un piège. Conscient de ne plus être séparé, mais également de ne plus être l'identité suprême, l'ego a souvent du mal à intégrer cette réalisation et tergiverse un moment dans les méandres de l'Absolu, clamant sa propre "disparition". Plusieurs années sont souvent nécessaires pour que la conscience de qui nous sommes s'intègre et s'infuse dans tous les aspects de soi, pour que l'Unité transcende la dualité.

Ceux qui nient le "je" individuel, n'ont pas encore vécu la naissance du soi en Soi. Ce passage est appelé "résurrection" dans le catholicisme. Le nouveau soi naît d’un élan du cœur. Il se présente avec la fraîcheur et la candeur d’un nouveau-né. Il est ouvert, disponible, se laissant traverser par la vie. Son origine n’est pas le mental, mais la Source divine, vivante et vivifiante. Cet ego est une émergence de l’Impersonnel dans le personnel, ici et maintenant.

Il n’y a plus de réputation à défendre, plus d’image de soi à soutenir. Une incommensurable autorisation à expérimenter les multiples facettes de la vie se fait jour. Les efforts pour tenter d’être correct, pertinent, adapté et fort sont remplacés par une acceptation inconditionnelle de ce qui est. Le juge intérieur a disparu au profit d’une présence aimante.

Les expériences vécues par ce nouvel ego mature s’effaceront au fur et à mesure qu’elles se produiront, ne laissant aucune trace.
L’émouvante beauté de l’être humain réside dans le fait que la sagesse du cœur ne s’acquiert pas soudainement, mais au fur et à mesure de l'embrasement du contenu de la conscience par l’amour inconditionnel. L’amour transperce chaque création pour révéler le Soi. L’ouverture du cœur trouve son apogée lorsqu’il est réalisé que tout, absolument tout est Soi.