vendredi 9 septembre 2011

• Eternellement tranquille et lumineux - Nagarjuna



Les vingt versets du Mahayana


Hommage à Manjusrikumarabhuta!


1. Je m'incline devant le Bouddha tout puissant
Dont l'esprit est dénué d'attachement
Et qui dans sa compassion et sagesse
A enseigné l'inexprimable.

2. En vérité, il n'y a pas de naissance -
Et donc pas de cessation ni de libération ;
Le Bouddha est comme le ciel
Et tous les êtres sont de même nature.

3. Ni le Samsara ni le Nirvana n'existent,
Mais tout est un enchevêtrement complexe
A l'aspect intrinsèque de la vacuité,
L'objet de la conscience ultime.

4. La nature de toutes les choses
Apparaît comme un reflet,
Pur et naturellement calme,
Avec une nature non-duelle identique.

5. L'esprit commun imagine
Un soi là où il n'y a rien,
Et conçoit des états émotionnels -
Felicité, souffrance et équanimité.

6. Les six états du samsara,
La félicité celeste,
Les souffrances infernales,
Sont toutes de fausses créations, des inventions de l'esprit.

7. De même, les idées de l'action mauvaise qui causent la souffrance -
Vieillesse, maladie et mort,
Et l'idée que la vertu mène à la félicité,
Sont de pures idées, des notions irréelles.

8. Comme un artiste épouvanté
Par le démon qu'il peint,
Celui qui souffre dans le samsara
Est épouvanté par sa propre imagination.

9. Comme un homme tombé dans les sables mouvants
Se démène et lutte
Ainsi les êtres [pensants] se noient
Dans le chaos de leurs propres pensées.

10. Prendre la fantaisie pour la réalité
Cause l'expérience de la souffrance ;
L'esprit est empoisonné par l'interprétation
De la conscience de la forme.

11. Dissolvant l'illusion et la fantaisie
D'un esprit compassionné et pénétrant,
Demeure dans la conscience 
imparfaite
Pour aider tous les êtres.

12. Ayant ainsi acquis la vertu conventionnelle
Libérée du filet de la pensée interprétative
On obtient une compréhension insurpassable
Comme celle du Bouddha, ami du monde.

13. Connaissant la relativité de toute chose,
La vérité définitive est toujours visible;
Laissant tomber l'idée de commencement, de milieu et de fin
Le flux [cosmique] est vu comme Vacuité.

14. Ainsi, tout le samsara et le nirvana est vu tel quel :
Vide et insubstanciel,
Nu et immuable
Eternellement tranquille et lumineux.

15. Comme les images d'un rêve
S'évanouissent au réveil,
De même la confusion du Samsara
S'évanouit dans l'Eveil.

16. Concevoir des choses dépourvues de substance
Comme éternelles, substantielles et satisfaisantes,
En les enrobant du brouillard du désir
Fait surgir le cycle des existences.

17. La nature des êtres est non-née
Et pourtant on croit communément qu'ils existent ;
Mais autant les êtres que leurs représentations mentales
Sont de fausses croyances.

18. Ce n'est rien qu'un artifice de l'esprit
Cette naissance dans un devenir 
illusoire,
Dans un monde de bonnes et mauvaises actions
Avec une bonne ou une mauvaise renaissance future.

19. Quand la roue de l'esprit cesse de tourner
Tout arrive à sa fin.
Ainsi, rien n'est intrinsèquement substantiel
Et toutes choses sont complètement pures.

20. Ce grand océan du Samsara,
Plein de pensées trompeuses,
Peut être traversé sur la barque de l'Approche Universelle.
Qui peut atteindre l'autre rive sans elle ?


Vu sur l'excellent site déjà mentionné Sangharimé.

jeudi 8 septembre 2011

• La transmission spirituelle - Nicole Montineri


Le cheminement est une illusion mentale. 
En réalité, il n'y a pas de progression, 
pas de trajet graduel à effectuer.

Par commodité de langage, nous emploierons les mots de « maître » et de « disciple ». Cependant, ce mot de « maître », ou de guru, qui nous vient d'Orient, est abusivement employé en Occident. Bien souvent, ce sont de simples psychothérapeutes qui sont pris pour des gurus par des faux disciples en mal de réconfort égotique.
Les maîtres de sagesse font partie de cette lignée fraternelle qui se perpétue sur la terre depuis des millénaires et qui, dans son immense compassion, éclaire la voie de ceux qui cherchent avec sincérité et audace. Remercions tous ces éclaireurs que nous aimons, qui sont comme des balises tout au long de cette distance mentale que nous nous créons. Avec la tendresse, avec la patience de ceux qui « savent », ils montrent la direction. Ils coupent net toute croyance en des étapes pour atteindre une réalité qui serait hors de soi. Ils sont souvent économes de mots, afin de faire prendre conscience aux disciples qu'ils sont encore dans le mental et peu dans le cœur…. Ce qui est dit l'est avec sensibilité, bonté et fermeté, dans la simplicité et le dénuement nécessaires.

Tout individu qui se met en quête de découvrir le sens de son passage sur la terre ressent le besoin, à un moment donné, de se mettre en situation d'être aidé. Lire les enseignements de sages, savoir que « cela » existe, ou simplement s'asseoir auprès d'êtres unifiés, participe de la mise en marche indispensable qui ouvrira les vannes de la compréhension profonde, qui dissoudra la pensée ignorante, discriminante, et préparera à la pénétration dans la pure conscience par-delà toute chose.
Il ne s'agit pas ici de progression spirituelle que favoriserait un individu qui se pose en maître et présente des étapes marquées par des techniques, par des discours habiles qui ne satisfont que l'intellect ou par des récitations de prières présentées comme sacrées mais qui ne font qu'endormir le mental. L'esprit du chercheur doit rester libre, souple, vif, efficient pour l'entrée en vigilance et la juste perception de ce qui est dans l'instant. Le cheminement est une illusion mentale. En réalité, il n'y a pas de progression, pas de trajet graduel à effectuer.

Le véritable maître ne « fait » rien. Il sait que chacun est à la fois le maître, le disciple et l'éveil tant recherché. L'essence lumineuse ne cesse d'être, par-delà tous les moyens, toutes les disciplines qui ne relèvent que du domaine temporel de l'expérience.
Les différentes modalités de transmission spirituelle encadrées par des règles définies appartiennent aux cultures des différentes traditions, et souvent se perdent dans des spéculations mentales. La Réalité est liberté absolue et ne peut entrer dans nos règles humaines codifiées et rattachées au passé. Lorsque la Lumière transperce le cœur et brûle tous les résidus, ce n'est pas une expérience reliée à une tradition, car cet évènement cosmique ne s'inscrit pas dans le temps. Le véritable maître n'est pas un simple enseignant qui propose à ceux qui le suivent des exercices en vue de se libérer, exercices qui provoquent des efforts chez le disciple qui, s'appuyant sur son passé, se projette dans un avenir qu'il veut conforme à ses désirs. Cette tension étire le temps et entretient l'illusion inhérente à cette zone temporelle. En outre, les méthodes rattachées à des cultures précises, propres à telle religion ou à tel système philosophique, ne peuvent jamais être parfaitement adaptées à ce qu'est le disciple, exactement là où il se trouve, dans un présent renouvelé à chaque instant. Aussi, la voie est-elle unique pour chacun d'entre nous. Le vrai maître se tient dans ce présent renouvelé. Discret, il ne dit jamais ce qu'il donne, qui est fonction de l'ouverture offerte en retour par le disciple. Loin de méthodes imposées, la transmission se fait dans le secret des cœurs. Le véritable maître n'est pas non plus celui qui, ayant eu un aperçu de la réalité lumineuse, a simplement vu le rideau de ses propres illusions tomber. Fort de cette « gloire », il se sert de cette expérience inscrite dans un moment donné de son existence pour enseigner. Incapable d'approfondissement, il ne fait que répéter, souvent en des termes approximatifs, ce que la mémoire lui restitue. Son discours n'est jamais neuf, frais, innocent… Il s'enferme dans une impasse tragique et y entraine ceux qui, attirés par son habileté intellectuelle ou sa forte personnalité, le suivent dans ce processus stérile. Il y en a même qui n'ont rien aperçu, mais ont entendu parler… Ils n'ont rien vécu de cette lumineuse réalité, mais s'arrogent le droit de discourir. Ce sont des imposteurs au cœur sec. Leurs propos habiles ne correspondront jamais à la vérité qui surgit soudainement dans le cœur ouvert de celui qui s'avance nu.

C'est notre propre voyage, et non celui suivi par un autre, qui nous permettra de développer le discernement indispensable à la reconnaissance de la Réalité lorsque celle-ci sera vue. Sur cette voie intérieure, intime, le véritable maître - celui qui nous aura trouvé -, dissoudra, en les portant à notre observation, les peurs enfouies, les constructions imaginaires, les convictions erronées.
Il faut avoir entrepris soi-même le voyage pour pouvoir en connaître les multiples tours et détours, ses enthousiasmes et ses désespérances qui nous métamorphosent et nous donnent la certitude que la réalisation jaillissante n'est pas une illusion de plus. Certains enseignent aujourd'hui, à contre-courant de la longue lignée des maîtres, que nous sommes déjà arrivés avant même de nous être mis en marche. Ils se situent d'emblée à la fin du voyage, lorsqu'est réalisé le saut ultime… Leurs propos fascinent intellectuellement, mais dessèchent, voire désespèrent, les chercheurs sincères. Ces enseignants développent une pensée mortifère, un rejet de l'engagement dans l'existence, encourageant une apathie qui est la maladie de nos sociétés, une indifférence à la vie, dernier refuge protecteur d'un ego qui se croit éveillé… Leurs disciples tombent dans un vide stérile qui s'apparente au néant et flirte avec le nihilisme cher à l'Occident.

La proximité du maître peut provoquer une prise de conscience des discriminations qui font écran à la connaissance directe, des nombreuses différenciations accumulées qui entravent la vision claire, préalable au surgissement de la Conscience en Elle-même, dans Sa pureté vide.
Le maître apprend à demeurer tranquille. Peu à peu, le silence se déploie, dans un espace totalement libre et ouvert. Tout est vu avec un regard neuf, frais, émerveillé. Prés du maître, le disciple se sent soulevé à sa juste mesure, allégé par la grâce qui se dégage de lui de façon discrète, presque timide. Le véritable maître n'a pas de comportement ostentatoire, n'offre aucune apparence distinctive, n'étale pas de faux pouvoirs magiques, ne cherche pas de publicité. Seul le disciple qui aspire à l'essentiel est capable de le reconnaître, de l'intérieur. Parfois, il suffit de s'asseoir prés de cet être unifié pour que la Réalité soulève un coin du voile, et que, dans cet aperçu éphémère, le caractère illusoire de la souffrance apparaisse. On y voit alors ses propres énergies renouvelées, dans le sillage de sa bonté, de son amour, de son humanité. D'autres fois, les mots sont nécessaires, tous les mots, ceux qui réconfortent et ceux qui décapent. Le maître sait que ni l'éloquence ni même le silence ne peuvent exprimer le mystère. Mais il a une grande joie à témoigner de la Réalité qui l'habite.

Ici, il n'est pas question de réponse du maître à des attentes, ni même de demande du disciple. Il s'agit d'imprégnation subtile d'une vibration unique, qui englobe émetteur et réceptacle, dans une totalité qui est Conscience. Le maître sourit parce qu'il a la paix inébranlable et la liberté souveraine de celui qui sait que c'est la grâce, suprême énergie qui rayonne dans l'espace rendu à sa vacuité originelle, qui toujours saisit soudainement. L'éveil est la reconnaissance instantanée par la Conscience de Son essence lumineuse. Il ne dépend que de la grâce, qui agit comme un foudroiement. Il surgit comme un appel de l'intérieur, du cœur du disciple, qui entre en résonance avec la vibration neutre, dénuée de toute subjectivité et vide d'objet, du maître. Celui-ci est l'expression extérieure et visible de la Réalité. Cette Réalité étant l'Invisible de l'univers. Or, l'essentiel se déroule dans l'Invisible… C'est là qu'a lieu le saut dans le vide.

Le véritable maître ramène le disciple à son intériorité, à sa présence. S'il indique une voie, c'est celle de la vie vécue en conscience, exactement là où elle nous place, nous invitant à chaque instant à creuser au plus profond de son sens. Il n'y a pas d'autre « pratique » que celle de vivre intensément ce voyage dans les profondeurs, sans nous égarer vers l'extérieur, l'éphémère, le reflet. Le maître, à la lumière de son propre vécu, rappelle sans cesse au disciple de vivre pleinement, c'est-à-dire de ne pas oublier qui il est en vérité.
Son message est simple, trop pour ceux qui préfèrent se remplir de méthodes et de concepts, effrayés par le vide qu'ils pressentent.
Le véritable maître, imprégné de la grâce et la vivant intensément, sait que le jeu qui se joue dans le rapport maître/disciple est celui d'une seule et même Conscience… Mêlant sa pure énergie à celle, morcelée, du disciple, il revivifie le courant qui portera celui-ci vers la source. Les liens sont tranchés, les doutes brûlés, les désirs brisés... Seule demeure, dans le cœur du disciple, la confiance, qui est l'amour exprimé.
Le disciple authentique ne cherche pas une autorité qui lui fournira son dernier refuge d'illusions, un paradis conforme à ses désirs, mais celui qui sera capable de l'ébranler au point qu'il ne saura plus qui il est. La perte complète de tout repère égotique est la condition indispensable à la découverte de la liberté. Le vrai disciple est celui qui est prêt à traverser la nuit la plus obscure, sans douter. Il se laisse aller à ce qui l'entraîne vers le cœur du maître sans certitude, sans rien demander, sans vouloir enlever ou ajouter quoi que ce soit. Il n'a plus de mouvement propre, il se laisse disposer, oublieux de lui-même, au point de ne plus se voir, de ne plus se connaître, au point de se fondre dans un espace infini… Il n'y a pas de véritable quête qui ne tende vers cette absorption totale. Ce n'est pas une entrée dans un lieu indépendant. C'est alors que l'on comprend que le maître peut être visible ou invisible, incarné ou non… Il s'agit, pour le chercheur sincère, d'être très vigilant et de voir clairement lorsque la dualité s'immisce dans sa quête et lui fait croire que la transmission doit se faire obligatoirement ici, par l'intermédiaire d'un maître incarné.

Pour le chercheur authentique, vient un moment où il ne peut plus se contenter de discours et de conférences. L'esprit et le cœur silencieux, il a besoin d'une transmission directe de l'Energie, de cette intelligence créatrice qui œuvre en Son sein.
Cette transmission directe est rare. Elle n'a pas de rapport avec ce qui se passe lors de réunions publiques organisées avec un enseignant, où trop de questions fusent, bien souvent inutiles… Loin d'alléger le mental, ces rencontres entravent toute imprégnation par-delà la pensée et attisent les revendications égotiques à « l'éveil ». Le véritable maître sait ne prononcer que les paroles qui peuvent toucher le centre intime du disciple, être comprises, supportées par lui, accueillies à la mesure de son propre discernement, de sa capacité de pénétration et d'absorption dans le feu du souffle partagé.

C'est le maître qui trouve le disciple, celui qui est digne de la transmission, qui possède en lui la force de supporter la Lumière, et qui n'a besoin ni d'explications, ni de conseils, ni de techniques pour reconnaître la Réalité.
Un même souffle, qui brûle et éclaire, circule entre les deux cœurs. La grâce agit librement et opère d'espace à espace, de l'espace vide et intensément vivant du maître qui demeure dans l'illimité, à celui, recueilli et confiant, du disciple qui se tient prêt à se fondre dans le courant cosmique. C'est un flot d'énergie d'amour qui coule d'un être totalement absorbé dans la réalité sans fond - et cependant rempli de compassion pour l'obscurité souffrante - vers un être nostalgique qui entend l'appel et y répond… Le silence vibrant, actif, créatif, du maître, qui est celui, infini, de la Présence, rejoint l'espace en repos, accueillant et attentif, du disciple. En réalité, un même espace indifférencié, qui est Conscience unique… Silence et Amour de l'Essence en sa plénitude. La véritable transmission se fait par réfléchissement de l'Energie lumineuse en Elle-même.

Le seul trésor que transmet réellement le maître, qui en est le témoin éveillé, est celui du Vivant au sein de la Présence, Vivant que l'être humain exprime par ses pensées, ses émotions, ses sentiments, qu'il rend manifeste à travers les expériences qui le traversent. Vivant qui jamais ne s'arrête. L'être humain participe de Son éternelle danse dans le vide.
Tel est le sens du voyage – essentiellement intérieur – entrepris ici par le pèlerin, qui demeure un « passant ».

Article paru dans la revue 3éme Millénaire n° 100 été 2011
Site de Nicole Montineri : La Conscience Espace

mardi 6 septembre 2011

• De blog en blog...


Quand l'esprit contemple l'esprit,
Toutes activités mentales cessantes,
L'éveil insurpassable est obtenu.

Tilopa


Vu sur le blog consacré à Jac O'Keffe, une longue interview ! Jac, je kiff !

Jeff : Mais il y a bien des étapes intermédiaires pour aller d'où vous étiez à où vous êtes maintenant.

Jac : Il y a la disparition de celui qui va quelque part.

.../...


Jeff : Vous dîtes que l'état de « je suis » n'est pas l'état ultime, quel est l'état ultime ?

Jac : C'est l’état naturel.

Jeff : La réalité absolue.

Jac : La réalité absolue. L'état naturel n’est pas un état, le « je suis » est un état d'esprit. C'est l'état où il y a l'observation sans commentaire sur ce qui arrive, sur la vie, sur vos pensées, la simple position d'observer. Il n'y a pas de souffrance ici parce que l'histoire du « je » n'existe pas. Depuis cet état de « je suis », avant cela, avant cela où rien n'observe.


Vu sur le bolg du Moine Gojo, Approche de la non-dualité, une présentation de ce qu'est, justement, la non-dualité : 


La non-dualité est au coeur de la pluspart des grandes traditions spirituelles. 
Elle signifie découvrir le coeur, l'essence, notre véritable nature, notre visage originel ou le Soi. 
Lorsque cela se dévoile et devient notre expérience, nous réalisons que la Conscience est ce que nous sommes, et qu'elle est le point commun unissant tous les étres. 
La joie sans cause, la paix heureuse, l'amour véritable, en sont le parfum. 
Cette découverte suppose de laisser se relacher la saisie névrotique qui nous enchaine aux objets a travers le désir et la peur. 
Alors, un espace d'accueil, de Présence impersonnelle, apparait, dans lequel le corps, le mental et le monde sont laissés libres de se déployer, de se libérer puis de renaitre. 
Doucement, cet espace se reconnait comme étant le fondement meme de l'etre, et les objets se révelent en etre la substance. 
Le sentiment d'etre une entité personnelle et séparée s'efface, nous laissant dans la lumineuse présence de la Conscience.
 


Vu sur Vent d'éveil, une belle citation de Wei Wu Wei :


Il n'y a rien à chercher quand c'est trouvé,
Il n'y a nulle part ou aller quand c'est ici,
Il n'y a rein à faire quand c'est fait,
Il n'y a rien à regarder quand c'est vu,
Il n'y rien à être quand nous SOMMES.
Qu'y a-t-il à trouver quand "trouver" est le "cherchant" ?
Ou peut-on aller quand "aller" est l' “allant" ?
Qu'y-a-t-il à faire quand "faire" est l' "agissant", 
A voir quand "voir" est le "regardant", 
A être quand "être" est l' "étant" ! 
Quoi donc ? Quand il n'y a point d'acteur pour "agir",
Aucun "moi" pour jouer "je"
Le spectacle est terminé.
A qui puis-je être présent, de qui puis-je être absent ?
RIDEAU

mardi 23 août 2011

• La vision réelle est sans yeux - Amma


Si Amma dit " Je suis parfaite ", alors le " je " est là.
Dans l'état de perfection,
le sentiment du " je " a totalement disparu.

Dans la vision réelle, il n'y a pas un-qui-voit et le vu.
La vision réelle est sans yeux.

lundi 8 août 2011

• L'art de ne pas faire - Franck Terreaux


Franck Terreaux nous dit qu’il n’y a pas à faire, mais surtout, il nous permet de comprendre de manière précise comment être en mesure de dépasser cette apparente contradiction : en ne faisant pas, nous arriverons à quelque chose. Collection Non-dualité
«Il y avait chez moi très peu de résistance, comme d’attente d‘ailleurs. La confiance et l’amour que je portais à la vie étaient sans réserve. J’étais en quelque sorte comme le petit chaperon rouge, empreint d’innocence et de naïveté, si bien qu’à tout moment, un petit rien pouvait tout faire basculer.»
C’est dans cet état d’ouverture totale que l’éveil a trouvé Franck. On retrouve dans ce court extrait la simplicité de ton, le pragmatisme et la proximité auxquels Franck Terreaux a habitué ses lecteurs. Il nous parle ici bien sûr d’éveil, mais aussi du cheminement, et des circonstances qui l’y ont conduit.
Il nous invite au travers de son livre « L’art de ne pas faire » à comprendre ce que nous sommes. Puisque nous le sommes, nous n’avons pas à le devenir.
Son premier livre L'éveil pour les paresseux
Extrait  :
"... alors souriant il me regarda et me dit : « Vous voyez, il n’y a rien à faire. » L’impact qu’a eu cette parole fut inimaginable. À cet instant, je sortis du rêve et aussitôt je me dis, « j’ai compris ! j’ai enfin compris ! »
- Mais compris quoi ?- Compris que méditer ne servait à rien, qu’en méditant, qu’en essayant d’être détaché, qu’en essayant de me libérer de mes soi-disant conditionnements, j’étais complètement à côté de la plaque. Compris que chaque pas entrepris dans une direction m’éloignait inexorablement de ce que je cherchais, de ce que j’étais, autrement dit de tout, autrement dit de rien, ou plutôt de rien du tout, puisque c’est à partir de ce rien que tout se crée d’instant en instant. J’avais désormais l’ultime conviction qu’il n’y avait nulle part où je devais aller, puisqu’il n’y avait nulle part où je puisse aller. Que l’univers était d’une perfection absolue, et que dans ce cas comme le disait Jésus, si tout était parfaitement accompli il n’avait aucune personne à parfaire.

Vient de paraître aussi aux Éditions Charles Antoni l'Originel

 

Les enseignements que donne ici Philippe Coupey, maître zen dans la lignée de Taisen Deshimaru, consistent en commentaires de deux écrits japonais du 13e siècle.

Le Sansho Doei, recueil de poèmes composés par Dogen Zenji entre 1245 et 1253 et le Komyozo Zanmai écrit en 1278 par son disciple et successeur Koun Ejo.

La répétition et le commentaire des « dits des anciens » relèvent d’un genre que l’école zen cultive depuis les temps les plus reculés. Ce genre constitue le mode par excellence de
transmission des enseignements fondamentaux, l’actualisation, sans cesse renouvelée, de la tradition.
Il s’agit donc, on l’aura compris, d’un message qui relève de toute autre chose que de l’érudition et n’est pas destiné à enrichir notre bagage intellectuel, mais notre vie spirituelle : « Car les mots peuvent être efficaces s’ils viennent du non-personnel, du non-soi, et s’ils sont écoutés, entendus par le non-soi », écrit Philippe Coupey dans ses commentaires du Komyozo Zanmai.

Commentaires de Philippe Coupey
Taisen Deshimaru a planté les graines du zen en Europe avec son arrivée en France en 1967. Son disciple, Reiryu Philippe Coupey, est un des premiers rejetons de la génération suivante à s’implanter dans le sol occidental. Il commença la pratique du zen en 1972 au dojo de Pernety avec Maître Deshimaru. En 1977, Coupey a commencé à diriger des zazen au dojo de Paris, où il enseigne et pratique toujours aujourd’hui. L’enseignement de Coupey dans le dojo est franc, terre à terre et souvent humoristique. Il a commenté quelques poèmes parmi les plus connus du canon zen.
Philippe Coupey, maître zen dans la lignée de Taisen Deshimaru, met l’accent sur la pratique de Zazen, la méditation assise, la pratique des Bouddhas, qui nous a été transmise de génération en génération.

lundi 18 juillet 2011

• La transparence des choses - Rupert Spira


Ce livre est une suite d’observations et de réflexions sur la nature de l’expérience. Son unique finalité est d’observer clairement et simplement l’expérience elle-même, sans jamais essayer de la changer. Rupert Spira ne s’intéresse pas aux qualités particulières de l’expérience, mais il en explore la nature fondamentale. Qu’est-ce que ce « je » ? Quels sont cet « autre » et ce « monde » ? Quelle est cette expérimentation qui semble les relier ? Ce texte n’est pas un traité de philosophie ; il explore ce qui est vraiment expérimenté : « Quelle est la nature de notre expérience en cet instant ? »
La découverte essentielle de toutes les grandes traditions spirituelles est l’identité de la Conscience et de la Réalité, le fait que la nature fondamentale de chacun d’entre nous est identique à la nature fondamentale de l’univers. Ainsi, il s’agit d’abord, ici, de déraciner les formulations dualistes si profondément implantées dans notre façon de nous expérimenter et d’expérimenter le monde.
Qu’en est-il de la Conscience elle-même? N’est-elle pas toujours présente derrière et dans chaque expérience. Cette Conscience n’est-elle pas la chose la plus évidente de notre expérience ? La Conscience est tellement proche qu’elle ne peut-être connue comme objet, et pourtant elle est toujours connue. Elle est si intime que toute expérience, infime ou immense, est entièrement imprégnée et saturée par sa présence. Elle est si ouverte qu’elle reçoit et accueille tout en elle. Elle est si spacieuse et si vaste qu’elle peut tout contenir.
Ce livre est écrit comme un morceau de musique, dans lequel un thème unique est approché, interrogé, modulé, réaffirmé. Il nous entraîne doucement, mais directement, concrètement, à réaliser que notre nature essentielle n’est ni le corps, ni le mental. C’est la Présence-Conscience qui est consciente de l’expérience en cours.
Rupert Spira nous permet, par son écriture même, par l’examen précis et progressif dans lequel il nous engage, de nous ouvrir à cet espace.


Vous trouverez également un extrait du livre sur le site de Laya.

mardi 12 juillet 2011

• La minute de conscience - Yuri


Ce n'est pas un message, ce n'est ni un enseignement... En fait, toute connaissance supplémentaire vous éloignera de cette réalité absolue. Arrêtez tout simplement de courir à gauche et à droite pour obtenir satisfaction et laissez-vous consumer par les bonnes questions. Vous êtes invité à découvrir votre vraie nature, cette dimension sans forme à laquelle toute la création obéi !


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Question :




Bonjour Yuri,
Mais est comment a été pour toi l’expérience du réveil à la réalité ? C’était une question de s’exercer à être conscient de toi-même de façon pragmatique, ou cela est arrivé par surprise sans que tu la cherches ?
Tu cherchais cette expérience? Cela durait combien de temps (le temps humain – 1 an, 2 ans, etc).

Le réveil en soi peut durer des années?

La souffrance disparaît tout d’un coup?
Merci.
K.”
Réponse :
On dit parfois que le dernier obstacle à l’éveil est la recherche même de cette éveil. On s’intéresse à l’expérience qui donnera un sens à tout cela, de nombreux individus attendent cet expérience pendant des vies entières…
Quand le chercheur de vérité est touché par la grâce de la conscience, alors l’éveil ne tarde pas si le mental est suffisamment clarifié des concepts et de ses attachements. Ce n’est pas la conscience qui se réveil, c’est la conscience qui se dévoile au mental par son absence dans le monde de l’expérience.
En d’autres terme, celui qui cherche l’illumination c’est le mental, il veut acquérir quelque chose en échange, la béatitude, la paix, la connaissance. Il n’y a rien de mal là-dedans, cette recherche a été programmé depuis très longtemps et elle oblige le mental à se tourner à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur.
Quand la réalisation survient, le mental est laissé de côté, il n’a rien gagné dans l’histoire. La conscience de sont côté découvre qu’elle a toujours été, qu’elle ne s’est jamais mélangée à la matière. Le mental obtient en échange de ses services une connaissance qu’il peut stocker en mémoire, cette connaissance est libératrice pour lui et permet au fil des années à devenir complètement silencieux.
Le réveil en soi, peut se faire de bien des façons, pour certain c’est une lente cuisson, pour d’autre c’est brutal, mais la cuisson lente est toujours présente. Je dirais qu’un éveil plus lent permet au mental de se défaire de ses habitudes et accommode le chercheur de vérité qui en ressent les bénéficies le long du parcourt.
Quand l’éveil est brutal, le mental est encore très bruyant et cette dichotomie entre une paix divine et l’irritation permet souvent au mental de s’accrocher plus longtemps. Il ne faut souhaite ni l’un ni l’autre, l’éveil juste arrivera au bon moment, mais il faut le vouloir et accepter les changements qui viennent avec. Le réveil c’est un arbre de paix qui pousse en plein milieux des fondations de votre maisons et détruit tout ce qui est faux; les illusions et les attachements, aussi bien gardés loin des yeux de la conscience, finissent par être dérobé s’il nuisent à la liberté et la paix.
En ce sens il faut accepter que ce qui n’apporte pas la paix et auquel nous nous attachons peut-être retiré à tout moment. C’est un ménage curatif, il ne faut surtout pas en avoir peur :).
Par la suite, alors que vous avez une vision claire et détachée, la conscience vous appuis dans vos divers besoins et création simplement par la force de votre intention.
Je ne vais pas en dire beaucoup sur l’expérience d’éveil, ce n’est pas quelque chose de très important en soit car toute expérience se déroule à l’intérieur de la conscience, ce n’est pas elle qui vit les expériences.
Pour faire une histoire longue courte, je n’ai absolument pas cherché l’éveil, mes convictions sur la vie était bien différentes bien que je me disais être une personne spirituelle, en comparaison avec la majesté de la source ce n’était qu’un jeu d’enfant.
Je n’avais aucune idée de ce qu’étais la conscience, et je voyais les saints comme des êtres sur-évolués. Cependant il y avait au fond de moi quelque chose qui me poussait à chercher la liberté, toujours. Le mental n’y est jamais parvenu, plus la liberté était près et plus la prison semblait véritable et moins je savais ce que j’allais faire.
Il n’y a pas de hasard mais lors d’un festival j’ai trouvé un livre de Ekhart Tolle qui parlait de paix et posait des questions comme je ne me les avais jamais posés. Comme ce n’était qu’un tout petit livre, il ne traitait pas de l’éveil, il faisait simplement parler d’harmonie, de paix ; objet que je voulais posséder après ma déconfiture devant mon impuissance à me libérer de la société, des besoins.
Je ne connaissait rien à la méditation et à vrai dire le mot me tenait en aversion. Je n’en connaissait ni l’utilité ni le processus. Les exercices d’Eckhart Tolle sur la respiration me faisait du bien et, quand le mental acceptait de se prêter au jeu, une grande paix en était ressenti.
Alors à chaque jour j’allais sur un banc de parc et je faisais venir cette paix, en mettant 100 % de mon attention sur le moment présent. Peut-être une semaine et demi après, je fis encore l’exercice sans arrière pensée ni désir d’arriver où que ce soit quand tout à coup, le monde perçu est devenu d’une autre radiance, plus vivant, plus lumineux;
C’était très surprenant, en voyant l’eau couler, les arbres, les insectes, en voyant même mon corps, il n’y avait plus de différence entre eux. Et je me reconnaissait enfin, c’était clair et sans équivoque, ”je suis le monde et il est moi”. Cette vision a été accompagnée d’un amour monumental et d’une impression d’être infini. C’était un premier niveau de réalisation et c’est la cuisson lente qui ma porté au niveau le plus profond par la suite.
À ce niveau il y a une intimité avec la source mais le mental ne comprend pas et pose beaucoup de question qui ne peuvent le satisfaire. Heureusement la source répond à de nombreuses question par des évènements et en synchronisant des rencontre. Le mental ne fait pas encore confiance à ce qu’il reçoit comme informations alors il veut que les réponses lui viennent de la bouche de quelqu’un qui peut confirmer ce qui est perçu.  C’est vraiment à ce moment que j’ai commencé à lire et à découvrir ce qui m’était arrivé.
La lente combustion du mental emmène au niveau le plus profond qui est la réalité suprême au-delà de l’expérience. C’est à ce moment que le mental peut vraiment faire confiance à la connaissance que fait émerger la conscience et enfin se calmer au-delà d’une simple expérience de calme qui va et vient.
L’expérience de l’éveil lui-même est alors perçu comme faux, car il fait parti du monde du mental et que tout dans son royaume est mouvant. L’absolu réalité peut se dévoiler à toi maintenant si le mental accepte de lâcher ses attentes envers l’expérience d’éveil.
Pour une méditation constante à chaque fois que quelque chose est perçu dans le champs de conscience, tourne ton attention vers l’impression de ”J’existe”, ”Je suis”, c’est la première connaissance de l’être humain, le plus durable des objets d’expérience.
Sois consciente de ta propre existence et  sois confiante que tout ce que tu peux voir, percevoir ou sentir, n’est pas toi. Ce que tu es est immensément plus subtil, tu es la lumière de ce monde, rien n’existe sans ton intérêt. Même la lumière du soleil dépend de ta lumière !
Tu es la source de toute manifestation et ton œuvre se déroule en ta conscience, tu lui donne l’intérêt, l’amour, l’intention ; sans toi il n’y a rien de cela.
Pour que le non constant sois observé il faut une référence de constance, la conscience jamais ne s’évade, découvre cette puissance qui jamais de s’éteint et qui peut voir le fluctuant. Trouve qui est là qui perçois les changements d’émotions et d’état d’esprit du mental. Trouve qui est au-delà de l’expérience et qui verra cette univers renaître à répétition.
Tu es cette force créatrice, et tu verras que la plus belle preuve de ton immortalité est ton absence total dans le monde des formes et du changeant.
Amicalement,
Yuri
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