jeudi 17 mai 2018

• C’est le chercheur qui est l’obstacle - pas le fait de chercher - Ramesh Balsekar


Extrait d'un entretien avec Ramesh Balsekar mené par Chris Parish

WIE: Comme beaucoup de gens viennent à vous pour entendre vos conseils au sujet de leur chemin spirituel, je voudrais vous demander quelle valeur donnez-vous (s’il en est une) à la pratique spirituelle en tant que moyen d’atteindre l’éveil ? 


RB: Si une sadhana (pratique spirituelle) est nécessaire, l’organisme corps-esprit est programmé pour faire une sadhana.


WIE: En d’autres termes, si cela arrive, cela arrive ? 

RB: C’est exact. Parfois les gens me demandent, « Si rien n’est en mon pouvoir, est-ce que je dois méditer ou non ? » Ma réponse est très simple. Si vous aimez méditer, alors méditez, si vous n’aimez pas méditer, ne vous forcez pas.

WIE: Est-ce que la recherche spirituelle est un obstacle à l’éveil ? 

RB: Oui, la quête spirituelle est le plus grand obstacle à cause de celui qui cherche. C’est le chercheur qui est l’obstacle - pas le fait de chercher ; la quête se fait d’elle-même. La quête se fait d’elle-même parce que l’organisme corps-esprit est programmé pour chercher ce qu’il cherche. Alors si la recherche de l’éveil se fait, c’est que l’organisme corps-esprit a été programmé pour cette quête. L’obstacle est le chercheur qui dit : « Je veux l’éveil. »

WIE: Comment se fait-il que beaucoup de grands sages ont parlé de l’importance de la quête ? Ramana Maharshi a dit que celui qui cherche doit désirer l’éveil autant qu’un homme qui se noie désir respirer - avec ce niveau de concentration et de sincérité là. 

RB: Bien sûr. Cela veut dire qu’il faut ce genre d’intensité dans la recherche. Mais il a aussi dit : « Si vous voulez faire un effort, vous devez faire un effort ; si le destin ne l’a pas prévu, l’effort ne se fera pas ». C’est ce que Ramana Maharshi a dit. Alors vous voyez, que l’on cherche ou que l’on ne cherche pas, c’est hors de votre contrôle. Ni la recherche de Dieu, ni celle de l’argent n’est à votre crédit ou de votre faute.

WIE: Vous avez écrit dans un de vos livres qu’on est déjà arrivé à une compréhension bien profonde quand on peut dire, « Cela m’est égal que l’éveil advienne dans cet organisme corps-esprit ou non ». 

RB: C’est juste. Quand il arrive à ce stade, cela veut dire que le chercheur n’est plus présent. C’est très proche de l’éveil parce que s’il n’y a plus personne pour s’en soucier, il n’y a plus de personne qui cherche.

WIE: Mais est-ce que le résultat ne pourrait pas être une indifférence incroyablement profonde - ce qui n’est pas l’éveil. 

RB: Cela pourrait mener à l’éveil !

WIE: J’ai encore une question. Vous dites souvent que nous devrions « juste accepter ce qui est ». 

RB: Oui, s’il vous est possible de le faire - et cela est hors de votre contrôle !

lundi 7 mai 2018

• Vous n'êtes pas dans le monde... - Douglas Harding


"Ce que j'ai à partager avec vous est tellement simple que cela en est embarrassant."
Il a fait immédiatement l'expérience du doigt, en 5 minutes.
Et il a rajouté : voilà c'est aussi simple que cela. Vous pouvez tous rentrer chez vous. Mais enfin puisque vous êtes là, on va encore partager un peu de temps ensemble.
La connaissance de soi est la connaissance que le Soi n'est pas un individu dans le monde, mais l'Espace (la conscience) qui accueille le monde. "Vous n'êtes pas dans le monde, mais c'est le monde qui est en vous."

lundi 30 avril 2018


Alors, sans poursuivre les apparences, regardant directement 'celui' à qui cela apparaît, le chemin de la bouddhéité n'est guère long ! Car on verra alors notre propre face indicible.

Guendun Tcheupel

Et nous, spectateurs qui toujours, regardons les choses, et jamais Ce qui regarde. Qui nous a donc retournés comme cela ?

Rainer Maria Rilke

lundi 23 avril 2018

• Le cheminement spirituel est une solution temporaire ~ Dzongsar Khyentsé Rinpotché


 ...Le chemin lui-même doit éventuellement être abandonné, tout comme vous abandonner un bateau lorsque vous atteignez l'autre rive. Vous devez descendre une fois que vous vous êtes arrivé. Au point de réalisation total, vous devez abandonner le bouddhisme. Le cheminement spirituel est une solution temporaire, un placebo pour être utilisé jusqu'à ce que le vide soit compris.

jeudi 12 avril 2018

• Le Centre sans lequel rien n'existe... - Ramana Maharshi

Merci à Charles Coutarel d'avoir posté cette photo sur sa page Facebook !

mardi 10 avril 2018

Ma dévotion est très étrange.
L'eau du Gange n'est pas requise.
Aucun ustensile spécial n'est nécessaire.
Même les fleurs sont de trop.
Dans ce puja tous les dieux ont disparu.
Et la "vacuité" a émergé avec euphorie...

Lahiri Mahasaya

jeudi 5 avril 2018

• S'éveiller maintenant - Julie Ann


Née au Québec, Julie est Ostéopathe équin, Zoothérapeute, Équithérapeute, Massothérapeute et Naturothérapeute. Elle a fait à peut près toutes les formations, les techniques possibles et lu des centaines de livres à la recherche du bien-être, de la connaissance et de la démystification des réalités invisibles. Elle a vécu de nombreuses expériences spirituelles et mystiques et à des souvenirs très francs de ce qu’on appelle l’au-delà.
C’est lorsqu’elle a complètement arrêté toutes recherches de quoi que ce soit que, par un concours de circonstances, des enseignants réalisés sont arrivés chez elle et y sont demeurés pendant 8 jours. D’être en présence de la Conscience consciente d’elle-même a forcé la reconnaissance de celle-ci en elle.
Depuis l’automne 2017, elle a Réalisé le Soi, c’est à dire qu’elle a réalisé qu’il n’y a absolument personne à réaliser et qu’il y a absolument que la Conscience que nous sommes tous, partout.


samedi 31 mars 2018

• L’illusion est parfaite - Julie Ann


Tout, absolument tout est la conscience...

Fondamentalement, il n’y a aucune différence entre quelqu’un d’Éveillé et quelqu’un dit non-Éveillé. Ça prend un jugement pour créer cette séparation et tout ce qui est appelé souffrance part de ces jugements qui partent eux de l’identification.

L’illusion est parfaite, il n’y a personne en tant que personne personnelle pour trouver, s’améliorer, délaisser, cheminer, travailler... C’est toujours la Conscience qui expérimente en toutes choses.

C’est un magnifique jeu de la Conscience qui se goûte en tant qu’expérience à travers toutes ces textures d’expérimentations.

La Conscience se révèle à elle-même en temps et lieux. Il suffit de laisser la source de la vie que nous sommes Être et laisser traverser toutes ces délicieuses textures en cette tranquillité qui observe et goûte cela.


mercredi 28 mars 2018

• C'est la Conscience qui se goûte et s'observe à chaque instant - Julie Ann Robitaille


À l'automne 2017, il y a eu l'éveil total, ce que les sages appellent la réalisation du Soi.

Lorsque cela arrive, il est vu que nous sommes La Présence même, nous sommes la source de toutes choses, que nous sommes tous UN, qu’il n'y a pas de séparation, que le personnage que nous croyons si fort être n'existe pas. Tout le monde est déjà réalisé mais très peu le savent à cause du voile de l'identification. Il n'y a pas de hiérarchie, chacun est Le Maître, le TOUT. Tout est parfait maintenant, il n'y a qu'à profiter du voyage sans lutte, goûter la vie dans toutes ses saveurs sans condition.

C'est la Conscience qui se goûte et s'observe à chaque instant. Lors de la Réalisation, il est aussi vu que le temps est une illusion, il n'y a que maintenant. La souffrance se situe en dehors de maintenant et dans l'illusion d'être une personne.

C'est un résumé très sommaire de ce qui est vécu au moment de la Réalisation car aucun mot ne peut traduire cela. La vie se dévoile à chaque maintenant dans son immense sagesse et peut être accueillie dans toute sa splendeur quand il n'y a plus le filtre de l'ego.

Lorsque cela est vu, c'est la fin de la souffrance, de la dualité, de la lutte contre la vie elle-même. Ce que l'on Est, nous le sommes maintenant, nous l'avons toujours été, le serons toujours, c'est la seule chose qui est permanente, ça ne bouge jamais, c'est éternel.

Toutes les barrières tombent. Il n'y a plus de peur car il est vu qu'il n'y a personne à protéger. C'est la fin de la souffrance car il est compris que la vie n'est pas une affaire personnelle. La merveilleuse Présence que nous sommes peut alors s'installer pour exprimer sa pleine expression sans être restreinte par l'identification et nous restons à bord du bateau de la vie afin d'observer toutes les merveilles de celle-ci émerger à chaque instant et d'en savourer chaque expérience intensément puisque totalement présent à la vie, sans condition.

Lors de la Réalisation, il y une transformation radicale qui fait en sorte que le mental s'efface et la connaissance émerge spontanément. C'est le mouvement de vie qui s'exprime à chaque instant. L'apparence de ce corps devient totalement au service de la vie. Il n'y a plus rien de personnel.

C'est l'Ultime Paix, l'Amour, la Joie pure. Il n'y a pas de mot pour décrire Cela.

Quelle beauté !

Dans la Paix, l'Amour et la Joie infinis qui émergent de ce que l'on est.

Julie Ann


Rencontres et Événements à venir : 

lundi 26 mars 2018

• Vous n'êtes pas ce que vous croyez être - Bernard Harmand et Alain Jacquemart

Ce livre a une ambition modeste mais réelle, celle de permettre à un Chercheur spirituel contemporain de mener à bien sa recherche en se dépouillant de préjugés trop encombrants afin de lui permettre de retrouver la légèreté d’une liberté qui n’est pas à confondre avec un laxisme complaisant mais qui est absolument nécessaire pour une recherche véritable.

Son titre volontairement paradoxal montre en lui-même toute la finesse et l’exigence de la Recherche.

Pour cela l’auteur explore et met en valeur le témoignage de Bernard Harmand, l’une des rares personnes en Occident ayant « Réalisé sa Vraie Nature » et n’étant plus identifiée à aucune fonction, y compris celle de Maître ou d’enseignant. Il n’a que faire de ces titres qu’il s’est toujours vivement opposé à endosser, refusant de faire des conférences, des stages, des livres, des Satsangs.


Alain Jacquemart, pour le côtoyer depuis maintenant neuf ans, peut témoigner que c’est un « Être libéré », les événements extérieurs n’ayant plus prise sur lui. La seule concession qu’il accepte est le témoignage. Après le premier livre publié aux Deux Océans qui retraçait son parcours de vie, ce nouvel ouvrage a pour but de « fixer » sans le momifier, l’essentiel de ce témoignage. Il aidera, tous les chercheurs sincères dans ce qu’il a d’universel, à progresser, chacun selon ses moyens. Bernard Harmand a toujours dit à l’auteur qu’il fallait rester vrai, ne faire aucune concession sur cette « Merveille de la Réalisation » comme il l’appelle et il pense que tout chercheur véritable et sincère est à même de trouver la voie juste.

Les sujets abordés sont très divers et permettront à chacun de trouver des points de réflexion intense sur la vie, la mort, l’Amour, le sens du monde, la souffrance, la recherche, la religion... Bernard n’utilisant pas la langue de bois, certains aspects pourront choquer.
 © Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Les deux Océans

La Réalisation n’a rien à voir  avec « l’instant présent » !

Les lecteurs de ce livre ont déjà dû se rendre compte que Bernard envoyait valser les « idées reçues », les « concepts à la mode » et déstabilisait par son franc-parler, issu directement de sa propre expérience, tout touriste voulant faire une gentille visite dans le monde « spirituel ». Une fois de plus, dans une question que je lui posai récemment, il fit une réponse qui me bouleversa par la justesse de son analyse et la profondeur de ses implications. Je vous la livre comme un cadeau venu du ciel ! 

Auditeur : À notre époque on assiste, me semble-t-il, à un culte hédoniste et narcissique de « l’instant présent » de « l’ici et maintenant » largement relayé et rabâché dans les cercles « new age ». Que penses-tu de cet instant présent et de ceux qui disent : « L’Éveil, c’est juste être ici et maintenant et vivre l’instant présent. »

Bernard : Bon, tout d’abord tu sais que je n’aime pas du tout ce mot « éveil » parce qu’il ne correspond absolument pas, non seulement à l’idée que j’ai eue durant toutes mes années de recherche du But ultime auquel j’aspirais timidement bien sûr mais avec Passion, et surtout à ma propre expérience de Réalisation de ma Véritable Nature. Ce terme « éveil » par contre va très bien avec le bouddhisme, le new age comme tu dis, que je connais mal, et les différents groupes spirituels en tous genres qui justement, eux, parlent à tout rompre de ce fameux « ici et maintenant » et de « l’instant présent ». Prenons quelques définitions du Grand Larousse : – « instant présent » : moment très court… ; – « présent » : qui existe dans le temps où l’on parle, actuel ; – « ici » : dans le lieu où l’on se trouve ; – « maintenant » : à présent. Pourquoi ces définitions ? Simplement pour rappeler que si, comme le disent ceux que tu cites, « l’Éveil, c’est juste être ici et maintenant et vivre l’instant présent », alors la Réalisation n’a rien à voir avec cet éveil. Pourquoi ? C’est très simple… L’instant présent est un moment très court qui existe dans le temps où l’on parle… Instant… très court, mais instant quand même donc notion de temps ! Ici et maintenant : dans le lieu où l’on se trouve en ce moment… c’est-à-dire qu’il y a une notion de temps (instant - maintenant) et d’espace (ici). L’Être Réalisé n’est aucunement concerné par l’espace-temps, et ce n’est ni une idée, ni une affirmation livresque, mais ma réalité. 
Mais tu vois, cher Alain, ce n’est pas simple les mots, car en répondant à ta question je vois bien que tu vas me dire qu’encore une fois, il y a une contradiction et, dans un sens, tu as bien sûr raison ! Mais dans un sens seulement et le moins intéressant, celui justement des mots, contradiction dans la forme que je dois utiliser, mais pas dans le fond ! La voilà la contradiction cher Alain : Ramana, en fin de vie, entendait les gens se lamenter du prochain départ de Ramana et lui de répondre très souvent : « Ils disent que je vais partir… mais où pourrais-je aller ? Je Suis ici… » Que veut-il dire par ce « Je Suis ici » ? Je dis d’ailleurs à peu près la même chose à mes proches et à toi, cher Alain (proche s’il en est et le mot est faible). « Je ne peux pas partir ! Qui partirait ? » Il n’y a personne finalement… ni pour partir, ni pour rester et cependant je suis là éternellement… Et c’est vrai ! 
Ce que je viens d’écrire est tellement fort que mes mains, ou plutôt mon doigt de la main droite tremble (ce soir je ne ressens pas bien le reste de mes mains…). Ce ne sont que des mots pourtant, mais je ressens dans toutes les fibres d’un corps pourtant usé (il paraît) la force incroyable qu’ils véhiculent par cette vérité qu’encore une fois les mots ont bien du mal à correctement exprimer. 
Mais tout de même, en lisant cela sans l’intellect, mon cher Alain, tu vas ressentir dans la crypte de ton Cœur CE que tente de faire passer ce Bernard qui reste Émerveillé par cette sublime fusion. Quel bonheur ! Il faut donc que je redescende (pour pouvoir continuer à écrire, NDLR). Oui, disons que Ramana voulait simplement dire « JE SUIS », « je suis là », c’est pour les disciples, pour les rassurer, c’est de l’Amour vrai, simple, humain. Tu sais bien, cher Alain, que les individus ont besoin de mots, ils ont besoin d’être rassurés, et mieux, ils ont besoin de tant d’Amour. Il m’arrive également de « tomber » dans l’excès, mais par Amour également, pour rassurer essentiellement les personnes qui ne sont pas très avancées sur ce merveilleux chemin de la Réalisation et que la « Vérité toute nue » semble effrayer… Et je peux dire à certains : « je serai toujours à tes côtés », « je ne peux pas te quitter » et tu comprends bien que la forme n’est pas possible, mais le fond est vrai…

dimanche 25 mars 2018

• Le rêve qui semblait si réel cessa - Nisargadatta Maharaj


Alors que j'étais complètement
Immergé dans les mots de mon Satguru

Ses mots s’imposèrent comme la
Vérité Eternelle

Tous les concepts et croyances
disparurent simplement…

Tous les problèmes semblaient
irréels

Les doutes s’effondrèrent…

Les plaisirs et la souffrance
semblaient également illusoires…

« Trigunas » (les trois attributs : sattva - rajas - tamas)
devinrent irréels
La trinité (le connaisseur - le fait de connaître - la connaissance) disparut…

La naissance elle-même semblait n’être qu’imagination
et la mort cessa ainsi d’exister.

La Liberté est la liberté 
de « l’emprise des concepts » 
de toutes les sortes de concepts…

La Véritable Liberté est la liberté 
du concept même de Liberté

Ce n’est pas que j’ai trouvé
toutes les réponses…

En fait « celui qui se posait » les questions
est mort

J’étais à la recherche de moi-même…
…pendant la recherche,
le soi-disant « chercheur » a disparu
et la recherche s’est achevée.

Ce qui a toujours existé
persiste éternellement

Ce qui n’a jamais existé
simplement disparaît !

La Compréhension apparut…

L’ignorance et la connaissance
n'étaient que les deux faces
de la même pièce de monnaie

Le rêve qui semblait si réel
cessa…

Maintenant mon Silence parle…
Ma Vacuité est pleine !


vendredi 23 mars 2018

mardi 20 mars 2018

• La danse de l'instant - Charles Coutarel

 La Réalisation de Soi, « l'éveil », c'est retrouver en soi ce qui est réel ; l'Etre véritable, au delà des jeux imaginaires de la personne conditionnée, et se relier à cela. C'est finalement l'invitation en soi à vivre de façon authentique. 
Suis-je vraiment ce personnage de représentation fantoche et fantasque qui se modifie et se modèle au gré des circonstances ; des attirances ou répulsions, des désirs, des opinions, des fréquentations et influences diverses et surtout bien sûr du regard de l'autre... ? 
Sommes-nous prêts à nous rencontrer véritablement et à ne plus nous raconter d'histoire ?
L'invitation de l'investigation est de retourner l'attention de la conscience sur elle même, et de voir ce qui est là, toujours, mais jamais reconnu ni exploré car non objectif. 
Ce qui est important, ce n'est pas ce dont nous sommes conscient. Ce qui est important c'est ce qui en nous est la conscience de toutes ces perceptions, c'est cette conscience elle même ! 
Dans une langue précise et poétique, Charles Coutarel nous dit que l'essentiel est le principe de l'attention, ou "Attention Consciente", le rappel direct et pratique à l'être en nous, au-delà de toute identification personnelle, et libre.
La vie dans son ensemble est un processus de création, de croissance et de développement. Tout être est ici pour participer à cela, à la réalisation et à l'incarnation du principe de l'Etre dans ses qualités fondamentales... La Conscience et l'Amour. Sa Danse et son Chant...

© Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel : 

Eaux nettes.

Je n’ai rien d’autre à partager que l’instant et sa conscience,
notre Conscience et Être. Tout est là, la rencontre, le rassemblement et le partage. C’est la seule Invitation. Réaliser Cela.
On peut écrire et décrire toutes sortes d’histoires, elles ne sont
là que pour évoquer, nous rappeler notre Nature véritable.
Seul le Présent est Grand ! Les mémoires babillages.

Nous ne sommes pas ces personnages que nous pensons être.
Ni leurs histoires ni leurs souffrances. Ces personnages sont
en souffrance de notre Identité véritable sous le jeu du masque
d’une forme d’identité « empreintée ».

Il n’y a personne pour témoigner ; le témoignage s’évidence
de lui-même, infniment. La rencontre est toujours dans l’instant. 
Rien d’autre. Pure information.

Notre Nature est Pur Amour, Pur Être, Pure Conscience.
C’est ce que nous sommes vraiment.
Tout se trouve en vous, ne cherchez pas ailleurs !…

L’Investigation de Soi est libre.


C’est la conscience elle-même qui s’interroge pour se connaître
et se reconnaître. C’est une simple redirection de conscience,
d’attention.

Habituellement la conscience s’oriente spontanément sur les
objets de perception, quels que soient ces objets – y compris le
prétendu sujet et ses pensées. La conscience s’oublie.

L’invitation de l’investigation est de retourner l’attention de
la conscience sur elle-même, et de voir ce qui est là, toujours,
mais jamais reconnu ni exploré car non objectif.

Rien de ce qui est objectifable n’est nous, mais cela nous
avons besoin de le redécouvrir vraiment par nous-même, pris
que nous sommes au jeu de nos propres identifications.

Ce qui est découvert là, c’est ce que nous sommes vraiment.

C’est libre.

« Indivise dualité »

L’individualité en soi n’existe pas, sinon comme pur concept.
C’est une « indivise-dualité » ; ce qui veut dire qu’il n’y a pas
de division, pas de séparation.
La Conscience de la Source et la Source de la Conscience sont
Une. Ni sujet ni objet.
La Génèse, le « procès d’intention », le « jugement premier », le « Drame de la Chute » sont nuls et non advenus.
Ainsi en est-il de la rédemption et du Jugement Dernier.

Là est l’Apocalypse et sa Révélation.

jeudi 1 mars 2018

• L’éveil et la libération n’ont rien à voir avec nous - Alain Chevillon



La vie s’offre dans sa nouveauté à chaque instant, elle donne la vision, les sons, les odeurs, les expériences, et ne nous demande jamais rien en retour. Pourtant nous passons notre vie à vouloir toujours plus : voilà la source de notre malheur !
Et lorsque que cela disparaît, il y a juste ce qui se présente ici et maintenant, émergence de la source dans la conscience. Si nous pensons que « nous » pouvons atteindre la libération, nous courrons toute notre vie après une chimère.
Aucune possibilité d’atteindre la libération ou de s’éveiller, car cela est complètement et depuis toujours déjà éveillé. C’est seulement dans le rêve de la séparation que la recherche semble avoir une validité. Avec l’effondrement de la recherche, le miracle se révèle : c’est la vie elle-même qui est le miracle. Mais nous ne pouvons le voir, car nous sommes trop occupés à être quelqu’un ou à essayer de devenir quelque chose. 
Lorsque le moi disparaît s’ouvre la vacuité, emplie de joie et de plénitude, totalement vivante. Elle est la vie dans toute sa magnificence, c’est la liberté que le soi-disant individu ne pouvait jamais trouver. Quand tout cela est vu, tous les concepts se dissolvent, ils sont vus pour ce qu’ils sont : des mots, rien que des mots qui se perdront dans l’océan du temps et du silence.
Un guide permettant de gouter à la douceur de la proposition de l’auteur. L’éveil n’est pas une récompense après un effort ou le résultat d’une lutte, il n’apporte ni la gloire, ni la libération des souffrances liées à notre condition humaine. C’est une merveilleuse grâce qui n’est pas individuelle, car l’éveil est la dissolution de cette individualité fallacieuse. Il est la reconnaissance que nous ne sommes rien de définissable, juste un réceptacle où l’intelligence impersonnelle peut se manifester sur ce plan de conscience. L’éveil est l’ouverture à la présence aimante et silencieuse, espace unitaire où tout est accueilli sans distinction, ni division. Les quatre étapes de la guérison présentées dans ce livre, vous permettront d’élargir votre conscience au-delà de votre sentiments d’individualité qui vous a réduit à une forme humaine vivant dans la croyance qu’il faut lutter pour survivre. La guérison radicale vous offre l’occasion de mettre fin à l’ignorance et à l’illusion d’un je personnel, source de tant de souffrance et de barbarie. Chacune des étapes ainsi que les exercices proposés dans ce livre, vous permettront d’ouvrir votre conscience à une autre vision de vous-même. Ce livre tel un guide, vous invite au plus beau des voyage dont la destination finale n’est autre que vous-même.

L’auteur de l’ouvrage
Magnétiseur, Energéticien, Alain Chevillon exerce en région toulousaine depuis plus de vingt ans. En 2012, après de longues années de recherche spirituelle, Alain a vécu un basculement de conscience qui l’a éveillé à sa véritable nature non duelle. Cette expérience mystique d’harmonie avec tout ce qui EST a profondément transformé sa pratique et sa vie personnelle. Cette transformation l’a amené à témoigner de son expérience d’unité au cour de conférence et d’ateliers de connaissance de soi. Dans un langage simple, vivant et accessible à tous, Alain nous accompagne vers la libération de nos conditionnements et de nos peurs face à l’existence. Afin de célébrer dans la pure présence de l’instant la beauté de ce que nous propose la vie.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Aluna :


Aperçu d’éveil

L’aperçu d’éveil peut survenir à tout moment ; c’est un élargissement ponctuel de la conscience dont la durée peut varier selon les personnes de quelques instants à plusieurs heures, puis ne rester qu’un souvenir.
Pendant cette expérience la pensée moi disparaît provisoirement laissant place à la vacuité ou à une expérience d’unité. Mais l’ego travestit en quelque sorte l’expérience pour la récupérer à son profit. Il se pose alors comme le témoin de cet éveil ; il va s’emparer de cette expérience et dire : « je suis éveillé, je suis réalisé » – ce qui est un non-sens total.
Le moi personnel va essayer de reproduire cette merveilleuse expérience par la volonté et l’effort, ce qui ne fera que l’éloigner de l’éveil permanent. Une illumination nous fait percevoir une autre réalité, pluslumineuse, et laisse une nostalgie.
L’éveil nous conduit à voir que la vie de l’état de veille est un rêve. Sans le regard d’un être spirituellement réalisé, l’ego ne lâchera pas prise avec son aveuglement, d’autant plus qu’il tirera de nombreux profits de cette expérience.
Soyons clairs : je ne peux être éveillé puisque justement l’Éveil est la disparition de je. Et il ne disparais pas totalement tant que le corps est vivant. Cependant, se soumettant à la Vérité (satya), il demeure silencieux, dans une paix joyeuse et pleine. Une personne qui vit l’Éveil se laisse absorber par cette découverte. Mais l’Éveil n’élimine pas les mémoires (vasanas), qui sont si puissantes qu’elles ressurgissent. C’est pourquoi l’Éveil n’est pas un aboutissement ; un travail complémentaire doit être accompli jusqu’à ce que cet événement se stabilise. Alors viendra la Réalisation.

vendredi 23 février 2018

• Ce que je suis vraiment est Ce qui perçoit - Annie


Dans l’état de confusion, ce que je crois être moi, ce que j’appelle "moi" est pris pour le sujet. Sujet parmi les objets, sujet face aux objets, sujet qui fait, sujet qui pense, sujet qui cherche. Sujet qui voit, sujet qui entend, qui goûte, qui sent. Sujet qui perçoit. L’éveil est le r-éveil de cet état de confusion.

Ce qui était pris pour le sujet est un objet ! Un objet perçu, comme tout objet. Est alors réalisé que Ce que je suis vraiment est Ce qui perçoit... y compris ce que je croyais être moi !

Tout dans ce monde est perçu, la seule question est : Qui perçoit ?

L’auteure de l’ouvrage

Après avoir été profondément touchée par les propos de Nisargatta Maharaj, rencontré Ramesh Balsekar, c’est sa rencontre avec la Vision-sans-tête de Douglas Harding qui a fait tomber la plus grande des illusions "je ne suis pas ce que crois être ! " Foudroyée sur place, la vision fut telle que ce fut la révision puis l’effondrement de ce monde fait de croyances. Rien n’est à croire, tout est à vérifier dans l’expérience de l’instant !
C’est auprès de Sri Siva Shakti qu’Annie fut littéralement transpercée par " l’énergie primordiale". Aujourd’hui lors des entretiens, c’est cette énergie éveillée qui œuvre en elle et qui diffuse avec force et joie. Depuis plusieurs années, des rencontres et retraites s’organisent régulièrement dans le sud de la France.

"Que ce livre serve de rappel à celui qui brûle d’être libre."

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Aluna :

Éclairage

Question : Les participants aux rencontres souhaitaient un « rappel » sous forme de livre. À cette demande tu réponds par « Ce qui perçoit » . En quoi « Ce qui perçoit » est LE rappel ?

 Annie : Ce rappel peut faire partie des nombreuses formes que peut prendre le dessaisissement instant-ané sur toute chose. « Je suis Ce qui perçoit » fait lâcher toute identification avec les objets de ce monde. Tout ce que je crois être, je ne le suis pas !

Dans l’état de confusion, ce que je crois être moi, ce que j’appelle « moi » est pris pour le sujet. Sujet parmi les objets, sujet face aux objets, sujet qui fait, sujet qui pense, sujet qui cherche. Sujet qui voit, sujet qui entend, qui goûte, qui sent. Sujet qui perçoit.

L’éveil est le r-éveil de cet état de confusion.
Ce qui était pris pour le sujet est un objet ! Un objet perçu, comme tout objet.
Est alors réalisé que Ce que je suis vraiment est Ce qui perçoit… Y compris ce que je croyais être moi ! Tout dans ce monde est perçu, la seule question est : Qui perçoit ? Et à cette question, aucune réponse en mot n’est possible, seulement une réponse vivante et incarnée : Je suis Cela ! Je suis Ce qui perçoit le corps, les pensées, les sensations. Je suis Ce qui témoigne de toute expérience et de l’impermanence de toute chose. Je suis Ce qui distingue et qui ne confond pas l’état de veille avec le sommeil profond.

Ce qui perçoit est là, toujours là et c’est Cela que je suis.

Q : Ici, Ce-qui-perçoit est la formule utilisée, est-ce la même chose que conscience ?

C’est ce qui est très tôt apparu en moi comme juste. La révélation exacte fut « Je suis CE qui perçoit » et aujourd’hui c’est ainsi que cela est transmis dans les satsangs. Le pronom « Ce » est minimaliste, il coupe court à toute représentation, à toute extrapolation de cette présence que Je suis et dont rien ne peut être dit.
Ce qui perçoit est le grand mystère que Je suis. Mais pour répondre à ta question, oui bien sûr les termes Conscience ou Témoin pointe de la même façon vers CE que nous sommes vraiment. Mais il apparait que le terme conscience finit souvent objectivé, alors qu’il s’agit là de notre Véritable Nature, de Ce que nous sommes vraiment ! Il s’agit de Moi dans ma forme première, originelle, éternelle et sans second.

Q : Tu nous rappelles aussi que le dessaisissement de l’expérience ne change pas l’expérience en elle-même ?


En effet, Le piège est, qu’en dernier ressort, l’attente se fixe sur le changement du contenu de l’expérience. Espérer des expériences plus positives par exemple, qui du coup indiqueraient une avancée, une progression quelconque vers l’éveil ou l’illumination, ceci n’est qu’une croyance supplémentaire.

Q : Tu dis que la dualité n’est qu’apparente, que « Ce qui perçoit » et « ce qui est perçu » ne sont qu’apparemment séparés. Peux-tu expliquer ?


Encore une fois : pas d’objet sans observateur et pas d’observateur sans objet. La dualité n’est qu’apparente car il n’y a pas de séparation possible entre Ce qui perçoit et ce qui est perçu. « Ce qui perçoit » et « ce qui est perçu » sont consubstantiels, définitivement UN.

Q : Venons-en aux principaux concepts utilisés dans les satsangs. Qu’est ce donc ce qui est appelé communément « la réalité » ?

Un rêve. Ce qui est pris pour réel est un rêve. Pareil au monde onirique nocturne, le rêve diurne prend effet, se déploie et se résorbe. Ils sont tous deux un phénomène qui se produit, une énergie latente qui s’expand et se résorbe.
L’Immobile frissonne, un mouvement d’énergie se produit et se déploie. C’est ce mouvement énergétique coloré par le mental qui est appelé réalité.
Le rêve a un début et une fin, il est l’expression en mouvement et momentanée d’une Réalité profonde, inconnaissable, inconcevable appelée Absolu.

Q : Il est vrai que « quelque chose » en moi sait cela…


Oui, il y a en chacun ce ressenti subtil que tout ceci n’est pas vraiment vrai, jusqu’à ce que cela soit vécu pleinement. L’enseignement de la non-dualité nous ramène à la non-réalité des apparences.

Q : En quoi cet enseignement non duel est-il radical ?


C’est la vie qui est radicalement non duelle ! Rien d’autre que ce qui est n’est possible. L’enseignement, quant à lui, est direct et sans concession. La réalité est UNE sans second. Toute division, toute séparation est une création mentale qui se surimpose à la réalité du seul instant.

Q : Les religions monothéistes admettent un « agissant en libre arbitre » ce qui a pour conséquence de nourrir la culpabilité. J’ai l’impression que cet enseignement ne reconnaît pas d’agissant et encore moins de libre arbitre.


En effet, il n’y a pas d’agissant, auteur de quoi que ce soit. Cette vie s’exprime naturellement, spontanément ; l’intervention d’un intermédiaire qui serait le faiseur est une illusion créée par le mental.

Q : De la même manière les religions reconnaissent un sens divin à ce qui se produit, une explication. En revanche, il est souvent dit dans les satsangs que tout cela « est pour rien ».

Cette vie en latence surgit, elle se manifeste sans raison aucune, sans avoir rien à accomplir. Du Vivant immobile surgit le Vivant en mouvement, du rien surgit le tout. La vie se déploie, goûte l’expérience et se résorbe, elle se déploie, expérimente, se résorbe etc. Il n’y a pas de but tout simplement car il n’y a rien d’autre que l’instant. Loin d’être errance, tout est présence.

Q  : Les athées perçoivent le temps comme plutôt linéaire, les croyants le voient cyclique, quelle est la conception du temps ici ?


Le temps linéaire est un temps mental, dans la réalité il est toujours maintenant !
À quel moment es-tu vivant ? À quel moment l’expérience a lieu ? Maintenant !
Quand commence le maintenant ? Quand finit-il ? Nous voici dans l’éternel maintenant.
Il n’y a que ça.

Q : Pourquoi la non-dualité ne serait pas une croyance ?


Le propre d’une croyance est de n’être jamais vérifiée… Tout ce qui est dit ici n’est pas à croire, mais à vérifier.

Q : La plupart des questions des participants aux satsangs viennent de « leur » souffrance essentiellement mentale. Il est clair qu’ils souhaiteraient ne plus souffrir. Toutefois beaucoup de tes réponses renvoient à la liberté alors que celle-ci n’est jamais « demandée » par les participants. Pourquoi selon toi cette idée de liberté n’est jamais évoquée par les participants aux rencontres ?


L’envie de liberté EST ce qui nous amène à ces rencontres, qu’elle soit formulée ou pas, c’est d’elle dont il s’agit toujours, quelle que soit la forme que cela prenne. C’est elle qui nous anime. C’est ce pressentiment, cette nostalgie du paradis perdu qui guide nos pas.

Q : Qu’est-ce que la liberté dont tu parles ?


La liberté dont il est question ici ne dépend pas de ce monde ; elle n’est pas de ce monde mais en est libre. Je suis Ce qui perçoit et Cela est libre, à tout jamais libre de tout ce qui est perçu… Et tout est perçu !

Q : Le terme objet apparaît très souvent dans les rencontres : que désigne ce terme ?


L’objet désigne tout ce qui apparait et disparait, les objets matériels mais aussi ceux plus subtils tels que les pensées, les émotions, les différents états, les sensations. Les expériences sont également des objets obéissant à la même règle de l’alternance. L’objet est impermanent. L’objet n’a aucune autonomie, il doit son existence à celle d’un observateur. Il est repérable par ses caractéristiques : forme, couleur, texture, saveur, mouvement, parfum…
Ainsi, le corps est un objet, l’univers aussi. L’objet est perçu.

Q : Qu’est ce que le réel ? Le réel est-il ici composé d’objets ?


Le réel est avant toute chose. Avant tout savoir, le réel est. Si le réel était objet, il serait UN.
Le réel est perçu dans sa globalité et par personne ! Le réel EST avant le surgissement, avant la division sujet/objet, observateur/objet observé.

Q : Certaines traditions parlent de l’illusion ?


Oui, mais soyons clair avec ce terme car il semble ne pas être toujours compris. Illusoire ne veut pas dire que cela n’existe pas, mais que cela n’a pas d’existence en soi.
Prenons l’exemple du reflet de la lune dans l’eau, est-ce que le reflet existe ? Oui, dans l’instant où il est perçu, oui. Maintenant, voyons, est-ce que le reflet est toujours là ? Non.
A-t-il une existence autonome et donc réelle ? Non, le reflet dépend du modèle original qu’est la lune. La lune est réelle, son reflet illusoire.

Q : Le corps semble être la frontière ultime, la plus forte illusion car il est le véhicule de l’agissant. Il est plus facile d’accepter que les meubles, idées, images, voire les émotions sont des objets. Mais « voir que nous ne sommes pas ce corps » semble parfois le plus difficile. Par plus difficile j’entends l’illusion la plus difficile à tomber.

L’agissant n’a pas besoin de véhicule, il n’existe pas ! Il n’y a pas d’agissant-auteur de quoi que ce soit ! Le corps est un objet, il apparait chaque matin et disparait chaque nuit, il nait et meurt.
C’est un objet comme tous les objets, il est perçu ! La seule véritable question est Qui perçoit ?

Q : Tu dis souvent que tant que l’on n’a pas « vu », les mêmes « objets- situations » se représentent à nous pour nous réveiller ! L’oubli alterne avec le réveil. L’alternance est-elle elle-même un objet, une illusion ?


Oui, nous r-éveiller à Qui nous sommes ! Chaque situation, donc chaque objet a le pouvoir de me rappeler que je suis ! Par la présence même de l’objet apparaissant, je me sais être.

L’alternance concerne seulement ce que je ne suis pas. Ce que je suis est TOUJOURS LÀ !

Q : Deux orientations sont évoquées dans les réponses qui sont faites lors des satsangs : Ici et là-bas. Peux-tu les expliciter ?


Ce sont des concepts aidant au partage et qui sont évoqués du point de vue des apparences.
Ici ne désigne pas de lieu précis mais marque une direction, celle du corps. Ici nous ramène à la verticalité, à pure la expérience de l’instant : le ressenti, avant toute traduction mentale.
Là-bas exprime une orientation tournée vers la projection, vers l’horizontalité-pensée.

Q : Tu dis que revenir ici est un « geste intérieur ». S’agit-il d’un réel geste comme une sensation physique ?

Oui, ce geste intérieur est le geste de l’éveil, celui du rappel. Il s’agit d’un retournement de l’attention, dés lors tout est différent… Ce geste est le retour à la disponibilité, à l’écoute, à l’Ouvert.

Q : Voir ce qui se produit, est-ce un exemple de non-agir ?


Oui, voir que la vie se produit. Voir n’est pas un faire, cela se fait.

Q : Ton blog s’intitule « Au cœur de la joie ». Fais-tu une distinction entre joie et plaisir ?


Le plaisir est la sensation éprouvée à l’obtention d’un objet. La joie est le frémissement de Ce que nous sommes, son expression première. La joie ne dépend de rien, elle est Innocence.
Et au cœur de cette joie, il y a Ce que nous sommes vraiment.

Propos recueillis par Laurence.