dimanche 30 septembre 2012

mercredi 26 septembre 2012

• Se sentir à l’aise et léger est votre véritable nature.



Ce livre-témoignage raconte le parcours d'un journaliste indien de Gandhi à Svâmi Prajnânpad. Il retrace plus de 40 ans d'enseignement de Svâmiji avec le même disciple.
« Aussi longtemps que l’on ne voit pas une situation particulière comme elle est en réalité, quelque chose d’autre va apparaître à sa place. Quand vous n’acceptez pas ce qui est actuellement ici, vous avez besoin de créer quelque chose d’autre… Où que vous soyez, vous êtes en contact direct avec votre environnement. Chaque fois que vous sentez que ce contact direct manque, le mental a commencé ses mauvais coups. »
C’est en partant de l’expérience du disciple, de son ressenti, sans ajouter quoique ce soit d’autre, que Svâmi Prajnânpad avance pas à pas avec lui : « Pourquoi un tel choc ? Parce que vous avez cru que tout doit arriver selon vos désirs. Mais la vie existe dans les deux états de favorable et de défavorable : le plaisir et la peine, la bonne santé et la maladie, etc. Le positif et le négatif sont indissolublement liés. Vous avez reçu un choc, parce que votre esprit avait pris l’aspect positif comme la seule vérité et n’était pas préparé à recevoir l’aspect négatif. C’est inévitable quand on vit dans le mensonge. Il n’y a  alors que faiblesse, absence de joie et agitation. »
En ayant l’esprit préparé aux deux aspects de la vie, on développe force, joie et paix. La joie est l’essence de la vie. Une vie sans joie n’est pas une vie pour un être humain. Une vie humaine se reconnaît au flux d’énergie pure et spontanée qui apporte la béatitude. 
Se sentir à l’aise et léger est votre véritable nature. 


Sumangal Prakash a été d’abord disciple de Gandhi, il a lutté pour l’indépendance de son pays et fait de la prison. Gravement déprimé, il s’est souvenu avoir rencontré à l’université de Bénarès en 1923 un étrange professeur que l’on disait versé dans la psychanalyse. Entre temps ce professeur  était devenu Svâmi Prajnânpad. Profondément athée, Sumangal s’est néanmoins engagé auprès de cet homme d’exception. Il raconte ici son parcours qui l’a conduit au succès journalistique et littéraire et à des fonctions politiques de haut niveau. Il est l’auteur de L’expérience de l’Unité paru chez le même éditeur.

Extrait de l'ouvrage : 

Certaines des lettres de Svâmiji, pendant cette correspondance prolongée, valent la peine d’être mentionnées d’une manière plus complète. Et voici des extraits de la première, datée du 12 juillet 1943 :
« Votre esprit ne devrait pas être perturbé quand vous êtes confronté à une situation inévitable. Peu à peu votre réseau social s’élargit ; vous devez, par conséquent, garder toujours à l’esprit, avec une lucidité constante, quelle est la vérité de la situation, quelle est la réalité. La réalité mentale devait en fait être prise en considération avant. Maintenant vous devez en faire l’expérience dans sa totalité. Pourquoi la maladie de Shoban est arrivée comme un choc sévère ? Pourquoi ? Parce que vous avez cru que tout doit arriver selon vos désirs, que chacun devrait vivre en bonne santé et heureux, et qu’il ne devrait jamais y avoir ni misère ni souffrance. En d’autres termes, vous avez cru que la vie irait toujours dans la même direction qui vous est favorable. Mais la vie existe dans les deux états de favorable et de défavorable. Le plaisir et la peine, la bonne santé et la maladie, la prospérité et l’adversité, la naissance et la mort, le succès et la chute. Aucun aspect unique n’est vrai. La vérité a toujours deux faces. Le flot de la vie continue à travers le changement constant, le mouvement et la mutation de ces deux aspects. Là où il n’y en aurait qu’un seul, cela signifierait la mort.
Le positif et le négatif sont indissolublement liés ensemble. Il n’y a aucun positif sans négatif, et aucun négatif qui pourrait exclure le positif. La vie est faite des deux pris ensemble. La vie sans aucun de ces deux aspects n’est que mort. En ayant l’esprit préparé à ces deux aspects, on développe force, joie et paix, autrement il n’y a que faiblesse, absence de joie et agitation. Vous avez reçu un choc sévère, parce que votre esprit avait pris l’aspect positif comme la seule et unique vérité et n’était pas préparé à recevoir l’aspect négatif. C’est inévitable quand on vit dans le mensonge.
Alors, qui peut dire à l’avance si c’est “incurable” ou “fatal” ? Prenez la situation telle qu’elle est actuellement, efforcez-vous d’y remédier : c’est ce qui est en votre pouvoir… Votre esprit restera alors stable et non troublé, ce qui vous donnera la force d’agir en fonction de la situation. Sinon votre agitation rendra votre tête et votre cœur impuissants face à l’action.
Si vous êtes perturbé qu’arrivera-t-il à Minati ? Ne l’oubliez pas. Vous êtes un homme : puisse votre cœur être illuminé par la lumière de la connaissance. Restez ferme et serein pour consoler le cœur de la mère. »

Et dans la lettre suivante du 10 août, il écrivit :
« Oui bien entendu, essayez le médicament de Madras. Essayez tout ce qui peut donner un espoir de guérison. Vérifiez seulement que votre attachement aveugle pour l’enfant ne vous fasse pas perdre toute discrimination, entre ce qui convient et ce qui ne convient pas, ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.
Recevoir simplement un choc ne suffit pas : vous en avez reçu un certain nombre jusqu’à présent ; l’aveuglement émotionnel fait tout oublier. C’est là qu’apparaît la désillusion sentimentale telle qu’elle se produit pendant les funérailles, et par laquelle on est emporté. L’important est de sentir dans votre cœur les affres et les angoisses du coup douloureux, et ensuite d’enraciner cette expérience en profondeur.
[…] La fonction de l’intellect est de préparer l’homme pour n’importe quelle situation nouvelle en le gardant toujours alerte et attentif envers les circonstances. La vitalité se trouve seulement dans cette préparation. Un homme ignorant, dépourvu d’intelligence et aveuglé par ses émotions reste perplexe devant une situation nouvelle et n’essaye d’y faire face qu’après qu’elle s’est produite. Un homme intelligent anticipe toutes les éventualités. Pourquoi parler de mort, même si la maladie de Shoban vous a donné un choc sévère ?…
“Je ne deviens conscient de ce but que lorsque je suis confronté à une situation éprouvante, inconfortable et contraire à me désirs, et que je suis obligé d’y faire face.” (C’est ce que vous écrivez.) Ceci indique un stade débutant (de l’intellect). Mais dans le cas où l’intellect s’est développé un peu plus, ne cherchera-t-on pas toujours à essayer de trouver la loi ou la vérité par une étude consciente des événements qui arrivent dans la vie individuelle aussi bien qu’autour de soi ? Cela implique d’appliquer la loi et la vérité à sa vie. La majesté, l’excellence et la signification de l’intellect résident dans cette préparation anticipée. Voyez chaque chose dans sa totalité et non partiellement. »

Mais toute cette logique simple et globale ne réussit pas à pénétrer mon esprit accroché à son seul point de vue, et m’apparut comme une philosophie très abstraite. Ce qui me toucha en revanche et me fit presque enrager furent les mots de Svâmiji cités plus haut : Que c’était mon trait de caractère particulier d’oublier les leçons de mes expériences, que j’avais été insensible aux coups que j’avais si souvent reçus, et qu’étant moi-même un père je n’avais pas pris sur moi la responsabilité de mon propre fils, et que j’étais obligé de vivre sur les revenus de mon vieux père. Svâmiji ajouta : « C’est une chose d’avoir une véritable affection pour son fils, mais une autre d’avoir un attachement aveugle et une sollicitude excessive. Une affection vraie et véritable est pour le bien à la fois du père et du fils, alors que l’attachement émotionnel fait du mal à tous les deux. »

Naturellement, dans mon état d’esprit du moment, ma réaction à ce courrier fut malsaine. J’écrivis une lettre piquante à Svâmiji et je protestai contre son accusation et ses sarcasmes. Le 6 octobre 1943, Svâmiji envoya une courte lettre en réponse :
« Le but dans lequel cette lettre a été écrite a été atteint dans une grande mesure. Comme vous le savez, dans le type de relation qui existe avec vous il n’y a pas de place pour les accusations, les sarcasmes ou les incompréhensions. »
Plus d’un mois avait passé et, en fin de compte, l’état de notre enfant allait de mal en pis. Je sentais ma tête et mon cœur partir dans tous les sens. Ignorant la logique et le raisonnement que Svâmiji avait essayé de me faire comprendre, je n’étais pas du tout prêt à accepter l’inévitable. Dans mon désespoir, je suppliai Svâmiji de venir avec nous à Bénarès, à ce moment critique de ma vie, ou, si c’était totalement impossible pour lui de le faire, de me conseiller quel chemin je devais suivre. Il me répondit le 23 novembre 1943 :
« Il n’y a aucune raison de vous envoyer un avis à distance. Ce que Rabindranath m’a écrit une fois me vient à l’esprit : “En essayant d’éviter la mort, on est seulement attiré par elle ; tandis que ceux qui sont toujours préparés à recevoir la mort les bras ouverts jouissent pleinement de la vie.”
Dans le jeu ininterrompu de la vie et de la mort, tant que la vie persiste, on ne peut que vivre avec la croyance que cela va continuer… Tandis qu’il garde son esprit préparé à l’inévitable, le sage continue à agir dans le présent.

© Publié avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel


lundi 17 septembre 2012

vendredi 14 septembre 2012

• La joie d'être soi - Patrick Vigneau


Ce second ouvrage s’inscrit dans la riche tradition du Védanta qui a éclairé plus d’un occidental, ces derniers temps : Douglas Harding, Stephen Jourdain, Tony Parsons, Leo Hartong… Patrick Vigneau appuie son témoignage sur ceux de plusieurs grandes figures du Védanta : Ramana Maharshi, Nisargadatta, Krishnamurti… bien que ce dernier soit à vrai dire inclassable. Mais sa parole résonne aussi d’une tonalité qui lui est propre et qui enrichit la transmission de la pensée védantique.

J’ai commencé à lire, et relire, un livre de dialogues avec Ramana Maharshi. Et puis je me suis retrouvé en Inde.
La pratique régulière du yoga peut te ramener à ta vraie nature, me dit un sage yogi. J’ai essayé, j’ai vu, j’ai connu.
C’était en Inde, dans un environnement particulier. Mais cela peut survenir partout, même « sur le canapé d’un salon », me dit un jour une personne qui en avait l’expérience.


L'auteur : 
L’appel vers l’Inde, sans raison précise, en 1979. Découverte d’un autre monde, d’une autre planète. Un deuxième voyage en 1981, et la rencontre totalement inattendue avec Mère, dans un tout petit ashram traditionnel, en Orissa. Une autre vie pour engendrer une nouvelle naissance. Plusieurs séjours prolongés se succéderont. La sadhana se poursuit. La conscience subit une mutation.
Trente années de vie simple, ordinaire, discrète, jusqu’à comprendre que cela pouvait aider d’autres personnes à cheminer.


vendredi 7 septembre 2012

• S'éveiller du rêve de l'individualité - Tony Parsons



Vu sur le site de Rodolphe Massé qui vient de m'en communiquer l'existence.

jeudi 6 septembre 2012

• Cours Forrest, cours... !

Après les lamas qui volent (voir le post publié en 2008), voici maintenant les lamas qui courent... ou l'art d'unir le corps, le souffle et l'esprit !

lundi 3 septembre 2012

• Entrer en ses profondeurs - Nicole Montineri


Rencontre avec Nicole Montineri au Petit Mas
(une écoute au casque est recommandée)

 

samedi 25 août 2012

• En ce sens il n'y a pas de chemin, pas de but, pas de programme...


Les mots sont trompeurs, le monde du mental

Les mots, les concepts sont trompeurs, certes, nous le savons, ils ne sont que des indicateurs, tout comme le doigt qui pointe vers la lune, mais je voudrais montrer qu'ils ont également et souvent une autre qualité que bien des fois nous négligeons. Il leur manque la nuance. C'est ainsi que si l'on parle d'une souffrance, on ne sait pas où se situe cette souffrance sur la palette des souffrances possibles. Certes nous allons nuancer le discours, mais est-il bien possible de communiquer la nuance autrement que vaguement, au sujet d'une notion subjective qui, par nature, n'est pas quantifiable ?

C'est ainsi que, si je dis que je réalise la paix, ou la liberté, ou une autre qualité de l'état naturel, de quelle paix s'agit-il ? De quelle liberté s'agit-il ? Le mot, le concept se présente un peu comme un interrupteur On/Off, alors que l'expérience est nuancée et serait plutôt comme un variateur. Il est donc clair que celui à qui je communique mon expérience ne doit pas se laisser abuser par les mots. Ne nous en faisons pas accroire. Ne trompons ni nous-mêmes, ni autrui en allant s'imaginer toute une histoire. J'indique juste une expérience, le reste n'est que jugement, verbiage et tromperie. De toute façon, paix, liberté, qualités de l'état naturel ne sont que des concepts, des mots, ils ne sont pas la réalité.

Voyons un peu cela et revenons sur l'aspect trompeur des mots en ce sens qu'ils ne sont que des indications. Tout comme le montre la métaphore du doigt et de la lune, il est clair que l'on peut prendre le doigt pour la lune. Je ressens le besoin de me pencher de plus près sur le sujet.

Il est clair que, dans le domaine de l'esprit conceptuel ordinaire, on peut donc prendre une chose pour une autre. On peut prendre le doigt pour la lune, le serpent pour la corde, etc. Mais que dire du domaine qui dépasse l'esprit conceptuel des êtres ordinaires ? Comment peut-on même prétendre indiquer avec les mots et les concepts l'indicible et l'inconcevable ?

Mais le dire comme ça n'est-ce pas ajouter du mystère à ce qui nous est le plus évident et familier et que cependant nous ignorons ?

N'y a-t-il pas une certaine pertinence à pointer vers la présence, vers la conscience ? Mais, le plus souvent, sans nous en rendre compte, par la force de l'habitude soutenue par la présomption et la croyance que nous connaissons, nous allons subtilement chosifier, conceptualiser cette présence, cette conscience.

Autant le mot nous indique, autant il nous détourne.

On pourrait dire que les mots, les concepts sont trompeurs car ils ne donnent ni la qualité, ni la quantité, ils ne donnent ni la chose ni sa nuance. Ça c'est pour le domaine conceptuel. Mais, plus encore, dans le domaine qui nous occupe, ils nous indiquent et nous détournent...

Voilà le monde du mental. Bien étrange monde de la pensée, monde des concepts, monde des histoires, monde fantasmagorique, illusoire...

Mais allons voir de plus près.

L'intelligence n'est-elle pas une fonction du mental ?

N'est-ce pas un outil particulièrement performant que possède l'homme ? Au cours de la phylogenèse, si l'on admet, ne serait-ce que provisoirement, cette hypothèse pour les besoins de la compréhension, n'est-ce pas un outil supplémentaire qui permet à l'individu et à l'espèce de mieux se préserver, se développer... ? Par exemple, pour l'homme, ce bruit est le bruit d'une automobile, mais pour le hérisson... 

Mais au juste, qu'est-ce que l'intelligence ? N'est-ce pas cette faculté qui fait que toute perception, quelle qu’elle soit (visuelle, auditive, tactile, sensitive, olfactive, gustative, mentale...) est rendue immédiatement (c'est à dire sans intermédiaire) intelligible ? N'est-ce pas un merveilleux outil d'adaptation, de préservation, de développement... que n'a pas le hérisson ?

Mais tout ce qui a une face a un dos.

Le mental a la faculté d'intelligence mais possède également une autre fonction comme l'indique l'étymologie : men (indo-européen), mens en latin, la faculté pensante, faculté qui est le propre de l'homme, qui a donné, je suppose, man en anglais, et mensonge en français.

Effectivement, le mental a également cette faculté, celle du mensonge qui consiste à cacher ce qui est et montrer ce qui n'est pas. C'est, d'un certain point de vue, la racine de la souffrance, comme l'indique si bien le dharma du bouddha (ignorance, avidyâ, la non(a)-vue(vidyâ), ma-rigpa en tibétain). Effectivement, le mental nous trompe en nous faisant prendre des vessies pour des lanternes, le non-duel pour le moi et le monde...

Le mental est la racine de la souffrance en ce sens que, s'il y a moi, il y a le non-moi. Dès que je pose, bien involontairement d'ailleurs, une limite entre moi et autrui, il y a un sentiment subtil, ou moins subtil, d'appartenance, de possession. Ça c'est à moi, ça c'est moi, et ce n'est pas à autrui, ce n'est pas autrui. Il y a immédiatement espoir et crainte et donc souffrance. Bien joué. Merci mental.

Si je réalise que le mental me ment, si je réalise que moi et le monde ne sont pas ce qu'ils semblent être à l'esprit ordinaire, alors, pas de souffrance... Ce n'est pas plus compliqué que ça. Encore faut-il que la réalisation ne soit pas seulement intellectuelle, mais ça c'est une autre histoire.

Très souvent il y a le monde

Donc, très souvent encore, le plus souvent devrais-je dire, il y a l'autre, le monde... S'il y a le monde, c'est qu'il y a moi. Le moi n'apparaît pas de façon évidente mais il devient évident dès que j'y regarde de plus près. Mais, quand je le cherche, ce moi, individu séparé du monde, à l'évidence, il n'est pas. Il n'est pas de façon objective. Je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ce mental (états d'esprit, émotions, pensées, etc.). Cependant, à l'évidence, je suis le sujet, le sujet par excellence. Disons la présence, conscience non conceptuelle. Et ce monde, l'autre, n'est pas différent de cette présence. Je suis cela qui est.

Très souvent encore, le plus souvent devrais-je dire, par la force de l'habitude, la croyance, la présomption que je suis un moi, individu séparé du monde, vient habiter l'espace de la conscience, vient habiter l'espace de la présence, de façon subconsciente. C'est tellement habituel et familier que, le plus souvent donc, cette présomption, cette croyance n'est pas remarquée. Alors, tout ce qui apparaît à la conscience est immédiatement transformée, rendu intelligible comme un monde, l'autre. C'est ainsi que le monde apparaît à la conscience voilée par la croyance, la présomption non manifeste, que je suis un individu.

Cependant, souvent, par la force de l'habitude également, la conscience me revient que je ne suis pas cela que je crois être quand je suis sous l'influence de l'esprit ordinaire. Alors, si je m'exprime avec les mots de l'esprit ordinaire, je suis cela qui est, ce flux éternel, ce maintenant qui apparaît sous forme de flux d'apparences diverses, nulle part, jamais.

Notons que cette réalisation apparaît, pour l'esprit ordinaire, être dépendante de circonstances, en l'occurrence de la circonstance de prendre conscience que je ne suis pas cela que je crois être. C'est vraisemblablement cela qui fait dire qu'il y a un chemin et un but, tout un programme…

Mais, à y regarder de plus près, il m'apparaît que, tout comme le moi individuel, les circonstances n'ont pas plus d'existence que le serpent n'a d'existence dans la corde ou que le tigre n'a d'existence dans le film. Il n'y a jamais eu, dès le départ, de moi et donc de circonstances. En ce sens il n'y a pas de chemin, pas de but, pas de programme...

Dom le V A d'I

vendredi 10 août 2012

• Le Journal de l'éveil ordinaire - Denis Marie

Le Journal de l'éveil ordinaire de Denis Marie est disponible en PDF

Document PDF rassemblant tous les billets publiés depuis 2006 jusqu'au 1er semestre 2012 (livret imprimable, format A5, 142 pages, en téléchargement libre).

Je ne prétends pas avoir découvert une nouvelle philosophie ou spiritualité. A travers ce site et mes écrits, j’essaie simplement de témoigner d’une expérience vécue, directe et vivante, qui a définitivement changé mon regard. Cette réalisation je ne la pense pas. Je n’ai pas la nécessité d’y croire ou pas. Elle s’impose pareille à la vie qui jaillit. Elle tente de se dire, de fleurir au-delà de moi. Je peux en parler, l’évoquer à travers des mots, des concepts, mais rien de cela n’a le pouvoir de dire ce qu’elle est réellement. On peut décrire un paysage merveilleux, mais tant que soi-même on ne l’a pas vu et expérimenté, on ne sait rien de lui. Mon seul pouvoir est de vous inviter à aller voir ce “Paysage”, à le contacter en vous.



jeudi 9 août 2012

• Un pèlerin solitaire et silencieux marche dans son monde - Betty


L’être humain est un coureur de marathon engagé dans une course sans fin pour assurer à son corps un maximum de confort, de stabilité, de sécurité et de jouissance. Sommes-nous conscients de toute la quantité d’énergie déployée pour que notre personnage corresponde bien à l’image idéale que nous voulons atteindre? Toutes nos activités servent à nous prouver qu’il se porte bien; qu’il sera à la hauteur de nos attentes physiques, mentales et spirituelles; qu’il sera remarqué et apprécié dans le monde; qu’il sera reconnu pour tous ses efforts. 
Nous cherchons à imposer au corps la paix permanente, une paix conceptuelle et artificielle saturée de nos conditions personnelles. Pourquoi nous préoccuper autant de ce corps? Parce qu’il est la seule chose que nous croyons réellement posséder. Nous prétendons avoir des biens; appartenir à une famille, à une communauté. Nous prétendons détenir des connaissances sur le fonctionnement du corps, des techniques pour le calmer, des accélérateurs de sensations, des moyens de le projeter dans une autre dimension, des gardiens invisibles pour le guider. Toutes ces prétendues certitudes sont imaginaires, et nous le savons très bien. Nous croyons que la destinée du corps est entre nos mains. Et cette responsabilité que nous nous imposons devient fatalement terrorisante à l’approche de la mort du corps.
Notre préoccupation constante au sujet de notre personnage est ce que nous nommons habituellement notre réalité, et que j’appelle « un rêve d’individualité ». Ce rêve est une construction mentale robotique, une programmation individuelle, qui bondit au moindre évènement, à la moindre émotion, à la moindre sensation, nous laissant une impression de perte de contrôle. La maladie arrive, un décès survient, une rupture amoureuse nous blesse, la perte d’un emploi nous déstabilise … et notre monde s’écroule! Le coureur, à bout de souffle, constate alors qu’il a perdu le contrôle de sa vie. Un goût amer d’insécurité et de frustration le traverse. La peur et la culpabilité l’envahissent. 
Que savons-nous réellement des pensées, des émotions, des sensations du corps, à part leur impermanence? Comment trouver la vérité, cette stabilité tant recherchée à travers le carrousel mouvant qu’est notre vie? 
Nous nous acharnons à changer le monde extérieur, à l’adapter à ce que nous appelons nos besoins. Mais sont-ils réellement des besoins? Ne seraient-ils pas plutôt des désirs personnels? Le monde extérieur est un reflet précis de qui nous croyons être. Il n’est pas notre création ou un canevas que nous pourrions, en tant que rêveur, peindre au gré de nos insatisfactions. Le besoin compulsif d’adapter l’instant à nos moindres désirs est tout aussi illusoire que serait le désir d’un arbre de vouloir changer son propre reflet dans l’eau d’un lac. Résister à ce qui est dans l’instant c’est refuser de voir. 
Voir c’est se repositionner, se re-poser, se déposer, après s’être essoufflé à semer des graines infertiles dans son jardin imaginaire. Voir c’est prendre un billet pour l’ultime voyage, le seul : l’exploration de soi. Le rêveur qui regarde avec attention et vigilance son reflet dans le monde devient ainsi un pèlerin solitaire et silencieux. Il constate qu’il croit encore dans un monde individuel et, désormais, il l’explore seul dans le silence. Et ce silence n’est pas l’absence de bruits, d’événements ou de relations, mais l’absence de l’intervention de son personnage, c’est-à-dire de ses bavardages, de ses recherches, de ses opinions, de son désir de changer, d’adapter et d’améliorer son monde. Voir c’est regarder comment est construit le monde auquel il croit et s’accroche.  
Que découvrira-t-il? Comment? Quand? Semblera-t-il accompagné? Où marchera-t-il? Il ne le sait pas. Il le découvrira avec précision, de seconde en seconde, en explorant la carte de son monde. Les différents axes routiers le conduiront au cœur de qui il croit être, à la source même de son rêve. Le chemin sera rempli d’indications qui lui dévoileront comment les sens du corps fonctionnent, comment les pensées se forment, comment les désirs apparaissent, quelle est l’origine de la résistance à la vie, quelle est cette  peur qui le gère? Est-ce une émotion? Une réaction instinctive? Dépend-t-elle d’un mécanisme redondant dont il ne connaît pas le fonctionnement? La réponse, il la trouvera lui-même! La clé est dans sa poche!
La carte de votre monde est un concept mental, qui vous servira personnellement à constater que votre perception individuelle est un rêve dans le temps. La route vous semblera-t-elle longue ou courte? Cela n’a pas d’importance puisque le temps n’existe pas. Votre carte est le reflet précis de qui vous croyez être et elle n’est pas adaptable à vos désirs. Est-ce que votre personnage souhaitera trouver un GPS performant l’amenant plus rapidement à une libération illusoire ou semblera-t-il souffrir de traîner sur une route remplie d’expériences et d’embûches? Vous le verrez par vous-même. Quoi faire alors avec la carte? Rien. Nul besoin de faire un effort pour la détruire, elle disparaîtra avec  l’évidence que la carte, ainsi que celui qui la regarde,  n’existent pas plus l’un que l'autre. 
Voir crée une ouverture à l’ultime connaissance qui met fin à la sécurité illusoire que semblait vous apporter le monde de la dualité, de la continuité et de l’accumulation de références. Car voir c’est constater ce qui est dans l’instant. Et rien de ce qui est vu dans cet instant ne s’accumule dans le temps pour servir d’indication pour le moment suivant. La compréhension mentale robotique habituelle est fortement ébranlée par cette prise de conscience. Quand le rêveur voit clairement ce cirque, son ancien mode de fonctionnement est guillotiné sur place!
Vous voulez voir le rêve ? Surprenez-vous sur le vif, immédiatement ! Que disent les voix qui bavardent dans votre tête, à l’instant même?  La voix qui dit « non, je ne crois pas, car… » et celle qui dit « oui, moi, je sais que … car… » sont une seule et même voix! Votre seigneur et maître est une petite voix qui grince dans votre oreille et vous traduit une réalité qui a fait de l’être humain un quêteur compulsif d’approbations et de sensations fortes. Cette voix est un mécanisme automatique, un enregistrement périmé, une illusion! 
Voir, c’est regarder honnêtement, avec curiosité, sans penser savoir à l’avance ce que l'on verra. C’est s’engager à faire le grand voyage, le seul, et le faire seul. 
Un pèlerin solitaire et silencieux marche dans son monde. 

mercredi 8 août 2012

dimanche 5 août 2012

• Ego-Ji ! - Eckhart Tolle

Transcription de la vidéo : ici.
Vu sur le blog de Thierry, que nous remercions pour son partage et les traductions qu'il propose.

vendredi 3 août 2012

• Un week-end avec Della (juillet 2011)


23 juillet 2011
24 juillet 2011
(une écoute au casque est préférable)
Merci au site L'éveil.org d'avoir rendu disponible cet enregistrement.

mardi 31 juillet 2012

• Je vis les événements quotidiens apparaître dans le non-état - Jean Klein


Et c’est durant ce séjour qu’eut lieu l’illumination ?

Oui. Il y eut abandon complet de l’état conditionné et établissement définitif dans l’état inconditionné, sans résidu. L’éveil se déploya pleinement et je me perçus dans la globalité.

Cela vous était-il arrivé auparavant ?

Non. Il y avait eu des éclairs, mais là, c’était plus qu’un éclair. Il n’y avait pas de retour en arrière possible. J’avais trouvé mes vrais fondements […] En raison de la qualité de la transmutation, il ne subsistait aucun doute que je puisse jamais être repris par la dualité, et cela se confirma dans les jours et les semaines qui suivirent. Je sentis une rectification dans mon corps et dans mon cerveau, comme si toutes les parties avaient trouvé leur juste place, leur position la plus confortable. Je vis tous les événements quotidiens apparaître spontanément dans le non-état, dans ma totale absence, dans ma vraie présence.

Jean Klein, Transmettre la Lumière, Éd. du Relié.

Voir aussi ce billet en complément.



samedi 28 juillet 2012

• Il n'y a que l'éveil - Henri le Saux


C'est beau, je ne puis te dire comme c'est beau. Ouvrir simplement les yeux là où l'on est. Impression merveilleuse de croiser entre vie et mort. Expression existentielle que vie et mort ne sont que des situations particulières et que le 'Je", l'éveil, n'est ni lié ni limité par elles. Tout est devenu clair. Il n'y a ni ciel, ni terre. Il n'y a que l'éveil.

Père Henri le Saux