mardi 29 mai 2012

• Le rien qui est la source de tout - Lisa Kathleen


Maintenant, il est su qu'il n'y a pas de chemin vers la réalisation mais simplement la réalisation elle-même. Et qu'est-ce que c‘est, demanderez-vous ? C’est la vision claire, directe et sans ambigüité, par la connaissance directe intuitive, de ce que nous sommes naturellement. C’est l'intuition irréfutable qu'il n'y a pas un «moi», pas un ego «je» ; qu’à la place ce qui est présent à chaque instant est sans fin, complet, vide spacieux ; le rien qui est la source de tout.

Vu sur le site de Christine, Du Tout et Du Rien.

lundi 30 avril 2012

• Le joyau de silence - Michaël Szyper


L'éveil est la reconnaissance que notre vraie nature est ce qui est toujours là et qui a été toujours là, que l'on dorme, mange, rie, cherche ou meure. Qu'est-ce qui est là en ce moment et qui est toujours là, quel que soit l'état émotionnel ou mental ?


Il est possible de réaliser notre vraie nature maintenant, car nous sommes déjà pleinement l'essence de la vie, la présence dans laquelle tout apparaît. Il n'y a rien à atteindre ou à réaliser. Il s'agit plutôt de se rendre compte que tout est déjà là. Pour cette raison, l'éveil ne dépend d'aucune cause extérieure, grâce ou circonstance. Y-a-t'il une seule vague de l'océan qui ne soit pas déjà remplie d'eau à ras bord ?


L'invitation est de réaliser la Conscience, notre coeur véritable, joyau d'amour, de silence, de joie et de liberté.


S'éveiller veut dire réaliser notre vraie nature.  La vraie nature du soi, de la vie et de la réalité sont une seule et même essence. C'est l'essence intemporelle, bienveillante et omniprésente qui constitue tout ce qui est, qu'on l'appelle «Être, pure conscience, présence vacuité ou amour».


Cette pure conscience est notre véritable identité.  Elle est toujours présente et nous accompagne tout au long de notre vie, que l'on en soit conscient ou non.
Elle est la base de la réalité dans laquelle apparaissent toutes nos perceptions.  Elle est ce que nous sommes au plus intime de nous-même et que nous partageons avec tout ce qui existe : une fleur, une étoile mais aussi une chaise et un radiateur.  Sa réalisation ne rend donc certainement pas « spécial ».  Au contraire, elle ôte cette impression d'être un individu spécial ou séparé au sein de l'univers.


Cette conscience, ce silence ou présence fondamentale de la réalité dépasse par sa simplicité et son évidence, ce que les mots peuvent en dire et ce que la pensée peut concevoir.  C'est pourquoi elle ne correspond exactement à aucune description, y compris celle-ci.
Elle ne peut être découverte que dans le moment présent.
Elle n'est réalisée de manière définitive que lorsqu'elle cesse de s'identifier au moi séparé, et au flux des pensées et des concepts que l'on a sur soi et sur la vie. Elle devient alors un état d'être naturel qui accueille et inclut entièrement la vie et notre humanité. L'individualité peut alors s'épanouir sur sa base authentique la plus profonde.



Visitez le site de Michaël : La simple présence.
Voir aussi cette page sur Éveil Impersonnel.

mercredi 25 avril 2012

• C’est une ouverture à la grâce - Jean Klein

 Jean Klein (1912-1998) apparaît comme une figure majeure, au XXe siècle, de la philosophie de la non dualité, philosophie née en Inde, et connue sous le nom d’advaïta vedânta. 

Jean Klein occupe une place singulière dans le monde de la spiritualité. Il est en effet musicien, violoniste, artiste. 
Nita Klein, sa fille, comédienne, apporte ici son témoignage, issu des notes prises lors de leurs rencontres sur plusieurs années.
Nita Klein nous conduit dans un espace où l’on découvre que le regard de la spiritualité, de la non dualité, peut être d’une étonnante fécondité quand il se pose sur l’art.

Extrait de l'ouvrage publié avec l'accord des Éditions Almora :

La présence de Jean Klein était ainsi, un continuum d’harmonie qui venait de nulle part, n’allant nulle part, une présence ne faisant que poursuivre, tellement là et pourtant toujours mouvante. On ne pouvait se l’approprier, se l’attacher. Quand on était dans ses bras la douceur et la chaleur étaient immenses et pourtant c’était comme si on glissait dans l’eau, comme s’il nous laissait glisser à la rencontre de nous-même ou pour revenir à nous-même ? On aurait pu se sentir abandonné, orphelin, s’il n’y avait eu ce regard ami.
Mais où est-ce que je vais ?
— Il n’y a nulle part où aller, le but est atteint à chaque instant, tu vas où tu es, sois libre. Tu dois comprendre que ton point de départ est ta présence au présent, et celle-ci en est en même temps le point d’arrivée. 

Être ? Une interrogation, que Jean Klein faisait naître et laissait se dissoudre en chacun de nous. Les questions alors en même temps s’éveillaient, quelquefois d’un long et profond sommeil. Ces interrogations, ces questions étaient les mêmes, qu’il s’agisse de l’art en soi ou de l’art de vivre, la quête était la même, le chemin serait le même : que faire avec le temps, comment composer une nature morte, que faire de ce corps, comment équilibrer la lumière et l’ombre sur la toile, que faire de vivre, comment regarder un arbre, ordonner les mots sur la page blanche, et la mort ; comment laisser l’autre ou le personnage de théâtre être par lui-même, libre de toute conception, comment élever son enfant, qu’est-ce que l’espace pour un danseur, qu’est-ce que l’action, comment l’espace va-t-il jouer avec la couleur, qu’est-ce que le mouvement de la vie, comment unir le mobile et l’immobile, qu’est-ce que la pensée ?


Questionner… Observer… 
« Nous sommes réunis aujourd’hui pour voir ensemble comment rendre plus vivante, plus actuelle, la compréhension de ce vous-même, de cette paix infinie qui ne vous a jamais quittés mais qui reste voilée par tous vos conditionnements. 

Il me paraît utile de faire connaissance avec ce qui est à la base de notre existence quotidienne, c’est-à-dire notre corps, nos sensations, nos sentiments, nos pensées. La connaissance de soi, de ce qui compose notre personnalité demande une attention ouverte, alerte, sans intention, qui permette à la perception de se dévoiler, de s’exprimer pleinement, de s’harmoniser. Nous savons que notre personne n’a pas d’existence réelle, elle dépend toujours de la conscience pour être connue. Celle-ci, au contraire, n’a pas besoin d’intermédiaire, elle se sait elle-même par elle-même et toute la création en est une émanation, une expression.

Certaines zones de notre structure sont purement énergétiques, d’autres au contraire sont fermées. Vous constatez, tout d’abord, dans diverses régions une qualité, une grande sensibilité, une sorte de vibration, dans d’autres zones, par contre, vous avez l’impression de quelque chose de concret, de solide, de sombre. Partez des régions particulièrement sensibles, soyez très attentif et vous sentirez des vibrations envahir les parties encore récalcitrantes. En commandant alors quelques mouvements à votre corps subtil, les membres physiques suivront d’eux-mêmes, sans que vous interveniez le moins du monde et toute votre structure sera intégrée dans la pose. Cela se traduit au début par des picotements, ensuite, plus en profondeur, vous remarquerez une qualité vibratoire d’une nature élastique, pourrait-on dire. 

Cette approche permet déjà de nous dégager peu à peu des noeuds qui étaient formés. 

Vous êtes le connaisseur. Cela commence par une perception. Regardez-la seulement, ne la nommez pas, faites-y face directement. C’est possible quand votre attention est sans tension, sans but ni recherche de résultat. Si vous éprouvez lucidement, pleinement la sensation, il ne reste pas de place pour la fixation d’un moi. N’ayant plus de complice, la perception se dissout dans votre présence. 

Regardez votre fonctionnement dès que vous êtes confronté à un problème. Vous vous apercevrez que vous ne lui donnez pas la possibilité de s’exposer, de se dévoiler entièrement ; vous jugez, comparez, interprétez, cherchant instinctivement à vous trouver en sécurité devant la difficulté. Voyez-le ; dans cette attitude, vous ne pouvez faire un avec elle, vous restez obnubilé par vos réactions, vos résistances. Si vous savez rester dans la perception directe, telle qu’elle s’est présentée à vous, elle se réfère à votre totalité, non à l’image que vous avez créée ; elle se démasque, apporte sa solution et l’action juste. 

Observez votre façon de procéder dans la vie de tous les jours, démontez au fur et à mesure ce mécanisme qui vous fixe. Votre esprit veut choisir entre l’agréable et le désagréable, le beau et le laid, car tant que vous vous situerez comme une entité particulière, votre vision sera fragmentaire, inexacte. En vivant dans une fraction, vous avez un point de vue fractionnel. Faites connaissance avec vous-même, c’est essentiel si vous voulez vivre harmonieusement et surtout ne vous laissez pas emprisonner dans le personnage que votre environnement a inventé de toutes pièces.  

Tant que vous croyez être une personne, votre entourage garde cette qualification pour vous. Un objet ne peut voir que des objets. Sur le plan de l’individu, vous voulez constamment vous sécuriser, être aimé, reconnu. Lorsque vous aurez détecté que ce ramassis d’expériences, d’informations est le produit de la mémoire, ce besoin vous quittera et vous vous trouverez naturellement dans un espace non meublé, sans représentations. Vous êtes à ce moment-là dans une immensité, une vastitude sans schéma, vous êtes un avec l’autre ; présence d’amour dans laquelle les personnalités se manifestent. C’est une non-relation qui permet à une véritable relation de s’établir.

Le mythe d’un soi-même est un peu le résultat de notre entourage, c’est la société qui l’a suscité. Vous êtes un individu pour celui qui se prend comme tel. N’adhérez plus à ce fantasme, cela favorisera déjà une prise de conscience. Vous découvrirez un jour avec un immense sourire de soulagement par quelle aberration a pris naissance l’idée chimérique de se croire quelqu’un. Cela n’enlève pas les influences diverses qui ont joué, elles ne disparaissent pas d’un seul coup à ce moment-là, mais une constatation lucide entraîne une vision claire, juste. C’est une ouverture à la grâce. »

=> Lire un autre extrait sur le blog de José le Roy.

mardi 17 avril 2012

• L'expérience directe - Śaṅkara

Ce traité est attribué à Śaṅkara (VIIIe siècle après J.C.), un des plus importants philosophes de l’Inde. Śaṅkara est le véritable fondateur de l’advaita vedānta, doctrine non-dualiste, qui est une relecture du corpus des Upaniṣad indiennes dans une perspective moniste. L’advaita vedānta affirme qu’il n’y a aucune dualité entre l’âme individuelle et l’Absolu (Brahman), que nous sommes tous, ici et maintenant, Brahman. 

Ce texte, relativement court puisque il ne comporte que 144 ślokas, est particulièrement intéressant. D’abord il cherche à répondre à la question « Qui suis-je ? » Ko’ham rendue célèbre au XXe siècle par Ramana Maharshi qui fait de cette question la route directe vers l’éveil. Śaṅkara établit ici par un raisonnement clair que nous ne sommes pas le corps, multiple et changeant, mais l’Absolu, Être-Conscience-Béatitude. En ce sens, ce traité est une introduction à l’advaita vedānta.
Mais le texte se livre aussi à une critique du haṭha-yoga en réinterprétant le yoga dans une perspective non-duelle. Cette relecture réjouissante du yoga sera intéressante pour tout pratiquant en rappelant le but ultime du yoga, l’identité avec l’Absolu. Śaṅkara appelle cette voie conduisant à l’expérience directe : le yoga royal. 


Extrait de l'ouvrage


Le Soi n'est pas le corps
17
ātmā viniṣkalo hy eko deho bahubhir āvṛtaḥ /
tayor aikyaṃ prapaśyanti kiṃ ajñānaṃ ataḥ param //
Le Soi, en effet, est sans partie, unique ; le corps est composé de nombreuses (parties).
Les gens identifient (à tort) les deux. Peut-il y avoir une plus grande ignorance ?
Commentaire :
L'erreur consiste donc à confondre le Soi et le corps. Pourtant le Soi est simple, sans partie, tandis que le corps est multiple, composé de nombreuses parties : les os, le sang, les veines, les organes etc...Confondre le Soi et le corps est une erreur complète.

18
ātmā niyāmakaścāntar deho bāhyo niyamyakaḥ /
tayor aikyaṃ prapaśyanti kiṃ ajñānaṃ atah param //
Le Soi est le contrôleur à l'intérieur, et le corps est à l'extérieur ce qui doit être contrôlé.
Les gens identifient les deux. Peut-il y avoir une plus grande ignorance ?
Commentaire :
Platon utilise la même argumentation dans l'Alcibiade. Le corps, écrit-il, est un outil que l'homme utilise ; l'homme, par conséquent, n'est pas le corps. Le corps est contrôlé, l'homme est celui qui le contrôle.
À noter que la distinction intérieur/extérieur est provisoire et devra être dépassée car le Soi n'est pas à l'intérieur du corps ; il est partout, omniprésent sarvagatah.
Niyāmakah vient de la racine yam- exercer un contrôle sur. Yatendriya : le maitre des sens.

19
ātmā jñānamayaḥ puṇyo deho māṃsamayo'śuciḥ /
tayor aikyaṃ prapaśyanti kiṃ ajñānaṃ ataḥ param //
Le Soi, fait de connaissance, est pur ; le corps, fait de chair, est impur.
Les gens identifient les deux. Peut-il y avoir une plus grande ignorance ?
Commentaire :
Puṇyah / aśucih est un couple difficile à traduire ici. Śucih signifie « brillant » d'une racine śuc- qui veut dire « brûler, briller, luire ». Donc aśucih pourrait être rendu par « opaque ». Puṇyah signifie « heureux, bon, beau, juste, pur, saint ».
Le corps est composé de chair en effet ; il est sans conscience, et possède les qualités des objets. Le Soi est pure conscience ; il est ce qui connaît en nous. Ainsi identifier le Soi et le corps revient à identifier la conscience avec un morceau de viande ! Erreur stupide et grossière.

20
ātmā prakāśakaḥ svaccho dehas tāmasa ucyate /
tayor aikyaṃ prapaśyanti kiṃ ajñānaṃ atah param //
Le Soi est illuminateur et transparent ; le corps est opaque.
Les gens identifient les deux. Peut-il y avoir une plus grande ignorance ?
Commentaire :
Si le corps est « opaque » parce que composé d'os, de sang, de chairs etc., le Soi est, lui, transparent, sans couleur, sans forme.  Prakāśakaḥ signifie en effet « ce qui apporte la lumière, ce qui fait apparaître ». Il s'agit ici de la lumière de la conscience sans laquelle rien n'apparaît et rien n'est connu.

21
ātmā nityo hi sadrūpo deho'nityo hyasanmayaḥ /
tayor aikyaṃ prapaśyanti kiṃ ajñānaṃ atah param //
Le Soi est en effet éternel et a pour nature l'Être. Le corps est éphémère et est fait de non-être.
Les gens identifient les deux. Peut-il y avoir une plus grande ignorance ?
Commentaire :
La discrimination vedāntique consiste essentiellement à distinguer ce qui est éternel de ce qui est éphémère. Le réel est identifié à l'Être éternel ; l'irréel à ce qui change. Śaṅkara est ici proche de Platon pour qui l'Être réel a pour attribut essentiel l'éternité.
Nous voyons bien que le corps ne cesse de changer ; il grandit, il vieillit puis meurt et se décompose. A chaque instant, les cellules de notre corps naissent et meurent elles aussi. L'apparente permanence du corps est une illusion.
Mais ne faisons-nous pas l'expérience en nous d'une réalité qui reste toujours identique à elle-même ? Ne sentons nous pas que Celui qui est conscient aujourd'hui était déjà conscient quand le corps avait 5 ans, 10 ans, 20 ans ? Ne sentons nous pas une permanence au cœur de nous-mêmes ?
Cette permanence, c'est celle du Soi-Conscience, du Témoin immuable.

22
ātmanas tat prakāśatvaṃ yat padārthāvabhāsanam /
nāgnyādidīptivad dīptir bhavaty āndhyaṃ yato niśi //
C'est la lumière du Soi qui fait apparaître les objets ;
la lumière (du soi) n'est pas comme la lumière du feu etc. puisqu'il y a obscurité la nuit.
Commentaire :
La lumière du Soi ne ressemble à aucune autre lumière. Les autres lumières comme celle d'une lampe, du feu sont intermittentes. Elles s'éteignent parfois laissant place à l'obscurité. Même la lumière du soleil cède la place à la nuit. Mais la lumière du Soi est omniprésente et éternelle. Elle n'a ni début ni fin.
Ce qui signifie que la conscience qui révèle les objets ne s'interrompt jamais. Elle se tient au-delà du cycle de la veille, de l'état de rêve et du sommeil profond. Même dans le sommeil profond, la conscience est là mais du fait que le monde a disparu, elle n'éclaire plus d'objets.

23
deho'ham ity ayaṃ mūḍho dhṛtvā tiṣṭhatyaho janaḥ /
mamāyaṃ ity api jñātvā ghaṭadraṣṭeva sarvadā //
Après avoir soutenu la pensée : « Je suis le corps », la personne stupide en reste là hélas !,
et même après avoir compris : « ce corps est à moi », elle est comme le spectateur du pot constamment.
Commentaire :
Nous nous identifions au corps ; nous nous prenons pour lui. Quelle erreur stupide pourtant ! Le corps n'est pas ce que je suis ; il est ce que j'ai, il m'appartient. Śaṅkara prend l'exemple d'un pot : le pot est à moi, il n'est pas ce que je suis ; il est ce que je vois. De même pour le corps.

Extrait publié avec l'accord des Éditions Almora (un grand merci à José Le Roy).


mercredi 11 avril 2012

• L'autre regard... des films à suivrent.


La Société Jupiter (fondée en 1986 par Jan Roeloffs) propose une série de films traduits en Français dont "Lumière", "Milarepa", "La traversée du Zanskar", "Propos sur la conscience", ou encore le tout dernier, "Water, le pouvoir secret de l'eau" basé sur les travaux du Dr. Masuru Emoto.

Un site à suivre avec intérêt...

 

 

Voir aussi ce lien.

mardi 27 mars 2012

• La véritable infinité du Soi - John Greven

Un extrait lu de L'Un, la destination que vous n'avez jamais quittée, de John Greven (Éditions Non-Duality Press).

Suivant le niveau de conscience, l'idée même d'être une personne peut s'estomper et avec elle tout ce qui s'y rattache comme par exemple le fait que celle-ci puisse progresser.
John Greven apporte ici un certain soulagement par rapport à cette "crispation" qui peut se produire avec la présence du désir de "progresser" sur le chemin de l'illumination. Encore une fois, il est souligné que personne ne peut s'éveiller car l'éveil implique la dissolution de cette personne qui n'a jamais existée autrement qu'en tant que concept.

Merci à Ted.



Vu sur le blog de Laya, Perles de Bonheur


Vous êtes ce que vous cherchez.
Il n’y a rien à atteindre.
Ce qui est évident, mais peut-être non vu, est bien
plus que ce que vous avez – ou pouvez imaginer.
Ce message est simple.
Envisagez, ne serait-ce qu’un bref instant,
de lâcher toutes vos attentes sur ce qu’est
l’illumination ou la réalisation de soi.
Ce qui ne change pas est réel.
Ce qui change n’est qu’apparence.

*******

     Ce qui est simple et évident est souvent ignoré par le mental ou considéré comme allant de soi. Vous regardez une page et vous en voyez les mots, mais vous ne remarquez pas l’espace entre les mots. Vous voyez un film ou un programme de télévision, mais  sans remarquer la lumière changeante qui forme les images. Vous vous parlez mentalement et vous supposez que quelqu’un vous écoute. Le mental a l’habitude de se fixer sur le contenu. Au moment même où vous lisez ce paragraphe, le mental trie, place des étiquettes, et rejette tout ce qu’il juge sans valeur. Peut-être cherche-t-il quelque chose dans ces mots, peut-être existe-t-il une attente à combler ? Cependant si quelqu’un revenait en arrière pour vous montrer un passage dans le paragraphe, il est possible que vous découvriez alors quelque chose qui avait été là tout le temps, mais que vous n’aviez simplement pas remarqué.  Pendant tout ce temps, la réponse se trouvait peut-être juste en face de nous.

L’objectif de ce livre est de pointer vers ce que le mental peut avoir ignoré. Il ne s’agit pas de trouver « quelque chose » de nouveau, que vous pourriez atteindre ou ajouter à vous-même. Il n’est pas question non plus d’inventorier toutes les bonnes actions que vous avez pu accomplir dans votre vie, pour souligner quelle personne merveilleuse vous devez être. Il s’agit de pointer vers une chose si simple et si évidente que lorsqu’elle est vue, vous vous demandez comment vous avez pu la manquer.  Comment le mental a-t-il pu passer outre une telle évidence ? Comment peut-il si facilement rejeter un tel trésor au bénéfice de ses réflexions ?
Vous pouvez être en quête de l’illumination, la réalisation de soi, l’esprit du Bouddha, Dieu ou tout autre objectif de la même nature. Vous pouvez être en recherche depuis de très nombreuses années, ou bien en être juste au commencement. Que vous ayez suivi un chemin depuis longtemps ou que ce soient vos premiers pas, cela ne fait aucune différence. Ce livre vous invite à regarder l’espace qui a été ignoré, pour voir ce qui est évident et amener la recherche à sa fin… dès maintenant.
Si vous vous trouvez dans un enseignement depuis un certain temps, vous pouvez croire qu’avec plus de pratique, de méditation, de visualisation, d’amélioration ou d’étude, vous arriverez au sommet de la montagne. Mais les chemins, les pratiques, les exercices ne conduisent pas au sommet de la montagne. Vous pouvez voir que la montagne elle-même et les chemins qui la traversent, ne conduisent que vers eux-mêmes. Vous pouvez vous convaincre au cours du voyage, que vous avez gagné plus de sagesse spirituelle, de paix, de joie, d’amour ou tout autre attribut de valeur. Mais est-ce vraiment la réalité de votre expérience ? Êtes-vous réellement plus proche de la réalisation de soi que le premier jour où vous avez entamé votre recherche ? Le fait est que, si la recherche se poursuit, la réponse est non : vous n’êtes pas plus avancé.
Blog de John Greven : Oneness

jeudi 8 mars 2012

• Simplement laisser les nuées des apparences erronées se dissoudre...


Lorsque vous réalisez l'essence de l'état naturel, il n'y a rien d'autre à faire pour se libérer, si ce n'est simplement laisser les nuées des apparences erronées se dissoudre dans le ciel purissime de votre nature de Bouddha.

Lorsqu'on réalise la véritable nature de toute chose et que l'on s'ouvre à la Vacuité, il n'est plus rien que l'on puisse désigner ou dont on puisse dire quelque chose. L'objection suivante peut être alors soulevée  : "Si tel est le cas, comment le sens ultime peut-il être connu ou réalisé ?". La réponse est qu'à ce stade, l'on se trouve dans l'état du Discernement, également appelé Bodhicitta ultime ou Discernement Primordial. C'est la Vacuité telle qu'on l'expérimente du point de vue de la Réalisation, prenant en considération le fait que la Vacuité transcende la division entre conscience et objet. Il s'agit là d'une façon de parler de la Vacuité comme si celle-ci avait un aspect cognitif. En effet, se situer au-delà de la division sujet/objet ne fait pas de la Vacuité quelque chose d'irréalisable, ni de celui qui la réalise un objet inanimé sans aucune conscience.

Dudjom Rinpoché


La précieuse guirlande en quatre thèmes - Longchenpa

Longchenpa (1308-1364) est un maître de l’école Nyingmapa et l’un des patriarches les plus importants de l’histoire littéraire et spirituelle de la tradition bouddhique tibétaine. Son nom est connu de tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la philosophie et aux enseignements bouddhiques car il a su parfaitement résumer les héritages de Padmasambhava et Vimalamitra et exposer les principes d’une subtilité proprement vertigineuse qui sont au cœur des enseignements de la Grande Perfection (Dzogchen).

Dans ce texte d’une densité extrême qui se présente sous la forme d’une guirlande spirituelle composée de quatre thèmes ou étapes, Longchenpa essentialise de manière magistrale la démarche entière du Dzogchen. Il s’agit d’un enseignement qui contient la quintessence des préceptes qui mènent à la liberté en une seule vie et dont les principes sont essentiellement centrés sur la reconnaissance directe de l’état naturel de l’esprit, c’est-à-dire le véritable mode d’être de la conscience individuelle. Les préceptes du Dzogchen ont ainsi pour point commun de révéler que l’essence fondamentale de l’esprit est primordialement pure et spontanément accomplie. Comme le souligne le tibétologue Jean-Luc Achard (CNRS) dans sa préface à l’ouvrage, avec ces textes, nous sommes en présence d’enseignements authentiques dont la pertinence et la portée rédemptrice sont entièrement maintenues, qu’ils s’adressent aux adeptes du XIVème siècle ou à ceux du XXIème siècle.
Cette Précieuse Guirlande en Quatre Thèmes bénéficie ici de nombreux commentaires oraux fournis par de grands patriarches Nyingmapas contemporains – dont Dudjom Rinpoché – qui en font un outil d’étude et de pratique exceptionnel.

Extrait publié avec l'accord des Éditions Jean-Louis Accarias-L'Originel :

"Reconnaître la base d'émergence spontanée des passions ou, littéralement, «leur propre condition naturelle» signifie reconnaître leur véritable nature vide. Ultimement, les pensées erronées ne peuvent être trouvées. Dans la mesure où elles émergent et se libèrent simultanément, à l'image de dessins tracés sur l'eau, elles n'ont pas d'existence réelle, n'existent ni ne cessent en tant qu'événements réels. Toutefois, lorsque vous êtes dans l'égarement quant à leur nature, elles semblent véritablement réelles. Mais quand vous les reconnaissez pour ce qu'elles sont, vous voyez qu'elles se libèrent automatiquement et s'apaisent d'elles-mêmes, à l'image de vagues qui se fondent automatiquement dans l'eau et dont on ne peut dire qui, de l'eau ou de la vague, s'est fondue dans l'autre. Dans cet exemple, les vagues représentent les pensées confuses et erronées, et l'eau, la véritable nature de l'esprit. Ainsi donc, lorsque vous reconnaissez la nature des passions, vous voyez qu'elles ont la nature de leurs Sagesses correspondantes en lesquelles elles se purifient pour se libérer naturellement. Par exemple, lorsque vous identifiez la nature du désir-attachement qui vous pousse à sélectionner quelque chose d'attirant que vous désirez obsessionnellement posséder, vous voyez que cette passion a la nature de la Sagesse Discriminante. En d'autres termes, en reconnaissant la nature du désir, vous le dépouillez de votre saisie à l'endroit d'une existence inhérente. Vous rendez ainsi visible la Sagesse qui a discriminé ou sélectionné cet objet. Ainsi, le désir a été purifié en Sagesse Discriminante. Ce n'est pas du tout que, à un moment, apparaîtrait une passion, et qu'une fois cette passion parvenue à son terme, la Sagesse ferait son apparition. Les conceptions erronées émergent et se libèrent au même moment. Si vous discernez leur nature, il s'agit de la Sagesse ; si vous ne la discernez pas, alors, il s'agit des passions. Si vous êtes dans la confusion quant à leur nature, vous êtes dans l'égarement, sinon, elles sont pures.
Cela ne signifie pas que vous reconnaissez la nature des passions et que, le moment d'après, celles-ci se libèrent en Sagesses, à l'image de ténèbres qui disparaîtraient pour ensuite faire place à la lumière du jour. Si tel-était le cas, l'on n'aurait nul besoin du soleil puisque les ténèbres auraient déjà disparu. Par conséquent, tout comme l'apparition de la lumière et la dissipation des ténèbres, la manifestation de la Sagesse et la dissipation de l'égarement sont simultanées. La seule différence réside dans leur purification ou leur non-purification dans l'Espace de la Vacuité. La Sagesse obscurcie par les ténèbres de la saisie à l'endroit d'une existence inhérente constitue l'égarement des passions ; les passions purifiées d'une telle saisie constituent la Sagesse." 

mardi 6 mars 2012

• La voie sans voie - Nita Burg


Il y a la voie directe, il y a la voie progressive...
La voie directe est 'la voie sans voie'. 
Vous et le monde êtes conscience pure.
Si cette vérité devient ce que vous vivez, 
alors il n'y a rien à 'faire'.
La voie disparaît et la vie devient une fête !


Personne ne peut connaître l'éveil mais pouvons nous ne pas être éveillés ? 


Nous' sommes tous eveillé(e)s !
Il ne reste qu'à 'se' r'éveiller !


Dans l’ici et maintenant je suis au cœur même de la vie
J’entre en contact avec chaque cellule du vivant
Je laisse la Vie m’emplir, vivre à ma place
Je m’abandonne pour l’abondance
Ici je me multiplie
Je deviens réceptacle de la vie
Je suis plus que vivante, je suis Vie !
Je m’offre au monde sans ‘moi’
Ici mon absence devient présence


Comme les images d'un rêve
S'évanouissent au réveil
De même 'l'image' d'un moi
S'évanouit dans l'éveil


L' éveil n'implique aucune action...
La racine de l'être est dans le coeur...


Sommes nous des rêveurs 
ou des personnages rêvés ?


Quand le Silence devient le seul maître à trans_mettre...
Alors la Vérité intime, ultime, s'exprime... silencieusement...


Un grand Regard, espace d’accueil grand ouvert 
avec personne pour regarder le monde


Vous cherchez l'Eveil...
Et si c'était l'Eveil qui vous re_cherchez ?
Laissez faire, être votre véritable nature !
Laissez vous trouver !


Personne, absolument personne ne s'éveille !
C'est seulement la 'personne' qui disparaît...


La Vie est sans intention 
Et 'vous' ?

Voir la page facebook "Regard sur l'éveil" de Nita,
ainsi que la page de son blog...