mardi 8 février 2011

• Et vous êtes Cela - Nisargadatta Maharaj




Extraits audios choisis de la vidéo "Éveille-toi à l'éternité"

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Les expériences, sentiments de bien-être, bien et mal, haut et bas, sont transitoires et temporels, ils apparaissent et disparaissent. Vous devez toujours aller au-delà et réaliser l'ultime ou leur source.

Celui qui parle est différent de la parole. De même, la conscience est différente de son témoin. L'état dans lequel vous étiez, avant la naissance dans ce corps, est l'état auquel vous devez vous raccrocher, et non l'état actuel de conscience de votre corps. Vous devez être conscient de votre source. Quelle était votre condition, avant la naissance de ce corps ?

La conscience Je suis est le monde, et il n'y a rien de mal dans le fait de voir ou d'être témoin de ce monde. L'erreur vient seulement lorsque vous le prenez pour réel. Dès que vous émergez de l'état de rêve, pour entrer dans l'état de veille, vous rejetez systématiquement le rêve et dites qu'il n'était pas réel, que ce n'était qu'un rêve. De même, l'état de veille dans lequel nous percevons ce vaste univers, avec toutes ses étoiles et ses planètes etc., est également un rêve, je le répète donc, éveillez-vous à votre propre Réalité. Éveillez-vous ! Arrêtez de rêver, tout simplement.

Vu sur le blog Être et Conscience.
Voir aussi cette page.
Visitez le site Français dédié à Nisargadatta Maharaj.

vendredi 4 février 2011

• Tragique méprise - Nicole Montineri


La quête spirituelle met en route un mécanisme très complexe où chercher revient à demander au sujet de trouver un objet qui serait le sujet lui-même. C'est impossible, il ne peut trouver qu'une idée de lui-même. Ce qu'il est en essence, conscience immuable, ne peut être pénétré que par celle-ci, dans un élan à l'intérieui d'elle-même. Celui qui cherche l'absolu est ce moi qui multiplie l'activité duelle de l'esprit, mais qui, fatigué de ses jeux, aspire à une dimension paisible et sans souffrance. C'est cette entité changeante qui, dissimulant notre vraie nature, nous promet ensuite de nous montrer comment la découvrir... La recherche spirituelle est un processus mental qui pose dès le départ un centre, le moi, et un chemin qui s'inscrit dans le temps. Tant que ce moi poursuit quelque chose, même la réalité éternelle, il est dans le champ du temps créé par l'activité de la pensée. Toute idée d'évolution, de transformation, ne concerne que lui et s'inscrit dans ce monde duel qui existe grâce à l'espace-temps. Par des efforts qui ne seront que des impressions mentales, ce moi qui se prend pour ce qu'il apprend se renforcera, progressera certainement sur le plan intellectuel, tout en se donnant l'illusion d'une évolution spirituelle. Tragique méprise.

Site de Nicole Montineri :  La Conscience-Espace

jeudi 3 février 2011

• On réside dans l'état inchangé - Maitripa

Le Chant du Mahamoudra Spontanément Chanté

 Maitripa

Hommage à la Grande Félicité !

Mahamoudra c'est savoir que
toutes les choses sont notre propre esprit.
Voir les choses comme extérieures est seulement une projection poétique.
La totalité des "apparitions" est aussi vide qu'un rêve.

L'esprit en tant que tel est simplement un flot de conscience,
sans nature propre, se déplaçant où il sera comme le vent.
Vide d'une identité, c'est comme l'espace.
Tous les phénomènes, comme l'espace, sont les mêmes.

Ce qui est appelé Mahamoudra,
n'est pas une "chose" que l'on peut monter du doigt.
C'est la propre nature de l'esprit
qui est Mahamoudra, l'état absolu.

Ce n'est pas quelque chose à parfaire ou transformer.
Ainsi, réaliser cela, c'est réaliser
que tout le monde des apparitions est Mahamoudra.
C'est le Dharmakaya absolu, comprenant tout, l'ultime incarnation de la Bouddhéité.

Inné et juste comme c'est,
Le Dharmakaya inconcevable,
est lui-même la méditation sans effort.
Essayer d'atteindre quelque chose n'est pas la méditation.

Voir toutes choses comme l'espace, comme une illusion magique,
ni méditant ni ne méditant pas,
ni séparé ni pas séparé :
Telle est la réalisation du yogi.

Toutes les actions vertueuses et diaboliques
Deviennent libérées grâce à ce savoir.
Les projections immorales deviennent la Gnose Absolue elle-même,
devenant l'ami du yogi, c'est un feu consumant la forêt boisée.

Où se trouve alors aller et rester ?
Qui alors a besoin d'aller dans un monastère méditer ?
Si on ne comprend pas ce point,
la libération ne sera qu'un évènement temporaire.

Lorsque la véritable nature est réalisée,
on réside dans l'état inchangé.
Que l'on soit ou pas dans l'état d'Intégration ou denon Intégration,
Il n'y a rien à corriger par un antidote ou la méditation.

Quoi qu'il apparaisse est dépourvu de nature propre.
Les apparitions sont auto-libérées dans la Sphère de la Réalité (Dharmadhatu).
La création conceptuelle est auto-libérée dans la Gnose Absolue (Mahajnana).
La non dualité de ces deux est le Dharmakaya.

Comme le flux d'un grande rivière,
Quoi qu'il se passe est sensé et vrai.
C'est l'état éternel de Bouddha,
La Grande Félicité, transcendant le Cycle Mondain.

Tous les phénomènes sont vides d'identité propre,
Dans lequel même le concept de vacuité est éliminé.
Dépourvu de concepts, non attachés aux projections mentales,
se trouve la voie de tous les Illuminés.

Pour les fortunés reliés à ces enseignements,
J'ai exprimé ces mots d'instructions du cœur.
Ainsi, puissent tous les êtres
Être établis en Mahamoudra.

Sources : Sangha Forum

mardi 1 février 2011

• Ce que nous sommes est à la fois tout et rien, simultanément - Adyashanti


J'ai parcouru hier le blog d'Isabelle Padovani, Communification. C'est une véritable merveille que je vous invite de découvrir.

Elle a mis notamment en ligne une traduction rectificative d'une page du second livre d'Adyashanti : La fin de votre monde. Il me semblait important de partager cette information sur Éveil Impersonnel. Qu'elle en soit remerciée.

L’éveil établi et l’éveil non-établi
Extrait de « The end of your world  » (La fin de votre monde) d'Adyashanti

Nota bene : Ce livre a été publié en français aux Editions Ariane, mais j'ai noté dans cette traduction de tels contre-sens et libertés prises avec l'original que, par fidélité à l'enseignement d'Adyashanti, j'ai préféré retraduire entièrement de la version anglaise les extraits que je diffuse sur ce blog.

Comme je l’ai déjà mentionné, l’expérience d’éveil peut être seulement un aperçu ou elle peut se prolonger au fil du temps. D’aucuns objecteront alors que si un éveil est momentané, alors ce n’est pas un vrai éveil. Certains pensent que lors de l’éveil authentique, votre perception s’ouvre sur la vraie nature nature des choses et ne se referme jamais.

Je peux comprendre ce point de vue, puisque ultimement toute la quête spirituelle nous conduit à l’éveil parachevé. L’éveil complet signifie simplement que nous percevons sans cesse depuis la perspective de l’Esprit, celle de l’unicité.

De cette perspective éveillée, aucune séparation n’existe nulle part, ni dans le monde, ni dans l’univers, ni dans tous les univers. La vérité réside partout et nulle part, continuellement, dans toutes les dimensions, pour tous les êtres.
Il s’agit d’une vérité qui est la source de tout ce qui sera jamais expérimenté – dans la vie, après la vie, dans cette dimension ou n’importe quelle autre. Du point de vue de l’ultime, littéralement toute chose – qu'elle soit dans une dimension supérieure ou inférieure, ici ou là, hier, aujourd’hui ou demain – est une manifestation de l’Esprit. C'est l'Esprit lui-même qui s'éveille.

Donc, en fin de compte, la trajectoire sur laquelle est chaque être, qu'il le sache ou non, est une trajectoire vers le plein éveil - vers une pleine cognition, vers une pleine connaissance expérientielle de ce qu’il est, vers l’unité, vers l'unicité. Mais le moment de l'éveil peut ou pas induire une vision permanente.

Comme je l'ai dit, certaines personnes vous diront qu’à moins d'être permanent, l'éveil n'est pas authentique. Ce que j'ai vu en tant qu'enseignant est que la personne qui a un aperçu momentané au-delà du voile de la dualité et celle qui a une réalisation permanente, « établie », voient et expérimentent la même chose. La première la vit momentanément, l’autre l'expérimente continuellement. Mais ce qui est expérimenté, s’il s’agit d'éveil authentique, est le même : tout est un ; nous ne sommes pas une chose ou une personne particulière localisable en un lieu particulier ; ce que nous sommes est à la fois tout et rien, simultanément.

Ainsi, tel que je le vois, il importe peu que l’éveil soit momentané ou constant. Cela importe dans le sens où il y a une trajectoire - aucun coeur ne sera totalement comblé tant que percevoir depuis le point de vue de la vérité ne sera pas durable - mais ce qui est vu est un éveil, qu’il soit durable ou non.

Cet aperçu d'éveil, que je nomme éveil non-établi, devient de plus en plus courant. Il arrive pour un instant, un après-midi, un jour, une semaine - peut-être un mois ou deux. La conscience s’ouvre, le sentiment d’un moi distinct s'estompe, et alors, telle une lentille de caméra, la conscience se referme. Soudainement, la personne qui avait auparavant perçu une vraie non-dualité, une vraie unicité, est curieusement de retour à la perception duelle de « l’état de rêve ». Dans l'état de rêve, nous revenons à notre sens d’un moi  - dans une sensation d'être limité, isolé.
La bonne nouvelle est qu'une fois que cette vision claire est survenue, l'ouverture de notre conscience ne se referme jamais tout à fait. Elle peut paraître s'être complètement refermée, mais elle ne l’est jamais totalement. Au tréfonds de votre être, vous ne l'oubliez jamais. Même si vous n’avez qu’entraperçu la réalité pour un moment, quelque chose en vous est  changé à jamais.
La réalité est nucléaire ; elle est incroyablement puissante. Elle est douée d’un pouvoir inconcevable. Les gens peuvent vivre un éclair de réalité en une fraction de seconde et l'énergie et la force qui entreront en eux bouleverseront leur vie.
Un seul instant d’éveil fait débuter la dissolution du sentiment fallacieux du moi et, par la suite, celle de toute notre perception du monde.

Source du texte :  Communification

Découvrez également sur le blog d'Isabelle l'extrait du livre de Greg Goode : "La voie directe" (déjà présenté sur Éveil Impersonnel).

lundi 31 janvier 2011

• Inattentif à notre véritable nature - Adyashanti


Merci Isa pour la traduction !
Vu sur le nouveau blog Communification.

dimanche 30 janvier 2011

• Mon conseil du coeur - Longchen Rabjam

Quelles que soient les pensées qui surviennent, il est important de les fixer du regard. 

Lorsqu'on arrive ainsi à une claire compréhension de l'esprit, il est important d'y demeurer. 

Bien qu'il n'y ait rien à méditer, il est important de méditer de la sorte. 

Etre toujours attentif est mon conseil du coeur.

Longchen Rabjam

samedi 29 janvier 2011

• Aucun mot ne peut exprimer la joie de ce moment - Bassui Tokusho


N’essayez pas d'empêcher les pensées de surgir, et ne vous attachez pas à celles qui ont surgi. Laissez-les apparaître et disparaître comme elles veulent, ne les combattez pas.
Il suffit que vous vous demandiez de tout cœur et sans relâche : « Qu'est-ce que mon propre Esprit ? »
J'insiste là-dessus parce que je veux vous mener à la réalisation du Soi. Si vous persistez à essayer de comprendre avec l’intellect ce qui est au-delà du domaine de l’intellect, vous êtes condamné à atteindre une impasse totalement décevante. Mais allez plus loin. Assis, debout, au travail ou en dormant, sondez sans répit les profondeurs de votre « moi » avec la question « Qu'est-ce que mon propre Esprit ? » 
Ne craignez rien d'autre que de rater l’expérience de votre vraie nature. C'est ça la pratique zen.
Quand l'intensive interrogation enveloppera chaque millimètre de votre être et pénétrera au fin fond du fond, la question explosera soudain et la substance de l’esprit de Bouddha vous sera révélée exactement comme un miroir au fond d'une boîte offre son reflet une fois que la boîte est ouverte. La luminosité de cet esprit éclairera chaque coin d'un univers libre de toute imperfection... Aucun mot ne peut exprimer la joie de ce moment.

Bassui Tokusho (1327 - 1386)

vendredi 28 janvier 2011

• Un éveil soudain et un éveil graduel - Tosan Ryokan

Aujourd’hui existent

Un éveil soudain et un éveil graduel.

Des systèmes religieux apparaissent,

Et, pour cette raison, se divisent.

Aussitôt, ils en font des normes.

Que les religions qui suivent les normes,

L’appréhendent ou non,

La réalité, elle, poursuit son cours.


Extrait du Hôkyôzanmai
Le Recueillement accompli dit « Miroir précieux »




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Poème de Ryokan
Demain ?
Le jour suivant ?
Qui sait ?
Nous sommes ivres
De ce jour même !


jeudi 27 janvier 2011

• Ma conscience se retira du paysage - François Malespine

Un jour, j'ai vu un paysage au travers d'une fenêtre ouverte comme je ne l'avais jamais vu. Tout à coup, ma conscience se retira du paysage et devint le vide de la fenêtre. Je n'étais plus conscient « de » mais simple conscience. Je n'étais plus « moi » mais simple « Je Suis ». Le paysage apparaissait sans rien qui puisse murmurer : « c'est moi qui regarde, c'est à moi que ceci apparaît ». En devenant le vide de la fenêtre, je devins intense présence à ce qui était perçu, sans qu'il y ait trace de jugement. A la place une intense conscience du niveau qualitatif de ce qui était observé. Dans ce type d'expérience, le «JE » qui regarde est sans localisation, sans histoire personnelle, sans sensation de commencement, de fin, ou de « temps ». Il est espace, vacuité, luminosité. Dans le livre « Sois » de Nisargadatta Maharaj, une expérience similaire est rapportée :
Visiteur: « Je perçois ici même une chose qui n'a ni forme ni couleur - l'espace de cette pièce - et en moi, je distingue un espace similaire et ce n'est pas l'oeil qui le voit. Cela ne relève pas du "corps-intellect».
Maharaj : « Exact. Fixez-vous à ce niveau, trouvez-y votre véritable identité. Cet espace est libre comme la lumière, comme l'air. Il n'a aucune forme, mais il est beaucoup plus subtil et réel que l'air et la lumière. Ne quittez pas ce niveau. Aucun effort n'est nécessaire pour parvenir à cette union avec la conscience qui se fait spontanément, mais un effort est nécessaire pour atteindre le niveau où l'on comprend véritablement que cela se produit sans effort ».

A partir de cet espace le monde (intérieur ou extérieur) est simplement vu. Cette conscience est non connectée mais intensément présente au « nom et à la forme ». Elle est vécue comme « source-mère » de toutes les formes manifestées, et de ce fait fondamentalement aimante. Pur « Je Suis », elle est présence numineuse, énergie à partir de laquelle, comme le dit Ramesh Balsekar « La Vie EST ». Tout apparaît et disparaît en son sein.

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Après cet éveil ordinaire, même si cet état n'est pas stabilisé, nous nous ressentons comme « espace » en lequel se déploie le manifesté sous la forme de l'individu que nous sommes, et sous la forme du monde. Nous assistons à l'apparition et à la disparition constante du vu, perçu, conceptualisé, de nos identifications (apparition et disparition du spectateur scotché au film et identifié au premier rôle). Nous commençons à devenir une personne, dans les deux sens de ce terme : être sans moi (je ne suis personne) et per sonare (sonner à travers). Il est alors clairement perçu que la réalisation de cette conscience impersonnelle totalement accomplie laissera l'incarnation vide de moi et libre de résonner du Divin.

Extraits choisis pour Éveil Impersonnel, tirés du livre Mal d'ego, Bonheur d'être, de François Malespine, publié aux Éditions Charles Antoni - l'Originel.

mercredi 26 janvier 2011

• Les stances sur la Reconnaissance

Vous trouverez sur ce second site de David Dubois, Le śivaïsme du Cachemire (en complément de La Vache Cosmique que beaucoup parmi vous consultent) quelques textes traduits du sanskrit. Comme il le précise lui-même, même si ce genre de lecture est difficile, voire laborieuse au début, elle offre un accès plus direct que les études ou essais "sur" le śivaïsme du Cachemire. Bien sûr, ces traductions ne sont que des essais. Outre les erreurs toujours possibles, elles incarnent une certaine interprétation, susceptible d'évoluer. Malgré tous ces défauts, il n'y a rien de plus précieux à offrir, sauf peut-être à écrire des livres plus personnels qui s'inspirent du śivaïsme du Cachemire

En voici un court extrait, tiré du Devîkâlottara Tantra : 


On dit que la conscience accompagnée du sens du "je suis" (asmitā)
Est une conscience partielle (sakala).
On dit que l'esprit dépourvu du sens du "je suis"
Est la conscience omnisciente et omnipotente.

L'univers est éclairé par cette lumière,
Comme dans la visualisation de la Puissance.
Elle est la connaissance intégrale,
Dépourvue de tout point de référence (sarva-ālamba-vinirmukta).

Elle est vide de l'aspect "je",
Elle est un regard non duel, de pure conscience,
Racine de la délivrance,
Mise en pratique (pravartaka) du yoga suprême.

On ne doit jamais rien visualiser
Que ce soient les roues, les canaux,
Les maṇḍalas avec leur syllabes-germes, leurs divinités et leurs lotus,
Tout ce qui à une couleurs comme le feu, etc.

En outre, l'ensemble des mantras, des concentrations,
Des contrôles du souffle, etc. ne sont que duperies.
On ne doit rien pratiquer de tout cela,
Si l'on aspire à la délivrance irrévocable.

Ici, il n'y a ni cérémonie d'adoration, ni prosternation (namaskāra),
Ni récitation ni visualisation.
L'objet connu est (ici) absolu.
Il n'y a donc rien à connaître (objectivement).

Pour ceux dont l'esprit se désintéresse de l'extérieur,
Les liens peuvent être défaits.
Si l'esprit extraverti est retourné,
Saches qu'il n'il n'habite plus dans le monde.

Ici, il n'y a ni intérieur ni extérieur,
Ni centre, ni périphérie (adhaḥ).
Délectes-toi dans ce qui assumes tous les aspects (ākāra)
Qui est sans aspects, qui ne peut être connu (que) par soi-même. 

mardi 25 janvier 2011

• L'amant de l’Absolu - Francis Lucille


QuestionBonjour Francis,

Certains enseignants affirment que l'illumination est une transition énergétique et que l'enquête sur le soi ou la méditation n’ont pas le pouvoir de libérer cette tension qui accompagne la croyance d’être une personne séparée. Ils disent que ce sont des voies qui vont jusqu’à renforcer le sentiment de séparation.
Qu’en pensez-vous ?

Francis LucilleIl y a en fait plusieurs voies.
L'une d'entre elles est l’Advaïta, c’est la voie classique des Rishis, d’Ashtavakra, Janaka, Gaudapada, Shankara, Ramana Maharshi, Atmananda Krishna Menon, Ramakrishna, Jean Klein, Robert Adams, Robert Linssen, Wolter Keers, parmi tant d’autres : elle consiste en l’écoute de la Vérité dans la présence physique du gourou, en l’enquête du Soi, utilisant la raison haute et la discrimination entre le réel et l’irréel, entre le Percevant et le perçu, et débouche ensuite sur la méditation qui culmine dans l’expérience du Soi.
C'est durant et à l’issue de cette étape que les résidus d'ignorance accumulés dans le corps sous la forme d'attitudes et de schémas dynamiques sont libérés. L'investigation conduit à des aperçus de la Vérité ; nous sommes laissés à chaque instant dans un état d'ouverture qui permet le relâchement des tensions chroniques et semi-conscientes qui perpétuent l'illusion d'être une entité séparée.
Une autre voie est celle du Bouddha, la voie directe, celle de l'Ecole de l'Eveil Soudain, la voie de Bodhidhama, Hui Neng, Huang Po, Hui Hai, Lin Tsi, Wei Wu Wei parmi d’autres : écoute du Dharma de la bouche même du maître, méditation en sa présence jusqu'au premier éveil à « notre visage originel », samadhi qui est suivi de beaucoup d'autres, en nombre aussi grand « qu'il y a de grains de sable sur les rives du Gange » (Huei Neng).
Chacune de ces reconnaissances instantanées de notre nature de Bouddha laisse le disciple dans un état d'ouverture qui permet le relâchement des tensions physiques liées à l'ignorance, jusqu'à ce que toute distinction entre le soi et le non-soi soit abolie.
Une autre voie encore est la voie christique : « je suis » est la voie, la Vérité et la Vie. Personne n’accède au Père (l'Absolu) sauf si ce n’est par le « je suis ». C'est la version chrétienne de la quête du soi qui mène à la « paix qui dépasse l’entendement », une paix dans laquelle on est « tranquille et l'on connaît celui qui " est " ». Dans cette paix, toutes les tensions du corps sont relâchées, le corps devient un « corps glorieux », un corps baptisé ou « christique » (c'est-à-dire oint, en grec ancien) par la lumière de la Présence.
Une autre voie est la voie du Soufi, la voie d'Hallaj, de Rûmî, Hafiz, Ibn Arabi, Sheikh Abd el Kader et beaucoup d'autres : il n’est rien si ce n’est Dieu.
Permettant au corps de se dissoudre dans Sa Présence, l’amant de l’Absolu s'abandonne au parfum de sa propre absence.
Il y a encore bien d'autres voies.
La clé qui les ouvre est l'Amour.

Francis

Traduit de l'anglais par Stéphane Badach et Francis Lucille.







samedi 22 janvier 2011

• Ce que vous avez cherché est déjà là - Nirmala


Andrea Young : Qu'est-ce que tu aurais d'important à leur dire à ceux qui nous écoutent et qui savent que cet entretien à quelque chose à voir avec la spiritualité ?  

Nirmala : Le message est très simple en réalité. La paix, l'amour et le bonheur que nous cherchons tous est déjà présent, constamment. C'est toujours là, en cet instant même, avant, pendant, et après toute recherche que vous entreprenez. Et c'est une merveilleuse nouvelle parce que vous n'avez qu'à vous reposer, vous pouvez simplement arrêter, être juste dans cette Vérité. En même temps, pour un chercheur spirituel, c'est une très mauvaise nouvelle, parce que lorsque vous comprenez que ce que vous avez cherché est déjà là, vous vous retrouvez sans emploi.

La "fiche de poste" de l'ego, c'est de ne rien faire, et ce n'est pas quelque chose que l'ego aime entendre. L'ego aime ce poste de chercheur spirituel. Ca lui donne une fonction. Ca amène tant de beauté, d'intensité et de drame dans la vie de chercher la Vérité. Alors se rendre compte que c'est déjà là, que c'est présent à chaque instant, ça peut être un choc. Mais en même temps c'est vraiment merveilleux parce que vous allez enfin vous reposer, enfin vous êtes dans la Vérité, que vous êtes, qui est amour.

Il serait plus juste de dire que la source de la paix, de l'amour et du bonheur est toujours présente parce que parfois elle se s'exprime avec une qualité de paix, parfois avec une qualité d'amour. C'est étrange, la source qui est la source de la paix, de l'amour, de la sagesse et du bonheur est en fait la source de toute chose. C'est ce qui rend le travail du chercheur encore plus dérisoire, puisque vous n'avez pas besoin "d'arracher" la paix de toutes les choses qui se présentent. Tout vient de la même source, pas besoin de se débarrasser de quoi que ce soit afin que cette source de paix soit reconnue.

Adrea : Alors dirais-tu que ton message ne s'adresse qu'aux chercheurs spirituels ?

Nirmala : Non, en réalité, ce message est pour tout le monde, en fait c'est une une grande bénédiction d'avoir la chance de ne pas passer par la case "chercheur spirituel". Vous n'avez pas à vivre toute cette identification et cette lutte. Si vous avez la chance d'entendre cette Vérité avant de vous mettre à sa recherche, ça vous épargne bien des problèmes. 

Andrea : Est-ce que cette Vérité n'est pas simplement Etre, juste l'état d'Etre ? Est-ce que ce n'est pas une sorte de plaisanterie ?

Nirmala : Oui c'est une plaisanterie merveilleuse, parce que cet état d'Etre est toujours présent, avant même que vous le cherchiez. La plaisanterie c'est que l'état d'Etre est très ordinaire ; la blague c'est que c'est la chose la plus naturelle chez nous tous, et dans toute expérience. La source de toute chose ne possède aucune qualité et cependant ces qualités de paix, de calme, de tranquillité et d'amour embrassent tout ce qui en émane. La blague c'est que c'est également présent dans les moments ordinaires. C'est aussi ce qui écoute les infos chaque soir à la TV. C'est aussi ce qui se brosse les dents chaque matin. Et c'est aussi ce qui s'énerve après les voisins parfois. C'est aussi ce qui sort le chien. C'est présent dans toutes ces expériences multiples, ces émotions variées, toutes ces pensées. Tout se produit et vient de cette Présence, cette Présence vide qui est la source de toute chose.

Andrea : Est-ce que tu considères, comme d'autres enseignants, que cette époque est extraordinaire, parce que des personnes très ordinaires s'éveillent ? 

Nirmala : Oui, il semblerait qu'il y ait aujourd'hui une possibilité accrue de reconnaître cette Vérité. Reconnaître cette Présence à la fois très ordinaire et extraordinaire est plus facile aujourd'hui, et je ne sais pas du tout pourquoi ; c'est juste ce que j'observe. Cela arrive à des chercheurs spirituels de longue date, et aussi à des personnes qui n'ont jamais eu la moindre parcelle de  spiritualité en eux.

Traduction Française : Éveil Impersonnel
Site de Nirmala :  Endless Satsang