mercredi 10 février 2010

• Satsang avec Ramesh Balsekar (première partie)


RÉUNION CHEZ RAMESH BALSEKAR
22 JANVIER 2008

Jean-Pierre : Avant de poser une question, je voudrais témoigner d’un profond sentiment de gratitude, présent depuis notre première rencontre.
La question que je vais posée est liée au ressenti depuis la rencontre

Ramesh : Quand a eu lieu la première rencontre ?

Jean-Pierre
: La première fois j’ai vu un film d’un satsang en 2002. La vision de ce film a eu un impact très profond. J’ai ensuite passé 3 jours ici il y a deux ans.
Si on parle du processus, au début, j’ai eu l’impression que la rencontre a eu un impact très fort sur le plan du cœur. Je parle très mal l’anglais, je comprenais donc peu de choses à ce que vous disiez. Par la suite, c’est passé par un processus plus intellectuel. J’ai rencontré Philippe, j’ai rencontré Wayne (Liquorman), j’ai vu Wayne en conférence en France. J’ai l’impression que progressivement une compréhension s’est approfondie, jusqu’à un certain moment d’ouverture. La question que j’ai à poser est liée à un ressenti physique. J’ai l’impression qu’après que cette ouverture se soit produite, il y a eu comme un processus d’assimilation ou de perfusion au sein du corps. Je voulais vous poser une question par rapport à cela, parce que dans vos livres j’ai lu peu de choses sur ce sujet.

Ramesh : Lorsque la rencontre a eu lieu, c’était prêt pour que ça passe directement par le cœur et non par l’intellect. Mais vous n’avez à en tirer aucune vanité.

Jean-Pierre : Avant de vous rencontrer, quelque chose de très clair était survenu, qui m’avait fait comprendre qu’il n’y avait plus rien à faire, qu’il n’y avait plus à agir pour quelque chose. Il y eût un temps où tout était très confus, entre cette ouverture et cette intégration, jusqu’à un moment où quelque chose était comme posé.

Ramesh : Il y a un fait qui vous échappe. Vous ne vivez pas votre vie, votre vie est vécue à travers vous. Ce n’est pas facile à accepter, mais le fait demeure. Ramesh n’est pas en train de parler et Jean-Pierre n’est pas en train d’écouter. Ce qui se passe réellement, c’est que parler se passe à travers ce corps mental-ci et écouter se produit à travers ce corps mental-là, et l’esprit lui dit : qu’est-ce qui se passe ? Ce qu’il faut bien (il manque quelque chose ici, Jean-Pierre ?) l’esprit s’est : ce n’est pas ton problème, laisse tomber. Laisser passer tout ce qui peut arriver, comme prendre du recul, avoir le regard du témoin sur ce qui se passe. On ne peut vivre sans l’esprit. Ma question est  donc : qu’est-ce que Jean-Pierre cherche ? Qu’espérez-vous obtenir de votre visite ici ? L’esprit a besoin d’être clair là-dessus. Parce que de toute façon, par votre présence ici, ce qui se passera adviendra automatiquement. Mais l’esprit a besoin d’une explication, il veut savoir. Il veut savoir la vérité. L’esprit ne connaît pas le but de la vie, il demande des explications à ce sujet.

Jean-Pierre
: Ce dont je peux témoigner, c’est que depuis la rencontre ici, il y a deux ans, dans les mois qui ont suivi, il y a eu un apaisement de l’esprit.

Ramesh : Mais pendant tout ce temps, la vie a continué.

Jean-Pierre : C’est exactement ce que j’allais dire. Ce que je sens c’est qu’il y a la vie qui est là, il y a les gens avec qui je vis, mon travail professionnel, etc. Tout se fait de façon beaucoup plus détendue. Le mot est difficile à trouver.

Ramesh : Je réitère la question : qu’est-ce que vous cherchez dans la vie ? Quel est le but de la recherche pour vous ? L’illumination, trouver Dieu, la réalisation ?

Jean-Pierre : Il n’y a plus de but. J’ai comme l’impression que le but s’est dissous. Pour prendre une image, c’est comme s’il y avait un café et un morceau de sucre, et que le morceau de sucre voulait connaître le café ou s’accaparer le café. En rentrant dans le café, il se dissout. C’est de cet ordre-là.

Ramesh : En ce qui concerne l’esprit, parce qu’on ne peut pas négliger que celui –ci a besoin de réponse, il y a deux aspects. Ce dont je parle là, c’est de ma vie ordinaire de tous les jours et de votre vie ordinaire de tous les jours. Toute ma vie, j’ai été concerné par l’aspect spirituel, mais j’avais trop de travail pour me pencher sur la question. Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis dit que j’allais avoir du temps pour m’occuper de cela. Mon problème était que je ne savais pas par où commencer. Pendant quarante ans, j’ai lu beaucoup de livres sur l’illumination, la réalisation de soi. Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis retrouvé avec une quantité énorme de concepts qui s’opposaient les uns aux autres. J’ai décidé alors d’arrêter de lire ce que disent les autres sur ces sujets. Je me trouvais souvent train de penser à l’âme, à la réincarnation, à tous les concepts qui étaient dans ces livres. Une chose demeurait claire pour moi,  c’était qu’il y avait l’unicité, qui avait donné lieu à la manifestation. La source en tant que telle n’avait aucun matériau pour construire la manifestation. L’unicité en tant que telle, qui représentait tout, devait elle-même devenir la manifestation, sous la forme mâle et femelle par exemple. Des écrits hindous éclairaient ma compréhension : par exemple Shiva ne pouvait pas se manifester en tant que Shiva. Donc, Shiva devait devenir Shiva Shakti, la polarité. Shiva demeurait une singularité, mais pour s’animer il avait besoin d’une énergie féminine. C’est pour cela qu’il y a eu Shiva Shakti. Cela était clair pour moi. L’unicité non manifestée devenait la dualité manifestée. Cette dualité commençant avec le mâle et la femelle et toutes les autres dualités possible à concevoir : beauté et laideur, richesse et pauvreté, les bonnes et les mauvaises choses, etc. Il n’y avait pas de question. Les questions commencent à surgir lorsque l’on représente Dieu comme une entité séparée, ce qui n’a jamais été. Car si l’on conçoit Dieu comme tout-puissant, et moi-même comme impuissant, des questions se posent : pourquoi Dieu a-t-il créé Adolf Hitler ? pourquoi Dieu a-t-il créé Oussama Ben Laden ? Pourquoi Dieu a-t-il créé les enfants handicapés ? Quels torts ces derniers ont-t-ils fait à Dieu ?

Jean-Pierre : je suis handicapé de naissance.

Ramesh : Vous pourrez interroger Dieu : quel mal ai-je fait pour avoir cela ?

Jean-Pierre : Je n’ai jamais eu ce sentiment. La recherche spirituelle a commencée jeune, et j’ai senti que ce handicap était peut-être une bénédiction, même si c’était difficile dans la vie de tous les jours.

Ramesh : Bien, mais d’une façon générale c’est ainsi que  cela se passe. Pourquoi Dieu a-t-il créé Jean-Pierre avec un handicap, alors qu’il a créé des Jean-Pierre sans handicap ? Pourquoi Dieu crée Adolf Hitler, Oussama Ben Laden et autres psychopathes ? Parce que à l’opposé il crée des sages comme Mère Teresa, c’est cela la dualité. Tout cela a été très clair pour moi dès le départ, je ne me suis posé aucune question à ce sujet, ce qui est assez exceptionnel.

Jean-Pierre : Ce n’était pas le cas chez moi.

Ramesh : Ces questions ne se posaient plus, mais j’étais en revanche concerné par moi-même. Il était clair que cet objet corps mental était partie de la manifestation. La question qui demeurait était  donc : Qu’est-ce que Ramesh ? Ramesh et le corps ? Le corps qui est une partie de la manifestation. Ramesh ne peut pas être connecté avec la manifestation, il n’est connecté qu’avec le non manifesté. C’est cela l’ego. La source, la conscience s’identifie avec cet objet. De cette identification naît l’ego, qui représente l’identification de la conscience à l’objet. De là naît le sentiment de l’agir personnel. Il y a six milliards d’êtres humains sur la planète, six milliards d’objets tridimensionnels. La source s’est identifiée avec chacun de ces six milliards de corps humains, d’où six milliards d’ego. Pourquoi la source a-t-elle eu besoin de créer six milliards d’ego ? C’est pour permettre le fonctionnement de la manifestation, qui est notre quotidien, basée sur les relations humaines. Vivre cela signifie se relier les uns aux autres.

Chaque être humain est un ego, chaque ego est la conscience identifiée.
Ramesh, cela signifie ce corps-mental, et Ramesh va devoir vivre toute sa vie avec ce corps-mental. Ramesh, c’est la source identifiée avec cet objet corps-mental. Il était important que je me souvienne que ceci est valable absolument pour tout le monde. Je suis fondamentalement la source identifiée, et il en va de même pour Jean-Pierre et les autres six milliards d’individus. Ceci est le fondement de ma recherche personnelle. Il ne s’agit pas de répéter quelque chose qui ait été déjà dit. En comprenant que la vie consiste à entrer en relation les uns avec les autres, chacun peut vivre pour son propre bonheur.

Pendant quarante ans, j’ai cherché l’illumination, la réalisation de soi, sans savoir ce qu’il en était réellement. Puis  j’en ai eu assez de tout cela. Ce qui m’occupait réellement était une recherche de bonheur personnel. Dès l’instant où le nouveau-né cherche le sein de sa mère, quoique les philosophes en disent, tout le but de la vie une recherche du bonheur, du contentement.

Christian
: Le bonheur il  s’associe aux autres. C’est comme une chaîne d’union.

Ramesh : Pas tout de suite. On n’en est pas encore là. Au départ on réalise qu’il s’agit d’un but très égoïste. Pour le nouveau-né qui recherche le sein de sa mère, le lait maternel c’est le bonheur. Puis l’enfant grandit, il va à l’école.  Le bonheur est alors d’avoir des parents aimants, du succès à l’école, du succès en dehors de l’école, dans les jeux. Plus tard, il grandit et devient adulte. Tous les adultes sont tellement fascinés par les plaisirs de la vie qu’ils poursuivent ces plaisirs, pensant poursuivre le bonheur.
Il se trouve que la plupart des adultes continuent à poursuivre le plaisir, suivant le script divin du film, en accord avec la loi cosmique et la volonté divine. Toujours en accord avec cela, la plupart des gens ne trouvent pas le bonheur. Ils vivent leur vie dans la frustration et ils meurent dans la frustration.
À aucun moment, je ne me suis demandé si je devais faire quelque chose à ce propos. Il était clair que c’était là le pouvoir de Dieu.

La plupart des gens ne trouvent pas le plaisir qu’ils recherchent, très peu de gens l’obtiennent. Ayant obtenu une certaine quantité de plaisir, et en recherchant toujours plus, ils continuent en recherchant d’autres plaisirs avec plus d’intensité. Ils découvrent au bout d’un certain temps que ces plaisirs ont perdu leur saveur. Certains sont tellement frustrés qu’ils se suicident.

Je me souviens d’un acteur très connu, nommé George Sanders. C’était un très beau garçon, excellent personnage. Mais il n’a pas réussi à percer autant qu’il le souhaitait. Il avait toujours du travail, même s’il n’était pas au plus haut niveau.
Il avait les moyens de s’offrir tous les plaisirs qu’il voulait. Il s’est suicidé en laissant un message : « j’ai éprouvé tous les plaisirs possibles. Je m’ennuie tellement que je m’en vais et personne n’est à blâmer pour cela ».

Il y a des gens très fortunés, qui ont beaucoup de chance, comme nous, que j’appelle les favoris de Dieu. Cette réalisation dépend de la volonté de Dieu et de loi cosmique. Ces personnes réalisent : « je sais ce qu’est le plaisir. Il y a le plaisir dont je n’ai pas fait l’expérience. Même si j’avais eu tous les plaisirs possibles au monde, il demeure en moi l’impression que je n’ai pas connu la joie la plus profonde que je recherchais.

Ce sont des gens comme nous, raisonnablement aisés dans la vie, qui réalisent que les plaisirs auxquels ils ont goûté ne leur ont pas apporté le bonheur dans la vie.  Ils comprennent que le fondement de la vie est l’incertitude : « je suis censé vivre ma vie dans des circonstances que je n’ai pas choisies et sur lesquelles je n’ai aucun contrôle. Je n’ai aucun contrôle sur ce qui va se produire dans l’instant suivant : douleur ou plaisir. Je n’ai pas plus de contrôle sur la quantité de plaisir ou de douleur dont je vais faire l’expérience dans ma vie ». Tout cela selon moi est prédéterminé. Un de mes concepts de base est que tout plaisir et toute douleur éprouvés dans une vie entière sont déjà programmés. Personne ne peut accroître cette quantité de plaisir, ni diminuer cette quantité de douleurs.

C’est un concept accepté par les plus grands mathématiciens et physiciens du moment. Le plus fameux d’entre eux est Stephan Hawkins. Il a écrit plusieurs livres et plusieurs essais, dont un qui pose la question : est-ce que tout est prédéterminé ? Dans un langage clair et simple, il discute toutes les possibilités que soulève cette question. Dans la conclusion, en quatre lignes, il dit : « est-ce que tout est prédéterminé ? Oui, cela l’est. Mais le savoir ne vous aider en aucune façon (rires), car vous ne pourrez jamais savoir ce qui est prédéterminé pour l’instant suivant ». J’ai alors  arrêté ma lecture et l’idée m’est venue : M. Hawkins, cela est faux. Car savoir que tout est prédéterminé m’a donné une très grande paix de l’esprit. Sachant cela pour moi, il devient inutile d’aller voir des hommes de Dieu ou d’aller au temple pour prier afin d’augmenter le plaisir ou de diminuer la douleur. Cette paix de l’esprit est ce que des millions d’êtres humains recherchent.

La question centrale n’est pas : comment devenir illuminé ou comment réaliser le Soi, mais dans ces conditions restreintes qui rendent la vie comme une prison, quel est ce bonheur que je cherche ? Telle est l’interrogation majeure.

En continuant ainsi, tout est devenu très clair. Je connaissais le plaisir, pourtant celui–ci ne m’avait pas apporté le bonheur attendu. Il y avait à l’intérieur de moi un très profond sentiment de manque, qui n’avait pas été comblé par le plaisir que j’avais connu. La conclusion la plus importante à laquelle j’ai abouti est que le bonheur absolu que je cherchais n’était pas dans les plaisirs de la vie. Ce n’était pas quelque chose de la vie. Si ce bonheur ne dépendait pas des plaisirs de la vie, il dépendait donc de mon attitude par rapport à la vie. Qu’est-ce que j’entendais par attitude devant la vie ? Des centaines de livres ont été écrits là-dessus. Mais quel était le sens de cela pour moi, personnellement ? Cela a été pour moi une période très difficile d’intenses recherches. Des réponses me venaient, mais je sentais que ce n’étaient pas les bonnes et je les rejetais. Finalement, la seule réponse que j’ai acceptée était relative à mon attitude avec les autres. Ce bonheur que je cherchais ne pouvait être trouvé que dans ma relation à l’autre. La question suivante a été : quelle a été mon attitude envers les autres jusqu’à présent ? Une attitude qui ne m’a pas apporté le bonheur que je cherche. Jean-Pierre, si vous vous posez cette question, quelle sera votre réponse ? Quelle a été votre attitude par rapport aux autres jusqu’à maintenant ? Qu’elle est-elle maintenant ?

Jean-Pierre : Je vais essayer de faire court.

Ramesh : Vous pouvez chercher pendant des années, il y a une seule réponse (rires). La même attitude que vous aviez avec vos frères et sœurs lorsque vous étiez jeunes. Quelle était cette attitude ? En psychologie, il y a un mot technique pour cela : rivalités entre frères et sœurs. Cette rivalité entre frères et sœurs s’est perpétuée jusqu’à l’âge adulte. La relation entre les gens est une relation de rivalité. Une rivalité par rapport aux gens que je connais, et d’une méfiance par rapport à ceux que je ne connais pas. Pensez-y tant que vous voulez, est-ce que cela n’est pas un fait ?

Jean-Pierre : A un moment donné, peut-être le conditionnement évolue-t-il, peut-être également l’impact de ce travail produit-il des choses. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de rivalité, mais il y a un phénomène de rapprochement plus fort.

Ramesh : Je ne suis pas encore là. J’en suis un point antérieur. Vous êtes allé trop loin.
Combien de fois lit-on dans le journal qu’un frère a tué son frère, qu’il y a eu des disputes d’héritage, des rivalités, etc. Vous savez à quel point cette chose est devenue importante. On trouve cela même dans les ashrams, et dans un ashram qui est supposé valoir 300 millions de dollars. Celui qui était à la tête de l’ashram est mort, son frère et sa sœur étaient présents. La lutte pour le pouvoir sur l’ashram s’est exercée jusqu’à la violence. Cela survenait dans un lieu où l’on pouvait pourtant supposer que survenait l’illumination.
Mon propos était de dire que chercher l’illumination dans la vie ordinaire était stupide. J’en étais venu à conclure que le but de la vie était  de souffrir (rires), que le but de la vie ce n’était pas d’être heureux. Je me suis abandonné à ce sentiment, et j’ai arrêté de chercher l’illumination. À chaque fois qu’il me venait une pensée de cet ordre, je la rejetais. Lorsque spontanément, et de façon totalement innocente, j’ai abandonné mon intellect, une réponse m’est venue de l’extérieur. Je me suis rappelé ce que j’avais lu au sujet d’Einstein des dizaines d’années auparavant. Avec une grande humilité, ce scientifique confesse qu’il n’avait pas découvert la théorie de la relativité. Einstein a toujours dit que c’était quelque chose qui lui était venu de l’extérieur. Je me rappelle m’être demandé à ce sujet: mais de quel extérieur parle-t-il ? Je savais quel était cet extérieur dont parlait Einstein, ce ne pouvait être que Dieu ou la source. La réponse qui m’est alors venue est : « tu as tort. Le but de la vie n’est pas d’être malheureux, d’être dans la misère, mais d’être heureux ».

Le bonheur est un droit de naissance de chaque être humain. Mais il se trouve que l’être humain ne trouve pas le bonheur, car il a rejeté la seule voie qui l’y conduirait. L’être humain l’a rejetée, c’est pour cela qu’il n’est pas heureux. Telle fut la réponse qui m’advint. J’en suis arrivé à penser que cela n’était pas commun à toutes les religions, parce que sinon il n’y aurait pas eu toutes les guerres de religion. Cela va bien au-delà des guerres d’une religion à l’autre, car il y a des luttes constantes au sein d’une même religion, entre des courants différents.
Il y a-t-il un fondement commun à toutes les religions ?

C’est ce fondement qui est censé m’apporter le bonheur. Ma recherche à porté sur le fondement de toutes les religions. En accord avec ma destinée et la grâce de Dieu, bien que je n’aie pas été un étudiant de la Bible, je suis tombé, presque accidentellement, sur ces mots de la Bible : « que Ta volonté soit faite ». C’est si simple. Pour moi, cela voulait bien dire que rien ne pouvait arriver sans la volonté de Dieu.

Incidemment, il s’est trouvé qu’une jeune femme s’appelant Jennifer est venue ici. Ses parents étaient en train de faire un tour du monde. Jennifer a suggéré à ses parents de venir passer une semaine ici. Ces derniers étaient profondément conditionnés par la religion catholique. Lorsqu’ils m’ont entendu parler, ils ont totalement refusé mes concepts. Parce que je ne leur parlais pas de « que Ta volonté soit faite », mais de mon point de vue ordinaire sur la non dualité. Ce qu’ils comprenaient de la non dualité était pour eux un sacrilège. Ils étaient assis là, très tendus, très rigides. Jennifer a appelé Ramesh le lendemain pour lui dire que sa mère voulait avoir un entretien avec lui, mais sans son père (rires). A la fin de la semaine, la maman s’était complètement fondue dans la non dualité, mais le père était resté très rigide. Des gens m’ont rapporté que chaque jour, des discussions avaient lieu entre lui et d’autres personnes qui essayaient de le convaincre. Il restait absolument ferme sur ses positions. Il a de plus écrit un livre là-dessus, qu’il a envoyé à sa fille, en lui demandant de s’assurer que je le lirai bien. Le titre de ce livre était : « la volonté de Dieu ». En travers de la couverture, il y avait un bandeau avec la mention : déjà 650 000 exemplaires. Au moins deux millions de personnes ont donc lu ce livre, pour être guidés vers la volonté de Dieu. Pour moi c’est très simple : rien ne peut survenir si ce n’est la volonté de Dieu. Ce livre était écrit par quelqu’un de très élevé dans la hiérarchie catholique. Ce livre disait que la volonté de Dieu paraît simple, mais a besoin d’être comprise et étudiée attentivement, en fait interprétée. L’interprétation consistait à dire que la volonté de Dieu doit être comprise au travers de trois aspects : le premier est la volonté intentionnelle de Dieu, le second la volonté circonstancielle de Dieu et finalement vient la volonté ultime de Dieu. Selon la volonté intentionnelle de Dieu, Adolf Hitler n’était pas supposé naître, parce que Dieu n’est que bonté. Comment a-t-il fait pour naître ? Il est né suivant la volonté circonstancielle de Dieu. Ma question a été : Dieu n’a t-il aucun pouvoir sur cette volonté circonstancielle ? Il ne m’a jamais été répondu. La volonté ultime de Dieu a prévalu lorsque Adolf Hitler s’est suicidé et que les nazis ont été vaincus. Ce n’est pas une blague, c’était vraiment comme cela que c’était écrit.

En ce qui me concerne, « que Ta volonté soit faite », est une chose tellement simple. Cela signifie simplement: rien ne peut se faire sans la volonté de Dieu. Ce qui veut dire que l’état passé, présent et futur du monde ne dépend que de la volonté de Dieu. L’Islam dit exactement la même chose. Quelqu’un m’a dit que le sens du mot Islam est l’abandon. Ma question est : « Qu’est-ce qu’un être humain doit abandonner à Dieu ? ». La  réponse est très claire : la seule chose qu’un être humain puisse abandonner à Dieu, c’est le sentiment d’un agir personnel. Et cela, c’est l’illumination. Cette acceptation totale de : « que Ta volonté soit faite ». La religion hindoue dit la même chose, mais d’une façon encore plus puissante. Elle dit : « Tu es celui qui fait, tu es celui qui fait l’expérience des choses. Tu es celui qui parle, tu es celui qui entend ». Il semblerait donc que Ramesh parle et que Jean-Pierre écoute, ou que Jean-Pierre parle et que Ramesh écoute. Mais personne ne serait capable de parler, d’écouter ou de faire quoi que ce soit, si nous étions dans le sommeil profond, ou bien inconscient suite à la prise d’un sédatif. Donc, qui fait cette écoute ? C’est la conscience qui parle à travers un instrument corps mental et qui écoute à travers un autre instrument corps mental. L’acceptation totale de ce que je viens de décrire, équivaut, d’après mes concepts, à l’illumination.
Tout dans le monde est une survenue en accord avec la volonté cosmique et la loi divine. Et la façon dont chaque survenue affecte les autres en bien ou en mal se produit en accord avec la volonté de Dieu et non pas en accord avec la volonté de l’individu. Quelle que soit l’action qui se produira à travers un corps mental et la façon dont la société réagira vis-à-vis de cette action, c’est encore la volonté de Dieu. Car le corps humain est incapable de générer quelque action de façon autonome.

Voilà le concept auquel je suis arrivé. Quelle réaction ai-je eu par rapport à mes anciens concepts ?  Je n’ai pas osé en parler à qui que ce soit. J’ai continué à l’étudier, pour voir s’il me donnait le bonheur recherché. Jusque là, je m’étais dit : c’est ma volonté qui prévaut. Quel en  a été le résultat ? Beaucoup d’orgueil pour les actions qui avaient du succès, un bagage plus lourd pour les actions considérées comme négatives, une charge encore plus importante envers ceux qui m’avaient fait du mal. Auparavant si j’étais blessé, ma réaction était : il m’a blessé, je le hais. Maintenant si je suis blessé, ma réaction est aussi simple que celle d’avant mais totalement à l’opposé. Ce qui m’a blessé est une survenue en accord avec la volonté divine et la loi cosmique. Cette survenue s’est produite à travers A par exemple. Manifestée à travers B, C, D ou Z, cette blessure eût été la même. Selon ce point de vue, la question de qui m’a blessé pendant les vingt dernières années n’a plus aucun sens. D’un seul coup, une charge immense, toute cette haine, s’est dissoute. J’étais totalement étonné, émerveillé que mon bonheur, ce droit de naissance, soit là. Quel était le fondement de ce bonheur qui était là depuis toujours ? C’était l’absence de cette charge de haine pour moi-même d’avoir blessé et de haine pour les autres qui m’ont blessé. Il y avait là l’acceptation totale que je ne peux blesser personne et que personne ne peut me blesser, à moins que ce ne soit la volonté de Dieu. Une fois ceci accepté, mon droit de naissance au bonheur était là. J’ai découvert que c’était effectivement cela qui me donnait le bonheur que je recherchais. C’est alors que j’ai décidé de donner ce concept à qui voulait bien l’entendre.

Demeuraient deux questions auxquelles personne ne pouvait répondre. Provenant probablement  parce que j’ai été banquier pendant vingt-sept ans, j’étais supposé aller voir un gourou pour obtenir l’illumination. Qu’était l’illumination ? Et plus important encore, Qu’est-ce que l’illumination va apporterait-elle au reste de ma vie que je n’avais pas auparavant ? J’ai demandé cela à mon premier gourou. Il s’est fâché. Mais comme il ne voulait pas montrer aux autres qu’il était fâché, il m’a répondu la chose suivante: « tu veux savoir ce qui se passe lorsque l’illumination se produit, et bien tu le sauras lorsque tu seras illuminé ». J’avais maintenant la réponse à mes deux questions. Qu’est-ce que l’illumination ? C’est l’acceptation totale du concept que tout ce qui survient arrive en accord avec la loi cosmique, la volonté divine. La conclusion majeure étant que l’être humain est incapable de générer quoi que ce soit. Pour moi, la totale acceptation de ce concept est l’illumination. Mais peut-être que quelqu’un doute et n’acceptera pas ce concept. Lorsqu’on me demande : est-ce que vous ressentez encore la douleur ? Je réponds oui. Lorsque l’on me demande : est-ce que vous faites encore des erreurs ? Je réponds oui. Est-ce que vous demeurez encore un être imparfait ? Je réponds oui. Est-ce que vous avez des pouvoirs particuliers ? Je réponds non. Cette personne va conclura : vous n’êtes pas illuminé. C’est son concept. Ce que l’illumination m’a apporté c’est ce que j’appelle la paix de l’esprit. Suivant cela, qu’est-ce que l’illumination peut faire pour vous ? Elle apporte le bonheur à travers la paix de l’esprit.

J’ai eu la surprise de constater que toute cette pensée m’est venue en anglais. La conclusion ultime à laquelle je suis parvenu est : le bonheur à travers la paix de l’esprit. J’ai été agréablement surpris de constater que les termes sanskrits existants depuis plus de trois mille ans sont une traduction littérale de ces mots qui m’étaient advenus en anglais : le bonheur à travers la paix de l’esprit. Les mots sanskrits sont : shuka shanti. Shuka signifie bonheur et shanti signifie littéralement paix de l’esprit. C’est tout ce que je peux vous donner.

Je dois ajouter une chose cependant. Intellectuellement, un pauvre idiot peut accepter ce stupide concept, parce que cela lui apportera le bonheur. Mais ce qui est clair, c’est que le concept ne peut pas être opérant si mon acceptation n’est pas totale, pas seulement intellectuelle. La question demeure donc : qu’est-ce que Jean-Pierre doit faire pour que son acceptation intellectuelle qu’il n’est pas l’agissant devienne totale ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Il y a une seule bonne réponse, c’est une question piège.

Jean-Pierre : J’aurais tendance à dire : rien.

Ramesh : C’est exactement la bonne réponse (rires). Car en fait cela n’arrivera que si c’est supposé advenir.

Jean-Pierre : En ce qui me concerne, si je regarde en arrière, j’ai eu enfant des aperçus d’un un état autre que l’état ordinaire. C’est probablement cela qui a mis en route dans ce corps mental la recherche spirituelle. En fait, j’ai couru pendant des années après ces moments, ou cherché à les rendre plus permanents. Avant de vous rencontrer, quelque chose s’est produit, de totalement non intellectuel, qui a désamorcé ce processus de recherche. C’est à ce moment, que l’enseignement est arrivé.

Ramesh : Est-ce que vous êtes sûr maintenant que l’acceptation est totale ?

Jean-Pierre : Totalement.

Ramesh : Que vous n’êtes pas l’auteur de vos actions ?

Jean-Pierre : Totalement.

Ramesh : Etes-vous prêt à passer au détecteur de mensonges ? (rires).

Jean-Pierre : Où vous voulez ? (rire général).

Ramesh : Donc, mon cher Jean-Pierre, suivant mon concept vous êtes illuminé.

Jean-Pierre : Tant pis.

Ramesh : C’est vous qui le serez profondément, si vous avez ce bonheur absolu, cette paix de l’esprit totale. Comment saurez-vous que vous avez la paix d’esprit ? C’est très simple, mais cela m’a pris du temps. Je sais que j’ai la paix de l’esprit lorsque je ne suis pas inconfortable avec moi-même, ni avec les autres ; quelles que soient les circonstances, que je sois dans la souffrance ou dans la joie.

Pendant que je poursuivais l’illumination, j’étais dans la tristesse. Lorsque j’ai cessé cette recherche, juste en m’axant sur la paix de l’esprit, l’illumination est survenue. Quelle est l’essence de l’illumination ? La source impersonnelle s’est identifiée avec ce corps mental pour créer l’ego Ramesh. De ce fait, chaque ego est connecté à la source. En ce qui me concerne, l’illumination signifie que la connexion avec la source n’est jamais interrompue. Ramesh est ce qui est connecté à la source. Lorsque je me blâme pour quelque chose que j’ai fait, que je blâme quelqu’un pour quelque chose qu’il a commis, à ce moment-là, la connexion est interrompue. Cette interruption de la connexion signifie la misère. C’est une souffrance très différente de la douleur dans l’instant. Maintenant, ne rejetant la faute ni sur moi ni sur les autres, totalement conscient que quoi qu’il survienne, cela est en accord avec la loi cosmique et la volonté divine, ma connexion avec la source n’est jamais interrompue.

Une question valable est la suivante : en attendant que Dieu prenne sa décision, n’y a t-il pas quelque chose que je puisse faire sous forme d’une pratique spirituelle ? Auparavant, j’accomplissais ces pratiques avec une attente. Maintenant, les pratiques se font, sans attente. Y a-t-il encore quelque chose à faire ? Il y a quelque chose de très simple que vous pouvez pratiquer, pour voir que réellement vous n’êtes pas l’agissant. J’appelle cela l’investigation personnelle. C’est très simple. Si vous avez du temps dans la journée, vous pouvez pratiquer cela à n’importe quel moment. Si vous êtes trop occupé pendant la journée, à la fin de celle –ci prenez dix minutes, ceci n’est pas une discipline. Asseyez vous tranquillement dans le siège le plus confortable possible. Pour être confortable, vous pouvez prendre une tasse de café ou un verre de bière, et vous livrer à une investigation très simple : parcourez les événements de votre journée, vous réaliserez très vite que la plupart sont des survenues sur lesquelles vous n’avez aucun contrôle. Parmi ces événements, choisissez-en un, une action dont vous êtes vraiment sûr que c’est la vôtre et examinez cette action. C’est extraordinairement simple. Si c’est mon action, est-ce que j’ai décidé de l’accomplir à un moment particulier ? Vous vous souviendrez que vous n’avez pas vraiment décidé de faire cela. Vous investiguez cette action et vous découvrez qu’une pensée vous est advenue. C’est cette pensée qui vous a conduit à l’action. Si cette pensée n’était pas advenue, il n’y aurait pas eu cette action.

Vous n’avez aucun pouvoir sur la survenue d’une pensée, pour la simple raison qu’aucun être humain n’a de contrôle sur la pensée qui va venir dans l’instant.

Jean-Pierre : J’ai fait une analyse précise, il y a trois ans, après avoir passé vingt-six ans dans une banque, je l’ai quittée. Et j’ai été plus qu’étonné par cela, parce que je n’avais vraiment pas l’impression que la vie allait n’entraîner vers cela. Il y a comme une harmonie dans la vie, puisque c’est ce départ professionnel qui a entraîné tout un tas de choses, y compris d’être ici par exemple.

Ramesh : Vous n’avez pas décidé de quitter la banque, quitter la banque s’est produit.

À la lumière de cet examen quotidien, vous arrivez  à la conclusion que même l’action dont vous étiez sûr qu’elle était votre action, ce n’est pas vous qu’il l’avez produite. Alors, la compréhension est obligée de s’ancrer de plus en plus profondément. Je vous garantis que vous pouvez porter votre investigation sur autant d’actions que vous voulez, à chaque fois, sans aucune exception, vous en viendrez à la conclusion : ce n’est pas mon action, ce n’est pas mon agissement. Chaque fois, l’acceptation s’ancrera plus profondément. Si je ne m’étais pas trouvé à un certain endroit, et si quelque chose ne m’était pas tombé sous les yeux à ce moment-là, une telle action n’aurait pas eu lieu. Et bien entendu, je n’ai aucun contrôle sur le fait d’être là un moment précis et sur ce qui allait advenir. Ce que je vois, que j’entends, que je me dis, que je touche, si je n’étais pas été là, ceci n’aurait pas lieu. Cette compréhension s’approfondit donc de plus en plus, jusqu’à un moment particulier, qui dépend de votre destinée et de la volonté de Dieu, où un éclair de compréhension survient : je ne suis pas l’agissant autonome. Et cette conviction peut survenir à n’importe quel moment, dans n’importe quelle circonstance. Cette compréhension soudaine ne se restreint pas à l’illumination. Un scientifique, je crois que c’est Niels Bohr, était à Paris,  participant à une conférence. Il devait parler d’un sujet particulier, et à un moment donné il a été bloqué. Dans son exposé, il ne pouvait pas trouver de réponse. Selon ce qu’il en a dit lui-même, alors qu’il était en train de traverser une avenue pleine de voitures, il eût la réponse en un flash. Après cela, revenant de son dîner, il s’est assis à une table, et en une demi-heure il a écrit la réponse qu’il cherchait depuis très longtemps.  C’est arrivé dans un flash, à un moment et dans un lieu totalement inattendus. Cela peut donc arriver à n’importe quel moment. Cela peut arriver lorsque vous êtes assis sur le siège des toilettes et l’impact en sera tel que vous pouvez en oublier de vous essuyer (rire général). Il y a donc des moments où il vaut mieux que cela n’arrive pas.

Maintenant je n’ai plus de questions pour vous, c’est à vous de les poser.

Jean-Pierre : Je n’en ai plus.

Ramesh : S’il vous vient d’autres questions, vous pouvez les poser demain.

Jean-Pierre
: Merci.

Christian : Qu’est-ce que l’illumination ?

Ramesh : C’est n’être jamais inconfortable  avec soi-même et avec les autres. Telle est ma conception de l’illumination. Pour quelqu’un d’autre,  ce sera totalement différent : ce sera par exemple être dans trente endroits en même temps, ou marcher sur l’eau…

Christian : Est-ce que le bonheur de l’être humain, c’est d’être en accord avec soi-même ?

Ramesh : C’est ma conception de l’illumination.

≈≈≈≈≈≈≈

Merci à Jean-Pierre Chometon pour avoir partagé avec nous cet entretien avec Ramesh Balsekar ainsi que la belle photo qui accompagne le texte.

mardi 9 février 2010

• La vague est l'océan - Jeff Foster


La vague séparée dans l'océan regarde l'océan et voit des milliers d'autres vagues séparées... Apparemment séparées. S'il n'y a que l'océan, pourquoi apparait-il autant de vagues séparées ?
Mais cette question n'est pas bonne. Et la raison pour laquelle cette question n'est pas bonne, c'est parce que c'est une vague séparée qui demande ça !
Or, il n'existe rien de tel qu'une vague séparée. Il n'existe pas de vague séparée de l'océan. La vague est l'océan.


...et Poonja de s'exclamer :


Il y a des vagues dans l'océan. Chaque vague a une certaine forme - une longueur, une largeur et une hauteur - et se déplace dans une direction particulière. Mais sont-elles séparées de l'océan ? Une vague pourrait se sentir séparée et se mettre à la recherche de l'océan, mais est-elle jamais séparée ?

lundi 8 février 2010

• Imagine


Imagine there's no heaven 
It's easy if you try 
No hell below us 
Above us only sky 
Imagine all the people living for today 
 Imagine there's no countries
It isnt hard to do
Nothing to kill or die for
No religion too
Imagine all the people 
living life in peace

Imagine no possesions
I wonder if you can
No need for greed or hunger
A brotherhood of man
imane all the people 
Sharing all the world

You may say Im a dreamer
but Im not the only one
I hope some day you'll join us
And the world will live as one

vendredi 5 février 2010

• Invitation à une Conscience ludique - Pierre Yves


Pierre Yves affirme que l'homme s'est laissé enfermer dans une représentation fausse de lui-même : ce qu'il est censé être a pris le pas sur ce qu'il est vraiment. Il pense que toutes les oppositions et tous les antagonismes se fondent dans une unité qui porte en elle le goût de l'évidence. L'individualisme doit être mis en marge car il empêche de voir et de vivre au plein sens du terme.

Inquiétude, stress, anxiété, peurs diverses... et le “sommeil” dans lequel nous vivons sont les conséquences d'une identification erronée; nous nous sommes laissé enfermer dans une représentation fausse de nous-mêmes. Ce que je suis censé être a pris le pas sur ce que je suis vraiment. Nous croyons être des individus, mais cette croyance est une méprise, une illusion d'optique.

Un concours de circonstances a occasionné chez l'auteur la prise de conscience que ce que nous sommes en réalité n'est ni limité au corps ni relié au temps mais à la “verticalité de l'instant”. Là toutes les oppositions, tous les antagonismes se fondent dans une unité qui porte en elle le goût de l'évidence.
Notre individualisme doit être mis dans la marge car c'est lui qui nous empêche de voir et de vivre au plein sens du terme, c'est-à-dire tout simplement : d’être.

La clé est là. Oublions ce que nous savons ou croyons savoir. Abandonnons nos certitudes figées. Nous étouffons le Réel. Retrouvons une candeur...

Il existe en l'humain une autre dimension. Accepter ce divin désordre qui est un ordre qui nous dépasse. Laisser la vie se révéler en restant totalement disponible. Quelque chose d'inattendu nous attends...

Pierre Yves – avec beaucoup d'humour – nous invite dans ce livre, dont le héros est le lecteur, à déployer cette autre perspective, à accueillir ce manque (qui souvent nous taraude) pour ce qu'il est : la plénitude du vide.


=> Lire l'article de Pierre Yves dans le numéro 94/Hiver 2009 de la revue 3éme Millénaire

Pierre Yves est un témoin d’éveil habile au jeu des mots, lorsque ceux-ci sont au service de l’intuition verticale : « De la vague à l’âme…», « Tous “ego” ? », « La solution, c’est la dissolution. », « Pour te laisser inspirer : expire ! », « On naît où l’on EST. », et cetera. Il nous parle du bonheur ineffable de l’éveil qui fondit sur lui sans préavis. Ce livre, né d’un élan créateur, n’a pas fonction de transmettre un enseignement spirituel ; il vise à porter un témoignage à celui qui sait « percevoir au-delà des mots, c’est-à-dire avec [sa] propre intuition, non pas [son] intellect, mais [ses] “tripes” (conscience viscérale)… » Mais voilà, percevoir réellement n’est pas à la porté de tout chercheur. Alors ce livre est une bouteille jetée dans l’océan où chaque vague se prend pour le tout. C’est en tout cas un bon cru, une dive bouteille qui déverse sans entrave l’ensemble des questions que le pèlerin au pied marin est amené à se poser lorsqu’il navigue dans les milieux de la non-dualité. Milieux que l’auteur a bien sûr fréquenté jusqu’à la découverte de son évidence première. Évidence que les religions, nous dit Pierre Yves, n’aident pas à découvrir. En effet, « Notre dimension transcendante ne s’étiquette pas, elle ne s’apparente qu’à la vie. » laquelle demeure irréductible à la pensée comme à tous les savoirs. Sur ce point fondamental, le témoignage de l’auteur peut être vu comme la compréhension profonde que « Lorsque “je ne sais pas” : Je Suis. »

mercredi 3 février 2010

• Rencontre avec Jeff Foster


Samedi 30 janvier 2010





Dimanche 31 janvier 2010





Source des enregistrements : l'eveil.org
 

mardi 2 février 2010

• Il n'y aurait qu'une attention parfaite, absolue - Krishnamurti

En lien avec le blog "Ce qui est", que nous saluons. Karmapa Chenno !


"Quand vous observez quelque chose-un arbre, votre femme, vos enfants, votre voisin, les étoiles au coeur de la nuit, la lumière jouant sur l'eau, l'oiseau dans le ciel ou quoi que ce soit d'autre-, il y a toujours d'une part l'observateur, le censeur, le penseur,  celui qui vit l'expérience, celui qui cherche, et de l'autre la chose qu'il observe; l'observateur et l'objet observé; le penseur et la pensée.  Il y a donc toujours une division.  C'est cette division qui constitue le temps.  Cette division est l'essence même du conflit.  Et quand il y a conflit, il y a contradiction.  Il y a "l'observateur et l'observé"-c'est-à-dire qu'il y a une contradiction, une séparation.  Et là où est la contradiction est aussi le conflit, chaque conflit faisant naître à son tour un besoin impérieux de dépasser le conflit, de le vaincre, de l'éviter, d'agir sur lui, et toute cette activité implique le temps...Tant qu'il y aura division, le temps continuera, et le temps, c'est la souffrance.

Tout homme qui veut comprendre la fin de la souffrance doit comprendre cela, doit le découvrir, doit aller au-delà de cette dualité entre le penseur et la pensée, entre le sujet et l'objet de l'expérience.  Autrement dit, lorsqu'il y a division entre l'observateur et l'objet observé, le temps intervient, et la souffrance n'en finit donc jamais.  Que faire, alors?  Comprenez-vous la question?  Je vois, présent en moi, l'observateur, toujours là à épier, juger, censurer, accepter, rejeter, discipliner, contrôler, modeler.  Cet observateur, ce penseur, est le résultat de la pensée; c'est une évidence.  C'est la pensée qui vient en premier, pas l'observateur, le penseur.  S'il n'y avait pas du tout de pensée, il n'y aurait pas d'observateur, pas de penseur, il n'y aurait qu'une attention parfaite, absolue."
"Le livre de la méditation et de la vie",  Krishnamurti - Édit. Livre de poche

Une heure en présence de Krishnaji  : 

lundi 1 février 2010

• Ce Cœur de mon Cœur - Poonja-ji


Ses paroles ne me firent aucune impression. Elles me semblaient n'être qu'une excuse de plus que je pouvais ajouter à la longue liste de celles que j'avais reçues de swamis dans tout le pays. Il m'avait promis de me montrer Dieu [lorsqu'il était venu dans ma maison au Punjab] pourtant, il cherchait maintenant à me convaincre qu'il lui était non seulement impossible de me montrer Dieu, mais que personne d'autre ne pouvait le voir non plus. Je l'aurais rejeté, sans autre procès, lui et ses paroles, si ce n'était pour une expérience que je vécus immédiatement après qu'il m'ait dit de découvrir qui est ce " je " et qui est celui qui désirait voir Dieu. Une fois qu'il eut fini de parler, il me regarda, et alors qu'il plongeait son regard dans mes yeux, mon corps tout entier fut pris de secousses et commença à trembler. Une forte sensation d'énergie nerveuse me traversa le corps. Mes terminaisons nerveuses me donnaient l'impression de danser et mes cheveux se dressèrent sur ma tête. À l'intérieur, je pris conscience du Cœur spirituel. Il ne s'agit pas du cœur physique. C'est plutôt la source et le support de tout ce qui existe. Au sein du Cœur j'aperçus ce qui ressemblait à un bouton de fleur refermé. Il était très scintillant et bleuté. Alors que le Maharshi me regardait et que j'étais moi-même dans un état de silence intérieur, je sentis ce bouton s'ouvrir et s'épanouir. J'utilise le terme " bouton ", mais ce n'est pas une description exacte. Il serait plus juste d'en parler comme l'impression de quelque chose ressemblant à un bouton en train de s'ouvrir et de fleurir en moi dans le Cœur. Et, quand je dis " cœur ", je ne fais pas référence à un épanouissement situé dans un endroit spécifique du corps. Ce Cœur, ce Cœur de mon Cœur, n'était ni situé dans le corps, ni au dehors. Je ne puis donner de description plus exacte de ce qui s'est passé. Tout ce que je peux dire, c'est qu'en la présence du Maharshi, sous son regard, le Cœur s'est ouvert et s'est épanoui. Ce fut une expérience extraordinaire que jamais je n'avais vécue auparavant. Je n'étais pas venu en quête d'une expérience particulière, et j'ai été totalement surpris par ce qui s'est passé.

≈≈≈≈≈≈≈≈

Papaji : La recherche est entamée parce que la reconnaissance n'a pas encore eu lieu de façon certaine. Le chercheur ne fait qu'avancer lentement dans la recherche de la reconnaissance. C'est comme regarder dans un miroir afin de vous reconnaître. Vous localisez le miroir, y voyez votre reflet, et vous vous reconnaissez. Une fois que vous vous êtes reconnu, vous pouvez vous débarrasser du miroir, de la recherche, et de l'idée d'un objet à rechercher.

Dans la reconnaissance aucun " qui " ne reconnaît, mais personne ne sait cela. Tout le monde n'a cessé de pratiquer la méditation depuis la nuit des temps. Personne ne dit la vérité au sujet de ce processus de reconnaissance, au sujet de sa nécessité. On prie dans les temples et on médite dans les monastères, mais personne ne connaît la vérité. Personne n'ose même en parler. Tout le monde arpente les sentiers battus, comme un troupeau de moutons. Il vous faut quitter les sentiers battus. Il vous faut emprunter votre propre sentier, peut-être aucun sentier du tout.

Question : C'est si vaste !

Papaji : Il n'y pas de sentiers dans le vide. Il n'en existe aucun. La vacuité vous suit, où que vous alliez. Et, le vide vous guide. Le vide est à chacun de vos côtés, au-dessus et au-dessous de vous. Où pourriez-vous aller sans lui ? Dans quel autre lieu pourriez-vous vous rendre ? La mort ne peut s'approcher de ce vide. Les Dieux n'y ont pas accès.

Question : Il est. C'est, tout simplement.

Papaji : [en riant] Il est, tout simplement. Ce kiwi est très fort [rires]. Il semble lent, mais il est très vif. Cela a été une belle rencontre avec vous. Vous m'aviez demandé quelle était votre relation avec moi. Voilà la relation.
 
Lire la tolité du texte sur le site InnerQuest, avant qu'il ne disparaisse. C'est croustillant de (bonnes) histoires !

dimanche 31 janvier 2010

• Rester immobile - Ramana Maharshi


Je n'ai jamais effectué quelque pranayama [contrôle de la respiration] que ce soit, ni de japa [répétition de mots sacrés ou de syllabes]. Je ne connaissais aucun mantra. Je n'ai jamais fait de sadhana [pratique spirituelle]. Je ne savais même pas ce que c'était. Je ne sais rien au sujet de la méditation ni de la contemplation. Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai découvert ce qu'était la sadhana et combien de différentes sortes il en existait. Je ne pouvais penser à un objet, ou quoi que ce soit, que s'il était différent de moi. Je n'aurais pu pratiquer de sadhana que si j'avais eu un but à atteindre. Il n'y avait rien que je pouvais désirer obtenir. Même lorsque, plus tard, j'ai entendu parler de ces choses, jamais je ne me suis senti attiré par elles. Même maintenant, mon esprit refuse de leur prêter attention. La sadhana sous-entend un objet à atteindre et le moyen de le faire. Qu'est-ce qui se trouve ici à gagner que nous ne possédons pas déjà ? En méditation, concentration et contemplation, ce qu'il nous faut faire est uniquement ne pas penser à quoi que ce soit, mais rester immobile.
Ramana Maharshi

Vu sur la page d’accueil du site Inner-Quest

vendredi 29 janvier 2010

• Un océan de nectar - Ramana Maharshi


QUESTION : On a parfois des flashs d'une conscience, dont le centre est extérieur au moi normal et qui semble tout intégrer.
Est-ce que Bhagavan ne voudrait pas me dire comment faire pour obtenir, retenir, et étendre ces rares flashs ?
Est-ce que les exercices spirituels propres à développer de telles expériences, impliquent qu'il faille se retirer quelque part ?

RAMANA : Vous dites "extérieur" pour qui y-a-t-il un intérieur et un extérieur ? Tout ceci n'existe qu'aussi longtemps qu'il y a un sujet et un objet. Si vous cherchez bien, vous trouverez qu'ils se résorbent dans le sujet seulement. Cherchez qui est le sujet, et cette enquête va vous conduire à la pure conscience au-delà du sujet.

Vous dites le "moi normal" : le moi normal est l'esprit.
L'esprit a des limitations. Mais la pure conscience est au-delà des limitations et est atteinte par l'investigation dans le "Je".

Vous dites "obtenir" : mais le Soi est toujours là. Vous n'avez qu'à enlever les voiles qui vous empêchent de le voir.

Vous dites "retenir" : mais une fois que vous avez réalisé le Soi, il devient votre expérience directe, immédiate. Vous ne pouvez plus le perdre.

Vous dites "étendre" : mais il n'y a pas d'extension du Soi, car il est comme il est, depuis toujours, sans contraction ni expansion.

Vous dites "se retirer" : mais demeurer dans le Soi est solitude, car il n'y a rien d'étranger au Soi. Se retirer veut dire d'un endroit ou d'un état vers un autre. Mais ni l'un ni l'autre n'existent en dehors du Soi. Tout étant le Soi il n'est ni possible, ni concevable de s'en retirer.

Vous dites "pratique spirituelle" : mais cela ne sert qu'à empêcher la perturbation de la paix naturelle. Vous êtes toujours dans votre état naturel, que vous fassiez des exercices spirituels ou non. Rester tel que vous êtes en réalité, sans question ni doute, c'est cela votre état naturel.

QUESTION : Pour réaliser ce bonheur intense, il faut bien qu'il existe quelque chose à saisir, n'est-ce pas ?

RAMANA : Si vous devez saisir quelque chose, cela implique la dualité, mais ce qui est, est le Soi unique, pas la dualité. Par conséquent, qui se saisit de qui ?

QUESTION : Quel est cette conscience et comment peut-on l'obtenir et la développer ?

RAMANA : Vous êtes "conscience" .
"Conscience" est un autre nom pour vous.
Du moment que vous êtes conscience, il n'y a pas besoin de l'atteindre ni de la cultiver.
Tout ce que vous avez à faire, c'est de cesser d'être conscient d'autres choses, c'est-à-dire de ce qui n'est pas le Soi.
Si vous cesser d'y prêter attention, alors, seule demeure la pure conscience, et c'est cela le Soi.

Passages extraits d'un merveilleux blog dédié à Ramana Maharshi. Vous y trouverez de nombreux textes et de belles photos. À savourer...

jeudi 28 janvier 2010

• Partage avec Claudette Vidal

« Partage avec et sans mots dans l'espace du coeur »

Dimanche 10 janvier 2010







Source des vidéos : Le Petit Mas
 

mercredi 27 janvier 2010

• Il y a quelque chose qui est présent... - Rupert Spira


Rupert Spira au Petit Mas








Fichiers audios :

23 janvier 2010 


24 janvier 2010 


Source des enregistrements : l'éveil.org
 

lundi 25 janvier 2010

• Rien étant tout - Tony Parsons


Vous disiez hier que la recherche même fait obstacle à la vision — je paraphrase — il y a une telle virtuosité dans ce jeu d’apparences et de détournement d’attention en quelque sorte, et cela aide à comprendre combien tout cela provient de la même chose…

C’est la même source, oui. Une petite partie ne veut pas être pareil au reste — ou pense qu’elle n’est pas la même chose.

Mais c’est simplement tout le jeu — ou ce qui est appelé le Jeu Divin de…

Il s’agit absolument du jeu divin de l’être . Et l’être n’est aucunement intéressé par l’idée de quelqu’un réalisant ceci ou cela, car il n’est rien d’autre qu’être… et la non-réalisation est également l’être. Ainsi l’être souffre, l’être rit, l’être cherche, l’être trouve, l’être ne trouve pas. Il n’y a pas autre chose que cela. Et naturellement tout cela est totale et pure unicité — il n’y a que cela et c’est donc tout ce qui est. Mais au sein de cette totalité il y a quelque chose qui pense qu’il n’est pas la totalité même, ce qui est aussi l’être, l’être séparé. Être ne fait preuve d’aucune exigence. Mais ce qui survient en l’être est une apparente nécessité, un apparent besoin de découvrir qu’il n’est ni besoin ni nécessité.

Et le mystère de cela est impénétrable — c’est juste un mystère.

Et la quête de cela se reflète dans le monde que nous vivons car tout ce que nous faisons est une quête de cela. Toute religion, toute apparente entreprise personnelle est simplement une recherche de cet « insavoir ».

Une résolution de l’attention sur le mystère, une résolution du sentiment de séparation ?

C’est une recherche pour n’être pas séparé. Le chercheur ne peut voir ceci car ceci est l’être intemporel — l’éternel « étant » qui est hors du temps, hors de l’espace, hors de la possibilité d’être accompli. Ainsi ce que nous tentons d’accomplir ne peut être accompli car c’est déjà tout ce qui est.

C’est plutôt difficile à accepter. Ce que j’ai du mal à accepter, c’est que la quête spirituelle n’est pas meilleure, pas plus élevée, pas plus raffinée qu’une quête pour de l’argent, pour le sexe, le pouvoir ou le reste.

Absolument. Tout désir en fin de compte est la recherche d’un retour « chez soi ». Et ce qui est étrange à propos de ce paradoxe, de ce mystère, c’est que tout ce qui est fait — toute recherche, toute tentative, toute entreprise personnelle, toute construction d’églises et d’empires — est l’être. C’est pur jaillissement de la vie. C’est un paradoxe étonnamment singulier.

N’y a-t-il pas dans quelque ancien texte védique, ou quelque autre chose de ce genre, une mention de la raison pour laquelle il en est ainsi, du pourquoi ? Je sais que la « Bhagavad Gita » dit qu’il ne s’agit que d’une expérience…

Non, il n’est aucun pourquoi et il n’est pas d’expérience et pas de choix. La base de l’explication traditionnelle est que l’unicité choisit de devenir deux, et que si l’unicité a choisi de devenir deux elle pourrait faire le choix de redevenir une à nouveau. C’est un conte de fée fondé sur l’illusion du temps, de la cause et de l’effet. Rien n’est jamais choisi. Tout ce rêve du choix et de la motivation est qu’il y a quelque chose dans le temps qui peut avancer intentionnellement d’un endroit nommé « deux » à un endroit nommé unicité. Il n’y a jamais rien eu d’autre qu’être, et c’est l’éternel rien et tout. Être ne va nulle part et n’a jamais été nulle part. Il n’y a pas de nulle part. Il n’y a ni temps ni espace, sauf en l’apparence. Il n’est rien d’autre que ceci, et ceci est rien advenant.

Et je vois maintenant que la question surgit à partir du point de vue séparé, elle est donc sans réponse par nature, en quelque sorte. C’est simplement une question sans réponse, mais seulement parce qu’elle surgit de la séparation. Car dans l’aperçu de l’unicité, il n’y a pas de question. Il ne surgit aucune question. Il y a simplement une absence de tout besoin de savoir quoi que ce soit car simplement tout est. Et alors cette question n’est qu’une boucle qui survient.


Oui, il s’agit d’une boucle, c’est absolument juste, la séparation engendre la question « pourquoi » et la recherche. Et, comme vous le dites, quand il n’est personne il n’y a aucune boucle et il n’y aura pas de questions. La question ne se pose pas et il n’y a pas de réponses. Il n’est pas de « connaissant » et pas de connu… et il n’est donc personne pour demander « pourquoi ».

Mais c’est bien la question la plus attirante dans ce contexte.

Oh oui, et l’être dans la séparation adore demander pourquoi. Et cette fascination du pourquoi a généré la religion. La question « pourquoi » chez le chercheur a généré le christianisme, le bouddhisme, et tout ce que vous pourriez appeler un enseignement axé sur le devenir. Tout cela est inévitablement fondé sur la conception erronée qu’il existe un individu séparé doté d’une liberté de choix et d’une volonté autonome pour suivre une voie, pour se trouver motivé à évoluer d’un état à un autre état meilleur, pour se mettre en quête et découvrir la réponse pour laquelle il n’est pas de question.

≈≈≈≈≈≈≈

Je me sens très heureux d’être là. Je voudrais aborder le sujet de l’être. Hier j’ai appris une leçon très importante. J’étais en route pour chez moi et j’ai pensé : « Oh, comme j’ai hâte d’être chez moi. » J’ai alors réalisé qu’en fait, je me déchirais en deux car j’affirmais implicitement que mon état de voyageur était inférieur au nirvana du « simplement ceci ». Et je me suis dit : « Attends un peu Robert, c’est toi ici, arrête de t’hypothéquer pour un événement futur, c’est en fait parfaitement ok de se trouver sur la Northen Line ».
Oui. Mais ce n’est pas quelque chose que vous avez fait, cela c’est simplement produit. Et avoir hâte ou se projeter en avant est aussi l’être.

Cela s’est simplement produit ?

La difficulté pour le chercheur est qu’il croit devoir faire quelque chose à propos de son état, ou devoir être dans un autre état qui le libère de l’état dans lequel il pense qu’il est.

Vous êtes un bourreau du cerveau de gauche, n’est-ce pas ?


Oh, vraiment ?

Oh, vraiment

Eh bien d’accord, je suis le tortionnaire du cerveau de gauche. (riant) À Amsterdam, je suis « Le Terminator » et ici « le tortionnaire du cerveau gauche ».

Vous vous souvenez avoir dit qu’il y a seulement conscience ?

Non, il y a seulement être. La conscience survient, ou ne survient pas, en l’être.

Il y a seulement être. Et vous parliez de la conscience comme d’un sens.

Eh bien, à mon sens, la conscience est un état fluctuant, ou un endroit en lequel ou hors duquel vous pouvez vous trouver. Cela reste dans l’histoire.

Je dis cela car je pensais à l’instant — lorsque vous vous teniez là — que j’étais conscient de votre gauche et au delà jusqu’au fond de la pièce. Je suis également conscient que mes épaules sont un peu tendues, mais personne d’autre dans la pièce n’en est conscient.

Non.

Alors c’est comme si nous avions tous des consciences séparées.

Certes, il parait en être ainsi, et ce que je suggère, c’est que toutes ces choses que vous venez de décrire sont simplement quelque chose qui se produit. C’est être étant « épaules tendues », ou c’est être apparaissant en tant qu’ « à gauche de Tony Parsons ». La conscience n’est pas nécessaire pour qu’être soit, mais le chercheur le pense.

Mais ce qui se prod
uit ici est quelque peu différent de ce qui se produit là-bas.

Ce qui est également suggéré, c’est qu’il n’est pas d’ « ici » ou de « là-bas ». Il semble à l’entité apparente qu’il y a une localisation, et il semble qu’il y ait un « ici » et un « là-bas ». Il n’y a ni « ici » ni « là-bas » et ces épaules tendues sont simplement être étant « épaules tendues » tout comme être ce côté gauche est être étant « côté gauche ». C’est encore et toujours être.

Mais il s’agit d’une quantité de petits brins d’information différents.


Oui, cela semble certainement différent, mais c’est l’un étant tout et par conséquent apparaissant être différent. Tout cela est simplement le déploiement de l’unicité. Tout cela est simplement être.

Que faisons nous de tous les brins d’information qui nous arrivent en permanence?

Rien.

Rien ? (riant)

Il n’est personne pour pouvoir faire quoi que ce soit et il n’est rien qui ait besoin d’être fait ou su ! Il n’y a jamais eu personne pour faire quoi que ce soit. Tout le malentendu qui nous maintient fermement dans l’impression d’être séparé tient dans l’idée que nous puissions faire quoi que ce soit ou que nous ayons besoin de faire quoi que ce soit. Pourquoi avons-nous besoin de faire quoi que ce soit ? Il y a simplement ce qui survient. Tout est immaculément complet et sans besoin.

Alors de quoi devrions-nous être conscient?

De rien. (riant) Vous voilà reparti avec l’obligation de devoir être conscient, qui est un état éphémère. Il y a simplement ce qui survient. L’idée d’être conscient de quelque chose est un piège. La conscience nécessite un autre et se niche encore dans l’histoire du dualisme… il n’est pas d’autre.

Mais ce qui survient change ; cela change de seconde en seconde. Ce n’est pas constant.


Oui. Cela paraît certainement changer, mais tout semble seulement changer ou être différent ou séparé du reste. Tout ce qui survient est ÊTRE survenant en apparence.

Alors où est la constante?

La constante est être. Et être est partout et nulle part. Ce qui survient c’est l’être surgissant et se mouvant. Et être est tout ce qui est.

Et où suis-je en relation à ce qui advient?

Vous n’êtes pas. Il n’est personne. Il n’est pas de relation. Tout ce qui est est être et l’idée d’un « moi » surgit en l’être.

Humm-mm. (riant) Eh bien, qu’elle est la valeur de savoir cela ?

Absolument aucune. Il n’y a absolument rien à vendre ici. Pas de valeur, rien à prendre. La chose la plus merveilleuse qui pourrait surgir de ceci est rien. Si vous sortez d’ici avec quelque chose, vous êtes encore quelqu’un avec quelque chose. « Je sais que j’ai cela. Ceci est à moi pour en faire quelque chose. » Si ceci est véritablement entendu, il sera clairement vu qu’il n’est rien à obtenir ou à savoir. Il y aura seulement et simplement ce qui apparemment survient. Il n’est nulle part où aller. Il n’est pas de but, pas de carotte, pas de récompense. Tout ce qui est est ceci. Mais la différence entre ce qu’il y ait simplement ce qui arrive et le sentiment que cela « vous » arrive est incommensurable.

≈≈≈≈≈≈≈

Je peux comprendre qu’il n’est ni personne ni libre choix. Ce que vous semblez affirmer est qu’il n’est pas de passé où cette personne a été conditionnée en quoi que ce soit. Est-ce exact ? Il n’y a pas de passé ?

Il parait y avoir un passé et un conditionnement qui surgissent. Il n’y a que l’être intemporel apparaissant en tant que cela.

Donc en ce sens, passé et conditionnement ne se sont pas produits. Alors où est le présent ?

Il n’y en a pas.

Il n’y a pas de présent non plus ?

Il n’y a rien qui se produise. Il n’y a pas de passé, pas de futur, pas d’au-dessus, pas d’en dessous, il n’y a pas d’au-dedans, pas d’au-dehors. Il n’y a pas de moment présent. Montrez-moi donc le moment présent… où peut-il être ? Il n’y a pas de présent non plus ?

Est-ce parce que ce sont des concepts ?

Oui. Ils ne sont que le rêve ou la croyance et l’expérience d’une personne séparée surgissant dans ce temps, ces buts, ces significations, ces intentions, ces causes et effets, ce karma, ces vies passées… toute cette histoire rêvée survient en tant que ceci. Dès l’instant où nous devenons séparé nous espérons une réponse et nous attachons à cet espoir l’idée : « Oh, il doit y avoir une signification à tout cela. Pourquoi cela se produit-il ? Pourquoi ne suis-je pas au paradis ? Où est le bien ? Pourquoi l’ai-je perdu ? Il doit y avoir un sens à cette vie, alors ce que je dois faire, c’est trouver un sens. » Et nous allons voir des gens qui nous enseignent le sens. Nous allons voir des maîtres illuminés qui nous disent : « Oui, il y a un sens. Je vous enseignerais comment le trouver par des efforts, des sacrifices, le dévouement, la dévotion, le changement, l’affinement personnel de l’organisme corps-mental ou tout autre enseignement orienté sur le devenir.

S’il n’est pas de sens, pas de signification, qu’est-ce qui vous empêche de devenir une patate vautrée sur un canapé ?

Rien. Si patate vautrée sur canapé survient, cela survient. Il n’est personne pour choisir d’être une patate sur un canapé ou de ne pas l’être. Beaucoup de monde — des enseignants spirituels — affirment : « Eh bien, Tony Parsons professe la paresse spirituelle. » Bien sûr ils n’entendent pas réellement ce qui est dit ici. Ils s’imaginent que Tony Parsons dit : « Il n’est rien que vous puissiez faire, alors affalez-vous devant Plus belle la vie », mais en fait ce n’est pas cela le message. Le message fondamental est : il n’est aucune chose telle qu’une entité séparée dotée d’une volonté propre ou d’un libre choix et par conséquent, personne ne peut choisir de regarder Plus belle la vie ou de ne pas le regarder. Ce qui est apparemment fait ou pas fait n’a absolument rien à voir avec être.

Ainsi quand vous êtes attaché à votre identité, vous cherchez à influer sur le cours des choses, vous essayez de vouloir et de faire des choses.


Vous rêvez que vous faites ces choses et avez besoin de les faire pour obtenir plus de choses encore.

Alors cela disparaît tout simplement ?

Ce qui disparaît, c’est celui qui se sent séparé et n’en a pas besoin. Il n’y a qu’être. Cela ne peut se concevoir, cela ne peut se décrire. Cela ne peut même pas être su.

Cette histoire est tellement irrésistible. C’est tellement fascinant.

Irrésistible et fascinant pour « vous ». Si vous ôtez le « vous » de la survenue, il reste simplement ce qui survient. Qu’est-ce qui est irrésistible à propos de ce qui survient là, tout de suite ? Je veux dire, c’est ce qui se produit, tout simplement. Quelle est la compulsion ?

C’est une histoire mentale qui donne l’impression d’être très vraie.

Mais où est cette histoire, là, tout de suite ? Y a-t-il une histoire ? Qu’est-ce qui arrive là ? Qu’est-ce qui est ressenti dans le corps — là, tout de suite ?

Une fatigue.

Bon, alors c’est ce qui est. C’est ceci, l’être étant. Mais l’esprit se saisit de la fatigue et décrète : « Eh bien, c’est ta fatigue et ce que tu dois faire maintenant c’est aller te coucher, ou ne pas travailler si dur, ou mieux dépenser ton énergie. ». Et vous voilà à nouveau de retour dans une histoire tentant d’améliorer les choses pour vous.

Oui. Et c’est parce que la fatigue est là.

Non. En réalité, c’est parce que « vous » êtes encore là, prenant possession de la fatigue. Ensuite après le lit et douze heures de sommeil, vous vous approprierez la sensation de se sentir mieux. C’est toujours en train de vous dire : « Tu vas te sentir mieux — ou pire. » C’est la plus grande et la plus puissante addiction qu’il y ait… vous.

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Quelle sensation accompagne le fait que vous vous teniez ici en cet instant même ? Y a-t-il moyen de décrire cela ?

Chaleur. Être chaleur, excitation, pieds posés au sol. Quelqu’un remuant juste là-bas. Des voitures qui passent.

Mais tout cela ne s’additionne-t-il pas en une sorte de quelque chose ?


Non, il s’agit simplement de ce qui est apparemment en train de se passer. Le sans forme assumant une forme… être étant.

Soit, alors il ne sont pas liés. Je pense que peut-être c’est nous qui établissons le lien.


Oh, l’entité séparée les lie et les arrange en une histoire qui peut être sue. Et elle rêve aussi que ce qui arrive lui arrive à elle et que cela a du sens et un rapport avec se rendre quelque part.

Ok, ce dont je fais l’expérience — c’est absolument vrai — est un incroyable sentiment de vulnérabilité, comme si la carapace tombait.


Oui.

Et ça me donne un peu la chair de poule. Je me sens comme…

Courant un risque ?

Oui. Cela donne l’impression que quelque chose à été ôté, comme la carapace d’une crevette ou quelque chose de ce genre. Si vous ôtez la carapace il n’y a simplement plus de protection. Et la sensation est inconfortable. Si je ne m’absorbe pas dans une histoire c’est physiquement inconfortable.

La façon dont vous vous retrouvez vous-même et retrouvez une impression de sécurité, c’est en vous absorbant dans l’apparente histoire de « vous » dans le temps.

Oui, mais est-ce que vous même endurez simplement cette insécurité et faites avec ?

Non, il n’est personne pour endurer quoi que ce soit, il y a seulement nudité.

Tout simplement survient, alors ?


C’est comme être nu et ouvert à tout et il y a là une impression de risque. Tout est soudainement inconnu et très vivant… il n’y a pas de filtres.

Vous vous y habituez ?

Il n’est personne pour s’habituer à quoi que ce soit. Il n’y a pas les filtres artificiels que vous apportiez auparavant en tant qu’individu. C’est pourquoi cela n’a rien à voir avec ce que les gens nomment le détachement. C’est la vie se déployant totalement et sans retenue… pour personne.

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Quatrième de couverture

Au cours de l’histoire de la quête de l’humanité pour la vérité éternelle, a émergé de temps à autre un message révolutionnaire et radical qui a transformé toute notre perception de ce que veut dire être en vie.

L’un de ces évènements précisément se produit tout près de nous en ce moment même, et une fois encore il ne sera entendu que par un petit nombre.

Cette communication vivante, vitale, est aisément accessible. Sa simplicité limpide illumine tout ce qui a été auparavant. Son essence est tissée dans les brins les plus fins de toutes les Écritures, mais elle s’y trouve recouverte par les dogmes issus de l’esprit… et cependant la vibrante immensité sans borne de sa dynamique balaye tout attachement à la tradition, au lignage et à la hiérarchie.

Tout ce qui se présente aujourd’hui comme un « enseignement spirituel » n’a rien à voir avec ce qui est communiqué ici. Même les prétendus enseignements « Advaita » ou « non duels » qui récemment font pléthore passent encore presque tous des arrangements avec le chercheur. Ils chancellent au bord de l’infini en en cherchant une voie d’accès. Ce message est inévitablement singulier et se situe à part, quel que soit l’endroit ou le moment de sa communication. Et lorsqu’il est réellement entendu, sa fondamentale et intransigeante différence est reconnue de façon inhérente.

Alors voilà le trésor en notre sein, prêt à être re-découvert. Voilà la coupe prête à être bue. Mais dans la redécouverte nous sommes dépossédés de la quête, du rêve, et de tout espoir qui nous constituent, et ce qui demeure est une liberté sans prix.

Merci !

Richard Harris
New England