lundi 6 juillet 2015

• Respirons, simplement, au coeur de l'apparent paradoxe - Suyin Lamour


Il n'y a rien à faire... ou pas ?

Cette question revient souvent chez les chercheurs spirituels:


S’il n’y a pas d’individu aux commandes de l’organisme, si « personne ne fait rien », à quoi cela sert-il de faire des demandes ou des prières, et à quoi bon pratiquer pour s'éveiller ?


Observons ce qui est à l’origine de cette question. 


Y-a-il quelqu’un qui pose la question ? Y a-t-il une personne qui a compris qu’il n’y a personne et qui se demande si elle doit continuer ou pas à tendre vers un but, un idéal ? Cette phrase, par son absurdité, contient la réponse. 
Evidemment non.
Personne ne se pose cette question. 
Cette question est une pensée qui apparaît dans la conscience, produite par une croyance, un mécanisme neuronal. 
La croyance que puisqu’il n’y a personne aux commandes, alors il ne faut rien faire car on ne peut rien faire.
C’est une récupération subtile du mental.
Remontons un peu plus loin.
La pensée de faire une demande ou de pratiquer apparaît.
A sa source, un mouvement d’énergie, une vibration, la saveur de la liberté et de la connaissance qui répand son parfum depuis l’absolu et que l’organisme perçoit.
La pensée, miroir du système de croyance, la transforme en quête si cette vibration est filtrée par la croyance « je suis un individu séparé ».
Et s’il s’y rajoute la croyance « il n’y a personne aux commandes de l’organisme », cela donne : « je veux me libérer, ou améliorer ma vie, mais je ne peux rien faire ». Avec pour conséquence un sentiment d'absurdité ou de désespoir.
Pourtant, il est fréquent qu’une demande soit entendue, qu’une question posée à l’univers reçoive une réponse, qu’une guidance soit offerte au cœur qui prie sincèrement, qu’une pratique permette de franchir des caps ou ouvre des portes.
Alors qu’en est-il de l’utilité de la demande ou de la pratique ?
Qui pose la question de cette utilité ? Personne.
S’il est bien compris qu’il n’y a personne à l’origine de cette question, alors toute demande ou désir de réalisation peuvent être accueillis, s’exprimer librement, et attirer ainsi l’attention vers leur source. La conscience répond à la conscience.
Cela se fait naturellement dès qu’il n’y a aucune résistance à ce qui se manifeste.
Il n’y aucun problème avec les demandes ou avec les pratiques, ce ne sont pas des pensées ou des élans volontaires, personnels.
Il n’y a jamais rien de personnel.
L’idée de lâcher toute pratique ou demande ne l’est pas davantage.
Ce sont seulement des mécanismes à l’œuvre.
A l’origine de tout cela, la croyance « je suis un individu séparé ».
Du point de vue impersonnel, aucun problème avec cette croyance non plus. Personne n’en est responsable. Il n'y a personne en réalité qui croit à cette notion, à ce concept de séparation. C’est juste un programme qui a été installé dans le système neuronal de l’organisme.
Il n’y a rien à faire. C’est profondément vrai.
Mais si cela devient une croyance, cela a pour conséquence un blocage de l’énergie créatrice, et du processus d’éveil. 
Cela n’a pas à être cru. Cela ne peut être qu'une évidence qui découle de la vision impersonnelle. Et dans cette vision, tout ce qui doit se faire se fait sans volonté, et sans résistance à l’action.
En conséquence, tant que cette évidence n'est pas vécue, inutile de rajouter une souffrance à la quête en se croyant piégé dans un paradoxe. Personne n'est piégé. Il n'y a que des mouvements de vie qui s'expriment, des croyances qui créent des pensées et des états de perception. Respirons, simplement, au coeur de l'apparent paradoxe, et suivons le courant de la vie telle qu'elle s'exprime, sans chercher à comprendre ni à savoir ce qu'il faut faire ou pas...
Bienvenue sur le site de Suyin Lamour.
À lire : La joie d'être (Éditions AccariasL'Originel).

vendredi 3 juillet 2015

• La pensée de "l'éveil" est une imposture - Stephen Jourdain

PETIT LEXIQUE SPIRITUEL
à l'usage du chercheur inlassable




ÉVEIL

G. M. : L'éveil est devenu de nos jours le terme qui désigne le centre de toute quête spirituelle. Vous-même, vous ne cessez de tenter une description de cette autre rive de soi-même qu'est l'éveil. Malheureusement pour ceux qui restent du côté de la rive enténébrée, toute description ne fait que stagner la plupart du temps dans les eaux boueuses de la représentation intellectuelle. Ne pourra-t-on jamais définir ce mot ?

S. J. : Non bien sûr, mais on peut essayer d'approcher son sens de la façon la moins tendancieuse et la plus descriptive possible.

G. M. : Pour rester simple dans l'approche de ce mot éveil, ne pourrait-on pas dans un premier temps, parler de nos trois états de conscience : sommeil, veille, éveil en partant de ce que chacun connaît, c'est-à-dire la différence entre le sommeil et la veille pour faire ensuite la distinction entre la veille et l'éveil ?

S. J. : C'est vrai que l'analogie avec le sommeil nocturne et l'éveil matinal est très grande. Dans les deux cas, il y a retour à la conscience. C'est très clair.

Ce qui se produit lorsque l'on dort physiquement et que l'on s'éveille le matin en se dressant tout d'un coup dans son lit ressemble beaucoup à ce qui se passe lorsqu'un homme s'éveille alors qu'il ne dort plus, alors qu'il veille, du moins, croit veiller. Quelqu'un qui se souvient bien de ces éveils en sursaut de l'enfance attache une grande importance à ce moment du retour à la conscience, qui lui apparaît comme l'une des expériences les plus mystérieuses et les plus émouvantes qui soient. Le retour à la conscience de l'éveil matinal a pour base le sommeil et les rêves.

Mais l'éveil matinal n'est que la prémisse balbutiante de la véritable accession à la conscience, de "l'éveil", qui s'effectue à partir d'une toute autre base. Tout se passe comme s'il subsistait un résidu mystérieux de sommeil et de rêve dans la texture même de ce que nous considérons comme l'état vigilant. "L'éveil" dissout de façon fulgurante cette obscurité et cette hallucination résiduelles, il met fin à un sommeil métaphysique. "L'éveil" foudroie sur place un rêve qui s'épanchait dans ce grand sommeil qu'est l'état conscient habituel. L'analogie a des limites, mais il est vrai qu'elle est très grande, et surtout très utile pour se faire comprendre.

G. M. : Si cette analogie fonctionne bien, quelle est l'information préalable qui manque pour qu'elle fasse sens de façon plus décisive ?

S. J. : Il n'y a aucune pré-connaissance de "l'éveil", il n'y a pas d'avant-goût de "l'éveil". Quand "l'éveil"' jaillit, on réalise immédiatement que l'on ne savait préalablement rien sur la nature de "l'éveil". Admettons que quelqu'un cherche une telle chose, soudain il l'atteint : il comprend aussitôt qu'il cherchait une toute autre chose. "L'éveil" se révèle comme l'irruption d'un principe totalement neuf et inédit, dont la notion n'existe simplement pas dans l'état conscient habituel.

G. M. : On ne peut pas faire de description de l'éveil, on ne peut pas non plus s'en faire la moindre idée. Est-ce qu'on ne risque pas de faire un monument inaccessible de ce mot éveil tout comme pendant des siècles on a fait un monument indescriptible et inaccessible du mot Dieu. On dirait qu'avec ce mot à la mode - éveil -, on aurait tout simplement ravalé la vieille peinture du monument Dieu.

S. J. : C'est une très bonne remarque. Le danger majeur qui guette l'homme qui aura entendu parler d'un tel éveil est la conception perverse qu'il va s'en faire, le statut d'objet extérieur, et simplement d'objet, qu'il va lui conférer. "L'éveil"-objet est un néant profond. Le pire est que cet objet va acquérir rapidement un aspect monumental, la naïveté humaine incline vers le monumental. Sans s'en rendre compte, cet homme va glisser de l'erreur spirituelle, excusable, à la trahison spirituelle, et se mettre à adorer une abstraction, une entité. Objectiver "l'éveil", ce n'est pas une bonne façon de frapper à sa porte. Déifier "l'éveil", c'est prendre le risque de s'aliéner à jamais ses bonnes grâces.
"L'éveil" est sujet pur, moi pur. "L'éveil" n'est en aucune façon dissociable de moi. "L'éveil" jaillissant récuse comme hallucinatoire "l'éveil"-objet et "l'éveil"-lui.

G. M. : Qu'entendez-vous plus précisément par "l'éveil"-objet ?

S. J. : "L'éveil"-objet, c'est la pensée de "l'éveil". La pensée de "l'éveil" est une imposture, qui doit être dénoncée farouchement.

ÉVEIL=MOI

G. M. : Si je comprends bien, "l'éveil" reviendrait à dire "l'éveil c'est moi", mais en fait, ce moi n'est pas moi en tant qu'objet, ni même en tant qu'état, ce n'est même pas un événement non plus.

S. J. : La proposition sacrée, première, inscrite en lettres de feu dans ce miracle qu'est "l'éveil", est : Je suis personnellement cette conscience infinie, cette conscience infinie est moi. L'intuition de cette identité absolue de "l'éveil" et de moi est une même chose que "l'éveil".

Très curieusement cette proposition est souvent correctement formulée par des esprits à la fois ouverts et brûlants : "éveil" = moi, conscience infinie = moi. Mais rien ne se passe et on se demande alors : nom de Dieu, pourquoi cela ne marche-t-il pas ? Et la question est empreinte de rage, car "l'éveil" est une potentialité de tout esprit humain, et que le type qu'on a devant soi est à un cheveu de l'actualiser.

Si la proposition magique fait long feu, c'est qu'elle n'est correcte que formellement. Le mot "moi" est là, pas le sens "moi", ce qui est véritablement signifié est "lui" = un objet. Le mot sacré "moi" a été vidé de sa signification personnelle, et ceci n'est pas pieux, ni intelligent, ceci est un sacrilège stupide.

Il faudrait donc ajouter cette précision, "l'éveil" = moi, oui, mais moi c'est... MOI !

(En prononçant ce dernier "moi ", Stephen Jourdain pointe vigoureusement ses deux index en direction de sa poitrine.)


G. M. : En vous écoutant un autre mot me vient à l'esprit, c'est celui de conscience pure. Par rapport à cet "acte d'éveil", est-ce que la conscience pure n'est pas le point central de cet événement ?

S. J. : "L'éveil" est le surgissement de la conscience-moi infiniment consciente d'elle-même. "Eveil" c'est un bon mot, "l'éveil" cela chosifie et généralise dangereusement le sens du mot, mais il faut bien s'exprimer ! Je me console en me disant qu'au moins j'emploie ce substantif dans son sens propre, et non dans un quelconque fumeux sens figuré, où il ne resterait rien de la notion fondamentale de vigilance. "L'éveil" est un événement, la plus colossale et la plus décisive des révolutions que puisse connaître le "dedans" d'un homme, et il est également vrai que l'événement ici est datable... Impossible de ne pas tenir ce langage. Et en même temps, impossible de ne pas le désavouer aussitôt, de ne pas affirmer que "l'éveil" est un non- événement pur. Quand un chien se trouve devant une contradiction, il se gratte, moi je parle d'un non-événement majeur.

Conscience pure. Pure de quoi ? On pourrait se le demander. Mais l'épithète est juste. "Infinie", là c'est strictement descriptif, il y a dans cette conscience un infini qui n'a rien de théorique, un infini, aussi peu discutable que la présence du soleil dans le ciel d'août. "Un infini patent d'active conscience", je me cite. "Absolue" ? Je n'utilise ce terme que rarement, je le trouve lourd.

G. M. : Le mot de vigilance pourrait-il s'associer à celui d'éveil ?

S. J. : Les mots en français qui sont immédiatement adéquats à "l'éveil" sont en nombre extraordinairement restreint. Il y a conscience, vigilance, être, moi, valeur suprême, et puis basta ! Ecrire sur cette chose est une gageure, c'est comme essayer de composer une symphonie pour trois doigts. Vraiment difficile d'accomplir un acte littéraire avec cinq mots - mais on peut s'en sortir !

Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Antoni-L'Originel

mardi 9 juin 2015

• Il n’y a personne pour être une personne - Suyin Lamour


La dissolution

Je sais maintenant ce qui devait mourir, être dissout. Non pas le personnage-moi, puisqu’il n’existe pas. Mais la croyance en l’existence de ce personnage.
L’individu est en réalité un repliement, une densification de conscience. La conscience se déplie, et c'est toujours de la conscience. C'est la même chose. Il n’y a pas de séparation entre l’ego et la conscience. L’ego est de la conscience qui se prend pour quelqu’un.
Lors de la première révélation, j'étais La conscience cosmique. C'était une forme d'identité. Je ne cessais de répéter, émerveillée : « Je Suis ! »
L’univers, que j’étais, était une entité intelligente. Un être infini, mais un être.
Là, le "je" n'a plus de consistance. Il n'y a pas quelqu'un ou quelque chose qui est, il y a seulement le fait d'être.
Et là, pas de coeur qui s'ouvre, pas d’état extatique.
Je m’étonne de ma neutralité.
Pas même la joie d'avoir trouvé, car personne n'a rien trouvé. Ni celle d’être libérée, car il n’y avait personne qui était en prison.
Tout ce qui pouvait me définir s’effondre.
La notion d’individualité se dissout, puis j’entends une petit voix inquiète en moi dire « pourtant j’existe bien, quand même ! » Je souris. Comme si pour exister, je devais me définir. Comme si ne plus être quelqu’un ou quelque chose, c’était ne plus être.
Je la rassure. Oui, il y a bien existence. Il y a bien le fait d’être. Il n’y a rien d’autre que cela.
La nécessité d’écrire est là.
Ces premiers mots jaillissent sur la feuille :

Il n’y a personne pour être une personne.
Il n’y a personne qui voit, il y a le fait de voir.
Il n’y a personne qui pense, il y a le fait de penser.
Il n’y a personne qui est, il y a le fait d’être.
Celui qui croit voir, penser, être, n’existe pas.
Est-ce qu’il y a quelqu’un qui perçoit tout cela ?
Non, il y a le fait de percevoir.
Est-ce qu’il y a une entité qui est une conscience ?
Non, il y a de la conscience.

Je pose le cahier et observe ce qui se vit en moi. L’énergie est surtout dans la tête. Des pensées en forme d’Eureka fusent toutes les secondes. C’est pour cela qu’il me faut écrire. Je ne peux les contenir.

La crainte de ne plus pouvoir dire "je" me traverse. J’écris, et en écrivant, le « je » survient tout naturellement. Mais ce mot ne sonne plus que comme un simple outil de communication, d’expression. Il a perdu son sens.

Le monde tel que je le perçois n'existe que pour ce personnage que la conscience joue à être. Ce personnage n'a aucune réalité objective, et donc aucun pouvoir réel.
Il ne possède rien ni ne décide rien.
Il n'y a rien qui appartienne à quelqu'un. "Mes" émotions, "mes" pensées, "mes" réactions, sont des phénomènes énergétiques qui se produisent dans le réceptacle que je suis, et auxquelles le mécanisme de mon psychisme donne une forme déterminée. Il se les approprie alors qu'il ne joue qu'un rôle de récepteur. Mais même quand je dis "mon psychisme", cela sonne faut. Il n'y a personne a qui appartienne ce psychisme ! Il est juste une manifestation de la vie.
Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel

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Et une fois n'est pas coutume, j'ai l'immense joie de vous annoncer la nouvelle parution de mon tout premier livre, L'art et la pratique spirituelle du Reiki, qui vient d'être re-publié en format papier aux Éditions Grancher.
La mise en page a été particulièrement réussie. Le texte a été revu, corrigé et augmenté (notamment, l'aspect historique a été entièrement ré-écrit pour l'occasion).



lundi 8 juin 2015

• Atma Yoga - Patrick Vigneau


Préface
Eté 1981, j’ai 24 ans. Avec ma compagne, nous sommes en voyage en Inde. Nous commençons à faire des projets d’avenir : avoir un enfant, une maison, etc…
Je suis sur la plage, quand soudain, l’horreur. Tout s’écroule violemment : l’accident. En quelques instants, là, ma compagne se noie … Abomination, trou noir, fin du monde. Tout disparait. Le temps s’arrête dans la souffrance totale. Il n’y a plus que le néant.
Quatre jours plus tard, on me conduit près d’une dame indienne. Elle ne parle pas anglais, je demeure en silence près d’elle. En sa présence, la souffrance disparait. Mystère, il y a un grand calme en moi. Dès que je la quitte, la souffrance revient.
Alors le lendemain, je retourne auprès de cette dame: même sensation absolue de calme. Par un interprète je lui demande : « est-ce que je peux ressentir toujours cette paix ? »
En me regardant fixement, elle me répond : « oui ».
Une étoile s’éclaira dans ma conscience tétanisée !
C’est absurde de mourir, à 24 ans. Je ne peux pas admettre que cela n’ait aucun sens, que ça ne serve à rien. Sinon il n’y a qu’à se suicider, tout serait plus simple, et pourtant je n’avais pas l’impulsion à le faire.
On naît, on meurt. Entre les deux, il y a la souffrance. A quoi bon cette vie ?
Je chercherai la paix intérieure et quand je l’aurai trouvé, j’aiderai ceux qui la cherchent. Je le ferai pour toi, ma bien-aimée.
C’est ainsi que la Sadhana a commencé.
Ce petit livre n’est pas uniquement un ouvrage présentant les concepts subtils des yogas de l’éveil.
Il se veut pédagogique, en faisant « toucher » la sensation d’être tout ou tout au moins de n’être pas uniquement un mental pensant enfermé dans un corps.
Tout au long de ce texte, vous trouverez en italique des invitations à pratiquer le rappel de la conscience, pour lâcher la lecture quelques instants et ressentir le moment présent.
Dans l’attention totale à ce présent, la conscience du moi disparaît, même si c’est provisoire. Cela éveille la sensation de l’Unité.


« Entrez profondément dans le silence. Regardez la lumière qui est l’Atma. Alors, par le pouvoir de l’Atma, tout votre être sera illuminé. »
Maa
Introduction
Il arrive dans la vie, des moments où se concentrent des choix essentiels. Des moments où le feu de notre âme nous rappelle à l’action juste.
Il est maintenant ce moment où nous sommes invités, à la faveur d’une mystérieuse conjonction, à quitter le port et reprendre la mer, à partir vers l’inconnu.
Il est maintenant ce moment où nous pouvons oser
chercher ce que nous sommes en vérité.
Cette aventure est d’autant plus impérative que les formes nouvelles du spirituel restent enfermées dans des recherches de « toujours plus », qui ne sont que le désir d’un super-ego, avec toujours un manque essentiel.
Il s’agit de démystifier la quête essentielle. Il s’agit de se libérer de la fascination pour les magies de puissance. Il s’agit de ne plus se laisser hypnotiser par l’appel du merveilleux.
Il s’agit de voir tous ces pièges qui droguent les consciences humaines, maintenant le chercheur spirituel dans un infantilisme sclérosant.
Les temps ne sont plus à l’adoration des héros, des demi-dieux, des maîtres, ni à la recherche de quelques secrets cachés, mais à la reconnaissance de notre liberté spirituelle souveraine, à l’aventure libre enfin de la conscience et de la joie.
L’éveil à notre liberté essentielle apparaît comme un but de la vie spirituelle. Cet éveil donne le sentiment d’être soudain.
Cependant les événements qui y conduisent sont progressifs. Y aurait-il un processus décelable ?
Parfois des événements tragiques comme la mort d’un être cher, une maladie grave, la perte d’une carrière, contribuent à affaiblir la carapace de notre identité.
Car finalement, c’est bien par la perte de nos illusions que la vérité apparaît. Cela peut survenir de façon brusque, cela peut survenir de façon progressive. Tout dépend du regard.
Pour faciliter la vision d’ensemble de cette proposition, nous allons l’aborder par une expérience personnelle. Un cheminement avec l’Atma yoga, à partir de ma rencontre avec un maître spirituel, rencontre qui se fit justement suite à un effondrement.
Puis nous porterons notre attention sur une tradition millénaire, l’Advaita Vedanta, la voie de la Non-dualité. Cette tradition, toujours vivante, et si vaste a tant de choses à nous dire.
Enfin nous poserons un regard sur le devenir de notre monde, et notre place dans l’évolution.
Car, après avoir cherché à sortir de la souffrance, après avoir trouvé une plénitude intérieure, se pose cette question : nous, tous ensemble, où allons-nous ?
C’est mon cheminement évolutif qui se dévoile, commencé consciemment depuis maintenant 33 ans, après un choc violent avec la vie. S’il peut aider quelques personnes à mieux comprendre là où elles vont, ce livre sera un merveilleux cadeau.
Le chemin que je vous invite à découvrir s’appelle l’Atma yoga. Il conduit à l’éveil par la pratique intérieure. Il s’agit d’un chemin traditionnel. Je n’ai jamais été attaché à la tradition, mais avec le recul m’apparait la beauté et la valeur de cette démarche qui consiste pour une personne de se faire accepter par un maître. On demande pour devenir disciple. Cela n’a rien à voir avec le fait de payer un stage d’initiation…
Chemin de diverses pratiques spirituelles qui balisent l’évolution de la conscience
Chemin d’accompagnement qui permet de traverser les différentes résistances de l’ego.
Chemin solitaire aussi car souvent on se sent seul au milieu du monde.
Avec du recul, ce chemin ne fut pas si difficile, même s’il y a eu des périodes de doutes, de désespoir, de lassitude. Mais impossible de retourner en arrière. Seul le « faire du sur-place » est possible.
Il y a eu des décisions fortes à prendre, des choix de vérité difficiles à réaliser.
Il y a eu l’isolement et la solitude, et aussi le dépouillement matériel. Mais il y a eu aussi la providence. Et là, une certitude s’installe.
« Quand tout va mal, il faut chanter Dieu, il faut chanter Dieu, même sans y croire. Cela agit toujours », m’avait dit une religieuse malicieuse.
Et il est toujours venu du secours. Il vient toujours. Je l’ai vécu de nombreuses fois.
Un jour, je faisais du stop ; la faim me tenaillait le ventre. Je fouillai dans ma poche à la recherche de quelques sous pour acheter une demi-baguette. Rien. Plus un sou. Dépité et dubitatif quant à ma situation, je commençais à m’inquiéter. Alors pour occuper mon mental, je fredonnais «Mon Seigneur et Mon Dieu, je m’abandonne à Toi»: Quelques instants plus tard un vieux paysan s’arrêta et proposa de m’emmener dans sa 4L. Lorsque je descendis de sa voiture, il me tendis alors un billet de 10 Francs, sans que je ne lui ai dit quoi que ce soit à propos de de ma faim, et de mon dénuement. Qu’est ce qui a poussé ce vieil homme pauvre à me donner de l’argent alors qu’il ne connaissait pas ma situation?
La providence agit. J’en fis plusieurs fois l’expérience. Est-elle réservée à certains élus? Je ne le pense pas, mais ce que je crois c’est que souvent nous ne la voyons pas à l’oeuvre. Alors qu’elle est toujours là!
La providence a une action pédagogique, elle nous tend la main pour nous conduire plus loin. Et ce plus loin, c’est toujours tout autre chose que ce que l’on croit.
Souvent, quand on est en chemin spirituel, on souhaiterait passer plus de temps à méditer, avoir moins de contraintes, se trouver dans un lieu plus propice. Mais nous sommes tous exactement là où nous devons être. Si nous devions être en longue retraite, nous y serions, si nous devions vivre en Inde, nous y vivrions. Si tel n’est pas le cas, c’est que la vie nous indique que ce que nous devons apprendre est exactement là où nous sommes, tout au moins pour le moment.
J’ai fini par le comprendre, mais j’y ai mis du temps. Parce que l’univers et Dieu sont Un. Ce qui implique qu’il n’y a pas la moindre opposition entre ici et là-bas, entre l’action dans le monde et la contemplation de l’âme.
Il faut juste vivre au mieux, d’instant en instant, c’est-à-dire dans un accueil détendu….essayant de rester réceptif à la grâce par une attention bienveillante.
Chacun a son chemin. Il est inutile de le comparer avec d’autres. Tous mènent au même but, car il en a qu’un. Mais certains sont très tortueux, d’autres directs...
J’ai commencé le chemin avec le Kriya Yoga, je l’ai poursuivi avec le Jnana Yoga. Et cela m’a conduit à l’Atma yoga.
La réalisation ultime : tout est Un ne peut s’opérer par le mental, parce que le mental n’est pas l’instrument adéquat pour cela. La Vérité c’est l’Unité. Le reste c’est le chemin, le chemin infiniment varié.
La purification est la partie principale du yoga. Comprenons bien ce mot. Il a été tellement perverti en Inde. La purification concerne les attitudes du mental : l’orgueil, la peur, le bavardage intérieur qui empêche d’entendre l’appel de Dieu.
Purification du sens de la dualité conflictuelle qui nous fait naître à la vision de l’Unité, à la vision de la Vérité.
C’est un travail qui doit se faire en secret et en silence.
C’est en 2004, lors d’une retraite méditative que j’ai pu découvrir ce que je cherchais depuis des années. J’ai réalisé alors ce que décrivent les sages et les mystiques depuis des millénaires. Une conscience Une et éternelle se trouve derrière tous les phénomènes de notre monde. Le « moi » n’est qu’une bulle provisoire, baignant dans une conscience infinie et lumineuse.
La quête a cessé, mais pas le chemin. Une autre étape de vie a commencé. D’abord dans le secret du cœur, puis maintenant dans une ouverture au monde.
J’ai hésité longtemps à témoigner de ce que je venais de vivre. D’abord je ne rencontrais personne que cela pouvait intéresser. J’étais changé, tout en ayant bien sûr toujours la même personnalité.
Mais maintenant, je savais que j’étais conscience ouverte et illimitée. La paix et la joie habitait en moi, il n’y avait plus de manque, plus de peurs.
La personnalité avec ses besoins et insatisfactions s’était effacée. Le monde apparaissait désormais comme un jeu ou une pièce de théâtre !
Il me fallut des années pour réussir à verbaliser tout cela avec justesse.
Je me suis rendu compte que cette réalisation n’était pas si rare. Et que ma conscience restait tout de même présente au monde. En ce monde je suis avec ce corps encore quelque temps, alors vais-je garder mon trésor secret ? Ne concerne-t-il que ma personne, alors que nous sommes Un ?
Nous sommes tous sur cette planète en chemin d’évolution, pouvons-nous pressentir où il va nous mener ?
Peut-être, par ce livre, prendrez-vous conscience de ce qui vous anime dans vos choix?
Ou peut-être verrez-vous ce qui bloque pour connaitre l’éveil ?
Ce désir d’éveil vient-il de l’ego insatisfait, ou est-il le fruit d’un appel intérieur ?
Peut-on faire quelque chose pour favoriser l’éveil ? Y a-t-il quelque chose qui est de notre part, pour inviter la Grâce ?
Si ce petit livre vous permet d’y voir plus clair, il aura atteint son objectif. 


Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Charles Antoni-L'Originel

mardi 26 mai 2015

• Il y a l'éternité et la vie qui l'exprime - Yolande Duran

                      "Revenir à ce regard immobile..."



Site de Yolande Duran : La vie jaillit du silence

À paraître prochainement :

jeudi 30 avril 2015

• Le corps, mandala de l'éveil...


Un article de votre serviteur vient de paraître dans le numéro 115 de la très belle revue "3éme millénaire", sur l'approche du corps énergétique. 

Au sein de ce numéro, vous y retrouverez Nicole Montineri, Dominique Casterman, Eric Baret, Véronique Berge, Marion, Georges Brunon, Paul Degryse, David Ciussi, Le moine Gojo, Daria Halprin, Jacques Casterman, Danis Bois, Ke Wen & Dominique Casaÿs, Lisa Cairns, Rupert Spira, Armelle Six et Douglas Harding.
N° 115   -   Printemps 2015
Thème :   L'approche corporelle ?
Du corps qu'on a au corps qu'on est

Fil d'ariane


L'une des questions existentielles qui mobilise tous les esprits – matérialistes, spiritualistes ou autres – est bien celle-ci : « Suis-je un corps ou ai-je un corps ? », suivant l'intitulé du texte de Marion. Consciente ou préconsciente, cette question présuppose un monde de croyances sur la façon dont nous vivons notre corporéité. Notre relation au corps est-elle directe ou par images interposées ? Pour le Moine Gojo : « Le corps que vous ressentez le matin en vous réveillant, et celui que l'anatomiste étudie dans ses livres, ne sont pas les mêmes », car « Le corps sensoriel n'a que faire de l'anatomie ». Le corps, notre corps, nous est aussi inconnu que l'univers qui nous abrite et nous habite. « Le corps, nous dit David Ciussi, contient le secret de la matière, le mouvement créateur et l'immatérialité … Dans notre corps, il y a donc de l'intelligence, de l'énergie et de la sagesse qui nous façonnent à chaque seconde. Posséder un corps, c'est être détenteur d'un cadeau inestimable qui permet la relation avec le Tout. C'est notre lieu de naissance et de renaissance, un lieu d'apprentissage, d'expérience, de transformation et de connaissance où s'incorpore notre conscience d'Être. » « Osons donc, écrit Véronique Berge, accorder plus de conscience à ce temple qu'est notre corps, afin de l'habiter pleinement avec patience, courage, persévérance, et ainsi, par le sentir, affiner nos capacités. » Cette approche a un enjeu majeur : trouver notre raison d'être, la vivre au coeur de nos vies, et porter sur la vie, la maladie et la mort un regard neuf. La maladie, la douleur, les lourdeurs,… sont-elles vécues dans une sensorialité pure, sans conditionnement, ou s'entretiennent-elles au fil des images négatives que nous sécrétons collectivement ? En effet, précise Jacques Castermane : « Le corps vivant est un champ d'action, de conscience et d'expérience … Le langage du corps vivant est la sensation. Ce n'est plus la pensée ».

Conscience du corps ou Présence ?

En quelques décennies, corps et spiritualité se sont retrouvés sur les mêmes sentiers, dans l'amorce d'« un changement de civilisation » remarque Dominique Casaÿs qui constate qu'« il y a une recherche de valeur qui s'articule autrement qu'auparavant. Pour prendre un exemple, la question de la séparation du corps et de l'esprit est envisagée sous un angle nouveau grâce à l'apport des philosophies orientales ». Paul Degryse soulève également le fait que « la dualité corps/esprit a été considérée pendant deux millénaires en Occident, dans un rapport non seulement de séparation mais de dévalorisation du corps par rapport à l'esprit… » C'est l'observation des processus de séparation et de dévalorisation qui devient “purificateur”, dans la mesure où il nous faut apprendre à voir où nous en sommes. Car pour Ke Wen : « L'unité corps-esprit est une maîtrise qui doit être travaillée ». Dans cette perspective, c'est alors, analyse Danis Bois, « toute une gamme de rapports au corps qui se déclinent, selon le niveau perceptif de l'observant, depuis “J'ai un corps”, vers “Je vis mon corps”, puis “J'habite mon corps” pour enfin aller vers : “Je suis mon corps” ». Cet ultime rapport au corps marque l'étape non-duelle de la relation corps-esprit. Car il ne faut pas oublier, souligne le Professeur Bois que « l'homme peut ne pas habiter son corps. Il peut être en quelque sorte un “présent-absent” à sa vie, dès lors qu'il a perdu le contact avec son vécu ». Dominique Casterman va alors jusqu'à nous faire remarquer que : « Si nous sommes vraiment attentifs au corps qu'on a (cette entité qui entretient les relations avec les autres et le monde), c'est-à-dire être dans la pratique de l'écoute silencieuse dénuée de tout jugement, de toute emprise, de tout rejet, la finesse de perception liée à son incroyable complexité ouvre la conscience à l'univers entier ; et notre corps devient alors tout l'univers ». Le mystère de l'incarnation, par la synergie du microcosme et du macrocosme, a tissé notre conscient et notre inconscient d'une non-duelle relation corps-esprit. « Dans l'enseignement du Reiki, nous dit aussi Patrice Gros, il est également essentiel de comprendre que le corps n'est pas différent ni séparé de l'esprit. Le corps et la conscience sont simplement deux aspects d'une même réalité. Si l'on agit sur le corps, c'est aussi sur l'esprit que l'on opère, et vice-versa … Une fois le corps-réceptable (ou “corps miroirs”) purifié de toutes ses mémoires, le corps essentiel (ou corps de gloire) pourra alors rayonner sans entrave, révélant la vraie nature de la conscience ! » De la conscience “du” corps qu'il nous faut apprivoiser, comme moyen d'éveil à soi, nous arrivons à la conscience pure, à la Présence… Par une approche directe, Éric Baret va alors jusqu'à affirmer que : « Tout ce qu'on appelle le corps est une invention qui s'est cristallisée pour défendre l'image d'une personne … Sentir son corps en tant que tel, montre qu'on est revenu à une restriction, à un schéma corporel. Le corps est donc devenu un instrument de défense ». Car la sensation, précise-t-il est « un outil momentané ». Un outil qu'il faut apprendre à utiliser en lui permettant de se transformer, de s'affiner, de se purifier… L'artiste Daria Halprin indique qu'« en approfondissant notre compréhension de ce que sont le souffle, le corps et le mouvement, nous augmentons aussi notre capacité de conscientisation et de présence à l'ici et maintenant. En réalité, c'est seulement en étant conscient de l'ici et maintenant que la transformation peut avoir lieu ».

Guérison et Corps de libération

Dans les situations de la vie quotidienne, lorsque nous avons besoin d'un appui sûr, d'une solution vraie, notre mental tourne et retourne sans savoir comment s'orienter. Jacques Castermane évoque ce fait en nous conseillant : « Quand on se demande ce qu'il faut faire, je crois qu'il faut demander à notre corps ce qu'il nous dit. C'est se donner la chance d'une transformation de notre manière d'être vis-à-vis du monde et de la vie ». Face à la maladie, aux prises avec la souffrance, nous ne savons pas non plus trouver une issue naturelle à la guérison… Avec son expérience de thérapeute, Daria Halprin nous dit qu'« alors que le passé reste vivant dans la base mémorielle de notre corps et de notre psyché, notre corps et notre motricité ont aussi le potentiel de déclencher un processus vivant de création qui nous permet de vivre plus pleinement dans le présent, qui facilite la prise de conscience immédiate, la guérison et le changement ». De son côté, Paul Degryse dénonce le fait que le corps déspiritualisé est « traité ni plus ni moins comme un objet » pour nous entraîner dans « le consumérisme … de la médecine et de la psychothérapie ». Il nous montre qu'« au lieu de travailler à la séparation du corps et de l'esprit en considérant le premier comme inférieur au second, le chamanisme toltèque permet au contraire, de travailler à leur rencontre jusqu'à en faire fusionner les énergies et, passant ainsi du pouvoir d'autoguérison et de guérison à l'immortalité par le retour du corps à ce qu'il est, c'est-à-dire pure énergie et lumière… » En d'autres termes, Éric Baret indique que « Voir son propre fonctionnement met l'accent sur sa résolution » ; car « le yoga du Cachemire s'appuie sur la résorption sensorielle ». Concrètement, Nicole Montineri rappelle qu'« un corps souffrant peut nous ramener au véritable sens de notre existence ici… » car « Désormais nous ne pouvons plus gaspiller notre énergie en de vaines occupations, en des futilités qui nous agitent dans tous les sens ». D'ailleurs, ajoute-t-elle, la souffrance « n'occupe notre esprit que tant que nous n'avons pas réalisé qui nous sommes, cette essence qui transcende toutes les limitations de l'existence terrestre. » 
Le corps subtil et ses centres
La distinction artificielle (mentale) : corps physique / corps subtil n'apporte aucun éclairage sur ce qu'est cet autre corps qui ne peut être un quelque chose d'objectivable. Créateur, c'est, nous dit Georges Brunon, « la dimension créatrice » elle-même. Toutefois, en approcher la réalité implique d'observer notre façon naïve, “empirique”, de s'en représenter l'“anatomie”. Seule l'expérience toujours renouvelée peut nous révéler les centres d'énergie qui l'animent. Nicole Montineri en témoigne ainsi « Notre corps possède des centres d'énergie récepteurs et émetteurs le long de son axe, dont chacun résonne d'une fréquence vibratoire spécifique, et dont l'origine est l'énergie pure, surgie de la trame du silence primordial ». Dans sa dimension imaginale, il est, selon les traditions, « constitué de “chakras”, de “tandiens”, de “marmas” et de “points majeurs”, qui seront mobilisés lors d'un soin. » nous dit Patrice Gros. Si l'objectif de ce numéro n'est pas d'aborder l'existence des “chakras” que nous avions traitée, il y a quelques années (voir n°18), nous présentons ici deux documents. L'un de Ellé Foster qui aborde le « centre solaire » comme centre de l'âme et du corps, localisé dans le « plexus solaire » ; et l'autre de Karlfried Graf Durckheim qui présente le « centre de gravité » du corps et de l'esprit, situé dans le « hara ». Le raccourci serait d'opposer l'un à l'autre comme l'Occident à l'Extrême-Orient ; ce serait oublier que nous sommes constitués de trois niveaux psychosomatiques au sein desquels se situent trois fonctions essentielles. La fonction “intellectuelle”, ou plus exactement cérébrale, ayant pris l'importance abusive qu'on lui connaît avec ses limitations cognitives, l'approche corporelle/sensorielle devient de plus en plus nécessaire et indispensable à un nouveau mode de vie au quotidien. Elle ne renie rien de l'intellect qui n'y trouve aucune opposition, elle oriente l'âme et l'esprit dans les mystères du corps qu'on est.

dimanche 19 avril 2015

• Témoins d'Éveil !


En parfait miroir avec le blog Éveil Impersonnel, j'ai l'immense joie de vous annoncer la parution de l'ouvrage Témoins d'Éveil - Tome 1, publié par la revue 3e millénaire.

« Ce jour-là, je suis né de nouveau... »
 
Les témoignages recueillis dans cet ouvrage évoquent un moment particulier de la vie de ces "témoins d'Éveil" au cours duquel s'opéra une mutation de la psyché qui allait commencer à transformer leur existence.

Cette anthologie, qui puise ses racines chez les mystiques anciens, dans la littérature moderne et chez des pionniers de l’Esprit contemporains, témoigne avant tout d’une spiritualité vivante, libre des institutions religieuses autant que des systèmes de pensées et de croyances.

Vous y retrouverez : Richard Maurice Bucke, Katie Byron, Andrew Cohen, André Comte-Sponville, Darpan, Arnaud Desjardins, Denise Desjardins, Karlfried Graf Dürckheim, André Frossard, Jean Grenier, Douglas E. Harding, Leo Hartong, Richard Jefferies, Stephen Jourdain, Jean Klein, Ladislav Klíma, Arthur Koestler, J. Krishnamurti, José Le Roy, Wayne Liquorman, Francis Lucille, Joanna Macy, Râmana Maharshi, Stéphane Mallarmé, Marigal, Richard Moss, Satyam Nadeen, P. D. Ouspensky, Tony Parsons, Serge Pastor, H.W.L. Poonja, Alexis Preyre, Marcel Proust, Karl Renz, Bernadette Roberts, Richard Rolle, Jean-Jacques Rousseau, Nathalie Sarraute, Jean-Paul Sartre, Rob Schultheis, Rudolf Steiner, St Jean de la Croix, Henri Suso, Eckhart Tolle, Christine Townend, UG, Unmani Liza Hyde, Jacky Van Thuyne, Virgil et Bernard Woestelandt.

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Tous ces témoignages réunis au sein d'un même ouvrage, voilà ce qui nous manquait. Nous attendons le deuxième tome (et les suivants !) avec impatience...