mardi 6 septembre 2011

• De blog en blog...


Quand l'esprit contemple l'esprit,
Toutes activités mentales cessantes,
L'éveil insurpassable est obtenu.

Tilopa


Vu sur le blog consacré à Jac O'Keffe, une longue interview ! Jac, je kiff !

Jeff : Mais il y a bien des étapes intermédiaires pour aller d'où vous étiez à où vous êtes maintenant.

Jac : Il y a la disparition de celui qui va quelque part.

.../...


Jeff : Vous dîtes que l'état de « je suis » n'est pas l'état ultime, quel est l'état ultime ?

Jac : C'est l’état naturel.

Jeff : La réalité absolue.

Jac : La réalité absolue. L'état naturel n’est pas un état, le « je suis » est un état d'esprit. C'est l'état où il y a l'observation sans commentaire sur ce qui arrive, sur la vie, sur vos pensées, la simple position d'observer. Il n'y a pas de souffrance ici parce que l'histoire du « je » n'existe pas. Depuis cet état de « je suis », avant cela, avant cela où rien n'observe.


Vu sur le bolg du Moine Gojo, Approche de la non-dualité, une présentation de ce qu'est, justement, la non-dualité : 


La non-dualité est au coeur de la pluspart des grandes traditions spirituelles. 
Elle signifie découvrir le coeur, l'essence, notre véritable nature, notre visage originel ou le Soi. 
Lorsque cela se dévoile et devient notre expérience, nous réalisons que la Conscience est ce que nous sommes, et qu'elle est le point commun unissant tous les étres. 
La joie sans cause, la paix heureuse, l'amour véritable, en sont le parfum. 
Cette découverte suppose de laisser se relacher la saisie névrotique qui nous enchaine aux objets a travers le désir et la peur. 
Alors, un espace d'accueil, de Présence impersonnelle, apparait, dans lequel le corps, le mental et le monde sont laissés libres de se déployer, de se libérer puis de renaitre. 
Doucement, cet espace se reconnait comme étant le fondement meme de l'etre, et les objets se révelent en etre la substance. 
Le sentiment d'etre une entité personnelle et séparée s'efface, nous laissant dans la lumineuse présence de la Conscience.
 


Vu sur Vent d'éveil, une belle citation de Wei Wu Wei :


Il n'y a rien à chercher quand c'est trouvé,
Il n'y a nulle part ou aller quand c'est ici,
Il n'y a rein à faire quand c'est fait,
Il n'y a rien à regarder quand c'est vu,
Il n'y rien à être quand nous SOMMES.
Qu'y a-t-il à trouver quand "trouver" est le "cherchant" ?
Ou peut-on aller quand "aller" est l' “allant" ?
Qu'y-a-t-il à faire quand "faire" est l' "agissant", 
A voir quand "voir" est le "regardant", 
A être quand "être" est l' "étant" ! 
Quoi donc ? Quand il n'y a point d'acteur pour "agir",
Aucun "moi" pour jouer "je"
Le spectacle est terminé.
A qui puis-je être présent, de qui puis-je être absent ?
RIDEAU

mardi 23 août 2011

• La vision réelle est sans yeux - Amma


Si Amma dit " Je suis parfaite ", alors le " je " est là.
Dans l'état de perfection,
le sentiment du " je " a totalement disparu.

Dans la vision réelle, il n'y a pas un-qui-voit et le vu.
La vision réelle est sans yeux.

lundi 8 août 2011

• L'art de ne pas faire - Franck Terreaux


Franck Terreaux nous dit qu’il n’y a pas à faire, mais surtout, il nous permet de comprendre de manière précise comment être en mesure de dépasser cette apparente contradiction : en ne faisant pas, nous arriverons à quelque chose. Collection Non-dualité
«Il y avait chez moi très peu de résistance, comme d’attente d‘ailleurs. La confiance et l’amour que je portais à la vie étaient sans réserve. J’étais en quelque sorte comme le petit chaperon rouge, empreint d’innocence et de naïveté, si bien qu’à tout moment, un petit rien pouvait tout faire basculer.»
C’est dans cet état d’ouverture totale que l’éveil a trouvé Franck. On retrouve dans ce court extrait la simplicité de ton, le pragmatisme et la proximité auxquels Franck Terreaux a habitué ses lecteurs. Il nous parle ici bien sûr d’éveil, mais aussi du cheminement, et des circonstances qui l’y ont conduit.
Il nous invite au travers de son livre « L’art de ne pas faire » à comprendre ce que nous sommes. Puisque nous le sommes, nous n’avons pas à le devenir.
Son premier livre L'éveil pour les paresseux
Extrait  :
"... alors souriant il me regarda et me dit : « Vous voyez, il n’y a rien à faire. » L’impact qu’a eu cette parole fut inimaginable. À cet instant, je sortis du rêve et aussitôt je me dis, « j’ai compris ! j’ai enfin compris ! »
- Mais compris quoi ?- Compris que méditer ne servait à rien, qu’en méditant, qu’en essayant d’être détaché, qu’en essayant de me libérer de mes soi-disant conditionnements, j’étais complètement à côté de la plaque. Compris que chaque pas entrepris dans une direction m’éloignait inexorablement de ce que je cherchais, de ce que j’étais, autrement dit de tout, autrement dit de rien, ou plutôt de rien du tout, puisque c’est à partir de ce rien que tout se crée d’instant en instant. J’avais désormais l’ultime conviction qu’il n’y avait nulle part où je devais aller, puisqu’il n’y avait nulle part où je puisse aller. Que l’univers était d’une perfection absolue, et que dans ce cas comme le disait Jésus, si tout était parfaitement accompli il n’avait aucune personne à parfaire.

Vient de paraître aussi aux Éditions Charles Antoni l'Originel

 

Les enseignements que donne ici Philippe Coupey, maître zen dans la lignée de Taisen Deshimaru, consistent en commentaires de deux écrits japonais du 13e siècle.

Le Sansho Doei, recueil de poèmes composés par Dogen Zenji entre 1245 et 1253 et le Komyozo Zanmai écrit en 1278 par son disciple et successeur Koun Ejo.

La répétition et le commentaire des « dits des anciens » relèvent d’un genre que l’école zen cultive depuis les temps les plus reculés. Ce genre constitue le mode par excellence de
transmission des enseignements fondamentaux, l’actualisation, sans cesse renouvelée, de la tradition.
Il s’agit donc, on l’aura compris, d’un message qui relève de toute autre chose que de l’érudition et n’est pas destiné à enrichir notre bagage intellectuel, mais notre vie spirituelle : « Car les mots peuvent être efficaces s’ils viennent du non-personnel, du non-soi, et s’ils sont écoutés, entendus par le non-soi », écrit Philippe Coupey dans ses commentaires du Komyozo Zanmai.

Commentaires de Philippe Coupey
Taisen Deshimaru a planté les graines du zen en Europe avec son arrivée en France en 1967. Son disciple, Reiryu Philippe Coupey, est un des premiers rejetons de la génération suivante à s’implanter dans le sol occidental. Il commença la pratique du zen en 1972 au dojo de Pernety avec Maître Deshimaru. En 1977, Coupey a commencé à diriger des zazen au dojo de Paris, où il enseigne et pratique toujours aujourd’hui. L’enseignement de Coupey dans le dojo est franc, terre à terre et souvent humoristique. Il a commenté quelques poèmes parmi les plus connus du canon zen.
Philippe Coupey, maître zen dans la lignée de Taisen Deshimaru, met l’accent sur la pratique de Zazen, la méditation assise, la pratique des Bouddhas, qui nous a été transmise de génération en génération.

lundi 18 juillet 2011

• La transparence des choses - Rupert Spira


Ce livre est une suite d’observations et de réflexions sur la nature de l’expérience. Son unique finalité est d’observer clairement et simplement l’expérience elle-même, sans jamais essayer de la changer. Rupert Spira ne s’intéresse pas aux qualités particulières de l’expérience, mais il en explore la nature fondamentale. Qu’est-ce que ce « je » ? Quels sont cet « autre » et ce « monde » ? Quelle est cette expérimentation qui semble les relier ? Ce texte n’est pas un traité de philosophie ; il explore ce qui est vraiment expérimenté : « Quelle est la nature de notre expérience en cet instant ? »
La découverte essentielle de toutes les grandes traditions spirituelles est l’identité de la Conscience et de la Réalité, le fait que la nature fondamentale de chacun d’entre nous est identique à la nature fondamentale de l’univers. Ainsi, il s’agit d’abord, ici, de déraciner les formulations dualistes si profondément implantées dans notre façon de nous expérimenter et d’expérimenter le monde.
Qu’en est-il de la Conscience elle-même? N’est-elle pas toujours présente derrière et dans chaque expérience. Cette Conscience n’est-elle pas la chose la plus évidente de notre expérience ? La Conscience est tellement proche qu’elle ne peut-être connue comme objet, et pourtant elle est toujours connue. Elle est si intime que toute expérience, infime ou immense, est entièrement imprégnée et saturée par sa présence. Elle est si ouverte qu’elle reçoit et accueille tout en elle. Elle est si spacieuse et si vaste qu’elle peut tout contenir.
Ce livre est écrit comme un morceau de musique, dans lequel un thème unique est approché, interrogé, modulé, réaffirmé. Il nous entraîne doucement, mais directement, concrètement, à réaliser que notre nature essentielle n’est ni le corps, ni le mental. C’est la Présence-Conscience qui est consciente de l’expérience en cours.
Rupert Spira nous permet, par son écriture même, par l’examen précis et progressif dans lequel il nous engage, de nous ouvrir à cet espace.


Vous trouverez également un extrait du livre sur le site de Laya.

mardi 12 juillet 2011

• La minute de conscience - Yuri


Ce n'est pas un message, ce n'est ni un enseignement... En fait, toute connaissance supplémentaire vous éloignera de cette réalité absolue. Arrêtez tout simplement de courir à gauche et à droite pour obtenir satisfaction et laissez-vous consumer par les bonnes questions. Vous êtes invité à découvrir votre vraie nature, cette dimension sans forme à laquelle toute la création obéi !


≈≈≈≈≈≈≈

Question :




Bonjour Yuri,
Mais est comment a été pour toi l’expérience du réveil à la réalité ? C’était une question de s’exercer à être conscient de toi-même de façon pragmatique, ou cela est arrivé par surprise sans que tu la cherches ?
Tu cherchais cette expérience? Cela durait combien de temps (le temps humain – 1 an, 2 ans, etc).

Le réveil en soi peut durer des années?

La souffrance disparaît tout d’un coup?
Merci.
K.”
Réponse :
On dit parfois que le dernier obstacle à l’éveil est la recherche même de cette éveil. On s’intéresse à l’expérience qui donnera un sens à tout cela, de nombreux individus attendent cet expérience pendant des vies entières…
Quand le chercheur de vérité est touché par la grâce de la conscience, alors l’éveil ne tarde pas si le mental est suffisamment clarifié des concepts et de ses attachements. Ce n’est pas la conscience qui se réveil, c’est la conscience qui se dévoile au mental par son absence dans le monde de l’expérience.
En d’autres terme, celui qui cherche l’illumination c’est le mental, il veut acquérir quelque chose en échange, la béatitude, la paix, la connaissance. Il n’y a rien de mal là-dedans, cette recherche a été programmé depuis très longtemps et elle oblige le mental à se tourner à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur.
Quand la réalisation survient, le mental est laissé de côté, il n’a rien gagné dans l’histoire. La conscience de sont côté découvre qu’elle a toujours été, qu’elle ne s’est jamais mélangée à la matière. Le mental obtient en échange de ses services une connaissance qu’il peut stocker en mémoire, cette connaissance est libératrice pour lui et permet au fil des années à devenir complètement silencieux.
Le réveil en soi, peut se faire de bien des façons, pour certain c’est une lente cuisson, pour d’autre c’est brutal, mais la cuisson lente est toujours présente. Je dirais qu’un éveil plus lent permet au mental de se défaire de ses habitudes et accommode le chercheur de vérité qui en ressent les bénéficies le long du parcourt.
Quand l’éveil est brutal, le mental est encore très bruyant et cette dichotomie entre une paix divine et l’irritation permet souvent au mental de s’accrocher plus longtemps. Il ne faut souhaite ni l’un ni l’autre, l’éveil juste arrivera au bon moment, mais il faut le vouloir et accepter les changements qui viennent avec. Le réveil c’est un arbre de paix qui pousse en plein milieux des fondations de votre maisons et détruit tout ce qui est faux; les illusions et les attachements, aussi bien gardés loin des yeux de la conscience, finissent par être dérobé s’il nuisent à la liberté et la paix.
En ce sens il faut accepter que ce qui n’apporte pas la paix et auquel nous nous attachons peut-être retiré à tout moment. C’est un ménage curatif, il ne faut surtout pas en avoir peur :).
Par la suite, alors que vous avez une vision claire et détachée, la conscience vous appuis dans vos divers besoins et création simplement par la force de votre intention.
Je ne vais pas en dire beaucoup sur l’expérience d’éveil, ce n’est pas quelque chose de très important en soit car toute expérience se déroule à l’intérieur de la conscience, ce n’est pas elle qui vit les expériences.
Pour faire une histoire longue courte, je n’ai absolument pas cherché l’éveil, mes convictions sur la vie était bien différentes bien que je me disais être une personne spirituelle, en comparaison avec la majesté de la source ce n’était qu’un jeu d’enfant.
Je n’avais aucune idée de ce qu’étais la conscience, et je voyais les saints comme des êtres sur-évolués. Cependant il y avait au fond de moi quelque chose qui me poussait à chercher la liberté, toujours. Le mental n’y est jamais parvenu, plus la liberté était près et plus la prison semblait véritable et moins je savais ce que j’allais faire.
Il n’y a pas de hasard mais lors d’un festival j’ai trouvé un livre de Ekhart Tolle qui parlait de paix et posait des questions comme je ne me les avais jamais posés. Comme ce n’était qu’un tout petit livre, il ne traitait pas de l’éveil, il faisait simplement parler d’harmonie, de paix ; objet que je voulais posséder après ma déconfiture devant mon impuissance à me libérer de la société, des besoins.
Je ne connaissait rien à la méditation et à vrai dire le mot me tenait en aversion. Je n’en connaissait ni l’utilité ni le processus. Les exercices d’Eckhart Tolle sur la respiration me faisait du bien et, quand le mental acceptait de se prêter au jeu, une grande paix en était ressenti.
Alors à chaque jour j’allais sur un banc de parc et je faisais venir cette paix, en mettant 100 % de mon attention sur le moment présent. Peut-être une semaine et demi après, je fis encore l’exercice sans arrière pensée ni désir d’arriver où que ce soit quand tout à coup, le monde perçu est devenu d’une autre radiance, plus vivant, plus lumineux;
C’était très surprenant, en voyant l’eau couler, les arbres, les insectes, en voyant même mon corps, il n’y avait plus de différence entre eux. Et je me reconnaissait enfin, c’était clair et sans équivoque, ”je suis le monde et il est moi”. Cette vision a été accompagnée d’un amour monumental et d’une impression d’être infini. C’était un premier niveau de réalisation et c’est la cuisson lente qui ma porté au niveau le plus profond par la suite.
À ce niveau il y a une intimité avec la source mais le mental ne comprend pas et pose beaucoup de question qui ne peuvent le satisfaire. Heureusement la source répond à de nombreuses question par des évènements et en synchronisant des rencontre. Le mental ne fait pas encore confiance à ce qu’il reçoit comme informations alors il veut que les réponses lui viennent de la bouche de quelqu’un qui peut confirmer ce qui est perçu.  C’est vraiment à ce moment que j’ai commencé à lire et à découvrir ce qui m’était arrivé.
La lente combustion du mental emmène au niveau le plus profond qui est la réalité suprême au-delà de l’expérience. C’est à ce moment que le mental peut vraiment faire confiance à la connaissance que fait émerger la conscience et enfin se calmer au-delà d’une simple expérience de calme qui va et vient.
L’expérience de l’éveil lui-même est alors perçu comme faux, car il fait parti du monde du mental et que tout dans son royaume est mouvant. L’absolu réalité peut se dévoiler à toi maintenant si le mental accepte de lâcher ses attentes envers l’expérience d’éveil.
Pour une méditation constante à chaque fois que quelque chose est perçu dans le champs de conscience, tourne ton attention vers l’impression de ”J’existe”, ”Je suis”, c’est la première connaissance de l’être humain, le plus durable des objets d’expérience.
Sois consciente de ta propre existence et  sois confiante que tout ce que tu peux voir, percevoir ou sentir, n’est pas toi. Ce que tu es est immensément plus subtil, tu es la lumière de ce monde, rien n’existe sans ton intérêt. Même la lumière du soleil dépend de ta lumière !
Tu es la source de toute manifestation et ton œuvre se déroule en ta conscience, tu lui donne l’intérêt, l’amour, l’intention ; sans toi il n’y a rien de cela.
Pour que le non constant sois observé il faut une référence de constance, la conscience jamais ne s’évade, découvre cette puissance qui jamais de s’éteint et qui peut voir le fluctuant. Trouve qui est là qui perçois les changements d’émotions et d’état d’esprit du mental. Trouve qui est au-delà de l’expérience et qui verra cette univers renaître à répétition.
Tu es cette force créatrice, et tu verras que la plus belle preuve de ton immortalité est ton absence total dans le monde des formes et du changeant.
Amicalement,
Yuri
Découvrez le site de Yuri : La Minute de Conscience

mercredi 29 juin 2011

• Rencontre avec Karl Renz - Paris (juin 2011)


Vendredi 17 juin

     



Samedi 18 juin (première partie)

     



Samedi 18 juin (seconde partie)

     



Dimanche 19 juin (première partie)

     



Dimanche 19 juin (seconde partie)

     



Merci à Gérard, du site l'éveil.org, que nous remercions 
pour avoir mis en ligne Karl Renz sur son site !

mardi 28 juin 2011

• La non-posture - Monko


L'éveil, nous l'avons souligné, est une sorte d'effondrement brutal dans la perception, un gouffre qui s'ouvre sous nos pieds. Et à chaque instant, l'invitation à cet écroulement nous est offert. Alors on m'a demandé comment s'écrouler ? Et comme nous parlions, à la stupeur de certains, de pratique, ou d'assise, je répondais ceci : c'est justement parce qu'il n'y a aucune réponse à cette question, aucun moyen, que cette question est sans objet, que les moines zen, simplement, s'assoient. Pour eux, c'est la seule réponse possible, une réponse non-concluante, non-inclusive et non-exclusive. Shikantaza est en quelque sorte l'actualisation de cet effondrement, au sein duquel personne ne tombe, juste la majesté d'un "sens" de l'effondrement, l'effondrement lumineux, où nous comprenons sans comprendre. Qu'y a-t-il de plus beau, noble, humble, digne en même temps ? Et bien sûr, Shikantaza ne se limite pas du tout à la posture assise, elle est la non-posture de toutes les postures, un sens au-delà des sens, une connaissance au-delà de tous les savoirs...
Rappelons Angélus Silésius : "je ne sais pas ce que je suis, je ne suis pas ce que je sais". Shikantaza...


vendredi 17 juin 2011

• Le saut dans le vide - José Le Roy

  
Le samedi 21 mars 1992, à 3 h de l'après-midi exactement, soudainement, ma conscience ordinaire a disparu pour laisser place à un mode nouveau de vivre et de connaître. Mon être le plus intime s’est retourné sur lui-même, comme un gant. Le voile qui me séparait de moi-même et du monde s'est déchiré brutalement de manière complètement inattendue. Je suis né à moi-même et au monde.
Cela s’est passé il y a plus de 19 ans et pourtant rien n'a changé dans cet éveil. C'est toujours le premier jour. L'aurore d'un instant toujours neuf. Ce qui me fut révélé ce jour-là continue de briller au cœur de ma vie.
J’ai une formation scientifique (un diplôme d’ingénieur) et une culture philosophique (une agrégation de philosophie) ce qui me prédispose quand même a priori à ne pas prendre des vessies pour des lanternes. Ce que j’ai découvert ce jour-là a résisté à tous mes doutes, à toutes les épreuves, à tous les arguments et à toutes les critiques. De plus, j’ai pu rencontrer des dizaines de personnes qui ont fait la même découverte que moi par des moyens divers, et j’ai lu des milliers de pages de textes de toutes les traditions du monde qui font de cet éveil le but ultime de la vie humaine.
Cet éveil s’est donc imposé à moi comme une vérité profonde, comme une norme qui règle ma pensée et ma vie. Il m'a permis d'avoir une compréhension nouvelle des philosophies d’Orient et d’Occident et de distinguer entre les philosophies qui conduisent à cette expérience et les discours théoriques qui nous en éloignent. Grâce à cette vérité, j'ai entre les mains une clef pour entrer dans le cœur des textes spirituels et des traditions et pour en saisir le sens secret.
Cet ouvrage propose une lecture de quelques uns de ces maîtres authentiques qui m’ont nourri ou continuent de me nourrir : Maitre Eckhart, Rumi, Shankara, Ramana Maharshi, D.T. Suzuki, les maîtres T'Chan, etc. Je me rends bien compte que pour chacun de ces noms, il aurait fallu un livre entier pour exposer leurs œuvres dans toute leur profondeur. J'espère que j'ai réussi cependant à montrer ce qui constitue pour moi l'essentiel de leur enseignement.
Le nom de Douglas Harding est celui qui revient le plus souvent dans ces pages parce que c’est à lui que je dois le plus. Pendant plus de quinze ans, j’ai eu la chance d’être un de ses amis et collaborateurs ; sa pensée, sa mystique, sa manière d’enseigner l’éveil m’ont marqué à jamais et j’essaye aujourd’hui de partager ce qu’il m’a transmis.
D'autres études sur des mystiques et des philosophes qui me sont chers manquent ici comme Plotin, Nisargadatta Maharaj, Abhinavagupta, Longchenpa, Nâgârjuna, Syméon le Nouveau Théologien, Mme. Guyon et tant d'autres, mais il a bien fallu se limiter.
Le lecteur pourra être surpris peut-être de constater que je m’abreuve à des sources qui semblent laisser couler une eau différente : j’y parle du bouddhisme, du christianisme, de l’Advaita Vedânta, de poésie française ou allemande, de philosophie grecque ; ne s’agit-il pas d’éclectisme ou de syncrétisme ? A toujours vouloir mélanger des couleurs si variées n’obtient-on pas comme résultat un pauvre marron uniforme et sans intérêt ?
Le doute est légitime et il y a un danger à vouloir mélanger les concepts et les pensées. Mais je sais une chose d’expérience : l’éveil est au-delà de toutes les formes culturelles et religieuses ; il est universel. Bien sûr, il s’exprime avec des nuances différentes dans le bouddhisme et le christianisme, chez Houei-Neng ou Maitre Eckhart. Les rivières sont différentes ; mais l’eau est la même ; elle vient de la même source, celle de l’Absolu. Peu importe alors où se désaltère l’assoiffé de vérité pourvu que ce soit à l’eau cristalline de l’éveil. La vraie source d’ailleurs est en nous : c’est de ce que je suis que proviennent toutes ces traditions.
Car, en réalité, il n'y a que l'Un. Dans ces textes, c'est l'Un qui se connaît lui-même, et c'est l'Un qui témoigne de ce qu'il est.
Ainsi, ces textes ― et mes commentaires ― auront peut-être le pouvoir de vous faire souvenir de vous-mêmes comme ces auteurs le font pour moi. Le but de ce livre n’est pas de donner à penser mais de donner à voir, et de conduire à l’éveil.
Ce qui m'intéresse chez ces auteurs, c'est leur approche directe de la réalité ultime ; ils proposent tous, d'une façon ou d'une autre, une voie de retour et d'éveil à soi-même simple et directe. Je crois que nous avons aujourd'hui besoin plus que jamais de cet enseignement.

José Le Roy

jeudi 16 juin 2011

• Il n'y a pas d'éveil ! - Nâgârjuna


Les Éveillés ne voient pas d'esprit,
Aucune situation du type "on doit s'éveiller", "cela m'éveille".
Là où rien ne vous éveille,
Là où personne ne cherche à s'éveiller,
Il n'y a pas d'éveil !
Le cœur de l'éveil,
Est indéfinissable, il n'est pas quelque chose qui se produit.
Il ne ressemble à rien.
Il n'est pas un discours.
Espace... cœur de l'éveil.
L'éveil, c'est une conscience non duelle.

Nâgârjuna, Élucider le Cœur de l'éveil (Bodhicitta-vivaranam) 45-46

Vu sur le site La Vache Cosmique