vendredi 22 janvier 2010

• L'éveil n'arrive pas dans le relatif - Denis Marie

Quelques mots de présentation de Denis : 

À l'attention des visiteurs, il est peut-être utile de préciser que le “dernier bastion” (thème du chapitre 14 de mon livre) correspond au point où l'on achoppe.
De façon relative, j'y présente une description de “l'étape ultime” qui permet d'invalider le jeu de l'esprit avec toutes ses constructions, quête de l'éveil incluse.
Ici, à travers cette interview, je propose une approche plus absolue.

Mes amitiés, 

Denis
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jeudi 21 janvier 2010

• C'est la conscience qui doit écouter - Ramesh Balsekar


Ayant suivi Maharaj jusque-là, la plupart des visiteurs ont une réaction étonnamment similaire : «Ce que vous avez dit est très profond et je pense le comprendre intellectuellement, mais que doit-on faire exactement pour vraiment vivre cela ?» demandent-ils. En entendant cela, parfois Maharaj cache une extrême frustra tion, parfois il s'enflamme, mais en règle générale, il renvoie le questionneur à sa question : «Qui est cet "on" qui pense devoir faire quelque chose — et pour obtenir quoi ? Une fois qu'il est compris que l'entité ne constitue qu'un concept erroné, que le corps, comme tout autre phénomène, ne constitue qu'une expérience dans la conscience, et qu'il n'existe personne pour exercer la moindre volition, où est-il question que quelqu'un fasse quoi que ce soit ? Il n'y a qu'à comprendre — a-perce voir. Etre parfaitement et totalement imprégné de cette aperception est le seul "faire" requis pour la libération; et aucune somme de " faire " n'octroiera la libération sans l'annihilation totale du concept erroné d'une entité indépendante jouissant de l'autonomie d'action. Le "Je" ne peut faire surface sans l'annihilation du "moi ". Quand le moi disparaît, vous êtes Je.»

Si la flèche a atteint sa cible, selon l'expression de Maharaj, il ne saurait plus s'élever aucune question. Mais l'aperception directe et intuitive des faits — le vol de la flèche — est entravée par l'interférence de la conceptualisation issue de l'intellect. La compréhension intellectuelle s'appuie sur la cause et l'effet, qui constituent l'un des aspects du dualisme temporel sur lequel se fonde la conceptualisation. La compréhension intuitive directe, en revanche, est intemporelle, et la cause et l'effet y sont un. C'est la compréhension intellectuelle qui conduit à demander : « S'il n'existe aucune entité autonome pour exercer la volition, comment parvenir à une vie non volitionnelle ?» Ou bien : «Comment est-on censé vivre et agir dans le monde ?»

A ce genre de question, Maharaj répond généralement : «Peu importe ce que vous faites, du moment que vous avez véritablement compris ce dont je parle. D'un autre côté, cela n'a aucune importance non plus que vous n'ayez pas compris ce dont je parle !» De toute évidence, ce qu'il faut voir, c'est que toutes nos expériences passées, si nous les analysions minutieusement, montreraient nettement que nos vies, au lieu d'être vécues par nous comme nous semblons le croire, sont en réalité vécues pour nous, comme celles des personnages de nos rêves ; et que par conséquent, la volition ne constitue pas un facteur significatif dans notre vie. En réfléchissant un peu, nous verrions combien, dans tout notre fonctionnement physique ou organique, la part qui dépend de notre volition est infinitésimale. «Combien de temps pouvez-vous vivre sans dormir, sans boire ou manger ? demande Maharaj. Combien de temps pouvez-vous aller votre chemin sans les mécanismes excrétoires du corps ? Combien de temps pouvez-vous rester sans respirer ? Avez-vous la volition absolue de rester en vie ne serait-ce que pour les cinq minutes à venir ? Avez-vous exercé votre volition au moment de votre conception — et pendant le développement du matériau ainsi conçu dans le sein de votre mère ?»

Quand Maharaj nous dit que ce que nous faisons n'a réellement aucune importance, c'est manifestement pour nous faire comprendre qu'il ne saurait exister aucune entité pour exercer la moindre volition réelle (qu'il s'agisse de faire ou de ne pas faire); et que ce que nous prenons pour le résultat de notre volition n'est que l'inéluctable. Lorsque cela correspond à ce que nous considérons agréable à ce moment-là, nous nous enorgueillissons de notre «action volitive» et nous en faisons un accomplissement personnel; et dans le cas contraire, cela devient pour nous un sujet de colère, de souffrance et de frustration. Assurément, dit Maharaj, accepter d'être l'auteur de ses actes, prendre pour acquis que ces actes sont le fruit de la volonté de quelque chose qui en réalité fait partie du fonctionnement total de la conscience, voilà la chaîne qui ligote l'individu manifesté dans « l'attachement » apparent — apparent car il n'existe aucune entité à attacher; et réaliser l'absurdité même du pseudo-sujet cherchant à agir indépendamment du fonctionnement qui relève du Prajnâ, voilà «l'éveil». Seule cette prise de conscience peut conduire à accepter sans partage et avec équanimité tous les événements qui peuvent se produire jusqu'à ce que la durée de notre plage de vie parvienne à son terme ; la vie étant ainsi vécue, il régnerait de toute évidence un sens très net d'une unité embrassant toutes choses — car alors les « autres» seraient perçus, non plus comme des objets d'un pseudo-sujet, mais comme des aspects manifestés de cette même subjectivité Absolue que l'on est. En d'autres termes, ce serait une vie de liberté, dans laquelle ne prévaudrait ni le faire positif, ni le non-faire négatif d'une pseudo-entité puisque, en l'absence de tout dessein, il n'existe aucune volition. Sans les désirs conceptuels, tous les actes seraient spontanés — l'acteur jouant son rôle dans cette pièce-vie, ou vivant son rêve vivant, en prenant la vie comme elle vient. Dès lors qu'il y a eu aperception de cela-qui-est, dit Maharaj, la vie tout entière devient ce qu'elle a toujours été, la Lîlâ, un «jeu».

Un jour qu'on lui demandait ce qu'il ferait dans une certaine situation, Maharaj répondit avec une candeur achevée : «Je ne sais pas ». Ce qui est absolument vrai car devant ce qui pourrait sembler des circonstances identiques, ses actions pourraient en différentes occa sions être imprévisibles — et à chaque fois spontanées ! Maharaj dit souvent que ce qui est spontané est juste, car en l'absence de toute conceptualisation, le spontané est naturel et donc juste, sans le moindre raisonnement, sans la moindre comparaison ou sans le moindre rap port de cause à effet.

Ecouter les paroles du guru constitue pour Maharaj la première des priorités. Le chemin le plus rapide vers la réalisation, dit-il (tout en soulignant amplement qu'il n'existe aucun « chemin» ni « personne » pour aller où que ce soit), est d'écouter (Shravana), considérer (Manana) et méditer profondément, ou devenir un avec ce que l'on a écouté et considéré (Nidhi-dhyasana). Même ces mots, exhorte Maharaj avec insistance, ne doivent être employés qu'à des fins de communication; une fois saisis leur propos et leur sens, les mots — tous les mots — doivent être jetés afin d'empêcher l'intellect de s'en emparer et de construire des structures conceptuelles.

Maharaj affirme sans cesse que ses paroles ne s'adressent à nulle entité individuelle, mais à la conscience. Ses paroles s'élèvent de la conscience et sont destinées à la conscience. C'est la conscience qui doit écouter et une fois leur signification perçue intuitivement, il faut laisser les paroles se fondre dans la conscience. Si c'est un «individu» qui écoute, avec l'intention d'en tirer quelque bénéfice en passant par l'intellect, tout sera perdu. De fait, c'est précisément l'interférence de l'intellect qu'il faut éviter. Comme cela a déjà été clairement dit, c'est l'inanité de la pseudo-entité qu'il faut a-percevoir. Tant qu'il existe une entité qui écoute, comment les mots pourraient-ils accomplir même leur propos restreint — montrer la bonne direction, cette dernière menant hors de l'état manifesté qui constitue la source, et de l'entité, et des mots eux-mêmes ! Les mots ne peuvent déverser leur sens profond et subtil que s'ils sont reçus intuitive ment, sans l'ingérence de l'intellect toujours prêt à tout interpréter; sinon, il n'en résultera qu'une compréhension purement intellectuelle du monde « extérieur», par une entité qui se tient séparée de ce qu'elle a compris être illusoire ! Vous ne pouvez pas, dit Maharaj, extraire de la manifestation totale une minuscule parcelle qui serait vous, un vous séparé, et en même temps com prendre cela-qui-est. Ce n'est que dans l'annihilation totale de la pseudo-entité que peut avoir lieu une aperception réelle.

Ramesh Balsekar, Les Orients de l'Être
Le Coeur de l'enseignement

vendredi 15 janvier 2010

• Le parfum de la présence - Gojo



 Question : Pourquoi faut-il méditer en position immobile ? Si la méditation est la reconnaissance de ce que nous sommes vraiment, conscience, n'est-il pas possible de méditer en mouvement dans le flot de la vie ?

Réponse : Vous avez tout à fait raison.
De même que le scientifique s'enferme dans son laboratoire pour conduire une expérience, le méditant essaye de créer les conditions les plus faciles pour la méditation.
Vous l'aurez remarqué, les sens dans la vie quotidienne sont très préhensifs et le mental souvent très agité.
Dans la tranquillité de la méditation assise selon l'approche non-duelle, la première étape, si l'on peut dire, est de voir clairement ce que nous ne sommes pas.
Le monde sous forme de perceptions, le corps-sensations et le mental-pensées sont perçus dans notre clarté. Ainsi, ne pouvons nous nous identifier à aucun de ces objets.
Ceci étant reconnu et compris, la présence paisible, pur contenant de toutes choses, apparait.
Elle ne nous avait jamais quittée mais nous-même nous en détournions.
A partir de là, cette présence, ce que nous sommes, n'est pas limitée à un quelconque moment de méditation ou autre.
Elle est plutôt comme l'arrière plan lumineux de toutes choses, d'où tout émerge, où tout se libère.
Il est tout à fait souhaitable d'accueillir alors les objets et nos diverses activités en les laissant se déployer dans cette présence.
Finalement, c'est ainsi que toute notre vie devient méditation, célébration de la conscience.
Il n'y a pas de règle absolue. Bien souvent pour la plupart, la méditation assise dans la tranquillité serra une aide ; mais il ne faut s'enfermer nul part. Pour d'autres, la vie quotidienne serra d'emblée le champs évident de la méditation, pour d'autres encore, cela s'épanouira plus facilement dans certaines activités, notamment artistiques.
Le plus important est qu'à terme, il n'y ai plus de séparation entre méditation et non méditation.
Alors, le parfum de la présence, joie pure, nous accompagne quoi que nous fassions, et nous sommes Cela...

jeudi 14 janvier 2010

• La réponse est impossible - S. S. Le Dalai-Lama




Est-ce que l'esprit peut percevoir l'esprit ?

La réponse est impossible. L'esprit ne peut pas être sujet et objet dans le même temps.

L'esprit perturbe, qu'il le veuille ou non, tout ce qu'il observe, a fortiori s'il s'agit de lui-même.

L'esprit ne peut pas se voir complètement. Et, pourtant, le principal outil pour purifier l'esprit est l'esprit lui-même.

L'esprit est son propre créateur, à chaque instant. D'où sa responsabilité essentielle.


S. S. Le Dalai-Lama

mardi 12 janvier 2010

• Un coup de poignard de félicité - Stephen Jourdain



Mais comment te situes-tu vis-à-vis de ces notions de réincarnation, d’évolution ?

(…)

Tu sais quand l’éveil jaillit, c’est un feu purement spirituel. Il se produit alors un phénomène inattendu, à savoir que ce feu spirituel embrase tout d’un coup la totalité de la perception. C’est alors qu’intervient l’attention multidimensionnelle dont nous avons déjà parlé. L’extraordinaire richesse du paysage dans lequel nous évoluons apparaît, l’on est capable de prêter attention à cent milliard de chose à la fois… Cela s’accompagne aussi d’une prodigieuse déhiérarchisation du monde.

Lorsque l’éveil fout le feu à tout le champ de perception, apparaît une famille de qualités totalement inédites. De même que nul ne peut avoir un véritable avant-goût de l’éveil avant que celui ne jaillisse, nul ne peut savoir ce que peut être la perception de ces êtres qualitatifs avant de les avoir connus.

Ces êtres qualitatifs ne font tout simplement pas partie du registre humain habituel. Pour formuler cela de façon plaisante, disons que cela fait quarante ans qu'avec mon âme – et non avec mes yeux – je « vois des choses » que nul ne voit. Et cela fait quarante ans que je m’interroge sur la nature de ce que je vois, sans pour autant trouver de réponse satisfaisante : je suis foudroyé d’amour pour ce que je vois mais ne sais tout simplement pas de quoi il s’agit.

Lorsque j’étais agent immobilier, j’ai ainsi vécu des situations dignes des Marx Brothers : j’étais obligé de me cacher les yeux pour pouvoir continuer à fonctionner dans l’exercice de mon métier. Je me serais presque mis à genoux pour lancer une prière : « Ô merveilleux bonheur, Ô merveilleuses fées, merveilleux anges, ne m’assaillez plus, foutez-moi la paix, que je puisse passer mon coup de fil au sujet de l’appartement de Madame Machin »… C’était une situation aberrante, tellement risible qu’il m’arrivait de me fendre franchement la gueule. Ce fut pourtant ma vie pendant très longtemps !

Bref, je vois ces choses sans savoir ce qu’elles sont. Je les appelle des choses unes car elles sont insécables. Les qualifiant ainsi, cependant, je ne les ai ni désignées ni décrites. Parfois, je parle d’anges, avec remords, en raison de mon ascendance anti-cléricale. Je n’ai pas de mots… Fées ? Cela ne fait pas très sérieux. Mais en dépit de tous mes problèmes de vocabulaire, le fait est là : il y a ces putains de redoutables fées qui m’assaillent. Ces « choses » équivalent à un inimaginable coup de poignard de joie.

Tu vois ça toute la journée ?

Cela flotte dans ma perception de manière constante. Cela fonctionne comme un vieux chauffe-bain. Il y a la veilleuse et si tu tournes le bouton, Psssch ! Tout s’embrase. Je me maintiens prudemment à l’état de veilleuse car si le chauffe-bain s’embrase entièrement, plus question pour moi de fonctionner sur le plan de la vie quotidienne.

Pourrais-tu être plus précis quant à ce que tu vois ?

Oui, qu’est-ce que c’est que ces putains de choses que je vois ? Premièrement, je les vois avec mon âme, mon essence spirituelle. Il s’agit d’une perception directe, à côté de laquelle la plus violente des joies humaines paraît insignifiante. C’est un coup de poignard de félicité.

Enfin, ces choses que mon âme voit, qui la font trembler de joie, sont autres que mon âme tout en étant rien d’autre qu’elle. Il y a identité absolue entre mon âme et elles ; ces choses sont plus moi-même que moi. D’un autre côté, mon âme existe et les contemple. Il s’agit donc d’une relation très étrange, la grande question demeurant : qu’est-ce que, nom de dieu, je vois ?

Il m’est souvent arrivé de me dire que cela ressemblait beaucoup à la vision de vies antérieures. Ces êtres qualitatifs sont uns et indivisibles mais ils ressemblent à des vitres donnant sur un paysage. La vitre est une mais à travers elle j’aperçois des choses que je ne suis pas vraiment arrivé à identifier : de grands brassages qui ressemblent étrangement à des brassages d’événement humains ou de vies humaines. Il ne me paraît pas impensable qu’à travers ces êtres qualitatifs je sois directement mis en rapport avec des pans entiers de vies humaines. S’agit-il de miennes vies antérieures, d’autres vies ? Je n’en sais foutre rien. Mais il y a là quelque chose qui pourrait accréditer cette idée selon laquelle il y a réincarnation. Je veux dire par là que même si on ne m’en avait jamais parlé, la perception de ces choses aurait pu faire naître en moi cette notion. J’ai l’impression de percevoir tout cela à travers d’immenses distances temporelles… Il y a ainsi dans la texture même de mon expérience des éléments susceptibles d’être raisonnablement interprétés en termes de réincarnation. Je n’ai cependant aucune certitude à cet égard et ne pense d’ailleurs pas que l’on puisse en avoir.

Tu as tout à l’heure parlé du chauffe-bain prudemment maintenu en veilleuse…


Oui, c’est une assez bonne métaphore. Á certains moments, le chauffe-bain a invinciblement tendance à s’allumer tout seul. Il fait de l’auto-allumage… Si je le laisse faire, je m’immergerais dans l’extase et ne pourrais plus fonctionner. Cela m’est arrivé d’innombrables fois. Ici, il convient de préciser une chose : l’éveil n’a pas d’histoire. Le soleil s’est levé, il fait jour. Reste que midi n’est pas qualitativement tout à fait la même chose que l’aube. Il n’y a pas évolution de l’éveil, qui est le fait diurne, mais une évolution dans la vie de l’éveillé. Au début, donc, mon ambition tout à fait légitime était de produire l’embrasement total du chauffe-bain et de m’immerger dans l’extase. Et puis, les décennies passant, je me suis rendu compte que la veilleuse suffisait, comme si l’embrasement était devenu superfétatoire. Cette espèce de témoin qu’est la veilleuse convient parfaitement. Le phénomène d’embrasement général n’en existe pas moins.

Il n’est pas rare que les éveillés se réservent un temps de méditation, s’accordent chaque jour une heure ou trente minutes de silence afin de se régénérer. Je n’ai pas l’impression que ce soit le cas pour toi…

D’abord, il convient de bien saisir que l’éveil est premier par rapport aux effets extatiques légitimes qu’il induit. La connaissance suprême est d’essence radicalement différente des extases et autres joies inouïes qu’elle est susceptible d’induire. Il serait dangereux de se focaliser sur ces extases…

Toutes les traditions spirituelles mettent d’ailleurs en garde contre cette tentation.


Ah bon ? Tant mieux, car c’est très important. Dès l’instant où l’éveil embrase tout, il y a danger de perversion du cœur même de la chose. Les rapports qu’entretient l’éveillé avec les extases induites par l’éveil excluent tout attachement à ces dernières. Le danger majeur qui guette l’éveillé est de s’attacher à l’éveil. Bien sûr, lorsque l’éveil jaillit en quelqu’un, la vie de cette personne devient un dialogue entre cette connaissance suprême et elle-même. Le moindre attachement à l’éveil est la destruction de l’éveil. En fait, il s’agit là d’un piège très facile à déjouer, dans lequel on ne peut pas tomber si l’on est éveillé.

En revanche, le piège des extases est moins clairement signalé. Je me suis moi-même trouvé dans cette position : pendant six mois, j’ai fait des conneries et mon expérience a vacillé. J’étais très prévenu du danger de l’attachement ; mais lorsque ces extases fondent sur soi, il est impossible humainement, de ne pas les regretter. C’est un phénomène très pernicieux : admettons que l’éveil soit Dieu et ces extases le Paradis. D’un côté, je suis fidèle à Dieu puisque je n’ai aucun attachement à lui ; d’un autre côté, je me laisse captiver par le paradis qu’induit Dieu. Là est la subtile possibilité de perversion. Le paradis n’est qu’une extension de Dieu. S’attacher au paradis et le regretter, c’est, en vérité, s’attacher à Dieu et le regretter – autant dire : tuer Dieu. C’est ce qui m’est arrivé pendant une période. J’ai alors pris les mesures les plus extrêmes pour protéger l’éveil de cette tragique erreur tactique qui consiste à s’attacher à l’extase. Ce fut très difficile mais j’y suis parvenu. Je ne recherche donc absolument pas l’extase. Il se trouve qu’elle est constamment là à l’état latent. Je ne cherche pas du tout à m’y enfoncer. Encore une fois, la veilleuse est là et cela suffit. Si elle s’embrase tant mieux, si elle ne s’embrase pas, tant pis, je n’en ai plus rien à foutre.

Tu ne prends donc pas de moments de méditation ?


Non. Je fais tout au plus quelques petites corrections. L’éveil est une chose vivante et non un fauteuil confortable dans lequel on est assis. Les forces de sommeil sont toujours présentes, le diable est toujours là, à ceci près qu’il a perdu toute sa vigueur, toute sa force. Je fais donc de temps à autre de petites corrections spirituelles, je redresse un peu le cap, ainsi que je l’ai fait toute ma vie. Mais ce n’est pas un problème, je sais les faire et depuis trente ans me conduis de telle façon que l’éveil ne cille pas.

Vu sur le site choix-realite.org
Lire un autre extrait ici

lundi 11 janvier 2010

• Je vois que je suis cela qui regarde - Dialoge avec Tony Parsons



Je viens de recevoir cet extrait de la part d'un ami. Je le partage avec vous...

Qu'est-ce que vous diriez à propos du choix?
Quand l'éveil se produit, il est clair qu'il n'y a jamais eu personne pour l'atteindre. Il est également reconnu que tout au long de la vie apparemment "menée" auparavant, il n'y a jamais eu "quelqu'un qui choisissait" ou "quelqu'un qui faisait" quoi que ce soit. Tout ce qui est arrivé, du plus infime pet de lapin à ce qui paraissait être la décision la plus capitale, n'aurait jamais pu être autre en quelque façon que ce soit.

Il n’y a donc ni bien ni mal à faire quoi que ce soit ?

Il n'est plus question de bien ou de mal. Ce qui est vu, c'est que l'apparente entité séparée n'est qu'un personnage rêvé dans un roman, et vécu par l'énergie divine, qui est tout ce qui est. Cette apparente entité séparée semble posséder certaines prédispositions et caractéristiques, et ses choix apparents sont induits par le conditionnement et l'histoire de ce personnage entièrement vécu par le souffle de la vie.

Alors qu'en est-il du libre arbitre?

Il n'est aucunement question de l'existence d'un libre arbitre, simplement parce pour commencer il n'y a personne là pour posséder une volonté ou exercer un choix quelconque. Demandez-vous d'où proviennent les pensées et, si vous êtes vigilant, au bout d'un certain temps, vous vous apercevrez qu'elles ne sont pas vôtres. Elles émergent, apparemment de nulle part, se produisent, durent un moment et ensuite s'estompent pour disparaître complètement. Vous n'êtes pour rien dans leur origine.

Je pourrais donc aussi bien rester ici à ne rien faire.
En fait, c'est encore un autre choix apparent. Vous ne pouvez vous empêcher de respirer et vous ne pourrez rien faire contre le fait à un moment donné de vous lever et de sortir de cette pièce. Tout est simplement en train de se produire constamment à travers vous. Un formidable soulagement se fait jour dès que cette réalisation est acceptée ; toute culpabilité tombe, il n'y a plus de regrets, et ce qui est vu, c'est que vous avez été amené à vous asseoir ici pour entendre précisément cela. Se débattre et lutter sans trêve peut enfin cesser et l'effort déployé pour faire " fonctionner" sa vie perd d'un coup tout attrait. Se détendre et permettre à la vie de s'écouler à son propre rythme ouvre vers une autre possibilité.

Mais comment est-ce que je paye mes hypothèques ?

Cela n'a pas besoin d'être un problème. La manière dont le corps/mental fonctionne se poursuit tout simplement. Rien ne change apparemment, mais tout est transformé. De la créativité spontanée, dénuée de peur, peut surgir une profonde harmonie avec le quotidien. Mais cela doit toujours être une considération secondaire et n'est jamais garanti.

Mais comment savoir ce qui est bon ou mauvais pour moi et ceux que j'aime ?

Vous ne le saurez pas et d'ailleurs ne l'avez jamais su. Soyez ouverts à l'idée de vivre le reste de votre vie dans le chaos, abandonnez-vous au fait de n'avoir plus à connaître quoi que ce soit. C'est merveilleux.
Vous ne pouvez suivre que ce qui vous semble évident. Votre travail, vos relations, etc., tout cela a une certaine caractéristique, engendrée à travers vous par la conscience. Le déroulement de votre vie s'est produit exactement comme il le fallait - totalement adéquat d'un bout à l'autre. Cela va continuer et rien de ce que vous ferez ne sera ni bien ni mal, ce sera simplement" ce qui est". Alors, détendez-vous donc et laissez tout cela se produire, parce que de toute façon cela va arriver. Le soulagement, c'est d'abandonner cette apparente voix intérieure, qui vous dicte comment vous devriez être ou agir. Laissez-la tomber tout de suite, ici même. C'est un leurre qui rie fait qu'obstruer le chemin.
En ce qui concerne ceux que vous aimez, vous ne pouvez vivre qu'au travers de ce que vous comprenez. Vous n'avez aucune responsabilité d'aucune sorte pour qui que ce soit ni quoi que ce soit. Il n'y a personne là, et il n'y a jamais eu personne là qui puisse prendre une responsabilité quelconque.

Etes-vous en train de dire que nous n'avons de responsabilité pour rien ?

Qu'est-ce que vous en pensez?

Je crois avoir participé à la création de ma fille et par conséquent devoir l'aider à vivre dans le monde du mieux qu'elle le peut.
C'est probablement tout ce que vous pouvez faire pour le moment, mais comment avez-vous participé à sa création ?

J'ai aimé sa mère et c'est ma semence qui s'est réunie à son ovule pour commencer tout cela.

Qui a choisi de faire l'amour à la mère?
C'est moi, bien que cela ait été probablement mutuel en ces temps-là. (rires).

D'où la pensée de lui faire l'amour est-elle venue ?
C'était plutôt comme une envie irrésistible.

Qu'est-ce qui a instigué en vous cette envie?
Quand j'y pense maintenant, ça m'a semblé, et cela me semble encore, émerger de nulle part en particulier.

Suggérons alors, si vous le permettez, que la conception s'est produite totalement en dehors de votre volonté - cela c'est simplement produit.
Peut-être, c'est possible.

Donc où était, où est, ce désir que vous avez remarqué au début?
Une sorte de vibration commence dans mon corps, suivie par la pensée " j'aimerais faire l'amour ".

Et quelle en est l'origine?
Je ne sais pas vraiment.

Alors qui la reçoit et en prend la responsabilité?
C'est moi.

Quelle partie de vous-même?
Eh bien, mon corps et ensuite ma pensée.

Et laquelle de ces choses-là est vous-même?
C'est un amalgame de ces deux choses.

Donc vous êtes un mélange de différentes pulsions et pensées ?
Ça me paraît être ça.

Et de quoi êtes-vous conscient tout de suite?
D'une excitation joyeuse.

Êtes-vous cette excitation? (longue pause)
Non, c’est bon, j'ai compris à présent.

Compris quoi ?
Je vois que je suis cela qui regarde cette excitation se produire.

jeudi 7 janvier 2010

• La non-dualité est la confiance en l’esprit - Seng ts’an

La confiance en l'esprit


La Voie Suprême n’est pas difficile
Si seulement vous ne sélectionnez pas et ne choisissez pas.

Gardez-vous d’aimer et de haïr,
Et vous comprendrez clairement.

Écartez-vous d’un seul cheveu,
Et vous voilà aussi éloigné que ciel et terre.

Si vous voulez qu’apparaisse la Voie,
Ne soyez ni pour ni contre.
Le pour et le contre s’opposant –
Voilà la maladie de l’esprit.

Sans réaliser le principe mystérieux
Il est vain de pratiquer la quiétude.

La Voie est aussi parfaite qu’un grand espace,
Sans manque, sans excédent.
Tant d’emprise et de rejet
Vous empêchent de l’atteindre.

Ne poursuivez pas une existence conditionnée ;
Ne souffrez pas dans l’acceptation du vide.
Au sein de l’unité, de l’égalité,
La confusion s’efface d’elle-même.

Cessez toute activité et revenez au calme,
Et ce calme sera plus actif encore.

Stagnant dans la dualité,
Comment reconnaîtrez-vous l’unité ?
Si vous ne pénétrez pas l’unité,
Tout endroit perdra sa fonction.

Bannissez l’existence et vous tombez dans l’existence ;
Poursuivez la vacuité et vous y tournerez le dos.

La parole et la pensée excessives
Vous gardent de l’harmonie avec la Voie.
Sabrez dans la parole et la pensée,
Et il sera nul endroit que vous ne saurez pénétrer.

Revenez à la racine pour atteindre le principe ;
Recherchez l’éveil pour le perdre.

Un seul moment de retournement de la lumière
Est plus grand que la vacuité d’avant.
La vacuité d’avant est transformée ;
Ce n’était que le produit d’une perception bercée d’illusions.
Nul besoin de rechercher le vrai ;
Il suffit d’anéantir vos perceptions.

N’endurez pas les points de vue dualistes,
Prenez garde à ne point les rechercher.
Dès que se présentent le bien, le mal,
L’esprit s’éparpille et se perd.

Deux provient d’un,
Et pourtant il ne peut conserver l’Un.
Lorsqu’un esprit ne prend pas son envol,
Une myriade de dharmas demeure sans effet.
Sans défaut, sans dharma,
Nul envol, nul esprit.

Aveugle au fin et au vulgaire,
Comment saurait-il y avoir de parti pris?

La Grande Voie est large,
Ni facile, ni difficile.
Avec des vues bornées ou des doutes,
La précipitation vous ralentira.
Vous y attachant, vous perdrez le sens de la mesure ;
L’esprit s’engagera sur une fausse route.

Lâchez prise et soyez spontané,
Par-delà les allers, les arrêts.
Accordez-vous à la nature, unissez-vous à la Voie,
Vagabondez à loisir, sans tracas.

Limité par les pensées, vous vous égarez du réel ;
Et sombrer dans la stupeur est tout aussi mauvais.

Il n’est point bon de fatiguer l’esprit,
Pourquoi alterner entre aversion et affection ?

Si vous désirez pénétrer dans l’unique véhicule,
Ne soyez pas rebuté par le monde des sens.
Sans aversion pour le monde des sens,
Vous ne ferez qu’un avec le véritable éveil.

Le sage n’a pas de motivations ;
Seuls les fous se réduisent eux-mêmes à l’esclavage.

Tel dharma n’est point différent de tel autre.
L’esprit bercé d’illusions s’accroche à tout ce qu’il désire.

User de l’esprit pour cultiver l’esprit –
N’est-ce pas là une grave erreur ?

L’esprit erroné engendre tranquillité et confusion ;
En l’éveil, il n’est plus de préférences ni d’antipathie.

La dualité de chaque chose
Découle de fausses discriminations.
Un rêve, une illusion, une fleur dans le ciel
Mais pourquoi donc tenter de les saisir ?
Le gain et la perte, le bien et le mauvais –
Débarrassez-vous d’eux, tous à la fois.

Si vos yeux ne se closent pas dans le sommeil,
Tout rêve s’éteindra de lui-même.
Si l’esprit ne discrimine point,
Tout dharma est d’une même identicité.

L’essence d’une seule identicité est profonde ;
Immobile, le conditionné est oublié.

Considérez tous les dharmas comme égaux,
Et vous retournerez aux choses telles qu’elles sont.
Dès que le sujet disparaît,
Il ne saurait y avoir ni mesure ni comparaison.

Cessez toute activité et il n’y a pas d’activité ;
Quand l’activité cesse, il n’y a pas de repos.
Puisque deux ne peut être établi,
Comment peut-il y avoir un ?

Dans l’Ultime,
Règles et normes n’existent point.
Développez un esprit d’équanimité,
Et toute action se dissipera.
Les doutes anxieux s’effacent en totalité.
La bonne foi est faite de droiture.

Rien ne traîne derrière,
On ne peut se souvenir de rien.
Vif et vide, fonctionnant de manière naturelle,
L’esprit ne se donne pas de mal.
Ce n’est pas l’endroit pour penser,
Réfractaire qu’il est aux pensées et aux émotions.

Dans le Royaume du Dharma réside la véritable identicité,
Et il n’y est ni autre, ni moi.
S’accorder à elle est d’une importance vitale ;
Se référer au « non-deux » suffit.
Dans le non-deux, toute chose est en unité ;
Rien ne saurait être exclus.

Les sages, toujours occupant les dix directions,
Pénètrent tous ce principe.
Ce principe ni connaît ni hâte ni lenteur –
Une pensée pour dix mille ans.

Demeurant à nulle part et cependant partout,
Les dix directions se tiennent droit devant vous.
Le petit est pareil au grand
Dans le royaume sans l’illusions.
Le grand est pareil au petit ;
Nulle frontière n’est visible.

L’existence est précisément la vacuité ;
La vacuité est précisément l’existence.
S’il n’en était pas ainsi,
Il ne vaudrait rien de la préserver.
Un est tout ;
Tout est un.
Si vous ne pouvez être ainsi,
Pourquoi vous inquiétez-vous de ne pas terminer ?

La confiance et l’esprit ne sont pas deux,
La non-dualité est la confiance en l’esprit.
La voie des mots est avortée,
Il n’est plus de passé, d’avenir, ni de présent.

Traduit et interprété par Jos Slabbert

mercredi 6 janvier 2010

• C'est l'un en vie sans personne - Tony Parsons




Ce qui est recherché reste caché du chercheur en étant d'ores et déjà tout.

C'est si simple et évident que s'en saisir l'occulte aussitôt. Jamais trouvé, jamais connu, être dans l'absence au-delà de toute mesure.

Chercher à être c'est croire qu'il est perdu. Quelque chose a-t-il été perdu, ou est-ce simplement que la recherche nous en éloigne ?  L'être aimé ne danse-t'i pas juste au-delà de notre point d'attention ?

L'intention même de chercher un trésor mythique dans la vie obscurcit inévitablement la réalité que la vie est déjà le trésor.

En cherchant le mythe qu'il rêve de pouvoir atteindre, le chercheur évite efficacement ce qu'il redoute le plus... son absence.

La Libération est comme un fusible qui fond tout à coup, et toutes les petites lumières sortent et il n'y a que plus que lumière.

Ce n'est pas un message à propos de vous ou moi ou de toute personne obtenant quoique ce soit. Il s'agit de la réalisation qu'il n'y a rien à obtenir... que ce qui a été cherché n'a jamais été perdu.


Il s'agit vraiment d'une description - un partage d'une description de quelque chose qui est au-delà de la réalisation, quelque chose qui ne peut être perdu et ne peut pas être saisi ou gagné.  

Au moment ou il y a séparation, il y a un sentiment de perte, il y a le sentiment de quelque chose qui n'est pas tout. Et donc le chercheur tente de combler ce vide, de le remplir avec quelque chose - quoique ce soit. Et certains se tournent vers ce qu'on appelle "l'illumination", parce qu'on considère que l'illumination peut-être la chose qui remplira ce sentiment de perte, que ce pourrait être la réponse à quelque secret que nous n'avons pas encore trouvé.

Et il nous semble, lorsque nous lisons à propos de l'illumination, comme si quelqu'un d'autre avait trouvé le secret.

Mais personne n'a trouvé le secret. Il n'y a rien de tel qu'une personne éclairée.
Il s'agit d'un malentendu complet. Mais la difficulté d'être un chercheur de vérité, l'énergie de la recherche nous pousse à être attirés par l'idée que quelqu'un d'autre a trouvé quelque chose que nous pouvons trouver, parce que nous avons grandi avec l'idée que l'effort porte ses fruits. Donc, si l'effort porte ses fruits, et que nous avons entendu parler de quelque chose qu'on appelle l'éveil ou la libération, nous pouvons faire l'effort et alors devenir libérés ou éclairés... comme ce type sur la route dont nous avons entendu parler, ou cette femme qui donne des satsangs. Ils ont obtenu quelque chose que je veux. Si j'y vais, je vais apprendre comment l'obtenir.

Dans le rêve, il y a encore l'idée que l'illumination ou libération est quelque chose qui est réalisable. Et donc il y a des enseignements qui renforcent l'idée que vous êtes une personne qui a le choix, ainsi vous maintenant, en tant qu'un individu, pouvez choisir de vous auto questionner ou de méditer, ou tout autre chose, et finalement vous pourriez devenir éveillé.

Vous pouvez aller partout dans le monde et trouver des enseignements offrant quelque chose à obtenir. Il est rare, toutefois, de trouver une communication sans compromis qui n'offre rien du tout à celui qui cherche.

Cette vitalité est rien étant tout. C'est juste la vie qui passe. Ça n'arrive pas a quelqu'un. Il y a toute une série d'expériences qui se passent ici et elles se passent dans le vide... elles se passent en chute libre. Elles sont juste ce qui arrive.
Tout ce qui arrive constitue la vie. Tout ce qui arrive, c'est Etre. Il n'y a personne qui l'ai ou ne l'ai pas. Il n'y a personne qui ai la vie et quelqu'un d'autre qui n'aurait pas la vie. Il y a juste la vie étant la vie.

Ce message est si simple qu'il confond totalement l'esprit. Ce message est trop simple. Déjà votre esprit est en train de dire : "Oui, mais poursuivons... qu'en est-il des niveaux de l'illumination et que dire de mes blocages émotionnels, et de mes chakras, ne sont-ils pas tous ouverts. ? Et mon silence - je ne suis pas vraiment calme, et que dire de mon ego ? Quelqu'un m'a dit que j'ai encore un ego... il est un peu réduit, mais il est toujours là."

Mais tout cela, toutes ces idées sont des leçons apprises sur ce qu'il devrait être.
L'ego est ce qui arrive. L'ego c'est juste être l'ego. Penser, c'est juste être en train de penser. Il n'y a qu'Etre. Il y a juste Etre.  Il n'y a rien d'autre.
Il n'y a personne qui exécute cela. Il n'y a pas de destin, il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de plan, il n'y a pas de script, il n'y a nulle part où aller parce qu'il n'y a qu'être de facon intemporelle. Être c'est Etre tout. Et c'est etre vivant et sexy et charnu et juteux, et ce immédiatement, ce n'est pas une notion à propos de 'il n'y a personne ici'.
Ce n'est pas une notion à propos de 'il n'y a nulle part où aller'.
C'est la vivacité qui est dans ce corps en ce moment. C'est l'être pur, la vivacité pure.
C'est Cela. Fin de l'histoire.

Vraiment, c'est tout simplement Cela. Donc Il n'y a personne, il n'y a pas de choix. 

Il n'y a pas de choix à tout niveau. L'unité n'a pas choisi de devenir deux. 
Il y a juste l'un. Tout y est, c'est l'un en vie sans personne. 
Fait-on quelque respiration ? Contrôle-t-on la circulation sanguine ?
Est ce que quiconque fait réellement quelque chose ?
Non, il n'y a que l''apparence du faire. La vie apparente en chute libre.

Il n'y a pas de réponse à la vie parce que la vie est sa propre réponse. Ça se passe déjà. C'est cela. Vous ne l'avez jamais perdu. C'est la chose étonnante au sujet de libération. Lorsque la libération apparente se produit les gens disent : "C'est incroyable parce que la chose que je cherchais ne m'a jamais quitté. C'est la seule chose qui ne viendra jamais et ne me quittera jamais - la seule constante qui ne peut pas être connue ou accaparée." Et cette seule constante c'est Etre.




mardi 5 janvier 2010

• Derrière les apparences de l'univers... - Nicole Montineri


Derrière les apparences de l'univers 
se trouve la réalité éternelle

Entretien avec Nicole Montineri
  
Après avoir vécue l'éveil lors d'une grave maladie, Nicole témoigne de cette compréhension lors d'un entretien en toute simplicité. Un entretien éclairant pour de nombreux chercheurs. La quête est nécessaire, mais la vérité surgit spontanément par un lâcher prise qui se déroule à notre insu.

Question : Vous témoignez dans votre livre « N'ayons pas peur de mourir » (Editions Accarias l'Originel) d'une ouverture soudaine survenue lors de circonstances difficiles, après 30 ans de recherche spirituelle. Quelles ont été ces conditions ?

C'est en 2006, lors d'une grave maladie, que j'ai pu vivre ce que mon engagement dans la voie spirituelle avait consenti à esquisser. J'ai alors réalisé ce qu'enseignent tous les sages et les mystiques depuis des millénaires : derrière les apparences de l'univers se trouve la réalité d'une conscience éternelle, la seule réalité qui soit.

Cette réalisation peut survenir à chacun d'entre nous à un moment donné de son existence. Elle a une portée universelle, car chaque éveil d'une conscience a un retentissement dans le cosmos entier.

J'ai hésité à témoigner de ce que je venais de vivre. Pas auprès de mon entourage proche qui, enveloppé de ce courant d'amour, a reçu cette réalisation comme un cadeau, mais auprès d'un public plus large. Comment dire la Réalité ? Il est difficile d'exprimer par des mots la perception de la Conscience en toute chose, de l'union indissoluble de chaque être à l'énergie de la vie. Les mots sont adaptés à notre monde duel et temporel et ne peuvent nous donner la réponse intérieure propre à chacun, qui attend d'être découverte au fond de nous. Cependant, ce sont aussi des paroles que j'avais lues et entendues tout au long de ma quête spirituelle qui m'ont aidé à y voir clair, comme des balises disposées au fil du voyage, qui ont ouvert les vannes de ma compréhension du sens de la vie. Les mots font leur propre chemin en nous, à condition bien sûr qu'on ne les saisisse pas. J'ai donc décidé de témoigner. Ce qui m'avait été permis de voir, je devais tout simplement le dire, encouragée par Arnaud Desjardins qui m'a écrit : «  Que votre expérience et votre réalisation puissent être une aide pour les autres. »

Cette réalisation soudaine, vécue dans un état d'ouverture totale, de réceptivité sans intention, sans projection, faisait bien partie de ma trajectoire de vie, en accord avec mon cheminement intérieur. Elle est venue me montrer une réalité – la Réalité – que je percevais par des intuitions, que je recherchais intensément, de tout mon être. Juste avant ma maladie, j'avais la sensation d'être arrivée à la fin d'un cycle, entamé il y a trente ans. Toute poursuite de quelque chose m'avait abandonnée. Le silence avait commencé à s'installer en moi, laissant les désirs s'éteindre d'eux-mêmes. Dés que l'on commence à se tourner vers l'essentiel, les choses non essentielles renoncent à nous d'elles-mêmes. Peu à peu, je commençais à regarder la vie à partir de cet espace vide d'où tout émerge, et non plus à partir de ce qui en nous cherche, agit et se tourmente.

Question : Pouvez vous nous décrire ce qui a été ressenti pendant ce moment ou l'éveil est survenu ? L'éveil n'est-il pas la dissolution de la « personne » que je crois être ?

C'est par l'expérience de la mort proche que j'ai fait le grand saut dans l'espace pur et vide de la Conscience. Lorsque j'ai senti que mon corps, arrivé au bout de ses forces, allait m'abandonner, j'ai accepté cette nouvelle situation sans angoisse, sans peur. La peur de la mort est seulement une pensée qui émane de l'ego qui sait que tout ce à quoi il s'identifie cessera de fonctionner et qu'il ne poursuivra donc pas son existence. A cet instant, je n'avais aucun désir de me rattacher à quoi que ce soit, même aux douleurs que j'endurais. Le moi s'était déjà effacé. Je n'attendais pas une expérience particulière, qui serait forcément issue de ma mémoire. Mon esprit était vide. Je me sentais totalement libre, sans l'interférence de pensées, de projections ou d'images. Cet état d'abandon, de disponibilité totale, n'est-ce pas cela l'amour ?

Les sens se sont fermés. Ce fut le silence. Il n'y avait plus rien, mais ce n'était pas effrayant. La sensation était douce, paisible, hors du temps. Portée par l'énergie qui baigne l'univers, j'avais l'impression d'une respiration qui était comme une pulsation continue. Puis soudain, ma conscience éclata dans toutes les directions. Elle embrassa l'espace infini de l'univers, qui se trouva dissous en une lumière intense. J'étais devenue cet espace ouvert, illimité. J'avais une sensation de légèreté joyeuse… mais qui « je » ? Il n'y avait plus personne… « Je » n'était plus là pour s'approprier la perception. La lumière n'était pas vue. Elle n'était autre que la conscience elle-même qui se déployait librement dans l'espace. Ce déploiement révélait l'essence de la conscience : elle était cette réalité qui embrassait tout en tant que substance absolue. Elle se reconnaissait par elle-même, à la fois vide et pleine, en repos et en mouvement.

Lorsque la réalisation de la vérité survient, elle est tellement profonde qu'elle laisse la place à un grand vide silencieux. La paix et la joie ressenties donnent la certitude qu'on a retrouvé notre vraie demeure. On se sent pleinement en vie dans ce vide lumineux !

La vibration qui m'enveloppait et me pénétrait était celle de l'Amour, un Amour infini, impersonnel, qui rayonnait dans le silence – matrice de l'univers. Nous venons de lui, nous sommes nés de lui et vivons en lui. Il n'est autre que la Vie. Cet Amour sans condition était perçu comme l'essence même de l'espace dans lequel ma conscience s'était absorbée, une énergie tendre et puissante qui laisse être ce qu'il y a d'éternel en nous.
Au sein de cet Amour cosmique, la liberté me fut donnée de rester dans cet état de félicité parfaite ou de prolonger un peu le voyage terrestre…

Question : Après cette expérience, comment s'est déroulée votre retour et votre perception du monde matériel ?

Lorsque je suis revenue ici, j'ai vécu totalement immergée dans la lumière pendant un mois et demi environ. Tout ce qui était vu, les êtres, la nature, l'était par et dans cette lumière. Je sentais à peine les douleurs de mon corps, l'inflammation pourtant très aiguë des nerfs de ma jambe. Une immense gratitude envers ce qui Est me submergeait à tout moment. Encore maintenant…

La vie en soi et autour de soi devient précieuse. On se sent en communion avec tous les êtres vivants, avec le monde, avec l'univers entier. Au sein de ce rayonnement joyeux, on est tranquille, réconcilié et libre. Il y a en soi un niveau de perception jamais atteint. On touche à la plénitude. On se sent illimité, contenant à la fois tout l'humain que nous sommes et le cosmos entier. Les pensées, les émotions continuent d'arriver, bien sûr, mais elles ne sont plus arrêtées, plus entretenues. Elles sont comme désagrégées dans la chaude lumière de l'espace infini. Le mental n'est plus un problème lorsque nous avons découvert notre véritable nature, celle de tous les êtres, celle de la vie. Nous arrivons à tout accueillir sans faire obstacle, sans fixation mentale ou crispation émotionnelle. Nous laissons les choses qui viennent nous traverser sans qu'elles nous dominent ou nous tourmentent. Nous les observons dans le calme, les laissant se déployer puis s'effacer, sans rien précipiter, sans rien anticiper. Nous sommes en accord avec le mouvement universel, nous ressentons que nous faisons totalement partie du cosmos, que nous participons pleinement à sa prodigieuse aventure. Chaque chose est vue comme émergeant d'une source unique et se mouvant au sein de la globalité de la vie.

Vivre ainsi conduit à percevoir sans cesse plus finement la grandeur incommensurable du mystère de la vie. Le silence qui est en nous depuis l'origine, duquel tout émerge et auquel tout retourne, imprègne tout notre être, notre corps, notre esprit, accompagne tous nos actes. La réalisation de notre véritable nature transforme notre façon de vivre l'instant, désormais plus détendue, plus libre, nous disposant à accueillir chaque évènement tel qu'il surgit, comme un don de la vie. On ne se sent plus lié aux circonstances. On se contente d'être dans chaque situation où la vie nous place. Ce n'est pas qu'il n'y ait plus de problèmes, mais il n'y a plus personne pour s'en emparer et les faire siens. La personnalité avec ses exigences s'est effacée. Son jeu était tellement dérisoire !

Question : Nicole, cet éveil est survenu après une recherche d'une trentaine d'années. Comment voyez vous ces années ? Quels ont été les obstacles que vous avez rencontrés ?

Cette ouverture à l'espace intérieur de liberté est survenue après plus de trente ans de questionnements sans relâche. J'ai toujours été poussée de l'intérieur par une forte exigence de compréhension du sens de ce monde, de cette vie. Pas une exigence prudente, raisonnée, mais une sorte de feu brûlant. J'ai beaucoup lu, réfléchi, douté aussi. J'ai connu le découragement, la sensation d'être enfermée entre des murs sans ouverture… Sur ce chemin – qui n'en est pas un – on apprend à s'observer en relation avec les autres, en toute lucidité, à voir ce qui est, sans autre but que voir, sans s'épuiser à vouloir tout saisir, à vouloir poursuivre une foule de désirs, mêmes spirituels. Un Chercheur de Vérité, c'est un être de passion qui laisse la vie devenir pleinement manifeste en lui, en la laissant circuler librement à travers son propre espace.

C'est de cet espace de liberté et de paix, qui ne connaît jamais la souffrance, que se dégage peu à peu la vision claire, globale, détachée et sensible. Personne ne peut faire à notre place ce travail exigeant d'attention à ce qui se déroule en nous et autour de nous, d'observation lucide de nos pensées parasites, de notre bavardage incessant, de nos réactions désordonnées. Nous sommes seuls sur cette voie rigoureuse du dépouillement, du renoncement à nos innombrables illusions. Cependant, si nous l'acceptons, nous sommes aussi magnifiquement aidés à comprendre ce qui émerge par tous ceux qui nous ont précédés. Tous les textes de spiritualité que j'ai pu lire ont contribué à ouvrir ma conscience, à accueillir sans confusion ce qui se présentait.

Le risque pour quelqu'un comme moi qui lisait beaucoup est que l'étude et le savoir viennent renforcer le mental, le figer, et qu'ensuite il n'accepte pas de s'effacer à l'instant précis où il le faudra. Même dans la quête spirituelle, le mental vient mettre une distance entre ce qu'il pense vivre et la réalité telle qu'elle est. Les difficultés surgissent toujours lorsque nous ne sommes plus en contact direct avec le flux de la vie. Intuitivement, je savais que le mental ne trouverait pas la vérité par des efforts ou des contraintes. Il est impuissant à découvrir la vraie nature de la vie, car il est le produit de la mémoire qui fait écran à la réalité toujours changeante. Il faut le laisser fonctionner librement, le laisser chercher, creuser, jusqu'à ce qu'il réalise de lui-même qu'il est l'obstacle ! Dés qu'il comprend qu'il ne pourra jamais embrasser ce qui le contient, il se calme, s'efface, et la paix qui attendait d'être découverte en nous s'installe enfin… Nous ressentons alors cette joie immense qu'il y a de vivre dans la spontanéité de l'instant. Notre espace dévoilé, désencombré, laisse passer tranquillement tout ce qui arrive. Cet espace grand ouvert, c'est notre conscience qui affleure et nous fait percevoir la réalité ultime dans la multitude des phénomènes qui se manifestent. La vie prend alors son véritable sens, vécu en soi comme une évidence.

Ce sens nous est révélé au cœur de notre existence quotidienne. C'est pour cela que nous devons aimer notre parcours terrestre, avec ses évènements, ses rencontres, ses réussites et ses échecs, aimer ce que nous sommes, fruit de ce que la vie nous propose. Ce qui importe, c'est de vivre intensément le quotidien, de comprendre la signification de nos expériences, de tout accueillir, de tout faire nôtre afin de percevoir la puissance d'amour à l'origine de chaque manifestation. Cette puissance, c'est l'énergie consciente de la vie. Lorsque notre attention sensible, libre de toute attente, nous fait accueillir spontanément chaque fait, chaque perception, sans passer par la pensée qui trie, qui juge, prolonge ou rejette, nous sommes naturellement dans cette énergie. La paix ressentie est sa substance.

La vie n'est pas ce que fabrique notre esprit, avec ses certitudes et ses doutes. Elle est bien plus vaste. Comment pourrait-elle contenir dans ce cadre étriqué ? La vie n'est pas ce contenu. Elle est le contenant. Elle est ce que nous sommes. Ce qui m'a été permis de comprendre au fil de cette quête, c'est que la seule façon de vivre qui soit est de nous abandonner en confiance à l'énergie intelligente de la vie, de nous laisser couler dans le flux qui nous porte, sans permettre à notre esprit de venir l'entraver. La vie nous aime. Ayons confiance en elle et nous serons surpris de voir où son souffle nous mène…

La vie est en se renouvelant. La paix ne peut rayonner qu'à partir de notre confiance envers ce mouvement à chaque instant renouvelé. Ce sont nos individualités qui, s'identifiant aux plaisirs et aux chagrins qui surviennent, puis souffrant dans la mémoire de blessures et dans l'attente de futurs meilleurs, bloquent le flot de la vie. Nos individualités, loin d'affirmer la liberté en s'imposant, comme elles le croient, l'entravent. Dés lors, le mouvement de la vie se fige au sein de notre espace… Cet espace est le lieu où tout se déroule, où l'intelligence de la vie prend conscience d'elle-même dans une danse spontanée et amoureuse. L'ouverture à cet espace de liberté ne peut se produire que si nous mourons à tout ce qui l'encombre, à nos pensées confuses, aux images que nous créons de nous-mêmes et des autres, aux liens qui nous enferment à travers nos plaisirs et nos blessures, que si nous mourons à tout ce à quoi notre esprit s'accroche. Celui-ci n'est jamais libre. Ne le laissons pas discuter sur tout. Il nous manipule sans cesse à partir de sa mémoire et de ses conditionnements. C'est lui qui fabrique et nourrit nos ego. Vidons-le, en toute sincérité et en toute confiance, de tout ce à quoi il s'attache au fil du temps, de tout ce qu'il accumule et qui fait écran à la tranquillité et à la clarté de notre être véritable. Etre vide de soi, c'est être plein de l'intelligence de la vie qui peut alors nous traverser sans obstacle. Sans vide, pas de plénitude.

Cette compréhension n'est pas l'aboutissement d'une recherche spirituelle, mais est au cœur de chaque instant du parcours. A chacun des pas de notre destinée terrestre, il nous appartient d'accueillir les évènements avec douceur, avec bienveillance, de leur ouvrir notre espace intérieur, cette liberté d'être que nous offre la vie, afin qu'ils s'y apaisent, qu'ils s'y effacent. Il nous appartient de les laisser passer à travers nous comme l'énergie de vie que nous inspirons puis expirons, aussi naturellement, aussi légèrement, sans nous y accrocher mentalement. Soyons vides comme la source d'où tout émerge et où tout retourne. Un jour, à notre mort, toutes nos histoires personnelles disparaîtront dans ce grand vide…

Question : Que diriez vous aux chercheurs spirituels de la nature de l'obstacle à l'éveil, et de notre réalité ultime ?

C'est à l'intérieur de notre espace vide de toutes représentations objectives que nous pouvons réaliser le grand saut hors du temps, dans l'unité de la vie. La réalité de notre nature véritable ne peut être vue que lorsque les dépouillements de ce qui fait obstacle à la vision ont été accomplis, lorsque nous avons renoncé à toutes nos fausses identifications. Rien ne nous sépare jamais de notre essence, si ce n'est notre mental. J'ai dit tout à l'heure que le chemin n'en est pas un, car il n'y a pas de distance pour aller vers ce que nous sommes de toute éternité. C'est notre esprit qui fabrique cette idée de distance à parcourir, qui crée des étapes et un but à atteindre. Il nous lie au temps dans cette prétention de progrès. Tout est déjà là, dans cette énergie éternelle et vibrante d'amour qu'est la vie.

Très jeune, j'ai eu l'intuition qu'il y a une part de nous-mêmes qui survit à notre mort physique, et l'envie très forte d'en connaître la nature. Je n'étais mue que par cet appel de recherche de sens qui aiguisait ma sensibilité à la nature éphémère des choses. J'ai su très tôt que la mort était la clé du grand mystère. Cette connaissance tout intérieure, loin d'assombrir mon existence, lui donna une liberté et une intensité joyeuse. Je sentais qu'il fallait que je reste pleinement éveillée au contact de la vie, libre de m'exposer totalement à son énergie, sans protection, malgré les évènements que l'on ne comprend pas toujours. Un jour, surgit l'évènement qui nous fait pénétrer au cœur de la réalité ultime, et alors tout est clair...

C'est cette part éternelle qui s'est révélée lorsque tout mon être s'est abandonné sans restriction à ce qui lui était proposé de vivre comme un ultime élan. Elle n'est pas liée à notre personnalité, ne dépend ni de nos pensées, ni de nos actes. Elle n'est concernée par aucune souffrance, aucune attente de bonheur, aucune limitation. Elle est l'essence même de ce que nous sommes en vérité. Elle est ce flux ininterrompu présent dans toutes les formes, ce témoin qui observe en silence tout ce qui apparaît et disparaît dans son champ illimité.

Nous n'avons rien d'autre à faire que de découvrir en nous cette source silencieuse qui rayonne aux dimensions infinies de l'univers et de nous y absorber. Nous sommes cet espace vide, cet infini. Nous sommes la Vie. Nous pouvons nous reposer… Chaque chose suit son cours. Chaque être est vu tel qu'il est : conscience semblable à la nôtre, observatrice immuable de nos existences. Chaque évènement est accueilli avec sérénité, car il n'a plus de signification égocentrique. Nous voyons, par delà le jeu du bien et du mal de notre monde, la beauté de l'essence de la vie. Tout coule avec fluidité, car ce ne sont plus nos ego qui veulent, mais ce sont les forces de la vie qui agissent à travers nous et nous mènent où elles veulent. Tout se développe selon un processus harmonieux, dans le consentement à ce qui est. Ceux que nous rencontrons ressentent notre paix et notre liberté, c'est notre façon de les aider. Nous sommes capables de vivre sans perdre notre unicité, en observateur paisible dont les gestes sont dépouillés de vanité et d'agitation désordonnée. Nous pouvons agir au sein de notre société stressée, déboussolée, en être authentique inspiré par sa conscience. Car nous demeurons dans le silence de notre part éternelle, là où le fardeau du personnage social et de ses exigences disparaît.

Le silence est la substance dans laquelle baigne l'univers. Il est l'origine. C'est le silence qui m'a enseignée lorsque ma conscience s'est absorbée dans une expansion illimitée. Il ne faut pas avoir peur de lui lorsque nous le découvrons. Il émane du plus profond de ce que nous sommes et nous y conduit. Il est la liberté de notre espace intérieur, et non la prison de notre mental qui divise la réalité, qui crée une séparation entre le monde et notre réponse au monde. Il apparaît dés que nous sortons de nos petits moi. Il nous révèle ce qui est réellement manifesté et nous dispose à l'accueillir avec sérénité. Il nous fait vivre avec la conscience de notre voyage éternel au sein de l'énergie cosmique, vide et cependant pleine de toutes les potentialités infinies de la vie. L'absolu est ici, à chaque instant de ce voyage. Il n'est pas autre chose que cette énergie d'amour qui nous porte et nous pénètre.


Propos recueillis par Jean-Pierre Chometon, 
pour le revue Sources.
Source du texte : Nicole Montineri.


samedi 2 janvier 2010

• Il goûte toutes les saveurs... - Métripa


 Le yogi ne conceptualise pas et, en cela, 
est comme un petit enfant.
 Il goûte toutes les saveurs comme une abeille 

butinant dans un jardin.
 Il erre de forêt en forêt (d'apparence en apparence) 

comme le lion.
 Il est comme le vent soufflant 

dans toutes les directions.
  Être en harmonie avec la nature de l'esprit 

est la sublime conduite.
 Ne contrains pas ta nature, 

conduis-toi comme un fou.
 Toutes les apparences 

sont en essence l'esprit.
 Tout ce qui se présente est sans substrat, 

c'est le Mahamoudra.

Métripa 


et plus encore...

vendredi 1 janvier 2010

• Nous sommes tous ensemble sur la même planète