lundi 14 avril 2008

• Je suis aussi « éveillé » que vous ! - Jeff Foster

Je suis aussi « éveillé » que vous !

Jeff Foster

Cela ne nous quittera jamais. Cela sera toujours ce qui est. C'est notre demeure.


Question : Qu'est-ce qui « vous » est arrivé ?


Jeff Foster : Vous savez, je crois, vraiment, que rien ne m'est « arrivé ». Si quelque chose est arrivé, ce n'est que cela: Je (apparemment) s'est arrêté d'attendre que quelque chose arrive !

Ce n'était pas un événement soudain, il n'y a pas eu d'éclair ou de tonnerre (cela, c'est l'illusion !). C'était, tout simplement, la diminution graduelle de la croyance en l'histoire «J'ai besoin de quelque chose d'autre que cela !». C'était « l'obstacle » final, si l'on peut dire (il n'y a, bien sûr, pas d'obstacle !).

Je me suis rendu compte que le désir même pour la libération, l'illumination ou l'éveil est encore un autre désir, un autre obstacle à la perfection de ce moment. Mais vous savez, en vérité, vous ne pouvez pas stopper le désir, ni l'attente pour que cet « obstacle final » tombe enfin - cela c'est encore du domaine du faire.

Observez donc, lorsque vous vous trouvez dans un état d'attente, le moment où survient la pensée «Ce n'est pas encore cela, je vais y arriver bientôt» et que cette pensée est suivie. Observez et remarquez que c'est cette pensée même qui, à ce moment-là, vous coupe de la joie et de l'entière simplicité de ce moment.

C'est très, très subtil, mais lorsque vous remarquez ce que vous faites, apparemment, à vous-même, vous vous mettrez sans doute à rire ! Et vous pouvez vous retrouver à regarder tout autour de vous, toutes les choses dans la pièce, écouter tous les sons - le chat qui miaule (si vous en avez un !), la bouilloire qui siffle, votre cour qui bat - et réaliser que c'est CELA ! Il n'y a rien de plus que cela, plus que maintenant. Regardez autour de vous, n'est-ce pas un cadeau ?

Cela revient à vivre chaque instant, comme si c'était le dernier. La recherche pour la libération implique un futur, et est donc une illusion. Ce peut être votre dernier moment sur terre. Si c'est le cas, pourquoi l'ignorer en plaçant vos espoirs dans une libération future ? Maintenant est tout ce qui existe. Arrêtez-vous maintenant, et observez. Et maintenant. Et maintenant...

Qustion : Êtes-vous « éveillé » ?

Je suis aussi « éveillé » que vous ! La seule chose qui a changé c'est qu'aujourd'hui le rêve de l'individualité a perdu son emprise. Les mêmes pensées qui avaient l'habitude de m'envahir, apparaissent encore souvent, mais maintenant je ne leur porte plus aucun intérêt. Elles flottent simplement à travers la conscience. C'est étonnant ce qui se passe lorsque la pensée est vue pour ce qu'elle est.

Il n'y a là aucun effort, aucun choix. Ce ne sont que des pensées. Elles ne sont pas personnelles.

Faire des efforts pour obtenir l'état « d'éveillé » est encore un autre type de pensées habituel. «Je ne suis pas encore « éveillé » ou «Je ne suis pas assez éveillé» : ces pensées mêmes sont celles qui obscurcissent votre état d'éveil, qui est déjà présent à 100% (et pourtant la libération ne peut jamais être obscurcie...).

Regardez ce qui se passe. Dans le jeu de la vie, la pensée «J'ai besoin d'être éveillé» apparaît, et cette pensée plaît, on lui donne de l'importance. Alors, vous (l'individu) ressentez un goût d'échec, n'est-ce pas ? Vous ressentez comme un manque. Voici le secret : le problème n'est pas que vous n'êtes «pas encore éveillé ». Le problème (et ce n'est pas vraiment un problème) c'est que survient la croyance «J'ai besoin d'être éveillé » ou «Je devrais être éveillé maintenant, et je ne le suis pas». Regardez comment cette croyance donne à l'individu, l'illusion qu'il y a quelque chose à atteindre, que ce moment n'est pas suffisant. Observez comment elle voile la perfection du moment, comment elle cache apparemment cet état déjà réalisé d'éveil !

Extraits choisis pour Éveil Impersonnel tiré du livre :

La vie sans centre
Jeff Foster

Éditions Charles Antoni L'Originel

mardi 8 avril 2008

• Lâcher prise du lâcher prise

Sources

À une époque, la prison était quelque chose dont je faisais tout pour m’échapper. En fait, je me suis réellement évadé une fois, et je suis resté en fuite pendant quatre ans. Mais après que Gangaji nous ait rendu visite à la prison fédérale, tous mes comportements de fuite ont cessé. Cela dit, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais faire de cette nouvelle naissance, alors pendant plus d’un an, je me suis juste promené dans la prison rempli de satisfaction. Les mots me manquent pour décrire cette conscience. Puis, après avoir reçu le conseil de profiter de mon état de solitude, tout est devenu clair. Le dernier mois passé en isolation continue est exactement ce dont j’avais besoin. Maintenant, tout mon temps se passe en méditation. Debout, assis, couché — je médite. Tout mon temps libre, je le passe à parler avec les autres et à leur conseiller de lâcher prise, puis à lâcher prise du lâcher prise.

C’est tellement merveilleux d’être ici parce que je vois des détenus s’éveiller et découvrir leur vraie nature. Si Gangaji peut offrir tout son temps à tous les êtres, alors cet homme-ci peut sûrement faire la même chose. Je suis dans une maison de souffrance et je dois partager tout cet amour avec les autres. En ce moment je suis inquiet à cause de ma sortie et je me demande comment je vais faire face à toutes les distractions de la rue. Quel revirement pour un voleur et un évadé. Un tel amour, une telle paix, une telle joie, il faut en parler. Il faut l’être, car en fin de compte c’est tout ce qui existe. Éveillé chaque jour, toutes choses sont neuves. Les conditions sont difficiles ici, mais ce n’est rien. L’ego embusqué tente de nous piéger, mais ce n’est rien. Quand je cherche qui souffre, qui fait souffrir, qui s’embusque pour causer la souffrance, qu’est-ce que je vois ? Rien. Avec grand respect et amour.

Avec dévotion à cet amour.

• Voyage à travers la Lumière - Mellen-Thomas Benedict


Voyage à travers la Lumière


Mellen-Thomas Benedict

En 1982, Mellen-Thomas Benedict, caméraman de cinéma, était atteint, selon le diagnostique médical, d'un cancer incurable. A son « décès », il connut une expérience de mort imminente (EMI/NDE) qui dura 90 minutes, pendant lesquelles il expérimenta les effets classiques des EMI avant de retourner à la vie. Cet épisode pourrait être expliqué de façon scientifique, excepté un détail : lorsqu'il revint à la vie, son cancer « incurable » avait totalement disparu.

En 1982 je suis mort d'un cancer en phase terminal. Il était inopérable et toutes les chimiothérapies possibles m'auraient laissé comme un légume. On me donnait six à huit mois à vivre.

J'avais eu accès à des informations terrifiantes dans les années 70 et j'avais commencé à devenir incroyablement sensible aux problèmes nucléaires, écologiques et autres. Or, comme je n'avais aucune base spirituelle, je commençai à croire que la nature avait fait une bêtise et que nous étions probablement un organisme cancéreux pour la planète. Je ne voyais aucune solution à tous ces problèmes que nous avions créés nous-mêmes.
Je percevais tous les humains comme un cancer et c'est ce que j'ai récolté.

C'est ce qui allait me tuer.
Faites attention à votre façon de voir le monde. Il se retourne contre vous, particulièrement si c'est un point de vue négatif. Le mien l'était vraiment et il me conduisait directement à la mort. J'essayais toutes sortes de méthodes de guérisons alternatives, mais aucune ne m'aidait.

Je fus donc déterminé à chercher ce qu'il y avait réellement entre moi et Dieu. Parce que jusqu'ici je n'avais pas jugé bon d'avoir affaire avec Lui. A l'époque, j'étais très éloigné de la spiritualité.
Je commençai mon parcours en étudiant les spiritualités. Je décidai de lire toute la littérature sur ces sujets, parce que je ne voulais pas être surpris en arrivant de l'autre côté. J'ai donc lu tout ce qui se rapportait aux diverses religions et philosophies. C'était très intéressant et cela m'a donné l'espoir qu'il y avait quelque chose de l'autre côté.

A la fin j'avais une garde malade. Je me souviens de m'être réveillé un matin à la maison vers 4h30 et j'ai su que ça y était. C'était le jour où j'allais mourir. J'ai donc téléphoné à quelques amis et je leur ai dit au revoir. J'ai réveillé mon infirmière. Nous avions passé un accord pour qu'elle me laisse seule au moins six heures après ma mort, car j'avais lu que toutes sortes de choses intéressantes pouvaient arriver après la mort. Et je me suis rendormi.

Ce dont je me souviens ensuite est typique du commencement de la NDE. Soudain, je fus totalement conscient et debout, mais mon corps était couché. Il y avait cette clarté autour de moi. Être hors de mon corps était même plus vivant que pendant la vie ordinaire. C'était si vivant que je pouvais voir chaque pièce de la maison, je pouvais voir le toit de la maison, je pouvais voir autour de la maison, je pouvais voir en dessous de la maison.

Il y avait une Lumière brillante. Je me tournai vers la Lumière. La Lumière était très semblable à ce que beaucoup de gens ont décrit dans leur NDE. Elle était si magnifique. Elle était tangible ; vous pouviez la sentir. C'est très attirant ; vous désirez aller vers elle comme auriez désiré aller dans les bras de votre père ou votre mère idéale.

Comme je commençai à me déplacer vers la Lumière, je sus intuitivement que si je La touchais, je serais mort. Donc, tout en allant vers Elle, je disais « S'il Te plait, attends une minute, arrêtons-nous une seconde maintenant. Je veux réfléchir ; j'aimerai parler avec Toi avant de partir. » A ma grande surprise, à ce moment là, tout s'est arrêté. Car vous avez le contrôle de votre vie après la mort, vous n'êtes pas dans une descente en roue libre.

Ma demande a été entendue et j'ai eu de nombreuses conversations avec la Lumière. La Lumière n'arrêtait pas d'apparaître sous différents visages et formes, comme Jésus, Buddha, Krishna, des mandalas, des images et des signes archétypaux. Je demandais à la Lumière « Qu'est-ce qui se passe ici ? S'il Te plait, peux-tu m'éclairer ? Je veux réellement connaître la réalité de la situation. » Et la Lumière me répondit. Je ne peux pas répéter exactement ses mots, car c'était une sorte de communication télépathique.

Ce que j'ai compris c'est que pendant la NDE vous recevez le feedback ajusté à vos croyances d'avant la rencontre avec la Lumière. Si vous êtes Bouddhiste, Catholique ou Fondamentaliste vous recevez un feedback qui a la forme de votre propre imagerie. On vous donne une chance de l'examiner de plus près, mais la plupart des gens ne la saisissent pas. A mesure que la Lumière se révélait à moi, je pris conscience que ce que je voyais vraiment était la matrice de notre Soi le plus élevé.

Nous avons tous un Soi le plus élevé, c'est-à-dire une partie de notre être qui est une âme supérieure. Elle me fut révélée dans sa forme énergétique la plus pure. On pourrait la décrire réellement non pas comme un tunnel mais bien plus comme une connexion directe avec la Source. La Source à laquelle chacun de nous est connecté. Ainsi la Lumière me montrait la matrice du Soi le plus élevé. Puisque je n'étais engagé dans aucune religion particulière, j'ai continué à m'en nourrir après ma NDE.

Comme je demandais à la Lumière de continuer à clarifier, j'ai compris ce qu'était la matrice du Soi le plus élevé : nous avons un réseau autour de la planète où tous les Soi les plus élevés sont connectés. C'est comme une grande confrérie, un cercle d'énergie subtile tout près de nous, le niveau spirituel pourrait-on dire.
Puis après deux minutes j'ai demandé à savoir vraiment ce qu'était l'Univers et j'ai dit : « je suis prêt, prends-moi».

Alors la Lumière se transforma en la plus belle chose que j'aie jamais vue : un mandala d'âmes humaines sur notre terre. J'étais encore dans le point de vue négatif au sujet de ce qui arrivait sur notre terre. Alors comme je Lui demandai de continuer à m'éclairer je vis dans ce magnifique mandala combien nous étions merveilleux dans notre essence, dans notre noyau. Nous sommes la plus magnifique des créations.

L'âme humaine, la matrice humaine que nous formons ensemble est absolument fantastique, élégante, exotique, une multitude de magnificences. Je ne peux même pas exprimer comment mon opinion a pu changer à cet instant à propos de l'humanité. Et je m'exclamai : « Oh, Dieu, je ne savais pas comme nous étions beaux ». A tous les niveaux, les plus hauts ou les plus bas, sous quelque forme que vous soyiez, vous êtes la plus magnifique des créations.

Je Lui demandai : « Est-ce que cela veut dire que le genre Humain sera sauvé ? » Alors, dans une explosion de fanfare avec une douche d'étoiles tournoyantes la Grande Lumière me répondit : « Souviens-toi de cela et ne l'oublie jamais : vous vous sauvez, vous vous rachetez, vous vous guérissez vous-mêmes. Vous le pouvez toujours. Vous le pourrez toujours. Vous avez été créés avec le pouvoir de le faire depuis avant le commencement du monde ».

A cet instant ma compréhension s'élargit encore. Je réalisai que NOUS AVONS DÉJÀ ÉTÉ SAUVÉ. Nous étions destinés à nous sauver nous-mêmes comme tout le reste de la création divine. C'est pourquoi il nous est donné une seconde chance.
Je remerciai la Lumière de Dieu de tout mon coeur. Je ne pouvais exprimer qu'une totale appréciation « Oh ! cher Dieu, cher Univers, cher Grand Soi, J'AIME Ma Vie. ».

Le Lumière sembla m'aspirer encore plus. C'était comme si je me dissolvais complètement en Elle. Encore aujourd'hui, je ne peux trouver les mots pour décrire cet Amour-Lumière.
J'entrai dans un autre royaume, plus profond encore, et ma conscience s'élargit encore et encore. C'était un énorme fleuve de Lumière, vaste et plongé au coeur de la Vie. Je demandais ce que c'était.

La Lumière répondit : « C'est LA RIVIÈRE DE LA VIE, bois jusqu'à plus soif de cette manne liquide ». C'est ce que je fis. Je bus un grand coup et encore et encore. Boire la Vie elle-même ! C'était l'extase !

Alors la Lumière me dit : « Tu as un souhait ». La lumière savait tout de moi, tout de mon passé, de mon présent, et de mon futur. « Oui » chuchotai-je.

Je lui demandai de voir le reste de l'Univers, au-delà de notre système solaire, au-delà de toutes les illusions humaines. La Lumière me dit alors que je pouvais aller avec le Fleuve. Je le fis, et je fus transportée NOYÉ dans la Lumière jusqu'à la Fin du Tunnel. Je sentis et entendis simultanément des bourdonnements très doux. Quelle course folle !

Soudain toujours sur ce Fleuve de la Vie, il m'a semblé être propulsé comme une fusée hors de la planète. Je vis la terre flotter au loin. Le système solaire dans toute sa splendeur fendit l'air et disparut. Plus vite qu'à la vitesse de la lumière, le flot me précipita dans la galaxie tandis que j'assimilai plus de connaissances que jamais. Je compris que cette galaxie et toutes celles de l'Univers, débordent de multiples formes de VIE. Je découvris des mondes et des mondes. La bonne nouvelle est que nous ne sommes pas seuls dans l'Univers !

Tandis que je chevauchai ce fleuve de conscience traversant la galaxie, le fleuve se fractura en terrifiantes vagues d'énergies. Les faisceaux superbes de la galaxie avec toute leur sagesse antique s'enfuyaient. Au début je pensais que j'allais quelque part, que je voyageais. Mais finalement je réalisai qu'en même temps que le fleuve s'élargissait, ma conscience allait s'élargissant pour tout apprendre de l'Univers ! Toute la création se déroulait devant moi. C'était une merveille inimaginable ! J'étais véritablement un Enfant Emerveillé : un bébé au pays des merveilles !

A ce moment précis, je me trouvai dans une paix profonde, au-delà du silence. Je pouvais voir et percevoir le TOUJOURS, au-delà de l'Infini.

J'étais dans le VIDE.

J'étais dans l'avant-création, avant le Big Bang. J'avais dépassé le Début des Temps/le Premier Mot/la Première Vibration. J'étais dans l'Oeil de la Création. C'était comme si je touchais la Face de Dieu. Ce n'était pas un sentiment religieux. Simplement je ne faisais qu'UN avec l'Absolu, la Vie et la Conscience.

Quand je dis que je pouvais voir et percevoir le TOUJOURS, je veux dire que je pouvais expérimenter toute la création se générant elle-même. C'était sans début ni fin. C'est une pensée qui ouvre largement l'esprit, n'est-ce pas ?

Les scientifiques perçoivent le Big Bang comme un simple événement qui a créé l'Univers. Durant ma vie après ma NDE je compris que le Big Bang n'est qu'un parmi un nombre infini d'autres Big Bangs créant des Univers indéfiniment et simultanément. Les seules images qui s'en rapprocheraient ici, seraient celles créées par des super ordinateurs utilisant des équations géométriques fractales.

Les anciens savaient cela. Ils disaient que Dieu créait périodiquement des nouveaux Univers en expirant et en créaient d'autres en inspirant. Ces cycles de manifestations furent appelées Yugas. La science moderne l'appela Big Bang.
J'étais dans la pure conscience, dans l'absolu. Je pouvais voir et percevoir tous les Big Bangs ou les Yugas se créant et se recréant eux-mêmes. Instantanément et simultanément j'entrais en eux. Je voyais que chacune des plus petites parcelles de la création a le pouvoir de créer. C'est très difficile de tenter de l'expliquer. Je reste encore sans mots à ce sujet.

Il m'a fallu des années pour assimiler cette expérience du Vide. Je peux vous le dire maintenant : le Vide est moins que le Rien, et cependant plus que le Tout. Le Vide est le Zéro Absolu ; c'est du chaos que toutes les possibilités surgissent. C'est la Conscience Absolue, qui est bien plus que l'Intelligence Illimitée.

Le Vide est la vacuité ou le néant entre toutes les manifestations physiques : l'ESPACE entre les atomes et leurs composants. La science moderne a commencé a étudier cet espace entre les particules. Ils l'appellent le Point Zéro. Leurs instruments de mesure sont dépassés. Ils n'ont aucun moyen de mesurer l'infini avec précision. Il y a davantage d'espace zéro dans votre propre corps et l'Univers que n'importe quoi d'autre !

Ce que les mystiques appellent le Vide n'est pas un vide. Il est tout plein d'énergie, une sorte différente d'énergie qui a créé tout ce que nous sommes. Tout depuis le Big Bang est vibration, depuis le premier Mot qui est la première vibration. Le terme biblique « Je suis » porte vraiment un point d'interrogation « Je suis ? Qui suis-Je ? » Ainsi la création est Dieu Se découvrant Lui-même de toutes les façons imaginables, dans une exploration continue et infinie à travers chacun d'entre nous. Je commençais à comprendre, pendant ma NDE, que tout ce qui est, est littéralement le Soi, votre Soi, mon Soi. Tout est le Grand Soi. C'est pourquoi Dieu sait même quand une feuille tombe. C'est possible parce que, où que vous soyez, c'est le centre de l'Univers. Où que soit chaque atome, c'est le centre de l'Univers. Là est Dieu, et Dieu est dans ce Vide.

Pendant ma NDE, quand j'éprouvais le Vide, les Yugas et toutes les créations, j'étais complètement hors du temps et de l'espace comme nous le savons.
Dans cet état d'expansion je découvris que la création est Pure Conscience Absolue, ou Dieu, entrant dans l'expérience-Vie que nous connaissons. Le Vide lui-même est dénué d'expérience. C'est la pré-Vie, avant la première vibration. Dieu est plus que la Vie et la Mort. Donc il y a plus que la Vie et la Mort à expérimenter dans l'Univers !

Quand je réalisai ça, j'en avais fini avec le Vide. Je désirai retourner dans cette création, ou yuga. Cela me semblait tout à fait naturel. Alors soudain, je suis revenu à travers la seconde lumière ou le Big Bang, dans un bruit assourdi de bourdonnements. Je chevauchais à nouveau le fleuve de conscience à travers toute la création, et quelle chevauchée ! Les faisceaux de galaxies me pénétraient avec encore plus d'acuité. Je traversai le centre de notre galaxie qui est un trou noir. Les trous noirs sont les traiteurs ou les recycleurs de l'Univers.

Savez-vous ce qu'il y a de l'autre côté d'un Trou Noir ? Nous, notre galaxie, qui a été retraitée à partir d'un autre univers. Dans sa configuration d'énergie, elle ressemble à une fantastique ville de lumière. Toute énergie, de ce côté du Big Bang est lumière. Chaque sous-atome, atome, étoile, planète, même la conscience elle-même est faite de lumière et a une fréquence et/ou une particule. La Lumière est une substance vivante. Tout est fait de lumière, même les pierres. Donc tout est vivant. Tout est fait de la Lumière de Dieu. Tout est très intelligent.

Comme je chevauchais le fleuve encore et encore, je pouvais voir une immense Lumière arriver. Je sus que c'était la Première Lumière ; la Matrice de notre système solaire, notre Soi Lumineux le plus élevé. Alors le système solaire en entier apparut dans la Lumière, accompagné de ces grondement assourdis.

Je pouvais voir toute l'énergie que ce système solaire générait, et c'est un spectacle incroyable, je pouvais entendre la Musique des Sphères. Notre système solaire, comme le font tous les corps célestes, génère une unique matrice de lumière, de sons et d'énergies vibratoires. Les civilisations avancées venant d'autres systèmes stellaires peuvent, comme nous le savons, laisser l'empreinte d'une matrice énergétique ou vibratoire pour marquer leur passage dans l'univers. C'est un jeu d'enfant. Les Merveilleux enfants de la terre (les êtres humains) fabriquent actuellement d'innombrables sons, comme des enfants jouant dans la cour de récréation de l'univers.

La Lumière m'expliqua que la mort n'existe pas. Nous sommes immortels. Nous avons déjà été vivants pour toujours ! Nous sommes une partie de la nature, de ce système vivant qui se recycle lui-même indéfiniment.
On ne m'a jamais dit que je devais rentrer. Mais je savais maintenant que je le voulais. C'était simplement naturel après ce que j'avais vu pendant cette expérience de NDE.

En temps humain je n'avais aucune idée du temps passé avec la Lumière. Mais j'avais eu des réponses à toutes mes questions et mon retour était proche. Quand je dis que toutes mes questions avaient eu une réponse de l'autre côté, je veux simplement dire ça. Toutes mes questions ont eu une réponse. Chaque être humain a une vie différente et un lot de questions à explorer. Certaines de nos questions sont Universelles, mais chacun de nous explore d'une façon unique ce que nous appelons la Vie. Car toute forme de vie depuis les montagnes, jusqu'à la moindre feuille de chaque arbre est unique.

Et ceci est très important pour nous dans cet Univers. Parce que Tout contribue au Grand Tableau, à la plénitude de la Vie. Chacun de nous littéralement est Dieu, Dieu s'explorant lui-même dans une Danse de Vie infinie. Votre unicité contribue à l'accroissement du Vivant.

Je revenais à la vie. On ne m'avait jamais dit et il ne m'était pas venu à l'esprit que j'allais retourner dans le même corps. Aucune importance. J'avais une totale confiance en la Lumière et dans le processus du Vivant. Comme le fleuve fusionnait avec la grande Lumière, je demandai seulement de ne jamais oublier toutes les révélations et les sensations que j'avais éprouvées de l'autre côté.

Il y eut un « OUI ». Je sentis comme un baiser sur mon âme.

Je fus entraîné sur le chemin du retour à travers la Lumière dans le royaume vibratoire. Je recevai encore plus d'informations. Je rentrai à la maison et on me donnait des leçons à partir de mon expérience de NDE, sur le mécanisme de la réincarnation. Je recevais les réponses à toutes mes petites questions : « Comment ça marche ? Comment ça peut marcher ?». Je savais que j'allais être ré-incarnée.

La terre est un grand producteur d'énergie et la conscience individuelle en émerge et se développe en chacun de nous. Pour la première fois je pensais à moi comme à un être humain et j'étais heureux de l'être. D'après ce que j'avais vu, j'aurai été heureux d'être un atome dans cet Univers. Un simple atome. Car, être une partie humaine de Dieu c'est la plus fantastique des bénédictions. C'est une bénédiction au delà de la plus folle projection de ce que peut être une bénédiction. Pour chacun d'entre nous, être la partie humaine de cette expérience est à la fois terrifiante et magnifique. Qui que nous soyions, où que nous en soyions, cinglés ou non, chacun de nous et nous tous, sommes une bénédiction pour la planète, à l'endroit exact où nous en sommes.

Je m'attendais à me réincarner en un petit bébé n'importe où. Mais je reçus une leçon sur l'évolution de la conscience et de l'identité individuelle. Quelle surprise lorsque j'ouvris les yeux, ce fut une telle surprise de retrouver ce corps, d'être de retour dans ma chambre. Je ne sais pas pourquoi bien que je l'ai compris.
Quelqu'un me regardait en sanglotant. C'était mon infirmière. Une heure et demie après ma mort, elle avait renoncé. Mon corps était froid et raide. Elle était sortie dans une autre pièce. Quand je me suis réveillé, je vis de la lumière dehors et j'essayais de me lever pour aller vers elle, mais je tombai du lit. Elle entendit un grand bruit et courut dans la chambre pour me trouver par terre.

Une fois rétabli, j'étais très surpris et même terrifié par ce qui m'était arrivé pendant ma NDE. Au début je ne me souvenais pas de tout. Le souvenir me revint plus tard.
Je m'échappais de ce monde et continuais à demander « Suis-je en vie ? ». Le monde réel ressemblait plutôt à un rêve. Au bout de trois jours je redevins normal, ma perception était plus claire et cependant bien différente de ce que j'avais toujours ressenti dans ma vie. Je ne voyais plus rien de mauvais chez quiconque comme avant où j'étais vraiment dans le jugement. Avant je pensais que tout le monde était cinglé. En fait je pensais que tout le monde était cinglé sauf moi. Maintenant, je voyais clair.

Environ trois mois plus tard un ami me dit que je devrais me faire examiner, j'y allais donc, et on me fit un scanner. Je me sentais vraiment bien et pourtant j'avais peur d'apprendre une mauvaise nouvelle. Je me souviens de ce docteur dans cette clinique regardant les scanners d'avant et d'après et me disant « Bien, il n'y a plus rien maintenant » Je dis « Vraiment, ce doit être un miracle !» Il dit « Non, cela arrive, on l'appelle une rémission spontanée » Il n'était absolument pas impressionné. Pourtant, c'était un miracle et j'étais impressionné même si personne d'autre ne l'était.

Pendant ma NDE j'étais descendu dans ce qu'on appelle l'Enfer, et c'était très surprenant. Je n'ai vu ni Satan ni le diable. Ma descente aux enfers était une descente dans un monde de misère humaine, d'ignorance, une éternité misérable dans la nuit de l'inconnaissance.
Mais chacune des millions d'âmes autour de moi avait une petite étoile de lumière toujours disponible. Mais personne ne semblait s'en apercevoir tant ils étaient consumés par leurs propres chagrins, leurs traumatismes et leurs misères. Mais après ce qui m'a semblé une éternité, je commençais à appeler vers cette Lumière comme un enfant appelle ses parents à l'aide.

Alors la Lumière s'ouvrit et forma un tunnel qui vint droit sur moi et m'entoura de toute cette peur et cette souffrance. C'est cela l'Enfer.
Ainsi, ce que nous avons à faire est d'apprendre à se donner la main. Les portes de l'Enfer sont vraiment ouvertes maintenant. Nous allons nous relier, nous entr'aider et marcher ensemble hors de l'Enfer.
La Lumière vint vers moi et se transforma en un immense ange doré. Je demandai « Etes-vous l'Ange de la Mort ? » Il m'exprima qu'Il était ma super âme, la matrice la plus élevée de mon Soi : la partie de nous-même originelle. Et la Lumière m'emporta.

Bientôt notre science quantifiera l'esprit. Est-ce que ce ne sera pas merveilleux ? Nous allons bientôt avoir des appareils qui vont être sensibles aux énergies subtiles. Les physiciens font entrer en collision les atomes pour voir de quoi ils sont faits. Ils ont déjà trouvé les quarks et tout ça. Eh bien, un jour, ils vont être confrontés à cette petite chose qui maintient tout ensemble et ils devront l'appeler Dieu. Nous commençons tout juste à comprendre que nous aussi, nous sommes créateurs à mesure que nous avançons. Ainsi que je l'ai compris pour toujours, j'ai atteint durant ma NDE, un royaume dans lequel il y a un point au delà de toute connaissance qui est le commencement de la création du prochain niveau fractal. Nous avons le pouvoir de créer tout en explorant et c'est Dieu lui-même qui se répand à travers nous.

Depuis mon retour j'ai expérimenté la Lumière spontanément et j'ai appris à atteindre cet espace presque à chaque méditation. Chacun de vous peut le faire. Il n'est pas nécessaire de mourir ou de faire une NDE pour y arriver. Nous sommes équipés pour ; nous sommes déjà branchés. Le corps est le plus magnifique Etre de Lumière qui soit. Le corps est un incroyable univers de Lumière. L'Esprit ne nous pousse pas à dissoudre ce corps. C'est pas du tout ça. Arrêtez d'essayer de devenir Dieu. C'est Dieu qui devient vous. Ici et maintenant.

Je demandais à Dieu « quelle est la meilleure religion sur cette planète ? Quelle est la plus juste ? » Le Dieu tout puissant dit « ça m'est égal ». Cétait une grâce incroyable. Lorsque Dieu dit « ça m'est égal » j'ai immédiatement compris qu'il n'y avait que nous pour nous en préoccuper. C'est important parce que c'est nous qui avons en charge cette préoccupation. Cela nous importe et c'est là que c'est important. Nous avons l'énergie de résoudre l'équation en matière de spiritualité. Pour Dieu tout puissant, peu importe que vous soyez protestant, bouddhiste ou n'importe quoi. Tout ça ce sont les boutons fleuris d'un même jardin.
Je souhaiterai que toutes les religions en soient convaincues et laissent chacun être. Ce n'est pas la fin de chaque religion, mais nous parlons du même Dieu. Vivre et laisser vivre. Chacun a une vue différente et cela embellit le Grand Tableau. C'est très important.

Je suis allé de l'autre côté pendant ma NDE avec un tas de frayeurs concernant les dégâts écologiques, le nucléaire, la surpopulation, la déforestation. Je suis revenu rempli d'amour pour chacun de ces problèmes. J'aime le gaspillage nucléaire. J'aime le champignon atomique : c'est le plus sacré des mandalas qui se soit manifesté à ce jour, tel un archétype. Cet événement, plus qu'aucune religion ou philosophie sur cette terre, nous a tous emportés d'un seul coup vers un nouveau niveau de conscience. Sachant cela nous pouvons peut-être faire exploser la planète 50 ou 500 fois, pour finalement réaliser que peut-être nous sommes tous liés maintenant.

Pendant un moment ils ont du déclencher davantage de bombes pour que cette idée entre dans nos têtes. Puis nous avons commencé à dire « nous n'en avons plus besoin ». En ce moment nous sommes en fait dans un monde plus sécure que jamais et il le devient de plus en plus. Aussi, je suis revenue de ma NDE en aimant les dégats écologiques parce qu'ils nous rassemblent. C'est tellement énorme ! Comme pourrait le dire Peter Russell, ces problèmes sont maintenant « à la mesure de l'âme ». Avons-nous des réponses « à la mesure de l'âme » ? OUI.

La déforestation va ralentir et dans 50 ans, il y aura plus d'arbres sur la planète que depuis longtemps. Si vous êtes écolos, foncez, vous êtes cette partie du système qui devient conscient, allez-y de toutes vos forces, mais ne tombez pas dans la dépression. C'est la partie d'un plan plus vaste.

La terre est dans un processus d'auto-régulation. Elle ne sera plus jamais un lieu de nature sauvage comme elle l'a été autrefois. Il y aura des grandes réserves où la nature sauvage prospérera. Dans le futur les jardins et les réserves seront primordiaux. L'augmentation de la population s'approche de très près du niveau optimal d'énergie nécessaire pour provoquer un changement de conscience. Ce déplacement de conscience entraînera le changement en matière de politique, en matière d'argent, en matière d'énergie.

Après ma mort, mon voyage en NDE et le retour, je respecte vraiment la vie et la mort. Il est possible que nous ayons ouvert la porte sur un grand secret à travers nos expériences de DNA. Bientôt nous serons capables de vivre dans ce corps aussi longtemps que nous le voudrons.

Après avoir vécu 150 ans environ, une intuition de l'âme nous indiquera qu'il est temps de changer de canal. Vivre pour toujours dans le même corps n'est pas aussi créateur que l'acte de réincarnation dont l'énergie serait transférée dans ce fantastique tourbillon énergétique dans lequel nous baignons. En fait nous sommes en train de découvrir la sagesse de la vie et de la mort, et de nous en réjouir. De toute façon, nous sommes déjà en Vie pour toujours.

Ce corps, ce corps dans lequel vous êtes, est vivant pour toujours. Il arrive depuis le Fleuve Infini de la Vie et retourne au Big Bang et au-delà.
Dans une énergie subtile et dense, ce corps donne Vie à la prochaine Vie.
Ce corps a déjà été en Vie éternellement.

Traduction de Michèle T. et Annie A.

Mellen-Thomas Benedict vit actuellement en Californie où il développe, avec beaucoup de succès, des technologies basées sur la lumière à effet cicatrisant, dont la connaissance lui provient, en partie, d'informations qui lui ont été données lors de sa NDE.

Site de Mellen-Thomas Benedict (en Anglais) : http://www.mellen-thomas.com

lundi 31 mars 2008

• La réalité d’une Conscience unique - Nicole Montineri

La réalité d’une Conscience unique

Nicole Montineri

Ce livre, N'AYONS PAS PEUR DE MOURIR (Éditions Accarias-L'Originel), est le témoignage d’une rencontre avec la mort. L’auteur a pu voir – lors d’une grave maladie – dans une attention extrême et une acceptation totale qui évacuait toute peur, ce qu’enseignent tous les sages : derrière les apparences de l’univers, se trouve la réalité d’une Conscience unique.

Nicole Montineri nous parle d’un vécu profond, bien réel où la conscience change de nature, se plaçant à un niveau élevé de réceptivité et de lucidité. Ici, pas de visions d’anges ou de cités célestes ; pas de projection, ni d’images. La lumière n’était pas à l’extérieur d’elle, mais rayonnement de sa conscience. Dans un abandon total de soi, l’auteur vivait un présent hors du temps où «la pure conscience (qui est pure énergie, vacuité créatrice) restait seule, rayonnante».

Demeurer dans cette ouverture, c’est rejoindre l’essence de notre être où n’existe aucune dualité, aucune séparation, mais liberté et amour.
Seule cette réalisation de l’unité essentielle nous permet de sortir de notre monde limité et chaotique. Enfermés dans les préoccupations vaines du moi, l’esprit sans cesse affairé, nous ne savons pas regarder la vie en profondeur.
Or, la mort peut surgir à tout moment. Mal préparés, nous vivons alors avec beaucoup d’angoisse l’instant de notre disparition. Cependant, la mort peut être l’expérience intérieure la plus profonde qu’il nous soit donné de connaître, si nous nous sommes préparés à ce retour à la source. Cette préparation nécessite une pratique. Il s’agit, au fil de notre existence de nous éveiller à ce que nous sommes, d’avoir une conscience claire de nos comportements, de chacune de nos pensées, de renoncer à nos illusions, d’abandonner cet effort perpétuel de l’ego pour se rassurer. Il nous faut – d’une certaine façon – nous quitter, cesser d’accumuler (tout en vivant pleinement ce que nous propose l’existence), nous dépouiller et nous habituer au silence.

L’auteur décrit ainsi un parcours, invite à une intensité tout en précisant que cette quête nécessaire sera un jour abandonnée, car la vérité ne peut surgir de la volonté mais du seul lâcher prise où le chercheur s’efface peu à peu.
Il y a un lien mystérieux qui unit la vie et la mort. Comprendre ce qu’est véritablement la mort, c’est comprendre le sens de la vie.
Pour Nicole Montineri tout est vu désormais «comme se mouvant au sein de la globalité de la vie, par la seule conscience de l’unité derrière les formes… dans une joie constante sans objet».

Extrait du livre :

Ce livre est le témoignage de ma rencontre avec ce que l'on nomme la mort. Je vous parle ici d'un vécu conscient, bien réel pour celle qui l'a expérimenté. J'ai la certitude d'être entrée en contact avec une réalité qui s'ouvre à notre conscience dès l'abandon du corps physique. J'ai pu voir ce qu'enseignent tous les maîtres spirituels : derrière les apparences de l'univers, se trouve la réalité d'une Conscience unique et éternelle.
J'ai réalisé l'expression intemporelle de l'intelligence cosmique à travers ma conscience lors d'une méningite en mai 2006.
En accord avec mon médecin, j'ai préféré ne pas être transportée à l'hôpital car je ressentais le besoin de rester en silence, concentrée, intériorisée, et la plus consciente possible, sans perfusion de morphine. J'ai pris cette décision, sachant le risque qu'elle comportait et la douleur que j'allais endurer. Je n'ai pas d'explication rationnelle à cela, simplement j'avais intuitivement confiance. Durant la première nuit, en proie à une très forte fièvre et à des douleurs insupportables à la tête, j'ai compris que mon corps ne supporterait pas longtemps cette secousse. J'ai alors décidé, calmement, lucidement, de lâcher prise, de partir, de sacrifier en quelque sorte ce corps arrivé au bout de ses forces pour laisser l'énergie infinie pénétrer librement ma conscience.
Nous avons tous à expérimenter la maladie à un moment de notre existence. S'abandonner au désespoir ne mène nulle part. Il faut accepter cet état du corps, libérer son esprit des émotions négatives qui l'envahissent, arriver à détacher sa conscience de cette forme souffrante. Nous ne sommes pas seulement un corps. J'ai accepté sans angoisse la perte de ce corps qui souffrait et dont la mort semblait imminente. Je n'ai pas eu peur un seul instant. Savoir s'abandonner, c'est reconnaître que l'esprit a ses limites. Les sens se sont fermés, je suis entrée au plus profond de mon être. Silence. Le temps s'est arrêté. Le cauchemar était fini. Il n'y avait plus personne pour souffrir.

Pour rappel, veuillez retrouver le témoignage de Nicole Montineri.
Site de Nicole Montineri.


• Nous sommes la force vitale de l’univers - Jill Bolte Taylor

Nous sommes la force vitale de l’univers

Jill Bolte Taylor

Nous sommes des êtres d'énergie, connectés les uns avec les autres, par le biais de la conscience de notre cerveau droit, comme une seule famille humaine. Et, ici et maintenant, nous sommes tous des frères et soeurs sur cette planète, afin de rendre ce monde meilleur. Et, en ce moment même, nous sommes parfaits. Nous sommes complets. Et nous sommes beaux.

Jill Bolte Taylor est une neurologue de Harvard. Elle dédie sa vie à cette discipline quand son frère est diagnostiqué de schizophrénie. Vers 30 ans, elle est elle-même frappée d'une attaque cérébrale dont elle mettra 8 ans à se remettre entièrement.

Lors d'une conférence (voir ci-dessous), Jill Bolte Taylor relate l’attaque cérébrale telle qu’elle l’a vécue. Elle explique très bien le fonctionnement différent des lobes droite et gauche du cerveau. Elle évoque un sentiment mystique qu’elle nomme Nirvana et qui est aussi rapporté par les personnes ayant vécu une expérience de mort imminente.

Jill Bolte Taylor apporte un cerveau humain sur scène pour évoquer sa propre attaque cérébrale. Chercheuse psychiatre, elle replonge dans ce moment de sa vie. En elle, la femme se sait coupée du monde, la scientifique analyse l'expérience hors norme. "Cette attaque m'a plus appris sur le cerveau que toute ma carrière académique." Elle raconte la douleur, les sensations qui s'en vont, celles qui viennent. L'instinct de survie et le nirvana. Privée de son hémisphère gauche, elle expérimente la communion avec le tout, la disparition du "je". "J'ai découvert le "nous" à l'intérieur de moi." En larmes, elle replace ses longs cheveux argent, conclut : "Qui sommes-nous ? Nous sommes la force de vie de cet univers, avec une dextérité manuelle, deux esprits cognitifs et la capacité de choisir qui nous sommes."

Lumineuse et tendre, Jill Bolte Taylor place la barre très haut. Les Tedsters l'ovationnent. "En laissant voir sa vulnérabilité, elle a permis à tous de se laisser aller", confie un membre de l'organisation.

Voici un court extrait traduit de sa conférence.

Plus tard dans l’après-midi, lorsque je me suis réveillée, ce fut un réel choc, pour moi, de découvrir que j’étais encore vivante. J’avais dit au revoir à la vie lorsque j’avais senti que mon esprit me quittait et à présent il était là, hésitant entre deux façons totalement opposées d’envisager le réel. Ce que je percevais à travers mes sens n’était que pure douleur : la lumière brûlait mon cerveau tel un feu ardent, les sons étaient si forts et si entremêlés que j’étais incapable d’isoler une voix du magma sonore ambiant. Parce que je n’arrivais pas à repérer mon corps dans l’espace, j’avais l’impression d’être énorme et en expansion, tel le génie sortant de sa bouteille. Mon esprit, quant à lui, ne connaissait plus d’entrave, il était semblable à une baleine glissant sur les flots de l’euphorie silencieuse. Impression d’harmonie. Je me souviens de m’être dit que je ne pourrais jamais rétrécir l’étendue de mon être pour le faire rentrer dans ce tout petit corps.

Puis, j’ai compris: « Mais, je suis toujours en vie ! Je suis toujours en vie et j’ai trouvé le Nirvana. Et si j’ai trouvé le Nirvana et que je suis toujours en vie, alors tous ceux qui sont en vie peuvent le trouver aussi. » Je me suis imaginée un monde où les gens seraient emplis de paix, de compassion, d’amour et sauraient rejoindre cet espace à n’importe quel moment, car ils pourraient se tenir à la droite de leur hémisphère gauche afin de trouver cette paix. Ensuite, j’ai compris combien cette expérience constituait un cadeau merveilleux, combien elle pouvait apporter un éclairage fantastique sur la façon dont nous vivons et cela m’a aidée à récupérer.

Deux semaines et demies après ma rupture d’anévrisme, les chirurgiens ont opérée et ils ont retiré un caillot de la taille d’une balle de golf qui appuyait sur les centres du langage. Et me voilà, maman à mes côtés, elle qui n’a jamais cessé d’être un ange dans ma vie. Il m’a fallu huit ans pour récupérer totalement.

Qui sommes-nous vraiment ? Nous sommes la force vitale de l’univers, dotée d’une dextérité manuelle et de deux esprits cognitifs. À chaque instant de la vie, nous avons la possibilité de choisir qui et comment nous voulons être dans le monde. Ici et maintenant, je peux entrer dans le flot de conscience de mon hémisphère droit, là où nous sommes - je suis - la force vitale de l’univers, et la force vitale des cinquante trillions de génies moléculaires qui me donnent cette forme, en symbiose avec tout ce qui est. Ou je peux choisir d'entrer dans le flot de conscience de mon hémisphère gauche, là où je deviens un individu unique, solide, séparé du flux, séparé de vous. Je suis le Dr. Jill Bolte Taylor, scientifique, neurobiologiste. Ce sont les « nous » qu’abrite mon « moi ».

Lequel choisiriez-vous ? Lequel choisissez-vous ? Et quand ? Je pense que plus nous consacrerons du temps à maîtriser le circuit de paix intérieure de notre hémisphère droit, plus nous répandrons de la paix à l’extérieur de nous et plus notre planète deviendra paisible. Et j’ai trouvé que cette idée valait la peine d’être partagée.



Merci à Jungne (et à ses amis) pour la traduction Française ^-^

Textes de la conférence :

Je me suis intéressée au cerveau car j'ai un frère à qui on a diagnostiqué une schizophrénie, une pathologie cérébrale. Et en tant que sa sœur puis en tant que scientifique, je voulais comprendre pourquoi je pouvais prendre mes rêves et les relier à ma réalité et que je pouvais réaliser mes rêves.

Qu'est-ce qui, dans le cerveau de mon frère et sa schizophrénie l'empêche de relier ses rêves à une réalité commune et partagée, et fait que ses rêves ne deviennent que des illusions.

Donc j'ai dédié ma carrière à la recherche sur les maladies mentales graves. Et j'ai déménagé de ma terre natale, l'Idiana à Boston où je travaillais dans le laboratoire du Dr. Francine Benes, au département de psychiatrie à Harvard. Et dans le laboratoire, nous nous posions la question : "quelles sont les différences biologiques entre le cerveau des témoins sains, et le cerveau des sujets diagnostiqués de schizophréne; de pathologies schizo-affectives ou bipolaires?"

Donc nous dressions avant tout la carte des micro-circuits du cerveau, quelles cellules communiquent avec quelle cellules, avec quels médiateurs chimiques, et en quelle quantité. Cela avait beaucoup de sens dans ma vie parce que j'effectuais ce genre de recherche pendant la journée tandis que le soir et les week-ends, je me déplaçais en tant que représentante de l'ANMM, l'Alliance Nationale de la Maladie Mentale.

Mais le matin du 10 décembre 1996, je me suis réveillée en réalisant que j'avais moi-même une pathologie cérébrale. Un vaisseau sanguin a explosé dans la partie gauche de mon cerveau. Et durant 4 heures, j'ai pu observer mon cerveau dégénérer complètement dans sa capacité à traiter toute information. Le matin de l'hémorragie, je ne pouvais plus marcher, parler, lire ni me rappeler rien de ce que fut ma vie. J'étais quasiment devenue une enfant dans le corps d'une femme.

Si vous avez déjà vu un cerveau humain, il est évident que les deux hémisphères sont complètement séparés l'un de l'autre. Et j'ai apporté pour vous un véritable cerveau humain. Donc ceci est un véritable cerveau humain. Voici l'avant du cerveau, l'arrière du cerveau duquel retombe la moelle épinière et c'est ainsi qu'il se positionnerait dans ma tête. Et quand vous regardez le cerveau, il est évident que les deux cortex cérébraux sont complètement séparé l'un de l'autre.

Pour ceux d'entre vous qui comprennent les ordinateurs, notre hémisphère droit fonctionne comme un processeur parallèle tandis que notre hémisphère gauche fonctionne comme un processeur linéaire. Les deux hémisphères communiquent à travers le corps calleux, qui est composé de 300 millions de fibres nerveuses. Mis à part cela, les deux hémisphères sont complètement séparés parce qu'ils traitent l'information différemment, chaque hémisphère pense à des choses différentes, ils s'occupent de choses différentes, et si j'ose dire, ils ont des personnalités différentes.

Notre hémisphère droit, c'est l'instant présent. C'est ici et maintenant. Notre hémisphère droit pense en images, et s'informe de manière kinestésique à travers le mouvement du corps. L'information sous forme d'énergie s'écoule simultanément à travers tous nos systèmes sensoriels puis celle-ci explose en un immense collage de ce que l'instant présent donne à voir. Ce qu'il donne à sentir comme odeur. Ce qu'il donne à goûter. Ce qu'il donne à ressentir et à entendre. Je suis un être d'énergie connecté à l'énergie autour de moi à travers la conscience de mon hémisphère droit. Nous sommes des êtres d'énergie connectés les uns aux autres à travers la conscience de notre hémisphère droit telle une famille Humaine. Et ici et maintenant, nous sommes tous frères et soeurs ici sur cette planète pour en faire un monde meilleur. Et en ce moment même nous sommes parfaits. Nous sommes un tout. Et nous sommes magnifiques.

Notre hémisphère gauche est un endroit très différent. Il pense différemment, linéairement et méthodiquement. Notre hémisphère gauche c'est le passé et le futur. Notre hémisphère gauche est conçu pour prendre cet immense collage qu'est l'instant présent. Il commence à extraire des détails. Puis il classifie et organise toutes ces informations. Il les associe avec tout ce que nous avons appris dans le passé et projette dans le futur toutes nos possibilités. Il pense en langage C'est ce bavardage mental permanent qui me connecte moi et mon monde intérieur avec mon monde extérieur.

C'est cette petite voix qui me dit : "hé tu dois te rappeler d'aller acheter des bananes pour demain matin". C'est cette intelligence calculatrice qui me rappelle quand je dois laver mon linge. Mais peut être plus important encore c'est cette petite voix qui me dit : "Je suis, Je suis". Et dès que mon hémisphère gauche me dit : "Je suis", je deviens séparé. Je deviens un individu isolé, solide, séparé du flux d'énergie qui m'entoure, et séparé de vous.

Et c'est la partie de mon cerveau que j'ai perdu le matin de mon attaque cérébrale. Ce matin là je me suis levée avec comme un matraquage derrière mon œil gauche. Et c'était une douleur aiguë, comme lorsque l'on mord dans une glace. La douleur partait et revenait. C'était la première fois que je ressentais une telle douleur, alors je me suis dis : "ok, je vais continuer ma journée comme d'habitude". Alors je me suis levée et je suis montée sur mon "Cardio Glider", qui est un appareil pour entraîner l'ensemble du corps et je me suis débattue sur cette chose en réalisant que mes mains ressemblent à des serres primitives agrippant la barre. J'ai pensé : "c'est très étrange" et j'ai regardé mon corps en pensant :"ouahh, quelle chose bizzaroïde..."

C'était comme si ma conscience s'était écartée de ma perception normale de la réalité, et plutôt que d'être une personne qui était sur l'appareil je me retrouvais dans une sorte d'espace ésotérique où je me voyais vivre cette expérience. Tout était très étrange et mon mal de tête empirait, donc je suis descendu de la machine et pendant que je traversais le salon, je réalisai que tout à l'intérieur de mon corps s'était considérablement ralenti. Chaque pas était très rigide et forcé. Il n'y avait aucune fluidité dans ma démarche et une diminution de mon champ de perception. J'étais focalisée sur mes systèmes internes.

Ensuite je suis allée dans la salle de bain pour prendre une douche et je pouvais entendre le dialogue à l'intérieur de mon corps. J'entendais une petite voix qui disait : "ok, vous les muscles là, vous devez vous contracter, vous là-bas relâchez". J'ai perdu mon équilibre et je me suis cognée contre le mur. En regardant mes bras, je réalisais que je ne pouvais déterminer les limites de mon corps, ni où je commence et où je finis parce que les atomes et les molécules de mon bras sont mélangés avec les atomes et les molécules du mur. Et tout ce que je pouvais détecter était cette énergie.

Je me demandais ce qui n'allait pas chez moi et ce qui se passait. À ce moment-là, mon bavardage mental s'arrêta net comme si quelqu'un avait utilisé le bouton "muet" d'une télécommande. Tout d'abord j'étais plutôt choquée de me retrouver dans ce silence total, mais finalement j'ai été captivée par la magnificence de l'énergie autour de moi. Ne sentant plus les limites exactes de mon corps, je me sentais énorme et expansive. C'était magnifique.

Puis, soudain, mon hémisphère gauche a resurgit en disant : "hé ! nous avons un problème, nous avons un problème, nous devons appeler à l'aide". Je me suis alors dis : "ok, ok, j'ai un problème". Mais immédiatement je me retrouvais à nouveau dans la "conscience". J'ai surnommé cet espace par affection : "lala land". C'était un endroit très beau. Imaginez vous ce que ce serait d'être totalement déconnecté de votre bavardage mental qui vous relie au monde extérieur. Là j'étais dans cet espace et mon travail et tous le stress en rapport avec mon travail avait disparu.

Je me sentais plus légère dans mon corps. Imaginez que toutes les interactions avec le monde extérieur et les nombreuses causes de stress disparaissent... Je baignais dans un sentiment de paix. Imaginez aussi comment vous vous sentiriez si vous perdiez trente sept ans de bagages émotionnels ! J'étais dans l'euphorie ! C'était si beau...

Mon hémisphère gauche resurgissait en disant : "hé ! ressaisis-toi ! tu dois chercher de l'aide !". Alors, je me suis dis qu'il fallait me concentrer et je suis sortit de la douche et ai commencé à m'habiller. En traversant l'appartement je pensais : "je dois aller au travail, je dois aller au travail !", pourrais-je conduire ? pourrais-je conduire ? À ce moment là mon bras est devenu totalement paralysé. Je me suis alors rendu compte : "ça alors ! j'ai une attaque cérébrale ! j'ai une attaque cérébrale !"

La seconde chose que mon cerveau a dite c'est : "waouh ! c'est trop cool ! Combien de neuro-scientifiques ont eu l'opportunité d'étudier leur propre cerveau de l'intérieur ?" Puis ; "mais je suis une femme très occupée, je n'ai pas le temps d'avoir une attaque cérébrale !" "oui mais je ne peux pas empêcher une attaque cérébrale d'arriver donc je laisse faire une ou deux semaines et je retournerais à mon train train. Pour l'heure je dois appeler au travail je dois appeler de l'aide". Je n'arrivais pas à me souvenir du numéro du travail mais je me suis rappelé d'une de mes cartes de visites dans le bureau d'à côté avec le numéro dessus. J'y suis allé et ai pris un tas de 6 cm de cartes de visites.

L'ennui c'est que je n'arrivais pas à lire les mots, les symboles et le fond car tout était pixelisé et mélangé. Je ne pouvais rien en faire. J'ai alors attendu d'avoir ce que j'appelle une "vague de clarté". A un moment j'ai donc pu commencer à éliminer les mauvaises. Cela m'a pris 45 minutes pour faire 2 cm du tas de cartes. Pendant ce temps l'hémorragie grossissait dans le cerveau gauche. Après avoir miraculeusement composé le numéro de la bonne carte de visite entre deux passage en "lala land" j'ai eu mon collègue au téléphone : "wou, wou, wou, wou, wou". Il me faisait penser à un chien Golden Retreiver.

J'ai réussis à lui dire en faisant le vide : "c'est Jill, j'ai besoin d'aide !" Mais ce qui était sortit de ma bouche : "wou, wou, wou, wou, wou". "Mince j'aboie aussi comme un Retreiver !" En réalité je ne pouvais plus comprendre ou parler un langage et je l'ignorais tant que je n'avais pas essayé. Toujours est-il que mon collègue a compris que j'avais besoin d'aide et qu'une ambulance est venu me chercher. Pendant le trajet j'ai adopté une position foetal. J'étais comme un ballon qui se dégonfle. J'ai senti mon énergie s'élever et mon esprit capituler. Je savais que je n'étais plus la chorégraphe de ma vie.

Soit les médecins me soignaient soit le moment fatidique était arrivé. Lorsque je me suis réveillée plus tard dans l'après-midi je fus choqué de découvrir que j'étais encore en vie. En effet lorsque j'avais senti mon esprit capituler j'avais dit "au revoir" à ma vie. Ma conscience était alors suspendue entre deux plans de réalités très opposés.

La stimulation venant de mes systèmes sensoriels était de la souffrance pure. La lumière brûlait mon cerveau comme un feu de forêt et les sons étaient aussi bruyants et chaotiques que je ne pouvais pas distinguer une voix dans le bruit ambiant. Je voulais juste m'enfuir. Je n'arrivais pas à positionner mon corps dans l'espace et je me sentais énorme et en expansion comme un génie sortit de sa lampe. Mon esprit planait comme une grande baleine évoluant librement dans la mer d'euphorie silencieuse. Nirvana... j'ai trouvé le Nirvana.

Je me souviens m'être dit : "il est impossible que mon esprit démesuré puisse rentrer dans ce tout petit corps". Je réalisais alors que j'étais toujours en vie et que j'avais trouvé le Nirvana. Et que dans ce cas toute personne vivante peut trouver le Nirvana. J'imaginais un monde de personnes belles, paisibles, compatissantes et aimantes qui savent qu'ils peuvent venir dans cet espace à tout moment. Il peuvent choisir délibérément de passer à droite ou à gauche et trouver cette paix. J'ai réalisé l'incroyable cadeau que ça pourrait être pour la plupart des gens.

Cela m'a motivé à guérir. Deux semaines et demi plus tard les chirurgiens m'enlevaient un caillot de sang de la taille d'un balle de golf qui appuyait sur des zones du langage. Cela m'a pris 8 ans pour guérir complètement.

Alors qui somme nous ?

Nous sommes la force vitale de l'univers avec une dextérité manuelle et deux consciences cognitives. Nous avons la capacité de choisir instant après instant qui et comment nous voulons être dans le monde. Ici et maintenant je peux passer dans la conscience de mon hémisphère droit où nous sommes -où je suis- la force vitale de l'univers et la force des 50 billions de magnifiques génies moléculaires qui constituent mon corps. Une avec tout ce qui existe.

Ou alors je peux choisir de passer dans la conscience de mon hémisphère gauche, où je deviens un individu isolé, solide et séparé du flux, séparé de vous. Je suis le docteur Jill Bolte Taylor, intellectuelle, neuro-anatomiste. Ces derniers sot les "nous" à l'intérieur de moi. Que choisiriez-vous ? Et quand ?

Je crois que plus nous emploierons les circuits de la paix intérieure de l'hémisphère droit, plus nous projetterons de la paix autour de nous et plus notre planète sera emprunte de paix. Et j'ai trouvé que c'était une idée qui méritait d'être partagée.

Merci.


jeudi 27 mars 2008

• Regarder l’oublié - Chandana Iris Claussen

Regarder l’oublié - Une invitation à reconnaître la réalité de qui l’on est vraiment
Chandana Iris Claussen

De plus en plus de scientifiques découvrent que l’homme fonctionne comme un mécanisme, un mécanisme très complexe, un mécanisme merveilleux, mais tout de même un mécanisme...
Est-il seulement un homme-machine ?
Evidemment, les êtres humains ne sont pas heureux dans un style de vie complètement médiocre, avec des répétitions incessantes, et c’est pour cela que notre planète est enfermée dans un énorme désordre.
Alors, la question surgit : pouvons-nous changer en tant qu’êtres humains ?
Pour poser cette question sincèrement, nous devons être insatisfaits d'une vie dépourvue de sens.
Donc, la première chose à faire est de découvrir ce que nous désirons vraiment dans notre vie.
Est-ce d’acquérir plus d’argent, davantage de biens, plus de sexe et plus de pouvoir, ou est-ce de devenir un être humain meilleur, rencontrer un partenaire meilleur, ou encore autre chose ? La liste des espoirs et rêves humains semble être sans fin.
Ou, sommes-nous en train de chercher et chasser toutes ces choses extérieures afin de trouver de l’amour, la paix, de nous trouver nous-mêmes ?
Si c’est cela que nous cherchons, nous le cherchons aux mauvais endroits.
La tragédie, et en même temps la grâce, est que la satisfaction de nos souhaits et de nos rêves ne peut nous rendre heureux que pour une période limitée.
Regarder ce fait avec vigilance nous montre une immense illusion, ce qui affine notre perception de ce qui est réel réellement, de ce qui est ici et maintenant.
Notre petit « bio-computer » est construit pour les choses pratiques dans la vie, pour la survie du corps.
Mais, dans son fonctionnement habituel, il ne peut pas reconnaître ce qui est vrai.
Il peut mémoriser des mots de vérité, il peut t’envoyer sur une quête spirituelle, il peut te dicter toutes sortes de techniques et de disciplines pour trouver la vérité.
Mais la vérité est déjà présente, c’est déjà un fait, elle n’a jamais été ailleurs, elle n’a jamais été séparée de toi !
Ainsi, chercher quelque chose qui est déjà présent, est absurde.
C’est comme si tu cherchais tes lunettes sur la table, sur le sofa, dans la cuisine, dans la voiture, et tu les portes déjà sur ton nez !
Dans l’abandon sincère au silence à l’intérieur de toi, à Cela que tu connais déjà comme étant vrai, toute quête, toute question s’évanouit, et « l'évident » qui semble simplement caché, est reconnu comme étant Ce que tu es vraiment, Ce que tu as été et seras toujours, même quand ce corps ne sera plus.
On peut appeler la reconnaissance de son soi véritable illumination ou éveil, ou simplement bon sens.
C’est disponible pour toi, c’est ton droit de naissance, de voir qui tu es réellement – alors, n’hésite pas.
Le mental, la tête, ne peut pas comprendre cela, mais pour le cœur, c’est très facile, comme une goutte de rosée glissante d’une feuille...
« Mon intérêt est de voir où tu te trouves juste maintenant en tant qu’être humain, avec tous tes espoirs, chagrins et peurs. A partir de là, nous pouvons jeter un regard ensemble à ce que tu es réellement, à ce qui est vrai. Personne ne peut te rendre « illuminé », mais je peux confirmer ta vision. Ma fonction est celle d’une sage-femme, t’assistant dans ta « deuxième » naissance. La naissance se déroule par elle-même. Je te rappelle seulement de ne pas oublier de respirer... »
Dans l’amour
Chandana

Chandana Iris Claussen, née en 1953, mère de trois filles et grand-mère, travaillait comme artiste et thérapeute de danse. Elle a vécu dans différents pays, en famille et en communautés. Après une odyssée de vie de 47 ans, elle s'est éveillée au printemps 2000. Elle sent un profond lien d'amour avec ses maîtres J. Krishnamurti, Ramana, Osho et Samarpan (Golden). À propos de son éveil elle dit : "Maintenant je peux voir que je suis un débutant, parce que dans CELA on est toujours débutant, un débutant très heureux".

Son site : http://www.sunderchandana.net

• J'espère que vous allez mourir bientôt - Richard Sylvester

Sources

J'espère que vous allez mourir bientôt.
Mots sur la Non-Dualité et la Libération

Richard Sylvester

"Dans la libération il est vu que tous les phénomènes surgissent simplement dans la conscience, sans personne pour les négocier. Le but, la religion et les chemins du développement spirituel, tout perd sa signification quand on voit qu'il n'y a personne qui fait de choix."

"L'idée fausse la plus commune au sujet de la libération est que c'est quelque chose qu'un individu peut obtenir. Mais la libération est une perte - la perte du sens qu'il y a jamais eu un individu séparé qui puisse choisir de faire quelque chose afin de provoquer la libération. Quand on voit qu'il n'y a aucune séparation, le sens de la vulnérabilité et les craintes qui nous attachent à l'individuel tombent… alors la vie est simplement vécue et la relaxation s'installe. On se sent à l'aise avec ce qui arrive et c'en est fini de vouloir s'approprier quoi que ce soit."

Extrait de J'espère que vous allez mourir bientôt. Richard Sylvester - Éditions Charles Antoni - L'originel

Richard Sylvester est psychologue, thérapeute et conférencier humaniste. Pendant trente ans il s'est engagé dans une variété "de pratiques spirituelles" tout en s'exerçant également dans des techniques psychothérapeutiques et l'enseignement. En 2002 Richard a rencontré Tony Parsons et, comme il l'écrit dans J'espère que vous allez mourir bientôt, "c'était la fin de ce que j'avais pensé être ma vie". Là se produisent alors deux événements qu'il décrit dans son livre comme « éveil » et « libération ».

Richard vit dans une ville de province dans le sud-est de l'Angleterre. Il anime des réunions sur la non-dualité à Londres et dans d'autres endroits.

La description que Richard fait de ce qui a été vu dans la libération est à la fois éloquent et terre à terre. Son expression directe, sans détour et concise permet de se reconnaître et parle directement à cela qui sait au delà de cela qui cherche.
Tony Parsons

mercredi 26 mars 2008

• TIBET - Pour la paix et la liberté

En hommage et soutien au peuple tibétain


« Quelle que soit votre vénération pour les maîtres tibétains et votre amour pour le peuple tibétain, ne dites jamais du mal des Chinois.
Le feu de la haine ne s’éteint que par l’amour et, si le feu de la haine ne s’éteint pas, c’est que l’amour n’est pas encore assez fort ».
Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama

Site à visiter : AVAAZ.org




mercredi 5 mars 2008

• Vous embrassez tout le cosmos

Vous embrassez tout le cosmos


A mon premier dokusan, Harada-roshi a dessiné un cercle avec un point au centre et m'a dit :

- Ce point, c'est vous, et le cercle est le cosmos. En fait vous embrassez tout le cosmos, mais du fait que vous vous considérez comme ce point, un fragment isolé, vous ne sentez pas que l'univers est inséparable de vous. Vous devez sortir de votre emprisonnement par vous-même, oublier la philosophie et tout le reste, fixer votre esprit sur votre hara et ne penser qu'à Mu*. Le centre de l'univers est le creux de votre ventre ! Mu est une épée qui vous permet de vous ouvrir une voie, à travers vos pensées, jusqu'au royaume qui est la source de toutes les pensées et de tous les sentiments. Mais Mu n'est pas seulement un moyen d'atteindre l'illumination, il est l'illumination elle-même. L'Eveil n'est pas le résultat d'une avance progressive, pas à pas, mais d'un saut. Vous ne pourrez faire ce saut tant que votre esprit ne sera pas pur.

- Qu'entendez-vous par « pur » ?

- Vide de toute pensée.

- Pourquoi faut-il lutter pour atteindre l'illumination si nous possédons déjà la nature-de-bouddha ?

- Pouvez-vous me montrer cette nature illuminée qui est en vous ?

- Non, bien sûr, mais les sutras disent que nous la possédons...

- Les sutras ne sont pas votre expérience personnelle mais celle du Bouddha Çakyamuni. Si vous découvrez votre esprit-de-bouddha, vous serez vous-même un bouddha.

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Au dokusan, Yasutani-roshi m'a dit :

- Pour atteindre l'illumination, vous devez avoir une foi profonde. Vous devez profondément croire ce que le Bouddha et les patriarches, se basant sur leur expérience personnelle, ont dit être vrai, à savoir que tout, vous compris, porte en soi la nature-de-bouddha et que cette nature est complète et parfaite, tel un cercle auquel on ne peut rien ajouter ni soustraire. Pourquoi, me direz vous, si nous portons en nous cette nature-de-bouddha, n'en avons nous pas conscience ? Pourquoi, si tout est par essence Sagesse et Pureté, y a-t-il tant d'ignorance et de souffrance dans le monde ?... Voilà le grand doute dont il faut avoir raison. C'est seulement si vous croyez profondément que le Bouddha n'était ni un sot ni un menteur lorsqu'il affirmait que nous sommes tous, dès l'origine, Complets et Parfaits que vous pourrez inlassablement chercher dans votre coeur et dans votre esprit la solution de ce paradoxe...

- Voici ce qui me rend le plus perplexe : pourquoi n'ai-je pas atteint le satori après trois ans d'efforts acharnés, alors que d'autres l'ont fait sans le chercher aussi longuement et sans s'appliquer autant ? J'en ai connu qui ont connu le kensho au cours de leur première sesshin, sans zazen préalable ou presque.

- Il y a quelques très rares êtres dont l'esprit est si pur qu'ils atteignent l'illumination authentique sans zazen. Eno, le sixième patriarche, en était un : il a été illuminé en entendant pour la première fois réciter le sutra de Diamant. Et Harada-roshi a rapporté le cas d'une jeune fille qui a connu l'illumination pendant ses causeries introductives, lorsqu'il a dessiné un cercle et proclamé l'Unité indivisible du cosmos... Mais la plupart doivent pratiquer inlassablement le zazen pour atteindre l'illumination. Cela dit, ne soyez pas anxieux à ce sujet, car une telle anxiété peut être un obstacle réel. Lorsque vous entrez dans le monde de l'illumination, vous y apportez avec vous, en quelque sorte, le fruit de tous vos efforts, et c'est ce qui détermine la qualité du satori. En conséquence, la profondeur de votre satori sera proportionnée à la qualité de votre zazen. Dans la plupart des cas, un kensho rapidement atteint est superficiel. Livrez-vous au zazen avec zèle et le satori viendra de lui-même...

Extrait de Les trois piliers du Zen, Éditions Stock

• Chant de réalisation - Ryokan

Chant de réalisation

Si vous voulez connaître le sens, cessez de courir après tant de choses.

Ryokan


Dans le calme près de la fenêtre

Je suis assis en posture de méditation vêtu de ma robe de moine

Nombril et nez alignés

Oreilles parallèles aux épaules,

Le clair de lune inonde la pièce.

La pluie s'arrête mais l'eau continue de couler goutte à goutte des montants de la fenêtre.

Parfait, ce moment —

Dans la vaste vacuité, ma compréhension s'approfondit.


mardi 4 mars 2008

• Un indicible ravissement


Pensé à Mu* dans le jardin du temple jusqu'à 1 heure du matin. En me levant pour me dégoudir les jambes, ai heurté une clôture. Soudain compris que la clôture et moi étions un seul Mu, sans forme, de bois et de chair. Bien sûr ! Fortement stimulé par cette idée, ai continué le zazen jusqu'à 4 heures du matin.

8 août 1958.

Je n'avais pas l'intention de parler au roshi de ce qui précède, mais dès que j'ai été devant lui il m'a demandé

- Que s'est-il passé la nuit dernière ?

Pendant que je parlais, son regard aigu me pénétrait comme des rayons X, puis il s'est mis à me questionner :

- Où avez-vous vu Mu ?... Quand ?... Comment ?... Quel est l'âge de Mu ?... Quelle est sa couleur ?... Quel son fait-il ?... Quel est son poids ?...

J'ai répondu tantôt sans hésiter, tantôt après une pause. Une ou deux fois le roshi a souri, mais il m'a écouté le plus souvent, dans un silence serein. Puis il a dit :

- Certains roshi pourraient considérer cette petite expérience comme un kensho, mais...

- Je ne l'accepterais pas, même si vous étiez prêt à le faire. Me serais-je obstiné comme je l'ai fait pendant cinq ans pour accoucher de cette souris ? Je veux continuer...

- Bien ! J'admire votre courage.

Me suis à nouveau plongé dans Mu pendant neuf heures avec une telle opiniâtreté que mon «moi» a complètement disparu. Ce n'est pas moi qui ai mangé, c'est Mu. Ce n'est pas moi qui ai balayé, c'est Mu... Une ou deux fois, la pensée du satori a montré le bout du nez, mais Mu l'a chaque fois repoussée.

Les moniteurs m'ont frappé à plusieurs reprises en criant :

- La victoire est à vous si vous ne lâchez pas prise ! Tenez bon ! Ne lâchez pas Mu !

Au dokusan de l'après-midi, le roshi m'a regardé fixement tandis que j'entrais dans sa chambre, me prosternais et m'asseyais devant lui, l'esprit alerte et excité. Il m'a dit :

- L'univers est Un. La lune de la Vérité...

Et brusquement, le roshi, la chambre et tous les objets ont disparu dans une éblouissante illumination et je me suis senti plongé dans un indicible ravissement. Pendant une éternité, j'ai été seul - moi seul ai existé... Puis le roshi a réapparu, nos regards se sont croisés et nous avons éclaté de rire. Je me suis écrié :

- Cette fois, ça y est ! Je le sais ! Il n'y a rien, absolument rien. Je suis tout et tout est rien !

Je me suis relevé et je suis sorti.

Au dokusan du soir, le roshi m'a posé à nouveau certaines de ses questions antérieures, plus quelques autres :

- Où êtes-vous né ?... Si vous deviez mourir d'un instant à l'autre, que feriez-vous ?

Cette fois, mes réponses l'ont manifestement satisfait, car il a souri à plusieurs reprises, mais cela m'était égal, car à présent je savais...

- Bien que votre connaissance soit claire, m'a-t-il dit, vous pouvez encore l'étendre et l'approfondir. Il y a des degrés dans le kensho. Imaginez deux hommes regardant une vache, l'un de loin, l'autre de près. Le premier dit : «Je sais que c'est une vache, mais je ne suis pas sûr de sa couleur.» Le second dit : «Je sais que c'est une vache rousse.» Désormais, votre pratique des koans sera différente.

Et il m'a expliqué comment je devais faire.

Lorsque j'ai regagné ma place dans la grande salle, grand-mère Yamaguchi, notre godo, s'est approchée de moi sur la pointe des pieds et, les yeux brillants, m'a murmuré :

- C'est merveilleux, n'est-ce pas ? Je suis tellement heureuse pour vous !

J'ai repris mon zazen en riant, en sanglotant et en me disant tout bas : «Cela a toujours été devant moi, mais il m'a fallu cinq ans pour le voir...» Un vers que Tagen-san m'a cité naguère m'est revenu à l'esprit : «On trouve parfois de l'eau dans le trou le plus sec»...

9 août 1958.

Me sens libre comme un poisson nageant dans un océan d'eau fraîche et claire après avoir été prisonnier dans un réservoir de colle - et tellement reconnaissant. Reconnaissant pour tout ce qui est arrivé, reconnaissant envers tous ceux qui m'ont encouragé et soutenu malgré ma personnalité inachevée et ma nature entêtée, mais surtout de posséder ce corps et du privilège qui m'a été accordé, en tant qu'être humain, de connaître cette Joie sans pareille.

Philip Kapleau (Les trois piliers du Zen - Éditions Stock)

*Mu : un "koan" utilisé comme support de méditation dans certaines écoles Zen


lundi 3 mars 2008

• Le seul fait d'être est un acte absolu


Un jour de printemps, alors que je travaillais dans le jardin, l'air me parut frissonner d'une étrange manière, comme si le temps normal prenait une nouvelle dimension, et j'eus le sentiment que quelque chose de fâcheux allait se passer, sinon tout de suite, du moins dans un proche avenir. Pour m'y préparer, je multipliai mes séances de zazen et me mis, chaque soir, à lire des ouvrages bouddhistes.

Quelques soirs plus tard, après avoir lu attentivement le Livre des Morts thibétain, je pris un bain et m'assis devant une peinture représentant le Bouddha, en écoutant à la lumière des bougies le mouvement lent du Quatuor en la mineur de Beethoven, profonde expression du renoncement de l'homme à lui-même, puis j'allai me coucher. Le lendemain matin, juste après le petit déjeuner, j'eus brusquement l'impression d'être frappée par un éclair et je me mis à trembler. Je revécus en une seconde le traumatisme de ma difficile naissance. Comme une clef ouvrant les portes de chambres obscures, cette sensation fit se répandre en moi les poisons de ressentiments secrets et de peurs cachées. Je me mis à pleurer et me sentis si faible que je dus m'allonger. Pourtant, derrière tout cela, il y avait un profond bonheur... Lentement, mon optique changea et je me dis : « Je suis morte ! Il n'y a rien qui s'appelle moi ! Il n'y a jamais eu un moi ! C'est une allégorie, une image mentale, un schéma sur lequel rien n'a jamais été modelé ! » La joie me donnait le vertige. Les objets solides m'apparaissaient comme des fantômes et tout ce sur quoi mon regard se posait était d'une beauté radieuse.

Je ne puis qu'indiquer sommairement ici ce qui me fut révélé d'une manière éclatante au cours des jours suivants :

1. Le monde que perçoivent nos sens est la partie la moins vraie (ou la moins complète), la moins dynamique (ou la moins vivante), la moins importante d'une immense « géométrie de l'existence », indiciblement profonde, dont les vibrations, l'intensité et la subtilité défient l'analyse verbale.

2. Les mots sont maladroits et simplistes, presque sans signification lorsqu'on essaie de donner une idée du fonctionnement multi-dimensionnel d'un vaste complexe de forces dont la connaissance exige qu'on renonce au niveau normal de la conscience.

3. L'acte le plus banal (manger, se gratter le bras) n'est pas du tout simple. C'est seulement un mouvement visible dans un réseau de causes et d'effets qui s'étend jusqu'à la non-connaissance et jusqu'à un Silence infini où la conscience individuelle ne peut pénétrer. En fait, il n'y a rien à connaître, rien qui puisse être connu.

4. Le monde physique est une infinité de mouvement, de Temps existentiel, mais c'est en même temps une infinité de Silence et de Vide. Chaque objet est transparent, chaque chose a son caractère intérieur propre, son propre karma, sa propre vie dans le temps », mais en même temps il n'y a d'espace vide nulle part, de lieu où un objet ne se fonde pas en un autre.

5. La moindre variation d'atmosphère (pluie ou brise) me touche comme un miracle d'une beauté incomparable. Il n'y a rien à faire : le seul fait d'être est un acte absolu.

6. Quand je regarde des visages, je vois un peu de la longue chaîne de leurs existences passées, et parfois un peu de leur avenir. Les existences passées s'éloignent derrière le visage apparent mais y laissent leur empreinte.

7. Lorsque je suis seule, j'entends une « chanson » sourdre de chaque chose. Chaque chose a sa propre chanson, et les humeurs, les pensées, les sentiments ont la leur également. Pourtant, derrière cette variété infinie, tout cela se fond en une unité inexprimablement vaste.

8. J'éprouve un amour sans objet, que l'on pourrait appeler « état d'amour ». Mais mes vieilles réactions émotionnelles contrarient encore brutalement les manifestations de cet « état d'amour » suprêmement doux et naturel.

9. Je me sens une conscience qui n'est ni moi-même ni étrangère à moi. Elle me protège et me conduit dans des directions favorables à mon évolution intérieure, de même qu'elle m'écarte de ce qui s'y oppose. C'est comme une rivière où je me serais plongée et qui, joyeusement, m'emporterait au-delà de moi-même.

Extrait du livre Les trois piliers du Zen, Philip Kapleau, Éditions Stock

• J'eus l'impression d'être frappé par un éclair


Il m'apparut clairement que l'Esprit n'est pas autre chose que les montagnes, les rivières, la terre tout entière, le soleil, la lune et les étoiles.


Citation de Dogen, tirée du Shobogenzo

A minuit, je me réveillai brusquement. Dans mon esprit d'abord embrumé, la phrase de Dogen surgit soudain. Je la répétai et, subitement, j'eus l'impression d'être frappé par un éclair. L'instant d'après, le ciel et la terre disparurent et une énorme vague de ravissement s'éleva en moi, un véritable ouragan de joie, et je fus saisi d'un rire incontrôlable en disant tout haut : «Ha, ha, ha, ha! Il n'y a là aucun raisonnement !» Le ciel vide éclata en deux et, ouvrant son énorme bouche, se mit à rire sauvagement : «Ha, ha, ha !» Plus tard, un membre de ma famille me dit que mon rire avait eu quelque chose d'inhumain.

J'étais allongé sur le dos. Soudain, je me soulevai et me mis à frapper le lit de toutes mes forces et à battre le parquet de mes pieds, tout en riant. Ma femme et mon plus jeune fils, qui dormaient près de moi, se réveillèrent et je leur fis peur. Ma femme me couvrit la bouche de sa main en me demandant ce qui m'arrivait. Mais je n'eus conscience de tout cela que plus tard, lorsqu'on m'en parla. Mon fils me dit qu'il m'avait cru devenu fou. Je me rappelle avoir crié : «J'ai atteint l'illumination ! Çakyamuni et les patriarches ne m'ont pas trompé !» Lorsque je me calmai, je fis des excuses au reste de la famille, que le bruit avait attiré en bas.

Me prosternant devant l'image de Kannon que vous m'aviez donnée, le sutra de Diamant et le livre de Yasutani-roshi, j'allumai un bâton d'encens et me livrai au zazen pendant une heure et demie, qui me parut ne durer que deux ou trois minutes.

Le lendemain matin, j'allai voir Yasutani-roshi et j'essayai de lui décrire ce que j'avais éprouvé la nuit précédente, lorsque j'avais vu le ciel et la terre se désintégrer. Je répétais sans cesse : «C'est trop de joie, trop de joie !» sans pouvoir retenir mes larmes. Ma bouche tremblait et je n'arrivais pas à m'exprimer. Pour finir, j'ai appuyé mon visage contre la poitrine de Yasutani-roshi. Il m'a tapoté le dos et a dit «Il est rare d'aller si loin. Cela s'appelle «atteindre le vide de l'Esprit». Je m'en réjouis pour vous.»

Je l'ai remercié en pleurant et je lui ai dit à plusieurs reprises : «Il faut que je continue à m'adonner au zazen.» Il a eu la bonté de me donner des conseils précis, après quoi, il m'a à nouveau félicité et m'a reconduit jusqu'au pied de la colline.

Bien que vingt-quatre heures se soient écoulées depuis, je suis encore bouleversé par ce qui m'est arrivé. J'ai passé toute la journée à rire et à pleurer.

Extrait tiré du livre Les trois piliers du Zen, de Philip Kapleau, Éditions Stock