mercredi 25 février 2015

• Nouvelles parutions

Parmi les grandes figures spirituelles de notre temps, Krishnamurti (1895-1986) fait exception. Il ne s’inscrit dans aucune des grandes traditions philosophiques ou religieuses et peut difficilement être rapproché d’autres penseurs, sages et mystiques de notre époque.
Écrire aujourd’hui un livre sur K. alors que tant d’ouvrages reprenant ses exposés s’affichent sur les rayons des librairies, est une gageure. Pourtant cette pléthore de textes n’est pas sans inconvénients, le principal étant peut-être de faire perdre de vue la grande simplicité et cohérence de sa pensée. Il reste une place pour une synthèse dégageant les grandes lignes de sa vie et de son message. C’est le projet de ce livre.
L’intelligence et la force de son message nous interpellent encore aujourd’hui : changer de regard, se libérer du connu, accueillir le réel, agir et vivre relié.
En ce temps de crises (économique, sociale et existentielle) nous avons besoin de lumière pour orienter nos vies et notre agir. Krishnamurti fait partie des sources qui peuvent nous en donner. Il a l’avantage sur d’autres sages et gourous prodigues de leurs conseils de ne pas chercher à nous imposer les siens. Rebelle ayant mis et tenu à distance l’univers des religions et des idéologies, il nous invite simplement à la vérité et à la liberté. 
Apôtre du silence, de l'expérience immédiate, du retour aux choses mêmes, K. renvoie sans cesse chacun à sa propre évidence. Sa singularité est d'être le témoin d'une innocence première, le messager exigeant d'une liberté sans frontières, d’être ancré dans la profonde vacuité.
C’est à cette innocence, à cette liberté et à cette vacuité qu’il nous convie.

© Extrait publié avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel

Par quelque bout qu’on le prenne, le premier constat que Krishnamurti nous amène à faire est celui de la nécessité d’une mutation de nos esprits et de nos cœurs. Sans une conversion profonde de nos manières de voir et de vivre modifiant notre regard et notre agir en ce monde, celui-ci ne peut que descendre une pente qui le mènera inexorablement au chaos. C’est cette conviction et le désir que ce changement se produise qui a déterminé sa longue marche à travers les nombreux pays qu’il a traversés, où il s’est posé et s’est exprimé. Une transformation du dedans des hommes et des femmes qu’il a rencontrés est le motif essentiel qui l’a fait agir et parler.
Le premier pas de cette transformation est la prise de conscience d’un mal-être, d’un dysfonctionnement de la société humaine et de chacun des individus qui la composent. Comme le Bouddha annonçant Sarvam Dukkham – Tout est souffrance – Krishnamurti, devant l’état de l’humanité, se livre à un constat pétri de tristesse et d’indignation:
«Les êtres humains ont souffert dans le monde entier et à travers les âges. Ils ont eu dix mille guerres. Songez aux hommes et aux femmes mutilés, aux larmes versées, à la détresse des mères, des épouses, à tous ceux qui ont perdu enfants, conjoints, amis... et nous continuons en multipliant les armements sur une vaste échelle. Il y a cette immense souffrance de l’humanité. Ce pauvre homme sur le bord de la route qui ne connaîtra jamais aucun confort... Il y a la souffrance de l’ignorance, de la solitude... la souffrance de la mort, d’avoir perdu quelqu’un. Et puis celle de notre propre dégénérescence, de notre propre perte, de notre manque d’intelligence, de capacité...» «Le monde entier est dans un état de confusion, de misère grandissantes. Cette souffrance, non seulement individuelle mais aussi collective, est extrêmement aiguë. Il s’agit d’une catastrophe mondiale.»
Pourtant, si K. dresse un tel état des lieux dans lesquels nous vivons, ce n’est pas pour se complaire dans la plainte et le ressentiment, mais pour appeler à l’action. Car à côté de ce tableau désolant de notre monde, il en dresse un autre, différent, qu’il ne cessera de reprendre au fil de ses interventions. Le monde est en souffrance, certes, mais il est aussi beau et vivant, et «nous sommes le monde», ce qui veut dire que nous avons pouvoir, en travaillant sur nous, de l’améliorer, de le changer. Nous pouvons lever le voile de l’ignorance, désactiver les réflexes de la peur, désamorcer les pulsions de la haine et de la violence. C’est la certitude en tout cas qui l’a toujours habité et a fait de sa vision de l’existence humaine une vision positive, évolutive, ouverte sur un inconnu prégnant de vie et d’amour.
La première chose pour nous orienter vers la transformation qui nous attend est d’apprendre à voir ce qui est et ce qui est à faire. À cet égard, K. nous conseille d’examiner la manière dont notre mental fonctionne, c’est-à-dire d’analyser le petit cinéma de notre cerveau qui nous projette à longueur de journée ses représentations, ses sollicitations, et que pour faire bref il appelle «la pensée».

≈≈≈≈≈≈≈

 L’écriture de ce livre répond à un élan pour partager et accompagner l’éveil à notre nature véritable, Être.

Voyage au cœur de soi est un guide spirituel à l’intention de personnes aspirant à se rapprocher de leur vérité profonde et à rayonner la Splendeur de Être. À partir d’une vision installée dans la Non-dualité, ce livre invite  à retrouver l'Unité. Il propose une approche unifiant le divin et l’humain, la conscience et la matière, la contemplation et l’action.
En tant qu’être humain, nous avons accès à deux dimensions : la dimension spirituelle, Être et la dimension humaine. Claudette Vidal partage ces espaces avec nous et nous accompagne dans leur découverte.
Plusieurs livres traitant de Non-dualité occultent le plan humain. L’auteur nous propose ici une vision élargie. L’originalité de cet ouvrage est de proposer une vision où il est nécessaire de reconnaître sa réalité humaine pour la transformer à la lumière de la conscience.
Le point de vue de la Conscience Source est un non point de vue. Le point de vue humain, quant à lui, traduit une expérience unique et personnelle. Le Divin et l’humain, l’Impersonnel et le personnel sont à jamais unis pour révéler l’infinie Beauté de l’expérience humaine.
Portant un regard sur l’évolution de l’humanité, ce livre facilite la compréhension du processus de transformation individuel et planétaire dans lequel nous sommes actuellement impliqués. L’éveil de la conscience y occupe une place prépondérante. Des panneaux indicateurs pointent, parfois discrètement et parfois ouvertement en direction du Soi.
Sans être lié à une religion ou courant spirituel, ce livre, à l’écriture fluide, porte le souffle de la mystique chrétienne, de l’hindouisme, du shivaïsme du Cachemire, du soufisme et d’autres courants spirituels.
Un livre inspirant qui donne du cœur et de l’élan pour le cheminement vers Soi.

Claudette Vidal est née au Québec et vit maintenant dans le sud de la France. Elle s’est éveillée à sa propre nature lors d’une rencontre avec Gangaji. Elle offre des rencontres et des retraites au Québec et en Europe. Elle a publiée, chez le même éditeur, Chemin d’éveil.

© Extrait publié avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel

Nous pourrions longuement disserter sur les caractéristiques d’une vie vécue dans l’ego. Il y aurait beaucoup à en dire. Tous les jours nous entendons des personnes étaler leurs malheurs ou leurs exploits et faire état de ce qu’elles aiment ou n’aiment pas. Tous les jours, nous échangeons avec des personnes vides intérieurement. Elles se réfugient dans leur mental et racontent tout ce qui s’y présente. Qu’elles parlent ou pas, leur mental fonctionne à plein régime. Il domine. Jusqu’à ce que le sommeil nocturne s’impose, le mental est actif. Dès le réveil, le mental se réactive… il est à nouveau bouillonnant. Il ne s’arrête jamais.

Pourquoi l’emprise de l’ego est-elle aussi forte ?
Pourquoi un Dieu vivant, si c’est ce que nous sommes, ne peut-il arrêter ce chaos ?
Vous êtes-vous déjà posé la question : pourquoi un Dieu vivant se laisse-t-il contrôler par un petit ego souffrant, vindicatif et intransigeant… ?
Comment ne pas se poser cette question essentielle… ?

La réponse est dans la question…

Car qui poserait cette question ?

L’ego, voilant la nature profonde de Être, ignorant l’identité de son Créateur et imbu de certitudes, est incapable de se poser cette question et - a fortiori - de s’intéresser à la réponse. Tout questionnement visant à réduire son pouvoir, à ébranler sa suprématie et à le remettre en question est d’emblée rejeté. Pourquoi partagerait-il ce pouvoir qui lui est si cher et qui nourrit fortement son sentiment d’exister ?

L’ego n’a aucune raison de laisser entrer… ne serait-ce qu’une parcelle de lumière.

Et pourtant…
Un jour, la souffrance pour certains, le questionnement pour d’autres, laisseront pénétrer un peu de lumière.
Malheureux, parfois dépité, il renoncera à une petite partie de son pouvoir pour éprouver un peu de soulagement, un certain apaisement… si minime soit-il.
Le réveil aura sonné… peut-être ? Probablement faudra-t-il plusieurs réveils pour qu’il perde un peu de sa superbe et rende les armes… À ce moment-là, et seulement à ce moment-là, un espoir de libération pourra être envisagé.

Nous parlons d’un réveil. Du réveil de qui s’agit-il ?

Il ne peut s’agir du réveil de l’Être, Être ne dort pas, il EST.

Il s’agit du réveil du dormeur. Qui est le dormeur ?

Le dormeur est le petit « moi », une création virtuelle.

Soudain, l’envie de découvrir quelque chose de nouveau surgit.
Nouveau, mais pas totalement inconnu... nous en soupçonnions déjà l’existence depuis un moment… L’attrait pour la découverte de ce trésor devient irrésistible, incontournable. C’est le début de la quête.

La majorité des gens vivent leur vie principalement dans l’ego, occasionnellement et furtivement ils expérimentent être, mais n’en sont que rarement conscients. Comme leur intérêt pour les affaires spirituelles n’est pas encore éveillé, ils sortent rapidement de cet état que leur mémoire qualifiera plus tard de moments idylliques. L’ego souffrant revient à la charge… Il exigera rapidement son butin. Fouetté par son insatiable besoin de reconnaissance et de contrôle, il revient avec force et détermination.

Nous nous sentons enfermés dans cette pièce trop petite pour nous… Nous pressentons que la vastitude infinie est la réelle dimension de notre maison. Alors, arrive un moment où nous voulons sortir de notre prison et retrouver notre vrai Soi. Les sentinelles (les peurs) font leur travail, elles gardent les portes du temple. C’est leur fonction. Pour sortir de cette chambre obscure, l’ego devra être humble et lâcher le contrôle. Une multitude de croyances devra être réévaluée à la lumière de la conscience. Chez certains, par un geste symbolique, l’ego devra se rendre et déposer les armes pour qu’une ouverture puisse se produire.

Sortir de la prison mentale ne se réalise pas à force de volonté. C’est dans le lâcher-prise et l’abandon que l’ouverture se déploie. Il ne s’agit pas de vouloir lâcher prise, juste de se relâcher intérieurement et de goûter…

L’ego éprouve un grand besoin d’amour et de reconnaissance. C’est lorsque la Conscience source pose un regard aimant sur la forme pensée appelée moi, que celle-ci disparaît. La conscience et l’amour permettent de dissoudre les murs de l’espace où l’ego est enfermé. N’étant plus fixé dans le mental, le regard Un se dévoile. L’identification au corps physique, émotionnel et mental cesse. La notion de séparation s’estompe. Peut-être faudra-t-il encore un peu de temps pour qu’elle disparaisse complètement…

Bien que leur nature véritable soit Amour et Conscience, les personnes qui vivent dans l’ego en sont souvent coupées ou partiellement inconscientes. Elles accèdent à cet espace de façon inopinée et furtive.

Selon l’espace où se trouve notre attention, les actions à mettre en place sont différentes.
Dans la conscience limitée, lorsque l’attention est captive du mental ou identifiée à une émotion, lorsque nous nous sentons piégés, enfermés ou bloqués, nous sommes appelés à lâcher prise et à nous ouvrir.
Nous pouvons aussi nous redresser intérieurement et physiquement pour retrouver notre verticalité, et ainsi accéder à notre puissance intérieure. Ce positionnement du corps et de la conscience aide à déplacer notre attention vers la Source, pour reconnaître que c’est en soi que le blocage ou le sentiment d’enfermement est vécu. À cet instant, la conscience commence à se détacher de sa création et revient vers elle-même.

À l’image d’une grande maison que nous n’avons pas totalement investie, une pièce est vacante. La Conscience est toujours là et nous l’ignorons. À nous de la découvrir et de l’habiter en conscience.
Dans la Conscience illimitée, nous pouvons voir, ressentir et accueillir les créations. Cette Conscience est impersonnelle ; la volonté personnelle n’y donne pas accès. C’est l’abandon de la volonté personnelle qui donne accès à la Conscience source.

lundi 23 février 2015

• Là, j'ai disparu - Bertrand

 🙏
Il y a quelques années, j’écrivais le dernier message de 2008 sur ce site. Ce que je pensais très sincèrement être un beau témoignage d’éveil.Quelques mois après ce témoignage, une série d’événements troublants m'ont trouvés aux cotés de Mooji lors d’une retraite au Portugal. 
Un des participant s’est assis aux pieds de Mooji, il a décrit la même expérience que moi et a demandé si c’était ça l’éveil ?
Mooji a sourit, il a répondu « …this is nothing… ».
Alors j’ai bien failli me lever pour protester, comment pouvait-il prétendre que la plus merveilleuse des expériences n’était RIEN.
Mooji a poursuivi,  « …Vous souvenez-vous du début de cette expérience ?... »
Bien sur, comment l’oublier.
« … Vous souvenez-vous de la fin…? »
Bien entendu.
«… Qu’est-ce donc qui a pu observer cette expérience du début à la fin ? Qu’est-ce donc qui était là avant et est encore là maintenant…? »
Là, j'ai disparu. Quelque chose de plus grand que la plus grande expérience, de plus grand que n’importe quelle expérience. Quelque chose d’intemporel, de toujours présent, quelque chose qui n’a pas de nom, pas de qualité, quelque chose de vide mais de complet. J'étais cela, mais cela n'était pas "moi".
Cela fait maintenant 6 années que la vie me vit, que les choses se font, sans qu’il n’y ait plus quelqu’un pour les revendiquer. La vie s’occupe de tout, elle est simplement merveilleuse.
Gratitude infinie à Mooji.
Que la vie vous vive pour l’éternité.

Om Shanti.

vendredi 13 février 2015

• Un témoin vivant de l’Éternité


DVD de deux entretiens avec Virgil réalisés par Samir Coussa et May Char.
+
deux Bonus  : “Ma rencontre avec Virgil”  : deux témoignages de Betty et de Jean Bouchart d’Orval.

Réalisation © Revue 3e millénaire

“Tu n’apprends rien par la mémoire. Ton cerveau il ne t’éclairera jamais. Tu as l’impression que tu es éclairé par ça. Mais c’est faux. Il te tient encore dans une machine d’illusions.”

Virgil Hervatin (1935/2012), né en Yougoslavie, a vécu au Québec à partir de 1960. Ignorant l’existence de toute dimension spirituelle, il connut un éveil en 1991. En quelques années, un nombre croissant de chercheurs sont venus le rencontrer. Il exhortait ses interlocuteurs à vivre pleinement le présent, et les ramenait toujours à eux-mêmes afin d’éviter tout attachement à sa personne. Il était un témoin vivant de l’Éternité.
Mais l’Éternelle Présence s’est incarnée chez un homme qui n’avait absolument jamais lu les livres qui intéressent tous les chercheurs de Vérité. Il n’avait jamais rencontré ni cherché à rencontrer un sage ou un éveillé, pas plus qu’il n’avait jamais manifesté le moindre intérêt pour les grandes traditions de l’histoire de l’humanité. Il n’avait jamais été, non plus, un homme religieux.

jeudi 22 janvier 2015

• L'important est de savoir quelque part que cela existe - Patrice Bailly


Transpercé par l'éveil
Patrice Bailly
(Revue 3e Millénaire Mars 2014)

Je ne peux écrire ce qu'est l'éveil, car vivre ne s'écrit pas, nous ne pouvons qu'en faire l'expérience ici et maintenant.
Aussi, je peux témoigner de ce jour vécu un matin de l'année 2006.

Alors que j'avais traversé de nombreuses années à rechercher ce qu'était l'amour, Dieu, la vie, qui je suis, j'étais arrivé à un stade d'épuisement si intense, que cela n'était plus supportable une seconde de plus de vivre ainsi, ou plutôt je devrais dire, de survivre.

C'est alors que j'ai ressenti un besoin profond d'abandonner «patrice», cette histoire d'un «moi».

Cet individu donnant l'illusion d'exister en dehors des autres, en dehors de la vie,
apportant la souffrance dans la séparation du toi et du moi, l'impossibilité d'être en compagnie sans distance et l'impossibilité de parvenir à l'union telle que je la ressentais possible en mon cœur, cet individu là m'était étranger, je n'en voulais plus.

Je savais en moi que l'amour tel qu'on me le décrivait n'était pas l'amour, mais où et qui était-il ?

Chercher ne m'était plus possible, j'étais au bout.
J'avais tant prié, imploré Dieu de m'aider, de me donner une réponse, rien n'était venu.
Le mot qui est venu : STOP !

Tant pis, si c'est la mort que je rencontre, j'étais prêt à tout abandonner.

Les peurs qui autrefois me retenaient, m'empêchaient de faire le saut dans ce que mon mental nommait le vide, la mort, la fin de l'existence, tout cela n'était plus.
Je ne pouvais plus revenir en arrière, je n'écoutais plus le mental et ses peurs, j'étais le témoin sans connaissance du témoin de tout ce qui arrivait, je me dépouillais des histoires.

J'ai réalisé alors en mon intérieur, que tout ce à quoi je m'étais identifié, les pensées, les émotions, les situations, les fonctions, tout cela n'était pas moi, je m'en étais détaché, je voyais clairement en cette paix, ce silence, sans qu'aucun effort ne soit nécessaire.

Je voyais mon corps, je voyais le présent se dérouler sans analyse, sans histoire, l'esprit en paix, le corps détendu, l'âme en joie.
Je ressentais, de le vivre, que j'en étais témoin et que ce n'était pas moi.
Tout était tranquille, j'étais paisible, simplement témoin de cela, comme à la maison, au chaud.    

J'avais enfin sauté dans ce vide, et je n'y avait pas trouvé la mort (sinon celle d'un moi illusoire), mais la vie.

Il me revient même parfois d'avoir vu à cet instant, pour imager la situation, comme une flèche, qu'un ange aurait pu m'envoyer, afin de me transpercer, de me réveiller de mon sommeil.
Oui, je me laissais transpercer par l'amour, je m'abandonnais à lui.
Tout était fluide en cette écoute silencieuse, cet accueil profond, je dansais librement sur le fil de la vie.

Je ressentais que je n'avais rien à faire, je me laissais totalement aller dans l'inconnu, dans le risque d'être cela, j'étais cela sans le savoir et c'était suffisant.
Entendre le cœur ici, sans jamais rien retenir, suivre l'intuition.

J'étais en confiance, pas en quelque chose, mais en cela, là où il n'y a plus personne qui sait, là où entre moi et ce qui est, il n'y a même plus la connaissance du silence.

Je pouvais capter, être témoin, mais plus aucune analyse, plus aucune histoire n'étaient nécessaire pour être.
Cette simple présence suffisait à me sentir plein, plein de vie !

Cela ne peut pas être décrit, c'est impossible, c'est impersonnel, c'est l'amour.

L'important est de savoir quelque part que cela existe et de le vouloir fortement en vous, cela est la foi. Alors, cela vient.

Aujourd'hui, je peux dire, d'en avoir fait l'expérience, que ce « je », ce « patrice », cette vie que je croyais avoir, ce temps qui passe, ces croyances, cela n'était que des histoires.
Mon monde n'était pas le monde, ma vie n'était pas la vie.
Cet individu n'existait pas, il ne surgissait et disparaissait que par l'attachement à des pensées.
Je prenais conscience, que l'impermanence était vue, et que j'étais celui qui voit, et que ce témoin, je ne pouvais le supprimer.

J'étais immuable avant tout cela, je n'avais plus besoin de ce moi pour exister, plus besoin d'être quelqu'un pour ressentir l'amour, plus besoin de m'identifier à une compagne, un travail, un nom, car je me sentais pleinement vivant, sans que je n'ai rien besoin d'avoir de plus, ni de faire, j'étais libre et heureux de constater que vivre ne demande rien, aucun effort, car nous sommes toutes et tous la vie.

La partager en cet était de paix et de liberté était merveilleux, je m'oserais même à dire, Divin !
Je suis heureux aujourd'hui de pouvoir témoigner que la souffrance peut disparaître totalement et de le partager avec ceux et celles qui croisent mon chemin, dans l'ouverture.

Je terminerais par ceci :

«  lorsque vous acceptez totalement tout ce qui est, sans condition, lorsque vous ne
résistez plus, que vous êtes cet immédiat, que vous avez jeté toutes les histoires, que
vous n'agrippez rien, alors le miracle se fait, cela arrive sans vous, cela est l'amour, la
confiance. Trouvez cela, restez-y. »

Retrouvez Patrice Bailly sur sa page web.

≈≈≈≈≈≈≈

Du nouveau sur la toile !

Sortir de l'aliénation - et (re)trouver la vie normale : Le blog de Laure qui nous parle de son expérience d'éveil et des hypothèses qu'elle a pu en tirer.

"L’ « éveil spirituel », une série de sensations physiques qui mènent à une nouvelle perception du monde, une nouvelle gestion de ses émotions, une nouvelle « conscience ».
Ce blog s’adresse à ceux qui l’ont vécu et cherchent à se l’expliquer, cherchent des voies pour y accéder, ou à ceux qui en cherchent un point de vue rationnel. Il s’agit d’un témoignage, mais c'est aussi une étude sur les émotions, les comportements vus sous l'angle des réactions aux injustices.

Un blog pour tenter de comprendre ce qu’est le phénomène appelé « éveil spirituel », « illumination », ou encore « intelligence émotionnelle ». Le point de vue n’est ici pas religieux ; je tente juste, à partir de mon vécu, de comprendre de qui se passe dans le cerveau humain lors de cette expérience unique dans une vie."


Très intéressés par la non-dualité depuis quelques temps, nous avons monté une petite association non lucrative (loi 1901) avec quelques amis. L'idée est d'organiser des rencontres avec des "non-dualistes" (Laurent, Gérard, Armelle, Dayana, etc.) comme le fait Être-Présence, mais un peu partout en province. Et surtout, nous privilégions les retraites, car il y a une douceur d'être en résidentiel qui nous rapproche.
Il y a un calendrier des retraites en Europe à la disposition de tous, mais aussi nos propres retraites. Notre première retraite aura lieu fin avril avec Laurent Levy ! 
Un coup d'oeil sur les évènements à venir. 
Depuis quelques semaines nous sommes sur Facebook.

samedi 3 janvier 2015

• La quête est finie ! - Michel Anvers

Sans exagérer, je crois pouvoir dire que je suis un "chercheur intérieur" depuis ma plus tendre enfance.

Très tôt, j'ai dû admettre que la déchirante mélancolie qui me rongeait ne m'accorderait aucun répit durable. Il a donc fallu me mettre en chemin vers un ailleurs plus supportable.

N'étant né ni beau, ni fort, ni riche ni particulièrement intelligent, je me suis vite résigné à ne pouvoir attendre aucune consolation de l'extérieur. C'est donc contraint et forcé par les circonstances que je suis devenu successivement un enfant introverti, un adolescent solitaire, un adulte tourmenté.

J'en plaisante aujourd'hui mais, comme tous les chercheurs de ce type-là (je parle de ceux qui, comme moi, ont eu le malheur d'être mis en mouvement par la souffrance plus que par la curiosité), je n'ai pas eu tous les jours l'occasion de me réjouir, durant les trois ou quatre décennies, entrecoupées d'interminables stagnations, d'un cheminement entremêlant psychologie et spiritualité.

Résumer une telle aventure en quelques lignes est évidemment impossible. L'idée d'en faire un roman s'est imposée à moi, je pourrais dire "malgré moi", il y a quelques années – vous pouvez découvrir celui-ci sur un autre blog : epousailles.over-blog.com.

Mais alors que j'écrivais les dernières pages de ce roman, quelque chose d'inédit dans mon histoire s'est produit : une rupture subite et radicale, comme un sentier suivi des années durant dans l'obscurité et qui, tout-à-coup, se perd.

Je ne le savais pas encore à ce moment-là, mais ma quête était terminée, alors que j'étais apparemment loin d'avoir obtenu ce que j'en espérais !

Il m'a fallu près de deux années pour l'admettre, pour m'avouer vaincu. Deux années que j'ai qualifiées d'impasse. Pas de ces impasses passagères auxquelles j'avais si souvent été confronté auparavant et qui cèdent un beau jour, lorsqu'un point de vue nouveau se fait jour, non, pas de ces impasses-là, mais une impasse cette fois totale et parfaitement irréductible, tels ces sables mouvants qui vous engloutissent un peu plus au moindre geste pour tenter de leur échapper.

Au terme de ces deux années et lorsque enfin mes forces et ma résistance furent épuisées, la paradoxale Compréhension est advenue un jour, très simplement, sans tambours ni trompettes.

Publié le 23 décembre 2014

Michel Anvers est l'auteur du blog la-quete-est-finie.
Il dit à ce propos : 

Pourquoi ce blog ?

L'envie de témoigner de cette période d'impasse et de son issue est là, je ne saurais la nier. Alors, un témoignage de plus sur le net ? Oui, effectivement. Un témoignage différent – chaque témoignage est différent de tous les autres – qui parlera à certains d'entre vous, pas à d'autres.

J'avais tenu un journal, pendant ces deux années d'impasse, comme on s'accroche à une bouée, comme pour tenter, naïvement, de retrouver des repères dans ce désert. Après quelque temps d'un repos bien mérité, je me suis penché sur ces pages écrites dans l'obscurité, je m'en suis imprégné et j'ai rédigé un certain nombre de chapitres qui reprennent, autant que faire se peut, la chronologie de l'impasse, telle que je l'ai vécue. À chacun de ces chapitres j'ai adjoint un commentaire pour tenter de mettre en lumière les éléments qui, justement, constituaient l'impasse. Le texte intégral sera probablement édité prochainement en format numérique.

Dans l'attente, j'ai souhaité en proposer ici quelques extraits (qui paraîtront progressivement), pour susciter la discussion. Des rencontres sur le sujet, en petit comité, ont lieu chez moi, en Auvergne (80 km au sud-ouest de Clermont-Ferrand). Ceux d'entre vous qui, après lecture de ces pages, le souhaiteraient, y seront les bienvenus.

Par ailleurs, un certain "U" ("comme Ulysse, qui tente de revenir chez lui", ainsi qu'il le dit lui-même) m'a contacté individuellement et nous avons échangé à plusieurs reprises. Il m'a semblé judicieux de retranscrire ici nos discussions : vous les trouverez à la suite des extraits proposés.

En résumé :

des extraits choisis de mon témoignage (journal et commentaire) ;
la transcription de mes échanges avec "U" ;
la possibilité de participer à des rencontres en Auvergne ;
et, bien sûr, celle de me contacter par mail ;
enfin, la possibilité d'organiser des rencontres dans d'autres lieux, à votre demande.

Je vous laisse donc découvrir tout cela et j'attends vos réactions avec, je l'avoue, une certaine gourmandise.

Voir aussi cette page sur Éveil Impersonnel


INFO DERNIÈRE MINUTE :

Michel Anvers sera à Clermont-Ferrand pour une série de rencontres sur le thème de la non-dualité. La première est prévue le 31 mars. 
Pour plus d'infos : ICI.


vendredi 28 novembre 2014

• La Présence est un présent - Quentin Disneur


Découvrez d'autres vidéos sur cette page.
Site de Quentin Disneur.

mercredi 26 novembre 2014

• Retourner au centre de soi-même - Patrick Vigneau


Aujourd’hui, tous les milieux de la planète subissent l’impact de l’Homme. Certains écosystèmes sont complètement détruits par la pollution humaine.
Mais à l'heure où les forêts disparaissent, où les espèces disparaissent, où les nouvelles technologies envahissent la planète et où les problèmes environnementaux sont de plus en plus dramatiques, il existe encore en Inde, au Rajasthan, une communauté d’hommes et de femmes dont le mode de vie témoigne d’un amour et d’un respect absolus pour le monde dans lequel ils vivent. Cette communauté donne au monde une incomparable leçon d’existence en complète harmonie avec la nature. Les « Bishnoïs » ou Vishnoï sont les membres d’une communauté créée par Jambheshwar Bhagavan (1451 – 1536).

Les préceptes régissant la vie des Bishnoïs en Inde : Harmonie, compassion et dévotion sont les maîtres-mots de cette communauté écologiste régie par 29 principes fondamentaux édictés par le gourou en 1485 dans la ville de Mukam, principes auxquels ils ne dérogent pas.

Patrick Vigneau, d’abord professeur de math, vécut en Inde, fut initié au Kriya yoga puis devint sophrologue et thérapeute. Il créa l’Institut de Sophrologie transpersonnelle et le réseau de Maisons de Paix.
A  déjà publié aux éditions l'Originel Charles Antoni : Découvrir Krishnamurti, La joie d'être soi, Méditation du coeur, Le pouvoir des décisions.

© Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions Charles Antoni-L'Originel :

Préface

De la bienveillance à la compassion, un chemin de vie.

À partir de la description de l’existence animiste et profondément simple des Bishnoïs, hindous du Rajasthan, état du nord de l’Inde, Patrick nous invite à traverser la frontière ténue qui sépare la bienveillance de la compassion. Toutes deux exemptes de profit, elles naissent et se nourrissent d’une disposition naturelle que nous avons tous et dont les Bishnoïs ont fait la règle de leur existence : l’ouverture du coeur. 29 règles régissent le quotidien des Bishnoïs.
Certaines concernent le côté matériel de la vie et d’autres le côté spirituel. Parmi ces dernières, même si une seule évoque explicitement la méditation, toutes revêtent un aspect méditatif.
Et c’est bien de méditation qu’il s’agit tout au long de ce livre, en particulier de méditation « Heartfulness » dont la traduction française pourrait s’approcher de plénitude du coeur. « Méditer signifie retourner au centre de soi-même, dans l’espace de paix qui existe au-delà des pensées. En cet espace, la compassion et la bienveillance vivent naturellement. »
La méditation et la compassion ont une valeur commune qui est la bienveillance naturelle envers l’autre et plus généralement envers tout ce qui vit autour de nous. De tout âge et de toute région, les différentes traditions ont enseigné et pratiqué la méditation. Quelles que soient les techniques ou postures enseignées, toutes visent à pacifier l’être dans une liaison pure et directe avec ce qui se trouve ici dans l’instant. Or ce qui se trouve ici dans l’instant se situe en amont et au-delà de toutes pensées, émotions et sensations corporelles dont nous sommes témoin à chaque instant.
Aujourd’hui, nous partons en quête de ces peuples heureux, tels les Bishnoïs, qui ont intégré la méditation et la bienveillance dans leur vie quotidienne, et dont les individus vivent plus longtemps que leurs frères humains des civilisations occidentales. Nous organisons des rassemblements oecuméniques de méditants de toute confession, et en vérifions in-situ les conséquences positives sur l’environnement et les populations voisines. Nous envisageons les bienfaits de la méditation dans les hôpitaux et de la bienveillance dans les entreprises.
Il s’est même récemment ouvert à Strasbourg un diplôme universitaire de « médecine, méditation et neurosciences ».
Il est aussi auspicieux de constater l’opiniâtreté de certains penseurs qui inlassablement témoignent de leur existence simple et qui placent les bienfaits de la bienveillance, par et avec la méditation, au-dessus de toute autre pratique. Patrick est l’un d’entre eux et ce livre simple d’accès pourra constituer une méthode de guérison réellement transposable dans notre quotidien.
Denis Capdeville

Les Bishnoïs

Selon de nombreux scientifiques, nous serions en train de vivre une nouvelle extinction de masse provoquée cette fois par l’activité humaine. Le taux actuel de disparition des espèces est le plus élevé jamais enregistré (plus de 17 000 espèces disparaissent chaque année, chiffre du CNRS). Une espèce de plantes sur huit est menacée d’extinction, un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître dans les 30 ans. Certains estiment que l’Homme va être à l’origine d’une crise biologique majeure.
Aujourd’hui, tous les milieux de la planète subissent l’impact de l’Homme. Certains écosystèmes sont complètement détruits par la pollution humaine.
Mais à l’heure où les forêts disparaissent, où les espèces disparaissent, où les nouvelles technologies envahissent la planète et où les problèmes environnementaux sont de plus en plus dramatiques, il existe encore en Inde, au Rajasthan, une communauté d’hommes et de femmes dont le mode de vie témoigne d’un amour et d’un respect absolus pour le monde dans lequel ils vivent. Cette communauté donne au monde une incomparable leçon d’existence en complète harmonie avec la nature. Les « Bishnoïs » ou Vishnoï sont les membres d’une communauté créée par Jambheshwar Bhagavan (1451 – 1536).
Il y a plus de cinq siècles, Djambo, un jeune paysan, refusait le saccage de son pays par les plus puissants. Il assistait aux déboisements des forêts, à la sécheresse, et aux chasses royales détruisant la faune. Le fossé se creusant entre les riches et les pauvres, il n’acceptait pas la situation qui se déroulait sous ses propres yeux. En 1485, il eut une vision apocalyptique, où l’Homme méprisant l’environnement creusait sa propre tombe. Il crée alors une communauté avec quelques vagabonds. Rapidement de nombreux individus, issus de plusieurs castes, adhèrent à ce mouvement spirituel.
La communauté dont la survie tient à 29 principes simples s’accroît. La ligne directrice étant le respect total de tous les hommes et de la nature. Ces principes, ou plutôt règles de conduite, ont été édictées pour la survie des humains et des animaux et des végétaux dans un milieu désertique, mais aussi pour la libération ou le salut de l’âme. Depuis le 15ème siècle, ce peuple aspire à vivre une vie en parfaite harmonie avec le monde animal et végétal, à promouvoir la défense des valeurs environnementales, la protection des animaux et des arbres, le rejet de toute forme de violence ainsi que la compassion pour tout ce qui vit.

« Aimez les animaux. N’abattez pas les arbres. Et vous ne connaîtrez pas l’adversité dans la vie. »
Jambheshwar

Considérant les animaux et les arbres comme les membres de leur famille, les Bishnoïs leur apportent soins et affection depuis plusieurs siècles.
Chaque famille plante régulièrement des arbres, n’utilise que le bois mort pour ses besoins, construit un réservoir pour conserver l’eau de pluie et dédie une part de sa récolte aux animaux qu’elle considère comme leurs enfants (antilopes, pigeons, gazelles…). Cette dernière action est très simple : il s’agit de réserver 1/10ème de la récolte céréalière pour l’alimentation de la faune locale. En effet, « protéger et nourrir » les animaux sauvages constitue une des principales règles de conduite de cette communauté. Les femmes Bishnoïs sont connues pour leur habitude d’allaiter les faons orphelins, tandis que beaucoup d’hommes sont morts pour avoir tenté de sauver les animaux des braconniers. Outre ces principes concernant l’environnement, les Bishnoïs réprouvent la violence et le mensonge,recommandent la probité et l’humilité en société ainsi que la pratique de la méditation. Ainsi les journées et les nuits sont placées sous le signe du respect de la vie et du silence. Cela peut laisser pensif : entre paradis sur terre et vie tribale, on se prend facilement à rêver d’un monde parfait, un monde où le lion vient boire avec la gazelle, où les hommes, animaux et végétaux vivent ensemble.
En effet, chaque jour les animaux viennent chercher nourriture et eau dans les villages, ils entrent librement dans les maisons de terre et de paille. En ce monde, hommes et femmes tendent au respect mutuel, il n’y a pas de castes et la non-violence s’applique dans tous les domaines de la vie.
Car les Bishnoïs considèrent les arbres verts et les animaux comme leurs égaux et ne peuvent attenter à leur vie. Un de leurs pèlerinages annuels à Khejarli a d’ailleurs pour objectif de ne jamais leur faire oublier que 363 membres de leur communauté, essentiellement des femmes, ont péri massacrées pour avoir tenté d’empêcher l’abattage d’arbres. L’histoire remonte à l’année 1730. Le maharadjah avait alors demandé à ses soldats d’abattre les plus beaux arbres de la région pour la construction de sa future forteresse. Ses hommes se rendirent sur les terres des Bishnoïs pour abattre des arbres : les Bishnoïs sortirent de leur village, et leur demandèrent de ne pas couper les arbres, expliquant que c’était contraire à leurs préceptes religieux. Le maharadjah confirma son ordre et les soldats se mirent à couper. Alors, une femme, Amrita Dévi, ainsi que ses filles et d’autres femmes, s’interposèrent pour leur interdire cet abattage, entourant chacune un arbre de leurs bras suivies aussitôt par hommes, vieillards, jeunes. Tous prirent un arbre à bras le corps ; et les soldats coupèrent, mutilèrent, sans distinction, les arbres et les Bishnoïs avec. 363 personnes furent massacrées sans sommation. Le maharadjah, ému, leur octroya alors un territoire réservé pour qu’ils puissent vivre selon leurs principes. Depuis, ce décret a été inclus dans la législation indienne. Il n’existe pas d’autre exemples dans l’histoire humaine où des êtres humains ont offert leur vie pour sauver celle d’arbres.
Les Bishnoïs, champions de l’autarcie, fabriquaient eux-mêmes quasiment tout le nécessaire. Comme les autres habitants du désert, ils ont appris à utiliser les végétaux à bon escient et avec parcimonie. Leur connaissance en botanique, associée à leur maîtrise de l’agriculture en zone aride, leur ont permis d’atteindre des niveaux de vie plus hauts que la moyenne, et jouir ainsi d’une belle prospérité que leur envient nombre de citadins. Il est clair que la préservation de l’environnement est la stratégie qui paye ! Voilà plus de cinq siècles que les Bishnoïs ne tuent plus d’animaux sur leurs terres. Leur rendre visite, c’est à peu près à coup sûr observer de près des cerfs, des biches, des antilopes, de nombreux oiseaux dépourvus de méfiance.

mercredi 19 novembre 2014

• Au plus profond de nous est une vigilance consciente de la Source - Shunyata


Emmanuel Sorensen, « Shûnyatâ » – nom initiatique qui lui fut donné par Râmana Mahârshi en 1940 –, est un homme libre,« l’un des rare né mystique » selon l’expression du Maharshi.
Avec fraîcheur et spontanéité, Shûnyatâ nous conte l’aventure que fut sa vie, depuis celle d’un enfant Viking contemplatif, d’un bienheureux jardinier, à enfin celle d’un ermite, dans une cabane himalayenne d’Almora durant quatre décennies. Vie de silence et de rencontres, dans la plénitude et la joie qui demeure. Vous allez lire ici la plus belle ode à la vraie vie et à la nature qui soit.
C’est l’histoire d’un homme libre de tout conditionnement mental, d’un homme hors du temps. Avec Shûnyatâ, nous sommes à la source de l’Être.
« Dès l’instant où le monde est connu pour n’être qu’un rêve, l’effort pour “devenir” fait place à l’éveil. Quand nous faisons l’expérience du Divin et réalisons notre Soi vivant, notre bavardage cesse et nous vivons tranquillement. » écrit-il.
Shûnyatâ… un être rare qui manifesta naturellement les fondements et préceptes mêmes de la non-dualité, et du tao, mais libres de toute théorie et de tout dogme, si justes soient-ils.
          Sa prose joyeuse et créatrice ne ressemble à nul autre pareil.
Au fil des pages, au fil des souvenirs qui montent tels des bulles, il se dégage quelque chose de lumineux, une « jubilation » mystique ; une sorte d’allégresse qu’il manifesta tout au long de son cheminement.


© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-l'Originel :

"Comment connaître autrui spirituellement et même psychiquement, au-delà du nom et de la forme ? Les ego se révèlent ou se trahissent eux-mêmes à travers leurs efforts, et leurs bouffonneries cessent alors de contenter. Quoi qu’il en soit, les ego ne peuvent partager dans une conscience unifiée. Effort et verbosité appartiennent à la conscience individualiste. Au mieux, les livres ne sont plus les coquilles vides de la sagesse, mais ne sont le plus souvent que l’étalage des sépultures de la conscience égotique. Ceci dit, ce peut être d’intéressants récits de « balbutiements » sur le chemin, mais rarement des révélateurs d’une expérience plus profonde de la simple, vivante Lucidité dans laquelle l’âme est silencieuse dans la nudité de la solitude. Parmi les livres, le plus satisfaisant est le livre mystique de la Nature qui nous enveloppe, et à chacun d’entre nous est présenté à la naissance un exemplaire unique de ce volume sacré relié d’un tissu vital [flesh-bound volume].
Si l’on est conscient de la véritable communion de l’interdépendance des harmonies jouant sans cesse au-dedans comme au-dehors de nous, alors le besoin de se projeter impatiemment hors de soi pour avoir la vision - vision obscurcie par les sédiments laissés par les désirs de l’ego, par les affirmations des « j’aime » et « je n’aime pas », ou par l’étalage des complexités de sa force -, alors ce besoin cesse de lui-même. Si l’on choisit de se plonger parmi les agitations bruyantes des ego, cela peut être utile pour le seul contraste avec le Silence, et aussi pour se tester soi-même s’il est toutefois possible de connaître là aussi le Silence.
Dans la lucidité unifiante établie et équilibrée de l’Immanence et de la Transcendance, de la Présence et de l’Être, l’ego cesse d’usurper. Dès l’instant où le monde est connu pour n’être qu’un rêve, l’effort pour « devenir » fait place à l’éveil. Quand nous faisons l’expérience du Divin et réalisons notre Soi vivant, notre bavardage cesse et nous vivons tranquillement. « Le temps viendra - et maintenant est - où nous vénèrerons le Divin, ni dans le temple ou dans les grottes, mais dans l’esprit et la vivante réalité » ; à savoir, dans le Silence de la grotte intérieure [guha]. Ni adoration ni culte de la parole, mais une chose sans prix qui ne s’obtient pas par l’effort - laquelle est pure, vivante Lucidité.
Au plus profond de nous est une vigilance consciente de la Source et du Destin, cette vigilance étant une pure réflexion de notre Être véritable. Demeurer conscient de cette Source et de cette Vie, alors que nous entreprenons notre pèlerinage à travers les jungles de l’ « émotionnalisme », les mirages de l’intellectualité, et la désertification des civilisations, impliquent que nous demeurions ouverts pour être guidés par la Lumière de l’intuition. Même quand nous trébuchons dans l’obscurité, égaré par la conscience divisée -, cette Lumière toujours nous guidera.
De l’Éden au Paradis - qui se fera à travers l’illusion temporelle -, nous trébuchons et errons, bien que toujours conduits par la lumière mystique qui brille dans les ténèbres. Alors que nous apprenons lentement à desserrer et à déployer nos ailes « intuitives », nous gagnons aussi de l’assurance en les utilisant avec lucidité. Le moment venu, nous réveillons et trouvons notre Soi dans l’Aube de l’Éternité, ici et maintenant. Nous oublions de nous Souvenir, mais nous nous Souvenons aussi d’oublier. La conscience de l’ego, c’est l’oubli du Soi. Le crépuscule de la Lucidité c’est le véritable Réveil de l’identité consciente avec le Soi « dans la Lumière qui jamais ne fut sur terre ou mer » [Wordsworth], mais qui est depuis toujours - même si la Lumière de notre Soleil et autres Astres solaires s’effaceront et disparaîtront.
Tranquillement, purement, et silencieusement, nous pouvons être présent à notre Soi même dans le jeu de l’ego et dans les voies imprévisibles de la shakti [shakti-antics], dans la Lumière de la mort et dans les ténèbres de « ce que nous appelons vie ». La Lumière mystique est intérieure, au-dedans de toutes choses et de tous changements ; c’est la véritable correspondance, la « relation » immédiate naturelle. L’esprit mûr n’est pas abusé par les ambitions de l’ego ni les sentimentalités douces-rosées, ni effrayé par la force de la domination ou par les tempêtes psychiques. Aussi se souvient-il de ra-ssembler [re-collect] ses purs souvenirs."

Vous pouvez également revisiter la page : Je suis le Silence

---/---


Douglas Harding a profondément influencé la spiritualité contemporaine, et il est surtout célèbre pour avoir mis au point un ensemble d’expériences, d’outils pour transmettre l’éveil.  Grâce à cette manière nouvelle et originale de partager l’ouverture à notre vraie nature, celui-ci est devenu accessible, direct.
Connaissant très bien les traditions spirituelles de l’Orient et d’Occident, il savait en extraire  l’essentiel sous forme dense et frappante. La puissance de ses mots venait du fait qu’il parlait à partir de sa propre expérience de l’éveil inconditionné.
Cet abécédaire a pour projet de présenter la philosophie de Douglas Harding dans toute sa richesse et sa variété à partir de cette expérience : l’éveil vivant, connu directement.
La vision dont parle Douglas Harding est la réalisation que nous ne sommes pas le visage que nous voyons  dans le miroir, que nous ne sommes pas l’individu que nous croyons être. Il nous invite à prendre conscience de l’espace vide et conscient à partir duquel le monde est vu.
C’est simple, évident, et c’est le cœur vivant des plus grandes philosophies et des traditions spirituelles authentiques. Le message de Douglas Harding est celui dont le XXIe siècle a besoin, car si l’espèce humaine veut survivre, elle devra trouver une relation plus harmonieuse avec la nature ; or, la vacuité éveillée et universelle que nous sommes tous est le seul terrain apte à donner de tels fruits.
« Il est certain en tout cas que notre vie personnelle peut en être bouleversée dans des proportions incroyables, comme cela fut le cas pour ma propre vie et celles de milliers de personnes à travers le monde. » José Le Roy

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-l'Originel : 

Liberté

Notre servitude ne vient pas de notre inaptitude à devenir libres, mais de notre inaptitude à voir que nous le sommes.

Seule la Source de tout, ne subissant aucune emprise, jouit d’un véritable libre arbitre. Et seuls les actes dictés, inspirés par Elle et ressentis comme tels ont ce parfum merveilleux d’originalité et de justesse qui n’appartient qu’à Elle.

Ici au Cœur même, à la Source de votre corps, se trouve la liberté absolue, pour la simple raison que (quelle habileté !) vous êtes totalement absent du Lieu où vous êtes totalement présent ! Une astuce garantie pour dérouter n’importe quel esclavagiste ! Bref, en tant que Ce Que vous êtes Là où vous êtes, vous êtes la liberté même.

La Libération n’est pas quelque chose à accomplir, mais le fait de voir que tout est déjà accompli. Vous n’avez pas besoin de devenir un homme meilleur, mais simplement de voir que là où vous croyiez qu’il y avait un homme, il n’y a rien que la Perfection Elle-même.

La vie à partir de Qui nous sommes est une vie de spontanéité. Il n’y a pas de règles établies, dictant ce que nous devons faire dans chaque occasion. Laissez l’occasion se produire, voyez qui vous êtes, et découvrez ce que vous allez faire.

Attention

La solution, c'est l'attention. L'attention au lieu de l'intention. Prêter attention à ce qui est au lieu de s'efforcer de tenir ce qui devrait être. Observez attentivement comment les choses sont déjà, sans essayer de les améliorer. Le fait est que l'attention totale est l'abandon, et l'abandon total est l’attention.

Pour réaliser cette vision, il s'agit simplement de faire pivoter la flèche de notre attention de 180°.

Les fruits de l’attention sont immédiats : les portes de la perception s’ouvrent et vous commencez à vivre dans un monde brillant et fascinant, un monde de formes, de sons, de couleurs, de goûts, d’odeurs et de textures dont vous aviez peut-être complètement oublié qu’il existait.

Pour vous évader de la prison de votre corps et échapper au désespoir futur (sinon actuel), cherchez en vous-même votre passe-partout appelé ATTENTION. Faites tourner cette clef à fond dans la serrure et laissez-vous tranquillement glisser au-dehors.

Le plus haut degré de l’attention, c’est lorsqu’elle se porte sur l’esprit lui-même, c’est la conscience de notre propre conscience. À l’extrême limite, c’est précisément l’Illumination.