vendredi 23 janvier 2026

• Le Soi n’est pas un quelque chose ni même un sujet - Marion Renault


Les textes méditatifs inspirés que nous livre Marion sont de véritables invitations au Silence, au retour à Soi, à l’Unité. Ils sont emplis de l’énergie de la Source d’où ils émanent directement.

Ils reflètent par exemple tout autant le message du Christ que celui du Bouddha, et s’inscrivent dans la lignée des grands Sages tels Maître Eckhart, Ramana Maharshi, Sri Nisargadatta Maharaj, ou Ma Ananda Moyi avec qui Marion a une connexion particulière.

Ils nous dévoilent pas à pas la nature divine de Ce qui Est, que d’autres appelleront Dieu, l’Absolu, l’Un, la Source, le « Je », le Soi, etc. et nous permettent de nous poser, de déposer le « trop » qui nous encombre et voile la pure Lumière que nous sommes en Vérité.

En effet, la Réalisation du Soi n’est pas du domaine de l’acquisition : rien ne manque à ce que nous sommes déjà ! Elle est claire vision, « Oui » intérieur, Amour révélé.

Accompagnant les chercheurs depuis maintenant de nombreuses années, Marion souligne également ici les écueils auxquels ils sont confrontés, la manière de les approcher et de les traverser.

Ce recueil invite à la dépose du mental. Il nous ouvre à l’Amour et à la grandeur de ce que Nous Sommes.

Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions l'Originel :

Le chemin de l’Amour

Voyez en toutes choses, en toute personne le divin même. Même si cela vous paraît “faux” au début, n’abandonnez pas. Voyez en toutes émotions et sensations uniquement le Soi.

Alors, l’Amour émergera de lui-même.

Lorsque vous vous sentez tristes, en colère ou blessés par quelqu’un, rendez grâce pour le mal-être qui survient et pour cet autre qui joue alors le rôle de miroir : il est une manifestation du Soi. 

Rendez grâce encore et souvenez-vous que cet apparent autre est uniquement le divin à l’œuvre. Faites cela jusqu’à ce que la contraction dans le corps s’effondre d’elle-même.

Elle est simplement une vieille mémoire qui ne dit absolument rien à propos de votre nature d’éternité.

Tout mal-être ressenti est simplement le signe que l’idée d’un moi est encore active en cet instant.

Rendez grâce pour cette émergence qui vous ramène à votre vraie nature. 

Remerciez la souffrance, voyez-la uniquement comme le facteur de retour à Soi. 

Vous n’en êtes pas victimes, ne cherchez pas à la contourner ni à l’éviter.

Même si tout semble confus en cet instant, embrassez-la pleinement, sans chercher ni à comprendre, ni à résoudre.

La clarté entraîne la dissolution de l’illusion.

En réalité, elle est déjà dans les bras de l’amour. Seul l’organisme à cet instant l’a oublié.

Souvenez-vous uniquement de votre propre Soi.

Quoi qu’il se passe, toute action est uniquement lui-même.

En Cela, seul réside l’Amour.

En namasté.


L’Éveil au Quotidien : Sincérité et Authenticité

L’éveil, c’est se montrer tel que l’on est, c’est être transparent instant après instant.

C’est “oser” mettre en plein jour tout ce qui nous semble inavouable au nom de tout un tas de croyances liées à la réalisation, à ce que l’on devrait être ou non après la reconnaissance de notre vraie nature.

L’éveil s’inscrit au cœur de ce qui n’est pas encore vu, pas encore intégré.

L’éveil, c’est l’humilité de reconnaître avec bienveillance ce qui, dans ce que nous vivons au quotidien, entraîne encore une dualité apparente.

L’éveil, c’est s’ouvrir à nos imperfections, à nos tendances mentales latentes et récurrentes.

Il n’y a pas de problème avec les imperfections. Elles sont simplement ce qui se manifeste dans le champ de la Conscience.

L’éveil, c’est cette pleine liberté de se montrer dans sa vulnérabilité la plus intime, sans plus aucune protection.

On croit souvent que la vulnérabilité est faiblesse, elle est, en réalité, à la fois la Douceur et la véritable Puissance de l’éveil.

Elle s’inscrit dans une absence de “moi”. Il n’y a ainsi plus rien à défendre, plus rien à protéger, c’est simplement ce qui est là, décorrélé de toute histoire, de toute appartenance, de tout lien, de toute critique, de toute attente dans le regard de l’autre.

C’est l’authenticité qui s’exprime, sans plus aucune entrave.

Au cœur de cette authenticité se révèle la puissance de l’Amour.

Au cœur de cette authenticité prend fin la “densité souffrante” de la souffrance.

Car l’éveil, c’est un cœur totalement ouvert à l’investigation, à l’examen intime, profond et minutieux des illusions, des croyances encore actives, de leur nature, leur réalité.

Être avec les peurs, les colères, les jugements résiduels, les embrasser.

Sous le feu du Regard, ils perdent peu à peu leur pouvoir de fascination puis se résorbent jusqu’à s’effacer.

C’est la Conscience qui se manifeste à travers l’humanité.

C’est la Conscience qui vient embrasser l’existence apparente.

C’est la Conscience qui transforme la densité “souffrante” en transparence immaculée.

C’est la Conscience éveillée en chacun de nous.

Cette Conscience est ce que nous sommes.

Unité,

Véritable Onde d’Amour.


Le monde est illusoire

« Le monde est illusoire » ne signifie pas qu’il n’y a rien ou que l’on doit faire abstraction de tout ce qui existe ou ne pas ressentir ce qui est vécu.

Affirmer “Le monde n’existe pas”, peut être germe de séparation et de souffrance.

L’affirmation “Le monde est illusoire” est issue de la réalisation que le monde est le Soi. 

Il n’y a pas de monde à part, il n’y a pas d’univers à part et séparé.

L’existence et tout ce qu’elle contient est le Soi en tant que le Soi.

Le Soi n’est pas un quelque chose ni même un sujet.

Le Soi est la nature de la réalité. 

Pas de temps ni d’espace et, simultanément et sans distinction ni séparation aucune, un apparent temps et un apparent espace, non définitivement réels.

Le “et” ici ne signifie pas le trait d’union entre deux mais l’absence de dualité.

Il n’y a rien à part Cela.

Tout est le Soi

Un sans deux.


Réaliser que le monde est illusoire n’est pas un abandon du monde.

Réaliser que le monde est illusoire n’est pas fuir le monde ou s’installer dans un arrière-plan qui n’est autre qu’un refus déguisé du monde.

Cette phrase est très souvent mal interprétée.

Il est nécessaire, ici, d’abandonner tout concept ou pensée à propos de ce que cela peut être. Car la réalisation n’est pas conceptuelle.


La réalisation que le monde est illusoire surgit de l’absence de résistance ou refus à ce qui survient. Elle n’est donc ni une résistance ni un évitement mais une embrassée totale.

Car lorsqu’aucune résistance n’apparaît, il peut être donné de Voir que le monde entier est déjà en épousailles totales avec sa source.

Il peut être donné de Voir qu’il n’y a jamais eu aucune séparation ou distinction entre le Soi en tant que Source inconnaissable et la totalité des phénomènes soit tout le connu.


Il n’y a pas deux.

C’est l’amour même.

Tout, absolument tout, est Cela.

Il n’est toujours que le Soi sous forme apparente du monde tout en étant toujours que lui-même.


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Marion peux vous envoyer un exemplaire dédicacé si vous passez commande auprès d'elle. Vous pouvez la contacter via ces liens :

 

lundi 19 janvier 2026

• Elle est déjà reconnue - Jamyang Khyentse Chökyi Lodrö

 

La différence entre samsara et nirvana est simplement une question de reconnaître ou de ne pas reconnaître. Au moment même où tu reconnais, il n'y a rien de plus simple que ça. Au moment de voir l'essence de l'esprit, elle est déjà reconnue ; il n'y a rien de plus à faire. A ce moment précis il n'est pas nécessaire de méditer même une poussière.

samedi 17 janvier 2026

• Nous voulons nous éveiller dans le rêve - Prabhuji

Le principal obstacle à l’illumination semble si incroyable à l’esprit qu’il ne peut tout simplement pas l’accepter. Tu es déjà ce que tu cherches, pourtant tu le recherches comme s’il s’agissait d’un objectif lointain à conquérir, atteindre ou obtenir. C’est précisément le mouvement même de la recherche qui vous fait le perdre, pour la simple raison que l’illumination n’est pas un objet, mais votre véritable nature lorsque toutes les interférences cessent. 

L’esprit est une agitation émotionnelle, un bruit psychique ; il compare, il désire, il projette demain, et la vérité n’est toujours que maintenant. Même la question « Comment puis-je devenir éclairé ? » est déjà empoisonné, car cela implique l’hypothèse que vous ne l’êtes pas, et cette attitude crée de la distance. Ensuite, votre accumulation d’idées, de techniques, de méthodes et d’expériences commence, comme si la lumière pouvait être acquise—mais elle ne peut pas être achetée : elle se révèle simplement lorsque vous arrêtez de la dissimuler. Ce qui le couvre est purement égoïque : cette tension de vouloir être quelqu’un, de devenir spécial, même dans le domaine spirituel. 

L’ego peut se déguiser en un humble « être spirituel » puis chuchoter : « N’en doute pas — Je serai bientôt celui qui sera éclairé. » Dépêchez-vous est un autre obstacle : vous planifiez l’éternité comme un projet à réaliser sur la plateforme du temps. Pourtant, l’éveil se produit lorsque le temps psychologique s’arrête et que vous arrêtez de courir.

La vérité est que nous voulons nous éveiller sans abandonner notre rêve ; nous voulons nous éveiller dans le rêve. Nous voulons la liberté tout en gardant notre cage—ce sont des barreaux et des chaînes. Nous voulons conserver toutes nos attaches, nos récits, nos histoires, ainsi que notre domination et notre contrôle.

L’illumination n’est pas quelque chose d’extraordinaire ; c’est l’ordinaire, mais sans le commentateur constant. L’éveil n’est rien de plus que la vie qui coule, sans que le phénomène égoïque essaie de la pousser dans ses propres directions. Le seul problème est la croyance inébranlable qu’il y a un problème. Le soi-disant chercheur de vérité est le seul obstacle... seulement en ne poursuivant rien devient possible le silence dans lequel vous remarquerez que, en réalité, absolument rien ne manque... 

vendredi 9 janvier 2026

• Il suffit de se tourner vers soi-même - Gendun Rinpoché


En voyant la nature de l’esprit, il n’y a rien à « voir »
car elle n’est pas un objet de perception.
Nous la voyons sans rien voir.
Nous la connaissons sans rien connaître.
L’esprit se reconnaît lui-même spontanément,
au-delà de toute dualité.
Le chemin qui y conduit est la conscience de l’instant présent,
libre de toute interférence.
C’est une erreur de croire que la vérité ultime
est difficile à reconnaître.
La méditation sur la nature de l’esprit est en réalité très simple,
car il n’est nul besoin d’aller quelque part pour la trouver.
Aucun travail n’est nécessaire pour la produire ;
aucun effort n’est requis pour la découvrir.

Il suffit de s’asseoir,
de laisser l’esprit se reposer en lui même
et de regarder directement
celui qui pense qu’il est difficile de trouver la nature de l’esprit.
À cet instant, nous la découvrons directement,
car elle est toute proche
et toujours à portée immédiate.
Il serait absurde de craindre de ne pas réussir à découvrir
la nature de l’esprit,
puisqu’elle est déjà présente en nous.
Il suffit de se tourner vers soi-même.
Lorsque l’esprit dirige son regard vers lui-même,
il se trouve
et découvre que celui qui cherche
et ce qui est cherché
ne sont pas deux choses différentes.

mercredi 7 janvier 2026

lundi 5 janvier 2026

• Je vis clairement la Grande Totalité - Han Shan

En 1586 j'entrai dans ma 41e année. Après une longue période de voyage et d'études, je pus enfin vivre tranquillement dans ma nouvelle demeure de méditation qui venait d'être construite. Mon esprit et mon corps subirent alors une détente bienfaisante et je me sentis merveilleusement heureux. Un soir, pendant la méditation, je vis clairement la Grande Totalité, illuminatrice, transparente, vide et claire, telle l'Océan limpide, et rien n'exista plus. Cette vision m'inspira les stances suivantes :

L'Océan limpide luit
clair et vide,
aussi éclatant que le reflet de la lune
sur la neige blanche.
Aucune trace d'homme ou de dieu ne subsiste.
Oh ! quand s'ouvre l'oeil de Vajra,
le mirage disparait.
La grande terre disparait dans la royaume de la tranquillité.