Le principal obstacle à l’illumination semble si incroyable à l’esprit qu’il ne peut tout simplement pas l’accepter. Tu es déjà ce que tu cherches, pourtant tu le recherches comme s’il s’agissait d’un objectif lointain à conquérir, atteindre ou obtenir. C’est précisément le mouvement même de la recherche qui vous fait le perdre, pour la simple raison que l’illumination n’est pas un objet, mais votre véritable nature lorsque toutes les interférences cessent.
L’esprit est une agitation émotionnelle, un bruit psychique ; il compare, il désire, il projette demain, et la vérité n’est toujours que maintenant. Même la question « Comment puis-je devenir éclairé ? » est déjà empoisonné, car cela implique l’hypothèse que vous ne l’êtes pas, et cette attitude crée de la distance. Ensuite, votre accumulation d’idées, de techniques, de méthodes et d’expériences commence, comme si la lumière pouvait être acquise—mais elle ne peut pas être achetée : elle se révèle simplement lorsque vous arrêtez de la dissimuler. Ce qui le couvre est purement égoïque : cette tension de vouloir être quelqu’un, de devenir spécial, même dans le domaine spirituel.
L’ego peut se déguiser en un humble « être spirituel » puis chuchoter : « N’en doute pas — Je serai bientôt celui qui sera éclairé. » Dépêchez-vous est un autre obstacle : vous planifiez l’éternité comme un projet à réaliser sur la plateforme du temps. Pourtant, l’éveil se produit lorsque le temps psychologique s’arrête et que vous arrêtez de courir.
La vérité est que nous voulons nous éveiller sans abandonner notre rêve ; nous voulons nous éveiller dans le rêve. Nous voulons la liberté tout en gardant notre cage—ce sont des barreaux et des chaînes. Nous voulons conserver toutes nos attaches, nos récits, nos histoires, ainsi que notre domination et notre contrôle.
L’illumination n’est pas quelque chose d’extraordinaire ; c’est l’ordinaire, mais sans le commentateur constant. L’éveil n’est rien de plus que la vie qui coule, sans que le phénomène égoïque essaie de la pousser dans ses propres directions. Le seul problème est la croyance inébranlable qu’il y a un problème. Le soi-disant chercheur de vérité est le seul obstacle... seulement en ne poursuivant rien devient possible le silence dans lequel vous remarquerez que, en réalité, absolument rien ne manque...