vendredi 21 septembre 2018

• L’éveil est un basculement de la conscience - Eckhart Tolle



L’éveil est un basculement de la conscience, au cours duquel la pensée et la conscience se dissocient. Chez la plupart des gens, ce basculement ne se manifeste pas sous la forme d'un événement mais d'un processus. Même les rares êtres qui connaissent un éveil soudain et puissant, apparemment irréversible, passent eux aussi par un processus au cours duquel le nouvel état de conscience se met en place graduellement et transforme tout ce qu'ils font, pour ainsi finir par faire intégralement partie de leur vie.
Dans cet état, au lieu d'être perdu dans vos pensées, vous vous reconnaissez comme étant la présence qui se trouve justement derrière les pensées. Ces dernières cessent d'être une activité autonome prenant possession de vous et régentant votre vie. Dans cet état, c'est au contraire la présence qui prend possession de la pensée. Alors, au lieu de contrôler votre vie, la pensée devient la servante de la présence. Cette présence est en fait le lien conscient que vous entretenez avec l'intelligence universelle. Cette Présence est conscience sans pensée.

mardi 11 septembre 2018

• Il n’y a en réalité pas de « moi » séparé et autonome - Séverine Millet



Qui suis-je ?
Je suis...
ce que je suis en train d’être.
Oh joie !
Quelle plénitude !
Je n’ai besoin de rien d’autre.
Je peux seulement me déposer dans l’instant et m’y donner complètement. 

Qu’est-ce qu’être heureux ? En tournant notre regard vers notre intimité et en nous ouvrant à la vie telle qu’elle se présente dans l’instant, nous découvrons que nous sommes la vie même, déjà complet, déjà comblé. La vie devient douce, intense, vibrante, tranquille et simple, au cœur de l’agitation du monde. Nous recontactons notre capacité à nous émerveiller et à aimer. Le bonheur devient alors disponible à chaque seconde.

Pour le vivre, Séverine nous convie à un véritable art d’être vivant. Elle nous invite à découvrir et habiter l’intégralité de notre être à travers la perception fine de notre corps, de nos émotions, sensations et sens. Et à investiguer notre réalité apparente et ce que nous savons de nous et de la vie, en dévoilant le fonctionnement de notre mental et de nos pensées, de nos souffrances, croyances et conditionnements limitants.

Elle nous guide en profondeur à travers la méditation assise et en mouvement, le yoga des émotions et des sens et des pratiques au quotidien et dans la nature. Toujours elle nous ramène à la plus grande pratique : notre vie quotidienne et notre humanité. Pas à pas, nous opérons ce retournement vers soi et vers cette plénitude et cette joie qui n’attendent que nous pour se révéler et se vivre.

Je partage dans cet ouvrage mon témoignage d'un chemin vers le coeur de soi-même, et vers l'instant présent, seule réalité, ainsi qu'un art d'être au monde et d'être profondément vivants et humains, bien au delà de notre histoire personnelle.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel :

Ce désir intense de me connaître, de dévoiler à mes yeux le mystère de ma propre existence et de celle du monde, m’accompagne depuis l’enfance. J’avais l’intuition que la vie recelait un grand secret à propos de moi. Dès l’âge de sept ans, j’ai commencé à questionner ma propre identité et la nature de la vie. Les questions « Qui suis-je ? » et « qu’est-ce que la vie ? », « c’est quoi être vivant ? » ont ainsi été présentes dès cet âge-là, comme une invitation impérative. Face à mon incapacité à y répondre dans l’instant, je traversais régulièrement un sentiment de profond trouble, qui a fini par se muer en tristesse. Je sentais que quelque chose me manquait profondément. Et même qu’il y avait comme un mensonge, une erreur à propos de la réalité de la vie, de ma réalité (…).
En 2012, après un long chemin de connaissance et de rencontre avec mon intimité, à travers l’exploration du corps, des émotions, des perceptions, de mon mental et de mes conditionnements, j’ai vécu une plongée plus profonde au cœur de mon être, qui a entraîné un profond changement de perspective : l’attention s’est détachée de mon histoire personnelle pour se tourner vers mon être global et authentique qui avait toujours existé sous cette histoire. J’ai alors pu voir que ce que je suis est beaucoup plus vaste qu’un mental, un corps, des émotions et mes histoires personnelles, ce que je suis sous-tend et transcende tout cela. Au delà de la fixation du mental sur une identité personnelle, il n’y a en réalité pas de « moi » séparé et autonome mais bien une conscience universelle et partagée par tous, ainsi que l’amour et la vie elle-même qui président à tout et s’expriment à travers chaque chose, chaque être vivant. Nous sommes la vie, bien avant d’être la personne que nous sommes ou croyons être. 
Le plus déroutant a été de reconnaître que je l’avais toujours su, toujours vu, mais que je l’avais juste interprété autrement, faisant de cette vie une affaire personnelle. Je ne faisais que reconnaître la pure réalité de mon être, conscience impersonnelle partagée par tous. Cette plongée à la source de l’être est un éveil à la réalité, qui s’opère par un retournement du regard intérieur vers soi-même, vers notre origine, l’essence de ce que nous sommes déjà. Lorsque nous vivons à partir uniquement de l’histoire personnelle, nous sommes simplement coupé de nous. Se reconnaître est se réunifier avec notre réalité profonde. Et nous avons la possibilité d’exprimer dans notre vie à la fois ces deux réalités - personnelle et universelle -, la première étant une expression de la seconde. 
La révélation de notre nature véritable n’est pas une ligne d’arrivée : j’avais trouvé ce que je cherchais, cela a répondu à mes questionnements d’enfant sur « que suis-je ? » et apporté un profond soulagement. Mais il me fallait intégrer cette révélation dans la moindre parcelle de mon être. Me laisser complètement être et vivre par cette réalisation. La laisser s’intégrer d’elle- même, mettre mon écoute intérieure et ma clarté au service de ce processus naturel d’intégration et apprendre à voir tout ce qui pouvait s’immiscer dans ce processus, se l’approprier et l’empêcher. 
Un profond chemin avait eu lieu avant, un nouveau chemin exigeant et beau et une nouvelle clarté sur la réalité se sont ouverts en moi.  

Site de Séverine Millet : La sève et le rien
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mercredi 5 septembre 2018

• L'espace et la conscience sont une seule et même chose - Nisargadatta Maharaj


La quête du bonheur est la cause de la souffrance… Le véritable détachement apporte la paix. L’anxiété liée à « Qu’est-ce qu’il va m’arriver » est dissoute par le détachement.
Sri Nisargadatta Maharaj

C’est véritablement une grande chance d’être en possession de ces enregistrements directs et fidèles des enseignements de Nisargadatta Maharaj. Ceux-ci sont présentés sous la forme de Nirupanas – des guidances de méditation. C’est là leurs propos et là qu’ils mènent. Les mots de Maharaj retireront toutes les couvertures intérieures et extérieures, pour ne laisser que notre Coeur le plus intime. Le caractère unique de ces Nirupanas repose sur le fait qu’ils nous sont transmis par l’expérience directe d’un maître éveillé, dans une formulation toute spontanée. Maharaj parlait le marathi, et Dinkar Kshirsagar, qui le parlait aussi, nota ses mots par écrit. Une fois traduits en anglais, ils ont été édités par Suresh Mehta. Maharaj passa près de cinquante ans à partager ses enseignements perspicaces avec les chercheurs sincères. Des personnes du monde entier vinrent à son domicile, dans une rue étroite de Bombay. Leur questionnement y trouvait une réponse appropriée à leur niveau de compréhension.
Un recueil d’entretiens de Sri Nisargadatta Maharaj, donnés sous forme d’invitations à la méditation – 140 Nirupanas – et jusque-là inédits en langue française.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Aluna

 Quand vous regardez la lune, que voyez-vous entre elle et vos yeux ? L'espace entre n'est pas vu. De la même façon, votre propre lumière, par laquelle vous regardez, n'est pas vue. L'espace et la conscience sont une seule et même chose. Votre conscience est espace.
  Dans un énoncé logique, la création se déroule ainsi : en premier apparaît la graine de conscience, avec la sensation 'Je suis', ensuite l'espace, suivi par les quatre autres éléments. Il en est ainsi. Celui qui a réalisé sa propre conscience, l'origine et la cause de celle-ci, en est le témoin. Il n'agit pas. Quand le roi est assis sur le trône, les affaires suivent leur cours, juste par sa présence. De la même façon, le témoin n'agit pas. Avec la naissance, la sensation 'Je suis' apparaît. Avant la naissance, cette sensation n'existait pas. L'énergie vitale effectue toutes les actions. Le connaisseur est antérieur au connu. (Le connaisseur signifie le Soi ou Paramatman qui est antérieur à la conscience..) Il s'agit de l'état non-manifesté. C'est la véritable nature de tout être. Celui qui réalise cet état est appelé jnani. L'ignorant associe la sensation 'Je suis' au corps, le chercheur l'associe à la conscience pure, alors que le jnani ne s'identifie à rien. Une fois écouté ceci, voyez ce qu'il en est de votre état présent. Il n'y avait pas de concepts avant la naissance, mais une paix infinie. Le concept 'Je suis' émerge à travers l'énergie de sattva guna. La conscience identifiée est appréciée uniquement par ignorance. Le chercheur l'apprécie en tant que connaissance. L'être réalisé n'est plus concerné par cette satisfaction. Celui qui connaît est antérieur à la connaissance. Il est dit que parfois un remède peut être aussi l'obstacle. Il reste encore un remède de valable pour vous, la récitation de votre mantra ; votre conscience se renforcera. Votre détermination en sera renforcée. Plus la confiance dans le Guru est grande, plus l'aboutissement est rapide. Si vous identifiez le Guru à un être humain, votre conscience vous harcellera. Celui qui suit ses recommandations en toute confiance, aura la satisfaction de la réalisation dans ce corps. Se rendre signifie abandonner la conscience identifiée au corps. Tout offrir à Brahman veut dire rester sans qualités personnelles. Agissez avec la conviction que la conscience, qui soutient l'univers dans son entier, agit à travers vous. Par vous-même, vous êtes incapable de quoi que ce soit. Toutes les actions sont supportées par la force vitale.
  Le Guru vous amène à la conscience. C'est par votre présence en tant que conscience pure que les endroits visités lors d'un pèlerinage prennent leur dimension de lieux saints. Il n'y a rien de plus sacré que la conscience. Quand vous réalisez le Soi, il n'y a rien de plus saint que vous.
Quand vous aurez saisi cela, il n'y aura plus le besoin de chercher la compagnie d'autrui. Celui qui éprouve de la fierté pour 'son' éveil est un ignorant. Qui pourrait éprouver de la fierté, quand il réalise que rien ne s'est passé ?
  L'amour implique votre besoin d'exister. L'amour est infini et illimité. La conscience a émergé en nous sans que nous en ayons connaissance. Elle est sans forme, sans caste, sans conviction. Elle est l'expression la plus pure de l'énergie vitale, ou encore la puissance de cet amour qui fait ressentir 'Je suis'. 
  Un jnani ne rentre pas en compétition. Il se tient en dehors des critiques. Ceux qui n'apprécient pas un jnani, le font par l'immaturité due à leur identification au corps. Ils ne comprennent pas ce que le jnani exprime. Par la grâce du Guru, la compréhension peut venir en un instant. Ne prêtez pas au Guru, sans qualité et sans forme, une conscience identifiée. Ce que vous entendez maintenant est le fruit de l'expérience du Soi. Ce ne sont pas des paroles rapportées. A qui appartient cette voix ? Quand a-t-elle était créée et pourquoi ?  C’est la voix du prana. Ce n'est pas votre voix. Méditez à partir de votre conscience, pas en étant identifié à votre corps. Seul l'amour se déploie à travers les trois gunas et les cinq éléments. C'est l'amour de soi.
  La dévotion au Guru vous ouvre les yeux. Ce qui est vu sans les yeux est supérieur. Avant que les yeux s'ouvrent, la lumière est d'un bleu profond. Aussitôt que les yeux s'ouvrent, elle devient transparente. Soyez fidèle au Sadguru. Ne Lui surimposez pas votre conscience identifiée. Une fois reconnue la conscience-graine, tout prend la forme d'une offrande à Brahman. (Un non-attachement aux activités quotidiennes s'en suit.) 
Qui parle ? Est-ce vous ? Le verbe appartient à l'espace. Vous êtes avant l'espace. Mon Guru avait l'habitude de dire : « peu importe l'âge que vous avez, vous êtes un enfant .» (Le corps vieillit. La conscience est toujours dans le présent, tel un nouveau-né.) Toutes sortes de pratiques existent dans le monde. Faire des actions miraculeuses à partir de pouvoirs spirituels s'apprend aussi. Je ne suis pas allé dans cette voie. J'ai uniquement étudié la nature du Soi comme enseignée par mon Guru. Comparé à la réalisation du Soi, tout le reste est insignifiant. Sans la confiance dans le Guru, vous n'aurez de cesse d'aller d'enseignants en lieux saints indéfiniment. Si vous suivez les mots de votre Guru, plus besoin d'aller chercher ailleurs.