mercredi 4 février 2026

• La conscience retourne vers elle-même - Éric Edelmann


L’engouement des Occidentaux pour la méditation véhicule aussi son lot de confusions. Éric Edelmann nous montre comment cette pratique a été détournée, sa portée amoindrie, son sens appauvri. Il s’adresse à tous ceux qui, ayant expérimenté les bienfaits de la méditation, restent cependant sur leur faim, se sentant appelés à chercher plus loin. En résumé, non pas “guérir l’ego” mais “guérir de l’ego”.

L’auteur nous donne à expérimenter 21 méditations dans l’état d’esprit des enseignements de sagesse dont cette pratique est issue.
Pétri par l’enseignement non dualiste originaire de l’Inde, Éric Edelmann parvient à le formuler ici de façon universelle et accessible.

Et si l’on retrouve dans sa guidance l’influence évidente d’Arnaud Desjardins et de Swami Prajnânpad, on perçoit aussi la pédagogie du Zen dont il a hérité du maître japonais Sensei Deshimaru.


Le corps conscient permet une approche directe et même sensuelle du niveau spirituel en nous.

Cet ouvrage en 2 parties analyse tout d’abord les malentendus reliés à la méditation devenue panacée du développement personnel et phénomène de mode, pour ensuite redonner du sens à cet exercice de présence. Au delà d’aller mieux, faire l’expérience intime de la source de l’être, de notre dimension spirituelle, hors du temps et de l’espace. En résumé, non pas “guérir l’ego” mais “guérir de l’ego”.

La seconde et majeure partie de l’ouvrage propose 21 méditations dans l’état d’esprit des enseignements orientaux dont cette pratique est issue, formulées ici de façon universelle et accessible.

Et si l’on retrouve dans la guidance d’Éric Edelmann l’influence évidente d’Arnaud Desjardins et de Swâmi Prajnânpad, on perçoit aussi la pédagogie du Zen dont il a hérité du maître japonais Sensei Deshimaru.

Ce livre s’adresse au lectorat des approches méditatives orientées vers le mieux-être : beaucoup restent sur leur faim, se sentant appelés à chercher plus loin.

Il intéressera aussi les lecteurs d’essais de spiritualité ou de philosophie qui trouveront là un support pour l’entraînement de l’esprit, contribuant à intégrer au niveau du cœur et du corps ce qui, sinon, ne relèverait que de la croyance ou de la seule connaissance intellectuelle.

Il est enfin destiné à tous ceux qui cherchent à dévoiler la nature de la Réalité ultime.


© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions L'Originel :


Laissez votre esprit être un hôte gracieux au milieu d’invités indisciplinés.


Le paradoxe auquel on a affaire quand il s’agit de méditation, c’est qu’il n’est pas tant question d’une action au sens ordinaire que d’une non-action. Et pourtant, nous nous retrouvons assis sur un coussin parce qu’il y a bien au départ une intention.

Cette intention ne relève pas du domaine de la volontéégotique, mais  cherche plutôt à concrétiser l’aspiration fondamentale de notre être à rejoindre sa source. L’exercice, la persévérance et la discipline sont alors au service de cette aspiration essentielle qui contient en elle-même sa propre justification. Ainsi, lorsque l’on a demandé un jour à Karlfried Graf Dürckheim pourquoi méditer, il a répondu: «Parce que c’est l’heure!» Une manière de couper court à toute palabre intellectuelle et d’inviter à une expérience directe qui ne se laisse pas entraver par toutes les complications du mental.

Tout en n’étant pas un «faire» au sens habituel, la méditation nous engage cependant dans un processus dynamique qui œuvre à notre transformation. Un médecin français, qui a passé sa vie à méditer aux côtés de la grande sainte indienne Ma Anandamayi, a pu dire à l’âge de soixante-quinze ans:

«C’est vrai qu’il n’y a rien à faire, mais il y a beaucoup à défaire!»

L’étymologie latine du mot «méditer» signifie «prendre soin» et, en sanskrit, le mot bhâvanâ qui lui correspond veut dire «croissance, culture, devenir».

Il ne s’agit pas tant de faire attention que de porter attention, c’est-à-dire d’être attentionné dans la mesure où il y a aussi une participation du cœur, une chaleur, une bien-veillance.

Cette dernière est une bonne vigilance, une «vigilance aimante» selon l’expression de Ram Dass. Cette attitude fine et subtile est comparable à la situation d’un équilibriste qui pratique sa discipline de tout son corps mais se soumet à des lois impersonnelles qui ne relèvent plus du moi. La suspension progressive de fonctions ordinaires ouvre le champ à un processus naturel de croissance de l’être et d’élargissement de la conscience.

Autre paradoxe: non seulement nous recherchons ce que nous sommes (« Il faut un long voyage pour arriver au voyageur»), mais nous sommes nous-même l’instrument de perception. Par conséquent, si l’instrument de perception change, ce qui est perçu change aussi. À l’évidence, l’univers d’une fourmi est très différent de celui d’un éléphant. De même, des instruments sophistiqués comme le télescope, le microscope électronique ou des lunettes de vision nocturne à infrarouge nous donnent accès à un champ de la réalité qui nous serait inaccessible sans eux. De la sorte, il nous est possible de comprendre que tout dépend de l’organe de perception lui-même et de son degré de raffinement ou de sophistication.

Le poète anglais William Blake écrivit ainsi: «Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie.»


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S’il y a une progression en méditation, elle va dans le sens d’une plus grande clarté parce que nous devenons plus transparents. C’est ce que la tradition méditative du bouddhisme appelle «une présence d’absence». En 1998, les publicitaires de chez Renault ne pensaient pas si bien dire lorsqu’ils proclamaient: «Et si le vrai luxe, c’était l’espace?»


À la différence d’une approche méditative essentiellement fondée sur une concentration exclusive (one pointed mind, «l’esprit fixé sur un point»), on peut au contraire cultiver une ouverture sans restriction, une conscience-témoin qui laisse passer les pensées et représentations comme un reflet sur un miroir. Ce «lâcher-prise» par rapport à toutes les productions mentales est possible, non pas à partir du seul mental, mais à partir de l’être tout entier, qui inclut le corps physique, la posture juste et une parfaite stabilité. L’immobilité joue donc un rôle essentiel dans cet apprentissage, car elle nous laisse la possibilité de faire, comme l’a écrit Shantideva, «l’expérience de l’immensité de l’immobilité».