mardi 16 octobre 2018

• Conscience prânique et rencontre de la Présence



Voir aussi ce lien sur une autre retraite de 21 jours.
Interview Sud Radio
Interview RFO

vendredi 12 octobre 2018

jeudi 11 octobre 2018

• L'amour c'est "ce" qui regarde - Alain Leprevost

Vous trouverez dans cette vidéo le témoignage d'Alain Leprevost qui, en 2015, a vécu une expérience d'éveil spontané.
Il nous explique ici son vécu, ainsi que le processus d'intégration de l'expérience qui a suivi.

Retrouvez-le sur son site Internet : http://alain-leprevost.fr



mercredi 10 octobre 2018

• Vous êtes ce qui est conscient de ce moi - Charles Coutarel


Faites l'expérience maintenant, n'y pensez pas, ramenez votre attention consciemment et délibérément sur ce "point" ou "espace" de conscience en vous... retournez votre attention vers la conscience elle-même...  ici, maintenant, dans l'expérience directe, trouvez-vous ce "moi" ?... Trouvez-vous ces questions ?...

Nous nourrissons inconsciemment et systématiquement cette idée de nous-même, ce "moi" imaginé et toutes ses identifications et revendications... Il faut bien en faire le constat, en direct, et de là vous commencez à rentrer dans un vivre, dans un "nourrir" conscient. C'est tout. Que nourrissez-vous ?... voyez-le simplement.

Bien sûr ce moi va dire "oui mais"... il discute, c'est sa sauvegarde d'identité, de croyance... Vous êtes ce qui est conscient de ce moi, et de tout le reste, vous êtes avant. Voyez-le... et prenez acte... ou pas... Le "moi" se fait passer pour une victime... c'est juste une fausse identification à laquelle faute de mieux, par défaut, vous vous êtes innocemment identifié. 

lundi 8 octobre 2018

• Il savait que "non-dualité" ne signifie pas "contre la dualité" - Jeff Foster


J’aime Nisargadatta Maharaj. C’était un père de famille remarquablement simple, modeste et sans prétention. Il ne prétendait pas avoir échappé à son humanité, l’avoir gommée ou "transcendée" (quel mot !). 
Il avait une dépendance à la cigarette et est mort d’un cancer de la gorge. Dans son humanité, il n’a jamais prétendu être "parfait" – et en cela réside sa perfection. 
De son vivant, il a souvent admis qu’il était toujours confronté à des remises en question, même si sa capacité de les traiter était infinie. 
Il comprenait profondément le paradoxe d’être à la fois absolument humain et absolue conscience, à la fois une unique vague dans l’Océan et l’Océan entier lui-même. Il n’utilisait pas sa (notre) divinité comme un prétexte pour nier, cacher, effacer ou se moquer de son (notre) humanité.
Il savait que "non-dualité" ne signifie pas "contre la dualité".

Quelqu’un :
"N’avez-vous aucun problème ?"

Nisargadatta Maharaj :
"J’AI des problèmes. 
Je vous l’ai déjà dit. Etre, exister, avec un nom et une forme est douloureux !
Pourtant, j’aime ça. 
Dans l’existence, tout est contenu. Ma nature même est d’aimer. 
Même ce qui est douloureux est aimable.”
.......
"Oui, à l’occasion, une vieille réaction – émotionnelle ou mentale – vient à l’esprit, mais elle est tout de suite remarquée et écartée…"

Jeff Foster

lundi 24 septembre 2018

• La réalité primordiale surgit d’elle-même, sans effort - Colette Poggi


Ce livre invite à un cheminement en compagnie de sept sages qui vécurent entre le IXe et le XIVe siècle au Cachemire. Une conviction inébranlable réunit ces sept âmes : seule l’expérience vivante, enracinée dans la source du « je suis » ouvre à la connaissance véritable et à la délivrance.
Ces maîtres exposent, chacun avec leur originalité propre, l’essence du shivaïsme du Cachemire, héritier des grands Tantra non-dualistes. Ils abordent le thème de la Réalité ultime, faite de Conscience et d’Energie infinies, présente au cœur de la vie divine, du monde et de l’être humain. Perçue depuis des millénaires par les shivaïtes comme une force vibrante se renouvelant à tout instant, cette réalité primordiale est symbolisée par Shiva-Natarâja, Seigneur de la Danse cosmique.
Pour Abhinavagupta ou Lallâ, cette vie universelle nous traverse sans cesse et anime toute chose, esprit ou matière. Dès Vasugupta apparaît l’intuition fondamentale de la Vibration cosmique (spanda) comme essence de la réalité en son aspect dynamique, vie de la conscience, présente au cœur de chaque être vivant.
Il découle de ces paroles transmises de maître à disciple, une vision originale de la vie et de l’univers car, à la différence de l’Advaita-Vedānta de Shankara et des thèses bouddhistes, le Shivaïsme du Cachemire considère le monde comme réel et l’être humain apte à vivre cet éveil au cœur de la vie quotidienne. Pour peu que s’évanouisse en lui l’indolence, que fondent les cuirasses, il retrouvera l’acuité de la conscience et sa liberté native.
Cette approche, bien que lointaine dans le temps et l’espace, demeure d’une actualité déconcertante et vient éclairer notre présent. Elle incite à reconnaître, d’une part, l’unité sous- jacente de l’univers, d’autre part, l’infinie liberté créatrice inhérente à la conscience.
En cela elle s’offre comme une invitation à inventer, ou à réinventer, notre propre vie.

Colette Poggi, indianiste, sanskritiste, docteur en études Germaniques et en Philosophie comparée, enseigne le sanskrit ainsi que la pensée religieuse et philosophique de l’Inde dans divers centres universitaires et culturels. Son domaine de recherches concerne le Shivaîsme du Cachemire dont elle traduit les textes sources. Elle a publiée plusieurs livres dont Les œuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias L'Originel

La suprême réalité

Tout d’abord, au niveau suprême ne règne que la Conscience absolue cit parfaitement libre, paisible et pure, tandis que caitanya, conscience plénière, intègre toutes les ondes de l’océan-conscience. Ainsi, la pure conscience (cit) dénuée d’objet, est-elle désignée comme l’absolu, l’originel, la dimension en laquelle tout phénomène éclot, vit et se résorbe. Elle est symbolisée par Śiva non distinct de son Énergie, Śakti, potentialité infinie, qui danse l’univers en son aspect de Seigneur de la Danse cosmique Śiva-Naṭarāja. Mais lorsqu’elle intègre l’univers, elle est nommée caitanya conscience en sa plénitude. Au niveau humain, il en va de même, ces modalités sont immanentes en toute conscience individuelle, mais oubliées, en latence.
Cit, terme sanskrit féminin, suggère selon son étymologie l’acte qui accueille, recueille, vibrant toujours au présent ; la conscience cit lie, relie, proche en cela du logos dont la racine verbale legein signifie également rassembler, cueillir, choisir. Cette présence vivante, aux sources de l’être, rime avec originel, primordial, infini, éternel, elle est parfaitement non duelle, sans origine, aussi vaste que l’espace irradiant, kāśa, lit-on dans les Upaniad. Faire l’expérience directe de cette source sans cesse jaillissante conduit au seuil de l’éveil ; il s’agit ensuite d’y demeurer sans faillir.
Quant à la conscience empirique citta, elle est, dans cette doctrine, une simple transformation de cit. Rivée aux objets physiques ou mentaux, cette forme de l’esprit est toujours reliée au passé car soumise à l’enchaînement inexorable action-réaction. Il s’agit de la conscience ordinaire, confinée dans les étroites limites du moi et de ses carapaces mentales, en tout point opposée à la vivante et fluide conscience du « cœur », ouverte et toujours nouvelle.
La conscience présente deux aspects indissociables : lumière et énergie prakāśa-vimara. Avec prakāśa sont évoqués à la fois l’espace kāśa lumineux (du fait de la racine KĀŚ briller resplendir - en tous sens), inaltérable, naturel, et la lumière, originelle, irradiante (pra- vers). L’espace se dévoile sitôt la lumière apparue, de même le monde nous apparaît sitôt que brille la conscience. Dans cet imaginaire, la lumière ne fait qu’un l’espace infini, irradiant, en lequel tout phénomène est accueilli. L’aspect vimara correspond à l’énergie de la prise de conscience, soit l’aspect dynamique et créatif de l’acte cognitif.
Pour Vasugupta et tous les shivaïtes de sa lignée qui lui succèderont, la vibration spanda constitue la nature véritable de la lumière-énergie consciente. Imperceptible, cette pulsation sans origine tisse et sous-tend inlassablement la trame cosmique. En sa plus haute fréquence, elle est conscience pure, plus relâchée elle devient pensée puis matière mais jamais ne déserte aucun aspect de la manifestation, même s’il semble inerte. La vibration universelle suscite l’univers entier en elle-même, à la manière d’un puissant magicien qui serait à la fois compositeur, musicien, instrument et auditeur, mais aussi silence et son, timbre, rythme, harmonie ou dysharmonie et enfin espace en lequel la musique émerge et se dissout.

Quelques termes essentiels relatifs à la réalité absolue :

- tman
Le Soi, tman, essence de l’être, est mis en lumière dans les Upaniad (VIIIe av. J.- C.). Cette dimension profonde, immanente, touche à l’universel: elle en cela supra- individuelle dans le sens où elle n’est ni limitée par un sentiment égocentré ni « encapsulée » dans la carapace individuelle. Elle est par nature non-distincte de Brahman, l’absolu. Qu’il s’agisse de l’ tman ou du Brahman, la traduction couramment utilisée d’absolu ou de soi, ne restitue pas la nuance de vie, de dynamisme, impliqué dans ces termes sanskrits. Pour brahman, la racine BH bṛṃhayati, croître, faire accroître, suggérant une arborescence infinie en laquelle viennent s’inscrire l’univers et ses formes variées.
De même, le nom masculin tman a pour racine le verbe AN, respirer, vivre, se mouvoir, ce qui met en relief l’énergie inhérente de cette réalité intime diversement appelée principe de vie, âme individuelle, essence. Dans le Shivaïsme du Cachemire, en continuité avec les antiques Upaniad ; il est conçu comme Conscience-énergie, de même nature que en sa plénitude, et de ce fait nommé « le danseur », en analogie avec Śiva-Naṭarāja. Sa nature est vie, vibration, conscience universelle.

- satt
Satt, la réalité n’est ni tangible, ni objet de pensée, cependant sans elle rien ne serait.

De même que les reflets cachent la paroi du miroir, les phénomènes du monde se mouvant sans cesse, comme des ombres sur un mur, occultent le fond qui permet leur apparition. Sat est le participe présent du verbe être en sanskrit, AS : « étant », de là : présent, réel, vrai, vertueux. Sat-texprime le fait d’être, au présent. On ne peut que s’y accorder, non pas la saisir, car elle ne peut être « objet ». C’est à partir de la conscience du Soi, ou de Soi, que se réalise cette expérience: « Tant que l’on n’a pas une parfaite conscience de Soi, le Soi non reconnu n’a pas une connaissance irrécusable des choses » rappelle Abhinavagupta dans le Kramastotra.

- sahaja,
Le spontané, sahaja, qualifie la réalité primordiale dans le sens où elle surgit d’elle-même, sans effort. Ce terme s’applique aussi à la compréhension intuitive qui permet de « reconnaître » soudain ce que l’on a toujours su, sans le savoir ! Pratyabhijñest précisément cette reprise de contact fondamentale, intuitive, de nature mystique. Les chercheurs de ces écoles cachemiriennes ont bien perçu que l’essentiel se connaît sans effort, spontanément, comme se forme un écho. Sahaja a pour corollaire nanda la félicité sans pourquoi. 

vendredi 21 septembre 2018

• L’éveil est un basculement de la conscience - Eckhart Tolle



L’éveil est un basculement de la conscience, au cours duquel la pensée et la conscience se dissocient. Chez la plupart des gens, ce basculement ne se manifeste pas sous la forme d'un événement mais d'un processus. Même les rares êtres qui connaissent un éveil soudain et puissant, apparemment irréversible, passent eux aussi par un processus au cours duquel le nouvel état de conscience se met en place graduellement et transforme tout ce qu'ils font, pour ainsi finir par faire intégralement partie de leur vie.
Dans cet état, au lieu d'être perdu dans vos pensées, vous vous reconnaissez comme étant la présence qui se trouve justement derrière les pensées. Ces dernières cessent d'être une activité autonome prenant possession de vous et régentant votre vie. Dans cet état, c'est au contraire la présence qui prend possession de la pensée. Alors, au lieu de contrôler votre vie, la pensée devient la servante de la présence. Cette présence est en fait le lien conscient que vous entretenez avec l'intelligence universelle. Cette Présence est conscience sans pensée.

mardi 11 septembre 2018

• Il n’y a en réalité pas de « moi » séparé et autonome - Séverine Millet



Qui suis-je ?
Je suis...
ce que je suis en train d’être.
Oh joie !
Quelle plénitude !
Je n’ai besoin de rien d’autre.
Je peux seulement me déposer dans l’instant et m’y donner complètement. 

Qu’est-ce qu’être heureux ? En tournant notre regard vers notre intimité et en nous ouvrant à la vie telle qu’elle se présente dans l’instant, nous découvrons que nous sommes la vie même, déjà complet, déjà comblé. La vie devient douce, intense, vibrante, tranquille et simple, au cœur de l’agitation du monde. Nous recontactons notre capacité à nous émerveiller et à aimer. Le bonheur devient alors disponible à chaque seconde.

Pour le vivre, Séverine nous convie à un véritable art d’être vivant. Elle nous invite à découvrir et habiter l’intégralité de notre être à travers la perception fine de notre corps, de nos émotions, sensations et sens. Et à investiguer notre réalité apparente et ce que nous savons de nous et de la vie, en dévoilant le fonctionnement de notre mental et de nos pensées, de nos souffrances, croyances et conditionnements limitants.

Elle nous guide en profondeur à travers la méditation assise et en mouvement, le yoga des émotions et des sens et des pratiques au quotidien et dans la nature. Toujours elle nous ramène à la plus grande pratique : notre vie quotidienne et notre humanité. Pas à pas, nous opérons ce retournement vers soi et vers cette plénitude et cette joie qui n’attendent que nous pour se révéler et se vivre.

Je partage dans cet ouvrage mon témoignage d'un chemin vers le coeur de soi-même, et vers l'instant présent, seule réalité, ainsi qu'un art d'être au monde et d'être profondément vivants et humains, bien au delà de notre histoire personnelle.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel :

Ce désir intense de me connaître, de dévoiler à mes yeux le mystère de ma propre existence et de celle du monde, m’accompagne depuis l’enfance. J’avais l’intuition que la vie recelait un grand secret à propos de moi. Dès l’âge de sept ans, j’ai commencé à questionner ma propre identité et la nature de la vie. Les questions « Qui suis-je ? » et « qu’est-ce que la vie ? », « c’est quoi être vivant ? » ont ainsi été présentes dès cet âge-là, comme une invitation impérative. Face à mon incapacité à y répondre dans l’instant, je traversais régulièrement un sentiment de profond trouble, qui a fini par se muer en tristesse. Je sentais que quelque chose me manquait profondément. Et même qu’il y avait comme un mensonge, une erreur à propos de la réalité de la vie, de ma réalité (…).
En 2012, après un long chemin de connaissance et de rencontre avec mon intimité, à travers l’exploration du corps, des émotions, des perceptions, de mon mental et de mes conditionnements, j’ai vécu une plongée plus profonde au cœur de mon être, qui a entraîné un profond changement de perspective : l’attention s’est détachée de mon histoire personnelle pour se tourner vers mon être global et authentique qui avait toujours existé sous cette histoire. J’ai alors pu voir que ce que je suis est beaucoup plus vaste qu’un mental, un corps, des émotions et mes histoires personnelles, ce que je suis sous-tend et transcende tout cela. Au delà de la fixation du mental sur une identité personnelle, il n’y a en réalité pas de « moi » séparé et autonome mais bien une conscience universelle et partagée par tous, ainsi que l’amour et la vie elle-même qui président à tout et s’expriment à travers chaque chose, chaque être vivant. Nous sommes la vie, bien avant d’être la personne que nous sommes ou croyons être. 
Le plus déroutant a été de reconnaître que je l’avais toujours su, toujours vu, mais que je l’avais juste interprété autrement, faisant de cette vie une affaire personnelle. Je ne faisais que reconnaître la pure réalité de mon être, conscience impersonnelle partagée par tous. Cette plongée à la source de l’être est un éveil à la réalité, qui s’opère par un retournement du regard intérieur vers soi-même, vers notre origine, l’essence de ce que nous sommes déjà. Lorsque nous vivons à partir uniquement de l’histoire personnelle, nous sommes simplement coupé de nous. Se reconnaître est se réunifier avec notre réalité profonde. Et nous avons la possibilité d’exprimer dans notre vie à la fois ces deux réalités - personnelle et universelle -, la première étant une expression de la seconde. 
La révélation de notre nature véritable n’est pas une ligne d’arrivée : j’avais trouvé ce que je cherchais, cela a répondu à mes questionnements d’enfant sur « que suis-je ? » et apporté un profond soulagement. Mais il me fallait intégrer cette révélation dans la moindre parcelle de mon être. Me laisser complètement être et vivre par cette réalisation. La laisser s’intégrer d’elle- même, mettre mon écoute intérieure et ma clarté au service de ce processus naturel d’intégration et apprendre à voir tout ce qui pouvait s’immiscer dans ce processus, se l’approprier et l’empêcher. 
Un profond chemin avait eu lieu avant, un nouveau chemin exigeant et beau et une nouvelle clarté sur la réalité se sont ouverts en moi.  

Site de Séverine Millet : La sève et le rien
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mercredi 5 septembre 2018

• L'espace et la conscience sont une seule et même chose - Nisargadatta Maharaj


La quête du bonheur est la cause de la souffrance… Le véritable détachement apporte la paix. L’anxiété liée à « Qu’est-ce qu’il va m’arriver » est dissoute par le détachement.
Sri Nisargadatta Maharaj

C’est véritablement une grande chance d’être en possession de ces enregistrements directs et fidèles des enseignements de Nisargadatta Maharaj. Ceux-ci sont présentés sous la forme de Nirupanas – des guidances de méditation. C’est là leurs propos et là qu’ils mènent. Les mots de Maharaj retireront toutes les couvertures intérieures et extérieures, pour ne laisser que notre Coeur le plus intime. Le caractère unique de ces Nirupanas repose sur le fait qu’ils nous sont transmis par l’expérience directe d’un maître éveillé, dans une formulation toute spontanée. Maharaj parlait le marathi, et Dinkar Kshirsagar, qui le parlait aussi, nota ses mots par écrit. Une fois traduits en anglais, ils ont été édités par Suresh Mehta. Maharaj passa près de cinquante ans à partager ses enseignements perspicaces avec les chercheurs sincères. Des personnes du monde entier vinrent à son domicile, dans une rue étroite de Bombay. Leur questionnement y trouvait une réponse appropriée à leur niveau de compréhension.
Un recueil d’entretiens de Sri Nisargadatta Maharaj, donnés sous forme d’invitations à la méditation – 140 Nirupanas – et jusque-là inédits en langue française.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Aluna

 Quand vous regardez la lune, que voyez-vous entre elle et vos yeux ? L'espace entre n'est pas vu. De la même façon, votre propre lumière, par laquelle vous regardez, n'est pas vue. L'espace et la conscience sont une seule et même chose. Votre conscience est espace.
  Dans un énoncé logique, la création se déroule ainsi : en premier apparaît la graine de conscience, avec la sensation 'Je suis', ensuite l'espace, suivi par les quatre autres éléments. Il en est ainsi. Celui qui a réalisé sa propre conscience, l'origine et la cause de celle-ci, en est le témoin. Il n'agit pas. Quand le roi est assis sur le trône, les affaires suivent leur cours, juste par sa présence. De la même façon, le témoin n'agit pas. Avec la naissance, la sensation 'Je suis' apparaît. Avant la naissance, cette sensation n'existait pas. L'énergie vitale effectue toutes les actions. Le connaisseur est antérieur au connu. (Le connaisseur signifie le Soi ou Paramatman qui est antérieur à la conscience..) Il s'agit de l'état non-manifesté. C'est la véritable nature de tout être. Celui qui réalise cet état est appelé jnani. L'ignorant associe la sensation 'Je suis' au corps, le chercheur l'associe à la conscience pure, alors que le jnani ne s'identifie à rien. Une fois écouté ceci, voyez ce qu'il en est de votre état présent. Il n'y avait pas de concepts avant la naissance, mais une paix infinie. Le concept 'Je suis' émerge à travers l'énergie de sattva guna. La conscience identifiée est appréciée uniquement par ignorance. Le chercheur l'apprécie en tant que connaissance. L'être réalisé n'est plus concerné par cette satisfaction. Celui qui connaît est antérieur à la connaissance. Il est dit que parfois un remède peut être aussi l'obstacle. Il reste encore un remède de valable pour vous, la récitation de votre mantra ; votre conscience se renforcera. Votre détermination en sera renforcée. Plus la confiance dans le Guru est grande, plus l'aboutissement est rapide. Si vous identifiez le Guru à un être humain, votre conscience vous harcellera. Celui qui suit ses recommandations en toute confiance, aura la satisfaction de la réalisation dans ce corps. Se rendre signifie abandonner la conscience identifiée au corps. Tout offrir à Brahman veut dire rester sans qualités personnelles. Agissez avec la conviction que la conscience, qui soutient l'univers dans son entier, agit à travers vous. Par vous-même, vous êtes incapable de quoi que ce soit. Toutes les actions sont supportées par la force vitale.
  Le Guru vous amène à la conscience. C'est par votre présence en tant que conscience pure que les endroits visités lors d'un pèlerinage prennent leur dimension de lieux saints. Il n'y a rien de plus sacré que la conscience. Quand vous réalisez le Soi, il n'y a rien de plus saint que vous.
Quand vous aurez saisi cela, il n'y aura plus le besoin de chercher la compagnie d'autrui. Celui qui éprouve de la fierté pour 'son' éveil est un ignorant. Qui pourrait éprouver de la fierté, quand il réalise que rien ne s'est passé ?
  L'amour implique votre besoin d'exister. L'amour est infini et illimité. La conscience a émergé en nous sans que nous en ayons connaissance. Elle est sans forme, sans caste, sans conviction. Elle est l'expression la plus pure de l'énergie vitale, ou encore la puissance de cet amour qui fait ressentir 'Je suis'. 
  Un jnani ne rentre pas en compétition. Il se tient en dehors des critiques. Ceux qui n'apprécient pas un jnani, le font par l'immaturité due à leur identification au corps. Ils ne comprennent pas ce que le jnani exprime. Par la grâce du Guru, la compréhension peut venir en un instant. Ne prêtez pas au Guru, sans qualité et sans forme, une conscience identifiée. Ce que vous entendez maintenant est le fruit de l'expérience du Soi. Ce ne sont pas des paroles rapportées. A qui appartient cette voix ? Quand a-t-elle était créée et pourquoi ?  C’est la voix du prana. Ce n'est pas votre voix. Méditez à partir de votre conscience, pas en étant identifié à votre corps. Seul l'amour se déploie à travers les trois gunas et les cinq éléments. C'est l'amour de soi.
  La dévotion au Guru vous ouvre les yeux. Ce qui est vu sans les yeux est supérieur. Avant que les yeux s'ouvrent, la lumière est d'un bleu profond. Aussitôt que les yeux s'ouvrent, elle devient transparente. Soyez fidèle au Sadguru. Ne Lui surimposez pas votre conscience identifiée. Une fois reconnue la conscience-graine, tout prend la forme d'une offrande à Brahman. (Un non-attachement aux activités quotidiennes s'en suit.) 
Qui parle ? Est-ce vous ? Le verbe appartient à l'espace. Vous êtes avant l'espace. Mon Guru avait l'habitude de dire : « peu importe l'âge que vous avez, vous êtes un enfant .» (Le corps vieillit. La conscience est toujours dans le présent, tel un nouveau-né.) Toutes sortes de pratiques existent dans le monde. Faire des actions miraculeuses à partir de pouvoirs spirituels s'apprend aussi. Je ne suis pas allé dans cette voie. J'ai uniquement étudié la nature du Soi comme enseignée par mon Guru. Comparé à la réalisation du Soi, tout le reste est insignifiant. Sans la confiance dans le Guru, vous n'aurez de cesse d'aller d'enseignants en lieux saints indéfiniment. Si vous suivez les mots de votre Guru, plus besoin d'aller chercher ailleurs. 

lundi 27 août 2018

• Dans l'instant, il n'y a de place pour personne - Malo Aguettant


En amont de tout ce qui constitue le contenu d'une existence, il y a être.
En amont de notre apparente identité, de notre nom, de notre sexe, de nos qualités et défauts, des sensations et des émotions que l'on éprouve, des pensées que l'on a, il y a être.
[...]
Pouvons-nous nous libérer de ce bruit de fond, de ce parasitage permanent, pour accéder directement à "être", c'est-à-dire à ce que nous sommes déjà ? Ou bien sommes-nous condamnés à passer notre vie entière sous hypnose, esclaves de nos émotions et de nos pensées ?
[...]
Posez la question en terme de recherche, d'efforts à fournir en vue d'un résultat, parait contradictoire avec le fait d'être, ce qui est immédiat. Certains en tirent la conclusion qu'il n'y aurait rien à faire.
Pourtant, il est indispensable de voir que cette nécessité d'une investigation sur la nature du moi s'impose dans la mesure où nous croyons à un moi autonome et séparé du monde. Il est donc très important de tenir compte de cette croyance, puisqu'elle est à l'origine de notre recherche. Aussi, il est impossible de faire l’économie de cette enquête sur le moi tant que cette croyance persiste. C'est un paradoxe inévitable à considérer. Plus nous serons authentiques avec nous-mêmes, c'est-à-dire que nous serons cohérents avec notre identification à notre moi, plus cette croyance diminuera, jusqu'à disparaître complètement. C'est grâce à une soumission rigoureuse à ce paradoxe que l'identification sera alors vue comme une illusion.

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Pour peu qu'on porte une certaine attention à nos pensées au cours d'une journée, on constate un brouhaha permanent, une foule plus ou moins chaotique d'idées qui s'entremêlent les unes avec les autres.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on n'est pas seul chez soi. Nous ne sommes cependant pas au bout de notre déconvenue. Le pire comme toujours est à venir lorsque nous croyons pouvoir intervenir dans ce chaos de pensées, soit pour les arrêter, soit au moins pour les contrôler. On s'aperçoit très vite que l'on n'a que très peu de pouvoir sur nos pensées. L'image d'un moi maître de lui-même, libre, ne dépendant de rien d'extérieur en ce qui le concerne, en prend un sérieux coup.
Alors nous cherchons à comprendre ce qui peut bien se passer dans notre tête.
On peut s'asseoir en silence pour observer ce phénomène, pour voir ce qui se passe. Mais il ne s'agit pas d'en faire une expérience particulière. On est là simplement pour voir sans chercher à changer ou à s'approprier quoi que ce soit.
Là où les choses se compliquent, c'est que lorsque l'on vient s'asseoir, on a déjà en nous l'idée qu'il faudrait faire quelque chose pour être en silence. Or, il n'y a rien de particulier à faire pour rester en silence.
Alors, on décide de ne rien faire pour rester en silence. Et là, c'est encore pire parce que c'est une idée de plus qui vient s'ajouter à la première. Et deux idées, ça fait encore plus de bruits qu'une seule. L'idée de ne rien faire pour rester en silence s'ajoute à la première idée qui était de simplement être en silence. Ce n'est pas gagné ! Mais justement il n'y a rien à gagner.
Il n'y a pas de méditation réussie ou ratée. Le drame du mental, c'est qu'il réussit à tout transformer en concept ou en stratégie en vue de changer ce qui est, même les choses les plus simples comme le fait de s'asseoir en silence.
Une méditation produit un état particulier. Mais n'importe quelle expérience peut produire un état particulier. Un café, un embouteillage, faire la queue au supermarché, écouter les informations, l'arrivée de la déclaration des impôts, un reproche ou un baiser de votre conjoint, produisent également un état particulier.
Ce dont il est question, c'est "cela" qui connaît tous ces états particuliers. Mais "cela" ne peut être connu qu'au prix de la disparition d'un moi qui le connaîtrait. Il n'y a donc personne pour connaître "cela". C'est justement parce qu'a disparu l'identification à ce qui cherche à connaître, que cela peut être réalisé.
L'ultime paradoxe, c'est que la seule chose à laquelle nous ne pouvons pas nous identifier, c'est justement notre identité. "Etre" n'est pas une identité. S'identifier revient à se reconnaître dans une forme forcément limitée. Or, "Etre" ne se situe ni dans l'espace, ni dans le temps. Ce qui est, c'est ce par quoi le temps et l'espace peuvent apparaître.

Extraits de "Rien ne manque à cet instant - Tant que vous n'y ajoutez rien". Éditions Accarias l'Originel

Vu sur le blog La Maison d'Emmanuel