mardi 18 juillet 2017

• Installer la conscience dans la Conscience elle-même - Richard Boyer


Au lieu de vivre, nous pensons à la vie. Notre attention se trouve presque continuellement hypnotisée par les points de vue que nous entretenons sur la réalité. Nous identifions ce que nous sommes essentiellement aux pensées et images que nous entretenons sur nous.
Lorsque nous arrêtons notre course effrénée vers l’avant, nous revenons à l’essence et à l’immédiateté de notre expérience humaine.
Selon le shivaïsme tantrique non-duel, chaque perception sensorielle peut devenir l’occasion d’une reconnaissance spontanée de notre vraie nature et d’une vague de joie pure, si nous l’abordons consciemment : tel est le yoga des sens.
L’univers onirique et le sommeil profond se révèlent être également, pour le yogi, des domaines d’exploration consciente extraordinaire, où les rêves lucides, les grands songes transformateurs et les absorptions en notre lumière inhérente (samadhi), fleurissent.
Dans ce livre l’auteur partage, avec un bel enthousiasme communicatif, sa propre expérience ainsi que des pratiques spécifiques concrètes, de véritables « Yoga », destinées à réaliser notre nature profonde, à percevoir intuitivement et directement la réalité et à laisser s’épanouir la conscience à travers les trois états naturels de notre expérience humaine : la veille, le rêve et le sommeil profond.
L’Être – ce que nous sommes vraiment par delà toutes les apparences – est la Conscience (la Lumière consciente selon le Shivaïsme) qui émane, éclaire et perçoit toutes les formes dans un radieux maintenant, un éternel libre présent.

« On trouvera dans ce livre une science profonde, puisée sur le sol de l’Inde, et qui est plus que jamais nécessaire aujourd’hui pour nourrir les expériences spirituelles de nos contemporains.  » José Le Roy (extrait de la préface)

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel :

Le reflux de Māyā
Asanga (4ème siècle), l’un des fondateurs de l’école Yogacara dans le bouddhisme, affirme la réalité exclusive de la conscience ; d’une manière limpide, il nous suggère :
« La conscience qui se déploie dans la naissance est nouée et entravée par la vue du soi (la personnalité), de là sa tension agitée et impuissante. On y remédie en stabilisant la conscience dans l’intériorité, ce qui revient à installer la conscience dans la Conscience elle-même ».

Bien, mais comment procéder ?
Si notre conscience perd sa lumière immédiate et sa transparence illimitée en se différenciant, se limitant, se contractant dans la conscience mentale et les perceptions de la personnalité, il suffit donc d’inverser le courant en remontant à la source de toutes les perceptions et de toutes les pensées : la conscience elle-même.
Plonger dans l’intériorité véritable qui éclaire la totalité du processus. Nous y parvenons en retournant notre attention, notre conscience perceptive, vers sa propre source. Cette source n’est pas le moi mental identifié à ses pensées, ses émotions, son corps ; elle est la conscience elle-même.
La lumière consciente qui éclaire à chaque instant la totalité de l’expérience immédiate et sensible, car ne sommes-nous pas conscients de nos perceptions et des émotions qu’elles suscitent ?
La lumière consciente qui éclaire également chacune de nos pensées – car ne sommes-nous pas conscients du processus de la pensée lorsque nous sommes attentifs - ?
Ce reflux de l’activité perceptive vers la Source Conscience donne ainsi le jour à différentes voies, que nous appelons « Yoga des Sens », Yoga que nous décrirons plus précisément dans les chapitres qui suivent.

Plongés dans la confusion, nous identifions « cela », qui perçoit, à notre moi contracté, la personnalité. Nous le faisons automatiquement, et sans nous en rendre compte nous amputons le déploiement sensoriel de sa véritable source : la Conscience.
Par manque d’attention et suite à une investigation superficielle de notre expérience immédiate, nous déconnectons l’acte perceptif de son origine et lui attribuons un centre réflecteur limité (la personnalité), réduit aux instruments sensoriels, aux différents organes de perception et d’action et à la conscience mentale qui s’en attribue alors, abusivement, la paternité.

Le grand tour de magie s’accomplit : le règne de la séparation et de la dualité se surimpose à l’ordre divin originel.
Māyā, l’ensorceleuse cosmique, se réjouit. Pour plaire à son divin époux – Śiva – et pour affirmer Sa liberté fondamentale, elle accomplit l’impossible : le sujet un et souverain s’identifie à la personnalité limitée qui se croit alors le centre terminal de la perception.

La lumière consciente, « toujours déjà là » pour reprendre la belle expression du philosophe Martin Heidegger, s’avère être le fond réellement conscient qui sous-tend l’intégralité des modalités de notre expérience humaine et de l’apparence universelle.
Ainsi, lorsque par un acte d’attention détendu nous laissons s’inverser le dynamisme de nos perceptions vers leur source véritable, celles-ci se réfléchissent naturellement dans le miroir pur et parfait de la conscience.
Les perceptions elles-mêmes se déploient alors librement et clairement, elles ne sont plus contaminées par le réflecteur mental limité et frappé du sceau de la dualité, de la séparation.
Ce qui est perçu ne quitte pas sa propre origine – la lumière consciente – et s’y épanouit librement, merveilleusement, spontanément, dans un présent théophanique hors du temps et de l’espace habituels. Les différentes perceptions sensorielles qui d’ordinaire fonctionnent sur le mode mental de façon duelle, fragmentée et génératrice de séparation « sujet / objet », se réintègrent et s’unifient en une perception désobstruée, directe, intuitive, englobant les différents sens.
Un sens originel, une « holoperception », un toucher divin incluant dans une seule prise de conscience la conscience elle-même et l’apparence, comme un Tout parfait et un.
Ce sens originel est le but secret recherché par les artistes, les poètes et les philosophes. Il s’avère également l’espace improbable et grandiose, impensable et improuvable où s’épanouissent librement le ravissement extatique, l’adoration brûlante et la paix insondable des mystiques de tous les temps.

Le maître zen Rinzaï en témoigne dans un de ses textes :

« L’esprit est sans forme et compénètre tout dans les dix directions.
Dans l’œil, on l’appelle la vue,
Dans l’oreille, l’ouïe,
Dans le nez, l’olfaction,
Dans la bouche, la conversation,
Dans les mains, la préhension,
Dans les pieds, la marche et la course.
Ce n’est foncièrement qu’un seul pur rayonnement qui, divisé,
se répartit en six sphères des sens harmonieusement unies.
Puisque l’esprit est non existant,
vous êtes libres où que vous alliez ».

Le sens originel est donc, en quelque sorte, la perception que la Totalité a d’elle-même, spontanément, dans le moment présent ; il réduit les formes et apparences innombrables en une Apparence unique et unifiée.

Il constitue l’essence la plus pure de la perception spirituelle.
Ainsi l’Apparence se déploie-t-elle en la Source. Splendeur, elle y flamboie, totalement dénudée, totalement unifiée en un jeu d’ondes pures, de pulsations dynamiques, de vibrations incluant l’essence de tous les phénomènes.
Cette Apparence est à jamais libre du temps et de l’espace. Elle s’apparaît à elle-même dans un éternel, ultime et théophanique présent, à travers une prise de conscience fulgurante, souveraine et extatique.

dimanche 25 juin 2017

• Rencontre en Présence, avec Suyin Lamour et Pierre Leré Guillemet !


Les 30 & 31 juillet 2017

Rencontre proposée par Suyin Lamour et Pierre Leré Guillemet, en Présence de Soi à Soi, chez Françoise et Dominique Michel, la Falguerolles, 11400 Les Brunels

Qui est Suyin ?

"Après 13 années de quête d'éveil suite à une illumination spontanée survenue en 2001, qui m'avait révélé la véritable nature de mon être et que je n'avais eu de cesse de chercher à retrouver depuis, j'ai réalisé en 2014 qu'il n'y a pas d'entité personnelle au centre de la psyché, pas de « moi » qui serait aux commandes de l'organisme... donc pas de « moi » qui pourrait s'éveiller (voir mon parcours).

Et cette réalisation est, en soi, un éveil à la nature impersonnelle de la Conscience, et révèle l'illusion de l'identification à un individu séparé et à un chercheur spirituel. 

Dès lors, toute la perspective de l'existence est changée, et l'attitude face à la réalité ne peut plus être la même qu'avant.

Libre de l'idée d'un « moi » qui pourrait s'éveiller et donc libre de toute attente et de toute projection de quelque chose à atteindre dans le futur, la conscience peut se tourner vers elle-même et se reconnaître dans son essence, qui est pur accueil de ce qui est dans l'instant présent. 

C'est à ces réalisations et à ce changement de perspective que j'invite désormais à travers mes écrits, mes accompagnements et mes rencontres." 

Pour suivre ses activités : http://suyin-lamour.fr/


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Qui est Pierre ?

A l'âge de 19 ans, Pierre vit une expérience spirituelle décisive qui le pousse à rechercher sans relâche l'Éveil.

L'introspection va durer 17 ans. De nombreuses rencontres, avec des sages d'orient et d'occident, et des voyages, qui vont l'amener jusqu'aux Himalayas à la rencontre de plusieurs yogis, avec lesquels il séjourne plusieurs années. 
C'est finalement à son retour en France, dans la simplicité de la vie quotidienne, que se révèle la Libération tant désirée, mettant fin à toute quête.

Depuis, Pierre partage cette Réalisation par des moments de partage sous forme de questions / réponses et des méditations guidées ou en silence. 

Pour suivre ses activités :

Extrait vidéo :

PROGRAMME DE LA RENCONTRE :

- Rencontres / Satsangs de 10h à 12h et de 16h à 18h (dimanche et lundi).
- Méditations (selon l'élan du moment).
- Musiques et chants en soirée (vous pouvez amener vos instruments).
- Yoga en plein air (facultatif) le lundi matin de 8h30 à 9h45 (n'oublier pas de prendre votre tapis et des vêtements confortables).
- Balades dans la nature.

TARIF : 30 € la journée, et 50 € le week-end. 
Merci d'apportez votre nourriture, pour vous-même ou à partager :-)

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS auprès de Ghislaine :
06 07 67 59 76

dimanche 21 mai 2017

lundi 8 mai 2017

• L'art de la Présence - Ginette Forget

"Nous sommes déjà, avant le personnage que l'on croit être".



Visitez le blog de Ginette Forget, artiste de la Présence.
Sa page YouTube.

Ginette est l'auteure du livre : Holos, la Présence en Soi (veuillez cliquer sur l'image pour en savoir plus) :

 « Dans ce livre, vous allez découvrir son parcours personnel qu’elle dévoile avec beaucoup d’humilité : nous comprenons peu à peu comment elle est parvenue à son état actuel d’ouverture, de présence, d’amour et de joie. Comment ses passions, ses rencontres l’ont amené de l’art vers le rebirth, vers la méditation, puis vers la naissance et la création d’Holos. » Isabelle Chalut

© Extrait publié avec l'aimable accord de Ginette : 

HOLOS, sans après…
La maturité spirituelle réside dans la décision de tout abandonner. Le renoncement est le pas final. Mais le vrai renoncement est dans la réalisation qu’il n’y a rien à abandonner, car rien ne t’appartient. Cela ressemble au sommeil profond – tu ne renonces pas à ton lit lorsque tu tombes endormi – tu ne fais que l’oublier. — Nisargadatta Maharaj

Depuis 2011, j’ai vu plusieurs personnes se transformer sous mes yeux, sans qu’elles-mêmes en aient conscience. Retrouver notre véritable nature est si subtil et naturel que nous avons l’impression d’avoir toujours été cela; c’est la grande beauté de cette approche.
En révisant ce livre, dont l’écriture s’est faite sur deux ans, je constate que je me suis transformée à mon insu. L’histoire de vie que j’y raconte ne semble même plus être tout à fait la mienne, tellement je m’en suis détachée.
Alors je ne peux que reconnaître que nous sommes constamment en mouvement; je suis en mouvement et vous aussi. Heureusement, c’est ce qui nous permet de rester dans la beauté du moment. Ce n’est pas toujours aisé d’y être. Mais oui, tout passe… Alors détendons-nous.
Le silence intérieur est devenu mon allié, de là émerge une Joie profonde. Cette joie toute simple, de vivre. Je sais que j’ai toujours été cela, que cet état m’a toujours habitée et qu’il m’habitera toujours, car c’est la nature même de l’être.
En cela, je suis. Enveloppée d’une douceur infinie, dans la conscience que la vie se vit. Oui, la Vie prend soin d’elle-même. HOLOS, sans après…. Parce que tout est là, dans l’instant, nulle part ailleurs. Marcher en conscience, Être connectée, Laisser la vie être la vie. Voilà mon moment présent. Quel est le vôtre ?

Pour commander son livre : Les Éditions du Grand Ruisseau  
Par mail : Marie-Agnès Jambard : evnh16@gmail.com

jeudi 4 mai 2017

• Ce qui percoit est notre vraie nature - Suyin Lamour



Suyin Lamour est l'auteure de deux ouvrages fondamentaux sur l'éveil : La joie d'être et La grande paix du coeur, parus aux Éditions Accarias-L'Originel.

Site de Suyin Lamour : Revenir à la source de l'Être
Suivez-là aussi sur sa chaîne YouTube 

mercredi 3 mai 2017

• La conscience est toujours là - Dayana



Bonjour Dayana.
Un soir en me levant de mon divan, la personne a disparu, il ne restait que la conscience qui prenait toute la place, mon corps apparut comme n'ayant jamais été moi, et les pensées arrivaient à l'extérieur de la conscience, je n'étais que regard, cela a duré un moment, puis tout est revenu comme avant, l'identification à la personne, ou a la pensée que je suis une personne est revenu. Bien que je ne croie plus être une personne ni que je suis ce corps, l'identification persiste. Pourquoi l'éveil ne se produit-il pas, alors que j'ai expérimenté et vu que le corps et la personne n'ont jamais existé, c'était un mirage ?

Bonjour Yves,

L'éveil est votre nature même. Il n'a pas à se produire il est et ce sans cesse. L'éveil est synonyme de conscience, il est la nature même de la conscience. Vous êtes conscience en toutes circonstances que vous le reconnaissiez (comme lors de ce moment que vous décrivez) ou pas (comme dans le cadre de l'identification). Tout ce que vous vivez se fait grâce à ce regard dont vous parlez. Regard et conscience c’est pareil. Dans le 1er cas, le regard présent se réalise du fait d'une sorte de retournement sur lui-même (facilité par le détachement du corps et des histoires qui se racontent), dans le cas de l'identification, il est toujours là car c'est aussi à partir de lui que se vit l'identification. Sans ce regard d'amont il ne serait pas possible de savoir qu'il y a identification.
La conscience est toujours là, c’est en son sein que tout se produit.
Ce qui sous tend votre question est le désir de reconnaître votre vraie nature et ce de façon permanente. Ceci est en amont de toute expérience aussi grandiose soit elle ainsi que je vous l'explique ci-dessus. L'identification n'occulte pas la conscience que vous êtes, c'est juste une expérience qui se produit au sein de la conscience.
Plutôt que de chercher la désidentification, reconnaître que la conscience-présence est toujours là et que vous êtes cela constitue la véritable libération.
Une pratique peut se mettre en place. Pour ce faire votre principal "outil" est de voir, d'écouter ce qui se vit et se passe en vous. Il s'agit d'une posture (méditation) qui n’interfère en aucune façon avec ce qui se vit mais qui le contemple sans prendre parti ou rejet pour quoique ce soit. A partir de là, petit à petit les mécanismes et fonctionnements de la personne sont mis à jours et identifiés comme étant du seul registre mental c'est à dire de la pensée. Observant cela encore plus en profondeur il est vu que ces mécanismes ne se retrouvent pas concrètement dans le vivant qui se produit toujours à l'instant. Petit à petit le discernement s'installe ouvrant les yeux sur la réalité de l'instant présent et sur le côté imaginaire de la pensée. C'est cela qui permet de "réaligner" le regard sur la véritable nature de notre être.

Ainsi en réponse à votre question : tant que des croyances semblent avoir plus d'intérêt pour soi que la simplicité de l'instant, l'expérience de ré-identification se recrée.


Vu sur le site de Dayana : Êtreté

dimanche 30 avril 2017

• Moi aussi j'ai découvert un secret de la vie - Arthur (8 ans)


Arthur, 8 ans : " Maman, moi aussi j'ai découvert un secret de la vie.
Tu es d'accord qu'à cet instant où je te parle, on ne peut pas être certains qu'on est réveillé, qu'on pourrait rêver ?
Hé bien si on est dans un rêve, 2 de nous 3 (Benjamin est là) sont imaginaires et n'existent pas et ne vivent que dans le rêve de l'autre.
Ce que je suis entrain de dire n'est peut-être pas réel, peut-être que tu me rêves mais peut-être que c'est moi qui vous rêve !
Tu ne peux donc pas être sûre d'être vivante. Peut-être que tu es juste là, dans ta propre pensée, ou dans la mienne ! Ou dans celle de Benjamin !
Et peut-être, que tous les 3 on est le rêve de quelqu'un d'autre !
Et c'est ça le mystère que je sais, c'est qu'on ne peut vraiment jamais savoir la réponse !"

Vu sur la page Facebook d'Anne-Gaëlle

« Tchouang-tseu rêva une fois qu'il était un papillon, un papillon qui voletait et voltigeait alentour, heureux de lui-même et faisant ce qui lui plaisait. Il ne savait pas qu'il était Tchouang-tseu. Soudain, il se réveilla, et il se tenait là, un Tchouang-tseu indiscutable et massif. Mais il ne savait pas s'il était Tchouang-tseu qui avait rêvé qu'il était un papillon, ou un papillon qui rêvait qu'il était Tchouang-tseu. Entre Tchouang-tseu et un papillon, il doit bien exister une différence ! C'est ce qu'on appelle la Transformation des choses. »

Tchouang-tseu, « Discours sur l'identité des choses »

mercredi 26 avril 2017

• L'esprit est conscient de lui-même - Guendune Rinpoché


Dans le courant de la méditation,
Avec le temps ne subsiste aucune différence
Entre la conscience et
Celui qui est conscient.
Le penseur et la pensée sont également
Le jeu de l'esprit.
La scission entre celui qui perçoit et ce qui est perçu,
Entre le sujet et l'objet, disparaît.
Auteur et acte
Ne sont plus différents.
Tout se passe dans l'étendue de la conscience.
L'esprit est conscient de lui-même
Et repose dans son état naturel,
Sans celui qui voit et ce qui est vu.
C'est la non-vue ;
C'est la conscience naturelle.
L'esprit est conscient,
Mais le sujet n'est plus présent.
Cela devient vraiment conscient,
Une parfaite certitude.

Une perle de plus vu sur le blog de José le Roy

lundi 24 avril 2017

• Vous êtes à la fois connaissant et présent - Rupert Spira


Q : Lorsque je cherche le “je”, la chose principale est que je ne le trouve pas.

R : Nous ne trouvons pas un objet, c’est-à-dire nous ne trouvons pas une pensée, une image, une sensation ou une perception.
Toutefois, lorsque nous disons “Lorsque je cherche le “je”...”, là, précisément, nous faisons référence au “je” qui est présent dans la recherche. Ce “je” qui cherche peut ne rien trouver, mais est néanmoins présent dans la recherche.
Imaginez que vous vous trouvez au milieu d’une pièce et essayez de faire un pas en direction de vous-même (par vous-même, je fais référence ici à votre corps). Dans quelle direction allez-vous vous tourner ? Aucune ! Tout pas serait un pas dans la mauvaise direction.
Imaginez maintenant que vous essayez de vous éloigner de vous-même. Où iriez-vous ? Où que vous alliez, vous vous trouverez présent, trop près pour être connu ou vu objectivement et pourtant présent là, au centre-même où que vous vous trouviez.
Maintenant, ayant découvert que vous êtes à la fois connaissant et présent, mais sans qualités objectives, essayez, en tant que Présence-Connaissance que vous vous savez être intimement, de bouger “hors de” ou “vers” vous-même. Où iriez-vous ? Où pourriez-vous aller ?
Voyez que la Présence-Connaissance que vous êtes, est intimement au centre ou au coeur de chaque expérience. C’est trop proche pour être connu comme un objet, mais trop intime et immédiat pour ne pas être connu.
C’est la connaissance elle-même.

Chaîne YouTube en français de Rupert Spira

vendredi 24 février 2017

• L’éveil est la qualité première et fondamentale de l’esprit - Suyin Lamour



C'est avec une immense joie qu'Éveil Impersonnel vous annonce la parution du nouveau livre de Suyin Lamour : La grande paix du coeur !

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Pour Suyin Lamour, l’éveil n’est pas quelque chose que l’on atteint, mais que l’on reconnaît. C’est l'instant où notre nature véritable se révèle, où l’on réalise que l’on est infiniment libre. Libre, et Un avec tout ce qui est. Cette réalisation dévoile la nature impersonnelle de l'existence et l'illusion de l'identification à un individu séparé.
Cependant, cet événement va déclencher par la suite tout un processus, et l’auteur nous décrit ainsi ce qui se passe après l’éveil. Ce processus va entraîner à la fois une intégration et une désintégration progressives : intégration de cette vision absolue dans un psychisme conditionné, et simultanément, désintégration des conditionnements et de l’identification. Une inversion de perspective, une véritable mue psychique qui se produit par étapes.
Cet ouvrage, qui prolonge son précédent livre La joie d’être, relate comment cette réalisation s'intègre pour l'auteur dans le quotidien et décrit les modifications profondes qu'elle induit dans sa perspective de vie.
Il n'y a plus de préférence, plus de dualité entre éveil et non-éveil, unité et dualité, absolu et relatif. Suyin se sent libre d'aimer tous les aspects de l'existence et de l'expérience humaine, des plus spirituels aux plus matériels.
Un récit truffé de conseils pratiques pour aborder le processus d'éveil à travers quelques grands thèmes principaux : l'observation, le retournement de la conscience vers elle-même, l'accueil de ce qui est, le lâcher-prise...
Un livre enrichi par un recueil de méditations guidées qui permet au lecteur de mener des auto-investigations approfondies sur sa véritable nature.
Ce qu'écrit Suyin Lamour est d’une grande fraîcheur. Un livre très intimiste, proche, où chacun pourra se reconnaître.

« Il s'agit là d'un ouvrage fondamental. Dans tous les ouvrages traitant de l'éveil spirituel qu'il m'ait été donné de lire, je ne me souviens pas avoir trouvé de descriptions aussi précises et précieuses du processus que l'on peut être amené à traverser. » (Patrice Gros, extrait de la préface)

Suyin Lamour est thérapeute et écrivain. Suite à une illumination vécue à l'âge de 28 ans, elle a fait de la dimension de l'Être le centre de son existence. Elle a publié récemment La joie d'être chez le même éditeur.

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Préface de Patrice Gros, créateur du blog Éveil Impersonnel :

En tant que créateur et responsable du blog Éveil Impersonnel, dédié aux approches non duelles sans pour autant être rattaché à une tradition spirituelle spécifique, il m’est proposé certains ouvrages de référence de la part d’éditeurs, en vue de les annoncer. Lorsque j’ai reçu La Joie d’être, le premier livre écrit par Suyin Lamour, je n’y ai pas au début spécifiquement prêté attention, me disant qu’il s’agissait d’un livre de plus traitant d’éveil et de non-dualité, dont ma bibliothèque regorge. Mais lorsque je découvris l’extrait de présentation que m’envoya Jean-Louis Accarias, des Éditions Accarias-l’Originel, je fus non seulement surpris mais immédiatement conquis.
Je lus donc cet ouvrage d’une traite, comme un roman, sans pouvoir m’en détacher, dévorant chaque ligne, vibrant à chaque page, me délectant de chaque mot. Je me suis dit : «Ce qu’écrit Suyin Lamour est absolument délicieux. Quelle fraîcheur ! Voilà enfin une personne qui parle intimement de son expérience et du processus de l’éveil. »
Quelle ne fut pas ma joie lorsque Suyin Lamour me proposa de lire le manuscrit de ce qui deviendrait une suite à La Joie d’être ! Dans cet ouvrage, je retrouve la même sensation, le même plaisir et la même intensité. On sent, une fois de plus, le verbe de l’éveil couler naturellement. Quelle clarté, quelle poésie aussi ! On y découvre chez l’auteur une nouvelle phase d’intégration et un approfondissement du processus de l’éveil.
Tout comme le premier, c’est un livre très intimiste, proche, où chacun pourra se reconnaître. La Grande Paix du cœur pourrait lui aussi être considéré comme un manuel décrivant les différentes étapes par lesquelles chacun de nous serait amené à passer. Il déconstruit certaines de nos croyances et identifications les plus solides. Il laisse enfin entrevoir les clés de la libération pour tous, et nous reconnecte, en fait, à ce que nous sommes déjà.
Pour avoir participé à certaines rencontres et certains accompagnements que propose Suyin Lamour, pour y avoir apprécié sa chaleureuse présence et la clarté de sa guidance, j’apprécie de retrouver à la fin de cet ouvrage les méditations favorisant cet indispensable « retournement de la conscience vers elle-même», et nous ramenant ainsi à notre nature originelle, qui est paix et simplicité.
L’entretien qui clôture ce livre répond, de façon pertinente, mais toujours avec douceur et compassion, aux questions que beaucoup se posent sur le processus menant à la libération et la vision non duelle en tant que telle.
Je suis très heureux que les Éditions Accarias-L’Originel mettent à la disposition des nombreux chercheurs un tel livre. Je reste persuadé qu’il s’agit là d’un ouvrage fondamental, voire indispensable, à toute personne en quête d’éveil.
Et, bien que La Grande Paix du cœur soit indépendant du premier, j’invite tous ceux qui ne l’auraient déjà fait à découvrir La Joie d’être, tant ces deux livres sont complémentaires et intimement liés.
Dans tous les ouvrages traitant de l’éveil spirituel qu’il m’ait été donné de lire, je ne me souviens pas d’avoir trouvé de descriptions aussi précises et précieuses du processus que l’on peut être amené à traverser.

Puisse le témoignage de Suyin Lamour être une source d’inspiration à tous les aspirants souhaitant reconnaître en eux la «grande paix du cœur» !

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Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel :

Une vague d’éveil des consciences déferle sur l’humanité depuis quelques années, prenant diverses formes. De nombreux témoignages se succèdent, à travers des livres ou sur internet. De plus en plus d’êtres sont pris dans ce courant et partagent, transmettent ou enseignent. Nous sommes aux balbutiements d’une ère nouvelle, nous avançons en aveugles, poussés par une force dont au fond nous ignorons tout, et nous nous guidons, nous accompagnons et nous éclairons les uns les autres, miroitants visages d’une même Conscience qui se rencontre elle-même.

Qu’est-ce que l’éveil ? Est-ce un état, une révélation, une expérience, une compréhension, un processus, un aboutissement, un commencement ?... Différentes approches et écoles existent à ce sujet depuis la nuit des temps, et certaines sont en désaccord, ce qui génère une certaine confusion. Chaque témoignage d’éveil est unique, et chaque aperçu ou moment d’éveil, chez un même être, l’est également.
Au regard de ma propre expérience, l’éveil n’est pas quelque chose que l’on atteint, mais que l’on reconnaît. C’est l’instant où notre nature véritable se révèle, où nous réalisons que nous ne sommes pas le corps matériel et l’individu limité que nous avons cru être et que l’essence de ce que nous sommes est purement spirituelle.

L’éveil est également la qualité première et fondamentale de l’esprit, c’est-à-dire une conscience d’une clarté absolue, totalement présente à elle-même et à la réalité telle qu’elle est, sans filtre, sans conditionnement et sans séparation.
Nous sommes cette pure conscience, cette êtreté, et cette pure conscience est atemporelle, impersonnelle, globale, universelle. Elle n’a ni début ni fin et ne peut ni disparaître, ni être détruite. La matière en est le reflet à travers des formes aussi variées qu’infinies. Ces formes sont changeantes, limitées et impermanentes, mais ce qui les produit, ce qui en est la source, est éternel, inaltérable, illimité.

L’éveil est le moment où cesse l’identification à la forme limitée et mortelle, et où l’on réalise que l’on est fondamentalement immortel et infiniment libre. Libre de toute définition, de tout concept, de toute représentation, de toute histoire personnelle. Libre, et Un avec tout ce qui est. Une seule et même Conscience, un seul et même Esprit qui se manifeste dans une apparente multiplicité de formes et de perceptions.
Ce moment semble se produire en un point précis dans le temps, dans l’histoire d’un individu, mais il se situe totalement hors du temps. L’individu avec sa perception temporelle disparaît, le cerveau cesse d’interpréter, il ne reste que la prise de conscience de Ce qui Est de toute éternité et qui n’est pas assujetti au temps.
Cependant, cet événement va déclencher par la suite tout un processus dans le psychisme de celui qui le vit. Rares sont ceux qui restent instantanément et définitivement dans cette perception globale et impersonnelle. Pour la plupart, la perception habituelle, « ordinaire », avec l’impression d’être un individu séparé, revient ensuite, mais toute leur vie sera profondément imprégnée de cette connaissance. Cela va modifier leurs croyances, leurs valeurs, leurs aspirations, leur façon de se situer dans le monde, leur conscience de soi.
Ce processus va entraîner à la fois une intégration et une désintégration progressives. Intégration de cette vision absolue et spirituelle dans un psychisme conditionné à croire à une réalité relative et matérielle. Et simultanément, désintégration des conditionnements, de l’identification, des croyances acquises depuis la naissance du corps physique. Une inversion de perspective, une véritable mue psychique qui se produit par étapes, et parfois douloureusement.
Il y a des moments d’extase, de paix, de joie profonde, de liberté, de clarté d’esprit, de magie, de bonheur, de plénitude. Mais aussi des phases de doute, de découragement, de perte de repères, de stagnation, d’obscurité, de régression, d’impuissance, de désespoir. Il peut se produire pendant un temps des va-et-vient entre conscience pure et identification, éveil et sommeil, libération et absorption. Et cela peut être très perturbant et entraîner une violente lutte intérieure car cela recrée une nouvelle dualité. Mais il semble que cela fasse partie du processus, pour que s’établisse peu à peu ce que les Japonais de la tradition shinto appellent «la grande paix du cœur», c’est-à-dire la reconnaissance que Ce que nous sommes n’est pas affecté par les changements d’état et ne change jamais, que Ce qui est conscient de la dualité est au-delà de toute dualité et ne connaît que l’amour et l’accueil de toute expérience.

Site de Suyin Lamour : Revenir à la source de l'Être
Chaîne YuTube de Suyin Lamour

jeudi 23 février 2017

• Le personnage n'a pas changé, mais il n'y a plus de moi dans le personnage - Marigal


Fondé sur la vision directe et des recherches scientifiques, cet ouvrage traite de l'origine et du déploiement de tous les phénomènes du monde, dont l'humain que nous sommes. De l'origine de la pensée et de la manière dont cette dernière invente le monde.

"A l'origine, il n'y a rien – aucune chose n'est"... Mais dans ce non-espace une vibration apparaît... "vibration-lumière qui se déploie et se reploie sans cesse". Lumière-vibration-énergie qui, par une accélération prodigieuse au point de paraître solide, devient l'univers, le monde animé ou inanimé, les êtres vivants.

Ce processus est vu par la vision directe – qui depuis l'origine voit le Vide, voit la mise en mouvement du Vide, voit l'interpénétration du Vide et des formes. Ainsi tout ce qui est, de quelque nature que ce soit, est le vide devenu forme, la vibration-lumière devenue matière... C'est "l'UN qui est – qui devient". C'est là "le secret du monde et de tous les phénomènes".

Ce tableau que dépeint Marigal essaie de donner forme à la vision, au sentiment profond et global de faire partie d'un même mouvement universel.

Dans cette magistrale histoire, au niveau humain, Marigal part de l'homme primitif parce qu'il n'est pas encore identifié à l'ego – et retrace le cheminement qui l'a amené à s'identifier à cette illusion. Autrement dit, il s'agit de comprendre comment l'homme qui avait tout pour être heureux s'arrange pour ne pas l'être.

Extraits choisis publiés avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'Originel

"Dès les premiers instants de ces «moments de grâce» il apparaît soudain que tout est changé, différent. Tout est net, clair, limpide, immédiat, comme si un voile avait été enlevé, comme si une vitre avait disparu... Le monde, l'univers, tous les phénomènes et les événements participent d'une même vie, d'une même substance, sans séparation, sans rupture, dans un mouvement fluide et harmonieux. L'apparence du monde n'a pas changé, mais le monde vit autrement, habité par un silence et un amour qui sont le coeur de toute chose et de toute vie. Le personnage (que nous sommes) n'a pas changé, mais il n'y a plus de moi dans le personnage, remplacé par un silence et un amour qui rayonne et chante à l'infini."

"Dans ce non-lieu de l'au-delà de toute forme «il n'y a Rien». Plus personne... plus de moi - plus d'êtres - plus de forme. L'origine du regard - la source de notre être et de Tout ce qui est - est Vide.
Dans ce néant matrice cosmique - où tout apparaît, disparait, renaît - seul CELA EST - qui EST. CELA vide de Réalité... cela vacuité porteuse de plénitude... sans référence, sans qualité, mais à la fois intrinsèquement potentiel, vivant, mouvant, créatif."

"Notre nature fondamentale - la Réalité ultime qui est en nous, qui nous habite et que nous sommes - qui est aussi l'essence intime de tous les êtres et de tous les événements - est Vide... Sans nom, elle peut être nommée l'Indicible... Sans racine, elle est l'origine de toute chose... Sans caractéristiques d'aucune sorte, c'est «Cela» - l'UN - le Tao... l'Absolu."

"D'une autre façon, cette vision de l'Un est apparue lors de certaines méditations lorsque le regard se dirigeait à la racine de lui-même, à l'origine de la vision, dans l'espace du fond sans fond de notre regard... C'est «la vision directe» de l'origine de tous les phénomènes... «la vision directe» de l'origine de «Tout ce qui Est»."

"En réitérant ces expériences avec une attention vigilante, la vision s'amplifie, s'approfondit. Mais c'est la même Réalité qui est dévoilée, toujours la même et chaque fois différente - et la même évidence qui se confirme, difficilement acceptable et pourtant indubitable."

Bienvenue sur le site de Marigal : ICI


mardi 14 février 2017

• Un espace paisible et silencieux - Thierry Janssen


La spiritualité hindoue désigne cette pure conscience d’être – le « Je suis » qui observe les agrégats de l’Ego sans s’identifier à eux – par le concept d’âtman (de atta, en pali : le souffle, le principe de vie, l’essence). Pour les hindouistes, l’âtman est le vrai Soi, le principe immortel et libre, le divin qui réside en chacun, l’âme individuelle dont la nature est, selon l’Advaita Vedanta (philosophie de la non-dualité), identique à celle du brahman – l’âme universelle, la base divine de toute existence, la Conscience infinie qui se connaît en tout ce qui existe, la Réalité ultime dont la manifestation (maya) n’est qu’une illusion, le Soi suprême qui ne peut se définir qu’en énonçant ce qu’il n’est pas (neti-neti : ni ceci, ni cela).

La spiritualité bouddhiste, de son côté, considère que l’existence d’un Soi individuel (âtman) ou d’un Soi universel et absolu (brahman) n’est pas compatible avec l’impermanence et la vacuité de tous les phénomènes. Pour les bouddhistes, tout est vacuité (synyata) ; les phénomènes sont vides de substance propre car ils ne sont jamais créés à partir de rien (ils sont toujours dépendants d’autres phénomènes ou agrégats et ils se transforment sans cesse) ; de ce fait, un phénomène, quel qu’il soit, ne peut être défini par une nature qui lui serait propre, il est défini par l’ensemble des rapports qu’il a avec les autres phénomènes (le karma – loi d’interdépendance et de causalité) ; il n’existe donc aucune âme ni aucune essence à trouver, mais la simple agrégation de phénomènes conditionnés (skandha). Dès lors, les bouddhistes parlent d’anâtman (le non-soi). Et, plutôt que d’identifier un Soi, il décrivent différents niveaux de conscience. Tout d’abord vijnana : la conscience discriminante (ou connaissance discriminante) qui fait partie des cinq agrégats (phénomènes éphémères) qui forment l’Ego, et qui se décline en six modes de connaissance : visuel, auditif, olfactif, gustatif, tactile, et intellectuel. Ensuite alayavijnana : véritable conscience intégrative (conscience réceptacle de toutes les autres), elle aussi changeante et transitoire, à la fois source et produit du karma, cause et manifestation de klistamanas (le mental souillé qui, du fait de sa croyance en l’existence d’un Ego séparé, construit un Moi à partir de la conscience intégrative). Enfin amalavijnana : la pure conscience, absolument non personnelle et non duelle, dans laquelle se fond la conscience intégrative lorsque l’Éveil se produit.

Ainsi, pour les bouddhistes, il ne peut donc y avoir d’Absolu à rechercher ou à trouver, mais simplement une conscience pure (amalavijnana) qui, au-delà du mental, s’éveille et constate la vacuité de toute chose. Pour un bon nombre de philosophes bouddhistes cette pure conscience est immuable et permanente, ni produite, ni détruite, inconditionnée, au-delà de la pensée ; totalement libre, elle observe et contient tous les phénomènes sans s’identifier à eux. La notion de brahman de l’hindouisme correspond à cette pure conscience – la conscience-source, infinie, que l’on pourrait qualifier (comme le font parfois les bouddhistes à propos d’amalavijnana) de Conscience cosmique tant elle est vaste et contient tout ce qui est créé.

La non-dualité de la pure conscience dont il est question dans l’Advaita Vedanta hindouiste se retrouve donc dans le bouddhisme (particulièrement dans le bouddhisme Mahayana dont font partie le Chan chinois, le Zen japonais et le Dzogchen tibétain ; peut-être moins clairement dans le bouddhisme Theravada répandu en Asie du Sud-Est). Elle est présente dans le taoïsme (avec les concepts tao – la « mère du monde », principe qui engendre tout ce qui existe – et wu ji – la vacuité absolue, unité primordiale, réservoir de tous les potentiels, qui se manifeste à travers la dualité yin et yang du tai ji). On la retrouve dans la plupart des enseignements ésotériques des grandes religions ; par exemple dans l’expérience des grands mystiques chrétiens (comme les Pères du désert, Jean de la Croix, Maître Eckhart), dans le soufisme, ou encore dans la Kabbale juive. Ainsi que chez bon nombre de philosophes occidentaux (notamment chez les présocratiques Héraclite et Parménide, chez les stoïciens Sénèque et Marc-Aurèle, chez le néoplatonicien Plotin, ainsi que chez Baruch Spinoza, Arthur Schopenhauer, Edmund Husserl, Martin Heidegger et Karl Jaspers).

Sans forcément aller jusqu’à l’éveil mystique qui dissout complètement l’identité de l’Ego dans la pure conscience de l’unité de ce qui est, nous pouvons tous apprendre grâce à la méditation à nous désidentifier des agrégats qui constituent le Moi. Au-delà de la confusion de nos sensations, des perturbations de nos émotions et du bavardage de nos pensées, nous découvrons alors, en nous, un espace paisible et silencieux dans lequel l’Ego se désagrège en ses multiples constituants. Du coup, nous réalisons l’impermanence et la vacuité de ce que nous croyions être nous. Nous comprenons que le « je » qui réalise cela n’est encore qu’un des agrégats qui constitue le Moi (on pourrait assimiler ce « je » à la conscience alayavijnana). Ce « je » là s’écrit avec un « j » minuscule pour souligner son impermanence ; il sent, il perçoit, il éprouve, il pense, il dit, il fait, il possède ; son identité varie en fonction de ses actions (des actions qui sont en fait des réactions conditionnées) ; il est condamné à agir (disons même : à réagir) pour perpétuer son sentiment d’exister ; il ne connaît jamais la complète tranquillité. Plus notre méditation s’approfondit, plus notre « je » devient un « Je » que nous pourrions écrire avec un « J » majuscule pour en souligner le caractère non personnel et permanent. Ce « Je » là ne pense pas qu’il est. Il est. Il est hishiryo – « au-delà de la pensée » – disent les bouddhistes zen japonais. Il est wu wei – « non-agir » – disent les taoïstes chinois. Il est non-action (en tout cas non réaction), silence et paix, infinie sérénité, vacuité absolue, source de tous les possibles, pure conscience. Il ne peut dire que « Je suis ». Il est wu ji. Il est brahman ouamalavijnana. Il est Bouddha. Il est Allah. Il est Le Caché, Celui qui n’a pas de nom. Il est Dieu. Il est Soi. Peu importe comment nous l’appelons, ce qui compte ce ne sont ni les mots ni les représentations mais l’expérience que nous en faisons.

Faire l’expérience du Soi plonge notre Ego dans un espace paisible et silencieux où il se dissout. Cela ne veut pas dire que le Moi est détruit mais simplement qu’il ne dirige plus les mouvements de notre existence. L’espace du Soi est un lieu d’acceptation totale et entière de ce qui est – un lieu d’amour inconditionnel – qui permet de contempler le Moi tout en accueillant ses différents constituants dans la conscience, sans que celle-ci ne doive s’identifier à autre chose qu’elle-même en train de contempler le Moi. C’est un espace de liberté dans le sens où les réactions conditionnées du Moi, jusqu’alors non conscientisés, ne s’enchaînent plus de façon aussi automatique et chaotique. Des actions effectuées en pleine conscience peuvent alors être posées, inspirées par le Soi (sous la forme de véritables inspirations – intuitions), dans le but de perpétuer le silence et la paix du Soi.

La pratique méditative permet de découvrir que le silence et la paix du Soi sont toujours là, accessibles à l’arrière-fond (au-delà des sensations, des émotions et des pensées), comme un noyau profond recouvert par la personnalité (bavarde et agitée) de l’individu. Nous pourrions donc parler de l’Essence de l’être dans le sens où le silence et la paix du Soi (le silence et la paix de la pure conscience non personnelle) constituent la nature première et ultime de l’être – ce qui est présent depuis le commencement et qui sera présent jusqu’à la fin mais qui ne peut être perçu que dans l’instant présent. Le mot « essence » vient de essentia en latin, qui veut dire « la nature d’une chose », un mot qui vient deessere : « être ».

Postuler que notre nature véritable est pure conscience paisible, silencieuse et non personnelle implique que cette conscience est partagée par tous les êtres humains, devenant ainsi non pas la conscience de chaque individu mais la Conscience qui se manifeste en chaque individu. Cela pourrait laisser penser que cette Conscience existe de toute éternité. En d’autres mots : parler d’essence pourrait nous obliger à soutenir la thèse de l’existence d’un monde des idées distinct du monde des sens (comme le faisait Platon) ou d’un dieu transcendant et immortel dont la substance se trouverait en chaque individu. Opter pour ce genre de thèse obligerait alors à considérer la pure conscience du Soi comme un état absolument non conditionné par le mental et totalement indépendant du fonctionnement cérébral. Quelques chercheurs qui étudient les cas de NDE (expériences proches de la mort) envisagent cette possibilité. Néanmoins, la plupart des scientifiques considèrent que le phénomène que l’on appelle « conscience » est étroitement lié au fonctionnement du cerveau.

Pour eux, l’activité cérébrale engendre plusieurs types de consciences (nous avons vu que les bouddhistes parlent de plusieurs vijnana) : une conscience perceptive et discriminante (visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile, intellctuelle) qui dit « je vois, j’entends, je sens, je goûte, je perçois, je comprends » ; une conscience intégrative des précédentes (alayavijnana) qui procure une identité à l’individu en lui permettant de se percevoir comme un Moi qui dit « je perçois, je comprends et je pense donc je suis une personne », du fait de sa croyance en l’existence d’un monde formé d’objets séparés les uns des autres (klistamanas) ; et, enfin, une conscience capable de suffisamment de recul (amalavijnana) pour, dans un premier temps, observer la conscience intégrative en train de créer le sentiment personnel d’être un Moi et, dans un second temps, générer le sentiment non personnel de l’existence d’un Soi originel et universel qui dit simplement et sereinement « Je suis conscient » et même plus simplement encore « Je suis ». Cette conscience pure n’émergerait que dans certaines conditions, soit spontanément (comme cela se produit lors d’une fulgurance de conscience ou lors de ce que l’on appelle un Éveil spontané), soit au cours d’une quête spirituelle (durant laquelle l’entraînement au calme mental et à l’amour inconditionnel prépare à un Éveil qui se produit sans que l’on cherche à l’obtenir). La pure conscience jaillirait alors au-delà du mental, totalement déconditionnée des automatismes mentaux, sans qu’il n’y ait plus d’identification à une conscience qui dirait « je suis conscient d’être ceci ou cela », pouvant seulement constater que « Je suis » (« Je suis indépendamment de ceci ou de cela). Cette pure conscience (que nous appelons aussi le Soi) ne pense pas, elle n’interprète pas, elle n’explique pas ; elle ne sait rien à propos des êtres et des choses, elle les connaît ; elle perçoit l’essence calme et paisible qui est en tout ; elle communique de Soi à Soi, dans un plan de transcendance où les notions de temps et d’espace n’ont plus lieu ; elle contemple la vacuité de tout ce qui se manifeste (elle voit que rien n’existe en dehors de l’interdépendance des phénomènes) ; elle est la vacuité absolue (l’espace paisible et silencieux qui n’est pas vide mais tongpa nyi, comme disent les Tibétains – tongpa : le vide inconcevable, nyi : la possibilité que tout peut advenir ; cette vacuité qui est un vide plein, un espace de tous les possibles, le lieu où, grâce à l’interdépendance des phénomènes, tout peut apparaître, se transformer et disparaître). Cette pure conscience non personnelle embrasse l’unité du monde, elle est « tournée vers le tout », tant à l’intérieur de l’individu qu’à l’extérieur ; elle englobe l’univers (unus en latin : un ; versus : tourné vers), elle devient universelle. Telle une lumière, elle diffuse sa sagesse à travers un bon sens relié à l’essentiel, dans le respect de l’équilibre et de l’harmonie qui permettent à la vie de se perpétuer.

Voir la totalité de ce texte sur le site de Thierry Janssen : L'école de la présence thérapeutique

vendredi 27 janvier 2017

• L'horloge intemporelle !


Entends-tu le tic-tac du maintenant ?...