jeudi 7 décembre 2017

• Témoignage d'éveil - Yves Naud

Merci pour cette bouffée d'amour et de joie partagée !



Vu sur la page Facebook Satsang - Rassemblement en Soi

"Bonjour, je découvre les merveilles de la joie, l'amour, la paix intérieure, le rire, le bonheur de l'éveil depuis quelques semaines et je désiré partager cette expérience absolument prodigieuse avec chacun d'entre vous.

C'est avec joie que je partagerai avec chacun d'entre vous mais je n'ai pas les réponses pour chacun. Je sais que les réponses sont en chacun de nous et qu'il n'y pas un chemin mais de multiples chemins pour découvrir cette voie tout comme nous sommes tous multiples et différents.

Tout ce que je vis ressens passe par le coeur, l'émotion, l'âme, le sentiment d'unité, dêtre enfin soi après autant de temps d'errance et de souffrance. L'intellect est totalement absent de cette aventure la joie, les larmes, le rire, la compassion, le calme, la paix intérieur se succède en permanence dans le moment présent, il n' y qu'ici et maintenant.

C'est la noblesse exaltée du sentiment que je perçois. La magnificence et la beauté de la nature qui se renouvelle à chaque instant et dont la beauté m’envahit en permanence dans le moment présent. Les larmes glisse et la joie me submerge devant tant de merveille. Pendant mes longues promenades en compagnie de mon fidèle compagnon je ressens avec une intensité jamais égalé l'énergie dans mes jambes, dans mon corps qui me relie à la terre, à l'univers. C'est comme une symphonie qui se renouvelle en permanence, le plaisir de respirer est si profond que j'ai parfois le sentiment que je vais défaillir. Voilà plus de deux mois que cet éveil prend vie en moi et chaque l'intensité des perception s'accroit. Vous aussi vous dormez entre deux et quatre heures par nuit. Vous ne ressentez plus l'ennui mais une profonde joie de vivre, une aptitude à la contemplation sans pareille.

Être tout, n'être qu'un ici et maintenant quelle joie, quel bonheur. Ressentir ce flot d'amour qui vous submerge et vous transcende en même temps c'est une véritable réalisation.

Vous êtes nombreux à découvrir votre vrai moi, la vraie vie, la joie, la paix , l'amour, le sentiment d'être tout et rien à la fois. L'acuité de tout vos sens qui s'accroit chaque jour qui passe, l'ancrage permanent dans le présent ici et maintenant. Les mots, leurs réponses qui viennent naturellement sans réfléchir, le son de votre voix qui change dans des tonalités plus graves. Le gout des aliments qui devient un festin permanent, les nuits de sommeil qui se limite entre deux et quatre heures maximum avec un regain d'énergie sans précédent. Un calme si intense en vous que vous êtes capable de détendre quelqu'un au téléphone de façon si profonde qu'il peut presque s'endormir. Je suis littéralement ivre de joie, je ressens l'énergie de mon corps en harmonie avec l'univers dans un élan de vie sans précédent.

Être enfin soi, découvrir la pleine conscience avoir l'esprit vide toute pensée aussi calme et tranquille qu'un lac de montagne. Avoir des envies mais ne plus ressentir le moindre manque, la moindre peur. Vivre dans la joie et l'extase permanente c'est tout simplement prodigieux.

En ce qui me concerne c'est beaucoup plus puissant qu'une simple douce joie d'être omniprésente. Je ressens un tel détachement que j'ai le sentiment que rien ne peut véritablement m'affecter pour le moment."

mardi 5 décembre 2017

• Demeure dans un esprit vaste comme le ciel (compilation/Patrice Gros)


Le ciel est Dieu perceptible aux sens.

Hermès

Développe un esprit vaste comme l'espace, où les expériences aussi bien plaisantes que déplaisantes peuvent apparaître et disparaître sans conflit, lutte ou douleur.
Demeure dans un esprit vaste comme le ciel.

Majjhima Nikaya

Comme tu le sais, le ciel est bleu, très bleu,
Et très transparent.
Il n'y a ni centre, ni limite,
Et bien vois-tu, ton esprit ressemble au ciel.

Lama Yeshe Losäl


La pratique consiste à mettre sa conscience claire dans les yeux et poser son regard dans le ciel.

Voici les instructions tirées du “Yoga de Shiva” :

L'attention dans les yeux,
Les yeux dans l'espace.
Grand ouvert,
Regard sans visage,
Transparence sans limites,
Le corps retourné Comme un gant,
L'extérieur devient l'intérieur,
Comme un ciel sans nuages. Une seule présence,
Nette et vivante.

Tel est le yoga de Shiva.


Ou encore, celles d’un texte de la tradition Dzogchen :

Place le regard dans l'espace,
droit devant toi,
sans bouger les globes occulaires,
détends ton attention pour qu'elle soit vive,
lumineuse, éveillée et embrassant la totalité.
Qu'elle soit libre de la fixation d'un observateur
ou d'une chose observée. 

La pratique :



La posture est érigée ;
Les yeux et l'esprit se fondent dans dans le ciel (l'espace).

Nous allons poser notre regard dans l’espace en face de nous et ainsi, la sagesse pourra apparaître spontanément.

On s'assied et on regarde le ciel (ou l’espace), face à nous, les yeux entrouverts, le regard légèrement dirigé vers le haut.

Posez le regard sur l'espace. Il est utile de regarder un grand vide, comme le ciel, mais on peut pratiquer même dans une petite pièce en fixant l'espace compris entre le corps et le mur. Restez stable et calme. Laissez le corps détendu. Au lieu de vous concentrer sur un point imaginaire de l'espace, laissez l'esprit s'épancher tout en maintenant une forte présence. Nous appelons cela "dissoudre l'esprit dans l'espace", ou "mêler l'esprit à l'espace".

Tenzin Wangyal Rinpoché

Nous utilisons l'espace extérieur sans nuages comme un exemple d'analogie car il est sans support : en lui, il n'y a rien sur lequel l'esprit puisse se fixer ou qu'il puisse saisir. Il est sans base, à la différence des autres éléments. Un ciel clair et pur est idéal pour la pratique. Comme il est vaste et ouvert, il est sans support pour les pensées.

La raison pour laquelle le ciel doit être clair c'est parce qu'il ne doit y avoir aucun endroit ou aucune chose sur lesquels fixer son attention. L'espace est en essence ouvert et libre.


Tulku Urgyen Rinpoche

L'espace du ciel est donc un symbole de l'immensité de notre vraie nature, au-delà de tous concepts. Par cette contemplation, notre esprit se relie à l'espace du ciel et devient de même nature spacieuse. Cette "nature du ciel" est à la fois un phénomène extérieur (l’espace face à soi), mais aussi ressentie intérieurement.
Puis, le sujet et l'objet s'unissent peu à peu, une union se produit. On en vient à réaliser qu'il n'y a plus de ciel “au dehors”, ni de relation directe avec l'extérieur. L'espace ressenti est devenu intérieur. Toutefois, à ce stade, il demeure encore une légère et subtile dualité, celle d’un sujet qui perçoit (l’observateur) séparé de l’espace qu’il ressent (l’objet de perception), mais cette séparation a tendance à se dissoudre progressivement.

Puis, si on poursuit l’observation, cet espace à l'intérieur de soi ne peut pas être localisée, on ne peut le trouver. Il y a seulement une Conscience claire. Dans cette fraîcheur, il n'y a plus de dualité aucune.
L’espace extérieur a permis de révéler l’espace intérieur, et ce dernier à dévoilé l’espace intime de notre vraie nature, une Conscience claire originelle, ouverte, sans limite, non-conditionnée, connaissante, et sans référence !


L'espace extérieur est simplement l'ouverture droit devant vous.
L'espace intérieur de l'esprit est simplement la qualité vide de votre esprit.
L'espace profond est la vacuité de la conscience non-duelle (rigpa).


Tulku Urgyen Rinpoche

Nous réalisons l’unité de ces "trois cieux" et nous reconnaissons qu’il n’y a qu’un seul espace de conscience, libre et ouvert, au sein duquel des phénomènes apparaissent, tout comme des nuages apparaissent dans le ciel sans l’affecter ni le déranger.

Selon le Yoga Vasishta, un traité Indien non-duel :

Dans ce yoga,
on pose le regard sur l'espace.

La conscience et l'espace se mélangent.
L'attention se dilate,

et l'espace de la Présence se manifeste,
comme un soleil d'amour
au cœur d'un ciel sans nuages.


L’espace, le ciel, sont un autre nom pour l’Être, le Soi, la Présence, la Conscience, la Nature originelle de l’esprit...
Le ciel extérieur est simplement une métaphore de l’espace intérieur. Ce n’est pas un “objet” à saisir. Nous contemplons l'espace (du ciel s’il fait beau, ou de la pièce si nous nous trouvons à l’intérieur) comme nous contemplerions notre visage dans un miroir. Comprenons que c’est parce qu’il y a d’abord cette dimension spacieuse à l’intérieur de la conscience que celle-ci peut alors être reconnue dans le “ciel extérieur”, qui en devient le miroir.
En réalité, la vraie nature de la conscience est au-delà de toutes notions d’extérieur ou d’intérieur, et de tout concept de séparation. Pour autant, la contemplation du ciel ou de l’espace est un moyen habile qu’utilise la Conscience pour effectuer ce retournement vers elle-même. Celui-ci n’est pas quelque chose qui peut être fait. Il se produit naturellement, pour chacun d’entre nous, car l’espace extérieur a, symboliquement, les mêmes caractéristiques que la Conscience (ouverture, vastitude, absence de limites, de forme, de temps, de durée, etc.), permettant celle-ci de se reconnaître dans son essence.

L'espace par lui-même est totalement libre. Il n'a ni centre ni limite dans aucune direction. Diriger le regard dans le coeur de l'espace vide est une aide pour expérimenter soi-même l'état de rigpa (la conscience claire non-duelle) qui est pareillement libre et omniprésent.

Tulku Urgyen Rinpoche

Toutes les pensées, la masse des nuages mentaux,
S’étant dispersés dans l’espace absolu,

Pratique en étant relaxé dans le ciel extérieur et le ciel intérieur sans tâche -
Le yoga du ciel sans effort, demeurant ou reposant dans l’état naturel.

Nyoshul Khen Rinpoché

Plutôt que plonger les yeux dans le ciel,
mettez le ciel dans vos yeux.
Et ainsi vous contemplerez votre propre immensité.

Patrice Gros

© Éveil Impersonnel

samedi 2 décembre 2017

• Sous le feu du Regard ouvert - Marion

L'éveil et après
L’éveil est un changement de perspective. 
C'est la fin de la croyance en l'existence d'un "moi" auteur.
Ce qui se présente n'apparaît donc pas à "moi" mais plutôt survient "en Moi" Conscience.

Rien dans le monde ne change, c’est la perception que nous avons de ce monde qui se modifie. Les opposés sont alors vus comme illusoires. La dualité n’est plus jugée, colorée, connotée donc souffrante, c’est simplement ce qui se produit.
Au début, j’ai été très déroutée par cette constatation. Les mots étaient vides de sens, c’est à dire qu’ils ne pouvaient plus être rattachés à aucun concept. Je comprenais bien intellectuellement toujours leur sens premier mais « je n’y avais plus accès » alors je pouvais remplacer un mot par n’importe quel autre, ce n’était pas un problème.
Après la Reconnaissance que "Je Suis cela même qui accueille tout", il y a souvent une période que l’on nomme « lune de miel » où absolument toutes les pensées sont vues dans l’instant pour ce qu’elles sont, de simples pensées. 
C’est très doux, très léger, d’une lucidité totale avec cette sensation que plus jamais aucune identification ne reviendra. Tout coule, tout s’écoule naturellement. 
Et inéluctablement, après un temps plus ou moins long, l’impression d’une identification revient. 
En réalité le « moi » n’est pas revenu, il n’a jamais existé. Simplement des pensées crues liées à des conditionnements plus profondément ancrés et jusque-là enfouis sont mises en lumière sous le feu du Regard ouvert.
Je précise que le regard n’est pas un mouvement, une action du corps mental. Il est Ce Que Je Suis, et en ce Regard toutes les illusions se résorbent.
Le regard se pose sur les conditionnements, la vision s’affine.
S’éveiller du « moi » est un début, c’est la première croyance qui s’effondre, toutes les autres ne tombent pas en même temps. Les peurs et résistances qui nous accompagnent depuis que nous sommes enfants sont souvent très profondes.

Dans mon expérience, l’effondrement de la pensée « moi » a été suivi de la vision de l’irréalité, de la transparence du monde. 
Il y a une progression dans le temps, « en apparence ». Chaque illusion, chaque croyance commence à se fissurer, ce sont comme des voiles qui se lèvent progressivement. 
Les tendances mentales latentes liées aux conditionnements du corps mental sont mises à jour et tombent d’elles-mêmes. 
« Vous êtes dans la gueule du tigre », disait Poonja.

Gratitude 

Marion

jeudi 30 novembre 2017

• Devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse - Etty Hillesum

 Il faut oublier des mots comme Dieu, la Mort, la Souffrance, l'Éternité. Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d'être.

mardi 28 novembre 2017

• Nous ne choisissons pas consciemment nos pensées ou nos sentiments


Tout le monde sait ce que c’est que d’avoir une conscience : ce sens évident de la conscience personnelle qui nous donne un sentiment de propriété et de contrôle sur les pensées, les émotions et les expériences que nous expérimentons tous les jours.

La plupart des experts dans le domaine, pensent que la conscience peut être divisée en deux parties : l’expérience de la conscience (ou la conscience personnelle) et le contenu de la conscience, incluant des éléments tels que les pensées, les croyances, les sensations, les perceptions, les intentions, les souvenirs et les émotions. Il est facile de supposer que les contenus de la conscience soient en quelque sorte choisis, provoqués ou contrôlés par notre conscience personnelle : après tout, nos pensées concernant un sujet n’existent pas tant que nous n’y pensons pas.

Mais une nouvelle recherche publiée dans Frontiers of Psychology soutient qu’il s’agit d’une erreur. L’étude suggère en effet que notre conscience personnelle ne crée pas réellement, qu’elle ne cause pas ou ne choisit pas nos croyances, nos sentiments ou nos perceptions. Au lieu de cela, les contenus de la conscience sont générés par des systèmes rapides, efficaces et non conscients de notre cerveau. Tout cela se passe sans aucune interférence de notre conscience personnelle, qui reste passive lors de ces processus.

En gros, nous ne choisissons pas consciemment nos pensées ou nos sentiments, nous en prenons conscience.

Si cela vous semble étrange, considérez comment nous nous réveillons chaque matin : nous reprenons conscience sans aucun effort chaque matin après l’avoir perdu la nuit précédente. Considérez également comment nos pensées et nos émotions (qu’elles soient bienvenues ou non) arrivent déjà formées dans notre esprit, comment les couleurs et les formes que nous voyons représentent des objets significatifs ou des visages mémorables, et tout cela sans aucun effort ou apport de notre esprit conscient.

Il faut également prendre en compte le fait que tous les processus neuropsychologiques responsables du déplacement de notre corps ou de l’utilisation des mots pour formuler des phrases ont lieu sans impliquer la conscience personnelle. Les chercheurs de l’étude suggèrent que les processus responsables de la génération du contenu de la conscience, font de même.

Notre réflexion dans le domaine a été influencée par la recherche sur les troubles neuropsychologiques et neuropsychiatriques, ainsi que par certaines études plus récentes sur les neurosciences cognitives, utilisant l’hypnose. En effet, les études exploitant l’hypnose démontrent que l’humeur, les pensées et les perceptions d’une personne, peuvent être profondément altérées par la suggestion. Lors de ces études, les participants passent par une procédure d’induction de l’hypnose, pour les aider à entrer dans un état mental concentré. Puis, des suggestions sont faites pour changer leurs perceptions et leurs expériences.

Par exemple, lors d’une étude, les chercheurs ont enregistré l’activité cérébrale des participants lorsqu’ils levaient leur bras de manière intentionnelle, quand il était soulevé par une poulie, ainsi que lorsqu’il bougeait en réponse à une suggestion hypnotique (qui suggérait qu’il était soulevé par une poulie).

Des zones similaires du cerveau étaient actives pendant le mouvement involontaire et le mouvement « étranger » suggéré, tandis que l’activité cérébrale était différente lors de l’action intentionnelle. Ainsi, la suggestion hypnotique peut être considérée comme un moyen de communiquer une idée ou une croyance qui, lorsqu’elle est acceptée, a le pouvoir de modifier les perceptions ou le comportement d’une personne.

Nous pouvons donc nous demander d’où proviennent nos pensées, nos émotions et nos perceptions. Les chercheurs soutiennent que le contenu de la conscience est un sous-ensemble des expériences, des émotions, des pensées et des croyances qui sont générées par des processus non-conscients dans le cerveau. Ce sous-ensemble prend la forme d’un récit personnel, qui est constamment mis à jour. En effet, le récit personnel existe parallèlement à notre conscience personnelle, mais celle-ci n’a aucune influence sur le premier.

Le récit personnel est important car il fournit des informations à stocker dans la mémoire autobiographique (l’histoire que nous nous racontons, à propos de nous) et nous donne à nous, êtres humains, un moyen de communiquer aux autres les choses que nous avons perçues et expérimentées. Puis ceci, à son tour, permet de générer des stratégies de survie : par exemple, en apprenant à analyser et à prédire le comportement des autres. Les compétences interpersonnelles comme celle-ci soutiennent le développement des structures sociales et culturelles, qui ont favorisé la survie du genre humain depuis des millénaires.

Ainsi, l’étude soutient le fait que c’est la capacité de communiquer le contenu de son récit personnel (et non la conscience personnelle) qui donne aux humains leur avantage évolutif unique.

Mais à quoi ça sert ?

Si l’expérience de la conscience ne confère aucun avantage particulier, son but n’est pas clair pour les scientifiques. Mais en tant qu’accompagnement passif des processus non conscients, les chercheurs ne pensent pas que les phénomènes de la conscience personnelle aient forcément un but. C’est un peu comme un arc-en-ciel : ils résultent simplement de la réflexion, de la réfraction et de la dispersion de la lumière du Soleil à travers les gouttelettes d’eau, mais aucune d’entre elles ne sert à quelque chose de particulier.

Les conclusions de l’étude soulèvent également des questions sur les notions de libre arbitre et de responsabilité personnelle. Car si notre conscience personnelle ne contrôle pas le contenu du récit personnel qui reflète nos pensées, nos sentiments, nos émotions, nos actions et nos décisions, alors à quel point sommes-nous réellement responsables de ces éléments ?

En réponse à cela, les chercheurs suggèrent que le libre arbitre et la responsabilité personnelle sont des notions qui ont été construites par la société. En tant que tels, ces éléments sont construits dans la manière dont nous voyons et nous nous comprenons nous-mêmes en tant qu’individus, et en tant qu’espèce. C’est pour cette raison qu’ils sont représentés dans les processus non-conscients qui donnent naissance à nos récits personnels, et dans la manière dont nous communiquons ces récits aux autres.

Mais ce n’est pas pour autant que nous devons nous passer des notions quotidiennes importantes telles que le libre arbitre et la responsabilité personnelle. En fait, ils sont intégrés dans le fonctionnement de nos systèmes cérébraux non conscients, gardent un but puissant dans la société et ont un impact profond sur la façon dont nous nous comprenons nous-mêmes.

Source de la traduction Française

lundi 27 novembre 2017

• Il est vu que le rêve d’être quelqu’un est comme brume au soleil - Christine Morency

 Un autre livre sur l'éveil ? Oui, sauf que celui-ci n'a rien de commun. Il ne propose aucune technique, ne présente aucune théorie ou analyse sur ce particulier non-événement qu'est l'éveil, le retournement sur soi. 
Il n'y a pas l'Absolu et quelque chose en plus qui serait à part. La seule place où il est possible de se connaitre c'est ici, au coeur de soi. Il n' y a rien à chercher en dehors, nous sommes cette conscience de soi lumineuse.
« L'absolu est ici » est une véritable plongée au cour d'un témoignage vivant de l'éveil.
Nous sommes beaucoup plus vaste qu'il n'en a l'air... Cette découverte enraye l'idée d'être une personne, défait les croyances saugrenues acquises, remet en question la totalité des concepts crus.
Christine nous montre la bonne direction : ne rien refuser de ce qui est là, même pas l'ego, mais voir au-delà.
Portée par un élan inné de justesse et d'authenticité pour elle-même, Christine Morency livre son vécu avec une audace hors du commun. Cette façon naturelle et vraie lorsqu'elle parle de son vécu de l'éveil nous porte à oser regarder en nous ce qui fait véritablement ombrage à notre réelle paix. 
L'humour dynamise son témoignage et ce livre n'en manque assurément pas, véhiculant ainsi un extraordinaire sentiment de permission inconditionnelle, celui d'être là, tel que nous sommes, authentiquement Soi.

Christine Morency est québécoise. En 2015, suite à un parcours semé d’expériences spirituelles de toutes sortes, une expérience ultime de conscience absolue surgit. La recherche spirituelle qui avait débuté 45 ans auparavant prend alors fin car une profonde reconnaissance s'installe, celle que tout a lieu ici et maintenant, qu’il n’y a nulle part à chercher, que nous sommes Cela.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias L'originel :

En mars 2015, une ultime et dernière expérience surgit. Elle demeure indescriptible pour mon mental qui doit pourtant être utilisé dans cette tentative de description. Ma fondation intérieure depuis 2010 avait changé : mon mode de fonctionnement était axé sur le Voir, un genre de geste intérieur désagrégeant la plupart des saisies que la conscience serait tentée de faire. Cette seconde expérience débuta par une banale constatation que je n’éprouvais plus ni sentiment, ni émotion, ni sensation, rien. Complètement vide. En place et lieu, il n’y avait que la conscience. En contraste avec le vide intérieur, celle-ci me paraissait immense. Si totale, entière et englobant tout, y compris la totalité de tout ce qu’il restait de moi : Le corps était un automate rempli d’énergie et réagissait comme il le pouvait. Manger-marcher-manger-marcher constituèrent les deux seules activités pendant trois jours. Le corps était souvent envahi de grandes secousses qui semblaient prendre source dans le bassin. La nuit, je restais totalement consciente bien que le corps fût en sommeil profond. Les pensées avaient totalement cessé ; il n’y avait que l’immensité de la conscience. Puis, je ne sais comment expliquer ce mystère, la conscience remonta à sa source et se noya dans l’Absolu non manifesté. Un « endroit » sans lieu, sans temps, matériellement indescriptible, un lieu inexistant d’où tout surgit, le monde, les expériences et le fait même d’être sur terre. 
Je découvris que ma véritable nature est à jamais non manifestée, non concrétisée, non existante et que la seule façon de tenter de se connaître en tant qu’Absolu que nous sommes était de créer un mode de perception, une conscience/monde, un monde impossible puisque naissant de la non-manifestation même, un monde pourtant tout à fait concret du fait de l’immensité et du pouvoir totalement créateur de l’Absolu. Une immense évidence remplit tout mon champ de perception : Dieu est l’Absolu non manifesté, il n’est ni quelque chose, ni quelqu’un !

Cela mit fin à la recherche du bonheur éternel, qui durait depuis quarante ans. Voyant profondément qu’il me serait à jamais impossible de trouver quelque chose d’ultime puisque la nature de toutes choses est d’être non manifeste, dans l’évidence joyeuse que tout est donné là, dans ce monde même qui est la représentation illusoirement réelle de l’Absolu.

Je suis ce que je cherchais et il est absolument impossible de trouver quoi que ce soit de nature éternelle en dehors du monde. Cela n’existe pas et n’existera jamais ! L’Absolu n’est pas ailleurs qu’ici et c’est seulement ici qu’il peut se dévoiler, se connaître, « s’exister ». La vie est totale, complète.
Le monde est ce que je suis, totalement à l’intérieur de moi. La séparation ne peut plus exister lorsqu’il est vu que « nous » sommes l’Absolu non manifesté, englobant toutes les potentialités. Nous sommes la vie dans sa totalité, parce
que « nous » sommes l’Absolu d’où tout surgit.

Une expérience pour personne 

L’expérience d’éveil surgit. Par nature totalement impersonnelle, l’expérience n’arrive pas pour la personne. C’est le mystère. L’éveil surgit en tant qu’expérience mais n’est pas une expérience au sens où nous l’entendons normalement, avec quelqu’un pour qui ça arrive. SVP, relisez cette phrase lentement jusqu’à ressentir vraiment ce qu’elle raconte.
L’expérience d’éveil surgit. Par nature totalement impersonnelle, l’expérience n’arrive pas pour la personne. C’est le mystère. L’éveil surgit en tant qu’expérience mais n’est pas une expérience au sens où nous l’entendons normalement, avec quelqu’un pour qui ça arrive.

Comment dès lors ce quelqu’un qui se croyait exister pourrait bien devenir parfait suite à l’expérience d’éveil surgie sans lui, non causée par lui ? Et naît le mythe selon lequel les « éveillés » sont parfaits parce qu’ils ont découvert quelque chose que les chercheurs, eux, cherchent toujours. Et c’est très, très difficile à comprendre, parce que le mental n’a pas ce qu’il faut pour viscéralement vivre ce mystère. L’expérience d’éveil reste innommable, indéfinissable, hors du temps et de l’espace et surtout, surtout, n’est pas quelque chose qui arrive à la personne. Et c’est cela qui est mal compris et qui engendre toutes les croyances que « les éveillés » sont parfaits, devenus des espèces de saints, n’éprouvant plus rien du haut de leur perchoir extatique.
Croire que l’éveil s’adresse à des personnes apporte automatiquement la croyance que ces mêmes personnes en sont transformées, n’agissent plus et ne vivent plus de la même manière qu’avant. C’est la plus grande méprise que je rencontre depuis que je témoigne. Je me permets, pour la justesse, d’apporter une nuance importante. Bien sûr que l’éveil change tout. Bien sûr qu’un tas de conditionnements et de croyances tombent mais ce n’est pas parce que la personne vit l’éveil, c’est simplement parce que la nature de la conscience éveillée est d’éclairer tout : les rêves, les chimères, les croyances qui sont là, incluant celle d’être quelqu’un ! Comme la conscience éclaire sans cesse le rêve d’être une personne simplement parce que sa nature est d’être éclairante, il est vu que le rêve d’être quelqu’un est comme brume au soleil… et le rêve d’être quelqu’un peut être vu encore et encore et encore. (Êtes-vous, chers chercheurs, en train de penser ! «Combien de temps cela prendra, quand est-ce que je verrai le fond du personnage une fois pour toutes et que je vais m’en débarrasser ? »). Pourquoi et pour qui serait-il souhaitable d’avoir une fin à ça ? La conscience claire, verticale, qui voit, va-t-elle faire en sorte de mettre fin complètement au rêve d’être quelqu’un ? Qui s’en soucierait ? Sûrement pas la conscience, elle ne se soucie de rien, elle éclaire de façon totalement neutre. C’est encore le rêveur, la personne qui s’accapare la nature éclairante de la conscience pour penser « je vais devenir parfait ». Mais si vous avez bien lu et senti profondément ce que je viens d’écrire plus haut, il peut naître en vous une évidence de l’ordre de « ce que je pense être comme personne ne change rien à tout ça, l’éveil n’est pas le changement ou la transformation d’une personne ».
Et lorsque les effets de l’éveil apportent une sagesse de plus en plus profonde dans l’expérience d’être quelqu’un en déconditionnant tous les aspects de la personne, c’est un mystère totalement inexplicable puisqu’il est vu en même temps qu’être une personne n’existe pas… comment pourrait-elle être dé-conditionnée ? Les enseignants qui témoignent ont, à mon sens, un rôle capital dans l’entretien de ces fausses croyances auprès de ceux qui viennent à eux. L’éveil ne peut être compris par personne, ni même par les enseignants, parce que cela n’arrive pas à une personne – c’est disons, anti-matière, anti-rêve. Et dès lors que l’enseignant ne montre qu’un côté de lui parfait, toujours à la hauteur de tout, sans plus rien éprouver, il est dans la saisie d’une croyance qu’il n’a pas encore vue en lui, celle d’être quelqu’un de spécial… Hélas, trop d’enseignants vivent cela sans même s’en rendre compte. Cette méprise arrive inévitablement ! Je n’ai vu aucun cas où l’expérience d’éveil n’a pas été saisie involontairement et inconsciemment par le personnage pour se faire croire qu’il est devenu quelque chose de génial et qu’il doit le dire et l’enseigner aux autres. Voir ce jeu de reprise du personnage est capital pour l’approfondissement de la clarté et de l’honnêteté et pour le processus de l’éveil.

De mon côté, je ne me demande plus s’il y aura une fin totale, si les conditionnements personnels et universels vont tous disparaître. Ce qui demande à être vu est vu. La conscience regarde consciemment dans toute cette humanité y compris la personne, et en même temps que ce regard change tout, cela ne change rien.

dimanche 26 novembre 2017

• C'est le moi qui disparaît - Yvan Amar


Ce n'est pas l'éveil qui arrive ou s'en va, 
c'est le moi qui disparaît ou apparaît...


samedi 25 novembre 2017

vendredi 24 novembre 2017

• L’individu ne peut pas comprendre, il peut juste s’agenouiller devant l’évidence - Lorène Vergne


Lorsque j’ai rencontré Douglas j’étais encore une teenager, j’avais juste 19 ans et la chose la plus extraordinaire est que je n’avais pas vraiment de recherche spirituelle ; Je n’avais jamais fait de Yoga, de taï Chi et encore moins de méditation. Bien sûr comme tous les adolescents j’avais quelques questions existentielles, je me posais des questions sur ma place dans la vie et je n’étais pas satisfaite par le jeu du masque. Mais je n’avais jamais clairement défini ma recherche..
En tout cas je n’étais en aucun cas une chercheuse spirituelle.
C’est donc un peu par hasard (je peux quand même mettre un nom sur ce hasard, il s’appelle José Le Roy) que je me suis retrouvée dans une petite librairie du centre de Paris , dans le Marais, à écouter les propositions de Douglas Harding. Ce jour là j’ai rencontré 2 personnes qui ont été essentielles pour moi par la suite, Douglas et Catherine Harding.
Donc j’arrive dans cette petite salle en sous sol je m’assois et douglas me demande de fermer les yeux ; Je ferme les yeux et là, pour la 1ere fois de ma vie, je perçois clairement que la nature de mon esprit est un espace ouvert, et infini. C’est pour moi un grand choc.
Et cela était présenté d’une manière si simple et si directe.
Deuxième exercice : le tube.
2eme choc : aujourd’hui encore je me souviens parfaitement de visage de la femme avec qui je suis rentrée dans le tube. A nouveau je fais une incroyable découverte absolument stupéfiante : je suis dans le visage de l’autre côté du tube. Je deviens ce visage.
En l’espace d'1/2 heure je découvre le cœur de la vie spirituelle : je suis pur espace et j’ai la possibilité de m’identifier à ce que je vois.
La grande spécificité de cette voie est qu’elle offre dès le départ une remise en cause totale de notre identité. Dès le départ elle nous fait plonger au cœur du mystère de la vie. Dès le départ j’ai gouté au mystère le plus profond décrit par la mystique. En l’espace d’une heure ; et sans préparation particulière. En étant simplement ouverte aux propositions des exercieces
Le message est incroyablement radical : il s’agit d’une remise en cause totale de notre identité mais en même temps l’expérience est très très simple. C’est le 1er paradoxe. Si je devais utiliser un adjectif pour qualifier l’expérience j’utiliserais le mot paradoxe ;
Evidemment lorsque je sors de l’atelier je suis interpellée et je m’inscris au stage d’été en Ardèche au Taillé.
Là aussi l’ambiance est d’une incroyable simplicité. Nous sommes tous assis en cerle, Douglas et catherine sont au milieu de nous. Et sur la cinquantaine de personnes présentes, il y en a peut être 30 qui vivent l’ouverture au quotidien.
Donc je passe 5 jours à pratiquer les exercices. Je suis incroyablement touchée. Alain Bayod hier racontait que sa femme l’avait vu pleurer dans sa cuisine après avoir découvert l'ouverture grâce à Douglas Harding ; moi j'ai pleuré pendant le stage. Mais je ne savais pas exactement pourquoi je pleurais, j'étais juste touchée et tellement heureuse de découvrir ce message .
Ce que j'ai remarqué c’est que la part de moi qui est touchée est une part qui m’échappe. Et c’est un deuxième paradoxe de l’expérience, dans un certain sens c’est moi qui fais les expériences mais dans un autre sens je pense c’est une part presque inconsciente de moi qui est appellée.
J’exprimerais cela en disant que les exercices ne s’adressent pas à l’individualité. L’individu ne peut pas comprendre, il peut juste s’agenouiller devant l’évidence. Les exercices s’adressent directement à la conscience universelle comme une sorte d’écho. Cela échappe au langage.
Mais bien sûr en dépit de cette intuition, pendant cette semaine au Taillé, j’avis l’impression que je n’étais pas allée au bout de l’expérience, que je n’ai pas vraiment été au bout. La semaine se termine. Je pars du Taillé avec José en voiture.
Et l’Ardèche est une région montagneuse ce qui signifie que les routes tournent dans tous les sens, montent et descendent. Je commence à avoir très mal au cœur. Nous nous arrêtons à Privas pour faire une pose. Et là au moment ou je m’assoies à la terrasse d’un café je sens quelque chose de très étrange. Sur le moment je ne reconnais pas directement l’expérience. Avec nous pendant la semaine de stage il y avait un garçon qui avait l’habitude de faire toutes sortes d’expérienes psychédéliques.
Sur le moment je me dis : ce garçon a mis du LSD dans ma boisson avant que je parte. Qu’est ce qui se passe ? Et tout à coup je réalise que je n'ai plus de tête ; elle a tout simplement disparu. L’expérience est tellement concrète, tellement kinestesique que je ne l’ai pas reconnue tout de suite !
Tout ça pour dire que le début du chemin dans la Vision Sans Tête est également la fin du chemin.
Bien sûr il y a par la suite tout un processus d’intégration.
Pour ma part cela a consisté dans un 1er temps à me détacher des effets premiers de cette découverte, à me détacher de l’étonnement et du choc du début. J’ai même associé au début les virages de l’Ardèche et le mal de cœur en voiture avec la vision de ma vraie nature ! 
Comme je suis un peu lente il m’a fallu au moins deux ans pour lacher cette idée Ce genre d’idée est en fait une défense de l’ego face à l’évidence. Les premières années j’avais la volonté de retrouver les sensations et les émotions liées à l’intensité de l’expérience ; et c’est vrai que cette vision peut être extraordinaire, c’est possible ;
Voir la beauté du monde, ressentir la présence vibrante de la conscience. Tout cela en regardant un verre d’eau. Ce sont les expériences de pic. Très souvent la littérature spirituelle présente cela comme l’aboutissement de la vie sprituelle ;
Nous connaissons tous les histoires Zen avec les descriptions de satori, mais souvent les descriptions s’arrêtent là.
Mais ce n’est que le début du chemin ;
Avant l’ouverture il y avait la vie et après l’ouverture il y a la vie.
Douglas avait l’habitude de dire que c’est essentiellement une expérience de vallée et la pratique de la voie m’a fait comprendre cela. L’ouverture est là tout le temps, avec des experiences intenses ou pas. Par contre ce qui est extraordinaire dans cette voie c’est que cette experience est donnée dès le début. Dès le début nous avons la chance immense de voir que le monde est perçu à partir d’une ouverture vide de nous-même. Et nous rentrons directement dans le mystere de la présence
Après toutes ces années de pratique je sens des changements profonds dans ma vie.
Ma relation à l’ouverture a changé. Elle est beaucoup plus sereine.
 Petit à petit différentes dimensions de la psyché se rendent à l’évidence de la présence. Le "je suis" infuse sur les expériences de la vie. 
Tout d’abord je peux parler de liberté. C’est ce qui m’apparait en 1er. L’espace de la conscience est physiquement infiniment plus grand que n’importe quel autre objet du monde. Et cela débouche sur une liberté dans l’expérience
Une liberté dans la relation. Nous sommes face à espace et non pas face à face.
Vivre à partir de ma vraie nature m’a apporté beaucoup plus de liberté.
Parce que cet espace est libre.
Beaucoup plus de sérénité. Parce que cet espace sur lequel je suis construite est serein.
Plus de créativité parce que apprendre à être à l’écoute de ses pensées c’est s’ouvrir à des solutions inédites face aux difficultés de la vie. Vivre en étant attentif à l’instant présent c’est s’ouvrir à son intuition et c’est utiliser la pensée autrement en étant plus ouvert
Beaucoup plus de simplicité car vivre à partir de cette ouverture c’est avoir un support pour échapper au mental.
La simplicité ça c’est vraiment quelque chose vers lequel j’aspire à aller.
Il y a un poème qui me touche énormément c’est la huitième élégie de Rilke. Il décrit cette vision comme étant un regard animal.
Rilke nous dit :
« De tous ses yeux la créature
voit l'Ouvert. Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons 
que par les yeux de l'animal.
Mais dès l'enfance 
on nous retourne et nous contraint à voir l'envers, 
les apparences, non l'ouvert, qui dans la vue 
de l'animal est si profond.
L’animal 
libre est toujours au-delà de sa fin: 
il va vers Dieu; et quand il marche, 
c'est dans l'éternité, comme coule une source. »

Mon objectif dans la vie est de retrouver cette simplicité animale et je sais où la trouver. Elle se trouve au dessus de nos épaules à 0 cm.
La dernière chose que je voulais partager porte encore sur le paradoxe de l’expérience : on parle souvent de désidentification.
Désidentification par rapport aux pensées, désidentification par rapport aux émotions. Dans un sens c’est vrai il y a une désidentification. Mais revenir au regard animal pour moi cela signifie également identification. L’identification je ne la perçois pas comme un obstacle. Lorsque nous sommes arrivés sur cette terre, avec notre regard de nouveau né, au contraire nous nous sommes identifiés à ce que nous voyions. A notre mère. A notre père. A ce que nous voyions autour de nous. Puis nous avons limité cette identification au petit dans le miroir. L’identification est un mouvement naturel de l’esprit humain et je pense que c’est une opportunité d’amour. Peut être que c’est finalement un mode de de relation très naturel et très ancien en nous. Quand je suis dans le tube je vois que je suis le visage de l’autre, je me reconnais en l’autre de la même façon que je me reconnais dans le miroir.