samedi 21 novembre 2009

• La fin de la recherche spirituelle - Barry Long



S’adonner à une recherche spirituelle est une perte de temps. Mais alors, toute l’existence, telle que nous avons à la vivre, est une perte de temps — jusqu’à ce que nous revenions à nos sens.

Plus nous continuons à faire des recherches, moins nous découvrirons la vérité. La vérité est dans le moment présent; et le moment présent est ce qui est. C’est-à-dire tout est dans la sensation, ce moment-ci, maintenant, dans la propre expérience de l’observateur. C’est la voie de l’ignorance que de chercher quelque chose d’autre.

Pendant que vous serez engagé dans la recherche spirituelle, vous serez détourné de ce qui est et vous entrerez dans ce que les maîtres spirituels, les bouddhistes et toutes les autres religions ont apporté. Vous entrerez dans l’espace intérieur et vous commencerez à imaginer ce qu’est Dieu, ce qu’est Jésus, ce qu’est Mahomet, ce dont a parlé Bouddha. Vous entrerez dans toutes sortes de cérémonies, de mantras et choses semblables — qui sont toutes du toc comparées à la vérité. La seule vérité est ce qui est tel que c’est, dans le moment présent : le phénomène tel qu’il est devant vous. Tout le reste vous éloigne de la vérité. Et alors, inévitablement, vous devrez souffrir et connaître la confusion et la contradiction.

Il vous a été donné de vivre pour que vous puissiez souffrir assez et traverser la perte et tous les succès et échecs, les dépressions et les confusions temporaires ; et les moments temporaires dans lesquels vous êtes dans l’état d’esprit de sentir qu’il y a un Dieu ou une vérité. Temporaires, parce que tenir la vérité comme un état ininterrompu exige que vous soyez absolument et complètement dans vos sens, dans le moment présent et à tous les instants. Vous ne pouvez accomplir cela tant que vous n’avez pas vécu et souffert suffisamment ; de sorte que finalement vous vous débarrassez de votre imagination de la vérité et vous percevez sa réalité.

Vous vous attendriez à ce qu’un maître spirituel dise qu’« il n’y a qu’une seule vérité et c’est le moment présent ». Mais je vous dis ceci : la seule vérité est d’être dans le moment présent, dans vos sens ; ce que vous voyez et que vous entendez est la vérité ; et s’il y a quoi que ce soit qui survient dans votre espace intérieur, ce n’est pas la vérité.

L’espace intérieur est le lieu où vous pensez, voulez, imaginez, souhaitez et rêvez ; où vous avez des réalisations spirituelles ; où vous réalisez Dieu, la vérité et l’amour. Tout cela arrive dans l’espace intérieur — de manière démontrable, dans votre propre expérience. Mais tout que vous êtes en train d’imaginer, que vous construisez comme une opinion, une position, n’est pas la vérité. Il n’y a pas de vérité dans l’imagination Et il n’y a pas de vérité dans les réflexions.

A l’intérieur de vous se trouve la clameur de vos émotions et l’embrouillamini de votre mental. S’il se trouvait que vous éliminiez un peu de cette confusion et de cette clameur, alors il est vrai qu’un reflet de la vérité pourrait se faire entrevoir ; et vous seriez exalté dans cet instant et vous penseriez que vous avez réalisé Dieu. Mais ce n’est qu’un reflet de Dieu. Ce n’est là qu’un éclaircissement d’une petite partie de l’intellect, qui est le reflet de Dieu dans l’existence. Un reflet de Dieu est comme un reflet dans le miroir. Est-ce vous dans le miroir ? Non, c’est votre reflet. Ainsi, un reflet de Dieu dans l’intellect n’est pas Dieu… Dieu est maintenant, en ce moment-ci, à chaque moment.

L’intellect est tout barbouillé de tout le toc que la croyance et la religion, et les espoirs et les faussetés que les maîtres ont répandus. Vous ne pouvez pas trouver la vérité tant que vous n’avez expulsé tout cela de l’intérieur de vous. Vous ne trouverez jamais l’absence, qui est l’état de vérité, tant que vous n’êtes pas capable d’être dans le moment présent — sans rien qui survienne à l’intérieur.

Dois-je rappeler aux bouddhistes ce qu’a dit le Bouddha ? « Je n’ai rien qui survienne ». Cela signifie : aucune opinion, aucune croyance, aucun mantra, aucun vouloir, aucune tentative, aucun effort, aucune clameur, aucune confusion — en tant que mode de vie.

Que pouvez-vous faire pour éliminer la clameur et la confusion ? Vous devez cesser de réfléchir à partir de vos émotions, de vos pensées, de votre mémoire. Vous devez cesser de penser, de souhaiter, de rêver alors que vous êtes éveillé. Pendant que je fais tout cela, j’existe. J’existe seulement dans le passé — en tant que réflexion à partir de ma mémoire, mes émotions ou ce que je sais. Lorsqu’il n’y a que la perception, dans le moment présent, dans les sens, je disparais. Alors, il y a l’état d’absence — aucune personne, aucun individu. Seulement ce qui est.

C’est là une négation de tout — sauf du faire. Personne sur terre ne peut cesser de faire. Le problème est seulement que je produis un « Je » pour réfléchir sur ce que je suis en train de faire. Il n’y a rien qui survienne. Mais je suis néanmoins encore en train de « faire »… L’oiseau chante et il y a les arbres, le ciel, les nuages, et tout ce dont m’informent mes sens de l’ouïe et de la vue ; c’est la seule réalité dans le moment présent.

Je ne sais pas à quelle profondeur est cette réalité à l’intérieur des sens. C’est un grand X ou autre chose que je ne puis nommer. Est-ce là tout ce que c’est ? Personne ne peut le dire. Tout ce qui en est dit est une interprétation. C’est ce qui est ici et maintenant. C’est le mystère; c’est le secret.

mercredi 18 novembre 2009

• Il n'y a personne ici - Ajahn Chah



 Un jour, quelqu’un qui venait pour la première fois au monastère Wat Nong Pah Pong, le monastère d’Ajahn Chah en Thaïlande, a demandé à Ajahn Chah qui était Ajahn Chah.

 Prenant conscience du niveau de développement spirituel de la personne, Ajahn Chah s’est lui-même montré du doigt et a répondu : « C’est moi. Je suis Ajahn Chah. »

 A une autre occasion, quelqu’un d’autre lui a posé la même question. Par contre, cette fois, voyant la capacité de son interlocuteur à comprendre le Dhamma, Ajahn Chah répondit : « Ajahn Chah ? Il n’y a pas d’Ajahn Chah. »

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Une vieille dame très pieuse arriva un jour en pèlerinage à Wat Pah Pong depuis sa province voisine. Elle dit à Ajahn Chah qu’elle ne pourrait pas rester longtemps car elle devait rentrer s’occuper de ses petits-enfants et, comme elle était âgée, elle demanda s’il pouvait lui donner un bref enseignement sur le Dhamma. Ajahn Chah lui répondit avec virulence : « Écoutez donc ! Il n’y a personne ici — que ça ! Pas de propriétaire : personne qui soit vieux, qui soit jeune, qui soit bon ou mauvais, faible ou fort. Juste ça et c’est tout — différents éléments de la nature qui suivent leur cours, tous vides. Personne qui est né et personne pour mourir ! Ceux qui parlent de naissance et de mort parlent le langage des enfants ignorants. Dans le langage du coeur, du Dhamma, il n’existe rien de tel que la naissance ou la mort ! »

 Le véritable fondement de l’enseignement est de voir le soi comme étant vide. Mais les gens viennent étudier le Dhamma pour faire grandir leur image d’eux-mêmes, ils ne veulent donc pas faire l’expérience de la souffrance ou de la difficulté. Ils veulent que tout soit agréable. Peut être veulent-ils transcender la souffrance, mais, tant qu’il y a un soi, comment peuvent-ils s’y prendre ?

 C’est tellement facile une fois que l’on a compris. Si simple et si direct ! Quand des choses agréables se présentent, comprenez qu’elles sont vides. Quand des choses désagréables se présentent, voyez qu’elles ne vous appartiennent pas ; elles passent. Ne vous liez pas à elles comme si elles étaient vous, ne vous voyez pas comme les possédant. Si vous pensez que ce papayer est à vous, pourquoi n’êtes-vous pas blessé quand on le coupe !? Si vous pouvez comprendre cela, vous êtes sur la bonne voie, la voie de l’enseignement du Bouddha, de l’enseignement qui mène à la Libération.

 Les gens n’étudient pas ce qui est au-delà du bien et du mal. C’est pourtant cela qu’il faudrait étudier. Ils disent : « Je vais être comme ceci, je vais être comme cela. » Mais jamais ils ne disent : « Je ne vais rien être du tout parce qu’en réalité il n’y a pas de ‘je’. » Cela, ils ne l’étudient pas.

 Une fois que vous comprenez le non-soi, le fardeau de la vie disparaît. Vous êtes en paix avec le monde. Quand on voit au-delà du soi, on n’est plus attaché au bonheur et on peut être vraiment heureux. Apprenez à lâcher prise sans lutter, simplement lâcher prise, pour être exactement comme vous êtes — sans saisie, sans attachement, libre.

Tous les corps se composent des quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et le feu. Quand ces éléments sont réunis pour former un corps, nous disons que c’est un corps masculin ou féminin ; nous lui attribuons un nom pour l’identifier plus facilement. Mais en réalité il n’y a personne : seulement de la terre, de l’eau, de l’air et du feu. Ne vous enthousiasmez pas pour un corps, ne soyez pas orgueilleux d’un corps. Si vous y regardez de près, vous n’y trouverez personne.

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L’un des disciples d’Ajahn Chah
essayait de débrancher un magnétophone
 quand il toucha malencontreusement un fil électrique.
 Il reçut une décharge de courant et lâcha aussitôt le fil.
 Ajahn Chah le remarqua et lui dit :
 « Oh ! Comment se fait-il que tu aies lâché si facilement ? Qui te l’a demandé ? »

Voir aussi ce lien.

Biographie d'Ajahn Chah

vendredi 13 novembre 2009

• La réalisation de notre véritable nature dépend de notre véritable nature - Monko



La réalisation de la Conscience est la seule, véritable et durable révolution. Et la seule réellement bénéfique. Mais il faut d'abord comprendre et accepter qu'aucun de nos fonctionnements habituels ,ou non-habituels, ne peuvent nous y conduire. Parce que nos fonctionnements, liés à nos conditionnements, sont l'émanation, le songe de la Conscience; et la difficulté est que nous avons la puissante habitude de prendre ces fonctionnements pour une réalité séparée: c'est par eux que nous nous définissons. Mais le songe ne peut atteindre le Réel par lui-même.

La réalisation de notre véritable nature, de notre impersonnelle Présence, est indépendante, libre des capacités de notre intellect ou de nos aptitudes mentales, de l'état du corps, des conditions "extérieures" (l'espace-et le temps- et la qualité de ce qu'il contient et dans lequel se trouve le corps mental) ou "intérieures"(le nombre ou la qualité des pensées, des émotions, des sensations corporelles, etc...). La réalisation de notre véritable nature dépend de notre véritable nature. Aucune religion, aucune voie spirituelle, aucun enseignement ne peuvent fondamentalement réaliser pour nous ce que nous sommes déjà (réaliser n'est pas inventer). La tradition est juste là pour nous aider parfois à décrypter certaines expériences et nous donner certaines clés. Mais rien ni personne ne peut ouvrir la porte de la Conscience sinon la Conscience Elle-même. Néanmoins, il nous faut être très conscients de ce qu'est la personne en nous, de ses capacités; et son accord est essentiel. La seule chose que la personne n'ait jamais à faire sur la voie est de dire oui, oui à notre profond intérêt pour ces questions, oui à la possibilité de vivre selon la Conscience et de se laisser prendre en charge...

En ce qui concerne les traditions et les pratiques: comme on l'a dit, rien de cela ne nous apportera sur un plateau le trésor dans lequel nous ne cessons de baigner. Certains s'asseoient en silence sur un coussin de méditation car c'est leur histoire de le faire; certains prient car c'est leur histoire de le faire; certains ne font rien de spécial car c'est leur histoire de le faire. (Néanmoins, méditation, prière, etc, ne sont rien de spécial!). Simplement, c'est notre trésor qui s'exprime à travers nous dans une forme particulière. Si cette expression est totalement consciente, nous pénétrons la dimension de la célébration. A la fin, la vie même est célébration, la fête de notre Liberté infinie.

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Eveillez-vous à la Vie impersonnelle ! A l'impersonnalité de la Vie. Voyez que les "mes, ma ,mon" ou les "je ceci " et "je cela" sont de trop. Ils ne sont qu'une infime partie de la vie: ne leur donnez aucune exclusivité. Laissez-vous prendre en charge, laissez-vous vous éveiller à cette dimension impersonnelle, intemporelle et totale de l'existence. En fait, la Vie ne cesse de vous inviter à cette (SA) dimension à chaque instant. La Vie s'invite à la Vie sans cesse en vous. Alors il n'y a plus de règles, plus de restrictions. La Joie est infinie. Il n'y a plus de "moi", plus de "vous". Il n'y a que la Totalité sans cesse vivante, insaisissable. Voyez-le; Soyez-la. Ne vous refusez pas l'ultime beauté de l'existence. Le sens ultime de la Vie est de l'ÊTRE, sciemment. Quittez-vous dans la confiance et la joie; et profitez sans restrictions de la Vie.

Extraits tirés du blog Propos sur la non-dualité, de Monko.

jeudi 12 novembre 2009

• L’infini ne peut se décrire dans la langue du fini - Râmakrishna



Il y avait une fois une poupée de sel qui voulut mesurer les abimes de l’océan.
Elle emporta pour cela une ligne de sonde et un plomb. Elle arriva au bord de l’eau et contempla le puissant océan qui s’étendait devant elle. Jusqu’à ce moment, elle restait toujours la même poupée de sel, et conservait son individualité propre. Mais à peine eut-elle fait un pas de plus, à peine eut-elle posé le pied dans l’eau, qu’elle ne fit plus qu’un avec l’océan.
Elle était perdue, il était impossible de la voir!

Toutes les particules de sel qui la composait s’étaient dissoutes dans l’eau de mer. Le sel dont elle était faite provenait de l’océan, et voila qu’il avait fait retour à l’océan pour s’unir de nouveau à lui.
Le « différencié » était redevenu un avec l’ « indifférencié ».
L’âme humaine est comme cette poupée de sel, l’ego est le différencié. L’absolu, le non-conditionné est l’océan salé infini, l’indifférencié.
La poupée de sel ne pouvait pas revenir expliquer la profondeur du grand océan.
Tel est le cas de celui qui a le bonheur de réaliser le Dieu absolu dans les profondeurs de l’océan qui efface toute individualité. Indifférencié comme il est, il ne peut pas ressortir des abimes pour expliquer au monde la nature du Dieu absolu et non-conditionné.

Et si jamais, par la volonté de ma Mère, il était possible à la poupée de sel de redevenir à l’état différencié, elle devrait s’exprimer en fonction du limité, dans le langage de la différenciation ; elle devrait se comporter comme un habitant du monde relatif et phénoménal. C’est pourquoi le grand mystère défie toutes les tentatives faites pour l’expliquer. L’absolu, le non-conditionné, ne peut pas être exprimé en fonction du relatif et du conditionné. L’infini ne peut se décrire dans la langue du fini.

vendredi 6 novembre 2009

• Il n'y avait 'personne' à l'intérieur de mon corps - Niina



Visitez le site de Niina

jeudi 5 novembre 2009

• Il n’y a jamais eu “quelqu’un" - Denis Marie


Denis Marie

Il est important de toujours se rappeler ceci : le principe du non-ego ne signifie pas qu'un ego existait en premier lieu, et que les bouddhistes l'ont supprimé. Cela veut dire, au contraire, qu'il n'a jamais eu d’ego à l’origine, que cet ego n'a jamais existé. Cette réalisation est appelée le «non-ego».

Sogyal Rinpoché


Comment trouver le contraire d’une chose qui n’existe pas ?
 Ce n’est pas de se convaincre que “il n’y a personne”, qui nous le rendra effectif. C’est le fait de ne pas se raconter encore “une histoire”. Il n’y a jamais eu “quelqu’un”, puisque nous parlons d’un rôle. C’est le “jeu”, c’est le fait de “se raconter” qui nous donne l’illusion d’un personnage. Ne vous racontez pas “il n’y a personne”, sinon, vous continuerez de faire exister “personne”. À l’ego, nous opposons l’idée de “non-ego”. Nous parlons également de non-esprit, de non-dualité, etc. À un premier concept, nous y associons un second. Généralement, il s’agit de son opposé, qui, paradoxalement, confirme le premier. Si la vérité est libre de la dualité, elle l’est aussi de la “non-dualité”. Elle est libre de toute catégorie. Il n’y a pas à mettre en scène une quelconque opposition, un quelconque enjeu entre une notion et son contraire.
 Le mieux, c’est de laisser tomber toute notre habitude des histoires. Ne plus les alimenter fera s’écrouler les croyances ainsi que le rôle, évitant que cette attitude ne devienne une “nouvelle histoire”.

Vu sur le site de Denis Marie, toujours aussi inspirant

Maintenant !

 

Bien que l’approche de Denis Marie ait des similitudes avec la philosophie de la non-dualité que l’on retrouve dans certaines écoles bouddhistes et dans la tradition indienne de l’Advaïta, il ne s’appuie sur aucune de ces doctrines. Pour lui, il n’y a aucune théorie à laquelle s’en remettre étant donné que toutes font appel à l’esprit. En effet, si nous ne sommes pas celui-ci, quelle nécessité y a-t-il d’y avoir recours et de les adopter. Paradoxalement, n’est-ce pas là une nouvelle façon “spirituelle” de nous maintenir en retrait du but ? Plus directement, c’est à travers le don du cœur, le fait de Voir, que nous réalisons, que nous “tombons” dans l’évidence de cette vérité. 

dimanche 1 novembre 2009

• C'est un Nagarjuna !


 Krishnamurti et Pupul Jayakar


Krishnaji eut la visite d'Anandmai Ma, qui était à ce moment-là la plus célèbre des « Mères » déifiées (ce sont des femmes qui, de leur vivant, ont transcendé le soi et sont devenues l'incarnation de Shakti, la Mère primordiale, qui est l'énergie divine). Ils se rencontrèrent dans le jardin, car la Mère ne pénétrait jamais dans une maison particulière. Elle ne parlait pas anglais, et elle s'exprima avec un interprète. Sa présence était souriante et rayonnante. Elle dit à Krishnamurti que, bien des années auparavant, elle avait vu une photographie de lui et s'était dit qu'il était un être exceptionnel. « Pourquoi ne voulez-vous pas qu'il y ait des gurus ? demanda-t-elle, vous qui êtes le Guru des Gurus... »
« On se sert des gurus comme d'une béquille », répondit-il.
« Les gens viennent par milliers pour vous écouter, insista-t-elle. Cela signifie que vous en êtes un. » Il lui tint doucement la main et ne répondit pas.

De nombreux visiteurs survinrent et se prosternèrent aux pieds de Krishnamurti et d'Anandmai Ma. Celle-ci accepta leur salut, mais Krishnaji était gêné. Comme toujours, il ne permettait pas que l'on s'incline devant lui, mais, se levant d'un bond, il touchait les pieds de celui qui demandait sa bénédiction.
Après le départ d'Anandmai Ma, Krishnaji parla d'elle avec chaleur et affection. Il y avait eu communication entre eux, même si celle-ci avait été en partie muette. Toutefois, il avait été horrifié par les femmes qui l'entouraient, qu'il avait trouvées idolâtres et hystériques.

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 L'année 1956 fut celle du Bouddha Jayanti*, et, à cette occasion, le gouvernement indien invita Sa Sainteté le Dalal Lama à venir visiter les sites sacrés du Bouddhisme. On avait demandé à Apa Sahib Pant, haut fonctionnaire des Affaires étrangères, qui était alors représentant de l'Inde au Sikkim, de l'accompagner pendant son pèlerinage. Ils voyagèrent dans un train climatisé, avec une nombreuse suite.

Chef religieux et temporel du Tibet, le Dalal Lama, âgé alors de vingt ans, était une figure mystérieuse. C'était la première fois qu'il quittait son pays, où seuls quelques lamas l'approchaient et où sa vie était soumise à un strict protocole.

Quand il arriva à Madras en décembre, Apa Sahib Pant avait proposé à cette incarnation vivante du divin de rencontrer Krishnamurti, qui se trouvait à ce moment-là à Vasant Vihar. Apa Sahib lui avait parlé de sa vie et de son enseignement extraordinaire. Le jeune moine s'était écrié : « c'est un Nagarjuna**! » et avait exprimé le vif désir de le connaître. Dans l'entourage du Dalai Lama, on considérait que cette visite était contraire au protocole, mais comme celui-ci avait insisté, la rencontre eut finalement lieu.

Selon les mots d'Apa Sahib, « Krishnaji reçut le Dalai Lama avec une grande simplicité. Nous fûmes stupéfaits de voir une sympathie magnétique s'établir aussitôt entre eux. Le Datai Lama demanda: "En quoi croyezvous?" et une conversation presque par monosyllabes s'engagea ; il y avait une communication entre eux qui se passait de discours. Le jeune Lama se sentait en terrain familier. En rentrant à la résidence du gouverneur, il confiait : "C'est une grande âme, une grande expérience pour moi." Il souhaitait avoir l'occasion de revoir Krishnamurti.

* Commémoration du 2500e anniversaire de la naissance du Bouddha.
** Sage bouddhiste du IIe siécle, qui avait enseigné la "Voie du Milieu".

Extraits de Krishnamurti, sa vie, son oeuvre, de Pupul Jayakar, Éditions L'âge du verseau

samedi 31 octobre 2009

=> Interview inédite en Français, et en image cette fois, de J. Krishnamurti


dimanche 25 octobre 2009

• De toute façon, qui est là pour atteindre quoi ? - Téndzin Palmo



«L'expérience de la béatitude n'est qu'une étape sur la voie. Le but ultime est de réaliser la nature de l'esprit.»
 Selon Téndzin Palmo, la nature de l'esprit est la conscience libérée de la dualité et des conditionnements. C'est la vacuité et la béatitude. C'est l'état de connaissance dénué de sujet connaissant. Et parvenir à cet état de connaissance n'a rien de dramatique : «C'est comme si on se réveillait pour la première fois, comme si l'on sortait d'un songe et qu'on réalisait qu'on a rêvé. C'est pour cette raison que les grands sages disent que toute chose est illusoire. Notre façon de vivre ordinaire est voilée, elle manque de clarté. C'est comme si on inspirait de l'air vicié. S'éveiller n'a rien de sensationnel. Mais c'est extrêmement authentique.

«Au début, on ne fait qu'entrevoir l'irréalité des choses. Ce n'est que le début de la voie. Il arrive souvent que les pratiquants, dès qu'ils ont fait l'expérience de cet aperçu, croient avoir tout compris et atteint le but. Mais ce n'est que lorsque vous commencez à apercevoir la nature de l'esprit que commence la méditation. Ensuite, il vous faut la stabiliser jusqu'à ce qu'elle devienne de plus en plus familière. Quand vous y êtes arrivé, il ne vous reste plus qu'à l'intégrer dans la vie de tous les jours.»

«Pour qu'une pratique, quelle qu'elle soit, soit suivie d'effets, l'esprit qui médite et l'objet de méditation doivent se fondre. Au lieu de cela, la plupart du temps, ils se font face. La transformation n'a lieu que si l'on est totalement absorbé. La présence éveillée passe automatiquement de la tête au cœur. Et lorsque cela se produit, le cœur s'ouvre et il n'y a plus de "moi". C'est un grand soulagement. Quand on apprend à vivre à partir de ce centre plutôt que de la tête, tout ce que l'on fait est spontané et juste. Ce mode de fonctionnement libère immédiatement un grand courant d'énergie, qui n'est plus obstruée, comme elle l'est d'ordinaire, par notre propre intervention mentale. On devient alors plus joyeux et plus léger dans les deux sens du terme, parce qu'on revient à la source, le cœur, plutôt que d'être en exil dans la tête. L'approche scientifique moderne a accordé une telle importance au cerveau que nous sommes complètement coupés de cette réalité du cœur. C'est pourquoi tant de gens ont l'impression que la vie est stérile et dénuée de sens.»

«La question n'est pas de savoir ce qu'on gagne, mais ce qu'on perd. Ce que vous avez à faire revient à peler un oignon, couche par couche. Ma quête était de comprendre le sens de la perfection. Maintenant, je suis consciente du fait qu'à un certain niveau de notre être, on ne s'en est jamais éloigné. Seules nos perceptions erronées nous empêchent de voir ce que nous avons vraiment en nous. Plus on devient conscient, plus on comprend qu'il n'y a rien à réaliser. Notre erreur fondamentale consiste à croire qu'il faut parvenir à un point, qu'il faut atteindre quelque chose. De toute façon, qui est là pour atteindre quoi ?»

Passages extraits de "Un ermitage dans la neige", de Vicki Mackenzie - Nil Éditions.

Voir aussi ce lien.



vendredi 23 octobre 2009

• Totalement ouverte, libre et sans limites



 Profonde, tranquille, libre de complexité,
Clarté lumineuse non composée,
Au-delà de l'esprit et des idées conceptuelles,
Telle est la profondeur de l'esprit des bouddhas.
Ici, pas la moindre chose à éliminer,
Ni rien à ajouter ;
Seulement l'immaculé
Se contemplant naturellement.

Nyoshul Khen Rinpoché


Vous pourriez alors vous demander " Mais à quoi donc ressemble cette nature de l'esprit ? " Imaginez un ciel, vide, spacieux, et pur depuis l'origine : telle est son essence. Imaginez un soleil, lumineux, sans voile et spontanément présent : telle est sa nature. Imaginez que ce soleil brille impartialement sur tout être et toute chose, rayonnant dans toutes les directions : telle est son énergie, manifestation de la compassion. Rien ne peut l'entraver, et elle pénètre toute chose.

Totalement ouverte, libre et sans limites, elle est fondamentalement si simple que rien ne peut la compliquer, si naturelle qu'elle ne peut être corrompue ni souillée, si pure qu'elle est au-delà du concept même de pureté et d'impureté. Comparer cette nature de l'esprit au ciel n'est, bien entendu, qu'une métaphore pour nous aider à imaginer son caractère illimité et universel ; la nature de bouddha possède en effet une qualité que n'a pas le ciel, celle de la clarté radieuse de la conscience pure. Comme il a été dit elle est simplement notre conscience claire, parfaite, de l'instant présent, cognitive et vide, nue et éveillée.

Le Dzogchen est l'état primordial, l'état d'éveil total qui constitue l'essence du cour de tous les bouddhas et de toutes les voies spirituelles ainsi que l'apogée de l'évolution spirituelle de tout individu. Il est le dernier et ultime enseignement de tous les bouddhas, leur essence, et mène à des expériences précises de l'état d'éveil.

Le Dzogchen est décrit en termes de « Base, Chemin, et Fruit ». La Base du Dzogchen est notre nature originelle, déjà parfaite, toujours présente, qui n'est jamais sujette à l'illusion.

Toutefois, les bouddhas ont pris un chemin et nous en avons suivi un autre. Les bouddhas reconnaissent leur nature originelle et atteignent l'éveil ; nous ne reconnaissons pas cette nature et nous nous égarons ainsi dans la confusion. Dans les enseignements, cet état de fait est appelé « Une base, deux chemins ».

Notre condition relative est telle que notre nature intrinsèque est voilée et pour nous libérer de l'illusion, nous devons pratiquer la Vue, la Méditation et l'Action c'est le Chemin du Dzogchen. Finalement, réaliser notre nature originelle, c'est atteindre la libération totale et l'éveil. Cela, c'est le Fruit du Dzogchen, dont la réalisation est vraiment possible en l'espace d'une vie pour le pratiquant qui s'y consacre de tout son cour et de tout son esprit.
 Sogyal Rinpoché

vendredi 16 octobre 2009

• L'état naturel - U. G. Krishnamurti




Qu'est-ce qui vous empêche d'être dans votre état naturel ? Vous vous éloignez constamment de vous-même. Vous voulez être heureux soit en Permanence soit au moins pour tel instant précis. Vous n'êtes pas satisfait de vos expériences quotidiennes : il vous en faut de nouvelles. Vous voulez vous « perfectionner », vous changer. Vous projetez votre effort vers la réalisation d'un personnage que vous n'êtes pas. Voilà ce qui vous éloigne de vous-même...


La société vous a présenté l'idéal d'un homme parfait. Quel que soit le milieu culturel où vous êtes né vous disposez de doctrines scripturaires et de traditions que l'on vous met en main pour vous dire comment vous comporter. Vous avez des commandements à observer, des vertus à cultiver. On vous dit qu'à la faveur d'une pratique appropriée vous pouvez même parvenir à l'état réalisé par les sages, les saints et les sauveurs de l'espèce humaine... Et vous en venez à contrôler votre comportement et vos pensées et à devenir un être « dénaturé ».


Nous vivons tous dans une « sphère mentale ». Vos pensées ne sont pas votre propriété : elles appartiennent à tout le monde. Ce ne sont que des pensées mais vous créez une contrepartie : le « penseur » qui lit chaque pensée. Votre effort pour contrôler la vie a créé un mouvement secondaire de pensée en vous et vous l'appelez « JE ». Ce mouvement de pensée en vous est parallèle au mouvement de la vie mais il en est séparé, il ne peut jamais être en contact avec la vie. Vous êtes une créature vivante et cependant vous menez votre vie entière dans le domaine de ce mouvement de pensée isolé et parallèle. Vous vous retranchez de la vie - et c'est contre-nature.


L'état naturel n'est Pas un état sans pensée : c'est là l'un des plus grands canulars perpétrés des siècles durant à l'égard de pauvres Indiens sans défense... Vous ne serez jamais sans pensée tant que le corps ne sera pas réduit à l'état de cadavre, un cadavre très mort ! Etre capable de pensée est nécessaire à la survie. Mais dans l'état naturel la pensée cesse de vous étrangler ; elle revient à son rythme naturel. Il n'existe plus de « vous » pour lire les pensées et les prendre pour les « siennes ».


Avez-vous jamais observé ce mouvement parallèle de la pensée ? Les grammaires vous diront que JE est la première personne, pronom singulier etc. mais au fond ce n'est pas là ce que vous désirez savoir. Pouvez-vous regarder cette chose que vous appelez JE : c'est une notion très évanescente : observez-la maintenant, ressentez-la, touchez-la et donnez m'en des nouvelles. Comment l'observez-vous ? Et qui est cela en train de regarder ce que vous appelez JE. C'est là le problème crucial. Celui qui observe ce que vous appelez JE est effectivement le JE. Il crée une illusoire division de lui-même entre sujet et objet et c'est cette division qui lui confère une continuité. C'est en fait une nature divisionnelle qui opère en vous dans votre conscience. La continuité de sa propre existence est tout ce qui l'intéresse. Aussi longtemps que vous voudrez comprendre ce « vous » ou le transformer en une entité spirituelle, une entité sainte, belle ou merveilleuse, ce vous va continuer. Si vous ne vous souciez pas de l'entretenir, il n'est plus là, il a disparu...


Comment comprenez-vous ce que je viens de dire ? J'ai fait cet exposé à toutes fins utiles : « Ce qui est observé n'est pas autre que celui qui observe ». Que ferez-vous pratiquement d'un tel énoncé ? Quel instrument avez-vous à votre disposition pour saisir ce non-sens, cet expose illogique, irrationnel ? Vous allez penser. Par la vole de la pensée, vous ne pourrez rien comprendre. Vous traduisez ce que j'ai dit en termes d'une connaissance que vous possédez déjà comme vous le faites d'ailleurs pour tout le reste afin d'en tirer quelque chose. Quand vous cesserez de procéder de cette manière ce que j'ai décrit sera mis en oeuvre. L'absence de toute intervention - effort pour comprendre ou pour vous transformer - est effectivement l'état d'être que j'ai décrit.


Y a-t-il un au-delà ? Parce que vous ne vous intéressez pas au quotidien ni a ce qui se passe autour de vous, vous avez inventé ce que l'on appelle l'au-delà, l'Intemporel, Dieu, la Vérité, la Réalité, Brahman, l'Illumination et que sais-je encore ? et vous êtes à la recherche de cela. Mais il se peut qu 'il n'y ait pas d'au-delà... Vous ne savez absolument rien de cet « au-delà » ; ce que vous savez, c'est ce qu'on vous a dit et c'est cette connaissance que vous projetez et c'est de cette connaissance que vous ferez l'expérience : la connaissance crée l'expérience et l'expérience vient renforcer la « connaissance ».


Ce que vous savez ne peut jamais être l'«au-delà ». Ce que vous expérimentez n'est pas l'au-delà. S'il y a un au-delà le mouvement de votre «vous » en est absent. L'absence d'un tel mouvement est probablement l'au-delà... Pourquoi essayez-vous d'expérimenter ce qui ne peut l'être ?


Vous devez toujours reconnaître ce que vous regardez, sinon vous n'êtes pas là. Dès l'instant où vous interprétez, le « vous » est là. Vous regardez un objet et vous reconnaissez qu'il s'agit d'un sac, un sac rouge. La pensée intervient dès lors dans la sensation en l'interprétant. Pourquoi intervient-elle et pouvez-vous l'empêcher : dès que vous voyez un objet un mot surgit : «sac» ou, suivant les cas : «banc», «rampe», «marche»... ou encore "l'homme aux cheveux blancs qui est assis là". Et cela tourne indéfiniment vous allez répétant tout cela à vous-même en permanence. Ou encore vous vous préoccupez d'autre chose « je vais être en retard au bureau »... Autrement dit vous pensez toujours à quelque chose qui n'a pas la moindre relation avec la manière dont vos sens fonctionnent à ce moment précis. C'est cela ou la répétition du nom de l'objet : « C'est un sac, un sac rouge », etc. Le mot « sac » vous sépare de la vision créant par là-même le « vous », sinon il n'y aurait pas d'espace entre les deux.


Chaque fois qu'une pensée nait, vous naissez. Quand elle disparait vous disparaissez. Mais le vous ne permet pas que la pensée disparaisse puisque c'est précisément le mental qui donne à ce «vous» la continuité. En réalité, il n'y a en vous aucune entité permanente, aucun bilan de vos pensées et de vos expériences. Vous croyez qu'il y a quelqu'un qui pense vos pensées, qui ressent vos sentiments : c'est une illusion, je peux vous le dire, mais ce n'est pas une illusion pour vous...


Vos émotions sont plus complexes mais c'est le même processus. Pourquoi éprouvez-vous le besoin de vous dire à vous-même que vous êtes irrité, jaloux de quelqu'un d'autre ou que le sexe vous tracasse ? (je ne parle pas ici du passage éventuel à l'action.) Il y a une sensation en vous et vous vous dites déprimé... insatisfait... bienheureux... jaloux... avide... envieux... Ces étiquettes appellent à l'existence celui qui interprète les sensations. Ce que vous appelez JE n'est autre que le mot : « sac rouge », « banc », « ampoule électrique »... « bienheureux », « jaloux », etc. Vous exigez de vos cellules cérébrales une activité inutile... en détruisant l'énergie qui est là en réserve. Cela ne sert à qu'à vous épuiser.


Cet etiquettage est nécessaire quand vous avez à communiquer avec quelqu'un d'autre ou avec vous-même mais c'est en permanence que vous communiquez avec vous-même et pourquoi ? La seule différence qui existe entre vous et la personne qui parle tout haut, c'est que vous, vous ne parlez pas tout haut. Dès que cela vous arrive, voici venir le psychiatre. Ce type-la bien sûr fait exactement comme vous : il se parle tout le temps à lui-même - «sac rouge», «obsessif», «compulsif», «complexe d'Oedipe», «avide», «banc», «martini»... Et il décide que pour vous ça ne tourne pas rond et il vous installe sur son divan et s'applique à vous transformer pour vous aider...
Pourquoi ne laissez-vous pas en paix vos sensations ? Pourquoi les traduire ? Vous le faites parce que si vous ne communiquez pas avec vous-même, vous n'êtes plus là. C'est là une perspective qui est effrayante pour le «vous».


Tout ce dont vous faites l'expérience : paix, joie, silence, béatitude, extase et Dieu sait quoi ! est connaissance ancienne et de seconde main... Le fait même que vous etes en etat de béatitude et de formidable silence implique que vous connaissez déjà ces états. Il faut déjà connaître une chose pour en faire l'expérience. Cette connaissance n'a rien de merveilleux ou de métaphysique. Pouvez-vous faire l'expérience d'une chose aussi banale que ce banc « assis » là en face de vous ? Mais non : vous expérimentez la connaissance que vous en avez et dont la source est toujours un mécanisme extérieur. Vous pensez les pensées de votre milieu social, vous ressentez les sensations de votre milieu social et vous vivez les expériences de votre société ; il n'y a pas de nouvelles expériences.
Il en résulte que tout ce que l'homme a jamais pensé ou senti doit sortir de votre organisme. Et vous êtes le produit de toute cette connaissance c'est tout ce que vous êtes...


Qu'est-ce que la pensée ? Vous n'en savez absolument rien - sinon ce qui vous a été dit sur ce que vous appelez « pensée ». Qu'allez-vous faire d'elle : la façonner, la contrôler, lui donner une forme... ou l'interrompre ? Vous passez votre temps à exercer une action sur elle parce qu'on vous a suggéré d'effectuer tel ou tel changement, de vous en tenir aux « bonnes pensées » et d'éliminer les « mauvaises ». Les pensées sont ce qu'elles sont ni bonnes ni mauvaises. Aussi longtemps que vous aurez le désir d'agir sur elles, vous obéissez à leur mouvement : vouloir et penser sont une seule et unique chose. Vouloir comprendre implique un mouvement de pensée, et ce mouvement, vous le perpétuez, vous lui conférez sa continuité...


Le fonctionnement de vos sens est « dénaturé » parce que vous voulez en tirer quelque chose. Pourquoi ? Parce que vous désirez que votre « vous » continue. Vous protégez cette continuité. La pensée est un mécanisme protecteur : elle protège le « vous » aux dépens de quelque chose ou de quelqu'un d'autre. Tout ce qui est issu de la pensée est destructeur et en fin de compte vous détruira, vous et votre espèce...


C'est le mécanisme répétitif de la pensée qui vous épuise - et que pouvez-vous donc faire pour vous en sortir ? C'est la seule et unique question et toute réponse qui vous sera donnée ne fait que renforcer le mouvement de la pensée... Alors que faire ? Rien du tout. Ce mouvement est trop puissant : il dispose d'une force de vie accumulée au cours de millions d'années. Vous êtes totalement impuissant et vous n'êtes même pas conscient de votre impuissance.


Si vous pratiquez quelque système de maîtrise mentale, automatiquement le « vous » est là poussé par là même à la continuité. Avez-vous jamais médité réellement, sérieusement ? ou connaissez-vous quelqu'un qui l'ait fait ? Non, personne ne le fait... Si vous méditiez sérieusement vous tourneriez en rond dans l'asile de fous. Et vous ne pouvez pas davantage pratiquer l'attention totale appliquée à être conscient de chaque instant de votre vie. Vous ne pouvez pas être pleinement conscient : « vous » et votre conscience ne peuvent coexister. Si vous pouviez une seconde seulement, une seule fois dans votre vie vous trouver en état de conscience pure (awareness) votre continuité claquerait net, l'illusion de la structure expériencielle, le « vous » - tout cela s'effondrerait et tout retomberait dans le rythme de l'état naturel. Cet état où vous ne savez pas ce que vous regardez, cela c'est vraiment la conscience pure. Si vous re-connaissez ce que vous regardez, vous êtes là de nouveau en train d'expérimenter le passé - ce que vous savez.


Ce qui réintègre une personne dans son état naturel, cette personne et non telle autre, je n'en sais rien. Peut-être est-ce inscrit dans les cellules. C'est a-causal. Ce n'est pas de votre part un acte «volontariste» vous ne pouvez pas le provoquer. Il n'y a rien que vous puissiez faire. Vous pouvez vous méfier de l'homme qui vous dit comment il a assumé cet état. Il y a une chose dont vous pouvez être sûr, c'est qu'il ne le sait pas lui-même et n'a pas la possibilité de vous le communiquer. Il y a dans la structure du corps un mécanisme de détente. Si la structure expériencielle se relâche l'autre processus prend le relai à sa manière propre. Le fonctionnement du corps est dès lors totalement différent sans l'interférence de la pensée sauf en cas de nécessité pour communiquer avec quelqu'un. Pour employer la formule du «ring», vous n'avez plus qu'à « jeter la serviette » et déclarer forfait. Personne ne peut vous venir en aide et vous ne pouvez pas vous aider vous-même.


Cet état naturel ne vous intéresse pas : vous ne vous attachez qu'à la continuité. Sans doute désirez-vous continuer à un autre niveau, en fonction d'une dimension différente mais quoiqu'il en soit vous voulez continuer. Pour vous ce ne serait pas à prendre avec des pincettes ! Ce serait effectivement liquider tout ce que vous considérez comme «vous», moi supérieur, moi inférieur, âme, Atman conscient, subconscient etc. S'il vous vient quelque velléité, vous dites « il me faut du temps »... Alors intervient la sadhana et vous vous dites « Demain, je comprendrai»... Cette structure est née du temps et fonctionne dans le temps mais ce n'est pas dans le temps qu'elle parviendra à son terme. Si vous ne comprenez pas aujourd'hui, vous ne comprendrez pas demain. Pourquoi d'ailleurs voulez-vous comprendre ce que je dis ? Vous ne pouvez pas comprendre. C'est de votre part un exercice futile que de comparer mon mode de fonctionnement au vôtre. C'est une chose que je ne peux pas communiquer. En fait aucune communication n'est nécessaire. Aucun dialogue n'est possible. Quand le «vous» n'est pas là, quand le problème n'est pas là ce qui est, c'est la compréhension : c'est la fin du « vous », le « vous » s'en va. Vous n'écouterez plus celui qui décrit cet état et vous ne lui poserez plus de question sur la compréhension de cet état...


Ce que vous recherchez n'existe pas. Vous préféreriez vous promener sur une terre d'enchantement, avoir la bienheureuse vision d'une transformation de votre soi inexistant afin de réaliser un état d'être évoqué a coup de formules magiques. C'est précisément cela qui vous arrache à votre « état naturel » - un mouvement en dehors de vous-même. Etre soi-même exige une extraordinaire intelligence. La «bénédiction» de cette intelligence, vous la possédez ; personne n'a besoin de vous la donner, personne ne peut vous la prendre. Celui qui la laisse s'exprimer à sa manière particulière est un homme naturel.


Citations d'U. G. Krishnamurti trouvées sur le site nondualite.fr
Découvrez d'autre citations ici


jeudi 15 octobre 2009

• Alors surgit l'intelligence véritable - Eckhart Tolle


mercredi 14 octobre 2009

• La sagesse sans contenu - Peter Fenner

Peter Fenner

Entretien avec Liliane de Toledo

Liliane de Toledo : Pouvez-me dire ce qu’est, selon vous, un enseignant spirituel ?

Peter Fenner : En fin de compte, je pense que c’est une personne capable de transmettre à d’autres l’expérience spirituelle dans toute sa plénitude, d’introduire à la non dualité, de donner un avant-goût de ce qu’est la fin du chemin. Ce qui est appelé le « buddha mind » – qui est le mode d’être du Bouddha et d’autres grands sages que l’on nomme également éveil, libération, pure conscience ou état naturel, entre autres. Un enseignant spirituel doit proposer un ensemble de principes, pratiques et perspectives afin de permettre à ses élèves de l’intégrer dans leur vie pour qu’ils puissent retrouver cette expérience indépendamment de la présence du maître. Il doit pouvoir la communiquer directement d’esprit à esprit, ou avec l’aide de certaines techniques, mais aussi créer les conditions individuelles et collectives pour développer la capacité des étudiants à incarner ce qu’on appelle la réalisation spirituelle.


L. de T. : Quelles sont les conditions pour ouvrir l’accès à cette expérience ? Faut-il être soi-même profondément enraciné dans cette qualité d’être ?

Peter : Pour être un agent de transmission de la sagesse non duelle, vous devez être installé dans cette sagesse. Il est important de préciser que ce n’est pas quelque chose que l’on fait. Transmettre la sagesse non duelle n’a rien à voir avec l’identification à un rôle, cela impliquerait encore une structure de dualité avec un sujet et un objet : moi et l’autre à qui je transmets un enseignement. Cela se passe beaucoup plus naturellement et organiquement : vous êtes dans cet état et vous découvrez que, oui, vous avez une certaine capacité à le partager avec d’autres. En fait, il s’agit de réaliser directement et pour soi-même que dans l’instant présent, il est possible d’éprouver une plénitude totale, simplement en laissant toute chose être exactement comme elle est ! Dans l’ici et maintenant, il n’y a rien à changer, ni dans notre esprit, ni dans notre corps, ni dans nos conditions de vie, tout est parfait ! C’est ça la liberté : être libre de tous désirs y compris de celui d’être libre !

Si vous êtes profondément enraciné dans cet état et que vous maîtrisez ce que, dans le bouddhisme, on nomme les techniques habiles, alors, par le silence, la parole ou avec des méthodes plus énergiques, il est possible d’amener quelqu’un – même une personne très contractée et identifiée à son histoire personnelle et ses systèmes de croyances – à sortir de ses conditionnements pour entrer dans l’état non conditionné.
Avec certaines personnes qui sont déjà dans un état non réactif, cela ne nécessite parfois qu’un ajustement subtil.


L. de T. : L’expérience dont vous parlez est au coeur des grandes traditions orientales ?

Peter : Nous parlons d’une expérience qui a été cultivée, approfondie et transmise depuis plus de 3000 ans surtout dans les cultures asiatiques. C’est le « buddha mind », l’esprit de Bouddha ou l’état de pureté originelle qui se trouve au-delà des identifications à l’ego.
Comme c’est une expérience d’un vécu sans contenu et sans structure, nous ne pouvons l’évaluer ou la mesurer ! Sa valeur est infinie parce qu’elle nous met dans un authentique état de contentement. Il n’y a rien à faire, nulle part où aller, rien à ajouter ou soustraire.
Pour un être humain, il n’y a pas d’évolution au-delà de cet état, il est seulement possible de réaliser cet état, de s’y installer parce que c’est le fondement de notre être.


L. de T. : Quelle est, selon vous, la contribution que ces traditions peuvent nous apporter au XXI e siècle ?

Peter : Dans une époque où la résolution des conflits est vitale pour la survie de l’humanité, je pense que c’est un potentiel qui doit absolument être cultivé. Parce que dans cette dimension, nous ne sommes pas identifié avec un système de croyance ou de valeurs, nous n’avons rien à défendre. Il ne peut pas y avoir de frontière entre l’intérieur et l’extérieur. Il n’y a pas de soi séparé de l’univers. De ce fait, il est impossible d’être en opposition avec quoi que ce soit. L’accès à cet espace est donc très précieux pour travailler ensemble à la résolution des grands défis auxquels notre monde est confronté. C’est un état dynamique où, n’ayant besoin de rien pour soi-même, on est alors totalement disponible pour répondre à une situation donnée de manière créative, en tant qu’instrument de la force d’évolution. Je pense que la sagesse, l’amour et la disponibilité libérés par l’expérience de la non dualité est le plus précieux joyau que l’Orient peut offrir à nos contemporains.

Ce n’est que récemment que ces enseignements millénaires de réalisation de notre nature ultime ont pénétré l’Occident. Il y a encore cinquante ans, très peu d’Occidentaux savaient ce qu’était le bouddhisme. Quant aux approches non duelles, elles n’étaient pas sorties des monastères ou des cercles d’initiation très ésotériques. Les premiers maîtres zen sont venus dans les années cinquante et le processus s’est accéléré avec l’arrivée de grands lamas tibétains, suite à l’invasion de leur pays par les troupes chinoises. L’intégration de cette puissante tradition a été très rapide et l’accès à ces enseignements est devenu beaucoup plus facile. En Occident et surtout aux Etats-Unis, où l’échange est direct et honnête, il y a une volonté d’innover et d’adapter qui permet de revitaliser des traditions qui pourraient se scléroser dans des fonctionnements ritualisés. Actuellement, nous vivons une phase de transition passionnante qui nous permet de retourner aux racines, à l’essence, pour nous concentrer sur ce qui nourrit vraiment le travail de transformation.

Je me sens très privilégié de faire partie de ces Occidentaux qui contribuent à garder cette pure sagesse vivante et à la transmettre d’une manière abordable pour le monde occidental.


L. de T. : Le philosophe Ken Wilber fait une distinction entre état et étape, le premier étant une entrée temporaire et le second une installation permanente, qu’en pensez-vous ?

Peter : Dans la tradition zen, il est dit que le satori, cette première ouverture, est le début du parcours, un aperçu qui vous révèle de quoi il s’agit. Ensuite le chemin, ce sont les années, les décennies, peut-être les vies, de pratique nécessaire pour intégrer et approfondir cette expérience de sorte que, même dans des situations très difficiles ou des environnements toxiques, il nous devienne possible de rester dans cet état d’ouverture, de clarté et d’équanimité.


L. de T. : Il y a donc une introduction directe et un travail pour apprendre à s’installer dans cette réalisation ?

Peter : Oui. Cependant l’accent est à mettre sur l’expérience de la non dualité qui est très spéciale. Elle est aussi appelée la médecine absolue, ou guérison ultime, car, alors, notre flux d’existence sort du cycle de conditionnement habituel : nous ne sommes plus en train de chercher le plaisir et d’éviter la souffrance. La plupart d’entre nous ne connaissent que l’esprit conditionné qui pense, éprouve de la confusion, a des préférences et ressent peurs et désirs.

Plus nous faisons l’expérience de cet état inconditionné et plus il va diffuser dans les différentes strates de notre personnalité et de notre existence. Et peu à peu nous développons une plus grande aptitude à l’habiter et à le prolonger même dans nos activités quotidiennes.


L. de T. : C’est ce que vous faites dans votre enseignement ?

Peter : Exactement, je démarre à ce qui est parfois appelé le niveau du résultat. Nous commençons à la fin du chemin. S’il est possible de faire un saut dans cet état d’être et de pure conscience, c’est formidable. Parce que cela nous rend plus familier avec l’ultime potentiel de l’être humain. Très rapidement, je donne aux étudiants une entrée dans ce « buddha mind » en utilisant des méthodes issues de différentes traditions non duelles. Nous entraînons notre capacité à reconnaître les mécanismes qui en ouvrent et ferment l’accès. En identifiant les schémas de comportements limitatifs – ce que j’appelle les fixations –, en les mettant en lumière, celles-ci peuvent se dissoudre ou du moins perdre leur solidité apparente. Il devient alors possible de voir à travers. Nous pouvons aussi explorer la nature de l’esprit libre, grâce à la pratique de dialogues contemplatifs qui sont comme des koans naturels, dans le sens qu’ils amènent le mental à se heurter à sa limite et éventuellement à la transcender. Cela ouvre l’accès à la sagesse non conceptuelle qui se révèle dès que la conscience se libère de tous les conditionnements.

Les étudiants ont également l’opportunité de travailler au niveau conditionné, dans le contexte de leur vie quotidienne, d’une manière très pratique. Notamment en devenant plus conscients de leurs réactions d’attraction et de rejet, de leur attachement à la souffrance ou de leurs projections. L’installation d’une pratique méditative régulière est un aspect important. L’acquisition de certaines techniques de communication et d’écoute est également abordée. De même que l’éventuelle nécéssité de restructurer sa vie de sorte à créer des conditions plus favorables facilitant l’accès à cet état de conscience non conditionnée.


L. de T. : Faites-vous partie d’un lignage traditionnel ?

Peter : Oui je considère que ce que je transmets fait partie de la Prajnaparamita. C’est le lignage qui précède les différentes traditions de non dualité qui se sont développées dans le bouddhisme, notamment le zen, le dzogchen, le madhyamika (aussi appelé voie du milieu) ou les approches hindouistes de non-dualité telles que l’advaita vedanta. Il s’agit de l’impulsion originelle qui s’est ensuite différenciée en plusieurs approches qui ont évolué dans des pays comme l’Inde, la Chine, le Tibet ou le Japon. J’ai reçu des formations dans toutes ces écoles et cela m’a amené à m’intéresser à leur origine commune. Je suis donc remonté à la source : la transmission de ce qui est appelé la sagesse sans contenu. La sagesse qui n’est pas une sagesse, l’enseignement qui n’est pas un enseignement ! La Prajnaparamita a été présentée, à l’origine, comme une magnifique vision d’éveil cosmique. Les textes évoquent une réalisation ultime plutôt qu’une pratique. Ayant étudié et pratiqué ces approches pour sélectionner celles qui sont efficaces et qui produisent des résultats – celles qui m’introduisent dans la conscience de Bouddha et qui me permettent de l’approfondir –, je me suis dit qu’elles pouvaient aussi être intéressantes pour d’autres Occidentaux ! C’est ce que j’utilise dans mon enseignement dont le dernier développement est Radiant Mind.


L. de T. : Qu’est-ce qui caractérise Radiant Mind ?

Peter : Radiant Mind n’est pas un cours théorique. C’est une pratique de « l’ici et maintenant » visant à produire une transformation du niveau de conscience, individuel et collectif, à travers, notamment, des interactions qui paralysent le mental. Cela permet d’accéder au silence profond et à la présence sereine. Contrairement à beaucoup de démarches spirituelles orientales, qui étaient avant tout des démarches solitaires (même si elles prenaient place dans des monastères), en Occident, les enseignements de non-dualité sont souvent transmis avec une emphase sur la dimension collective. Par exemple, les étudiants qui participent à Radiant Mind se réunissent régulièrement, en direct ou à travers des conférences téléphoniques. Dès qu’ils se retrouvent, l’élévation du niveau de conscience du groupe prend place. C’est un levier de transformation puissant !

Dans l’un de ses discours, le grand maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh a dit que le prochain Bouddha sera celui de l’Amour et qu’il pourrait se manifester sous la forme d’une communauté qui montrera le chemin de l’amour et de la compassion.


L. de T. : Comment êtes-vous devenu un enseignant de sagesse non duelle ?

Peter : En Australie comme aux Etats Unis, la guerre du Vietnam a été le déclencheur d’un violent courant anti-establishment. Le mouvement hippie et les drogues ont ouvert de nouveaux horizons et des expériences de conscience élargie. Dans cette période de remise en question, j’ai découvert la méditation par un livre de Karlfried Graf Dürckheim et je me suis ensuite connecté avec le bouddhisme theravada. J’avais vingt-trois ans et j’étudiais la philosophie occidentale que je trouvais décevante. C’est finalement dans la philosophie orientale que j’ai trouvé ce que je cherchais : un système intégré d’éthique, d’esthétique et de métaphysique dans lequel la théorie et la pratique n’étaient pas dissociées. Il n’y a pas de pratique dans la philosophie occidentale, pas d’expérience directe de la réalité ultime, c’est un exercice essentiellement intellectuel.

En 1974, j’ai rencontré mon maître principal, Lama Thubten Yeshe. C’était un être hors du commun : inspirant, débordant d’énergie, spontané, joyeux, confiant et sage ! Je me suis dit que l’éveil, ça devait être cela ! Et comme j’avais besoin d’un guide, je lui ai demandé d’être mon guru, ce qu’il a accepté. Je n’avais aucune idée de la nature de l’engagement que j’avais contracté : implicitement j’avais remis mon existence dans ses mains. En quelques minutes d’entretien, il m’a tracé un programme pour les vingt années suivantes. Je suis sorti de cette rencontre en état de choc ! Il m’a demandé de devenir professeur pour enseigner le dharma bouddhiste à l’université. Et c’est ce que j’ai fait, même si au début je me suis dit que c’était mission impossible. Mais on ne négocie pas les instructions du guru, on les réalise !

Pendant onze ans, je me suis concentré sur une pratique très traditionnelle et je suis devenu moine bien que marié et père de deux enfants. J’enseignais dans des communautés bouddhistes et à l’université. Un grand changement est survenu lorsque mon maître est décédé. C’est lui qui m’avait ordonné moine et m’avait guidé dans ma pratique. J’avais un guide parfait et soudain j’ai tout perdu ! J’étais dévasté, totalement vulnérable et c’est alors que ma vie a pris une autre tournure. J’ai ressenti le besoin d’écouter la sagesse issue de ma profondeur plutôt que de continuer à me référer à ce que d’éminents lamas avaient dit. Par exemple, je ne pouvais plus parler de la vacuité – qui était mon sujet d’expertise – de manière théorique.
Quelque chose se réveillait en moi qui voulait s’exprimer directement, c’était comme si la vacuité voulait parler d’elle-même ! J’ai renoncé à mes vœux de moine environ dix-huit mois après le décès de Lama Yeshe et j’ai quitté le cadre traditionnel.

Du côté de l’université, j’avais passé mon doctorat et j’enseignais la philosophie orientale. C’est ce que j’ai fait pendant trente ans avant de comprendre qu’il est impossible de transmettre le dharma – qui est avant tout une voie de transformation et d’évolution – dans ce type d’institution. Mon mandat n’était pas de transformer les étudiants mais de les instruire ! C’est finalement pour suivre les instructions de mon guru que j’ai développé mon approche hors des milieux académiques. Aujourd’hui, je fais exactement ce que Lama Yeshe m’a demandé : je transmets le dharma bouddhiste à des Occidentaux !


L. de T. : Vous n’avez donc plus d’autorité terrestre à laquelle vous référer ?

Peter : C’est l’un des plus gros défis, de ne plus avoir quelqu’un qui peut me guider et me conseiller. Mon guide maintenant consiste à être tout à fait intègre et sans compromis avec la qualité de ma réalisation. Mes étudiants sont maintenant devenus mon guru parce que, tous ensemble, ils possèdent, au cumul, le même niveau de sagesse que mon défunt maître. J’ai actuellement environ 200 étudiants avec qui j’entretiens des relations régulières ; certains ont beaucoup de maturité et ils m’obligent à être toujours plus cohérent et transparent. Maintenant je continue à progresser à travers ce que je leur enseigne. Nous évoluons ensemble.


L. de T. : Vous êtes un passeur entre l’Orient et l’Occident?

Peter : Quand je regarde en arrière, il me semble que ma vie est tissée de ces réconciliations apparemment impossibles ! Je suis un Occidental, issu d’une famille protestante matérialiste, qui a étudié différentes traditions de sagesse orientale en respectant les formes consacrées par les siècles. J’ai été moine tout en vivant dans un cadre laïque pour assurer mes responsabilités familiales. J’ai enseigné la théorie du bouddhisme dans des environnements académiques et, parallèlement, j’ai développé une pratique directe, non mentale, à laquelle j’invite dans mes séminaires ou dans la formation Radiant Mind. Moi-même, j’ai été profondément impliqué dans une relation guru disciple tout à fait classique et, cependant, avec mes propres étudiants, j’ai un rapport au sein duquel nous sommes davantage des compagnons de route, même si je maîtrise mieux qu’eux l’accès à cet esprit libre de conditionnement. Je crois que c’est mon dharma de créer des passerelles, de relier les opposés et de les faire se rencontrer !

Entretien de Peter Fenner avec Liliane de Toledo, janvier 2007
Site de Peter Fenner

mardi 13 octobre 2009

Photos reportage - Eckhart-à-l'eau-de-rose & Dalaï-Lama-au-lotus

Vancouver, 30 septembre 2009









• L’Éveil du Rêve de la Séparation - Jeff Foster


Jeff Foster suggère qu’il n’existe que l’apparence de la vie, sans individu en son centre, qui puisse jamais s’échapper même s’il le voulait...

Jeff est diplômé de l’Université de Cambridge en Astrophysique. Peu après la fin de ses études, des événements de la vie l'ont conduit dans une recherche spirituelle intensive, qui s’est achevée par l’évidence qu'il n'y avait, pour commencer, rien à trouver…

Il écrit actuellement et donne des conférences (satsangs) en Angleterre, Europe, Amérique, etc, sur ce qu'on nomme la « non-dualité » (« Advaita »), mais qu'il préfère appeler « l’évidence absolue ».

La « non-dualité » réfère à l'identité ou l'inséparabilité fondamentale de nombreuses distinctions, valides ou utilitaires à un niveau relatif, mais ultimement redéfinies comme n'étant que différents aspects d'une même réalité...

Toute la recherche spirituelle ne serait rien d’autre qu’un jeu que nous jouons avec nous-mêmes, le jeu cosmique. Nos efforts pour trouver l’illumination spirituelle, dans le but d’échapper à la souffrance et de faire que ce monde ait un sens, tournent court le plus souvent. En fait, ces efforts ne font que renforcer le sentiment de séparation et de manque qui nous hante.

Ici, au beau milieu de notre vie, la liberté et l’illumination sont toujours présentes, toujours disponibles. Êtes-vous prêt à recevoir ce message ?

Jeff Foster est l'auteur du livre LA VIE SANS CENTRE,
traduit de l'anglais par notre amie Laya Jakubowicz
et publié aux Éditions Charles Antoni-l'Originel.


Revue de presse :

Revue 3e Millénaire N°86

Quelques temps après être devenu jeune diplômé en astrophysique de l'Université de Cambridge, Jeff Foster s'est tourné vers une recherche spirituelle en dévorant tous les ouvrages qu'il pouvait trouver.

Petit à petit, une révolution s'est opérée en lui quand il pris conscience que, quand on entreprend une démarche spirituelle en quête de l'illumination ou d'une libération, on cherche le plus souvent surtout à échapper à nos soucis, à notre souffrance ou à ce qu'on croit être nous-même, à savoir les manifestations de l'ego.

Il découvrit alors " qu'il n'y a jamais que la présente apparence dans la vie, sans individu en son centre qui puisse jamais s'échapper, quand bien même il le souhaiterait... Rien n'a besoin d'être dénié ou rejeté en vue d'atteindre la libération, parce qu'à ce moment précis de la vie, la libération est déjà totalement présente, et tout ce que nous faisons pour l'atteindre est simplement erroné... "

Cette prise de conscience l'a amené à un plus grand discernement pour mettre en lumière en lui les mécanismes inconscients qui accompagnent toutes les méthodes que l'on veut s'imposer dans une démarche dite spirituelle ou religieuse. Car on peut vite tomber dans un piège : " aussi longtemps que vous voulez vous débarrassez du je, de l'ego, de soi, vous êtes pris dans la recherche. Aussi longtemps que vous essayez d'être plus présent, vous êtes pris dans la recherche. Aussi longtemps que vous essayez de devenir quelque chose d'autre que vous êtes, ou même tenter d'être ce que vous êtes, vous êtes pris dans la recherche. Vous êtes même pris dans la recherche, lorsque vous essayez de mettre fin à celle-ci, ou non. "

Dans cet ouvrage non dénué d'humour, J. Foster délivre toujours le même message, à l'image des enseignants dans la lignée de la non-dualité, que Cela est tout ce qui est ; car la vie quotidienne est libération, " Cela est l'unique miracle, et c'est toujours là devant nous ".

La Lettre du Crocodile Année 2008 - N°1

Ce livre s’inscrit dans la collection Non-Dualité de L’Originel. Nous avons déjà soulevé le paradoxe qu’il y a à parler du non-duel alors que le langage est foncièrement dualiste. C’est toujours pour l’auteur, et ici pour le traducteur, un véritable défi à relever que de faire passer l’intuition de l’Eveil, et non l’Eveil, à travers les mots. Chaque auteur a son propre « style » pour ne pas transformer l’insaisissable en concept. Cela va du langage crépusculaire et poétique à la « violence » du simple.

Jeff Foster a fait le choix du simple, de l’évidence, collant ainsi à son expérience :
« Rien à atteindre ». Oui, j’ai lutté bien longtemps avec ce concept ! Pauvre moi, faisant tant d’efforts pour cette ultime expérience d’éveil, celle qui aurait définitivement clos l’affaire ! Le gâteau n’était pas suffisant, je voulais également la cerise ! Mais un jour, apparemment, le besoin de l’illumination s’est simplement évanoui. Et ce qui reste, je n’ai pas le moyen de savoir. Il n’y a que cela ; et toute idée de « cela » se dissout.

La libération à chaque instant, l’éveil à chaque instant, et personne, ici, pour le connaître. Personne, ici pour l’expérimenter ! Absolument personne ! »
Mais il a fait aussi celui du langage poétique :
« Des mots, des mots et encore des mots…
La réalité est absolument, absolument simple.
Absolument évidente.
Regardez.
Apparemment, il y a des choses.
Une table. Une théière. Un chat. Une chaise. Un « moi ».
Un « moi » qui écrit ces mots, et cherche des réponses.
Ou non.
Oui des choses apparentes. Très nombreuses. Partout.
Et elles arrivent… simplement.
Apparaissent. Se présentent.
Spontanément.
Un jeu spontané du divin.
Sans commencement ni fin.
Et « je » suis tout à la fois en son centre…
… et nulle part.
Complètement présent, complètement absent.
C’est sans importance.
Il n’y a rien que je puisse faire, ou ne pas faire.
Le jeu continue. »

Le passage d’un style à l’autre lui permet de jouer avec les antinomies et de les dissoudre, d’inviter à la présence qui est aussi un autre mot pour l’amour, l’amour sans objet ni sujet.

Site de Jeff Foster

lundi 12 octobre 2009

• Tel que c'est - Jeff Foster







Publié hier sur le blog de Shandora, que je remercie

mardi 6 octobre 2009

• Ramesh Balsekar - Mumbai, janvier 2008

lundi 5 octobre 2009

• Non-agir, non pratique, non technique - Maître Tsé

Notre ami Frédéric, du blog Lung Ta Zen, vient de publier une BD : "Zem, apprenti maître zen".

Entre Cartoon et BD, des planches d'humour dans l'esprit du Zen, mais qui au-delà, parle d'une manière humoristique de la recherche transcendantale que tout humain est amené à mener un jour.

Zem, un moinillon qui rêve de devenir "Maître Zen". Son propre maître (maître Tsé, la "vie" en tibétain) a fort à faire avec ce petit garnement qui pourtant, parfois, est plus sage que le maître dans sa façon de faire. On ne sait pas qui des deux craquera en premier. Mais finalement, un vrai amour les unit et ils représentent un peu nos deux penchants paradoxaux de la folle sagesse.

Pour toute info concernant cette nouvelle parution, veuillez cliquer ici.

dimanche 4 octobre 2009

• Floraison de la conscience humaine - Eckhart Tolle


samedi 3 octobre 2009

• Quiétude au quotidien - Eckhart Tolle (Findhorn)

La voix dans la tête qui n'arrête jamais de parler devient une civilisation obsédée par la forme et qui de ce fait ignore tout de la dimension la plus importante de l'existence humaine :

le sacré,

la quiétude,

le sans forme,

le divin.

A quoi bon gagner le monde entier si c'est pour se perdre soi- même ?



vendredi 2 octobre 2009

• Retraite à Findhorn - Eckhart Tolle

Quand vous percevez sans pensées, vous vous ouvrez à ce qui n'a pas de nom, au profond mystère qui imprègne tout ce qui existe, à la Présence du divin. Quand vous sentez cette Présence, vous réalisez qu'elle fait Un avec votre propre Présence - celui que vous êtes au-delà de la forme.




jeudi 1 octobre 2009

• La méditation ne connaît ni choix, ni préférence - Jean-Marc Mantel


Les diverses expériences de la vie peuvent être toutes vues sous la forme d'un lâcher-prise des attachements, et donc d'une dissolution du moi.


Sous ce terme, l'on entend la perte, partielle ou totale, du sens de l'identité séparée, de tout ce qui fait que je m'appelle "moi" et me désigne par mon corps et ma personnalité.


Si cette identité est remise en cause et que cette croyance est ébranlée, ce n'est pas pour laisser place à un vide abscons, mais inviter un éveil à une plénitude de conscience, impersonnelle dans sa nature et omniprésente dans sa permanence.


Toutes les contrariétés sont des opportunités d'abandonner le désir que les choses soient différentes de ce qu'elles sont. Il ne s'agit pas ici d'une résignation, mais d'une intelligence nouvelle, qui n'entre pas en conflit avec la réalité de ce qui est, mais l'épouse et fusionne avec elle. Lorsqu'une situation est pleinement acceptée, le "je-conscience", immuable connaisseur du monde, s'affirme comme détaché de cette situation, qui est contenue en lui, mais n'est pas lui.


Telle la goutte de rosée qui n'affecte pas la feuille qui la supporte, le "je-conscience" est toujours libre des manifestations qui émergent et disparaissent en lui, n'étant rien en soi, mais tout en vérité.


Ce mélange, apparemment incompatible, du rien de l'absence du moi et du tout de la présence du Soi peut être vécu à chaque instant, dès lors que les attentes et projections diverses créées par le mental se résorbent dans la silencieuse attention qui les contient.


Accueillons donc cette possibilité de disparaître dans la transparence de la conscience, et de s'établir dans la joie qui lui est propre ; une joie qui n'est plus soumise aux va-et-vient des circonstances, mais s'enracine dans la plénitude de l'être.


Jean-Marc Mantel




SUR LA NATURE DE LA MEDITATION


Etre la méditation n'est pas faire de la méditation.


Dans le "faire de la méditation", résident une anticipation et une projection d'un moi tendu vers un but.


Le "faire de la méditation" peut cependant avoir un intérêt dans une réduction de l'agitation mentale et corporelle.


Le "faire de la méditation" est assimilé à une assise silencieuse.


Lorsque le corps n'est plus en mouvement, les habitudes d'implication émotionnelle dans l'action sont mises au repos.


Les sensations, émotions et pensées deviennent

les seuls objets d'observation.


De ce fait, les mécanismes cachés par l'agitation deviennent apparents et émergent sous l'oil attentif de la contemplation.


Les objets multiples du désir deviennent objet unique nommé paix ou quiétude.


Ce désir de paix ou de quiétude vient de l'expérience du sommeil profond, qui laisse au réveil des traces dans la mémoire : parfum d'éternité, silence sans fond, liberté d'intention,

tranquillité sans cause.


De cette expérience est issu le désir de méditer.


Le "faire de la méditation" contient encore un but projeté, comme si la tranquillité désirée se situait dans un espace séparé de celui qui la cherche.


Un moi dénommé "méditant" cherche à atteindre un état dénommé "méditation".


Il y a dans cet exercice une tension liée à la projection et à l'investissement émotionnel dans le but projeté.


Lorsque l'écoute et l'observation deviennent plus complètes, tout objet de perception est accueilli tel qu'il est,

sans choix et sans préférence.


Il vient alors se résorber dans un espace conscient et silencieux qui gît en arrière-plan de la perception.


Cet espace ne peut être qualifié de moi, n'ayant ni identité spécifique, ni relation au temps et à l'espace.


Il n'est pas un objet de perception, mais est ce qui perçoit.


Le sujet témoin est également un objet d'observation, apparaissant au cour de la conscience observante.

Lorsqu'il se résorbe en sa source, ne restent qu'écoute et observation, libres de l'objet.


La méditation est ce qu'il reste lorsque ce qu'elle n'est pas n'est plus présent.


La méditation n'est pas une intention.


La méditation n'est pas une anticipation.


La méditation n'a pas de but, ne connaît ni choix, ni préférence.


Etre la méditation signifie être en unité avec

le Je sans qualification.


Dans ce vécu intemporel, chaque objet est à sa place.


Les situations ne sont pas interprétées, mais simplement vues.


De cette vision, l'action juste émerge comme une réponse

à la situation.


(source de ce texte : essence-euro.org)


mercredi 30 septembre 2009

• La nature de la réalité - Andrew Cohen


Interview d'Andrew Cohen par Caroline Guidetti de Radio Ici et Maintenant






mardi 29 septembre 2009

• Eckhart Tolle & Andrew Cohen - interview audio

Première partie audio de l'interview d'Eckhart Tolle,
menée par
Andrew Cohen :

Frémissement à la surface de l'être


Un court extrait de la seconde partie :



lundi 28 septembre 2009

• Un hommage à Ramesh Balsekar


Chers Amis,

C'est avec un coeur lourd que je vous écris pour vous dire que notre cher Ramesh nous a quitté ce matin à 9 heures, à son domicile, à Bombay.

Ramesh était véritablement un être extraordinaire. Sa vie réussie de banquier, d'auteur et d'enseignant spirituel a directement enrichi la vie de dizaines de milliers de personnes.

Ma rencontre avec Ramesh a été un moment décisif de ma vie, comme je suis sur que cela le fut pour beaucoup d'entre vous qui lisez ce message. Son esprit généreux, ouvert, sa présence pleine d'amour, et sa Compréhension spirituelle ont fait de lui l'un des véritables grands Sages du 20ieme siècle. Nous sommes véritablement béni de l'avoir connu, ... que ce soit en personne ou à travers son Enseignement.

Ramesh vit toujours. Bien que son corps retournera aux éléments cet après-midi, son esprit continuera de vivre à travers ses livres, et dans le coeur de nous tous qui l'avons connu et aimé.

Il y a vingt-deux ans, Ramesh est entré dans ma vie. Aujourd'hui, son corps quitte la vie. D'avoir pu cheminer auprès de lui toutes ces années durant, et d'avoir pu m'incliner à ses pieds a été pour moi la plus grande des bénédictions dans cette vie. Ce qui me manquera, c'est de ne plus pouvoir m'asseoir avec Ramesh, regarder un match de cricket avec lui, ou partager du chocolat, ou rire ensemble de plaisanteries qu'il lisait dans les journaux. Ce n'est pas la grandeur de l'homme qui me manquera le plus... sa grandeur demeure intacte malgré sa mort... ce sont les petites choses, les choses de la vie.

Beaucoup d'entre vous partageront avec moi la peine de la perte d'un être cher. Si vous prenez un moment pour considérer calmement cette peine, vous pourrez voir en elle le miracle de la Vie elle-même. Si cela se produit, ce sera réellement la Grâce du Gourou.

Avec beaucoup d'amour,

Wayne Liquorman (27/09/2009)

• Vous n'avez pas le choix d'être - Yolande


Vous n'avez pas le choix d'être.
Vous n'avez pas le choix, seulement l'illusion du choix.

Notre nature originelle est proche et le chemin vers elle, facile.

Tout ce que vous avez à faire, c'est de ne rien faire.

Votre vie, c'est d'être. Le faire arrive.

Où voyez vous une difficulté à vous souvenir que vous êtes ?

Vous êtes tout le temps.

Vu sur le nouveau blog de Yolande

jeudi 24 septembre 2009

• L'irruption de la conscience pure - Stephen Jourdain


Je suis le secret enfoui dans l'odeur d'herbe fraîchement coupée

Entretien inédit avec Stephen Jourdain

tilidom.com

(Un grand merci à Denis pour ce partage)


mardi 22 septembre 2009

• La dernière ligne de défense de l'ignorance - Francis Lucille


Question : Au cours de mes méditations, lorsque le mental cesse de s'agiter pour faire place à un profond silence, je suis plongé dans un état de panique. Je n'arrive pas à m'expliquer cette peur soudaine de l'anéantissement qui s'empare alors de moi. Pourquoi est-ce que j'associe ce silence à la mort ? De quelle nature est donc ce silence ?


Cher Sylvain,

Cette peur soudaine de l'anéantissement est la dernière ligne de défense de l'ignorance, la peur à l'état brut. Lorsque cette peur vous sollicite, abandonnez-vous totalement à elle, sans la moindre restriction mentale ou corporelle. D'une part vous ne risquez rien. vous pouvez vous en assurer par l'usage de la raison. D'autre part vous ne le regretterez pas, je vous le promets. Laissez-vous emporter jusqu'au bout.

Bien amicalement,

Francis Lucille

dimanche 20 septembre 2009

• Rencontre avec Niina - Troisième partie

Villeneuve-Loubet, mars 2009
Troisième et dernière partie

La conscience, elle est TOUT dans sa manifestation,
RIEN dans son expression ultime.




tilidom.com



Un grand merci à Niina pour m'avoir autorisé à publier ce dernier extrait.

Visitez le site de Niina

vendredi 18 septembre 2009

• L'Illumination ne s'acquiert pas - Hsi Yun


QUESTION : « Quelle est la Voie, et que doit-on faire pour la suivre ?
RÉPONSE : « La Voie est-elle une chose objective pour que vous désiriez la suivre ? »

QUESTION : « Quels sont les enseignements transmis par les différents Maîtres pour pratiquer dhyâna et étudier la Voie ? »
RÉPONSE : « Il ne faut pas se fier aux paroles utilisées afin d'attirer les gens à l'intelligence obtuse. »

QUESTION : « Si ces enseignements sont destinés à attirer les gens d'intelligence obtuse, je n'ai pas entendu le Dharma destiné aux personnes de haute valeur. »
RÉPONSE : « Si ces personnes ont vraiment de hautes capacités, qui trouveraient-elles pour les diriger ? Si elles cherchaient à l'intérieur d'elles-mêmes, elles ne trouveraient rien de tangible ; elles trouveraient encore moins si elles cherchaient ailleurs. Vous ne devriez prêter aucune attention à ce qui est désigné comme Dharma dans les enseignements destinés à d'autres, car, quelle sorte de Dharma est-ce là ? »

QUESTION : « Ne devrions-nous donc rien chercher du tout ? »
RÉPONSE : « Voilà un point de vue qui, si vous l'adoptez, vous épargnera un gros effort mental. »

QUESTION : « Si toute chose se trouve ainsi éliminée, est-il possible qu'il n'y ait rien ? »
RÉPONSE : « Qui enseigne qu'il n'y a rien ? Quel est ce rien ? D'après votre question, vous voulez « chercher » quelque chose ? »

QUESTION : « Si la recherche est inutile, pourquoi dites-vous que nous ne devons rien éliminer ? »
RÉPONSE : « Ne cherchez pas, cela suffit. Qui vous dit d'éliminer quoi que ce soit ? Regardez la Vacuité, juste en face de vous. Comment feriez-vous pour l'éliminer ? »

QUESTION : « Ce Dharma se révèlera-t-il semblable à la Vacuité, si je l'obtiens ? »
RÉPONSE : « Quand vous ai-je dit que la Vacuité était semblable ou différente de quoi que ce soit ? Je vous ai parlé de « Vacuité » en manière s'expédient temporaire, mais vous, vous raisonnez en prenant cet expédient à la lettre. »

QUESTION : « Estimez-vous qu'il ne faut pas raisonner ainsi ? »
RÉPONSE : « Je ne vous en empêche pas, mais le raisonnement est lié à l'attachement. Lorsque apparaît l'attachement, la sagesse disparaît. »

QUESTION : « N'est-il donc pas permis à l'attachement d'apparaître à propos de notre recherche du Dharma ? »
RÉPONSE : « Si aucun attachement n'apparaît, qui pourra distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux ? »

QUESTION : « Où était l'erreur dans les questions que je viens de poser à votre Révérence ? »
RÉPONSE : « Vous êtes l'un de ceux qui ne comprennent pas ce qu'on leur dit. A propos de quoi parlez-vous d'erreur ? »

QUESTION : « Tout ce que vous avez dit jusqu'ici n'était que réfutation, aucune de vos paroles n'était une indication sur la nature du vrai Dharma. »
RÉPONSE : « Il n'y a pas trace de confusion dans le vrai Dharma, mais, par votre question, vous créez la contusion en vous-même. Quel « vrai Dharma » cherchez-vous donc ? »

QUES'T'ION : « Puisque ma question a fait naitre la confusion, quelle réponse votre Révérence donnera-t-elle à mon problème ? »
RÉPONSE : « Observez les choses telles qu'elles sont et ne vous préoccupez pas d'autrui. Considérez l'exemple d'un chien furieux qui aboie après tout ce qui bouge ; il aboie de même après les feuilles et les herbes agitées par le vent. »

QUESTION : « De tout ce que vous venez de dire, il ressort que le mental et le Bouddha sont un, mais il ne m'apparaît pas clairement quel mental est le Bouddha ? »
RÉPONSE : « Combien de mentals avez-vous ? »

QUESTION : « Est-ce le mental ordinaire ou le mental spirituel qui est le Bouddha ? »
RÉPONSE : « Comment pouvez-vous avoir un mental ordinaire et un mental spirituel ? »

QUESTION : « Suivant l'enseignement des Trois Véhicules, nous avons ces deux mentals. Pourquoi votre Révérence a-t-elle une autre opinion ? »
RÉPONSE : « Si, selon vous, les Trois Véhicules distinguent nettement deux mentals, ils sont en désaccord avec la vérité. Vous n'avez pas encore compris. Toute conception de caractère objectif telle que : « la vacuité existe réellement », est forcément une altération de la vérité. L'ignorance a son origine dans ce genre d'erreur. Si vous parveniez seulement à surmonter les conceptions d' « ordinaire » et de « spirituel » vous vous apercevriez qu'en dehors du mental il n'y a pas de Bouddha. Bodhidharma, à son arrivée des Indes, enseigna uniquement que la substance de tous les hommes est le Bouddha, mais vous ne comprenez pas encore, et vous persévérez à penser en termes d' « ordinaire » et de « spirituel », vous permettez à vos pensées d'obscurcir votre mental en bondissant dans le monde des formes. Dès que vous commencez à réfléchir sur ce que je viens de vous dire, « le mental est le Bouddha », l'attachement commence, et vous retombez aussitôt dans différentes formes de réincarnation. Le passé sans commencement et le présent sont identiques. Les choses ne diffèrent pas entre elles. La compréhension de cette non-différenciation est l'Illumination complète et parfaite. »

QUESTION : « Quels sont les principes qui servent de base aux affirmations de votre Révérence ? »
RÉPONSE : « Quels principes cherchez-vous ? On se détourne du Mental cosmique dès qu'un principe est établi. »

QUESTION : « A quels principes faisiez-vous allusion à l'instant, à propos du passé qui se distend dans l'éternité sans se différencier du présent ? »
RÉPONSE : « Par votre recherche de principes, vous créez vous-même cette différenciation entre le passé et le présent. Si vous cessiez de chercher, comment pourrait-il y avoir une différence quelle qu'elle soit ? »

QUESTION : « Si l'un et l'autre sont identiques, pourquoi en parle-t-on séparément ? »
RÉPONSE : « Si vous n'aviez pas fait cette différence illusoire entre « ordinaire » et « spirituel », personne n'en aurait parlé. En réalité, de telles choses n'existent pas. Même le mental n'est pas vraiment le mental. Si vous constatez que tout cela n'est qu'illusion, où donc espérez-vous trouver quelque chose ? »

QUESTION : « Peut-être l'ignorance obstrue-t-elle la compréhension du mental, mais vous ne m’avez pas encore expliqué de quelle manière on peut s'en débarrasser. »
RÉPONSE : « Tout d'abord : permettre à l'ignorance de naitre et ensuite chercher à s'en défaire sont deux actes qui appartiennent à l'ignorance. L’ignorance n’a pas de fondement, en fait elle s’élève de vos distinctions. Si vous vouliez mettre fin à des concepts opposés tels que « ordinaire » et « spirituel », l'ignorance cesserait d’elle-même. Lorsque vous lui permettez de s’élever ou lorsque vous cherchez à la détruire, il n’y a rien, pas la moindre chose que l'on puisse saisir. C'est le sens de cette maxime : « En abandonnant tout, je trouverai certainement le Bouddha. »

QUESTION : « Puisqu'il n'y a rien de tangible, comment le Dharma peut-il être transmis ? »
RÉPONSE : « Il est transmis de mental à mental. »

QUESTION : « Si l'on utilise le mental dans ce but, comment peut-on dire que le mental n’existe pas ? »
RÉPONSE : « N'obtenir absolument rien, c'est ainsi que l’on évoque la réception de la transmission de mental à mental. La compréhension du mental suppose la réalisation qu'il n'y a ni mental ni Dharma. »

QUESTION : « S’il n’y a ni mental ni Dharma, qu’entendez-vous par « transmission » ? »
RÉPONSE : « En entendant parler de transmission de mental à mental, tout le monde s'imagine qu'il y a là quelque chose à obtenir. C'est pourquoi Bodhidharma a dit : « Lorsque l'on comprend la nature du mental aucune parole humaine ne peut circonscrire ni révéler cette Nature. L'Illumination ne s'acquiert pas, Celui qui l'atteint ne dit pas qu'il sait. Si je pouvais faire en sorte que le sens réel de cette parole vous apparaisse clairement, je doute que vous puissiez supporter la révélation d'une telle connaissance. »

QUESTION : « La vacuité qui s'étend devant nos yeux n'est-elle pas objective ? C'est alors, sans aucun doute, désigner le monde extérieur comme le lieu où l'on peut voir le mental. »
RÉPONSE : « Quelle sorte de mental pourrais-je bien vous dire de chercher dans le domaine objectif ? Si même je pouvais vous le montrer, ce ne serait là que sa réflexion. Si l'on regarde son visage clairement réfléchi dans une glace, ce n'est jamais qu'une image réfléchie. De quelle valeur sont ces idées dans la discussion ? »

QUESTION : « Si rien ne nous est révélé au moyen d'images réfléchies, verrons-nous jamais quelque chose ? »
RÉPONSE : « Aussi longtemps que vous vous occuperez de « moyen », vous dépendrez toujours de faux instruments. Quand réussirez-vous ? N'avez-vous pas entendu répéter : « Abandonnez toutes choses comme si rien ne vous appartenait, vous gaspillez vos forces à faire le fanfaron. »

QUESTION : « Les images réfléchies sont-elles dénuées d'existence pour celui qui comprend ? »
RÉPONSE : « Si rien de matériel n'a d'existence, comment une image réfléchie pourrait-elle avoir quelque utilité ? Attendez-vous que vos yeux soient ouverts pour cesser de marmonner en dormant ? On ne peut comparer en excellence le simple abandon de la recherche avec la plus grande érudition. Le sage est celui qui se place lui-même à l'écart de tout ce qui appartient au monde objectif. Il n'y a pas différentes sortes de mental et aucune doctrine ne peut être enseignée. »

Chacun des assistants se retira alors car il n'y avait plus rien à dire.

QUESTION : « Que doit-on entendre par « vérités de ce monde ? »
RÉPONSE : « Qu'attendez-vous de telles futilités ? Toutes choses sont pures par essence ; pourquoi utiliser dans la discussion des figures de langage erronées ? Celui qui est au delà des imaginations, celui-là atteint le détachement dans la sagesse. Chaque jour, en marchant, debout, assis ou couché, dans chacune de vos paroles, soyez détaché des objets du monde phénoménal. En parlant, ou simplement en clignant la paupière, que chacun de vos actes soit accompli sans attachement. Nous entrons maintenant dans la dernière des Trois Périodes et la plupart de ceux qui étudient la doctrine dhyâniste s'attachent aux sons et aux formes. Pourquoi ne font-ils pas comme moi ? Laissez aller chacune de vos pensées comme si elle était vide, comme si elle n'était que pourriture, ou pierre, ou cendre d'un feu depuis longtemps éteint, ou bien alors accordez-lui juste l'attention superficielle appropriée aux circonstances. Si vous n'agissez pas ainsi alors que vos jours sont comptés, vous serez destiné aux tortures de Yama. Retirez-vous complètement de l'être et du non-être (c'est-à-dire du monde phénoménal) ; que votre mental soit semblable au soleil qui voyage éternellement à travers le vide de l'espace et brille sans intention déterminée. Ce n'est certes pas une chose à laquelle on parvienne sans effort. Quand vous atteindrez cet état où il ne reste absolument rien à quoi se raccrocher, vous agirez comme agissent les Bouddhas et en parfait accord avec cette maxime : « La pensée doit jaillir d'un état de détachement total », car c'est l'état de votre pur Dharmakâya, c'est-à-dire de l'Illumination suprême et parfaite. Si vous êtes incapable de comprendre cela, bien que, par vos études, vos efforts douloureux et une vie d'ascèse, vous ayez acquis des connaissances étendues, vous ne pourrez malgré tout réaliser la nature de votre mental. Tout ce que vous ferez sera, pour ainsi dire, nuisible, et vous rejoindrez inévitablement la famille de Mara. Quel profit tirerez-vous de ce genre de travail ? C'est ainsi que Chili Kung disait : « Le Bouddha fut, primitivement, créé par votre mental ; comment pouvezvous maintenant Le chercher dans les écrits ? » Vous étudiez la manière de parvenir aux Trois Degrés de l'état de Bodhisattva, aux Quatre Degrés de la Sainteté, aux Dix Etapes progressives au Bodhisattva vers l 'Illumination ; mais même lorsque votre mental sera saturé de ces études, vous continuerez à établir des distinctions entre « ordinaire » et « spirituel ». Rester aveugle à l'évanescence des degrés qui s'étagent le long de la Voie équivaut à demeurer dans le monde des phénomènes qui apparaissent et disparaissent ».
« Son élan épuisé, la flèche tombe à terre. Qui sait si la vie que vous élaborez comblera vos espoirs ? Comme elle est éloignée de la Voie transcendantale d'où l'on atteint d'un bond la rive du nirvâna ! »
« C'est parce que vous ne ressemblez pas à l'auteur de ces lignes que vous insistez pour étudier les méthodes établies par les hommes d'un lointain passé, afin d'obtenir d'eux des connaissances et des raisonnements explicatifs. Chih Kung a dit : « Si vous ne rencontrez pas un Maitre véritable, ayant dépassé toutes les œuvres de ce monde, c'est en vain que vous étudierez tout le Mahâyâna ».

QUESTION : « Hui Neng était incapable de lire les sûtras, pourquoi a-t-il reçu la robe et été consacré patriarche ? Shen Hsui, l'Ancien, était le chef et l'instructeur de cinq cents hommes, il pouvait discourir sur trente-deux sûtras. Pourquoi n'a-t-il pas reçu la robe ? »
RÉPONSE : « Parce que Shen Hsui n'avait pas éliminé les imaginations, il n'avait donc pas transcendé les phénomènes. Il a obtenu dans la mesure de ce qu'il a pratiqué, mais tout ce qu'il avait acquis appartenait au monde des phénomènes. Par conséquent, c'est à Hui Neng, le 6e Patriarche, que le 5e Patriarche transmit le Dharma ; à l'instant de la transmission, Hui Neng atteignit la compréhension intuitive. La plus profonde pensée du Tathâgata fut ainsi secrètement transmise et c'est pourquoi le Dharma lui fut confié. Ne voyez-vous pas que l'enseignement essentiel du Dharma est la négation de l'existence absolue des êtres et des choses, mais cela même qui est impersonnel (dans l'Absolu) est individualisé (dans le relatif). On peut dire de celui qui est apte à comprendre cet enseignement qu'il est un vrai moine, car il est capable de mettre la doctrine correctement en pratique. Si vous n'ajoutez pas foi à cela, expliquez l'histoire de Wei Ming lorsque celui-ci se rendit au sommet de Ta Yu pour y rencontrer le 6e Patriarche. Ce dernier demanda à Wei Ming: « Pourquoi êtes-vous venu, est-ce pour la robe ou pour le Dharma ? » Et comme Wei Ming répondait : « Non pour la robe, mais pour le Dharma », le 6e Patriarche continua : « Concentrez vos pensées un moment, ne pensez ni en termes de bien, ni en termes de mal (c'est-à-dire : pensez sans attachement). Ming fit ainsi. Alors le 6e Patriarche lui dit : « Au moment où vous ne pensez ni en termes de bien, ni en termes de mal, à cet instant même retournez à votre état originel avant la naissance de vos père et mère ». Et Wei Ming, le temps de prononcer une syllabe, atteignit soudain à la compréhension intuitive de la Réalité. Se prosternant, il dit : « Maintenant je suis comme un homme qui boit de l'eau et découvre spontanément sa fraîcheur ou sa tiédeur. J'ai vécu parmi les disciples du 5e Patriarche, luttant inutilement pendant trente ans, c'est aujourd'hui seulement que je perçois mes erreurs premières ». Le 6e Patriarche répondit : « C'est ainsi, maintenant vous savez pourquoi Bodhidharma, à son arrivée des Indes, s'adressa directement au mental des hommes, afin qu'ils puissent percevoir leur nature réelle et devenir des Bouddhas, car il ne se fiait pas aux paroles. Lorsque Ananda demanda à Mahâ-Kâshyapa ce que « Celui que le monde vénère » lui avait transmis, à part la robe d'or, n'avons-nous pas vu comment celui-ci s'écria : « Aranda ! » et, à la respectueuse réponse d'Ananda, il poursuivit : « Jette à terre le drapeau du monastère, ce sera un exemple de la façon dont on doit traiter les Patriarches ». Le sage Ananda avait servi le Bouddha pendant trente ans. Parce qu'il était trop instruit, le Bouddha le grondait, disant : « Rechercher la connaissance pendant mille jours ne se compare pas à l'étude de la voie correcte durant un seul jour. Si vous ne l'étudiez pas, même une goutte d'eau sera difficile à digérer ».