La nature de l'esprit est libérée depuis des temps sans commencement. Cela veut dire que depuis des temps sans commencement, c’est libéré, donc qu’il n’y a rien à libérer. Si depuis des temps sans commencement, c’est libéré, qu’est-ce-que nous voulons méditer ? En fait, il n’y a pas à méditer. Il n’y a pas quelqu’un qui va libérer quelque chose puisque l’esprit se libère de lui-même, il n’y a pas à utiliser d’autres méthodes, il se libère de lui-même.
Puisque nous disons que tout est parfaitement libéré, il n’y a rien que nous devions libérer, tout est libéré. Si tout est parfaitement libéré, pourquoi faire toutes sortes d’activités ou s’entraîner à quelque chose ?
Mais quand nous avons un certain bien-être dans notre esprit, ce n’est pas cela la méditation. Parce que là, il pourrait y avoir une saisie.
L’esprit n’a pas de matérialité, alors que voulons-nous saisir, puisque l’esprit est vide ? L’esprit est vacuité donc il n’y a rien à saisir, il n’y a rien à libérer.
C’est cela la Vue. De cette manière, en fait, il n’y a pas à méditer et cela veut dire qu’il n’y a même pas quelqu’un qui pense à méditer ou à ne pas méditer. Nous ne savons pas comment ne pas méditer. Si nous savions, bien sûr cela serait simple. Il faut comprendre cette « non-méditation ». Si nous comprenons cette non-méditation, c’est cela la méditation et c’est la meilleure méditation.
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A ce moment-là, nous disons que la méditation, c’est la non-méditation. Actuellement, quand nous disons que nous méditons, ce n’est pas la véritable méditation. Dans cet état-là de Connaissance, la plus grande méditation, c’est la non-méditation.
Il est dit dans le texte que l’ensemble de tous les phénomènes est vide, vacuité. Puisqu’il en est ainsi, puisque tout est vacuité, qui y a-t-il y a à méditer ? Il n’y a rien à méditer puisque tout est vacuité. L’ensemble de toutes les apparences phénoménales est vacuité, notre esprit est vacuité.
Comme il en est ainsi, l’ensemble de tout cela est non-né. Puisque cela est non-né, il y a non-obstruction, cela n’est pas obstrué.
L’Absorption Méditative Parfaitement Pure est appelée ainsi puisque tout est non-né et que tout est non-obstrué. Puisque cela est non-né, puisque cela est non-obstrué, il n’y a pas de lieu où demeurer. Ainsi puisque tout est vacuité et qu’il y a non-naissance, non-obstruction et non-lieu, c’est l’Absorption Méditative Parfaitement Pure. Le Bouddha Shakyamouni a dit que cet état était inexprimable par des mots, puisque l’ensemble de tous les phénomènes et de tout notre esprit étaient non-nés, non-obstrués et qu’il n’avaient pas de lieu où demeurer. L’essence même de notre esprit est inexprimable par des mots et c’est cela la Grande Sagesse qui est non-née, non-obstruée et qui est sans lieu. Ainsi l’essence de cet esprit est semblable à l’espace.
C’est cela la sagesse, ce n’est pas le mental, l’aspect intellectuel de notre esprit, mais cela est véritablement la Connaissance, la Sagesse.
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L’enseignement parle de la Vue, de la Méditation, de l’Action et du Fruit. Nous pouvons encore parler de l’écoute, de la réflexion, de la méditation. En ce qui concerne la Vue, elle est pure depuis des temps sans commencement, cela signifie qu’elle est vacuité, que tout est vacuité. Il faut comprendre que la Vue n’a ni base, ni racine, qu’elle est juste libérée. Si nous obtenons cette Vue, il n’y a pas besoin de méditation. Si nous parlons de méditation à ce niveau là, il s’agit de méditation spontanée. Des pensées émergent de l’esprit, elles viennent, elles repartent, il y a un mouvement de va-et-vient. Il suffit de ne pas les saisir, de ne pas les suivre. C’est cela la méditation spontanée, la méditation naturelle. Après avoir obtenu la Vue et la Méditation, dans l’action nous n’aurons plus toutes sortes de pensées telles que : « Mes pensées sont mauvaises, je dois les rejeter ou cette action est mauvaise, je dois la cesser, cette action est bonne je dois l’effectuer… ! ». Dans cet état, il n’y a ni à pratiquer ni à rejeter quoi que ce soit. C’est cela l’Action.
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Dans cette compréhension que nous pouvons avoir de la nature de l’esprit, nous reconnaissons qu’il n’y a pas d’apparence extérieure, qu’il n’y pas d’apparence intérieure, c’est-à-dire que les apparences extérieures ne demeurent pas car nous ne les saisissons pas, les apparences intérieures ne demeurent pas non plus. A ce moment, notre esprit est l’espace, pas semblable à l’espace, notre esprit est l’espace.