vendredi 3 octobre 2008

• Il n'est qu' "Être" - Nathan Gill

Nathan Gill

Nathan Gill est né en Angleterre en 1960. Après avoir lu de nombreux auteurs dans le domaine de la spiritualité, sa vie bascule après sa rencontre avec Tony Parsons, pour qui nous sommes déjà éveillé. « A son contact, le tricotage mystique dont j’avais profusément paré le drame de l’illumination devint très clair. […] Il se trouva qu’en septembre 1998, il se produisit un évènement moins frappant mais similaire à l’évènement de la traversée du Parc que Tony décrit dans son livre. J’étais en train de jardiner et il bruinait. Me redressant, je regardais aux alentours : il y avait une subtile impression de moi n’étant pas là. […] Avec ce soudain évanouissement du moi, tout besoin de compréhension disparut, pendant que se révélait un savoir profond. […] Au fil de la journée, l’absorption en tant que “je” commença subtilement à réapparaître et à s’approprier cet évènement – qui était précisément la disparition du “je” – comme “mon” illumination, “mon” éveil. […] De toute évidence, l’évènement qui s’était produit dans le jardin n’avait aucune importance particulière… Sa survenue a seulement mis un terme à ma confusion, me permettant de me rendre compte comment j’avais subtilement attendu un évènement en guise de permission d’être ce que je suis déjà. Cette clarté ne dépend pas de l’absence ou de la présence du “je”. Si le “je” apparaît, il est simplement vu pour ce qu’il est. »

En tant que témoin d’éveil, Nathan Gill nous propulse de plein pied dans l’univers de l’être, pour nous percevoir à la fois dans l’identification aux manifestations de l’ego, et dans ce qui en nous est au-delà de toute identification. Au cours de ses entretiens avec des visiteurs de passage, de nombreux chercheurs dressent un bilan sans concession de leurs années d’errance spirituelle. L’auteur nous livre ces échanges émouvants dans leur intégralité et bien des lecteurs y trouveront un reflet de leur propre expérience. Dans un retour vers l’essentiel, il nous affirme constamment qu’il n’est aucune nécessité de changer ou d’atteindre quoi que ce soit pour être.

Nathan Gill déplace le questionnement habituel du chercheur spirituel.

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La recherche de l'éveil se focalise en général sur l'évacuation du sens de l'individualité, comme s'il s'agissait de quelque chose de faux ou d'irréel. Mais s'il y a « sentiment d'individualité » et une histoire tournant autour d'une recherche pour s'en débarrasser, c'est alors précisément cela la réalité.

Être n'exige absolument rien. Il n'est aucune nécessité de changer ou d'atteindre quoi que ce soit pour être, affirme Nathan Gill.

Après Francis Lucille, Ramesh Balsekar, Wayne Liquorman, Tony Parsons et Léo Hartong, le parfum d'unicité dans lequel baigne toute recherche authentique de « vérité » en ce début de siècle nous embrasse ici à travers une série de dialogues fracassants entre Nathan Gill et ses visiteurs occasionnels.

Dans un langage simple, clair et concis, ce jardinier inspiré nous conduit aux limites de l'entendement vers une résorption définitive de l'histoire personnelle : aller simple pour la quiétude, certes, mais au prix du dépouillement suprême.

En plusieurs endroits de ces dialogues où la perspective non duelle se révèle sans aucun garde-fou, des chercheurs de longue date dressent un bilan sans concession de leurs années d'errances spirituelles, laissant transparaître la nature du mirage ultime et l'indice de sa proche dissolution. Nathan a la délicatesse et l'intelligence de nous livrer ces émouvants partages dans leur intégralité et bien des lecteurs y trouveront un reflet de leur expérience intime éclairée par une compréhension élargie.

En fin de compte il n'est qu'Être, la seule constante capable de réconcilier notre entendement avec la vision paradoxale qui nous habite et de nous libérer du joug ultime des religions et spiritualités convenues.

5 commentaires:

so what a dit…

J'ai déjà lu ce livre en anglais,intitulé "being,the bottom line"...Nathan Gill est avec Tony Parsons une des expressions non duelles les plus claires...ici,le chercheur se voit retourner avec strictement rien à se mettre sous la dent...et dans ce rien quelque chose d'autre pourrait émerger,sa propre absence!...:-)

so what a dit…

Livre hautement recommandé avec le fameux "J'espère que vous allez mourir bientôt" de Richard Sylvester...ces 2 livres sont des bombes qui risquent de faire exploser le rayon "spiritualité" des librairies! :-)

Xavier a dit…

Faire exploser le rayon "spiritualité" des librairies, j'en doute. Tout comme vraiment amener à l'Être d'ailleurs, car personnellement je trouve bien fade les livres de Parsons et Sylvester, ou aussi Foster (je ne connais pas Gill). C'est "clair", oui, mais tellement clair que ç'en est lisse et ne me touche pas vraiment, ne me remet pas en question. Pour moi ça se lit comme un roman de gare... et cela n'apporte pas plus qu'un roman de gare ! A mon avis le mental s'y plaît et complaît, justement parce qu'il se sent bien dans cette "clarté", mais cela ne va pas plus loin.

so what a dit…

Mais l'Etre est aussi un roman de gare!...:-)

jp.chometon a dit…

Bonjour à tous,

Au delà d'être touché par tel ou tel texte, rien ne vaut un véritable contact avec ces personnes. La "résonance" peut être alors tout autre et engendrer, ou pas, l'arrêt de la recherche. Cela pouvant aussi bien survenir dans n'importe quelle circonstance.

Bonne journée