dimanche 25 novembre 2012

• Le duo de l'Un - Ramesh S. Balsekar




Voici un enseignement de Ramesh S. Balsekar qui vient de paraître chez Aluna Éditions : "Le duo de l'Un", qui est un magnifique et profond commentaire de l'Ashtavakra Gita.

L’Ashtâvakra est un des textes les plus purs, les plus abrupts qui soit. Il n’est pas une somme de savoirs, une exposition d’érudition qui étouffe l’intuition. Ici, nous ne trouvons que des mots exprimés simplement, sans détour, qui pointent vers Cela qui Est, « vide, silence, pureté, omniprésence ». À accueillir directement dans le cœur, en ce centre d’où émerge le souffle indifférencié et où convergent les énergies manifestées. À l’instar de Ramesh Balsekar qui, lumineux, solide, profond, généreux, et avec une patience inlassable, nous offre de retrouver intuitivement la source qui anime le corps et le mental.
L’Ashtâvakre Gîta est comme une balise qui éclaire notre compréhension et qui s’évanouira à l’instant où… Tous les maîtres des voies radicales répètent qu’un seul élan suffit, un saut sans effort, sans appui, du phénoménal au nouménal, du temporel à l’instant éternel, du pluriel à l’absolu. « Ce n’est que dans le silence dénué d’effort du vide phénoménal (qui est le plein nouménal) que le saut peut se produire », nous dit Ramesh Balsekar. Silence de la transmission, de l’efficience du maître et de l’accueil dans le cœur du disciple. Silence de l’essence en sa plénitude.



Nicole Montineri

Présentation de l'ouvrage : 

L’Ashtâvakra Gîta est un texte ancien védantique (antérieur au 7ième Siècle) qui relate les entretiens entre le saint réalisé Ashtâvakra et son disciple, le roi sage Janaka. Le corps marqué du sceau de l’incapacité par huit défor- mations corporelles, Ashtâvakra témoigne que l’handicap physique n’entrave pas notre capacité d’être, qui ne dépend que de la Conscience.
Par-delà le temps et l’espace, ce texte nous touche car il nous parle de l’origine qui ne peut être divisée, conceptualisée, limitée par des catégories mentales qui varient selon les époques et les lieux. Il exprime la spontanéité, la simplicité de celui qui a réalisé que tout ce qui est, est Conscience. Conscience qui ne peut jamais être expérimentée, faire l’objet d’une perception ou d’une connaissance.
Ashtâvakra ne prodigue aucun enseignement qui ajouterait de l’illusion à l’illusion. Nulle explication n’est requise pour le roi Janaka à l’esprit trans- parent. Qu’est-ce qui pourrait révéler la Conscience ? Instructions, pratiques, activités procèdent d’Elle, sont Elle. Un Tout en lequel n’existe aucun moyen d’accès. Le seul rayonnement suffit pour provoquer l’absorption du disciple dans la Réalité où baigne le maître.
L’Ashtâvakra est un des textes les plus purs, les plus abrupts qui soit. Il n’est pas une somme de savoirs, une exposition d’érudition qui étouffe l’intuition. Ici, nous ne trouvons que des mots exprimés simplement, sans détour, qui pointent vers Cela qui Est, « vide, silence, pureté, omniprésence ». A accueillir directement dans le cœur, en ce centre d’où émerge le souffle indifférencié et où convergent les énergies manifestées. A l’instar de Ramesh Balsekar qui, lumineux, solide, profond, généreux, et avec une patience in- lassable, nous offre de retrouver intuitivement la source qui anime le corps et le mental.
L’Ashtâvakra Gîta est comme une balise qui éclaire notre compréhension et qui s’évanouira à l’instant où .... Tous les maîtres des voies radicales répè- tent qu’un seul élan suffit, un saut sans effort, sans appui, du phénoménal au nouménal, du temporel à l’instant éternel, du pluriel à l’absolu. « Ce n’est que dans le silence dénué d’effort du vide phénoménal (qui est le plein nou- ménal) que le saut peut se produire », nous dit Ramesh Balsekar. Silence de la transmission, de l’efficience du maître et de l’accueil dans le cœur du disciple. Silence de l’essence en sa plénitude.
6Les maîtres savent bien que là où il n’y a ni pensée, ni mot, ni corps, ni sens, ni objet, l’enseignement n’a pas de sens. Il n’y a pas de connaisseur, il n’y a donc rien à connaître. Seule cette indication, « simplement un mouve- ment dans la Conscience ». Moins la pensée vibre à ce que les sens perçoi- vent, plus le mot se raréfie, le concept s’éteint. Comment dire la Réalité qui a le vide pour fond et la liberté pour forme ? Reste le silence, qui englobe et pénètre tout, unique expression possible de soi à Soi.
Janaka auprès d’Ashtâvakra, Ramesh Balsekar auprès de Nisargadatta Maharaj, se sont mis en situation de recevoir, dans une attitude humble, un état d’attention recueilli, l’esprit reposant dans sa vacance et laissant surgir puis se résorber ce qui vient sans rien conceptualiser. L’énergie d’amour qui unit peut dès lors circuler.
Tout regard duel ayant disparu, le maître transmet de cœur à cœur le souffle d’énergie cosmique qui brûle les dernières identifications chez le dis- ciple. Celui-ci retrouve son universalité, en laquelle seule il a réalité.
Aucun d’entre eux n’est dupe : c’est une même Conscience qui écoute et questionne en tant que disciple, qui éclaire et répond en tant que maître. Elle est illumination en Elle-même. La réalisation survient par simple réfléchissement.

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vendredi 23 novembre 2012

• Éveil à l'ineffable - Darryl Bailey


La fin de l’illusion  est une exploration, une remise en question de nos idées sur l’existence. Il s’agit d’examiner notre expérience directe du moment pour découvrir si les idées que nous avons sur la vie cadrent bien avec elle.
Les idées ne nous disent pas ce qu’est la vie. Les descriptions d’un soi et d’un monde, d’un passé, d’un présent et d’un futur, de libre arbitre et de destinée – ces idées ne correspondent ni ne s’appliquent à ce qui est. Elles sont construites autour d’idées de forme et nous ne pouvons trouver aucune forme stable.
Toute forme se métamorphose pour finalement disparaître. Les formes ne sont pas la réalité ; ce sont des apparences illusoires.

Peut-être pouvons-nous arrêter de croire aux illusions de la pensée ?
Étroitement focalisés sur le  penser et le faire, nous ne pouvons jamais reconnaître le mouvement de la vie. S’il est vu que les histoires de forme sont fausses, s’il est réalisé qu’aucune histoire n’a cours, la fixation sur ces interprétations illusoires tombe. La vie survient simplement sans avoir besoin d'être définie de quelque façon que ce soit.
Dépouillée des oripeaux dont nous avons été de tout temps encouragé à la revêtir, la vie se révèle comme un incessant et mystérieux processus.

Seul est l’ineffable, l’insaisissable et merveilleux mouvement de l'existence...

L’écriture de Darryl Bailey est limpide, et rafraîchissante dans sa simplicité affranchie de tout dogmatisme.

Ouvrage publié aux Éditions Accarias-L'Originel

Extrait de l'ouvrage :

L’existence n’a pas de contours, elle ne peut donc être comprise comme quoi que ce soit en particulier.

Il semble important de le noter car la plupart des gens sont empêtrés dans l’idée de cultiver une certaine compréhension de l’existence, dans le but de mettre un terme au conflit. Bien que la perception puisse être utile dans une mesure limitée, c’est en fin de compte une focalisation sur des formes là où aucune forme n’existe réellement ; par conséquent c’est une focalisation sur l’illusion.

C’est la frustrante tentative d’imposer une forme au mouvement, une tentative de figer la vie, mentalement et physiquement, alors que la vie va toujours pousser au delà de ces limites imposées. Cette tentative de résister au mouvement de la vie est conflit ; elle ne peut apporter un terme au conflit. 

La focalisation obsessive sur des idées de forme est toujours frustrante et rend impossible la réalisation de quelque chose d’autre.

Q : Qui est ?

DB : Que tout est mouvement, mouvement indéfinissable. Il n’y a aucune indication, nulle part, que nous contrôlions cette action, car à l’évidence nous ne créons pas notre propre mouvement. Nous ne créons pas l’incessant et toujours changeant mouvement de nos envies, de nos intérêts, élans, aptitudes, inclinations et potentiels.

Les formes imaginaires dans un nuage ne gouvernent pas l’action de ce nuage et les formes imaginaires dans l’existence ne dirigent pas l’action de l’existence.

Q : Mais ceci est encore une autre pensée.

DB : Oui. C’est pourquoi je dis que je ne peux décrire les plus profonds aspects de la liberté. Le plus que peuvent faire la perception et la pensée est de révéler leurs propres contradictions. La pensée réalise simplement qu’elle ne peut décrire ce dont nous faisons réellement l’expérience. Même l’idée d’expérience est impropre.

Si cette réalisation se produit, la focalisation obsessive sur la perception et la pensée est lâchée. L’action que nous appelons perception et pensée continue à se présenter, mais c’est une survenue qui ne peut être expliquée de quelque manière que ce soit.

Q : Comment en arrive-t-on là ?

 DB : Nous n’avons pas besoin d’y venir ; nous n’en sommes jamais partis. Nous sommes cela. Tout ce dont il est besoin est de s’éveiller à cela. En fait, personne n’a besoin de s’éveiller à cela, mais la vie peut prendre cette direction, que cela vous plaise ou non.

Lorsque vous demandez : « Comment en arrive-t-on là ? », vous présumez que nous sommes une conscience dans un corps qui peut influer sur la vie, et que d’une façon ou d’une autre nous avons perdu quelque chose auquel nous devons revenir, que d’une façon ou d’une autre nous sommes séparés de notre entièreté, séparés de notre potentiel véritable. Mais tout cela est une illusion s’appuyant sur l’apparence de formes.

L’existence est mouvement. Quoi que nous soyons en ce moment, quoi que nous fassions en ce moment, est un inexplicable mouvement s’accomplissant lui-même. Rien ne peut y être ajouté et rien ne peut en être retranché.

Lorsque je parle de cette action ou mouvement, je ne désigne pas quelque chose qui doive être développé ou cultivé, ni atteint. Je dis simplement que c’est ce qui est déjà.

Les gens qui s’appliquent à devenir riches ou tentent d’être célèbres sont simplement mus dans ce sens. Et les gens qui mènent des vies charitables ou réalisent un apparent éveil spirituel sont mus dans cette direction là.

Q : Mais c’est influencé par des choses variées, par d’autres personnes et par les évènements.

DB : Il paraît en être ainsi. Mais si nous examinons ces choses et ces évènements variés et le comportement de ces gens, nous découvrons qu’ils sont irrésistiblement poussés à aller dans le sens où ils vont par leur nature intrinsèque. Et nous sommes irrésistiblement poussés à leur répondre de la manière dont nous le faisons par notre nature intrinsèque.

Cela change tout le temps. Généralement de manière subtile, mais parfois aussi, radicalement. Nous ne sommes pas enfermés dans un mode de réaction. La façon dont cette réaction se manifestera la fois suivante n’est pas précisément prévisible. Il y a des tendances générales mais elles ne se répètent jamais exactement à l’identique.

En tant que nouveau-né, quelque chose se passait qui ne requérait aucun effort ni aucune compréhension délibérée. Cela n’est jamais parti. Il n’y avait aucun vous faisant quoi que ce soit à l’époque. Il n’y a aucun vous faisant quoi que ce soit maintenant.

Q : Comment vivrait-on avec ce sens des choses ?

DB : Simplement tels que nous sommes maintenant. Il n’est personne pour « faire » le voir, l’écoute, le toucher, le goûter, le sentir ou le penser. Il s’agit d’un fonctionnement automatique. Il n’est en réalité aucun voir, aucune écoute, aucun toucher, aucun goûter, aucun sentir ni penser. Ce sont des étiquettes acquises et des notions erronées de division et de forme.

© Publié avec l'accord des Éditions Accarias-L'Originel


jeudi 22 novembre 2012

• Franck Terreaux invité de Radio Ici & Maintenant !


Franck Terreaux sera l'invité de Radio Ici & Maintenant (95.2), le 29 novembre 2012, 17h30-19h, dans l'émission de Laurent Fendt

Franck Terreaux, accordeur de pianos, rencontra pendant son parcours intérieur deux personnes qui furent déterminantes : Jean Klein et Marigal. Il est l’auteur de deux ouvrages parus aux Éditions l'Originel :

Lorsqu’il est question de recherche spirituelle, les premiers mots qui nous viennent à l’esprit sont : méditation, ascèse, libération de l’emprise de l’ego ou encore conscience de soi. Ces mots résonnent ici comme des subterfuges nous éloignant inexorablement de ce que nous sommes.
Le "reste tranquille" de Ramana Maharshi retrouve enfin tout son sens.
Plus rien à chercher, plus rien à trouver, vous êtes ce que vous êtes avant même que vous ne le sachiez, avant même que vous ne commenciez à l’imaginer.
C’est le "avant" le "juste avant" de toute chose.

Franck Terreaux nous dit qu’il n’y a pas à faire, mais surtout, il nous permet de comprendre de manière précise comment être en mesure de dépasser cette apparente contradiction : en ne faisant pas, nous arriverons à quelque chose.

Vidéos de Franck Terreaux.

vendredi 9 novembre 2012

• Le miracle d'être - Stephen Jourdain


Éveil spontané et éveil recherché

Charles Antoni : Un éveil brusque peut-il survenir sans suivre un enseignement ?
Stephen Jourdain : En théorie tout le monde peut, à tout instant, s’éveiller. Si on retient cette terminologie, il semblerait que l’éveil spontané soit rare. Mais il est vrai que l’Eveil recherché et trouvé est rare également. C’est extraordinairement facile quand on sait faire le geste, (très, très facile, lumineux !), mais très difficile à mettre en place ; il y a un truc !
C’est vrai qu’il y a un truc ! Quand on est petit et qu’on apprend à monter à bicyclette, on se dit que c’est impossible, qu’on ne tiendra jamais sur ce truc-là, impossible ! Et puis on essaie, on se casse la gueule un certain nombre de fois, et tout d’un coup on part sur son vélo. On a appris, on a compris. On ne sait pas expliquer ce que l’on a compris, c’est très difficile mais, tout à coup, on sait monter à vélo. 
Là, on sait monter à Dieu, on sait monter à l’Eveil ; c’est pareil ; il y a un truc. Le tout est de donner le truc, ce n’est pas vraiment évident.
Comment le donner et surtout comment le recevoir ?
La réponse, tout à fait classique, c’est de vous suggérer de retourner votre question, de vous en servir comme d’un instrument pour prendre appui en vous et reculer dans ce que vous êtes. La réponse à une question n’est jamais au bout du doigt de la question, elle est exactement de l’autre côté. Il n’y a pas de réponse de type intellectuel, il n’y a que des réponses existentielles. Et l’existence, cette existence qu’on veut atteindre est l’origine de la question ; il faut donc s’intéresser à l’origine de la question plutôt qu’aux supputations qui se trouvent en aval.
Tu as dit par ailleurs qu’il est important d’être un bon rêveur. Est-ce quelque chose qui procède d’une imagination fertile ? D’une faculté à rêver ? Ou est-ce au-delà du rêve ?
C’est vrai qu’il est important, selon l’expression que j’emploie, de dormir « droitement ». Dormir « droitement », cela impliquerait de n’avoir aucun souci d’Eveil. Il faut y aller… mais il ne faut pas en faire un objet de recherche. La plupart de ces personnes qu’on appelle « chercheurs spirituels » – il n’y a plus que des chercheurs, tout le monde cherche – cela serait un acte de sagesse de leur part, d’abord de ne pas dramatiser, de ne pas aller vers quelque chose. Parce que si on va vers quelque chose, on va forcément aller vers un appât, un gros objet, un monument. Il faudrait procéder très simplement. Il y a toutes sortes de choses qu’on peut essayer de faire, des choses très simples, qui relèvent plus de l’hygiène que de l’étude spirituelle, des choses que nous devrions tous pratiquer, toutes ces choses qui tendent à faire de nous un être vivant. C’est ça : au moins être vivant !
Il s’agit de trucs très simples, de recettes très simples. Ne pas se mentir à soi-même, toujours être parfaitement clair. Mentir aux autres, faire toutes les « saloperies » qu’on a envie de faire dans l’existence, mais ne jamais se les cacher à soi-même. C’est une mesure d’hygiène élémentaire mais il semblerait qu’elle ne soit pas toujours appliquée. Après ça, essayer de se dégager des préjugés d’ordre social. Et puis des préjugés plus importants, métaphysiques. Nous sommes des colliers de préjugés. Moi je n’ai rien contre les préjugés, ni contre quoi que ce soit, je ne fais le procès d’absolument rien, mais encore faut-il que ces préjugés ne nous réduisent pas à leur malheureuse teneur intellectuelle. Or, en général, nous ne sommes qu’un paquet de préjugés : il faut s’en décoller, prendre un peu de recul. Je fais cette suggestion, très simple, que chacun devrait tous les jours, 5 minutes pas plus, avoir un cahier où noter ses préjugés. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, même un moribond a intérêt à entreprendre ce type de travail. Je pense que si on arrive à faire cela, ne pas se mentir à soi-même et constamment faire l’inventaire de ses propres préjugés, (par exemple qu’il faut absolument atteindre l’Eveil), on prendra de la distance.
Mais une distance qui ne sera pas suspecte, qui ne sera pas celle de l’introspection. On ne s’examinera pas avec celle de l’introspection. On ne s’examinera pas avec une paire de jumelles, simplement on décodera. Dans l’état habituel on est collé ; on ne va pas parler d’adhésion mais d’adhérence, au sens chirurgical du terme, « collé ». Nous avons nos attributs, nos déterminations parmi lesquelles nos préjugés et nous y sommes collés. Nous sommes comme des légumes qui attachent au fond d’une casserole : il faut absolument libérer les malheureux légumes ou le malheureux fond de la casserole. Petite mesure d’hygiène ! Normalement si on fait cela, on doit être payé en gain de vie, on doit sentir rapidement qu’on est vivant. Mais on risque d’être atterré en se rendant compte qu’on était mort depuis trente ans ! 
Il y a une petite chance pour que l’enfance revienne, que la vie frémisse à nouveau en nous. A partir de là on est digne du nom d’être humain. C’est déjà très bien, c’est l’essentiel. Et si par la suite, on a envie de creuser cette intériorité qui a été remise en place, creuser ce mystère dont le sens a émergé à nouveau, eh bien, on ira joyeusement ! Pas parce que untel l’a dit mais parce que c’est l’appel de la vie. Parce que c’est passionnant et amusant. A partir de là on pourra éventuellement essayer d’accomplir certains actes spécifiques, on pourra essayer de s’éveiller, de se taper sur l’épaule pour tout d’un coup se redresser en soi-même, les yeux grands ouverts alors qu’on croyait être en train de veiller…
Ce qu’il est important de dire c’est que, dans le fond, l’Eveil c’est gai, ce n’est pas triste, c’est vivant. Et c’est désobéissant, ce n’est pas bien-pensant du tout.
C’est une bonne nouvelle !
Mais attention, il est des désobéissances convenues ; il faut beaucoup s’en méfier ! En fait, ce n’est ni bien ni mal pensant. Je ne veux pas dire que ce n’est pas pensant du tout, mais c’est un cri de vie qui fout en l’air, balance en l’air toutes sortes d’idoles lamentables. L’Eveil, d’une certaine façon, est une extraordinaire entreprise de déboulonnage des idoles qu’on a plantées en soi. Mais ceci se fait dans la liesse, la joie et non pas dans la tristesse et la componction.
Stephen Jourdain commence sa production littéraire à partir d'une expérience d'éveil spirituel qu'il dit avoir eue à l'âge de 16 ans. Jean Paulhan lui propose de publier ses textes au début des années 1960 à La Nouvelle Revue française. Bien que son orientation littéraire le classe parmi les auteurs de spiritualité contemporaine (proche de la non-dualité occidentale), il a toujours affiché une distance par rapport à cette catégorie.
© Publié avec l'accord des 

dimanche 4 novembre 2012

• En un seul instant, j'ai rencontré le Silence - Yolande


Rien ne sera plus comme avant. Tout a été vu en une fois. Lorsque les choses sont vues, totalement vues, elles ne se représentent plus jamais.
Lorsque cela a été rencontré une seule fois, mais d'une façon très intense, la beauté pure du Silence permet de ne plus jamais l'oublier.

Pendant quarante ans, j'étais un corps et un mental. En un seul instant, j'ai rencontré le Silence... Une déconnexion plus rapide qu'un clin d'oeil.

Je n'étais plus du tout ce que j'avais cru être pendant quarante ans. Ce qui se passe dans cette réalisation ne laisse aucune trace... Pure fulgurance, grande réponse silencieuse qui nous fait basculer en un instant dans une vision impersonnelle, et dans une plénitude, une tranquillité indétrônables.

Plus de place pour les pensées, elles s'évanouissent toutes, sauf quelques unes, fonctionnelles.
Les yeux sont dessillés, et voient non ce qui devrait être, ne serait-ce que pour nous rassurer, mais CE QUI EST.

L'individu enfermé dans son mental ne peut se connaître. Cette connaissance est en même temps totale inconnaissance et n'est possible que si le mental est dissous. Il ne demeure alors plus aucune séparation entre le visible et l'invisible, le passé et le futur, la vie et la mort, l'être et le non-être.
On voit en un instant le coeur, l'origine de toutes choses. On voit que la liberté et la perfection ne peuvent exister, qu'il n'y a rien à changer dans le monde, car, depuis toujours, chacun de nous est CELA.
Ce qu'on appelle la grâce, c'est la libération de l'idée d'être une personne.

J'ai eu l'impression que j'aurais pu mourir à l'instant même, dissoute dans cet espace. Je ne pouvais qu'être disponible à ce qui se passait. J'avais une incroyable sensation de légèreté. Je ne vois que le mot Silence pour approcher au plus près cette révélation.
Cet instant de vision impersonnelle ancre et focalise les sens sur l'invisible qui est l'essence de tout. Je suis éternellement au-delà des sens.

En un instant, je ne sais plus qui je suis, n'étant plus que la paix et la tranquillité qui se sont installées. On peut vraiment affirmer que cette expérience, c'est le bonheur parfait.

Extraits choisis de Amoureuse du Silence,
de Yolande Duran-Serrano,
publié aux Éditions Almora

Vous pouvez retrouver d'autres extraits du livre sur le site Vent d'Éveil

Site de Yolande
Son (nouveau) blog

samedi 3 novembre 2012