mercredi 26 janvier 2011

• Les stances sur la Reconnaissance


Vous trouverez sur ce second site de David Dubois, Le śivaïsme du Cachemire (en complément de La Vache Cosmique que beaucoup parmi vous consultent) quelques textes traduits du sanskrit. Comme il le précise lui-même, même si ce genre de lecture est difficile, voire laborieuse au début, elle offre un accès plus direct que les études ou essais "sur" le śivaïsme du Cachemire. Bien sûr, ces traductions ne sont que des essais. Outre les erreurs toujours possibles, elles incarnent une certaine interprétation, susceptible d'évoluer. Malgré tous ces défauts, il n'y a rien de plus précieux à offrir, sauf peut-être à écrire des livres plus personnels qui s'inspirent du śivaïsme du Cachemire

En voici un court extrait, tiré du Devîkâlottara Tantra : 

On dit que la conscience accompagnée du sens du "je suis" (asmitā)
Est une conscience partielle (sakala).
On dit que l'esprit dépourvu du sens du "je suis"
Est la conscience omnisciente et omnipotente.

L'univers est éclairé par cette lumière,
Comme dans la visualisation de la Puissance.
Elle est la connaissance intégrale,
Dépourvue de tout point de référence (sarva-ālamba-vinirmukta).

Elle est vide de l'aspect "je",
Elle est un regard non duel, de pure conscience,
Racine de la délivrance,
Mise en pratique (pravartaka) du yoga suprême.

On ne doit jamais rien visualiser
Que ce soient les roues, les canaux,
Les maṇḍalas avec leur syllabes-germes, leurs divinités et leurs lotus,
Tout ce qui à une couleurs comme le feu, etc.

En outre, l'ensemble des mantras, des concentrations,
Des contrôles du souffle, etc. ne sont que duperies.
On ne doit rien pratiquer de tout cela,
Si l'on aspire à la délivrance irrévocable.

Ici, il n'y a ni cérémonie d'adoration, ni prosternation (namaskāra),
Ni récitation ni visualisation.
L'objet connu est (ici) absolu.
Il n'y a donc rien à connaître (objectivement).

Pour ceux dont l'esprit se désintéresse de l'extérieur,
Les liens peuvent être défaits.
Si l'esprit extraverti est retourné,
Saches qu'il n'il n'habite plus dans le monde.

Ici, il n'y a ni intérieur ni extérieur,
Ni centre, ni périphérie (adhaḥ).
Délectes-toi dans ce qui assumes tous les aspects (ākāra)
Qui est sans aspects, qui ne peut être connu (que) par soi-même.