vendredi 29 octobre 2010

• Si notre regard est celui de la Conscience... - Jeanne Guesné


Ce que nous appelons la réalité est une construction mentale. Lorsque je « vois » cela, je m'en détache. Sans qu'elle disparaisse, je n'y participe plus, et paradoxalement, je ressens une dilatation dans tout le corps, ma respiration se fait à la fois ample et légère. J'existe dans toutes mes cellules auxquelles j'ai l'impression de « donner » vie. Des perceptions nouvelles apparaissent en de brefs éclairs créateurs de significations nouvelles, envahissant mon conscient comme la rosée du matin descend sur la prairie.
(…)
Lorsque nous regardons le monde avec nos sens éveillés, il est une représentation sensorielle de formes, de couleurs, de sons, de parfums, etc. Par la sensation de chaleur, d'humidité, de poids, il est physiquement concret.

Si nous le regardons à travers nos idées, nos rêveries, il est mental.

Si notre regard est celui de la Conscience, il est VOIR.

Tout se résout selon CELA qui VOIT. Tout ce qui est perçu apparaît et disparaît dans la Conscience au-delà du temps qui EST Présence, ÊTRE. Vivre totalement « JE suis ». Quelle découverte ! Je ne pense pas : je suis. Je Vis : «JE SUIS. » Certes, je peux penser, agir. Mais l'ultime témoignage, la fabuleuse découverte est « JE SUIS ». C'est le soleil à minuit. C'est toute la gamme des possibles offerte dans l'instant. C'est à la fois la source, le cheminement et l'ineffable intégration dans le TOUT qui est en TOUT.
(…)
Une énergie qui VOIT naître les images, les mots, les concepts... les « voit » sans se soucier de ce qu'ils représentent, demeurant totalement étrangère à leur déroulement, ainsi qu'à la signification des sons qui frappent l'oreille.

Une énergie qui est observation silencieuse sans choix, sans option, sans jugement... l'énergie de l'ÊTRE.

À cet instant, nous ne sommes plus soumis à la programmation de notre mental personnel. Nous sommes la CONSCIENCE qui n'est pas une entité, mais une énergie‑connaissance qui connaît au-delà de tout commencement, comme de toute fin, lesquels ne sont que des modalités appartenant à notre continuum espace temps familier.

La Conscience est le « révélateur » de l'existence dont elle est indépendante, comme la lampe torche vous révèle l'existence de votre environnement. Toutes les dimensions de la Conscience sont des niveaux d'énergie. L'ÊTRE est en amont de toute image puisqu'il en est la source. L'ÊTRE est la VIE qui ne naît pas, qui ne meurt pas, seule l'existence des créatures commence et se termine.

Nous devons nous disjoindre, nous dissocier des circonstances créant les événements dans lesquels nous sommes engagés pour VOIR, c'est-à-dire prendre conscience de notre position exacte, en cessant de nous identifier avec le personnage psycho-somatique qui nous représente. En vérité, je ne sais pas ce que je suis, mais je sais que JE SUIS.

Vu sur le blog Au Coeur de l'Être... Je Suis...
Voir aussi cette page : Les leçons de sagesse

jeudi 21 octobre 2010

• Rupert Spira sur Conscious TV









Un grand, très grand merci à Shandy pour sa traduction, avec toute notre reconnaissance.
Retrouvez également Rupert Spira sur le blog de Laya (et ici).

lundi 18 octobre 2010

• Accepter la possibilité que notre nature réelle soit le silence - Jean Klein

La méditation n'est pas une activité mentale ou physique.
Être en méditation apporte une nouvelle façon de vivre d'instant en instant, un mode de vie qui ne peut-être divisé en compartiments : du temps pour manger, du temps pour les affaires, du temps pour méditer, et ainsi de suite.
Vous ne pouvez pas entrer ou sortir de la méditation, c'est le support de toute activité...

Au début, il est important d'accepter la possibilité que notre nature réelle soit la tranquillité, le silence.
Vous serez alors ouvert à une autre perspective.
Commencez à remarquer que, dès l'instant qu'un désir est satisfait, il y a un moment fugitif sans désir, lorsqu'il ne reste plus de pensée. Ce moment libre de désir est de même nature que le silence que vous êtes continuellement. C'est une petite fenêtre à travers laquelle, si vous regardez, la lumière inonde votre chambre pleine de pénombre.
La même tranquillité apparaît dans l'espace entre deux pensées ou lorsqu'une action a été accomplie et qu'il n'y a rien à faire tout de suite après. Cette tranquillité est accomplissement.
Dans la vie quotidienne, il y a des moments où le processus arrive tout naturellement à un arrêt.
Mais ce n'est pas une absence de production.
Vous vous sentez dans la plénitude parce que la volonté n'a pas été impliquée. Prenez note juste avant de vous endormir, lorsque le corps abandonne l'idée d'être un corps. Il est comme le soleil couchant...

Aucune position ne peut aider ou empêcher d'être dans la tranquillité, mais comme le corps et le mental ne font qu'un, un corps détendu vous amène à un mental tranquille.
Toute position qui est confortable est la bonne position.
Toute technique a pour but de stopper le mental. Mais en fait, elle engourdit le mental en le fixant sur un objet. Le mental perd sa vivacité et sa subtilité naturelles.
Ce n'est plus un mental ouvert. La méditation, ce n'est pas méditer sur quelque chose. Vous concentrer sur un objet vous maintient prisonnier du connu.
La méditation appartient à l'inconnaissable...

Tout ce qui monte à la surface est conflit, crée, par le réflexe de se prendre pour une fraction, une entité séparée. Lorsqu'il n'y a plus de centre de référence, ces conflits montent comme des bulles du fond de l'océan et, ne rencontrant aucun obstacle à la surface, ils disparaissent pour toujours dans l'espace vide de votre présence.
 
Extraits de Qui suis-je ? La quête sacrée. 
Éditions Albin Michel.

samedi 16 octobre 2010

• La vraie nature de l'illumination - Adyashanti


Notre société voit aujourd’hui un phénomène inédit se répandre. Un nombre croissant de gens s’éveillent – ils vivent l’expérience authentique, bien tangible de la réalité.

Ici, j’aimerais m’adresser aux lecteurs qui affirment ne pas avoir vécu cette expérience, ne pas s’être éveillés. D’autres ignorent si leur expérience relève de l’éveil ou pas. Peu importe où vous en êtes sur la voie, cette information sera à mon sens pertinente, car il s’avère que ce qui se produit après l’éveil a également trait à ce qui survient avant.

En effet, le processus spirituel est le même avant l’éveil, et après. Seulement, après l’éveil, le processus se déroule depuis un point de vue différent, un peu comme une vue à vol d’oiseau par rapport à une vision depuis la terre ferme. Avant l’éveil, nous ignorons qui nous sommes. Nous avons l’impression d’être des personnes distinctes, isolées, habitant des corps particuliers et évoluant dans un monde dissocié de nous-mêmes. Après l’éveil, nous évoluons toujours dans cet univers, mais nous savons que nous ne sommes pas circonscrits à des corps particuliers ou à des personnalités spécifiques et que nous ne sommes pas distincts du monde qui nous entoure.

Il est important de noter également que nous ne sommes pas pour autant à l’abri de perceptions fallacieuses parce que nous avons entrevu l’éveil. Certaines fixations, certains conditionnements persisteront même après avoir connu l’espace d’unité. La voie après l’éveil est alors un processus de dissolution des fixations résiduelles – nos complexes, si l’on veut. Le processus ne diffère pas essentiellement de la voie menant à l’éveil, une voie qui consiste à dissoudre nos illusions, nos tendances à nous contracter. Toutefois, il se distingue en ceci : avant l’éveil, l’organisation de notre personnalité est beaucoup plus contraignante, plus pesante, plus dense, car notre identité tout entière est assujettie à notre conditionnement. Après l’éveil, nous savons que ce conditionnement de notre corps-esprit n’a rien de personnel, qu’il ne nous définit pas. Cette prise de conscience, cette vérité vivante, permet d’affronter sans heurt l’effritement des illusions sans se sentir menacé.


jeudi 14 octobre 2010

• Mélodie d’une harpe sans corde


Personne ne parvient au sommet
de la plus haute montagne.
Personne ne comprend ce lieu mystérieux.
Ni Bouddha, ni Dieu,
Aucun saint, aucun sage ne peut l’exprimer
Par la vertu de l’éloquence,
Ni même par le silence.
Etudiant profondément et poussant loin nos recherches
Que nous arrivions en ce lieu,
Même si nous regardons tout le jour,
C’est comme si nous n’avions pas d’yeux.
Même si nous écoutons toute la nuit,
C’est comme si nous n’avions pas d’oreilles.
Mélodie d’une harpe sans corde,
Ou d’une flûte sans trou,
Cette musique émeut les cœur les plus froids,
Son harmonie bouleverse l’esprit le plus ironique.
Le sujet et l’objet disparaissent tous deux,
L’activité des phénomènes et la profondeur de la sagesse
S’assoupissent.
Il n’y a plus d’anxiété, de projet, de calcul,
On ne pense plus.
Le vent tombe, les vagues disparaissent,
L’océan se calme.
Avec le soir, la fleur se referme, les gens s’en vont,
Alors la paix de la montagne devient profonde.


Tiré de La pratique du zen, de Taisen Deshimaru

jeudi 7 octobre 2010

• Rencontre avec Karl Renz (Paris, septembre & octobre 2010)


28 septembre 2010 :





29 septembre 2010 :





30 septembre 2010 :





1er Octobre 2010 :





2 octobre 2010 (première partie) :





2 octobre 2010 (deuxième partie) :





3 octobre 2010 (première partie) :





3 octobre 2010 (deuxième partie) :



Merci à Gérard.
Retrouvez d’autres traductions en Français sur ce site : l’eveil.org

mercredi 6 octobre 2010

• Rencontre avec Rupert Spira au Petit Mas des 25 & 26 septembre 2010



25 septembre - 1

25 septembre - 2

25 septembre - 3

26 septembre - 1

26 septembre - 2

26 septembre - 3

Merci à Gérard du site l'éveil.org de rendre ces fichiers audios disponibles, pour le bonheur de tous.
Lien vers le Petit Mas.

mardi 5 octobre 2010

• Une qualité de lucidité - Adyashanti


Merci à Laya d'être toujours aussi dynamique dans ses projets de traductions de vidéos, et pour la précision de celles-ci.

Et en résonance avec cette vidéo d'Adyashanti sur la nature de la conscience, voici cet autre extrait, tiré du blog de José Le Roy, sur la "luminosité spontanée" : 

Lorsque j'arrivai au lieu sacré de la Reine des Montagnes enneigées (le mont Kailash), j'eus une expérience décisive de la conscience éveillée, claire comme un ciel sans nuages, profondément lumineuse, vaste et sereine, transcendant toute notion d'asservissement et de libération, transparente, sans extérieur ni intérieur, dans laquelle les phénomènes ne cessaient en rien de se manifester. Mais tout ce qui apparaissait, tout ce qui se manifestait, tous les mouvements de pensées étaient, dans la conscience directe que j'en avais, limpidement clairs et transcendaient toute limite. Plus les phénomènes surgissaient ainsi sans obstruction, plus l'expérience devenait claire. Je comprenais que tout ce qui se manifestait n'était rien d'autre que la luminosité spontanée. Quant à l'incessant mouvement sous-jacent des pensées, je le perçus comme la présence ininterrompue de la conscience éveillée. Une conviction surgie du plus profond de moi-même et différente de tout ce que j'avais compris jusqu'alors se fit jour. Les termes mêmes de pensées grossières ou subtiles, de bon et de mauvais, ne s'appliquaient plus. Tout ce qui se manifestait, tout ce que je percevais ne pouvait plus me faire ni bien ni mal, et ne suscitait plus ni espoir ni crainte.

Il n'y avait plus de différence entre manifestation et non-manifestation, mais mon esprit restait parfaitement clair, même devant la multiplicité des phénomènes et des pensées. Même sautant ou courant, même si ma bouche et mes yeux étaient distraits, je gardais l'esprit vaste et détendu. Tous les discours sur ce qui est ou n'est pas, sur le fait d'être ou ne pas être en méditation, s'étaient effondrés. Continuellement présente était la conscience éveillée, ineffable, surgie d'elle-même, dans laquelle s'abîme toute activité.

Sans qu'il fût nécessaire de distinguer entre périodes de méditation et de non-méditation, j'éprouvais une certitude surgie des profondeurs de mon esprit.


Rangrik Répa Kunga Lodro

samedi 2 octobre 2010

• La claire vision de ce que vous êtes - Leo Hartong


Acceptation, amour inconditionnel et félicité, autant de mots magiques bien connus de la plupart de ceux qui empruntent le chemin spirituel. Comme la plupart des mots, leur nature est quelque peu ambiguë. Séduisants, ils engendrent aussi d'immenses espérances. Ce sont là des choses que nous désirons mais qui, en même temps, peuvent paraître inaccessibles.

Je me souviens que dans mon enfance, on me disait que pour attraper un oiseau il fallait lui mettre du sel sur la queue. J'étais trop jeune pour me rendre compte que si je parvenais à le faire, c'est que j'avais déjà attrapé l'oiseau. Le même genre de paradoxe est inhérent aux concepts dont il est question dans ce texte.

Par exemple, on ne peut parvenir à l'acceptation totale en s'échinant à changer les choses. Une telle tentative implique que nous n'acceptons pas ce qui est. Lorsque toute tentative cesse, l'acceptation totale est là et l'oiseau est déjà attrapé. Souvent les chercheurs ignorent ce paradoxe et continuent d'essayer avec l'espoir ou la conviction que si l'on parvient à accepter totalement ce qui est, la réalisation s'ensuivra et qu'en conséquence, on connaîtra l'amour inconditionnel et la félicité.

Cet univers entier est le rêve du Soi. Notre identité est un point de référence conceptuel sur un continuum qui est le Soi profond. Et lorsque nous utilisons des mots comme amour inconditionnel, félicité et acceptation, nous cherchons à saisir nos propres mains.
Il y a une croyance parmi les chercheurs selon laquelle l'acceptation peut mener à la réalisation, la clarté et l'illumination. La vérité, c'est que le «moi» qui tente de se montrer «acceptant» ne peut jamais attraper l'oiseau.

L'acceptation totale est ce qui est ici même, en l'instant même, et non quelque chose que l'on peut accomplir dans le futur. L'acceptation ne conduit pas à la clarté ; elle est la clarté que tout ce qui est ne peut être en aucune façon différent.

Les choses peuvent être apparemment différentes de ce qu'elles étaient, mais elles ne peuvent jamais être différentes de ce qu'elles sont. Tous les efforts en vue d'acquérir davantage d'acceptation, d'amour ou de félicité ne sont que l'illusion de l'ego essayant de s'accréditer en tant que protagoniste solide et bien réel, susceptible de progresser vers des états d'être de plus en plus raffinés.

La Pure Conscience ne pratique pas activement l'acceptation, l'amour et la félicité en tant qu'antipodes du rejet, de la haine et du désespoir. Ceci ne pourrait passer pour l'acceptation totale. La Pure Conscience est pareille à un miroir qui reflète tout sans la moindre résistance. Tout est accepté sans le moindre jugement. Cela inclut la façon dont vous vous percevez en cet instant précis. Comprenez bien : cela inclut votre graisse, votre calvitie, votre colère, vos doutes, votre aliénation et votre peur, ainsi que tout ce qui est douillettement roucoulant en vous. Qu'il y ait résistance, rejet, effort ou tension est sans importance. Tout ceci est observé de manière neutre et, par là, accepté. 

Étant le Soi Un, à jamais parfait et omnipénétrant, que pourrais-je accepter et que pourrais-je rejeter ? Qu'est-ce qui pourrait me donner de la joie et qu'est-ce qui pourrait me faire de la peine ? Étant à jamais non-affecté et non-attaché, je suis en paix dans mon insondable Soi.

L'acceptation, la claire vision de ce que vous êtes, ne résultera pas de vos efforts ni de votre recherche, mais pourrait se révéler quand s'abolissent tentatives et recherches. L'acceptation totale, l'amour et la félicité pourraient alors être reconnues comme étant déjà là. La réalisation du Soi, la reconnaissance du Soi (qui signifie simplement voir ce que vous êtes déjà en cet instant même), équivaut à l'acceptation totale. Pouvez-«vous» accepter qu'il n'y a rien à faire ? Pouvez-«vous» accepter que vous n'existez pas en tant qu'entité séparée ? Si cela est possible, alors qui demeure pour faire l'acceptation ?

Que la pensée qui se manifeste affirme : «Ceci est accepté» ou qu'elle affirme: «Ceci n'est pas accepté », ne fait aucune différence. La Pure Conscience inclut - et par conséquent accepte - les deux. 

L'ego n'est pas capable de l'acceptation totale, mais il est inclus en elle. Il espère en vain que les efforts qu'il fournit pour devenir de plus en plus «acceptant» lui permettront d'atteindre l'état exalté d'illumination, qui à son tour est supposée engendrer félicité éternelle, paix et expérience de l'amour inconditionnel. Cette récompense après laquelle court l'ego, n'est toutefois ni une expérience que l'on peut avoir ni un état dans lequel on peut être. Au contraire, l'illumination est l'évaporation de l'illusion qu'il existe un individu pour en faire l'expérience ; c'est pourquoi il est nommé «l'état sans état».

Acceptation absolue, amour inconditionnel et félicité ne sont en fait que trois autres indicateurs de plus pointant vers l'espace lumineux de la Pure Conscience. Dans cette pureté, sans qualifications ni forme, même les concepts de contemplation neutre et de ce qui est contemplé, du miroir et de son contenu disparaissent.

Nous pouvons l'appeler félicité, puisque rien ne peut la troubler. Nous pouvons l'appeler acceptation totale, puisque rien n'est rejeté par elle. Nous pouvons l'appeler amour inconditionnel, puisque tout est embrassé par elle.

Cette magnifique simplicité, ce secret ouvert à tous, cette clarté intime, est tout ce qui est. C'est vous-même vous souhaitant la bienvenue chez vous. Vous êtes ceci.

Leo Hartong - S'éveiller au rêve. Le présent d'une vie lucide - Editions Accarias L'Originel.