mercredi 30 juin 2010

• Vous devez être complètement nu en votre conscience - Yogaswâmi


« Regardez ces arbres-là. Les arbres méditent. La méditation c’est le silence. Si vous vous rendiez compte que vous ne savez vraiment rien, alors vous seriez véritablement en train de méditer. Une telle sincérité est le terrain qui convient au silence. Le silence est méditation. » Yogaswâmi se pencha en avant avec passion : « Vous devez être simple. Vous devez être complètement nu en votre conscience. Quand vous vous êtes réduit à néant — quand votre « moi » a disparu — quand vous êtes devenu rien, alors vous êtes vous-même Dieu. L’homme qui n’est rien connaît Dieu, car Dieu n’est rien. Rien c’est tout. Parce que je ne suis rien, voyez-vous, parce que je suis un mendiant — je possède toutes choses. Ainsi rien signifie tout. Vous comprenez ? »
« Parlez-nous de cet état de néant », demanda mon ami dans une attente anxieuse.
« Cela signifie que vous ne désirez vraiment rien. Cela signifie que vous pouvez honnêtement dire que vous ne savez rien. Cela signifie aussi que vous n’êtes pas intéressé à faire quoi que ce soit au sujet de cet état de néant. »
Je méditai, me demandant ce qu’il voulait dire par « ne rien savoir » – l’état d’« être pur » en contraste avec le « devenir » ?
« Vous pensez que vous savez mais en fait vous êtes ignorant. Quand vous voyez que vous ne savez rien au sujet de vous-même, alors vous êtes vous-même Dieu. »
Yogaswâmi faisait fréquemment allusion à cet état de silence. Il en parlait comme si c’était sa vie même. Pour celui qui n’a pas fait l’expérience de cet état de « samâdhi », toute description qui en est faite restera nécessairement une abstraction. En sa présence on entrevoyait d’une façon fugitive cette félicité. 
Source du texte

mardi 29 juin 2010

• Nous sommes déjà éveillés - Albert Low


Comment expliquez-vous que certains êtres, tels Stephen Jourdain ou plus près de nous Virgil, se soient « éveillés » à leur vraie nature, sans tradition, sans maître, sans cheminement, et même sans intention ni aspiration?

Albert Low : Je ne peux pas l’expliquer, mais si ce n’était pas vrai, ça voudrait dire que l’éveil n’est d’aucune valeur pour l’être humain.
L’éveil doit être possible pour une personne sans aucune tradition; si ce n’est pas comme cela, ce serait seulement le résultat d’un système et ce serait limité par ce système; cela voudrait dire que ce n’est d’aucune valeur pour les êtres humains. Comme je l’ai déjà dit, nous sommes déjà Bouddha, nous sommes déjà éveillés; aussi, la question n’est pas tant de savoir pourquoi des personnes arrivent à l’éveil sans tradition, mais pourquoi est-il nécessaire d’avoir une tradition pour s’éveiller. Cela, c’est une question vraiment importante. C’est une question que je donne souvent à mes étudiants. Tout comme le maître japonais Dogen a demandé: « Si c’est vrai que tous les êtres sont Bouddha, pourquoi faut-il travailler aussi fort pour le réaliser? » Ces personnes qui s’éveillent complètement spontanément, sans tradition, sans rien, sont de vrais témoins, justement parce qu’ils n’ont pas pratiqué une voie et qu’ils n’ont pas eu de guide. Malheureusement, si l’on n’a pas passé à travers les roues de la machine de la vie, de la souffrance, il sera difficile de comprendre pourquoi les gens ont autant de difficulté.

Puisqu’il s’agit de la « vraie nature », ne croyez-vous pas qu’il puisse y avoir beaucoup d’«éveillés» que nous ne connaissons pas, simplement parce qu’ils n’enseignent pas? Nous ne connaissons finalement que les enseignants, parce qu’ils sont les seuls à parler.

Albert Low : Ah oui ! Ah oui! Absolument! Et probablement que ces personnes qui se sont éveillées sans aucune tradition, sans guide, si elles ne peuvent parler à d’autres personnes, seront un peu troublées par ce qui leur arrive.

Source du texte
Site d'Albert Low

jeudi 24 juin 2010

• C’est terminé, le rêve cesse - Betty


« L’être ne s’éveille pas : il arrête de rêver qu’il existe en tant que pensée individuelle et se fond complètement dans le tout. »

« Je suis là sans l’être, la vie regarde à travers mes yeux : la conscience prend conscience d’elle-même, car aucune personnalité ne veut prendre cette place dans ce canal qu’est le corps de Betty. « La Vie Est » et brille de mille feux. Juste pour savourer cette grâce de n’être rien. Mon témoignage est de vous raconter ce voyage... » 

Q. Comment fonctionne un éveillé dans la vie de tous les jours?

R : Je vis sans émotion, le désir et la peur m’ont quitté définitivement, rien n’est analysé, décidé à l’avance, je vis pleinement de seconde en seconde. Le mécanisme qui me faisait me poser des questions n’existe plus, la Vie Est de seconde en seconde, tout est parfait, tout est intelligent, j’ai l’élan du «quoi faire» sans arrêt. Que ce soit pour mon travail, mes relations de couple, mes amis, mon chat, aller chercher du pain, manger, dormir, prendre soin de mon corps, tout est complet sans arrêt et tout est perçu de manière complète et parfaite.

La petite personne qui était convaincue qu’il fallait tout analyser, comparer, contrôler, n’existe plus.

Q. Pourquoi l’éveil semble si difficile?

R : C’est simplement une histoire que vous vous racontez. Prenez le risque de constater que cela peut arriver à votre boucher, à votre facteur, ou à vous-même, à des gens tout simples que vous côtoyez tous les jours.

Vous acceptez de concevoir que le temps existe. Vous ne vous rendez pas compte du mouvement de votre pensée qui isole des moments de la vie, et qui analyse, classifie et relie ces moments entre eux de manière à concevoir un monde. Ce mode de fonctionnement vous coûte la vision et la paix. La Vie est toujours là, mais vous êtes tellement occupé par le mouvement de vos pensées que vous vous rendez prisonnier de votre système.

Q. Comment se fait le passage de l’état de pensée égotique à l’état de perception directe?

R : Chacun a son histoire, son cheminement, personne ne peut donner de recette, chacun hallucine à sa manière.

Le seul point commun serait la perception honnête et profonde, la reconnaissance de votre fonctionnement et alors les paramètres de sécurité s’effritent. En prenant conscience de votre fonctionnement, vous ne pouvez plus jouer et vous faire à croire que vous êtes ce petit « je » avec une histoire. C’est terminé, le rêve cesse.

Je n’enseigne pas, je ne donne pas de conseil, pas de voie à suivre, pas d’expériences à imiter ou dans lesquelles se reconnaître… Juste un témoignage pour dire que c’est simple et accessible.

En résonance avec le site de Laya : Perles de bonheur.
Visitez le site de Betty.

lundi 21 juin 2010

• C"est toujours là ! - Peter Fenner







Merci au blog Le mystère d'être de nous avoir mis sur la piste...
Voir aussi cette page.

mercredi 16 juin 2010

• Quelques instants avec Jac !









Merci à Laya et à son blog consacré à Jac O'Keeffe.

mardi 15 juin 2010

• Ca remonte à tout de suite - Daniel Maurin


tilidom.com

Extrait audio tiré du DVD vendu avec le livre Lettres de sagesse et d'amour, publié aux Éditions Mols


Convaincu que, par des chemins et des expressions variés, toutes les grandes ascensions mystiques se rejoignent au sommet, il explore les ponts qui relient le Christianisme aux différentes traditions, en particulier à l’Advaïta Vedanta, doctrine de la non-dualité, qui fascine tant d’Occidentaux et ouvre un chemin vers l’Unité.

Celle-ci ne se construira pas dans l’uniformité, mais dans la verticalité, qui ouvre l’espace du cœur à la transcendance, à travers une expérience authentique des « cavernes du cœur ».












samedi 12 juin 2010

• Regarde sans cesse ton esprit - Milarepa


Lorsque tu marches, identifie tes perceptions à l’essence de l’esprit
Ceci est l’auto-libération lorsque tu marches

Lorsque tu t’assois, détend-toi et met-toi à l’aise
Ceci est l’enseignement du cœur sur la façon de s’asseoir

Lorsque tu dors, dors dans le Royaume de l’égalité
C’est ainsi que l’on dort dans la Grande Lumière

Lorsque tu manges, mange dans le Royaume de la Vacuité
C’est ainsi que l’on mange sans dualité

Lorsque tu bois, bois l’eau de la sagesse et des moyens habiles
C’est ainsi que l’on boit sans discontinuité

Lorsque tu marches, t’assois ou dors, regarde sans cesse ton esprit
Ceci est la noble pratique sans interruption ni pause

≈≈≈≈≈≈≈

L’esprit naturel, clair et vide
A été comparé à l’espace
Mais comparer l’esprit à l’espace ne tient pas
Car l’esprit est conscient, bien que vide,
Alors que l’espace est vide mais dépourvu de conscience
Ils sont identiques dans  leur vacuité
Mais très différents en réalité

L’esprit naturel, clair et vide
A été comparé au soleil et à la lune
Mais comparer l’esprit au soleil et à la lune ne tient pas
Car l’esprit est sans substance
Alors que le soleil et la lune sont clairs mais solides
Ils sont identiques dans leur clarté
Mais très différents en réalité

L’esprit naturel, clair et vide
A été comparé à cette montagne au loin,
Mais comparer l’esprit à la montagne ne tient pas
Car l’esprit est non composé
Alors que la montagne est composée d’atomes
Ils sont identiques dans leur immuabilité
Mais très différents en réalité

L’esprit naturel, clair et vide
A été comparé à la rivière qui coule plus bas
Mais comparer l’esprit à la rivière ne tient pas
Car l’esprit est non composé
Alors que la rivière est faite de nombreux ruisseaux
Ils sont identiques dans leur flux constant
Mais très différents en réalité

L’esprit naturel, clair et vide
Est dit être le même pour toi et moi
Mais me comparer à toi ne tient pas
Car tu es immergé dans les affaires du monde
Distrait par tes besognes tout au long du jour
Abruti par le sommeil toute la nuit
Esclave du désir de l’aube au crépuscule

Je suis le yogi ascétique
Qui travaille au bien des êtres tout le jour
Et demeure en la claire lumière toute la nuit
Je rends hommage et offre des tormas de l’aube au crépuscule
Nous sommes identiques dans notre humanité
Mais très différents dans l’accomplissement de nos vies

Traduction Éveil Impersonnel

mercredi 9 juin 2010

• Rencontre avec Jean Bouchart d'Orval - Le Petit Mas




          Voir ici les autres vidéos du Petit Mas 

Nouvelle parution : 

Au coeur de l'instant, paru aux Éditions Almora

« Même si nous y travaillons très fort chaque jour, nous n’échapperons pas à la joie qui luit au cœur de l’instant, car elle est notre vraie nature. Ce que nous cherchons n’est pas un état. Ce n’est pas quelque chose à conserver. C’est ce qui est perçu clairement quand on n’a plus rien à conserver, à porter, à assurer. Il n’y a que maintenant et tout ce qui vous semble être autre, ailleurs ou plus tard est une histoire racontée par la pensée tributaire des images.
Il n’y a rien à préparer, aucune stratégie à élaborer. Ce qui est donné au regard n’est pas quelque chose à éliminer pour se sentir mieux. Se préparer, c’est la peur. C’est le désir de sauvegarder quelque chose qu’on pourrait peut-être perdre demain. Si on peut perdre quelque chose demain, alors ce quelque chose n’est pas réel et ne mérite pas les soucis qu’on se fait pour lui. On ne peut pas perdre ce qui est réel.
Pour vivre libre, quelle technique faut-il pratiquer? Les techniques, c’est la peur. On con?e sa vie à une technique, à une pratique, mais c’est généralement une stratégie égotique que de s’engager dans la pratique d’une technique. La seule pratique ici, c’est la vie claire, c’est vivre dans le ressenti, qui nous ramène immédiatement dans le cœur. »

Voici un court passage audio tiré du cd du livre : L'attention non directionnelle :




vendredi 4 juin 2010

• Une vastitude ouverte - Pierre Yves


Il s’est alors passé quelque chose, suite à cette grande fatigue, probablement une sur-saturation du mental.
Cela m’est tombé brutalement dessus : une vastitude ouverte, disons que je n’étais plus “moi“. Il m’apparut alors clair et évident que nous n’étions pas ce que nous croyions être, mais qu’en réalité nous sommes quelque chose de beaucoup plus vaste que l’on peut appeler de bien des noms, mais que l’on peut aussi tout simplement appeler : la Vie.
Cette “Vie“ est en temps “ordinaire“ masquée par notre mental et son attirail de pensées, mais, en réalité, que l’on en ait conscience ou pas cette Vie est tout le temps là à l’arrière plan. Elle ne demande rien, n’exige rien, ne veut rien, elle est juste là : absolue Présence.
Par la suite, le “moi“ est revenu, mais à présent lorsque celui-ci est trop présent, une faculté de « descendre du vélo pour me voir pédaler » apparaît.
L’ouverture est pure grâce, c’est la connexion soudaine avec l’arrière plan, on vient de là, et on naît avec la nostalgie de notre origine chevillée au corps.

Certaines personnes auront, fruit de cette nostalgie, un désir de complétude, mais orientés vers d’autres quêtes : l’argent, la gloire, le pouvoir, les bons numéro du loto, l’âme sœur… ce qui est très bien ainsi.

Puis, d’autres cheminent avec dans les tripes cet élan vers quelque chose que l’on peut qualifier de mystique laïque. Cette mystique, dans le sens où je l’entends, est quelque chose de profondément humain, sans étiquette.

..../...

JPC : Donc, Pierre Yves, tu es une personne illuminée ?

PY : Non bien sûr, je dirais grand dieu non ! C’est un contre sens, personne ne peut jamais être illuminé, ou alors dans le sens : “barge“ à la rigueur… Illuminé… un mot comme ça, ça brille de partout, manque plus que les guirlandes… Il n’existe rien de tel. La simplicité de notre âme d’enfant ne brille d’aucun feu.
L’ego a envie d’acquérir pour sa jouissance personnelle ce “truc“ qu’il pense extraordinaire. Va vouloir ça, comme d’autres courent après les biens matériels, les bijoux, une voiture neuve, des bonnes actions (à la bourse…) faut surtout pas croire que c’est plus noble…
La représentation que se fait l’ego de l’illumination, l’éveil… où peu importe, le mot est un piège qui se referme sur lui-même et crée la confusion. L’ego attend une sorte de feu d’artifice, que ça soit flatteur, somptueux, il veut que ça pète, quand il aura ça, ce ne sera plus comme avant, il va irradier je ne sais quoi…
L’ego “va vers“ avec force “outils“, “rituels“, rencontres avec des “maîtres éveillés“ and so one...

Tout cela est justement ce qui éloigne de cet Extra-ordinaire banalité ! C’est comme le silence. Tu connais la devinette : “Dés qu’on le nomme il n’existe plus…“

.../...

JPC : Fréquemment les chercheurs spirituels posent des questions concernant les efforts ou exercices pour atteindre cet éveil. Lorsque quelqu’un te demande : donne moi une méthode, donne moi un exercice. Qu’est-ce que tu réponds ?

PY : Celle que tu fais est la bonne, puisque c’est celle que tu pratiques. C’est la vie qui te propose ce dont tu as besoin. Tu crois qu’il te faut une méthode, et le hasard de la vie va t’attirer vers tel ou tel enseignement, telle ou telle rencontre. Pour toi, ce sera le bon chemin, chaque chemin est le bon. Et donc faire tel ou tel exercice pourquoi pas non plus, mais ce n’est jamais un impératif universel.

Ce qu’on peut faire, si on nous sollicite, c’est juste témoigner de notre expérience, ce qui peut éventuellement “parler“ à l’autre.

Les expériences où l’on connecte, où on “réalise“ sont multiples mais on ne fait pas forcément le lien : l’amour, le sourire d’un enfant, le spectacle de la nature, un bon repas, le partage avec des amis, l’art, la musique plein de moments sont magiques et nous mettent en présence de “notre vraie nature“.
Pour certains, c’est une sorte de flash, pour d’autres cela se fait pas à pas tranquillement, pour d’autres enfin cela ne se réalise jamais.

Extraits d'un entretien recueillis par Jean-Pierre Chometon et publié dans les numéros 94 et 95 de la revue 3eme Millénaire.

Pour aller plus loin : « Pour une Conscience ludique » de Pierre Yves, paru aux Editions Accarias l’Originel.

jeudi 3 juin 2010

• Voir celui qui voit - Karl Renz


Mai 2010 - Côte d'Azur


28 mai 2010


29 mai 2010-1 :



29 mai 2010-2 :


30 mai 2010-1 :



30 mai 2010-2 :

=> Une fois de plus, un grand merci au site l'éveil.org <=

mercredi 2 juin 2010

• Le fondement de l’univers est le Vide (Mu) - Bassui


Brisez les miroirs.
 Abandonner l’éveil éveillé et retourner au sujet s’éveillant.
 Quel est celui qui voit et qui entend ?
 Qui écoute le sermon ?


A sept ans, Bassui commença à donner des signes de sa sensibilité d’esprit. Au cours d’un service religieux dédié à son défunt père, il demanda au prêtre qui officiait : « pour qui sont ces offrandes de riz, de gâteaux et de fruits ? » « Pour ton père, bien sûr », dit le prêtre. « Mais mon père n’a plus ni corps ni forme. Comment pourrait-il les manger ? » Le prêtre répondit : « Bien qu’il n’ait plus de corps visible, son âme recevra ces offrandes. » Sur quoi l’enfant dit : « S’il existe une chose telle qu’une âme, je dois en posséder une dans mon corps. A quoi ressemble-t-elle ? »
… Une intense et incessante interrogation […] se poursuivait jusqu’à sa maturité — et jusqu’à son illumination.
A dix ans, nous dit-il, il était souvent éveillé par d’éblouissant éclairs de lumière qui illuminaient sa chambre, suivis par une obscurité oppressante…
… Sans cesse il se demandait : « Si, après la mort, l’âme connaît les souffrances de l’enfer ou les délices du paradis, quelle est sa nature ? Mais s’il n’y a pas d’âme, qu’est-ce qui en moi, à cet instant précis, voit et entend ? » Son biographe rapporte que Bassui passait souvent des heures à « repasser » cette question, dans un tel état d’oubli de soi-même, qu’il oubliait qu’il avait un corps et un esprit. Au cours d’une de ses méditations, il compris soudain que la substance de toute chose est le vide et qu’il n’y a rien, en fin de compte, que l’on puisse appeler âme, corps, esprit. Cette compréhension le fit éclater de rire et il se sentit délivré de son corps et de esprit.
Pour savoir s’il s’agissait là d’un véritable satori, Bassui interrogea plusieurs moines réputés, mais aucun ne put lui fournir une réponse satisfaisante… « J’ai vu que le fondement de l’univers est le Vide, mais qu’est-ce que ce quelque chose, en moi, qui voit et entend ? »
… Au cours de ses voyages, Bassui rencontre enfin le maître de zen grâce à qui allait ouvrir complètement « l’œil de son esprit », Koho-Zanji… Un jour celui-ci, sentant que l’esprit de Bassui état mûr, lui demanda : « Qu’est-ce que le Mu de Joshu ? » Bassui répondit par ces vers :  

Les montagnes et les rivières
L’herbe et les arbres
Manifestent également Mu.

… Bassui eut l’impression qu’il avait perdu la racine de sa vue, comme un tonneau dont on aurait arraché le fond. Il regagna sa hutte en pleurant, se sentant dépouillé de tout ce à quoi il avait cru jusqu’alors. 


Où et quand trouver cette Vacuité Consciente ? 
Eh bien, ici, exactement là où vous êtes, 
en ce moment‑même.
Douglas Harding