mercredi 31 mars 2010

• Jac O'Keeffe - Rencontre du 27 & 28 mars 2010



Merci au Petit Mas d'avoir rendu ces vidéos disponibles

Samedi 27 Mars (1)


Samedi 27 Mars (2)


Dimanche 28 Mars (1)


Dimanche 28 Mars (2)


Une fois encore, merci à Gérard du site l'éveil.org de partager ces enregistrements.

Sans oublier de visiter le site Français consacré à Jac O'Keeffe.

mardi 23 mars 2010

• Retour à notre nature originelle - Huanshen


Kensho signifie littéralement voir sa nature. Ce terme désigne généralement l'éveil préliminaire qui marque l'entrée formelle dans la voie du Zen, alors que Satori, transcription du sanskrit sambodhi, désigne l'éveil parfait du Bouddha. La tradition se garde bien de décrire le kensho de manière précise. L'une des raisons vient du fait que cette 'expérience' est très difficile à décrire avec des mots sans rajouter des concepts qui ne font que compliquer les choses. Une autre raison est certainement liée au fait qu'en parler de manière trop détaillée peut susciter des attentes qui deviendraient rapidement des obstacles au Kensho véritable.

Néanmoins, comme rien n'est plus naturel que de 'voir sa nature', nous allons tenter de décrire ce buffle tel qu'il peut se présenter lorsqu'il est brièvement aperçu au coin du bois. L'élément caractéristique du Kensho est la soudaine disparition du 'moi', abolissant de ce fait la dualité sujet-objet. Le sujet qui était identifié à son corps et à ses pensées se fond dans la conscience primordiale, dans cet 'esprit qui ne repose sur rien' dont parle abondamment le Soutra de l'Estrade. Cette nature est à la fois vide et lumineuse. On la compare ainsi à un miroir dont l'essence est vide et la fonction lumineuse dans sa capacité de réfléchir ou de manifester les phénomènes. Essence et fonction sont toutefois aussi indissociables que la lampe et sa lumière.

Ce qui caractérise également le Kensho, c'est son caractère à la fois transcendent et immanent. Ainsi, les objets des sens et les pensées sont toujours présents mais peuvent n'avoir guère plus de consistance que les images lumineuses d'un rêve. Et pourtant, les phénomènes s'enchainent et dansent au grès des circonstances et tout semble parfait depuis l'origine, juste ainsi. Les montagnes et les rivières se font l'écho de notre nature originelle. Où que l'on se tourne, nous voyons notre propre visage.

Vu sur l'excellent blog Un vide insondable et rien de sacré

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Vu sur Wikipedia :

Le kenshō (見性, littéralement « voir la nature » en japonais) est un concept important du bouddhisme Zen. On peut le traduire par éveil, illumination ou conscience de soi. Il désigne pour l'individu l'accomplissement de sa propre nature, c'est-à-dire celle du Bouddha. Le kenshō indique un éveil préliminaire qui précèderait l'éveil complet du satori, que le Bouddha et les maîtres zen ont atteint.
Satori (japonais 悟り satori ; chinois : 悟 wù) est un terme du bouddhisme zen qui désigne l'éveil spirituel. La signification littérale du mot est « compréhension ». Il est parfois utilisé à la place de kenshō (見性 chinois : jiànxìng (voir sa nature) ), toutefois kenshō désigne la première perception de la nature de Bouddha ou vraie nature – une expérience qui ne dure pas. Le satori par contre désigne une expérience qui se prolonge, à l'instar d'un bébé qui apprend à marcher – après beaucoup d'efforts il se tient debout, trouve son équilibre et fait quelques pas puis tombe (kenshō). Après un effort prolongé l'enfant se rendra compte un jour qu'il peut marcher tout le temps (satori).

lundi 22 mars 2010

• La véritable méditation - Adyashanti


La véritable méditation n'a ni direction, ni but, ni méthode. Toute méthode vise à atteindre un certain état d'esprit. Tout état est limité, transitoire et conditionné. La fascination pour les états mène à l'asservissement et à la dépendance. La véritable méditation est de rester présent en tant que conscience primordiale.

La véritable méditation apparaît spontanément dans la conscience quand l'esprit n'est pas fixé sur des objets de perception. Quand vous commencez à méditer, vous remarquez que l'esprit est toujours dirigé vers un objet quelconque, qu’il s’agisse de pensées, de sensations corporelles, d’émotions, de souvenirs, de sons, etc. Il en est ainsi car l'esprit est habitué à se concentrer sur les objets et à se contracter. Alors, l'esprit interprète machinalement ce dont il est conscient (les objets) de façon compulsive et déformée. Il se met à tirer des conclusions et à faire des suppositions basées sur des conditionnements passés.

Dans la véritable méditation, tout objet est laissé à sa fonction naturelle. Cela veut dire qu'aucun effort ne doit être fait pour manipuler et supprimer un quelconque objet dont on est conscient. Dans la véritable méditation, l’accent est mis sur le fait d'être conscience ; non pas d'être conscient d'objets, mais de rester présent en tant que conscience primordiale elle-même.

samedi 20 mars 2010

• Faire une retraite en soi-même - Mooji

PREMIERE VIDEO EN LIGNE DE MOOJI
AVEC TRADUCTION SIMULTANÉE EN FRANCAIS


Vu sur la chaîne Moojifrance
(Merci à Nataraaj)

jeudi 18 mars 2010

• Cette nuit-là... - Osho



Le but est en vous ; vous êtes le but, la cible. Il n'y donc nulle part où aller, un chemin n'est pas nécessaire. En fait, il suffit de laissez tomber tous les chemins, de laisser tomber la recherche et d'être simplement vous-mêmes. Comme vous en êtes incapables, il faut vous montrer quelques chemins pour vous faire marcher, pour vous fatiguer. C'est simplement pour vous épuiser.
Chercher n'est pas la façon d'y arriver, mais la recherche est nécessaire parce que vous êtes très actifs. 

J’ai ri, d’un vrai rire sonore, en voyant toute l’absurdité d’essayer de s'illuminer. Toute l’histoire est ridicule, car nous naissons illuminés, et s'efforcer d'atteindre quelque chose qui est déjà là, c'est la chose la plus absurde qui soit. Si c'est déjà là, vous ne pouvez pas l’atteindre ; vous ne pouvez atteindre que ce que vous n’avez pas, que ce qui n'est pas une partie intrinsèque de votre être. Mais l’illumination est votre nature même. 

Je ne faisais rien ! Désormais, cela me dépassait ; cela arrivait. J’avais fait quelque chose ; sans le savoir j’avais frappé à la porte, et la porte s’était ouverte. J’avais médité pendant des années, assis en silence, sans rien faire, et peu à peu j’arrivais dans cet espace où vous êtes, et vous ne faites rien ; vous êtes simplement là, une présence, un observateur. Vous n’êtes même pas un observateur parce que vous n’observez pas – vous êtes juste une présence. Les mots sont inadéquats, car quel que soit le mot employé, il semble que l’on fasse quelque chose. […]  

C’est arrivé dans un état de totale relaxation – c’est toujours ainsi que cela arrive. J’avais tout essayé. Puis voyant la futilité de tout effort, j’ai abandonné ce projet. Je l’ai complètement oublié. […] 

Juste avant le 21 mars 1953, j’ai arrêté de travailler sur moi. Il arrive un moment où vous voyez toute la futilité de l’effort. Vous avez fait tout ce que vous pouviez faire et rien ne s’est passé. Vous avez fait tout ce qui est humainement possible. Que pouvez-vous faire d’autre ? Par pure impuissance, on laisse tomber toute recherche. Et le jour où la recherche s’arrêta, le jour où je n’ai plus rien cherché, où je ne me suis attendu à rien, cela commença à se produire. Une nouvelle énergie se manifesta – venant de nulle part. Elle ne venait d’aucune source. Elle venait de nulle part et de partout. […] 

Cette nuit-là, je devins vide et je devins plein. Je devins non-existentiel et je devins l’existence. Cette nuit-là, je mourus et naquis à nouveau. Mais celui qui vécut cette nouvelle naissance n’a rien à voir avec celui qui mourut, c’est quelque chose de discontinu. En surface cela a l’air continu, mais c’est discontinu. Celui qui mourut, mourut totalement ; il ne resta rien de lui. J’ai connu bien d’autres morts, mais elles n’étaient rien comparées à celle-ci, elles étaient des morts partielles. Parfois le corps meurt, parfois une partie du mental meurt, parfois une partie de l’ego meurt, mais en ce qui concerne la personne, elle subsiste. Plusieurs fois rénovée, redécorée, un peu modifiée ici et là, mais elle subsiste, la continuité demeure. Cette nuit-là, la mort fut totale. Ce fut un rendez-vous avec la mort et avec Dieu simultanément. 


mardi 16 mars 2010

• Là où l'autre n'existe pas - Andrew Cohen

Lorsque deux individus ou plus, éveillés à ce que j’appelle l’impulsion évolutive ou le Soi Authentique, dialoguent en profondeur dans une conversation très focalisée, c’est comme s’ils pensaient à haute voix ensemble comme une seule personne. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a qu’un seul Soi Authentique. L’ego ne peut avoir de relation qu’avec d’autres individus séparés ; le Soi Authentique lui, ne peut être en relation qu’avec lui-même. Si nous nous éveillons au Soi Authentique et qu’une autre personne est illuminée par ce même Soi, nous ferons tous deux l’expérience d’un fort appel à nous rencontrer, mais ce qui nous attirera l’un vers l’autre n’est pas la personnalité singulière de l’autre. Le Soi Authentique n’est pas intéressé par les individus. Il ne fait toujours que se chercher lui-même dans les autres. Quand des personnes qui n’ont absolument aucune histoire personnelle partagée, se rencontrent dans ce niveau de conscience plus élevé, elles font l’expérience d’une intimité extatique, qui transcende d’une façon infinie, toute relation ou connexion qui peut exister dans un contexte plus familier ou personnel. Portés sur les ailes du Soi Authentique, notre conscience de nous-même se dissipe, et une douceur enivrante nous enveloppe. Là, où l’autre n’existe pas, nous nous éveillons tous à une transparence radieuse, nourrie de la passion sans ego. Là, le conflit et la compétition disparaissent. Nous ne sommes pas des individus séparés qui nous unissons ; nous sommes un seul Soi empli du délice absolu d’être avec lui-même.
Voir également la citation de la semaine, sur le site d'Andrew Cohen

lundi 15 mars 2010

• Il n'y a que la Source s'amusant Elle-même - Satyam Nadeen


Vous pensez que vous devriez être illuminé.
Vous l'êtes déjà.

Vous pensez devoir suivre un chemin pour y arriver.
Il n'est pas de chemins.

Vous pensez que l'illumination est un but.
Il n'est pas de buts.

Vous pensez que vous devez vous transformer vous-même et transformer le monde pour le rendre meilleur. 
Il n'est rien à accomplir.

Vous pensez pouvoir trouver Dieu en Inde ou au Tibet.
Il n'est nulle part où aller. La Conscience est partout la même.

Vous pensez que l'issue de votre parcours personnel est ce qui importe.
Cela est égal, quelle que soit la façon dont il se termine.

Vous pensez que l'histoire qui vous arrive est vraie.
C'est une illusion, un rêve.

Vous pensez avoir le contrôle de votre vie.
Vous n'êtes qu'une marionnette de la Source.

Vous pensez avoir le libre arbitre et la liberté de choix.
Il n'y a que la destinée et son déroulement ordonné.

Vous êtes persuadé d'avoir des ennemis.
Il n'y a que la Source.

Vous pensez qu'il existe une formule magique pour trouver Dieu.
Détendez-vous, vous résidez déjà en Lui.

Vous pensez que le drame de chacun est une réalité.
Il s'agit uniquement de jeux de miroirs et d'écrans de fumée.

Vous pensez que Dieu souhaite une conscience plus élevée pour la planète.
La Source est uniquement là pour jouer dans la limitation.

Vous pensez que Dieu vous tient pour responsable.
Il n'y a pas de Karma.

Vous nourrissez jugements, comparaisons, opinions, préférences.
Il n'y a que ce qui Est, tel que c'est, exactement tel que cela doit être.

Vous voulez être quelqu'un d'important et d'apprécié.
Soyez, simplement.

Vous redoutez la mort comme l'évènement le plus tragique de votre vie.
La mort est la fin de la limitation.

Vous espérez une vie meilleure, pour la prochaine fois.
Il n'y a pas de soi pour se réincarner. Il n'y a que Source en tant que JE SUIS.

Vous regrettez le passé, vous vous tourmentez dans le présent et vous craignez le futur.
Vous êtes la Source infinie en train de se distraire, détendez-vous !

Vous êtes captivés par de complexes histoires de conspirations.
Il n'y a que la Source s'amusant Elle-même.

Vous pensez avoir une raison de vivre.
Il n'y a aucun "moi" individuel pour avoir un quelconque dessein.
Il n'y a que la Source. Elle a un dessein pour cette apparence.
Vous n'y avez pas accès au travers d'un esprit fini.

Satyam Nadeen

samedi 13 mars 2010

• L'être témoin - OM C. Parkin


Joachim-Ernst Berendt : OM, je t'entends souvent parler du non-effort. Tu dis "Ça arrive" et "Il n'y a rien à faire" . Cependant, tu proposes une formation pluriannuelle appelée ''MYSTERIUM''. Pourquoi travailles-tu avec des gens s'il n'y a rien à faire ?

OM C. Parkin : Le paradoxe du chemin spirituel semble être qu'il faille un effort total pour réaliser le non-effort. Je pourrais assimiler l'effort total d'une part à une volonté complète et d'autre part à une complète disponibilité à laisser tout le travail intérieur requis se faire. Je travaille avec des gens pour leur permettre de reconnaître qu'aucun travail intérieur n'est nécessaire. Comment résoudre cette contradiction ? Et bien, lorsque je travaille avec des gens, je leur transmets que ce ne sont pas eux qui ont à faire un travail intérieur mais qu'ils ont uniquement à lui permettre de se faire. Cela signifie que ce qui s'est embrouillé va se déployer, se révéler spontanément lorsque le Moi abandonne la tension qu'il entretient artificiellement. Si nous nous imaginons un ressort en tension, celui-ci se détend tout naturellement au moment où la tension sera relâchée. Le mental pensant, le faux Moi, est une tension maintenue artificiellement qui empêche ou ne permet pas un déroulement naturel.

JEB : Oui, le mental retient tout. C'est sa tendance: maintenir, garder, retenir, adhérer, ne pas permettre de libre flux. Cette contradiction entre simplicité et difficulté m'a aidé par deux aspects : d'abord, dans cette aspiration, cet irrésistible désir ardent, je me dis à chaque difficulté que je rencontre "Quels radotages ! Ce ne sont que des difficultés créées par mon mental." Ensuite, viennent tes paroles souvent répétées : "Cela arrive". Il suffit d'être en silence et de sentir "Cela arrive", puis, il se passe beaucoup de choses.

OM : La difficulté n'est pas le travail en soi, mais la résistance au travail, car nous savons que le mental pensant, en instrument divisé, contient à chaque ''oui'' une équivalence en "non". Lorsqu'il s'efforce de dire "oui" c'est seulement parce que dans l' inconscient se cache un "non". Quand il s'astreint à "vouloir", l'inconscient dissimule un "je ne veux pas". Cette scission constante qui n'apparaît pas en pleine conscience transforme le travail intérieur nécessaire en une grande difficulté. Le deuxième obstacle est le refus ou l'indisposition à rester avec les phénomènes des zones inconfortables du mental. Chaque animal - et le principe de plaisir est un principe animal - cherche tout naturellement les endroits où il se sent à l'aise. Il en est de même pour l'humain qui dans son ‘moi’ limité s'identifie aux instincts du corps animal. Le chemin spirituel s'éloigne du principe de plaisir. Satyam Nadeen avisait ses élèves: "J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous. La bonne nouvelle est que la libération des conditionnements humains est à la disposition de chacun de vous en ce moment. La mauvaise, c'est que vous devez tous traverser la nuit obscur de l'âme". Dans le moment d'inconfort, qui peut atteindre l'insupportable, beaucoup ne sont pas prêts à rester dans le "quatrième état". Être dans le quatrième état signifie rester dans un état méditatif d'immobilité intérieure, sans fuir, sans aller ailleurs (se distraire), et sans lutter contre.
Ces trois mouvements fondamentaux conduisent au sommeil de la conscience que nous éprouvons si douloureusement comme séparation de nous-mêmes. Dans la présence nue de nous-mêmes, il y a des phénomènes qui semblent d'abord insupportables. Cependant, ils ne le sont que si nous nous identifions à eux par l'un des trois mouvements au lieu de rester immobile dans le "quatrième état", l'être témoin. Une personne normale n'imagine aucunement cette possibilité de rester intérieurement juste tranquille, parce que personne ne la lui a enseignée. Quoiqu' il arrive, rester dans cette immobilité sans jamais détourner l'œil de la conscience - alors, tout se consume. Peur, colère, désespoir, culpabilité, les images, les représentations, tous ces cauchemars et visions d'horreur de l'esprit brûlent simplement. Le monde entier, qui est souffrance, se consume ainsi dans la conscience.

JEB : Peux-tu en dire plus au sujet de cette importante expression "se consumer" ?

OM : La souffrance se consume, brûle d'elle-même ; c'est cela la simplicité. Celui qui reconnaît que la souffrance n'est pas consumée par l'effort mais finalement par l'abandon complet de tout effort, celui-là reconnaît la simplicité de l'Être. Depuis quelques années Satsang et le non-enseignement de l'Advaita qui est à son origine rencontrent un succès grandissant en Occident. Beaucoup fêtent Satsang comme étant "Le nouvel enseignement de la facilité". Ils pensent maintenant "En réalité je suis déjà éveillé" et se détournent de toute forme de travail thérapeutique ou de Sadhana (exercice d'une discipline spirituelle) qu'ils considèrent désormais un concept. Le mental se sert du concept de non-travail pour justifier ainsi son manque de sérieux, son goût du confort. Puis il appelle cela "Juste faire ce qui me fait plaisir" ou " Célébrer la vie". Le concept de "Il n'y a rien à faire" est très attractif pour le goût du confort, passion principale du mental. Avec la propagation de Satsang, se diffuse aussi le malentendu concernant le non-effort, la confusion entre facilité et simplicité. La facilité n'est pas la simplicité, elle est seulement le refus de la difficulté qui survient dans l'effort du travail.
D'autre part, il y a aussi les très vieux malentendus religieux au sujet de l'effort. Nous tous, en Occident, vivons encore les malentendus de l'Eglise chrétienne et de ses générations de croyants, d'enseignants non éveillés. Une affirmation religieuse primaire est : "Efforce-toi de devenir un être humain bon !". Cette déclaration fondamentale implique "Tu es un pécheur, tu es un être mauvais. Efforce-toi de devenir meilleur. Repents-toi, purifie-toi." C'est pourquoi il y a pénitence et expiation. Dans toutes les religions il y a différents moyens pour se purifier, s'améliorer. Tout cela présume que tu es un être mauvais et l'effort qui en découle n'est rien d'autre que la tentative de réparer cet "être mauvais", de te débarrasser de cette faute que tu as apparemment endossée, ou pour le moins de l'alléger. C'est le cercle vicieux infernal dans lequel t'amène le mental pensant traître, auteur de ce système. En vérité, reconnaîs qu'il est sans espoir et que jamais tu n'es en mesure de remédier à cette culpabilité, cette méchanceté , cette malignité - pour citer différents termes renvoyant à la même idée. C'est, je l'exprime souvent à l'aide d'une image simple, comme si tu voulais corriger une soupe trop salée en y ajoutant du sucre pour la neutraliser. Cela ne fonctionne que d'une manière très, très limitée. En fait, dans la dualité c'est impossible car ce serait une tentative de vaincre la dualité dans la dualité. En définitive, il s'agit de reconnaître qu' "être mauvais" , "être bon" et l'effort que tu mets en œuvre pour sortir d'un état que tu ressens comme mauvais ou coupable, que tout cela est un concept du mental pensant et n'a rien à voir avec Dieu. Dieu n'a pas dit "cela est bien" ou "cela est mauvais". C'est un système dont l'auteur est le mental pensant.

JEB : Dans la mythologie grecque aussi il y a cette image de Sisyphe qui pousse son rocher vers le sommet de la montagne et, invariablement avant qu'il n'atteigne la cime, ce même rocher dévale la pente et tout est à refaire.

OM : C'est l'idée de la damnation. Et la damnation est un concept rigidifié, endurci du mental, résultant de l'idée de culpabilité. Si nous étudions de près la culpabilité et tous les efforts nécessaires pour en sortir, alors nous constatons que la culpabilité ne vient jamais de la vie de ce moment, mais toujours d'ailleurs. Elle n'est jamais Ici, jamais Maintenant. Elle est toujours ailleurs, dans ce que nous appelons le passé. Le lourd fardeau du temps. Poonjaji disait: "Time is mind and mind is time". Cela signifie que le temps n'est qu'une autre expression pour mental, pour mental pensant.

Extrait de advaitaJournal Vol. 1 Automne/Hiver 1999. Original : "Die Schwierigkeit von Einfachheit". Cette revue en allemand est disponible chez advaitaMedia GmbH (www.advaitamedia.com).

Vu sur le site de OM C. Parkin

vendredi 12 mars 2010

• Il n’y a que ÊTRE - Albert Einstein


Il y a des moments où l’on se sent libéré de ses propres limites et imperfections humaines.

Dans de tels instant on se voit là, dans un tout petit coin d’une petite planète, le regard fixé en émerveillement sur la beauté froide et pourtant profonde et émouvante de ce qui est éternel, de ce qui est insaisissable.

La vie et la mort se fondent ensemble et il n’y a pas d’évolution ni de destination, il n’y a que ÊTRE.
Albert Einstein

jeudi 11 mars 2010

• Introduction à la 'nature de l'esprit'

Kangyur Rinpoché

Pour un yogi, la réalisation de la vacuité ou éveil se fait en un instant.
Lorsqu'un maître montre la vacuité, il n'a pas besoin de mots, et si le disciple est prêt, un maître authentique peut, simplement en pointant le doigt vers le ciel, transmettre la réalisation. Le disciple sera éveillé par ce simple geste. Le maître aura montré directement la vacuité, sans utiliser le moindre mot. Il est nécessaire, pour cela, que le disciple soit prêt, qu'il soit le réceptacle  approprié à cette réalisation. Ainsi, lorsque les conditions sont réunies, un simple geste du doigt dans  la direction du ciel peut transmettre tout le sens des paroles du Bouddha. En effet, le yogi est à même de comprendre que tous les phénomènes ont la même nature que l'espace et, en un instant de compréhension, il accède à l'éveil. La réalité est ainsi, elle  a cette dimension, cette nature semblable au ciel ou à l'espace. Mais si quelqu'un nous montre le ciel du doigt et si  nous ne sommes pas le réceptacle approprié, nous verrons un avion dans le ciel, ou un arc-en-ciel, ou un nuage, mais nous ne verrons certainement pas la réalité  des choses, nous ne percevrons pas cette vacuité, parce que nous ne serons pas prêts.


Droukpa Rinpoché (vu sur le site de José le Roy)

Ce qui s’est passé ce matin-là et le lendemain fut — et au-delà — ce que l’on peut attendre ou espérer de la légende mystérieuse et fascinante qui a toujours plus ou moins entouré les lamas tibétains. Empruntant un petit balcon de bois qui faisait le tour d’une maison bien modeste, nous avons pénétré dans une pièce presque obscure et nous nous sommes assis en face de la couche couverte de tapis qui se trouve dans toutes les chambres de tous les rimpochés. Dans la pénombre, je distinguai la forme d’un homme accroupi, immobile, qui dégageait une certaine lueur, comme une espèce de vague phosphorescence, et dont les yeux paraissaient lumineux dans l’obscurité. Je me tournai vers Sonam que sa position moins loin de la petite porte rendait un peu mieux éclairé. Il regardait le lama, mais ses yeux restaient sans brillance particulière. Je me retournai alors vers Kangyur Rimpoché et revis cette même luminosité et surtout ces yeux comme allumés dans le noir. Il me regardait fixement et je sentis naître en moi puis grandir une émotion exceptionnelle, indescriptible. Je perçus seulement que Sonam quittait la pièce puis j’eus l’impression que plus rien d’autre au monde n’existait que cette présence dans l’ombre et moi-même. L’intensification et l’accélération de toute ma vie psychique, pensée et sentiments, transcendait toute expérience descriptible. Tous les souvenirs, toutes les images, tous les possibles se présentaient à la fois. J’avis dix, cent cerveaux qui fonctionnaient en même temps. Peut-être certains qui ont cru se noyer et ont raconté avoir vécu toute leur existence en quelques secondes ont-ils connu une expérience approchante. Je pouvais tenir dix raisonnements à la fois, vivre dix scènes de souvenirs (et de souvenirs oh ! combien oubliés) en même temps. Puis tout fonctionnement s’est arrêté, mais ce n’était ni l’inconscience, ni le blanc des évanouissements. La conscience, l’éveil était absolus, c’était l’expérience du vrai silence, « beyond the mind », transcendant la pensée et l’individualité, le nom et la forme, le temps et l’espace et, surtout, la dualité.


Sonam m’a dit seulement : « I saw you were in deep meditation with the guru and I left the room ». Et il m’a précisé que ce qu’il appelait ainsi « méditation avec le gourou » avait duré à peu près une heure. Désireux de confirmer mon opinion sur Kangyur Rimpoché, je convainquis Sonam de retarder notre départ d’un jour. Le lendemain matin, exactement le même phénomène se reproduisit, aussi intense, aussi prolongé et dont l’effet devait durer plusieurs jours et disparaître progressivement. Disparaître complètement ? Non, le souvenir, l’empreinte de cette expérience — ou d’autres du même ordre — sont ineffaçables. Mais il n’en reste pas moins que l’état exceptionnel, le niveau de conscience, ne sont pas durables. Tout à coup apparaît : « Je vis en ce moment une expérience sublime, miraculeuse », et tout est perdu.

Arnaud Desjardins
Le Message des Tibétains, Ed. de la Table Ronde.
(voir aussi Témoins d'Éveil, du site 3éme Millénaire)

mercredi 10 mars 2010

• Le Soi est tout - Karl Renz


Je parle toujours d'un moi absolu à un toi absolu. Il n'y a que l'Être. Et l'Être ne connaît ni un ni deux. Il n'y a pas d'unité non plus. L'Être est, même quand il est deux. Alors il est le fait d'être deux. Ou trois, ou quatre, ou cinq. Il est l'ivresse, la sobriété, la beauté, la laideur. L'Être est l'Être, quel que soit son attribut. Il demeure, il est ce qui est. Et il n'a pas besoin d'unité, sinon ce serait de nouveau un Être conditionnel.

Présentation de Karl Renz 

Dans un langage tenant à la fois d’Emmanuel Kant et de Heinz Edhard (comique allemand des années 60), Karl Renz parle d’une manière abstraite du Soi, de la liberté, de la Vacuité et du Néant jusqu’à vider ces sujets de toute compréhension, pour ensuite jongler allègrement avec les calembours, les contrepèteries et les paradoxes.
Ne vous attendez surtout pas à entendre de sages conseils sur l’art de vivre ou bien des tuyaux pour atteindre l’Éveil. En revanche, vous trouverez la détente, le divertissement et vivrez des états où le mental ne parvient à se poser nulle part.

Né en 1953, Karl est le fils d’un fermier du land de Weserberg. En 1976, il débute une carrière d’artiste comme musicien et peintre, expose ses toiles en Allemagne et à l’étranger. Actuellement, il vit à Berlin et est invité à donner ses entretiens dans le monde entier.

Adolescent, Karl se sentait constamment déchiré entre l’extase et le désespoir. Dans sa quête du bonheur permanent, il explora en vain le sexe, les drogues, les lectures spirituelles et chercha l’approbation de ses amis. A la fin des années 1970, de la mise en pratique d’une technique de Castaneda destinée à rêver consciemment résulta un premier éveil. « Soudain, quelque chose qui s’était apparemment endormi s’éveilla en moi et dans cet éveil, d’abord les mains puis le corps tout entier commencèrent à se dissoudre. Une force inexplicable, perçue comme un néant noir et sans fin, était en train de m’anéantir. Même après m’être réveillé dans mon lit, le combat se poursuivit. Puis, tout à coup, l’acceptation de cette dissolution surgit. Ce Néant de ténèbres devint une lumière éblouissante, une lumière brillant d’elle-même. Et j’étais Cela. »

Karl offre régulièrement des entretiens de deux heures, chaque fois sous un thème différent : la peur, la religion, la mort, la passion, la maladie, la tranquillité, les expériences spirituelles, la perte et le gain. Toutefois, les questions et réponses ne se bornent pas à ces sujets. De petits groupes ont commencé à se retrouver à Berlin, à Munich, puis ailleurs. Ni salutations solennelles, ni intermèdes musicaux, ni photos d’êtres éveillés n’accueillent Karl, qui lui-même n’eut pas de Maître et ne se reconnaît dans aucune tradition. Et la gaîté l’emporte sur la piété. Sans aucun intoxicant s’installe une légère euphorie dans laquelle tout finit par être tourné en dérision.

« L’Éveil survient absolument sans aucune préparation, en dépit et non à cause de la recherche de la connaissance. Tous les concepts de Voie, de développement et même de connaissance surgissent avec la première pensée « Je ». Cette idée première crée le temps, l’espace et donc la totalité du monde. Tant que cette pensée « Je » - qui signifie séparation (dualité, souffrance) - semble réelle, existe également le souhait d’unité et conséquemment le désir de trouver une échappatoire, de mettre un terme à la souffrance. Cette première fausse idée de « Je » entraîne la fausseté de tout ce qui en découle. « Sois ce qui précède la pensée “Je”. Seule cette connaissance absolue supprime la source de tous problèmes et c’est la signification de : « Sois ce que tu es ».

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Entretiens avec Karl Renz 

Dates : 
Les 5, 6, 7 mai 2010 en soirée (19h30)
et les 8 et 9 mai 2010, deux entretiens (10h30-12h30 / 14h30-16h30).

Lieu : Paris 

Thèmes : 
5 mai : Quel est l'ultime remède contre la peur ?
6 mai : Les désirs sont ils un obstacle à la réalisation ?
7 mai : Comment arrêter la souffrance ? 
8 mai : Que se passe-t-il quand on meurt ?
9 mai : Y a-t-il une évolution du monde ?

Les entretiens sont donnés en anglais avec traduction française.
Pour toutes informations complémentaires, visitez le site de l'association Être Présence.
Mail : etre.presence@gmail.com ; ou contacter Devi : 06.64.44.88.77

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Thème du 5 mai : 
La paix que tu peux obtenir est encore de la peur. La possession, c'est la peur. Toutefois, antérieur à ce possesseur, tu existes. Ça, tu ne peux pas dire que c'est une idée, aussi demeure dans l'antériorité.
La peur est là, mais personne n'a peur.
Chaque peur a sa raison d'être, là n'est pas le problème. Mais il n'y a personne qui ait peur.
Le Cœur est tout ce qui est. Alors que craindre ? As-tu peur d'être le Cœur ?
Sans objectif, l'image ne peut pas demeurer, c'est son système de survie. Elle craint la mort. Elle craint l'existence. C'est une crise existentielle. C'est pourquoi elle a besoin d'un but, d'un point de référence, sinon, elle disparaît. Sans référence, point d'image. Le Tout-Puissant, l'absence totale de but, ce que tu es, aurait peur de Lui-même ! Quelle plaisanterie !
Le vide signifie la mort, la mort de tout objet. Mais lorsque tu prends conscience du vide et que tu vois que la Vacuité est ce que tu es, alors tu te reposes dans Cela, tout simplement, car tu vois qu'il n'y a rien à craindre. C'est pourquoi Jésus a dit : « Ne craignez point ». N'ayez pas peur de ce que vous êtes. Cette absence, cette absence absolue de toute idée est le vide, et c'est ce que tu es. Ce vide total, cette abîme est ce que tu es.
Vois, tout simplement ! Le Soi est tout, et tout ce qui se passe se passe dans le Soi et fait partie du Soi.
  
Sans complaintes, sans actions, sans désirs, le monde entier s'effondrerait. C'est une énergie qui te fait courir partout, il n'y a rien de mal à ça.
En vérité, il n'y à rien à dissoudre, car si ce qu'est l'existence avait besoin que la moindre chose parte, cette liberté que tu es dépendrait d'une absence : celle d'un moi, de problèmes, de désirs, etc. Mais de quelle sorte de liberté s'agirait-il si elle avait besoin de l'absence de ce qui n'est même pas présent ? Elle dépendrait encore de quelque chose. Tu dois être ce que tu es en toutes circonstances, possibles ou impossibles, et non dans une absence quelconque ou une harmonie spéciale, quelle qu'elle soit.
Quel problème y a-t-il avec le désir ? C'est merveilleux. Pourquoi pas ? Tu n'as rien à perdre. Il n'y a aucun avantage à ne pas désirer. Pourquoi ne pas se languir ? Tu es l'absence d'aide et de non-aide. Tu ne peux pas décider de te languir ou non, un point c'est tout. Alors pourquoi pas ? Désirer est douloureux ? Oh ! Je te dis que même cette douleur, comme tout ce que tu expérimentes, est totalement savourée par Cela que tu es. 
Sache que la moindre souffrance, la moindre peine, est un aspect de ta réalisation absolue qui ne peut être évitée par qui que ce soit. Encore une fois, cette impuissance est la paix. Dans cette impuissance, il n'y a personne qui souffre, qui soit malade, à l'agonie ou quoi que tu nommes. Cette « personne » n'apparaît que lorsqu'il y a dérobade. Je vais encore plus loin, éviter n'est pas un problème, car il n'y a jamais eu quelqu'un qui ait jamais évité quoi que ce soit. Ne pas éviter non plus le fait d'éviter. Il faut toujours remonter plus près de ce mystère qui est la liberté.
Tout ce que tu vis, la souffrance, les pleurs, c'est une expérience pure de ce que tu es. Tu ne peux pas éviter ce que tu es parce que tu es ce Soi et que ce que tu vis est une réalisation de ce que tu es. Il n'y a rien de bien ni de mal à cela.
Bouddha a dit : « La souffrance a une fin. Bien sûr, il y a une fin à la souffrance, car elle n’a jamais commencé. Si tu trouves le début de la souffrance, tu pourras peut-être en trouver la fin. Pour souffrir, il faut que la personne qui souffre existe. Commence par la chercher. Tant que tu désires mettre fin à la souffrance, il restera quelqu’un. Parfois la souffrance s’arrête, mais la personne qui ne souffre plus peut retourner à la souffrance à la moindre inattention. Quelle est la seule façon d’anéantir l’idée d’une personne qui souffre ? 
L’Éveil survient absolument sans aucune préparation, en dépit et non à cause de la recherche de la connaissance. Tous les concepts de Voie, de développement et même de connaissance surgissent avec la première pensée « Je ». Cette idée première crée le temps, l’espace et donc la totalité du monde. Tant que cette pensée « Je  » - qui signifie séparation (dualité, souffrance) - semble réelle, existe également le souhait d’unité et conséquemment le désir de trouver une échappatoire, de mettre un terme à la souffrance. Cette première fausse idée de « Je » entraîne la fausseté de tout ce qui en découle. « Sois ce qui précède la pensée “Je”. Seule cette connaissance absolue supprime la source de tous problèmes et c’est la signification de : « Sois ce que tu es  ».
Il n’y a jamais eu aucun ego qui aurait respiré. Il n’y a pas de dernier souffle parce qu’il n’y en a pas de premier. Ne crée pas de processus. Vois simplement que ce que tu es - la seule réalité, jamais touchée par quoi que ce soit de sensoriel - a toujours été là. Ce n’est rien de nouveau. C’est tellement ancien, tellement infini, juste ce : « Aha !Ô infinité ! » Tout ce qui existe est infini, car l’infini est tout ce qui est.
Il n’y a pas de différence ni de séparation entre la forme et la non-forme : toutes deux sont le Soi, donc exactement identiques. Ce que tu es n’a pas besoin d’être réalisé, car tu es - et seras toujours - ce que tu es. Les circonstances de la naissance et de la mort ne peuvent te toucher en aucune manière. Ce ne sont que des sensations parce que tu es antérieur à elles. Avant que ce corps ne naisse, tu étais déjà ce que tu es.
Tu ne peux pas mourir. Mieux vaut que tu confrontes cette réalité. L'idée d'être né est déjà fausse, donc l'idée de mourir l'est également, c'est certain, et pour le « je », cette idée est insupportable ! Tu ne peux jamais accepter l'idée que tu es immortel. Devant cette vision absolue d'immortalité, en voyant que rien ne peut naître, tu flippes ! C'est la terreur totale pour cette idée « moi » qui avait cet espoir : « Si ça ne s'arrête pas avant que je meure, au moins, quand je mourrai, tout sera terminé. » Non, non. Mourir n'est qu'un autre instant, une autre expérience, suivi d'un autre instant de la réalisation de ce que tu es. Et cette réalisation est aussi infinie que tu l'es. Pour ce que tu es, l'événement de la naissance et celui de la mort sont comme boire une autre tasse de café, car l'absence d'espoir, le fait que tu n'as absolument aucune chance de t'échapper de l'existence est la réalisation de ce que tu es. Mais, oh, surprise ! Dans l'absence d'espoir règne le silence.

Thème du 9 mai : 

Certaines personnes pensent qu'il y a une évolution. C'est le cas de ce moi fantôme qui essaie perpétuellement de confirmer son existence. Pour cela, il crée quelque chose d'insaisissable, puis il se lance dans des pratiques qu'il pourra réitérer à l'infini. C'est sans fin. Ainsi il continue à se confirmer : « Je n'y arrive pas. Je veux tout avoir. Je veux réaliser. Je veux être le premier réalisé qui ait jamais marché sur terre. Moi ! Pourquoi pas moi ? Il y a bien eu Ramana, Jésus, Mohammed, Bouddha et tous les autres réalisés. Pourquoi eux et pas moi ? » Et ce, bien que tous ceux que l'on nomme réalisés aient dit qu'il n'y a jamais eu de réalisés.

Aucun travail ni développement ne sont requis pour être ce que tu es. Tout concept de « voie », qui implique évolution et même cognition, apparaît avec la première pensée « je ». Cette première pensée crée le temps, l'espace et par conséquent l'univers entier.

Ce que tu es ne peut pas gagner ni perdre quoi que ce soit. Et ce qui peut gagner quelque chose par une augmentation est déjà un faux « je ». Un faux qui gagne du faux. 

Non pas évolution, mais révolution !

mardi 9 mars 2010

• Retour chez Soi - Della



« Nous baignons tous dans cet élan naturel d'éveil à notre Vraie Nature.
Certains en ressentent l'appel avec intensité.  D'autres ont cette chance inouïe de plonger dans son Évidence sans avertissement.  Processus étrange s'il y en a un...
Bien des questions pour un mental en quête de paix devant le Mystère.
La Vérité n'est-elle pas qu'un point de vue qui résonne
avec notre nectar propre de Sagesse ?
Tant de douces saveurs dans ce monde pour en arriver à Maintenant. »



C’est dans la Joie et l’Accueil que Della nous propose de voir et de nous libérer de nos prisons conditionnées, de nos limites illusoires afin de nous permettre de toucher à ce que nous Sommes vraiment en toute simplicité.


Della était quelqu’un… elle était épouse et mère, elle était aussi médecin, elle pratiquait aux urgences. Elle avait réussi autant au niveau personnel que professionnel. Elle ne cherchait rien. Elle n’avait pas de croyance spirituelle. Elle était heureuse.


Puis en 2005, sa vie a basculé. Elle a été touchée au coeur par l’Amour Inconditionnel et l’Unité. Elle a vécu des périodes de détachement profond. Tranquillement, on lui a montré qu’elle n’avait besoin d’aucune étiquette pour Être.


Peut-on appeler sa transformation Éveil de Conscience ? Elle rirait à entendre la question…Vous cherchez des réponses à votre mental ? Elle n’en aura pas…


Avez-vous envie de plonger dans l’abysse sans fond de la Simplicité et du non-savoir ?

Site de Della

jeudi 4 mars 2010

• La vision sans origine - Shabkar


Cette non-action peut être cruciale, mais elle n'est pas comprise par certains. Tout est déjà fait, mais ils disent : "Je dois travailler dur !". Tout a été libéré depuis le début, mais ils disent : "Je veux être libre !". L'esprit est en méditation depuis le début, mais ils disent : "Je dois méditer !". La vision existe depuis le début, mais ils disent : "Je dois le voir !". Le but est atteint depuis le commencement, mais ils disent,  "Je dois l'atteindre !".

≈≈≈≈≈

La vision est sans origine, non-conceptuelle, capable de n'importe quelle sorte d'entorse, parce que dans une intense concentration la vision n'a pas de contenu spécifique. La méditation est un processus naturel inné consistant à être libre, parce que dans une méditation intense il y a la non-méditation. La conduite est une représentation de l'illusion magique, innocente d'aucune distinction entre donner et prendre, abstinence et indulgence, parce qu'une intense activité est sans objet. La nature du but est absente à la fois de l'espoir de la réalisation et de la peur de l'échec, parce que dans une pratique intense le but disparaît. 

≈≈≈≈≈ 


EHMAHO !

Écoutez encore, enfants aimés de mon coeur ! "Esprit" ce concept universel, ce plus significatif des mots, n'étant pas une entité unique, se manifeste en tant que gamme des plaisirs et peines dans le samsara et le nirvana. Il existe autant de croyances sur lui qu'il existe d'approches de la bouddhéité. Il a d'innombrables synonymes.

Dans la langue vernaculaire il est "Je" ; quelques hindous l'appelle le "Soi" ; les disciples disent "individualité sans-soi" ; ceux qui suivent "Esprit-seulement" l'appelle simplement "esprit" ; certains l'appelle "parfaite intuition" ; certains l'appelle "nature-de-bouddha" ; certains "magnifique attitude" (Mahamoudra) ; certains l'appelle "voie du milieu" ; certains "graine cosmique" ; certains "continuum de la réalité" ; certains "base universelle" ; certains "conscience ordinaire". Puisque les synonymes de "esprit", les étiquettes que nous lui appliquons sont sans nombre, connaissez le pour ce qu'il est vraiment. Connaissez-le par l'expérience du ici et maintenant. Placez vous dans l'état naturel de la nature de votre esprit.

Lorsque, calmé, l'esprit est la perception ordinaire, nue et sans artifice ; lorsque vous le regardez directement il n'y a rien d'autre à voir que de la lumière; en tant que Savoir, c'est la brillance et la vigilance détendue de l'état d'éveil ; en tant que rien de quoique ce soit de spécifique, c'est une richesse secrète ; c'est le summum du rayonnement et de la vacuité non-duelle.

Ce n'est pas éternel, parce que rien d'aucune sorte le concernant n'a été prouvé existant. Ce n'est pas un vide, parce qu'il y a le rayonnement et l'éveil. Ce n'est pas l'unité, parce que la multiplicité est de soi évidente dans la perception. Ce n'est pas la multiplicité, parce que nous connaissons la saveur unique de l'unicité. Ce n'est pas une fonction externe, parce que le Savoir est intrinsèque à la réalité immédiate.

Dans l'ici et maintenant immédiat nous voyons la face du Seigneur Originel résidant dans le centre du coeur. Identifiez vous à lui, mes fils spirituels. Quiconque le nie, désirant plus d'autre part, est comme l'homme qui a trouvé son éléphant mais continue à suivre ses traces. Il peut prospecter les trois dimensions du monde microscopique pour l'éternité, mais il ne trouvera pas plus de nom de Bouddha que celui de son coeur.

Telles sont mes instructions initiant la reconnaissance de notre véritable condition existentielle, qui est la réalisation principale de « Trancher jusqu'à la Grande Perfection ».

L'intégralité de ce texte peut être téléchargé ici,
à partir du site Sangha Forum.
Voir également cette page pour d'autres textes.

mercredi 3 mars 2010

• Immaculée perception - Monko



Une polémique, toujours la même d'ailleurs, semble secouer à nouveau le monde de la non-dualité sur le web... Une critique, parfois justifiée, s'élève contre ce que certains appellent le "neo-advaita". Voir à ce propos l'article de José sur son blog, concernant Dennis Waite et son nouveau livre : L'illumination, le chemin dans la jungle".


Extraits du blog de José Le Roy : 

"Ici il s'en prend au courant satsang ; sont visés des gens comme Jeff Foster, Wayne Liquorman, Tony Parsons , Adhyashanti, etc. Le neo-vedanta ne désigne pas ce courant de la fin du XIXème siècle (Ramakrishna, Vivekananda) mais un mouvement apparu depuis les années 90 en Occident sous l'influence de Poonja essentiellement.
Que lui reproche Waite ?
Beaucoup de choses parfois justifiées, parfois moins.
D'après lui, ce mouvement d'enseignants  est plutôt négatif (p20). Assister à des satsangs n'est pas recommandable (p 137). Ce sont surtout des paroles creuses (p 129) qui peuvent même conduire le chercheur à « une totale désespérance » (p 129). Cette méthode d'enseignement est un échec (p. 123). Waite parle même au sujet de ces enseignements de « fast food » de l'enseignement non-duel (p 115). Certains de ces enseignants recherchent surtout l'argent facile (faire payer cher ou très cher pour dire qu'il n'y a rien à faire est un bon business pas fatiguant (p 125)). Les satsangs sont très répétitifs et finalement tout le monde peut en donner en répétant comme un perroquet : «  il n'y a rien à faire, il n'y a rien à faire ». Ces enseignants d'ailleurs n'ont aucune autorité n'étant reliés à aucune lignée traditionnelle (sampradaya). Des mots durs sont employés : charlatans, immoralité...
Les satsangs sont populaires parce qu'ils affirment qu'il n'y a rien à faire et  que nous sommes déjà illuminés. Cet enseignement correspond bien, d'après Waite, à la mentalité des occidentaux qui veulent tout tout de suite, qui sont  fainéants et rechignent devant l'effort, la discipline, l'ascèse.
Waite recommande donc de fuir ces enseignants à la mode pour trouver un maitre spirituel authentique issu d'un enseignement traditionnel (par exemple la lignée de Shankara)
Le constat est sévère, mais Waite présente des arguments interessants.
La cause du problème vient, d'après lui, d'une confusion entre le niveau de vérité ultime (paramartha) et le niveau de vérité relative (vyavahara). Pour Waite, dire que les gens sont déjà illuminés, qu'il n'y a pas de libre arbitre, qu'il n'y a rien à faire, qu'aucune pratique n'est nécessaire, qu'aucune voie n'est utile est une erreur. C'est vrai au niveau de l'absolu mais pas au niveau relatif, qui est celui où se situe le chercheur. Ainsi, cette absence de méthode n'est d'aucun secours pour le chercheur puisqu'on ne lui propose aucune voie spirituelle. Un véritable enseignement prend les gens où ils sont et leur offre un chemin vers la réalisation. Ce chemin nécessite des années de travail d'ailleurs et non quelques heures. « Ne rien faire ne produira rien » (p 137).
Waite montre de plus une contradiction manifeste chez ces enseignants qui parcourent le monde pour enseigner qu'il n'y a aucun enseignement...Si il n'y a rien à faire, restons chez nous et taisons nous ! "

Puis, suite à ce billet semble-t-il, une question s'est élevée sur le blog de Monko
" Bonsoir Monko,
(là il est question d'un passage concernant le livre de Dennis Waite et sa critique du néo-védanta...)
Je ne dis en aucun cas que vous êtes un manipulateur, ni quelqu'un qui cherche à faire du profit, bien au contraire.
Je ressens simplement une grande incompréhension en vous lisant, je me sens perdu.
Je peux dire "Il n'y a que l'Un, tout est parfait, il n'y a rien à faire".
Mais je ne l'expérimente pas, alors ce ne sont que des croyances.
Que puis-je faire, concrètement. Vous aussi avez été chercheur, pouvez vous le vous remémorer et dire ce qu'il aurait été bien que vous entendiez, quand vous étiez encore chercheur ? "


Voici une partie de la réponse proposée par Monko : 


" Il existe quelques méthodes, mais nous devons bien nous entendre là-dessus: aucune méthode n'est possible pour nous faire aller là où nous sommes déjà, rien ne peut s'immiscer entre Toi et Toi. L'éveil est une reconnaissance impersonnelle, un savoir intemporel, une éternelle Vision qui se reconnaît ici et maintenant, et il n'existe aucune condition préférable à une autre, rien qui ne puisse être enseigné de l'extérieur. La condition nécessaire est celle qui se présente.
Une chose possible est, par exemple dans des moments silencieux comme la méditation assise, de laisser s'inviter, sans intention, tout ce qui le souhaite, et de voir et comprendre que tout ce qui s'élève ne peut être qu'un objet, un objet perçu. Ce "tout" peut être une pensée ou une émotion (mental), une sensation ou une tension (le corps) ou une perception sensorielle (le monde). Tout ce qui surgit dans le champs de la Conscience est perçu et ne peut être considéré comme "moi". Aussi, le mental, le corps et le monde vont et viennent, ne sont pas présents tout le temps, et surgissent en Moi, le percevant. JE suis le percevant de tous les objets qui ne sont qu'une partie limitée de la totalité et ne peuvent être la source de l'être continu que je me sais être. Des instants privilégiés sont l'endormissement et le réveil: à l'endormissement, je vois le monde, le corps et le mental petit-à-petit se résorber en moi, en l'être qui lui ne va ni ne vient, ne naît pas et ne meurt pas, ne s'éveille pas et ne s'endort pas. Au réveil, la première chose est le parfum de cet être, de la joie sans cause issue du sommeil, conscience pure en laquelle les objets vont revenir; et l'éventuelle identification à la première pensée (la pensée "je") et aux sensations corporelles qui vont renforcer cela, va pousser le parfum et la joie momentanément dans les coulisses. Cette identification, source de la souffrance, n'est pas une erreur, c'est aussi l'expression de la vie et l'invitation. La séparation apparaît, mais à qui? A qui ou à quoi apparaissent les pensées, les sensations, les perceptions ? Je vois que je ne suis pas (ou pas seulement) le corps ou mes pensées : qui ou que suis-je ? Ce que je me sais être peut-il être localisé, dans le temps et l'espace? Où est "moi" ? Je suis (objectivement) introuvable, mais je suis, cela est une évidence, n'est-ce pas ? "Je suis" est-il dans le corps, dans les pensées, dans le monde ? Tout cela relève donc de la voie de l'investigation, de la reconnaissance de ce que je ne suis pas, conduisant à l'intuition de ce que je suis.Ceci peut conduire à un état de détachement, d'une forme de clarté, de détente, et amener la compréhension au mental (ou à l'intellect) qu'il ne peut comprendre ce qui est au-delà des états, aussi profonds ou subtils soient-ils, et de plus, toujours impermanents. Il est de mon point de vue absolument essentiel que l'amour s'invite, l'amour débordant pour ce qui est, pour cette merveille qu'est le jeu de la vie, le théâtre de Dieu. Dans cet amour vont s'effondrer tout perçu et tout percevant pour ne laisser la place qu'à l'immaculée perception; même l'amant et l'aimé vont se consumer, c'est-à-dire seront vu comme Un, Un dans l'amour, l'amour inconditionnel qui est la nature de l'existence.
L'autre méthode, tout autant traditionnelle, a été évoquée: la confiance dans le maître, non dans sa personne mais sa présence, qui est notre présence. La présence en nous cherche un écho de sa réalité là-bas, encore recouverte d'ignorance. Et ainsi, dans les satsangs, ce ne sont pas seulement les mots du maître qui sont recherchés, mais le parfum de la présence, qui est goûté impersonnellement, en dehors des organes de perception traditionnels. Fréquenter ce parfum est indispensable. Et pour réponde sur ce point à Waite, pour ce que j'ai vu de Foster, je ne ressens pas cette Présence derrière ses "il n'y a personne" ; et je ne perçois que Cela derrière les "il n'y a personne" de Tony Parsons, ou derrière les explications parfois "intellectuelles" d'un Francis Lucille...
Donc je conseille d'aller au satsang, d'aller goûter au parfum de la Présence. Si ce n'avait été fait, je te rappelle également qu'on peut tout-à-fait venir me voir. C'est gratuit et c'est, en tous les cas pour moi, joyeux. "
Monko
En conclusion, voir également cette réponse de Ruper Spira, déjà publiée sur Éveil Impersonnel.

Voir aussi la remarque de Gojo sur son blog.

Ainsi qu'un nouvel éclaircissement proposé par Monko.

Et un dernier commentaire de José, sur son blog