mercredi 10 février 2010

• Satsang avec Ramesh Balsekar (première partie)


RÉUNION CHEZ RAMESH BALSEKAR
22 JANVIER 2008

Jean-Pierre : Avant de poser une question, je voudrais témoigner d’un profond sentiment de gratitude, présent depuis notre première rencontre.
La question que je vais posée est liée au ressenti depuis la rencontre

Ramesh : Quand a eu lieu la première rencontre ?

Jean-Pierre
: La première fois j’ai vu un film d’un satsang en 2002. La vision de ce film a eu un impact très profond. J’ai ensuite passé 3 jours ici il y a deux ans.
Si on parle du processus, au début, j’ai eu l’impression que la rencontre a eu un impact très fort sur le plan du cœur. Je parle très mal l’anglais, je comprenais donc peu de choses à ce que vous disiez. Par la suite, c’est passé par un processus plus intellectuel. J’ai rencontré Philippe, j’ai rencontré Wayne (Liquorman), j’ai vu Wayne en conférence en France. J’ai l’impression que progressivement une compréhension s’est approfondie, jusqu’à un certain moment d’ouverture. La question que j’ai à poser est liée à un ressenti physique. J’ai l’impression qu’après que cette ouverture se soit produite, il y a eu comme un processus d’assimilation ou de perfusion au sein du corps. Je voulais vous poser une question par rapport à cela, parce que dans vos livres j’ai lu peu de choses sur ce sujet.

Ramesh : Lorsque la rencontre a eu lieu, c’était prêt pour que ça passe directement par le cœur et non par l’intellect. Mais vous n’avez à en tirer aucune vanité.

Jean-Pierre : Avant de vous rencontrer, quelque chose de très clair était survenu, qui m’avait fait comprendre qu’il n’y avait plus rien à faire, qu’il n’y avait plus à agir pour quelque chose. Il y eût un temps où tout était très confus, entre cette ouverture et cette intégration, jusqu’à un moment où quelque chose était comme posé.

Ramesh : Il y a un fait qui vous échappe. Vous ne vivez pas votre vie, votre vie est vécue à travers vous. Ce n’est pas facile à accepter, mais le fait demeure. Ramesh n’est pas en train de parler et Jean-Pierre n’est pas en train d’écouter. Ce qui se passe réellement, c’est que parler se passe à travers ce corps mental-ci et écouter se produit à travers ce corps mental-là, et l’esprit lui dit : qu’est-ce qui se passe ? Ce qu’il faut bien (il manque quelque chose ici, Jean-Pierre ?) l’esprit s’est : ce n’est pas ton problème, laisse tomber. Laisser passer tout ce qui peut arriver, comme prendre du recul, avoir le regard du témoin sur ce qui se passe. On ne peut vivre sans l’esprit. Ma question est  donc : qu’est-ce que Jean-Pierre cherche ? Qu’espérez-vous obtenir de votre visite ici ? L’esprit a besoin d’être clair là-dessus. Parce que de toute façon, par votre présence ici, ce qui se passera adviendra automatiquement. Mais l’esprit a besoin d’une explication, il veut savoir. Il veut savoir la vérité. L’esprit ne connaît pas le but de la vie, il demande des explications à ce sujet.

Jean-Pierre
: Ce dont je peux témoigner, c’est que depuis la rencontre ici, il y a deux ans, dans les mois qui ont suivi, il y a eu un apaisement de l’esprit.

Ramesh : Mais pendant tout ce temps, la vie a continué.

Jean-Pierre : C’est exactement ce que j’allais dire. Ce que je sens c’est qu’il y a la vie qui est là, il y a les gens avec qui je vis, mon travail professionnel, etc. Tout se fait de façon beaucoup plus détendue. Le mot est difficile à trouver.

Ramesh : Je réitère la question : qu’est-ce que vous cherchez dans la vie ? Quel est le but de la recherche pour vous ? L’illumination, trouver Dieu, la réalisation ?

Jean-Pierre : Il n’y a plus de but. J’ai comme l’impression que le but s’est dissous. Pour prendre une image, c’est comme s’il y avait un café et un morceau de sucre, et que le morceau de sucre voulait connaître le café ou s’accaparer le café. En rentrant dans le café, il se dissout. C’est de cet ordre-là.

Ramesh : En ce qui concerne l’esprit, parce qu’on ne peut pas négliger que celui –ci a besoin de réponse, il y a deux aspects. Ce dont je parle là, c’est de ma vie ordinaire de tous les jours et de votre vie ordinaire de tous les jours. Toute ma vie, j’ai été concerné par l’aspect spirituel, mais j’avais trop de travail pour me pencher sur la question. Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis dit que j’allais avoir du temps pour m’occuper de cela. Mon problème était que je ne savais pas par où commencer. Pendant quarante ans, j’ai lu beaucoup de livres sur l’illumination, la réalisation de soi. Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis retrouvé avec une quantité énorme de concepts qui s’opposaient les uns aux autres. J’ai décidé alors d’arrêter de lire ce que disent les autres sur ces sujets. Je me trouvais souvent train de penser à l’âme, à la réincarnation, à tous les concepts qui étaient dans ces livres. Une chose demeurait claire pour moi,  c’était qu’il y avait l’unicité, qui avait donné lieu à la manifestation. La source en tant que telle n’avait aucun matériau pour construire la manifestation. L’unicité en tant que telle, qui représentait tout, devait elle-même devenir la manifestation, sous la forme mâle et femelle par exemple. Des écrits hindous éclairaient ma compréhension : par exemple Shiva ne pouvait pas se manifester en tant que Shiva. Donc, Shiva devait devenir Shiva Shakti, la polarité. Shiva demeurait une singularité, mais pour s’animer il avait besoin d’une énergie féminine. C’est pour cela qu’il y a eu Shiva Shakti. Cela était clair pour moi. L’unicité non manifestée devenait la dualité manifestée. Cette dualité commençant avec le mâle et la femelle et toutes les autres dualités possible à concevoir : beauté et laideur, richesse et pauvreté, les bonnes et les mauvaises choses, etc. Il n’y avait pas de question. Les questions commencent à surgir lorsque l’on représente Dieu comme une entité séparée, ce qui n’a jamais été. Car si l’on conçoit Dieu comme tout-puissant, et moi-même comme impuissant, des questions se posent : pourquoi Dieu a-t-il créé Adolf Hitler ? pourquoi Dieu a-t-il créé Oussama Ben Laden ? Pourquoi Dieu a-t-il créé les enfants handicapés ? Quels torts ces derniers ont-t-ils fait à Dieu ?

Jean-Pierre : je suis handicapé de naissance.

Ramesh : Vous pourrez interroger Dieu : quel mal ai-je fait pour avoir cela ?

Jean-Pierre : Je n’ai jamais eu ce sentiment. La recherche spirituelle a commencée jeune, et j’ai senti que ce handicap était peut-être une bénédiction, même si c’était difficile dans la vie de tous les jours.

Ramesh : Bien, mais d’une façon générale c’est ainsi que  cela se passe. Pourquoi Dieu a-t-il créé Jean-Pierre avec un handicap, alors qu’il a créé des Jean-Pierre sans handicap ? Pourquoi Dieu crée Adolf Hitler, Oussama Ben Laden et autres psychopathes ? Parce que à l’opposé il crée des sages comme Mère Teresa, c’est cela la dualité. Tout cela a été très clair pour moi dès le départ, je ne me suis posé aucune question à ce sujet, ce qui est assez exceptionnel.

Jean-Pierre : Ce n’était pas le cas chez moi.

Ramesh : Ces questions ne se posaient plus, mais j’étais en revanche concerné par moi-même. Il était clair que cet objet corps mental était partie de la manifestation. La question qui demeurait était  donc : Qu’est-ce que Ramesh ? Ramesh et le corps ? Le corps qui est une partie de la manifestation. Ramesh ne peut pas être connecté avec la manifestation, il n’est connecté qu’avec le non manifesté. C’est cela l’ego. La source, la conscience s’identifie avec cet objet. De cette identification naît l’ego, qui représente l’identification de la conscience à l’objet. De là naît le sentiment de l’agir personnel. Il y a six milliards d’êtres humains sur la planète, six milliards d’objets tridimensionnels. La source s’est identifiée avec chacun de ces six milliards de corps humains, d’où six milliards d’ego. Pourquoi la source a-t-elle eu besoin de créer six milliards d’ego ? C’est pour permettre le fonctionnement de la manifestation, qui est notre quotidien, basée sur les relations humaines. Vivre cela signifie se relier les uns aux autres.

Chaque être humain est un ego, chaque ego est la conscience identifiée.
Ramesh, cela signifie ce corps-mental, et Ramesh va devoir vivre toute sa vie avec ce corps-mental. Ramesh, c’est la source identifiée avec cet objet corps-mental. Il était important que je me souvienne que ceci est valable absolument pour tout le monde. Je suis fondamentalement la source identifiée, et il en va de même pour Jean-Pierre et les autres six milliards d’individus. Ceci est le fondement de ma recherche personnelle. Il ne s’agit pas de répéter quelque chose qui ait été déjà dit. En comprenant que la vie consiste à entrer en relation les uns avec les autres, chacun peut vivre pour son propre bonheur.

Pendant quarante ans, j’ai cherché l’illumination, la réalisation de soi, sans savoir ce qu’il en était réellement. Puis  j’en ai eu assez de tout cela. Ce qui m’occupait réellement était une recherche de bonheur personnel. Dès l’instant où le nouveau-né cherche le sein de sa mère, quoique les philosophes en disent, tout le but de la vie une recherche du bonheur, du contentement.

Christian
: Le bonheur il  s’associe aux autres. C’est comme une chaîne d’union.

Ramesh : Pas tout de suite. On n’en est pas encore là. Au départ on réalise qu’il s’agit d’un but très égoïste. Pour le nouveau-né qui recherche le sein de sa mère, le lait maternel c’est le bonheur. Puis l’enfant grandit, il va à l’école.  Le bonheur est alors d’avoir des parents aimants, du succès à l’école, du succès en dehors de l’école, dans les jeux. Plus tard, il grandit et devient adulte. Tous les adultes sont tellement fascinés par les plaisirs de la vie qu’ils poursuivent ces plaisirs, pensant poursuivre le bonheur.
Il se trouve que la plupart des adultes continuent à poursuivre le plaisir, suivant le script divin du film, en accord avec la loi cosmique et la volonté divine. Toujours en accord avec cela, la plupart des gens ne trouvent pas le bonheur. Ils vivent leur vie dans la frustration et ils meurent dans la frustration.
À aucun moment, je ne me suis demandé si je devais faire quelque chose à ce propos. Il était clair que c’était là le pouvoir de Dieu.

La plupart des gens ne trouvent pas le plaisir qu’ils recherchent, très peu de gens l’obtiennent. Ayant obtenu une certaine quantité de plaisir, et en recherchant toujours plus, ils continuent en recherchant d’autres plaisirs avec plus d’intensité. Ils découvrent au bout d’un certain temps que ces plaisirs ont perdu leur saveur. Certains sont tellement frustrés qu’ils se suicident.

Je me souviens d’un acteur très connu, nommé George Sanders. C’était un très beau garçon, excellent personnage. Mais il n’a pas réussi à percer autant qu’il le souhaitait. Il avait toujours du travail, même s’il n’était pas au plus haut niveau.
Il avait les moyens de s’offrir tous les plaisirs qu’il voulait. Il s’est suicidé en laissant un message : « j’ai éprouvé tous les plaisirs possibles. Je m’ennuie tellement que je m’en vais et personne n’est à blâmer pour cela ».

Il y a des gens très fortunés, qui ont beaucoup de chance, comme nous, que j’appelle les favoris de Dieu. Cette réalisation dépend de la volonté de Dieu et de loi cosmique. Ces personnes réalisent : « je sais ce qu’est le plaisir. Il y a le plaisir dont je n’ai pas fait l’expérience. Même si j’avais eu tous les plaisirs possibles au monde, il demeure en moi l’impression que je n’ai pas connu la joie la plus profonde que je recherchais.

Ce sont des gens comme nous, raisonnablement aisés dans la vie, qui réalisent que les plaisirs auxquels ils ont goûté ne leur ont pas apporté le bonheur dans la vie.  Ils comprennent que le fondement de la vie est l’incertitude : « je suis censé vivre ma vie dans des circonstances que je n’ai pas choisies et sur lesquelles je n’ai aucun contrôle. Je n’ai aucun contrôle sur ce qui va se produire dans l’instant suivant : douleur ou plaisir. Je n’ai pas plus de contrôle sur la quantité de plaisir ou de douleur dont je vais faire l’expérience dans ma vie ». Tout cela selon moi est prédéterminé. Un de mes concepts de base est que tout plaisir et toute douleur éprouvés dans une vie entière sont déjà programmés. Personne ne peut accroître cette quantité de plaisir, ni diminuer cette quantité de douleurs.

C’est un concept accepté par les plus grands mathématiciens et physiciens du moment. Le plus fameux d’entre eux est Stephan Hawkins. Il a écrit plusieurs livres et plusieurs essais, dont un qui pose la question : est-ce que tout est prédéterminé ? Dans un langage clair et simple, il discute toutes les possibilités que soulève cette question. Dans la conclusion, en quatre lignes, il dit : « est-ce que tout est prédéterminé ? Oui, cela l’est. Mais le savoir ne vous aider en aucune façon (rires), car vous ne pourrez jamais savoir ce qui est prédéterminé pour l’instant suivant ». J’ai alors  arrêté ma lecture et l’idée m’est venue : M. Hawkins, cela est faux. Car savoir que tout est prédéterminé m’a donné une très grande paix de l’esprit. Sachant cela pour moi, il devient inutile d’aller voir des hommes de Dieu ou d’aller au temple pour prier afin d’augmenter le plaisir ou de diminuer la douleur. Cette paix de l’esprit est ce que des millions d’êtres humains recherchent.

La question centrale n’est pas : comment devenir illuminé ou comment réaliser le Soi, mais dans ces conditions restreintes qui rendent la vie comme une prison, quel est ce bonheur que je cherche ? Telle est l’interrogation majeure.

En continuant ainsi, tout est devenu très clair. Je connaissais le plaisir, pourtant celui–ci ne m’avait pas apporté le bonheur attendu. Il y avait à l’intérieur de moi un très profond sentiment de manque, qui n’avait pas été comblé par le plaisir que j’avais connu. La conclusion la plus importante à laquelle j’ai abouti est que le bonheur absolu que je cherchais n’était pas dans les plaisirs de la vie. Ce n’était pas quelque chose de la vie. Si ce bonheur ne dépendait pas des plaisirs de la vie, il dépendait donc de mon attitude par rapport à la vie. Qu’est-ce que j’entendais par attitude devant la vie ? Des centaines de livres ont été écrits là-dessus. Mais quel était le sens de cela pour moi, personnellement ? Cela a été pour moi une période très difficile d’intenses recherches. Des réponses me venaient, mais je sentais que ce n’étaient pas les bonnes et je les rejetais. Finalement, la seule réponse que j’ai acceptée était relative à mon attitude avec les autres. Ce bonheur que je cherchais ne pouvait être trouvé que dans ma relation à l’autre. La question suivante a été : quelle a été mon attitude envers les autres jusqu’à présent ? Une attitude qui ne m’a pas apporté le bonheur que je cherche. Jean-Pierre, si vous vous posez cette question, quelle sera votre réponse ? Quelle a été votre attitude par rapport aux autres jusqu’à maintenant ? Qu’elle est-elle maintenant ?

Jean-Pierre : Je vais essayer de faire court.

Ramesh : Vous pouvez chercher pendant des années, il y a une seule réponse (rires). La même attitude que vous aviez avec vos frères et sœurs lorsque vous étiez jeunes. Quelle était cette attitude ? En psychologie, il y a un mot technique pour cela : rivalités entre frères et sœurs. Cette rivalité entre frères et sœurs s’est perpétuée jusqu’à l’âge adulte. La relation entre les gens est une relation de rivalité. Une rivalité par rapport aux gens que je connais, et d’une méfiance par rapport à ceux que je ne connais pas. Pensez-y tant que vous voulez, est-ce que cela n’est pas un fait ?

Jean-Pierre : A un moment donné, peut-être le conditionnement évolue-t-il, peut-être également l’impact de ce travail produit-il des choses. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de rivalité, mais il y a un phénomène de rapprochement plus fort.

Ramesh : Je ne suis pas encore là. J’en suis un point antérieur. Vous êtes allé trop loin.
Combien de fois lit-on dans le journal qu’un frère a tué son frère, qu’il y a eu des disputes d’héritage, des rivalités, etc. Vous savez à quel point cette chose est devenue importante. On trouve cela même dans les ashrams, et dans un ashram qui est supposé valoir 300 millions de dollars. Celui qui était à la tête de l’ashram est mort, son frère et sa sœur étaient présents. La lutte pour le pouvoir sur l’ashram s’est exercée jusqu’à la violence. Cela survenait dans un lieu où l’on pouvait pourtant supposer que survenait l’illumination.
Mon propos était de dire que chercher l’illumination dans la vie ordinaire était stupide. J’en étais venu à conclure que le but de la vie était  de souffrir (rires), que le but de la vie ce n’était pas d’être heureux. Je me suis abandonné à ce sentiment, et j’ai arrêté de chercher l’illumination. À chaque fois qu’il me venait une pensée de cet ordre, je la rejetais. Lorsque spontanément, et de façon totalement innocente, j’ai abandonné mon intellect, une réponse m’est venue de l’extérieur. Je me suis rappelé ce que j’avais lu au sujet d’Einstein des dizaines d’années auparavant. Avec une grande humilité, ce scientifique confesse qu’il n’avait pas découvert la théorie de la relativité. Einstein a toujours dit que c’était quelque chose qui lui était venu de l’extérieur. Je me rappelle m’être demandé à ce sujet: mais de quel extérieur parle-t-il ? Je savais quel était cet extérieur dont parlait Einstein, ce ne pouvait être que Dieu ou la source. La réponse qui m’est alors venue est : « tu as tort. Le but de la vie n’est pas d’être malheureux, d’être dans la misère, mais d’être heureux ».

Le bonheur est un droit de naissance de chaque être humain. Mais il se trouve que l’être humain ne trouve pas le bonheur, car il a rejeté la seule voie qui l’y conduirait. L’être humain l’a rejetée, c’est pour cela qu’il n’est pas heureux. Telle fut la réponse qui m’advint. J’en suis arrivé à penser que cela n’était pas commun à toutes les religions, parce que sinon il n’y aurait pas eu toutes les guerres de religion. Cela va bien au-delà des guerres d’une religion à l’autre, car il y a des luttes constantes au sein d’une même religion, entre des courants différents.
Il y a-t-il un fondement commun à toutes les religions ?

C’est ce fondement qui est censé m’apporter le bonheur. Ma recherche à porté sur le fondement de toutes les religions. En accord avec ma destinée et la grâce de Dieu, bien que je n’aie pas été un étudiant de la Bible, je suis tombé, presque accidentellement, sur ces mots de la Bible : « que Ta volonté soit faite ». C’est si simple. Pour moi, cela voulait bien dire que rien ne pouvait arriver sans la volonté de Dieu.

Incidemment, il s’est trouvé qu’une jeune femme s’appelant Jennifer est venue ici. Ses parents étaient en train de faire un tour du monde. Jennifer a suggéré à ses parents de venir passer une semaine ici. Ces derniers étaient profondément conditionnés par la religion catholique. Lorsqu’ils m’ont entendu parler, ils ont totalement refusé mes concepts. Parce que je ne leur parlais pas de « que Ta volonté soit faite », mais de mon point de vue ordinaire sur la non dualité. Ce qu’ils comprenaient de la non dualité était pour eux un sacrilège. Ils étaient assis là, très tendus, très rigides. Jennifer a appelé Ramesh le lendemain pour lui dire que sa mère voulait avoir un entretien avec lui, mais sans son père (rires). A la fin de la semaine, la maman s’était complètement fondue dans la non dualité, mais le père était resté très rigide. Des gens m’ont rapporté que chaque jour, des discussions avaient lieu entre lui et d’autres personnes qui essayaient de le convaincre. Il restait absolument ferme sur ses positions. Il a de plus écrit un livre là-dessus, qu’il a envoyé à sa fille, en lui demandant de s’assurer que je le lirai bien. Le titre de ce livre était : « la volonté de Dieu ». En travers de la couverture, il y avait un bandeau avec la mention : déjà 650 000 exemplaires. Au moins deux millions de personnes ont donc lu ce livre, pour être guidés vers la volonté de Dieu. Pour moi c’est très simple : rien ne peut survenir si ce n’est la volonté de Dieu. Ce livre était écrit par quelqu’un de très élevé dans la hiérarchie catholique. Ce livre disait que la volonté de Dieu paraît simple, mais a besoin d’être comprise et étudiée attentivement, en fait interprétée. L’interprétation consistait à dire que la volonté de Dieu doit être comprise au travers de trois aspects : le premier est la volonté intentionnelle de Dieu, le second la volonté circonstancielle de Dieu et finalement vient la volonté ultime de Dieu. Selon la volonté intentionnelle de Dieu, Adolf Hitler n’était pas supposé naître, parce que Dieu n’est que bonté. Comment a-t-il fait pour naître ? Il est né suivant la volonté circonstancielle de Dieu. Ma question a été : Dieu n’a t-il aucun pouvoir sur cette volonté circonstancielle ? Il ne m’a jamais été répondu. La volonté ultime de Dieu a prévalu lorsque Adolf Hitler s’est suicidé et que les nazis ont été vaincus. Ce n’est pas une blague, c’était vraiment comme cela que c’était écrit.

En ce qui me concerne, « que Ta volonté soit faite », est une chose tellement simple. Cela signifie simplement: rien ne peut se faire sans la volonté de Dieu. Ce qui veut dire que l’état passé, présent et futur du monde ne dépend que de la volonté de Dieu. L’Islam dit exactement la même chose. Quelqu’un m’a dit que le sens du mot Islam est l’abandon. Ma question est : « Qu’est-ce qu’un être humain doit abandonner à Dieu ? ». La  réponse est très claire : la seule chose qu’un être humain puisse abandonner à Dieu, c’est le sentiment d’un agir personnel. Et cela, c’est l’illumination. Cette acceptation totale de : « que Ta volonté soit faite ». La religion hindoue dit la même chose, mais d’une façon encore plus puissante. Elle dit : « Tu es celui qui fait, tu es celui qui fait l’expérience des choses. Tu es celui qui parle, tu es celui qui entend ». Il semblerait donc que Ramesh parle et que Jean-Pierre écoute, ou que Jean-Pierre parle et que Ramesh écoute. Mais personne ne serait capable de parler, d’écouter ou de faire quoi que ce soit, si nous étions dans le sommeil profond, ou bien inconscient suite à la prise d’un sédatif. Donc, qui fait cette écoute ? C’est la conscience qui parle à travers un instrument corps mental et qui écoute à travers un autre instrument corps mental. L’acceptation totale de ce que je viens de décrire, équivaut, d’après mes concepts, à l’illumination.
Tout dans le monde est une survenue en accord avec la volonté cosmique et la loi divine. Et la façon dont chaque survenue affecte les autres en bien ou en mal se produit en accord avec la volonté de Dieu et non pas en accord avec la volonté de l’individu. Quelle que soit l’action qui se produira à travers un corps mental et la façon dont la société réagira vis-à-vis de cette action, c’est encore la volonté de Dieu. Car le corps humain est incapable de générer quelque action de façon autonome.

Voilà le concept auquel je suis arrivé. Quelle réaction ai-je eu par rapport à mes anciens concepts ?  Je n’ai pas osé en parler à qui que ce soit. J’ai continué à l’étudier, pour voir s’il me donnait le bonheur recherché. Jusque là, je m’étais dit : c’est ma volonté qui prévaut. Quel en  a été le résultat ? Beaucoup d’orgueil pour les actions qui avaient du succès, un bagage plus lourd pour les actions considérées comme négatives, une charge encore plus importante envers ceux qui m’avaient fait du mal. Auparavant si j’étais blessé, ma réaction était : il m’a blessé, je le hais. Maintenant si je suis blessé, ma réaction est aussi simple que celle d’avant mais totalement à l’opposé. Ce qui m’a blessé est une survenue en accord avec la volonté divine et la loi cosmique. Cette survenue s’est produite à travers A par exemple. Manifestée à travers B, C, D ou Z, cette blessure eût été la même. Selon ce point de vue, la question de qui m’a blessé pendant les vingt dernières années n’a plus aucun sens. D’un seul coup, une charge immense, toute cette haine, s’est dissoute. J’étais totalement étonné, émerveillé que mon bonheur, ce droit de naissance, soit là. Quel était le fondement de ce bonheur qui était là depuis toujours ? C’était l’absence de cette charge de haine pour moi-même d’avoir blessé et de haine pour les autres qui m’ont blessé. Il y avait là l’acceptation totale que je ne peux blesser personne et que personne ne peut me blesser, à moins que ce ne soit la volonté de Dieu. Une fois ceci accepté, mon droit de naissance au bonheur était là. J’ai découvert que c’était effectivement cela qui me donnait le bonheur que je recherchais. C’est alors que j’ai décidé de donner ce concept à qui voulait bien l’entendre.

Demeuraient deux questions auxquelles personne ne pouvait répondre. Provenant probablement  parce que j’ai été banquier pendant vingt-sept ans, j’étais supposé aller voir un gourou pour obtenir l’illumination. Qu’était l’illumination ? Et plus important encore, Qu’est-ce que l’illumination va apporterait-elle au reste de ma vie que je n’avais pas auparavant ? J’ai demandé cela à mon premier gourou. Il s’est fâché. Mais comme il ne voulait pas montrer aux autres qu’il était fâché, il m’a répondu la chose suivante: « tu veux savoir ce qui se passe lorsque l’illumination se produit, et bien tu le sauras lorsque tu seras illuminé ». J’avais maintenant la réponse à mes deux questions. Qu’est-ce que l’illumination ? C’est l’acceptation totale du concept que tout ce qui survient arrive en accord avec la loi cosmique, la volonté divine. La conclusion majeure étant que l’être humain est incapable de générer quoi que ce soit. Pour moi, la totale acceptation de ce concept est l’illumination. Mais peut-être que quelqu’un doute et n’acceptera pas ce concept. Lorsqu’on me demande : est-ce que vous ressentez encore la douleur ? Je réponds oui. Lorsque l’on me demande : est-ce que vous faites encore des erreurs ? Je réponds oui. Est-ce que vous demeurez encore un être imparfait ? Je réponds oui. Est-ce que vous avez des pouvoirs particuliers ? Je réponds non. Cette personne va conclura : vous n’êtes pas illuminé. C’est son concept. Ce que l’illumination m’a apporté c’est ce que j’appelle la paix de l’esprit. Suivant cela, qu’est-ce que l’illumination peut faire pour vous ? Elle apporte le bonheur à travers la paix de l’esprit.

J’ai eu la surprise de constater que toute cette pensée m’est venue en anglais. La conclusion ultime à laquelle je suis parvenu est : le bonheur à travers la paix de l’esprit. J’ai été agréablement surpris de constater que les termes sanskrits existants depuis plus de trois mille ans sont une traduction littérale de ces mots qui m’étaient advenus en anglais : le bonheur à travers la paix de l’esprit. Les mots sanskrits sont : shuka shanti. Shuka signifie bonheur et shanti signifie littéralement paix de l’esprit. C’est tout ce que je peux vous donner.

Je dois ajouter une chose cependant. Intellectuellement, un pauvre idiot peut accepter ce stupide concept, parce que cela lui apportera le bonheur. Mais ce qui est clair, c’est que le concept ne peut pas être opérant si mon acceptation n’est pas totale, pas seulement intellectuelle. La question demeure donc : qu’est-ce que Jean-Pierre doit faire pour que son acceptation intellectuelle qu’il n’est pas l’agissant devienne totale ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Il y a une seule bonne réponse, c’est une question piège.

Jean-Pierre : J’aurais tendance à dire : rien.

Ramesh : C’est exactement la bonne réponse (rires). Car en fait cela n’arrivera que si c’est supposé advenir.

Jean-Pierre : En ce qui me concerne, si je regarde en arrière, j’ai eu enfant des aperçus d’un un état autre que l’état ordinaire. C’est probablement cela qui a mis en route dans ce corps mental la recherche spirituelle. En fait, j’ai couru pendant des années après ces moments, ou cherché à les rendre plus permanents. Avant de vous rencontrer, quelque chose s’est produit, de totalement non intellectuel, qui a désamorcé ce processus de recherche. C’est à ce moment, que l’enseignement est arrivé.

Ramesh : Est-ce que vous êtes sûr maintenant que l’acceptation est totale ?

Jean-Pierre : Totalement.

Ramesh : Que vous n’êtes pas l’auteur de vos actions ?

Jean-Pierre : Totalement.

Ramesh : Etes-vous prêt à passer au détecteur de mensonges ? (rires).

Jean-Pierre : Où vous voulez ? (rire général).

Ramesh : Donc, mon cher Jean-Pierre, suivant mon concept vous êtes illuminé.

Jean-Pierre : Tant pis.

Ramesh : C’est vous qui le serez profondément, si vous avez ce bonheur absolu, cette paix de l’esprit totale. Comment saurez-vous que vous avez la paix d’esprit ? C’est très simple, mais cela m’a pris du temps. Je sais que j’ai la paix de l’esprit lorsque je ne suis pas inconfortable avec moi-même, ni avec les autres ; quelles que soient les circonstances, que je sois dans la souffrance ou dans la joie.

Pendant que je poursuivais l’illumination, j’étais dans la tristesse. Lorsque j’ai cessé cette recherche, juste en m’axant sur la paix de l’esprit, l’illumination est survenue. Quelle est l’essence de l’illumination ? La source impersonnelle s’est identifiée avec ce corps mental pour créer l’ego Ramesh. De ce fait, chaque ego est connecté à la source. En ce qui me concerne, l’illumination signifie que la connexion avec la source n’est jamais interrompue. Ramesh est ce qui est connecté à la source. Lorsque je me blâme pour quelque chose que j’ai fait, que je blâme quelqu’un pour quelque chose qu’il a commis, à ce moment-là, la connexion est interrompue. Cette interruption de la connexion signifie la misère. C’est une souffrance très différente de la douleur dans l’instant. Maintenant, ne rejetant la faute ni sur moi ni sur les autres, totalement conscient que quoi qu’il survienne, cela est en accord avec la loi cosmique et la volonté divine, ma connexion avec la source n’est jamais interrompue.

Une question valable est la suivante : en attendant que Dieu prenne sa décision, n’y a t-il pas quelque chose que je puisse faire sous forme d’une pratique spirituelle ? Auparavant, j’accomplissais ces pratiques avec une attente. Maintenant, les pratiques se font, sans attente. Y a-t-il encore quelque chose à faire ? Il y a quelque chose de très simple que vous pouvez pratiquer, pour voir que réellement vous n’êtes pas l’agissant. J’appelle cela l’investigation personnelle. C’est très simple. Si vous avez du temps dans la journée, vous pouvez pratiquer cela à n’importe quel moment. Si vous êtes trop occupé pendant la journée, à la fin de celle –ci prenez dix minutes, ceci n’est pas une discipline. Asseyez vous tranquillement dans le siège le plus confortable possible. Pour être confortable, vous pouvez prendre une tasse de café ou un verre de bière, et vous livrer à une investigation très simple : parcourez les événements de votre journée, vous réaliserez très vite que la plupart sont des survenues sur lesquelles vous n’avez aucun contrôle. Parmi ces événements, choisissez-en un, une action dont vous êtes vraiment sûr que c’est la vôtre et examinez cette action. C’est extraordinairement simple. Si c’est mon action, est-ce que j’ai décidé de l’accomplir à un moment particulier ? Vous vous souviendrez que vous n’avez pas vraiment décidé de faire cela. Vous investiguez cette action et vous découvrez qu’une pensée vous est advenue. C’est cette pensée qui vous a conduit à l’action. Si cette pensée n’était pas advenue, il n’y aurait pas eu cette action.

Vous n’avez aucun pouvoir sur la survenue d’une pensée, pour la simple raison qu’aucun être humain n’a de contrôle sur la pensée qui va venir dans l’instant.

Jean-Pierre : J’ai fait une analyse précise, il y a trois ans, après avoir passé vingt-six ans dans une banque, je l’ai quittée. Et j’ai été plus qu’étonné par cela, parce que je n’avais vraiment pas l’impression que la vie allait n’entraîner vers cela. Il y a comme une harmonie dans la vie, puisque c’est ce départ professionnel qui a entraîné tout un tas de choses, y compris d’être ici par exemple.

Ramesh : Vous n’avez pas décidé de quitter la banque, quitter la banque s’est produit.

À la lumière de cet examen quotidien, vous arrivez  à la conclusion que même l’action dont vous étiez sûr qu’elle était votre action, ce n’est pas vous qu’il l’avez produite. Alors, la compréhension est obligée de s’ancrer de plus en plus profondément. Je vous garantis que vous pouvez porter votre investigation sur autant d’actions que vous voulez, à chaque fois, sans aucune exception, vous en viendrez à la conclusion : ce n’est pas mon action, ce n’est pas mon agissement. Chaque fois, l’acceptation s’ancrera plus profondément. Si je ne m’étais pas trouvé à un certain endroit, et si quelque chose ne m’était pas tombé sous les yeux à ce moment-là, une telle action n’aurait pas eu lieu. Et bien entendu, je n’ai aucun contrôle sur le fait d’être là un moment précis et sur ce qui allait advenir. Ce que je vois, que j’entends, que je me dis, que je touche, si je n’étais pas été là, ceci n’aurait pas lieu. Cette compréhension s’approfondit donc de plus en plus, jusqu’à un moment particulier, qui dépend de votre destinée et de la volonté de Dieu, où un éclair de compréhension survient : je ne suis pas l’agissant autonome. Et cette conviction peut survenir à n’importe quel moment, dans n’importe quelle circonstance. Cette compréhension soudaine ne se restreint pas à l’illumination. Un scientifique, je crois que c’est Niels Bohr, était à Paris,  participant à une conférence. Il devait parler d’un sujet particulier, et à un moment donné il a été bloqué. Dans son exposé, il ne pouvait pas trouver de réponse. Selon ce qu’il en a dit lui-même, alors qu’il était en train de traverser une avenue pleine de voitures, il eût la réponse en un flash. Après cela, revenant de son dîner, il s’est assis à une table, et en une demi-heure il a écrit la réponse qu’il cherchait depuis très longtemps.  C’est arrivé dans un flash, à un moment et dans un lieu totalement inattendus. Cela peut donc arriver à n’importe quel moment. Cela peut arriver lorsque vous êtes assis sur le siège des toilettes et l’impact en sera tel que vous pouvez en oublier de vous essuyer (rire général). Il y a donc des moments où il vaut mieux que cela n’arrive pas.

Maintenant je n’ai plus de questions pour vous, c’est à vous de les poser.

Jean-Pierre : Je n’en ai plus.

Ramesh : S’il vous vient d’autres questions, vous pouvez les poser demain.

Jean-Pierre
: Merci.

Christian : Qu’est-ce que l’illumination ?

Ramesh : C’est n’être jamais inconfortable  avec soi-même et avec les autres. Telle est ma conception de l’illumination. Pour quelqu’un d’autre,  ce sera totalement différent : ce sera par exemple être dans trente endroits en même temps, ou marcher sur l’eau…

Christian : Est-ce que le bonheur de l’être humain, c’est d’être en accord avec soi-même ?

Ramesh : C’est ma conception de l’illumination.

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Merci à Jean-Pierre Chometon pour avoir partagé avec nous cet entretien avec Ramesh Balsekar ainsi que la belle photo qui accompagne le texte.

4 commentaires:

Jérôme a dit…

L'éveil,l'illumination sont des mascarades...tout le monde est éveillé,personne ne peut dire "je ne suis pas",donc l'éveil est notre nature...la conception de Balsekar me semble quelque peu limitée quand il dit que c'est de ne pas être inconfortable ni avec soi même ni avec les autres;cela place encore l'éveil au niveau des jeux olympiques!tout le monde est conscient,éveillé,l'ignorance est simplement d'ignorer ce fait et de croire que l'éveil est autre chose...ici tout de suite vous êtes complètement éveillé ou illuminé!quelle blague!:-)

vincent a dit…

Chacun verra selon son parcours et expérience.
Ce que dit Ramesh "que ta volonté soit faite" ou "tout est sa volonté"
rejoint une évidence énoncée par toutes les traditions quelles que soient les mots employés.
Et cela demeure une constatation expérimentale, aussi d'un point de vue scientifique.
En fait nous sommes au "cœur" de nous mêmes, dans la reconnaissance immédiate. Comme le disait Ramana "ne faites pas d'effort pour travailler, ou pour ne pas travailler, votre effort est servitude, demandez vous qui travaille"! Cette "vision" est "action" mais où est l'agissant? Grand mystère, la vie , le vivant échappent continuellement au concept car cette vision" nous fait voir que nous sommes vécus et qu'il nous faut lâcher le sac à dos...l’abandon total dont parlait Ramana qui disait qu’il y a en fait deux chemins « Atmavichara, l’investigation « qui suis-je ? » ou « l’abandon total à dieu » ! Mais il rajoutait qu’en fait les deux ne faisaient qu’un !

jean-philippe a dit…

quand ramesh parle de l'eveil comme de ne pas etre inconfortable ... je ressent cela comme l'etat de non-peur ... mais l'eveil sans personne qui en parle je ressent plutot cela comme le non-etat naturel ..

vincent a dit…

Tout à fait J.P.
Comme dit Ramesh "C’est ne jamais être inconfortable avec soi-même ni avec les autres. C’est être à l’aise avec soi et avec les autres. "
quoi de plus naturel en soi!