vendredi 11 décembre 2009

• L'illumination est un mythe - Steven Harrison



 L'illumination est un mythe parce que le soi est un mythe.


Après vingt-cinq ans d'étude et d'enseignement des religions et pratiques spirituelles, l'auteur affirme que cela était pure perte et que pour découvrir qui et ce que nous sommes et transformer sa vie, il ne faut rien faire.


La plongée que Steven Harrison nous propose dans la profondeur des mécanismes de l'esprit oriente le lecteur vers une salutaire remise en question de la perspective ordinairement nourrie sur la vie en général et la recherche spirituelle en particulier. Souvent engendrée par la prise de conscience d'une fondamentale insatisfaction existentielle, la quête spirituelle se trouve examinée ici de façon originale, et sans complaisance ni romantisme.
« J'ai été voir chaque mystique, écrit-il, chaque sage et chaque mage que je pus trouver dans le monde. Je me suis soumis à de dures ascèses, de longues périodes d'isolement et de méditation... Et ce fut en pure perte. » Ainsi, pour Steven Harrison, aucun système, aucune philosophie, aucune religion n'était capable de remédier à la condition humaine.
Aucune idée reçue n'est épargnée dans le questionnement sans complaisance déployé ici. Amour, autorité, méditation, religion, pouvoir, pensée, mort, maladie, vieillesse, idée de soi, et bien d'autres notions qui occupent l'esprit sont soigneusement examinées avec un bon sens décapant. Cette approche invite à une transformation de la société car, écrit Steven, « si nous commençons à nous interroger sur la nature du soi, nous commençons également à mettre en question la structure sociale tout entière ». 
Tout au long de ces pages, l'analyse est pertinente. Même si parfois elle se montre dérangeante, elle finit par nous toucher profondément. Et c'est alors, au moment le moins attendu, qu'en maints endroits de ce texte fuse la petite phrase « assassine » qui flirte avec le vertige dont on ne se remet pas. Brusquement seuls, déroutés, face au vide de nos illusions disloquées, c'est peut-être le saut dans l'inconnu, l'abandon de la sécurité... la liberté.
L'auteur encourage ici ses lecteurs, dans un langage simple, à s'ouvrir à la possibilité de la cessation de toute recherche, à la plénitude du rien, à la réconciliation avec la simplicité... pour l'émergence d'une vie radicalement autre où une fondamentale tranquillité peut s'épanouir.
Le « Rien » de Steven Harrison est un rien étonnamment riche et actif où nous découvrons qui et surtout ce que nous sommes...

18 commentaires:

Jérôme a dit…

Il n'y a simplement qu'à comparer des années de prise de tête dans la recherche avec la simplicité simplement d'être...ce n'est pas forcément paisible,agréable et harmonieux ,mais c'est tellement mieux que de rechercher un état particulier...chacun sait au fond que c'est mieux de ne pas chercher autre chose que ce qui est,mais nous sommes bombardés d'enseignements qui nous tendent sans arrêt des carottes comme l'amour inconditionnel,la paix parfaite,la mort du moi, etc...et si nous vivions simplement ce que nous sommes déjà?

jean-philippe a dit…

"L'illumination est un mythe parce que le soi est un mythe."

je trouve les mots amusant .. on pourrais dire que L'illumination et le Soi son comme des "mites" dont le but et de detruire peus a peus les fondations de le pensée "moi" .. quand tout s'ecroule .. les mites disparaissent naturelement .. que reste t'il alors ? ni soi ni illumination .. simplement ce qui est toujours la .. avant la pensée et avant toute construction .. echafodé a partir de la pensée "moi" .. que l'on prenez pour "soi" ...

jp

J.marc a dit…

Bonsoir à tous,
et merci Patrice pour cette "nouvelle piste", ainsi que pour le site de Moko.

Je viens de commander le livre dont tu nous parles.

J'ai souvent trouvé trés étonnant qu'aucun chercheur-auteur ne se soit directement penché sur ce "rien", qui nous est, à tous, finalement trés directement accessible pour peu que l'on veuille bien réduire le bruit qui souvent y règne.

"Une réconciliation avec la simplicité", comme tu le dis trés bien.

Amitiés.

Anonyme a dit…

Je suis en train de lire "Le mental est un mythe" d'U.G KRISNAMURTI et cela rejoint ce que Steven Harrison a trouvé après tant d'années de recherche.
Décapant !

Christalain a dit…

Intéressant, et je note une fois de plus que les tenants du "il n'y a rien a faire"... en ont beaucoup fait auparavant pour en arriver à cette conclusion. Alors il serait peut-etre vain de dissuader celui qui cherche d'arrêter de le faire s'il n'est pas prêt à cela. Un écrivain a dit un jour, plus simplement encore: "Celui qui trouve sans chercher est souvent celui qui a longtemps cherché sans trouver"....

Hervé a dit…

Bien dit Christalain, je te reçois cinq sur cinq !!!
Hervé

M.B. a dit…

Tout à fait d'accord avec Christalain. Celles et ceux qui ont réalisé leur véritable nature ont TOUS, sauf de rares, vraiment rares exceptions, mené une recherche éperdue. Une fois la réalisation atteinte, TOUS ceux, ou PRESQUE, qui ont réalisé disent que c'est facile et qu'il n'y a rien à faire. C'est sans doute vrai. Mais il y a là, un secret qui échappe au grand nombre. Autrement, le monde entier serait déjà illuminé et c'est le paradis sur Terre. Ce n'est pas le cas. Ce ne sont pas les 6 millliard d'êtres humains qui sont concernés par la recherche - entendons: de notre nature véritable. Il y a comme une impulsion au départ.Donnée par qui? Par quoi? - Je ne sais. Cette impulsion n'est pas donnée à tous. Il y en a qui n'ont jamais cherché et qui sont très bien et heureux « dans leur peau ». Ils ne chercheront jamais et connaîtront jamais - du vivant dans leur corps, ce qu'ils sont véritablement.
Ceux qui ont ont eu cette impulsion ne peuvent tout simplement pas s'arrêter de chercher. Ils peuvent certes, s'arrêter. Mais, après bien des efforts, des frustrations, des souffrances... et beaucoup d'amour.
QUI décide de cet arrêt de la recherche?

Bien à vous tous sur ce Chemin périlleux mais, tellement, joyeux en fin de compte.

Mouloud

gandha-catherine a dit…

Entièrement d'acord avec "christalain"
"Celui qui trouve sans chercher est souvent celui qui a longtemps cherché sans trouver"....
C'est tellement facile de dire que toute cette recherche est inutile , quand on a passé des années à satisfaire la partie en nous qui voulait trouver ...
L'humilité et mon humanité me disent :
Tout chemin a sa raison d'être .
Quelle que soit la forme que tu traverses , c'est la bonne pour toi , pour le moment ,
et ,
de toutes manières ,
qui choisit de chercher ou de ne pas chercher ?
encore une illusion à laisser être!
( humour ! )

Jérôme a dit…

Christalain,
oui,il faut parfois des années à se taper la tête contre les murs pour que ça s'arrête...et il n'est pas besoin que ça s'arrête d'un coup,il peut continuer à y avoir des prises de tête,des investigations,du saute gourou!:-)l'idée de la fin de la recherche est aussi un mythe,car le mental est toujours à chercher quelque chose,une réponse,une solution...je dirais que tout cela n'est plus trop pris au sérieux au bout d'un certain temps,mais cela ne veut pas dire qu'une paix parfaite,ou que l'amour sont arrivés(cela n'est il pas aussi un mythe?)...non les problèmes,les difficultés,les stress sont les mêmes qu'auparavant,pourtant on sait qu'une tension est tombée,la tension de rechercher autre chose que ce qui est...pas très excitant,ni très vendeur ce que je dis,je sais!:-)

Anonyme a dit…

Rien à faire, rien à dire, rien à lire. Personne n'a écrit ces mots.

jean-philippe a dit…

a mon sens le "il n'ya rien a faire" doit etre doublement réaliser .. symboliquement c'est comme la flamme de la vérité qui na "rien a faire" pour disoudre la pensée-moi et la pensée-moi qui na "rien a faire" pour etre conssumer par la flamme de la vérité cette double absence de "faire" c'est la grace de notre vrais présence ..

pour ce qui est de la recherche .. c'est tout simplement "la pensée" qui ce cherche elle meme .. une fois la pensée arriver a son terme .. le chercheur disparais la recherche s'arrette ..

jp

Anonyme a dit…

Peut être faut il que le mental s'use à chercher, il faut qu'il aille au bout de lui même?

Daniel a dit…

L'érosion progressive de l'égo, du mental ne peut ne peut s'accomplir que par la pratique de la Vigilance, de l'Observation, de la Présence au sein de laquelle notre vie s'écoule.
Cette vigilance peut devenir constante, sans effort, sans choix.
Cherche-t-on ou sommes nous cherchés??
Qui est l'agissant??

Jérôme a dit…

L'idée que le mental doit cesser,s'user est un mythe...le mental fait simplement ce qu'il a à faire,et il est fort à parier qu'il continuera à jacasser...s'il est vu d'un espace de tranquillité,il peut continuer son cirque,et on peut enfin en rire!hélas l'humour et le rire sont peu pris en considération dans ce monde spirituel,ce sont pourtant des clefs magiques!l'esprit de sérieux est dans la recherche spirituelle comme ailleurs,le problème en quelque sorte...quand l'esprit de sérieux s'allège,tout s'allège...:-)

gandha-catherine a dit…

Entièrement en résonnance avec le dernier message de Jérôme ...
Et si nous laissions au mental sa fonction de mental , juste en nous y désintéressant ? il se sentirait peut-être un peu seul pour le coup ! ou pas ... peu importe ! puisque le réel est ailleurs et que c'est Réel qui nous concerne , non ? ( humour )

Patrice a dit…

Bruno,
Ne m'en voulez pas, mais je ne souhaite pas que ce blog devienne une vitrine pour des demandes de pétitions de soutiens, quelles qu'en soient les (bonnes) raisons, et malgré toutes le respect et l'amour que j'ai pour Thäy. Sinon, je risque très vite d'être envahi. Merci pour votre compréhension.
Un lotus pour vous.

vincent a dit…

Tout à fait Jérôme là ou le rire est, là où l'amour est.....pas de mental...............il est comme les nuages dans le ciel, le ciel n'en est pas affecté.

Pierre Valmont a dit…

Passionnant débat.
Le piège serait d'arrêter de chercher dans le secret espoir de trouver.