dimanche 25 octobre 2009

• De toute façon, qui est là pour atteindre quoi ? - Téndzin Palmo



«L'expérience de la béatitude n'est qu'une étape sur la voie. Le but ultime est de réaliser la nature de l'esprit.»
 Selon Téndzin Palmo, la nature de l'esprit est la conscience libérée de la dualité et des conditionnements. C'est la vacuité et la béatitude. C'est l'état de connaissance dénué de sujet connaissant. Et parvenir à cet état de connaissance n'a rien de dramatique : «C'est comme si on se réveillait pour la première fois, comme si l'on sortait d'un songe et qu'on réalisait qu'on a rêvé. C'est pour cette raison que les grands sages disent que toute chose est illusoire. Notre façon de vivre ordinaire est voilée, elle manque de clarté. C'est comme si on inspirait de l'air vicié. S'éveiller n'a rien de sensationnel. Mais c'est extrêmement authentique.

«Au début, on ne fait qu'entrevoir l'irréalité des choses. Ce n'est que le début de la voie. Il arrive souvent que les pratiquants, dès qu'ils ont fait l'expérience de cet aperçu, croient avoir tout compris et atteint le but. Mais ce n'est que lorsque vous commencez à apercevoir la nature de l'esprit que commence la méditation. Ensuite, il vous faut la stabiliser jusqu'à ce qu'elle devienne de plus en plus familière. Quand vous y êtes arrivé, il ne vous reste plus qu'à l'intégrer dans la vie de tous les jours.»

«Pour qu'une pratique, quelle qu'elle soit, soit suivie d'effets, l'esprit qui médite et l'objet de méditation doivent se fondre. Au lieu de cela, la plupart du temps, ils se font face. La transformation n'a lieu que si l'on est totalement absorbé. La présence éveillée passe automatiquement de la tête au cœur. Et lorsque cela se produit, le cœur s'ouvre et il n'y a plus de "moi". C'est un grand soulagement. Quand on apprend à vivre à partir de ce centre plutôt que de la tête, tout ce que l'on fait est spontané et juste. Ce mode de fonctionnement libère immédiatement un grand courant d'énergie, qui n'est plus obstruée, comme elle l'est d'ordinaire, par notre propre intervention mentale. On devient alors plus joyeux et plus léger dans les deux sens du terme, parce qu'on revient à la source, le cœur, plutôt que d'être en exil dans la tête. L'approche scientifique moderne a accordé une telle importance au cerveau que nous sommes complètement coupés de cette réalité du cœur. C'est pourquoi tant de gens ont l'impression que la vie est stérile et dénuée de sens.»

«La question n'est pas de savoir ce qu'on gagne, mais ce qu'on perd. Ce que vous avez à faire revient à peler un oignon, couche par couche. Ma quête était de comprendre le sens de la perfection. Maintenant, je suis consciente du fait qu'à un certain niveau de notre être, on ne s'en est jamais éloigné. Seules nos perceptions erronées nous empêchent de voir ce que nous avons vraiment en nous. Plus on devient conscient, plus on comprend qu'il n'y a rien à réaliser. Notre erreur fondamentale consiste à croire qu'il faut parvenir à un point, qu'il faut atteindre quelque chose. De toute façon, qui est là pour atteindre quoi ?»

Passages extraits de "Un ermitage dans la neige", de Vicki Mackenzie - Nil Éditions.

Voir aussi ce lien.



8 commentaires:

chris a dit…

on reste sur sa faim !

Patrice a dit…

Dans ce cas, lisez le livre...

Tara a dit…

Qui reste sur sa faim ?

Gontran de Valmir a dit…

Je trouve ça très clair.
Cependant je pense que l'esprit scientifique est important.
C'est scientifiquement "aussi" qu'il faut aborder la chose.
Le mental est un bel outil.
Il suffit de ne pas se prendre les pieds dans le tapis.
Lorsqu'on aborde des problèmes scientifiques abstraits il n'y a plus que la beauté des idées.
C'est comme un art.
C'est de toute façon le coeur qui oriente.
Il sait ce qui est juste la plupart du temps.
Le problème est essentiellement le conformisme je pense et la volonté de paraître.
C'est de ça dont il faut faire le deuil.
Nous sommes tous identiques au plus profond de nous même.
Le mécanisme de base est exactement le même.
Pareil.
On pourrait même aller plus loin en étendant à l'ensemble du vivant des cailloux... tout.
On est pareil.
Monsieur machin ça n'existe que pour ceux qui veulent y croire.
Mais le coeur et le cerveau savent très bien que c'est une supercherie.
Une imposture.
Pour qui est scrupuleux dans l'introspection c'est très clair.
Monsieur machin c'est un simple consensus.
C'est pour rendre les choses "pratiques".
C'est tout.
L'argent pareil.
On confond l'usuel et le fondamental.
Le fondamental c'est être, exister, être envie.
L'usuel c'est monsieur Machin qui gagne tant de KF par ans... et qui a une grosse... bagnole.. hum

pat69 a dit…

merci patrice, merci pour tous ceux qui liront cela!!!
pour répondre à Chris, pour ceux qui n'ont pas la chance très rare de réaliser la nature de l'esprit à la simple lecture de sa description, les conseils qui sont donnés ici, et qui concernent non plus la vue, mais la voie, peuvent être d'une grande utilité.

chris a dit…

Tara dit :Qui reste sur sa faim ?
personne ou une personne ! ?

Christalain a dit…

" La question n'est pas de savoir ce qu'on gagne, mais ce qu'on perd. Ce que vous avez à faire revient à peler un oignon, couche par couche ".

Presque tout est dit ici. Pour ma part, je trouve ce texte très clair. Merci !

Pierre Valmont a dit…

Merci Patrice pour ce témoignage de qualité
rien à rajouter