mardi 10 février 2009

• Vous êtes connaissance - Nisargadatta Maharaj

Nisargadatta Maharaj

Vous n'avez pas a devenir quelque chose.
Tout ce qui est requis est un changement de compréhension.


Lorsqu'on a besoin d'effort, l'effort apparaît. Lorsque l'absence d'effort devient essentiel, elle s'affirme d'elle-même. Vous n'avez pas à régenter la vie. Laissez-vous simplement porter par son flux et consacrez-vous entièrement à cette tâche du moment présent qui est de mourir maintenant au maintenant. Car vivre, c'est mourir ; la vie ne peut exister sans la mort. On doit en définitive aller au-delà du savoir. Mais la connaissance doit apparaître et on peut y parvenir grâce à une méditation constante. En méditant, le savoir je Suis progressivement se stabilise, fusionne avec la connaissance universelle et devient ainsi totalement libre, comme le ciel ou l'espace.

Ceux qui viennent ici avec l'idée d'acquérir un savoir, même spirituel, viennent en tant qu'individus visant à obtenir quelque chose. C'est la véritable difficulté. Le chercheur doit disparaître. Lorsque vous connaissez votre véritable nature, la compréhension je Suis demeure, mais cette connaissance est sans limite. Il ne vous est pas possible d'acquérir la connaissance : vous êtes connaissance. Vous êtes ce que vous cherchez. Votre être véritable est antérieur à l'apparition de tout concept. Plongez profondément en vous-même, et vous le trouverez facilement et simplement. Allez dans la direction du je Suis.

Tout existe dans le mental. Le mental et le corps sont tous deux des états intermittents. Le résultat de ces flash créé l'illusion de l'existence. Cherchez ce qui est permanent dans le transitoire, réel dans le non-réel, c'est la sadhana ou pratique spirituelle.

Tous ceux qui ont atteint la réalisation dans l'instant, par simples contacts, regards ou pensées, étaient mûres pour cela. Mais ils sont très peu nombreux. La majorité a besoin de temps pour mûrir. La sadhana est une maturation accélérée.

En tout premier lieu, vous devez réaliser que vous êtes la preuve de tout, y compris de vous-même. Aucun être ne peut prouver votre existence, car son existence doit d'abord être confirmée par la votre. Votre existence et votre connaissance sont les vôtres. Vous venez de nulle part et n'allez nulle part. Vous êtes être et présence intemporels. Développez l'attitude témoin et vous découvrirez par votre propre expérience que le détachement suscite le contrôle. L'état témoin est plein de puissance. Rien de ce qui le concerne n'est passif. Gardez simplement présent à l'esprit le sentiment je Suis. Fondez-vous en lui, jusqu'à ce que votre esprit et vos perceptions deviennent un. En renouvelant les tentatives vous trébucherez sur le juste équilibre de l'attention, et votre esprit s'établira ferment en la pensée-perception je Suis. Quoi que vous pensiez, disiez ou fassiez, le sentiment de l'être immuable et aimant demeure comme l'arrière-plan, à jamais présent, du mental.

13 commentaires:

vincent a dit…

Merci Patrice......Nisa reste pour moi selon mon parcours et mon coeur
"le sage" qui n'a toujours dit que l'essentiel....sans aucune concession envers l'individualité!
C'est celui vers qui l'on va pour se suicider car qu'est-ce que nos petite vies, nos petites expériences, et tout ce fratras quand nous sommes "ce par quoi et dans quoi tout arrive!
Nisargadatta disait " Je passe le temps, tout ceci est pur distraction, pur divertissement, pur spectacle, ...mon niveau de présence est au-dessus de cela.....je suis non-connaissance. Tout ceci est lié au temps, est le divertissement lié à la conscience, moi je me tiens avant la conscience. "!
"C'est exactement de la même façon que se produit en vous l'explosion du réel, l'inconnu soudainement s'exprime de lui-même. Il est donc inutile de s'éfforcer à quoi que ce soit, la réalité se présente spontanément. La première explosion en moi a été l'apparition de ce "je suis" et spontanément je me suis découvert moi-même, puis le monde et l'infinité de ce qui existe. L'approche du non-manifesté est une explosion spontanée. C'est votre conscience seule qui est votre guru, lâchez prise, abandonnez vous à elle."

Anonyme a dit…

Contre jour doré

Chutes, chuchotements, petits ruisseaux en impressions de multitudes, rêves et pensées mélangés.



suis-je ?



Corps-esprits- cœur, mots- pensées- émotions- sensations. La frontière s’estompe entre ces voix mélangées. Multitude de flux chuintants, chantants, venus de partout et pourtant ne trouvant source nulle part. Nuit et jour ?



Barrage de conscience est ce chercheur. fragile toile de moi suspendue dans le vide. Saisir est peur de non existence, concepts comme proies nourricières de moi. Suis-je araignée nourrie d’insectes apeurés ?



Flux et reflux sans fin et sans début.



Je suis ce corps et pourtant je ne suis pas ce corps. Apparaissant et disparaissant, corps comme pensée. Je suis ces pensées et pourtant ces pensées s’en vont et s’en viennent, disparaissent ainsi qu’elles sont apparues.



Je suis l’instant de ces émotions, fugitives et vaporeuses, conditionnées d’espoirs et de craintes, disparaissent apparaissent sans se figer. Tentative d’exister, de durer. Rien ne tient.

La coupe vide, d’où tout surgit, ou tout se résorbe. La multitude surgie de l’unique, d’un néant fécond. Un vide doré sans rien à accepter ni rejeter ? Transformer.



D’Or comme mélange, l’obscurité en lumière.

Sans forme, il n’y a que de la trans-forme, mélange constant de couleurs. Alternance de vide et de plein. Une respiration.



Et pourtant la beauté surgie de l’inconnu, merveille occupant tout l’espace de sa douceur

Demeurer entre ombre et lumière, entre question et réponse.



En ce contre jour doré, le son de mon coeur

Stéphane a dit…

Merci à Patrice pour tous ces magnifiques témoignages mis en ligne jour après jour... et à Vincent pour ces lumineux commentaires et particulièrement sur celui-là, concernant Nisa !

La rencontre avec Nisa a été pour moi le terminus de l'errance livresque, la véritable expression dont j'avais l'intuition et que je n'avais rencontré nulle part avec une telle clarté ! Seuls l'Ashtavakra et l'Avadhut Gita et tout près de nous la lumineuse présence de Bernard me touchent pareillement !

Inspiré par le site de Patrice, j'ai voulu rendre hommage à ce "Géant" en commençant à publier sur http://maharajnisargadatta.blogspot.com/
des entretiens publiés en français, beaucoup trop rares sur le web à mon avis !

Si vous avez des entretiens qui vous touchent particulièrement, n'hésitez pas à me le communiquer et je les copierai pour les faire partager à ceux qui ne le connaissent pas encore.

Nobody a dit…

"Si tu rencontres Bouddha sur ton chemin,tues le" dit un vieux dicton zen...il en est de même avec ces vieilles icônes que sont les soit disant sages comme Nizargadatta ou Marashi!les vieilles icônes sont faites pour être brûlées,mais à la place on leur élève des sanctuaires,et on s'y met à genoux!
tout ça fait vivre,donne encore de quoi s'accrocher!
Je doute que Nizargadatta aurait aimé ce culte qu'on lui voue,lui qui aimait fumer tranquillement ses siddhis dans sa petite échoppe de Bombay!

Nobody a dit…

Ce qui est dit en matière non duelle ne vaut pas plus qu'un pet au vent!c'est au mieux une trace sur le sable qui doit disparaître avec la marée montante...à contrario cela devient une sainte écriture,un nouveau catéchisme...il est d'ailleurs très chic de nos jours d'avoir "I am that" dans sa bibliothèque,le signe d'une haute culture non duelle!...mais encore une fois cela ne vaut pas plus qu'un pet au vent!:-)

Patrice a dit…

"lui qui aimait fumer tranquillement ses... 'siddhis' " ?!!!

heu, "bedees" je suppose ?

Nobody a dit…

Ces petites cigarettes indiennes à bon marché!:-)

Patrice a dit…

mais "fumer ses siddhis", c'est pas mal aussi ^-

Nobody a dit…

Oh que oui que c'est pas mal!
Mais il était régulièrement emmerdé par des hordes de chercheurs affamés qui venaient rompre sa tranquilité!d'où sûrement ses méchants coups de gueule! que je le comprends ce pauvre Nizargadatta!:-)

vincent a dit…

Sacré Nobody !
Ce n’est pas un culte voué à Nisargadatta, à Ramana mais « une reconnaissance » de soi-même envers soi-même, quelle joie…………..les mots ne sont que des mots.
Quand a Nisargadatta, idem pour Ranjit et Ramana, jusqu’à leur dernier souffle, leur dernier….ils ont reçus des visiteurs.
Non pour parler d’un enseignement mais parce que leur Soi et celui des visiteurs ne faisaient qu’UN…C’est tout ! C’est le jeu de la manifestation comme elle est. Et qu’elle joie de se reconnaître et de partager ce qui est en nous, en eux, la même reconnaissance car c’est notre présence qui compte ……..notre présence qui s’offre….ce que nous sommes au plus profond de nous, se réjouit « d’être tout simplement » dans ce partage. Ne mettons pas dans la bouche de ces êtres des interprétations personnelles, car dans toutes les réponses qu’ils ont données leurs propos témoignent justement le contraire.
Comme ils le disaient eux même ce n’est pas une volonté propre (idem pour le boudhha) mais l’expression de leur nature véritable qui rendait témoignage de « cela » ! Le Soi témoigne du Soi rien d’autre…et merci au Soi de se manifester ainsi…….alléluia mon frère (hahhhhahahah)

Anonyme a dit…

Complètement d'accord avec toi Nobody, ce que tu dis "ne vaut pas plus qu'un pet au vent!"
Comme ce que je dis là.
Est-ce que celui qui dit "Je doute que Nizargadatta aurait aimé ce culte qu'on lui voue,lui qui aimait fumer tranquillement ses siddhis dans sa petite échoppe de Bombay!" n'est pas en train de construire un culte justement ? Ne vaut-il pas mieux le citer comme le fait Patrice et d'autres plutôt que de construire une icône autour du fumeur ???
Bon pet.

Nobody a dit…

Comme ce que je dis ne vaut pas plus non plus qu'un pet au vent,il n'est donc pas possible de construire un culte autour de ça,malheureusement!:-)

Anonyme a dit…

Merci pour cet éclat de rire Nobody. Ne construire aucun culte ma va très bien ! Ne pas se prendre au sérieux aussi (même s'il faut sûrement du "sérieux" impersonnel à la Nisargadatta...).