jeudi 28 février 2008

• What the bleep do we know ? Que sait-on vraiment de la réalité ?

What the bleep do we know ?
Que sait-on vraiment de la réalité ?

Enfin disponible sur le net, le film culte qui réunit spiritualité et physique quantique, sous-titré en Français et, de plus, très bien traduit... Un vrai bonheur de découvrir ou de revoir ce film.

"What the bleep do we know ?"
est un nouveau genre de film, qui combine un documentaire, une histoire fictive et un dessin animé avec des effets visuels. 


Achetez la version Française de ce DVD


Vu sur le site nous-les-dieux.org

vendredi 22 février 2008

dimanche 17 février 2008

• La merveille sans borne d’être simplement ceci - Tony Parsons

La merveille sans borne d’être simplement ceci

Tony Parsons

Et ceci est ce qui arrive… lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est… l’avènement dans l’anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout.

Il n’est pas d’autre. Il est donc être ceci même et jusque dans la recherche de ceci… la quête de la paix de l’esprit, de la complétude, du bonheur ou de quoi que ce soit d’autre censé résoudre cette agitation, ce désir lancinant…

Et ceci est tout ce qui est, même au sein de la lutte pour tenter d’ordonner les choses, pour amasser des concepts chargés de sens, tournant une fois de plus la page en quête de mots supplémentaires, une fois de plus sans entendre ce qu’ils murmurent.

Comment l’espace pourrait-il être pris dans les mailles d’un filet ? Et que pourrait être ce qui aurait besoin de retrouver ce qui n’a jamais été perdu ? Qu’est-ce qu’essayer d’échapper à être ceci ? Retournez aussi vite que vous le pouvez à ce que vous croyez pouvoir savoir et faire… découvrir votre nature véritable, ouvrir votre cœur, demeurer conscient ou tuer l’ego, et ceci demeurera encore tout ce qui est… vous, vous évertuant à trouver une place que vous pourriez nommer votre demeure.

Être ne peut être possédé, enseigné, ou même évalué… c’est merveilleusement inutile, ce n’est pas ce que vous croyez vouloir. Être ceci ne vous rendra pas heureux ou spécial, pas plus que ce ne fera marcher votre vie.

Et cependant c’est la liberté sans prix au delà de toute mesure. Beaucoup rencontrerons ce message et retournerons à la fascination de l’entreprise personnelle. Mais il peut y avoir une résonance, une reconnaissance… et soudain le mythe de la séparation s’effondre et tout ce qu’il y a est la merveille sans borne d’être simplement ceci.

Tony Parsons – janvier 2008

vendredi 15 février 2008

• Entretien avec Denis Marie

Entretien avec Denis Marie

Mené par Jean-Claude Carton

Au fil des années et des rencontres, je vois que le rôle que je tiens est comparable à celui d’un "panneau indicateur”. Le panneau n’a pas grand intérêt en lui-même. Ce qui importe c’est la direction qu’il pointe. Celle-ci n’est pas une invitation à un "grand voyage", mais plus à un “atterrissage”. De même, j'ai tendance à penser que ce qui est inscrit sur le panneau n'est pas si indispensable.
Denis Marie







Site de Jean-Claude Carton
Page de l'entretien

• Naître de l'éveil - Denis Marie

Naître de l'éveil

Denis Marie

Depuis notre naissance nous sommes le voyageur immobile, que nous soyons engagés ou non dans un parcours spirituel. Cette continuité que nous sommes est semblable à un fil invisible sur lequel s'égrènent les perles des minutes, des heures et des années. Les jours se succèdent et disparaissent, mais que reste-t-il ? La même base immuable.

Ce n'est pas au bout d'un chemin d'efforts que nous réalisons notre Nature. C'est en se relâchant profondément de l'intérieur. C'est en maintenant le doute et l'affairement que nous négligeons et manquons l'immuable simplicité. Nous reportons la compréhension en nous permettant d'espérer. Arriver, c'est s'accueillir enfin. C'est comprendre que l'on n'était jamais parti. L'éveil est en notre origine, aussi toute implication, toute tentation à l'effort nous retient et nous place dans l'attente d'une confirmation impossible.

Tournez-vous vers « Celui » qui veut appliquer des méthodes ou qui veut se rendre quelque part, parce qu'aucune méthode, aucun déplacement n'est possible sans lui. Pourquoi ne pas se tourner vers « Soi », « Celui » qui veut accomplir tout cela ? Il ne s'agit plus de suivre des théories, mais de se rendre à la Source, d'être en notre coeur. Il n'est pas question de nous projeter dans un nouveau pas en avant, mais d'atterrir en nous. C'est à notre compréhension de bouger différemment, pas à nous. Nous tentons désespérément d'atteindre une autre cible alors que le but réside dans la simplicité, au-delà de tout.

Bien que tous nous appartenions à la Nature éveillée, le fait de le savoir, de le déduire et de s'en donner des preuves ne suffit pas pour que notre éveil prenne effet sur le plan relatif. En avoir conscience peut changer notre vision actuelle, nous donner un recul et une inspiration, mais c'est tout. L'éveil, en tant qu'événement, ou pourrait-on dire « non-événement », doit se produire réellement, ici, dans notre vie. Il deviendra effectif quand, enfin, nous l'accueillerons et que d'un coup la vérité de notre Nature éclatera, supplantant définitivement toute autre compréhension relative. Bien qu'au niveau absolu tout soit déjà parfait, du point de vue relatif nous pouvons dire qu'il y a un « avant» et un « après ».

L'éveil est la réalisation du Don infini qui nous porte. S'éveiller, c'est actualiser le Don absolu, parce qu'enfin nous le recevons en nous reconnaissant en lui, tel que nous sommes, tel que nous avons toujours été. Cet « avènement » nous change à jamais. C'est une révolution. Bien qu'ordinaire, il nous bouleverse parce qu'il est comme une renaissance. Rien dans cette vie jusqu'alors n'avait eu autant de signification, hormis notre venue au monde. S'éveiller, c'est véritablement renaître, naître de l'éveil. Même si tout était déjà accompli, ce qui diffère, c'est qu'enfin en lui, nous resplendissons.

Ne soyez pas inquiets si cela vous échappe. Restez constants, endurants, votre Nature finira bien par s'imposer. La vie est généreuse. Comment le voir si nous ne la recevons pas dans son aspect le plus vivant, si nous ne nous recevons pas ici, dans l'instant ? Donnez-vous une pause. Retrouvez-vous, accueillez-vous. Que vous soyez ou non en action, cessez de vous compromettre et de vous perdre dans le « faire». Au cour des retrouvailles, voyez, entendez, identifiez « ce » qui reste, libre de toute intervention, « ce» qui persiste et qui se donne. Goûtez cette gratuité. Nous pouvons « faire » autant qu'il nous plaît, car en fait « cela » ne se situe pas à ce niveau.

Tout est toujours bien plus simple, bien plus évident que nous ne le pensons, parce que justement nous le pensons. Nous ne pouvons pas être plus proches de nous, plus proches de la Vérité ou plus proches du Bonheur. Seule une idée, une émotion peut mettre une illusion de distance, une illusion d'une chose à parfaire. Plutôt que d'assumer vos idées, vos doutes ou vos révoltes, décidez de vous assumer « vous ». Nous nous lançons à la recherche d'un soi, mais nous n'examinons pas celui-là même qui veut agir. Ainsi, de par notre attitude, nous nous évitons et nous poursuivons des buts qui ne nous concernent pas directement.

L'éveil ne nous conduit pas à une conscience plus élevée, il nous place dans la connaissance de ce que « nous Sommes ». Retrouvez-vous en « Celui », l'Être complet que vous étiez dès la naissance. Retrouvez-vous en « Celui » qui est immobile, immuable et qui ne vous a jamais quitté. Sans « Celui » là, il n'y a pas d'éveil. La sagesse vient de se connaître et non de s'appliquer à une conduite sage ou à devenir un spécialiste de la sagesse. Nous n'avons pas à obtenir un « état» qui s'appelle éveil, car tout « état» appartient à la Nature éveillée.

La réalisation ne fait pas de nous des surhommes. Elle n'a pas fait de moi un être extraordinaire, mais au lieu de cela elle m'a rendu à moi-même et m'a révélé la richesse de l'ordinaire. Je ne me sens donc supérieur en rien. Simplement, je m'émerveille au contact de la vie et de son pouvoir jaillissant d'amour infini; pouvoir, dont nous sommes tous porteurs. En tant qu'humains, nous ne sommes pas juste « dans une vie », mais nous sommes la Vie. À présent, je la goûte enfin. Je l'actualise depuis le coeur, duquel bonté et joie s'élèvent tout comme les senteurs d'une fleur. Paisible, je vais, libre des craintes et des espoirs. J'ai mis fin aux luttes, ainsi qu'aux jugements. Il n'y a plus d'enjeu pour me faire courir. Ne m'appuyant plus sur mes idées, ni sur mes rêves, je vais « passant », tel un voyageur, comblé dans la présence spontanée de l'Être, savourant le bonheur à la Source.

Extrait de L'éveil Ordinaire de Denis Marie
avec l'accord des Éditions Antoni - L'Originel

Site de Denis Marie : http://eveilordinaire.denismarie.net

mardi 12 février 2008

• Quiétude - Eckhart Tolle

Quiétude

Eckhart Tolle


En surface, le Présent ressemble à un moment parmi d'autres. Chaque jour de votre vie semble composé de milliers d'instants au cours desquels ont lieu divers événements. Mais à y regarder de plus près, n'y a-t-il pas qu'un seul moment ? La vie n'est-elle pas « ce moment », toujours ?

Ce moment unique - le Présent - est le seul dont vous ne pourrez jamais vous échapper, l'unique facteur constant de votre vie. Quels que soient les événements ou les changements de votre vie, une chose est certaine : c'est toujours maintenant.

Puisqu'on ne peut échapper au Présent, pourquoi ne pas l'accueillir, s'en faire un ami ?

Lorsque vous devenez l'ami du moment présent, vous voilà à l'aise partout. Lorsque vous ne vous sentez pas à l'aise dans le Présent, où que vous alliez, vous portez ce malaise avec vous.

Le moment présent est comme il est. Toujours. Pouvez-vous le lui permettre ?

La division de la vie en passé, présent et futur est une construction mentale et, en définitive, illusoire. Le passé et le futur sont des formes-pensées, des abstractions mentales. On ne peut se rappeler le passé que Maintenant. Ce que vous vous rappelez est un événement survenu dans le Présent, que vous vous rappelez Maintenant. Le futur, lorsqu'il arrive, est le Présent. Donc, tout ce qui est réel, la seule chose à jamais se produire, c'est vraiment le Présent.

Porter son attention au Présent, ce n'est pas nier ce qui est nécessaire; c'est reconnaître l'essentiel. On peut alors fort aisément s'occuper de l'accessoire. Il ne s'agit pas de dire : « Je ne m'occupe plus de rien, car il n'y a que le Présent. » Non. Trouvez d'abord l'essentiel et faites-vous un ami, plutôt qu'un ennemi, du Présent. Reconnaissez-le, respectez-le. Lorsque le Présent est le fondement et le point de mire essentiel de votre vie, celle-ci se déroule avec aisance.

En rangeant la vaisselle, en établissant une stratégie commerciale, en préparant un voyage, qu'y a-t-il de plus important : le geste ou le résultat visé ? Ce moment-ci ou un moment futur ?

Traitez-vous ce moment comme un obstacle à surmonter ? Avez-vous l'impression de devoir atteindre un moment futur qui serait plus important ?

Presque tout le monde vit ainsi, la plupart du temps. Puisque l'avenir n'est jamais là, sauf sous la forme d'un Présent, ce mode de vie reste dysfonctionnel. Il engendre un constant courant sous-jacent de malaise, de tension et de mécontentement. Il ne respecte pas la vie, qui est le Présent et rien d'autre.

Sentez la vitalité de votre corps. Elle vous ancre dans le Présent.

En définitive, vous ne devenez responsable de la vie qu'en assumant la responsabilité de cet instant - maintenant. Voilà pourquoi le Présent est le seul espace de vie.

Prendre la responsabilité de cet instant, c'est ne pas s'opposer intérieurement à la forme qu'adopte le Présent, ne pas discuter avec ce qui est, mais bien plutôt s'aligner sur la vie.

Le Présent est ainsi parce qu'il ne peut en être autrement. Ce que les bouddhistes ont toujours su, les physiciens le confirment à présent : il n'y a ni objets ni événements isolés. Sous l'apparence superficielle, tout est interrelié, tout fait partie de la totalité du cosmos, qui a suscité la forme que prend cet instant.

En acquiesçant à ce qui est, vous vous alignez sur le pouvoir et l'intelligence de la Vie même. Alors, seulement, vous pouvez devenir un agent de changement positif dans le monde.

Une pratique spirituelle simple mais radicale consiste à accepter tout ce qui survient dans le Présent en soi et en dehors.

Lorsque votre attention est concentrée sur le Présent, une vigilance s'enclenche. C'est comme lorsque vous vous éveillez d'un rêve : celui de la pensée, du passé et du futur. Tant de clarté, de simplicité ! Aucune possibilité de créer des problèmes. Juste cet instant, tel quel.

Dès que vous entrez dans le Présent avec votre attention, vous réalisez que la vie est sacrée. Lorsque vous êtes présent, tout ce que vous percevez a un caractère sacré. Plus vous vivez dans le Présent : plus vous ressentez la joie simple mais profonde de l'Être et du caractère sacré de toute vie.

La plupart des gens confondent le Présent avec ce qui s'y passe, mais ce n'est pas le cas. Le Présent est plus profond que ce qui s'y déroule : c'est l'espace dans lequel cela se déroule.

Ne confondez donc pas le contenu de cet instant avec le Présent. Le Présent est plus profond que tout ce qu'il renferme.

Lorsque vous entrez dans le Présent, vous sortez du contenu de votre mental. L'incessant flux mental ralentit. Les pensées n'absorbent plus toute votre attention, ne vous aspirent pas complètement. Des écarts surviennent entre les pensées - ampleur, calme. Vous commencez à voir que vous êtes plus vaste et plus profond que vos pensées.

Les pensées, les émotions, les perceptions sensorielles et toutes vos expériences composent le contenu de votre vie. « Ma vie », c'est ce dont vous tirez votre sentiment de soi, et « ma vie », c'est du contenu, ou du moins ce que vous croyez.

Vous négligez continuellement l'évidence même : votre sens le plus intime du Je Suis n'a rien à voir avec ce qui se passe dans votre vie, ni avec son contenu. Ce sentiment de Je Suis est uni au Présent. Il est toujours le même. Dans l'enfance et la vieillesse, la santé ou la maladie, le succès ou l'échec, le Je Suis - l'espace du Présent - demeure inchangé en profondeur. Comme vous le confondez habituellement avec le contenu, vous ne le vivez, comme le Présent, que d'une manière faible et indirecte, par le contenu de votre vie. Autrement dit, votre sentiment d'être est obscurci par les circonstances, le flux de votre pensée et les mille choses de ce monde. Le Présent est assombri par le temps.

Vous oubliez donc votre enracinement dans l'Être, votre réalité divine, et vous vous perdez dans le monde. La confusion, la colère, la dépression, la violence et le conflit surviennent lorsque les humains oublient qui ils sont.

Pour retourner chez soi, il est facile de se rappeler la vérité :

Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l'espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis.

Sources : Chapitre 4 - Le Présent, tiré de l'ouvrage "Quiétude", Éditions Ariane.

lundi 11 février 2008

• Le silence s'est fait dans mon esprit - Juan-Matus

Sources

Le silence s'est fait dans mon esprit

Juan-Matus

Je ne vais pas parler de ces expériences de ravissement de l'esprit et de plénitude de la présence vigilante qui se sont saisies de moi à certaines occasions, qui viennent et puis repartent selon quelque caprice inconnu, ou selon mes états de silence ou d'immobilité au royaume des pensées et des émotions... Si vous n'avez pas été, au cours de votre enfance, un enfant trop absorbé par le jeu de ses réactions et de ses désirs, et si vous êtes de temps en temps un adulte qui sait se tenir immobile dans son propre esprit et simplement se fondre dans la pure sensation d'exister, alors ces expériences de ravissement et de plénitude ne vous sont pas étrangères, à vous aussi...

Je ne veux pas parler de ces expériences assez évanescentes bien que belles, qui trouvent leur chemin dans les voies sinueuses hors du champ de la conscience et de la présence à soi, et qui ne répondent ni à la volonté de l'esprit, ni à la volonté du coeur... Ce que je désire évoquer ici, ce sont ces états de coeur réveillé... Comment les appeler autrement ? Ce sont des états que la volonté de mon coeur peut appeler, chaque fois que je suis suffisamment centré dans le coeur, et que je me suis extrait et désengagé du cours de mes pensées et de mes émotions...

Que peut bien signifier le fait de brandir le témoignage d'une expérience singulière, quand on peut s'immerger dans l'état expérimenté une fois, presque à chaque fois que notre coeur en exprime la volonté ? Parce que n'importe quel instant où j'ai expérimenté l'état de coeur réveillé peut constituer la matière d'un témoignage, alors autant aller au plus simple en vous disant quelques mots, à peine, de mon incursion de ce matin dans cet étrange état... qui bien entendu n'est pas l'Eveil Solaire... L'Eveil Solaire, voilà autre chose... ce n'est pas une expérience, c'est une réalisation qui transforme et rend vertical ce qui était horizontal, qui transmute en soleil radiant ce qui était une étincelle, c'est l'acquisition de la Maîtrise Solaire, celle qui rend libre, aériennement libre...

Donc... comme à mon habitude, je me suis retrouvé vers la fin de la matinée à parcourir un petit paquet de feuilles, la matière de l'un des quelques manuscrits simultanément en cours de rédaction, lisant un passage, sautant un autre, écornant une page sur laquelle je devrais revenir plus tard dans l'après-midi ou dans la semaine, annotant quelques mots en marge, des remarques générales bien plus que des corrections... J'ai posé la petite rame de feuilles sur le bureau, je me suis levé et j'ai regardé le ciel à travers le double-vitrage...


Très naturellement, comme il m'arrive souvent, le silence s'est fait dans mon esprit. J'ai fermé les yeux, j'ai pris une grande inspiration, puis une autre... Est venue alors, doucement, cette petite chaleur dans le coeur, comme une petite flamme souriante et brillante... Le coeur a ses cycles naturels, et avec l'habitude de la pratique, on ressent plus aisément ces moments où le coeur est frais et dispos, un peu comme le corps quand celui-ci émerge d'une profonde phase de régénération... Je sais que je suis dans l'un de ces moments du cycle intérieur où mon coeur est comme la lune dans sa phase de pleine lune, ou comme le soleil dans sa phase au zénith...

Je plonge alors dans mon coeur... et peut-être n'y a-t-il pas de meilleurs mots pour l'exprimer. Puis, exerçant ce type si subtil, si délicat, si profond et pourtant si incompris... de volonté et d'effort du coeur, je me mets à rayonner une joie pure et intense, une joie solaire dans laquelle ne se trouve rien d'autre que de la joie... Je ne pense à rien, je ne désire rien, aucune émotion et aucun sentiment ne peuvent subsister ici, la joie remplit tout, inonde tout, illumine tout. Je rayonne, de mon coeur se déploient des myriades de rayons de pure joie chargés d'une lumière sans ombre... c'est comme un véritable soleil qui brille en moi, accordé à la perfection à la volonté de mon coeur...

Je sens le rayonnement jaillir, je le sens qui s'intensifie... Mon corps est comme traversé par des radiations électriques subtiles, et c'est comme si de microscopiques mains de lumière agitaient mes cellules et les faisaient danser d'allégresse et de bonheur... Puis, vient comme un basculement dans un état de coeur particulier. Je me sens être seulement le coeur, et rien d'autre. La sensation de mon corps a comme disparu, mon corps m'apparaît comme une fine et légère pellicule de soie mince formant provisoirement un écrin transparent autour de mon coeur. Je suis un coeur irradiant suspendu au milieu de l'infini, et j'ai la sensation profonde de l'infini illimité... Point de vertige, et pourtant c'est comme si j'étais suspendu dans le vide cosmique...

... Mais il n'y a pas de vide. Je me sens en connexion avec cette force immanente qui remplit l'infini, qui est l'infini... Sentir ! Quel pauvre mot ! Je suis un coeur qui rayonne de vie et de conscience, et je sens, je sais, je le vis... entre la force immanente et moi n'existe aucune séparation, entre l'infini et moi se trouve une connexion intérieure absolue, une continuité que rien ne peut rompre... Et je sais que la force immanente est une présence absolue, à la fois conscience infinie impersonnelle, et champ illimité de joie totale... Ici, je n'ai conscience que d'être un coeur, de n'avoir jamais été que cela en réalité depuis toujours. La joie radiante a traversé toute autre réalité et a montré que tout le reste n'est qu'un fin drapage de mirage sur la seule chose qui soit réelle : le coeur et l'infini... Et parce qu'il n'y a que le coeur et l'infini, et parce que je sens battre le coeur illimité de l'infini lui-même, je n'ai plus la sensation de l'écoulement du temps, à moins que j'aie la sensation que le temps s'écoule à une vitesse infinie... et c'est comme si j'étais dans l'éternité elle-même...

Puis, comme l'expir qui succède à l'inspir, je retrouve la sensation de mon corps, la conscience du monde... La joie est toujours là, pure, virginale, totale... et tout le reste en moi est paix, silence, gratitude... Une demi-heure plus tard, je serais capable de reprendre mes activités normales, mais la joie radiante qui émane du coeur sera toujours là, sereine mais bien présente intérieurement, comme derrière l'écran ou le théâtre de mes activités mentales et physiques... La joie est toujours là, et je peux toujours l'intensifier ou m'y plonger quand je le désire... Mais les états de coeur réveillé, ces moments où je peux rayonner une intensité de joie si particulière qui me conduit tout droit dans la clarté absolue de l'infini, qui ouvre la connexion avec la force immanente et fait s'estomper tout le reste... ces états sont très particuliers.