jeudi 31 janvier 2008

• Accès immédiat à l'Éveil !

Accès immédiat à l'Éveil

Pour un éveil instantané, veuillez cliquer sur le lien suivant :

mardi 29 janvier 2008

• Des moines en laboratoire


Des moines en laboratoire

Documentaire de Delphine Morel

Peut-on mesurer scientifiquement l'effet de la méditation sur l'activité cérébrale et émotionnelle ? En testant des moines bouddhistes en laboratoire, les neuroscientifiques s'aventurent aux frontières de la science et de la spiritualité.

Depuis plusieurs années, des neuroscientifiques américains mènent des expériences en laboratoire sur des méditants bouddhistes. Intrigués par leur capacité de concentration et de régulation émotionnelle, les chercheurs les soumettent à des tests et mesurent leur activité cérébrale. Leur but : étudier la plasticité du cerveau, mieux comprendre l'esprit et sa relation au corps pour, à terme, lutter contre le stress et les déséquilibres. La méditation accroît-elle les facultés de concentration ? Si oui, dans quelle mesure ? Comment les moines parviennent-ils à maîtriser leurs émotions ? Peut-on réellement mesurer le vécu ? À l'aide d'électrodes et de scanner, les scientifiques explorent un territoire encore largement en friches. Ils analysent les états de concentration, le phénomène de présence éveillée, la génération volontaire de compassion – une pratique primordiale du bouddhisme réservée aux moines confirmés… Ces recherches n'en sont qu'à leurs prémices, mais elles ont déjà révélé, chez les moines générant la compassion, l'activation de connexions cérébrales spécifiques dans le cortex…

Méditation scientifique

De tests menés en laboratoire en entretiens avec les chercheurs, en passant par des séances de méditation au temple, ce documentaire nous initie à un tout nouveau domaine de recherches : la neuroscience appliquée à la méditation. Initiées au début des années 90 par le biologiste Francisco Varela, ces recherches ont bénéficié du consentement du Dalai Lhama au nom du "partage" des connaissances.

Tout comme leurs sujets d'étude, les chercheurs ont un seul but : connaître et améliorer l'esprit. Seule la démarche diverge : les uns observent, les autres méditent. De cette rencontre inédite entre la science et la spiritualité naîtra peut-être de nouvelles perspectives. Même si les questions restent nombreuses !

Voici un court extrait de ce reportage, que vous pouvez télécharger dans son intégralité sur le site d'Arté.



Vu également sur YouTube :





• Quand les lamas s'envolent !

Yogas secrets Tibétain

Voici une vidéo où l'on a un aperçu des yogas secrets tibétain enseignés durant les traditionnelles "retraites de trois ans".

En fait, il ne s'agit que de la phase dite d'échauffement et de préparation aux "six yogas de Naropa"... !

Plus de 6 minutes à vous en couper les 'nadis' !



en complément, voici deux autres vidéos...







vendredi 25 janvier 2008

• Les deux aspects de la réalité - Thich Nhat Hanh

Les deux aspects de la réalité

Thich Nhat Hanh

Une vague à la surface de la mer, vue sous un certain angle, semble avoir une existence distincte, un début et une fin, une naissance et une mort. Perçue sous un autre angle, la vague n'existe pas réellement en elle-même, elle est seulement le comportement de l'eau, « vide » d'une identité séparée mais « pleine » d'eau.
Sogyal Rinpoché

Il y a deux dimensions à la réalité : une dimension appelée historique et une dimension appelée ultime. Supposons que nous regardions l'océan. À la surface nous voyons des vagues monter et descendre. Du point de vue des vagues, il y a naissance et mort, haut et bas. Il y a distinction entre les vagues.

Mais chaque vague possède en elle la substance appelée eau. Elle est une vague, mais en même temps elle est l'eau. Les éléments, des notions comme naissance, mort, plus haut, plus bas, ceci et cela ne s'appliquent qu'à la vague et non à l'eau. Les vagues, en effet, représentent la dimension historique et l'eau représente la dimension ultime.
Quand on regarde, quand on touche profondément sa propre nature, on peut entrer en contact avec sa réalité ultime, libre de la naissance, libre de la mort, libre de toute notion comme haut, bas, ceci, cela, etc. Dans le bouddhisme, on appelle cela nirvana. Nirvana ou bien l'ainsité. Nirvana, c'est l'extinction de toute notion, comme la notion d'être, de non-être, de mort, de naissance.
Vous avez en vous cette dimension appelée ultime. En fait, vous êtes libre de la naissance et de la mort, libre de l'être et du non-être. Votre vraie nature est la nature de nirvana ; si vous êtes de tradition chrétienne, on peut dire que cette dimension ultime est Dieu. Le royaume de Dieu est libre de la naissance et de la mort, libre du haut, du bas, de l'être et du non-être.
Vous savez très bien que la vague n'a pas besoin de mourir pour devenir l'eau. Elle est l'eau dans l'ici et le maintenant. Vous pensez que vous êtes sujet à la naissance, à la mort, mais si vous touchez profondément votre nature, vous verrez qu'elle est la nature de la non-naissance et de la non-mort. C'est quelque chose qui peut faire disparaitre votre peur. Le vrai bonheur ne peut être que quand la peur n'est plus là. Toucher la dimension ultime est très important. La vague peut vivre sa vie de vague, mais elle peut faire mieux. Elle peut vivre chaque instant de sa vie en touchant profondément sa nature de non-naissance et de non-mort, c'est-à-dire l'eau. Si la vague se rend compte qu'elle est l'eau, sa peur disparait, elle se réjouit beaucoup plus de sa montée et de sa descente. La montée est joyeuse, la descente aussi. Il n'y a pas de naissance et de mort. C'est le summum de l'enseignement.
Le but de la méditation est de toucher la dimension ultime, le royaume de Dieu qui est en nous. C'est une chose faisable. Il serait regrettable que la vague puisse seulement vivre sa vie de vague. Il faut qu'elle fasse mieux. Il faut qu'elle revienne à elle-même pour toucher la nature de l'eau en elle, et nous pouvons le faire.

Thich Nhat Hanh
Toucher la vie, Éditions Dangles

jeudi 24 janvier 2008

• Le chant des dâkini

Le chant des dâkini


Ne fais rien avec le mental
Mais demeure dans ton état naturel et authentique.
Ton propre esprit, sans ondoiement, est la Réalité.
La clé est cette présence dépourvue d'ondulation.
Fais l'expérience de cette grande réalité sans extrêmes !
Dans un océan transparent
Les bulles émergent et se dissolvent.
Ainsi, les pensées ne sont pas différentes de l'ultime Réalité.
Il n'y a pas de faute ; demeure détendu.
Tout ce qui surgit, tout ce qui arrive
Dans la non-saisie se libère sur-le-champ.
Les apparences, les sons et les objets sont ton propre esprit.
Rien que l'esprit.
L'esprit est au-delà de la naissance et de la mort.
La nature de l'esprit est la présence.
Elle utilise les objets des cinq sens
Sans s'aventurer hors de la réalité.
Dans cet état d'équilibre cosmique,
Il n'est rien à abandonner, rien à pratiquer,
Pas de méditation ou de post-méditation.

Nigouma

Sois sans distraction et ne médite pas.
Pratiquer ainsi est la chose la plus adroite.
Lorsque les myriades d'expériences ne laissent plus aucune trace,
Quelle grandeur !
Pratiquer ainsi, c'est la libération.
Kyé Ho ! Merveilleux !
La grande fraîcheur de l'attention est la voie suprême.
Nul besoin de se déplacer, c'est le terrain de l'ainsité.
Nul besoin de pratiquer, tout s'accomplit sans effort.
Ah ! Ceux qui pratiquent ce yoga sont fortunés !

La dâkini qui ressuscite les corps

Traduit par Daniel Odier in Désirs, passions & spiritualité (Pocket)


La méditation n'est pas une voie qui conduit à l'illumination,
elle n'est pas non plus une méthode pour accomplir quoique ce soit.
Elle est paix en soi ;
elle est l'actualisation de la sagesse,
l'ultime vérité de l'unicité de toutes choses.

Léo Hartong

mercredi 23 janvier 2008

• Contemplation non duelle - Namkhaï Norbu Rinpoché

Contemplation non duelle

Namkhaï Norbu Rinpoché

Le Dzogchen n’est ni le Sûtra ni le Tantra. La base de la transmission du Dzogchen est l’"introduction" et non la "manifestation" comme dans le Tantra.

Ses pratiques principales travaillent directement au niveau de l'esprit pour amener l'individu dans l’"état primordial", qui est introduit par le maître, état que l'on continue jusqu'à la réalisation du "Grand Transfert" ou du "Corps de lumière".

Bien que cet enseignement fonctionne principalement au niveau de l'esprit, il existe aussi des pratiques de la voix et du corps dans le Dzogchen, mais elles sont secondaires par rapport à la pratique de la contemplation non duelle, et utilisées pour amener le pratiquant dans cet état.

Seule cette contemplation peut véritablement être appelée Dzogchen, mais un pratiquant peut utiliser toutes les pratiques d'un quelconque niveau des Sûtras ou des Tantras, si elles s'avèrent nécessaires pour éliminer ce qui fait obstacle à l'état de contemplation.

La méthode spécifique du Dzogchen est appelée la Voie de l'autolibération. Pour l'appliquer, il n'y a rien à quoi on doive renoncer, rien à purifier ni rien à transformer. La vision karmique qui apparaît, quelle qu'elle soit, est utilisée comme la Voie. Le grand maître Padampa Sangyé a dit " Ce ne sont pas les circonstances apparaissant comme une vision karmique qui conditionnent une personne dans l'état dualiste ; c'est l'attachement de cette personne qui permet à ce qui apparaît de la conditionner." Pour rompre avec cet attachement de la façon la plus rapide et la plus effective, la capacité de l'esprit à s'autolibérer doit être mise en action.

Le terme "autolibération" ne doit toutefois pas faire croire qu'il y ait une sorte de "soi" où d' "égo" à libérer. C'est, au niveau du Dzogchen, un postulat fondamental que tous les phénomènes sont vides de nature propre. "Autolibération", au sens du Dzogchen, signifie que tout ce qui se manifeste dans le champ de l'expérience du pratiquant est laissé libre de se manifester tel quel, sans être jugé bon ou mauvais, beau ou laid. Et, à ce moment même, s'il n'y a pas d'attachement, sans effort et même sans volonté, ce qui s'élève, pensée ou événement apparemment extérieur, se libère automatiquement de lui-même.

En pratiquant ainsi, les graines de l'arbre empoisonné de la vision dualiste n'ont jamais l'occasion de germer et encore moins de prendre racine. Ainsi, le pratiquant vit sa vie d'une façon ordinaire, sans avoir besoin d'autres règles que sa propre conscience, mais il demeure toujours dans l'unité primordiale et intègre à son état tout ce qui apparaît et dont il a fait l'expérience, et sans qu'aucune attitude extérieure signale qu'il pratique. C'est ce que l'on entend par le nom de Dzogchen qui signifie "Grande Perfection", et c'est ce que l'on entend par contemplation non duelle, ou simplement contemplation.

Extraits tiré du livre Dzogchen et Tantra
Collection Spiritualités vivantes, Éditions Albin Michel.

mardi 22 janvier 2008

• La simplicité ultime - Marigal

Sources

La simplicité ultime

Marigal

A propos de "JE"

Quand je dis qu'il n'y a personne, cela veut dire qu'il n'y a pas quelqu'un à l'intérieur de ce complexe corps-esprit, il n'y a ni individualité, ni entité. Mais la personne est là, un ensemble psycho-physique qui pense, élabore des concepts, ressent, et parle éventuellement. Cet ensemble qui dit "je" peut dire aussi "moi". Ce n'est pas quelqu'un-entité mais la personne en tant que globalité, globalité individuelle au sein d'une Globalité qui l'enveloppe et la pénètre totalement.


Ce "je" qui semble, nous humains, nous faire fonctionner, qu'est-il ou qui est-il ?


"moi", "je", c'est la forme parlée dérivée de l'ego. L'ego est un concept, c'est-à-dire la représentation abstraite d'un objet, qui qualifie l'ensemble de cet objet. Ici, la personne dans son ensemble, l'ensemble physico-psycho-affectivo-mental qui, lorsqu'il se désigne lui-même, dit "moi" et lorsqu'il parle dit "je". Ce "je" désigne ce que désigne l'ego, c'est-à-dire la personne qui parle, l'ensemble de la personne qui, étant donné la complexité de son fonctionnement, a la capacité de penser, dire ce qu'il pense et s'exprime par "je" qui résume la pensée du corps-esprit, de l'individu vivant qui est là.


Cet ensemble qui dit "je", peut aussi dire "moi", un tel ou une telle, une personne, un être en évolution, en devenir, mais non-séparé, non-isolé de l'ensemble de l'univers dans sa totalité. Comme pour tous les êtres vivants, c'est un phénomène surgi de l'Un qui s'exprime en tant qu'oiseau, fleur, insecte, et en tant qu'humain. Mais dans tous ces êtres infiniment complexes, il n'y a pas une entité papillon qui fasse voler le papillon, ni une autre qui fasse chanter l'oiseau, grandir l'arbre, il n'y a pas une entité moi qui fasse fonctionner l'humain.


De même que l'individuel n'est pas régi par un "je", l'universel n'est pas régi par un "JE". Au coeur de l'Un, au coeur du Tout, au coeur de Cela qui Est, il n'y a pas une entité suprême, un JE qui dirige le monde et auquel notre petit "je", lors de nos expansions de conscience, pourrait s'identifier.


A propos d'Unité

arler de l’Unité c’est essayer de donner corps à la mesure de l’Un. Parler de l’Un, c’est dire l’indicible, limiter l’infini, cerner le sans mesure, rendre intelligible le mystère. L’Un se vit dans le silence, mais ne peut être dit. Pourtant nombre de ceux qui ont rencontré l’Un, se sont fondus en lui – devenus Un – ont tenté de l’évoquer.


Ineffable, inconnaissable, insaisissable, il n’est ni ceci ni cela. Il ne possède aucune propriété, et non plus leur négation… au delà de tout attribut, privé de forme, sans contenu, il a le vide pour substance… c’est la simplicité ultime.


« On regarde et ne voit rien, on l’appelle l’invisible - on écoute et n’entend rien, on l’appelle l’Inaudible - on palpe et n’atteint rien, on l’appelle l’imperceptible » (Lao Tseu)


Simplicité ultime… Vide de substance, en même temps substantifié de vide… Infini, il n’a ni commencement ni fin … Sans limite, il transcende le temps et l’espace… Il est partout et nulle part, et il n’est nulle part où il ne soit…
«Sans référence, sans qualité, sans contenu et à la fois intrinsèquement potentiel, vivant, créatif. Le cœur du monde, l’origine, la floraison et le vide de tous les phénomènes... »

L’Un fait les pleins et les vides – sans être ni plein ni vide, il est l’Acte du monde qui s’accomplit spontanément. Mouvant, créatif, à l’origine de tout mouvement, il est germe de Vie… Bien qu’à jamais inchangé, il est mouvement perpétuel ; il intègre le devenir, l’histoire, la multiplicité, la vie du monde dans sa diversité.


Bien que vide, il contient tous les possibles en les déployant dans un seul et même mouvement et en un même instant. Son mode d’être est la spontanéité. Parce que sans forme, il peut revêtir toutes les formes et parce que tout englobant, les myriades d’êtres et d’événements sont englobés par lui : le vide et sa manifestation, la nature profonde et ses effets, le principe et sa fonction.


On ne peut en parler, car il est en amont de la parole, mais on ne peut le taire non plus.


« Parce qu’on peut en parler, on ne peut dire qu’il na pas de réalité ; parce qu’on ne peut pas en parler, on peut dire qu’il est non existence. Il faut simplement savoir que lorsqu’on en parle, il n’est qu’une façon de dire, qu’un ‘nom’, et non pas quelque chose, encore moins quelqu’un. Si donc on en parle, il faut savoir que c’est ‘ du point de vue des êtres’ » (Chouang Tseu)


Nombreux parmi ceux qui ont témoigné de leur recherche, ont accordé une grande part à la méditation, à la contemplation intérieure, tourné leur regard vers l’intérieur pour accéder à l’origine de leur être, à travers l’écheveau sans fin des pensées, des émotions, des sentiments, pour dénouer les nœuds de nos énergies physiques et mentales agglutinées.


Et qu’ont-ils trouvé ?

RIEN, Rien – "pas quelque chose" Rien-vide. Rien absence de toute chose…


« C’est là mais il n’y a pas quelque chose, "pas quelque chose" tout proche et totalement sans référence, sans qualité, sans contenu, à la fois intrinsèquement potentiel, vivant, créatif, déconcertant, insaisissable, inexprimable, indicible.
Mais "c’est ça" - Tout est là. Le cœur du monde, l’origine, la floraison et le vide de tous les phénomènes, la concrétude de l’instant…

C’est la Vision. Vision de l’Un en lui-même, par lui-même. Vision qui est silence, contemplation muette.

La vision voit le Vide, voit la mise en mouvement du Vide, voit l’interpénétration du Vide et des formes. C’est là le secret du monde et de tous les phénomènes. Un secret à vivre, à explorer, à devenir.


Cela Est


La conscience est la première forme qui s'in-forme au sein de la non-forme. Conscience non consciente d'elle-même, la conscience est mais sans conscience d'être.


Renvoyer l'ego à ce qu'il est : non pas un objet, ni un sujet, mais tout simplement une idée.


Il n'y a rien à percevoir, et rien ni personne pour percevoir ; vision et vue ont fusionné, la vision EST, la connaissance EST, le réel EST.


Cela, même si on le nomme "Je Suis" n'est pas une entité définie, un Être, un Soi, qui exprime sa réalité en tant que soi. C'est "Infini Suis", l'Un, le Tout, l'Absolu... réalité immobile, mouvante et insaisissable, vacuité porteuse de l'Univers de tous les possibles.


"Être" par nature, par essence, n'est jamais statique, ne peut pas être immobile, et si même on le dit immobile, c'est un immobile incluant potentiellement le mouvement. Dans "être", il n'y a pas d'arrêt sur image. Alors, quand il est question de CELA EST, il ne s'agit pas de : il y a "un" CELA, mais "Cela qui est", un principe en mouvement : de lui-même, en lui-même, par lui-même, vers lui-même.


Ou bien l'être est une entité, une substance inchangeante au sein des choses, des objets, des êtres, de l'univers, ou bien c'est un processus en mouvement, évolution, information — et dans ce qui nous occupe, c'est de cela qu'il s'agit.


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Dans son livre «Voyage vers l’Insaisissable», Marigal témoigne d’une expérience d’éveil qui a transfiguré sa vision du monde, la relation entre l’être individuel, Dieu et l’univers, moi et les autres.

Veuillez le commander directement auprès de l'auteur.

vendredi 18 janvier 2008

• Savoir tirer profit de ses émotions - Tarab Tulku

Savoir tirer profit de ses émotions

Tarab Tulku

Le rire et la bonne humeur sont les signes évidents d'une bonne santé mentale et spirituelle. Pourtant chaque vie possède son propre lot d'ennuis et d'expériences douloureuses nombreuses. Comment les surmonter et les transformer ? Tarab Tulku Rinpotché, expert en psychologie tibétaine explique que nos émotions gouvernent notre existence. Autant les transformer en éclats de rire...

Si le rire est l'expression d'une émotion, elle est de toute évidence bonne pour le corps et pour l'esprit. Mais bien peu, en fait, n'ont cette spontanéité du rire que possèdent beaucoup de moines bouddhistes. Selon les enseignements du Bouddha, les émotions s'élèvent respectivement à partir du phénomène d'attirance et de rejet. Les êtres humains sont attirés par ce qui est nécessaire à leur survie, et ils rejettent ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la continuité de leur identité. Que ce soit à partir de nos expériences quotidiennes ordinaires ou des expériences spirituelles des grands yogis, il est juste de dire que l'énergie fondamentale des émotions, que celles-ci soient qualifiées de positives ou négatives, peut être utilisée de manière la plus efficace afin de nous mener à la réussite. Selon le maître tibétain Tarab Tulku (1), les émotions positives peuvent être utilisées comme ressource intérieure qui permet de transformer nos points de vulnérabilité. Les soi-disant émotions négatives peuvent être utilisées comme d'importantes voies d'accès aux structures problématiques sous-jacentes, afin de les transformer.

«Du point de vue bouddhiste, précise Tarab Tulku, ce qui déclenche les émotions au début, c'est que notre identité se sent attaquée, ou que l'on ne peut obtenir le soutien nécessaire au maintient de l'identité en question. Souvent, l'être humain a une identité à multiples facettes ; certaines sont authentiques, et pas facilement ébranlées, tandis que d'autres sont superficielles, et nécessitent un important soutien pour maintenir leur complexité. L'image de soi vulnérable remonte souvent à l'enfance où le soutien vital et la protection ont manqué. Mais, en accord avec le bouddhisme, nous naissons déjà avec les empreintes fondamentales de nos identifications, qui se sont créées au cours des vies précédentes. » Lorsque l'on s'identifie à un de ces aspects vulnérables de notre identité, on devient sensible, nerveux, et facilement émotif ; Mais, étant donné que l'on ne comprend pas que notre expérience découle partiellement de cette identité spécifique, on réagit comme si la négativité venait entièrement des autres personnes, et on projette l'ensemble du problème sur la réalité extérieure.

Les façons les plus positives de gérer les émotions consistent aussi bien dans le fait de demeurer avec la sensation émotionnelle du sujet, que dans la transformation des images de soi vulnérables sous-jacentes qui, sans quoi, teinteraient nos expériences. La première étape invite à demeurer avec l'expérience de la sensation physique d'origine qui est liée au fait de se sentir sur la défensive, attaqué. Ceci n'est possible que si l'on évite de porter attention à l'idée conceptuelle de la situation extérieure, car celle-ci ne ferait que réprimer l'émotion d'origine, au lieu de la relâcher. Lorsqu'il est accablé par les émotions, l'esprit conceptuel se focalise uniquement sur les mauvais aspects de la situation, ce qui a comme conséquence de ne voir les choses que dans cette perspective négative et étroite. Le fait de demeurer avec la sensation physique nous donne la possibilité de rentrer en contact avec les sens, ce qui rend l'expérience plus complète, compensant ainsi le fâcheux changement de réalité qui nous fait réagir de façon peu appropriée. La deuxième étape est celle qui consiste à tourner l'attention de l'esprit vers les sensations corporelles en relation avec la défensive et l'attaque. L'astuce consiste à se re-glisser dans la sensation mentale liée à l'identification vulnérable sous-jacente, et ce faisant, de transformer cette identité faible en utilisant des méthodes duelles ou non duelles.

Les ressources extérieures (mode duel) se réfèrent au premier niveau des pratiques de divinités, dans le bouddhisme tibétain, à partir duquel on reçoit l'amour compassion, la force, le soutien et la sagesse. Ceci inclut des méditations sur le Bouddha ou toute autre représentation ou symbole religieux détenant ces qualités d'amour compassion, de force et de sagesse. Mais on peut également puiser de l'énergie auprès d'un ami, d'une personne (imaginaire ou réelle), ou dans la nature. Il s'agit d'un contact (même s'il est subjectif) qui nous soutient. Il nous permet d'accéder à notre force intérieure profonde et à nos nobles qualités, telles que l'amour, la compassion, etc. La transformation duelle qui consiste à solliciter une ressource intérieure, implique de rentrer en contact avec une « bonne » sensation corporelle, particulièrement en relation avec le centre du corps ou l'épine dorsale ; ceci peut nous aider à établir une image de soi plus forte et plus authentique. Si on peut se relier aux énergies de notre centre, ou au sentiment d'amour en relation avec le chakra du coeur, cela peut nous remettre en contact avec une image de soi très stable et sans peur. C'est une des raisons pour laquelle une si grande importance est donnée au chakra du coeur, comme moyen spirituel.

Il est important de faire la distinction entre l'esprit sensoriel et l'esprit conceptuel ; bien que l'esprit conceptuel soit un outil utile pour nous indiquer quoi faire, pour réellement transformer l'image de soi vulnérable, il est nécessaire de demeurer dans l'expérience de l'esprit sensoriel, car l'esprit conceptuel crée une distance avec l'objet. Ce même principe s'applique à la méditation.
En pratiquant de la sorte, et en comprenant l'interrelation sujet/objet, particulièrement la relation entre l'image de soi vulnérable et la façon dont le « je » perçoit momentanément l'objet, nous trouvons la force de transformer la mauvaise expérience de la réalité. C'est là que l'on commence à reprendre les commandes intérieures de sa vie.

La méthode de transformation non-duelle est la pratique spirituelle essentielle du bouddhisme tibétain.
Selon la voie du Mahamoudra, toutes les sortes d'esprit, y compris l'esprit sensoriel émotionnel, ont une nature fondamentale pure. L'utilisation de méthodes non duelles mène à cette nature pure, la nature de l'esprit fondamental. Dans le Dzogchen également, la nature de l'existence, appelée Rigpa, est réalisée grâce à des méthodes non duelles. Rigpa est le plus haut niveau de réalisation, l'objectif le plus élevé. La nature "vide" de l'existence, indifférenciée de Rigpa et de la nature de l'esprit, est réalisée au moyen de méthodes non duelles, également. La méthode non duelle abordée dans le tantra ressemble au processus de mort ; elle est souvent utilisée dans les pratiques tantriques les plus élevées comme l'offrande du mandala et les six yogas ; généralement, dans le cadre du tantra, lors d'un changement d'état, que ce soit d'un état normal à des états méditatifs de plus en plus subtils, ou de l'état de veille aux états de rêve et de claire lumière, le pratiquant traverse un processus semblable à la mort concernant son identité, à partir de l'état qu'il veut quitter, afin de se manifester à un niveau plus subtil et plus pur.

La maîtrise de cette transformation non duelle est la clef de la pratique tantrique. Selon l'approche "Unité dans la Dualité"(l), il est possible d'utiliser des méthodes de transformation non duelles qui sont, comme les pratiques tantriques, en relation avec le processus de mort. Mais, dans la perspective du développement personnel, nous ne nous préoccupons pas de ce changement d'état, mais de la transformation de l'aspect vulnérable de notre identité. En demeurant avec l'émotion et l'identification vulnérable sous jacente, l'expérience menaçante et destructrice va naturellement s'intensifier jusqu'à ce que l'image de soi vulnérable se désintègre littéralement et meure. Les méthodes utilisées demandent un certain degré de connaissance et d'entraînement, car il faut un certain niveau de concentration en un point pour être capable de demeurer dans la sensation corporelle et l'émotion qui accompagne l'image de soi vulnérable.

En travaillant avec les émotions par des méthodes duelles ou non duelles, nous pouvons apprendre à transformer les émotions négatives ; d'agents destructeurs, elles deviennent les facteurs qui permettent l'accès aux structures problématiques sous-jacentes ; lesquelles, autrement, dominent nos vies. En traversant le processus de mort de l'image de soi vulnérable, les émotions négatives peuvent être libérées, donnant de l'espace pour une issue créative, constructive et une réelle transformation. L'humour naîtra alors dans sa nature simple et spontanée.

(1) Pour tout information concernant l'enseignement "Unité dans la Dualité", merci de nous contacter.


TARAB INSTITUTE FRANCE
6, rue Rochebrune - Bât A 1
93 100 MONTREUIL
Tél. : 08 71 04 76 70
E-mail : tarab.institute@free.fr
www.tarab-institute. org

Programme du cycle d'enseignement Unité dans la dualité et dates : Télécharger le fichier

jeudi 17 janvier 2008

• Nécessité d'avoir un maître ? - Georges-Emmanuel Hourant

source

Nécessité d'avoir un maître ?

Georges-Emmanuel Hourant

L'éveil est une mort de la personnalité, ou au moins, l'effacement total de toutes traces d'activité du "moi", et en même temps, l'éveil est une singularisation absolue.

Georges-Emmanuel Hourant



source


mercredi 16 janvier 2008

• Paroles d'Hommes

Paroles d'Hommes...

Stephen Jourdain
Arnaud Desjardins
Lee Lozowick


• Demeurer dans la conscience nue - Mingyur Rinpotché

Demeurer dans la conscience nue


Mingyur Rinpotché

Dans cet ouvrage (Bonheur de la méditation - Éditions Fayard), unique en son genre, Mingyour Rinpotché révèle les bienfaits réels de la méditation en établissant un pont entre les enseignements millénaires du bouddhisme et les découvertes les plus récentes de la science moderne, et plus particulièrement les neurosciences. Il n’est plus question d’opposer science et bouddhisme puisque l’une prouve les effets positifs de l’autre sur le cerveau.

Ainsi, si vous souhaitez découvrir la réalité de l’esprit et du monde par des moyens qui vous sont personnels, vous libérer des schémas de pensée qui voilent votre véritable nature et vous maintiennent dans l’illusion et la souffrance, Y. M. Rinpotché saura vous guider de façon utile et, surtout, rendre les méthodes de méditation accessibles. Grâce à de nombreux exemples, il vous dévoilera en effet que de simples exercices quotidiens de méditation (au bureau, dans le métro ou dans la rue) et de courte durée (un quart d’heure par jour), consistant à laisser aller et venir vos pensées sans y attacher d’importance mais sans les rejeter non plus, peuvent changer votre vision du monde et répondre à vos préoccupations essentielles.


Extrait de la préface de Matthieu Ricard :


Mingyour Rinpotché occupe une place unique dans le dialogue et la coopération entre science et bouddhisme, qui ont pris un essor tout particulier durant la dernière décennie. Bien que son père, maître tibétain renommé, lui ait initialement conseillé d'entreprendre des études philosophiques, à l'âge de treize ans Mingyour Rinpotché décida d'effectuer deux longues retraites contemplatives qui durèrent sept ans. Lors des voyages qu'il fit par la suite de par le monde, il conçut un profond intérêt pour les sciences modernes, et tout particulièrement pour les neurosciences et la physique quantique. Les neurosciences ont pour objet l'étude empirique du phénomène de la conscience, des événements mentaux et des émotions, autant de sujets sur lesquels le bouddhisme se penche depuis 2500 ans. La mécanique quantique, par des méthodes qui lui sont propres, aboutit à une description de la réalité très proche de celle du bouddhisme, selon laquelle le monde des phénomènes est un ensemble de relations, d'événements interdépendants et impermanents, et non une collection d'entités autonomes douées d'existence propre. Mingyour Rinpotché rejoint la démarche du XIVe Dalaï-lama, dont la curiosité pour les découvertes de la science et l'intérêt pour la démarche scientifique elle-même ont conduit à la création de l'institut Mind and Life par le regretté spécialiste des sciences cognitives Francisco Varela et l'avocat Adam Engle. Cet institut réunit autour du Dalaï-lama des scientifiques de haut niveau et organise depuis 1985 une série de rencontres passionnantes. De même que le Dalaï-lama, Mingyour Rinpotché considère le bouddhisme comme étant, avant tout, une science de l'esprit. Cela n'a rien de surprenant, puisque les textes bouddhistes insistent particulièrement sur le fait que toutes les pratiques spirituelles, mentales, physiques ou verbales visent directement ou indirectement à transformer l'esprit. Cependant, comme l'écrit Mingyour Rinpotché, «l'une des principales difficultés que l'on rencontre en essayant d'examiner son esprit est la conviction profonde et souvent inconsciente que l'on est comme on est, et que l'on n'y peut rien changer. J'ai moi-même éprouvé ce sentiment de pessimisme inutile dans mon enfance, et je l'ai constaté très souvent chez les autres au cours de mes voyages dans le monde. Sans même que nous en soyons conscients, l'idée que notre esprit ne peut pas changer empêche d'emblée toute tentative de changement». L'état que nous considérons généralement comme «normal» n'est qu'un point de départ, et non le but que nous devons nous fixer. Notre existence vaut mieux que cela ! Il est possible de parvenir peu à peu à une manière d'être «optimale». Pour ce faire, l'introspection bouddhiste a recours à deux méthodes : l'une analytique, l'autre contemplative. L'analyse consiste à examiner la nature de la réalité, laquelle est essentiellement interdépendante et impermanente, et à évaluer honnêtement les tenants et les aboutissants de nos souffrances et de celles que nous faisons subir aux autres. L'approche contemplative consiste à tourner son attention vers l'intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la «conscience originelle» qui sous-tend toute pensée et permet leur formation. Cette faculté fondamentale de «connaître», que l'on peut appeler «conscience pure», existe en l'absence de constructions mentales et d'objets de pensée.

Comme l'explique Mingyour Rinpotché, «le véritable but de la méditation est de demeurer dans la conscience nue, quoi qu'il se passe ou ne se passe pas dans l'esprit. Peu importe ce qui se présente à vous, restez simplement ouvert et présent à ce phénomène, puis laissez-le disparaître. Si rien ne se produit, ou si les pensées s'évanouissent avant que nous les ayez remarquées, demeurez simplement dans cette clarté naturelle.»





Quintessence des instructions :



Le bonheur et la souffrance ne sont pas à l'origine crée par le monde matériel ou le corps physique. Ils sont avant tout des décisions de l'esprit.

Sans la méditation, notre esprit est comme un singe fou qu'on ne peut maîtriser.

L'esprit non entraîné défile comme les perles d'un rosaire. Espoirs et peurs apparaissent les uns après les autres. Au sein d'une méditation paisible, lâchez le rosaire...mais une fois que les perles sont tombées, ne vous en souciez pas.

Purifiez l'esprit en profondeur. Peu à peu se développe la qualité des êtres réalisés . L'esprit devient naturellement libre, clair et vaste.

La dévotion au maître spirituel nous apporte les bénédictions lorsque l'on pratique les enseignements de la lignée et la confiance en notre nature profonde de Bouddha.

Si nous sommes trop tendu, la méditation devient difficile. Mais c'est si simple. Méditer c'est simplement rester au sein de notre propre conscience naturelle.

Afin de diminuer notre saisie aux apparences comme si elles avaient une essence réelle, regardez tous les phénomènes comme étant des reflets dans un miroir.

Par nature, l'essence de notre esprit est parfaitement paisible. Ainsi, on peut découvrir une véritable paix de l'esprit par la méditation.

Liens utiles :

Site de Mingyur Rinpotché : http://www.yongey-france.com/accueil.php
Enseignements : www.yongey-france.com/teachings/shine/shine.pdf
La pacification de l'esprit : http://www.buddhaline.net/spip.php?article1083

mardi 15 janvier 2008

• L’ineffable merveille d’être simplement - Tony Parsons

Sources

L’ineffable merveille d’être simplement

Tony Parsons

Jusqu’à ce que votre vie vous échappe, vous vivez continuellement dans le pourquoi… car ce qui est cherché n’a jamais été perdu, mais ce que le chercheur tente de comprendre ne peut jamais être connu.

C’est la raison pour laquelle il n’est rien dans le message du Secret Ouvert que le chercheur puisse saisir et prétendre posséder… aucun état particulier de béatitude, de tranquillité ou de présence n’est proposé.

L’illusion de la nécessité d’atteindre le sérieux, l’acceptation ou le raffinement de l’appareil corps/mental est dévoilée. Vous ne serez pas invités à vous tourner vers le dedans pour découvrir votre « nature véritable » ou cet état de conscience qui promet tant mais qui apparaît et disparaît si rapidement. Aucun sucre d’orge spirituel n’est proposé ici.

Il n’y a aucun compromis avec le besoin du chercheur de suivre un guide, de se soumettre à un processus ou à des enseignements portant sur le devenir… rien n’est à vendre mais le conte de fées du petit « moi » pourrait éventuellement expirer.

Le bienfait d’être ensemble dans cette infinité palpable est que ce que vous êtes déjà est vu en tant que complétude, sans attentes ni exigences. Confusion et résistance peuvent se dissoudre dans la lumière de l’ouverture et rien ne demeure. De ce rien émerge l’indescriptible plénitude et l’ineffable merveille d’être simplement.

Tony Parsons — avril 2007

• La Divine Comédie ! - Satto

La Divine Comédie !

Satto

Charles Coutarel (Satto), individu improbable, né en l'an supposé de grâce 1956, après un parcours plus ou moins poétique et atypique s'est retrouvé en 1991 et en Grèce, par la fantaisie infinie des circonstances, face à la Conscience. Non "sa" conscience de petite personne aussi orgueilleuse et égoïste que n'importe quelle autre, mais face à la réalisation de "La Conscience", Nature d'Etre que tout est.

Depuis cette orée ou "illumination" de conscience, il n'a eu de cesse de rendre cette réalisation aussi compréhensible et aussi accessible que possible... Gageure! L'évidence, la "Toute Evidence", est la chose la plus difficile à voir ou à réaliser... et pourtant il n'y a rien de plus naturel, c'est simplement notre nature. Nous baignons en permanence dedans... C'est plus proche de nous que notre propre souffle!

C'est notre intimité la plus pure, la plus naturelle.

Son approche reste la plus simple possible, c'est le chemin immédiat du Revenir à Soi, dans l'instant, et l'exploration consciente de cela. Simplement. Toujours. Il ne s'agit aucunement de thérapie ou d'un enseignement dogmatique, ou d'une proposition alternative pour aller mieux ou se débarrasser de ce qui nous gêne. C'est seulement l'invitation à être vrai en soi-même avec soi-même, et à accueillir ce qui se présente, en Conscience.

En Inde, ce genre de rencontres s'appellent traditionnellement "Satsang". Ce qui peut se traduire par "l'assemblée du réel", ou rassembler la vérité en soi, ou "Se Rencontrer Vraiment". C'est l'invitation à ne plus se mentir, dans l'instant, simplement, et de là, voir ce qui vient... et rester vrai, rester fidèle au vrai...

En fait, c'est une grande histoire d'Amour...

C'est même la seule qui soit!...

Charles Coutarel partage cette réalisation depuis 2001, principalement en Inde (sous le nom de Satto) où il a séjourné à de nombreuses reprises. Il propose des groupes de travail dans le sud de la France en été. Il partage aussi en Espagne et en Angleterre.

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Interview avec Jaladhi pour "Cuidamos De Ti", Zaragoza. Aout 2007

Jaladhi: D'après tous les êtres qui se sont éveillés, la seule erreur chez les êtres humains est l'identification avec leur mental, créant une séparation entre leur être et leur source, l'existence, Dieu, ou quelque mot qui fasse sens dans ce contexte. Quel est le mécanisme? Comment le mental et les émotions se manifestent dans tout ça?

Satto: Bien... je n'appelerai pas ça une erreur... ou alors l'erreur nécessaire! L'identification est le seule moyen pour expérimenter la vie au travers du corps-mental, au travers des sens, ils ne sont pas séparés. Autrement nous vivrions comme des ectoplasmes ou comme des patates cuites! (rires) L'identification est nécessaire jusqu'à un certain point, c'est ce qui nous permet la relation au monde, mais pas au point d'aveuglement ou de compulsion!
Donc pour moi c'est le contraire; l'Etre, Source, Dieu ou quoi qui fasse sens pour vous, s'oublie pour rendre le jeu de la manifestation possible, il doit le faire, il est tout seul! C'est la grande histoire de la Génèse! C'est comment les formes, appelez-les pensées-émotions-matières, sont crées et manifestées.
La seule "erreur" est de rester indéfiniment identifié au petit monde de notre "personne", de notre masque de représentation, de ne pas se rappeler notre être véritable, mais cela vient en son temps... quand nous sommes suffisament fatigués par la souffrance de l'étroitesse de nos jeux et de nos mensonges mentaux et émotionnels! (rires) Là non plus il n'y a pas de séparation.

Jal: Quelle est l'importance de reconnaître?

Sat: De reconnaître quoi? Votre être véritable? C'est la seule chose qui a vraiment sens dans une vie!
De reconnaître que nous nous racontons des histoires depuis le début? C'est un pas de géant!
De reconnaître que nous ne sommes pas la personne que nous prétendons être? C'est immense!

Reconnaître, la reconnaissance de soi est tout ce dont nous avons besoin, mais jusqu'au bout! Il ne s'agit pas de s'arrêter après un premier aperçu! Cela doit être honoré, approfondi, intégré et incorporé dans nos vies... autrement ce n'est qu'une illusion mentale de plus!

Jal: Et qu'en est-il de l'attention et de la vigilance?

Sat: L'attention et la vigilance sont naturelles. Nous sommes, ou disons plutôt que la Conscience est pure attention et vigilance et nous sommes Cela! Il n'y a rien que nous puissions faire pour ne pas être vigilants ou capables d'attention... Cela dépend juste où nous l'investissons! Et c'est toute la question! "Où investissons-nous notre attention?... Que voulons-nous vraiment?"... Si nous voulons la vérité ou la réalité, ou simplement être honnêtes, pour ne pas user ou abuser de grands mots, nous n'avons pas à attendre longtemps, la réponse vient d'elle-même quasi immédiatement!
Regardez pour vous, quelle est votre intention véritable? Où investissez-vous votre attention?... Voulez-vous la vérité ou l'honnêteté pour elle-même?... pour sa valeur propre, ou cherchez vous à en retirer un bénéfice personnel?... Si nous nous interrogeons, nous connaissons tous la réponse en nous-mêmes. Quand cela est vu clairement il n'y a pas de surprise, nous avons toujours ce que nous voulons! Pour l'exprimer prosaïquement; voulons-nous simplement le beurre?... ou le beurre et l'argent du beurre? (rires)

Jal: Il semble qu'il y ait une tendance à s'attacher au bonheur et à rejeter, à fuir ou à être apeuré par les expériences soit-disant négatives. Peut-être une incapacité de voir que tout est compris dans le même processus pour expérimenter la vie dans tous ses aspects, oubliant à propos de l'acceptation et que les choses sont comme elles sont. Pouvez vous commenter cette attitude et aussi à propos de l'acceptation des choses telles qu'elles sont?

Sat: Oui, la vie est un processus complet! Nous sommes ici pour tout expérimenter! Et pour finalement être clair à ce sujet et au sujet de soi-même... ou pas! C'est une question de maturité... Aussi longtemps que nous sommes infantiles, voulant être heureux et fuyant ce que nous appelons les expériences négatives, il n'y a pas encore de maturité dans notre vie. Aucun mal à cela. Si vous aimez les sucreries, à un certain point vous êtes amené à réaliser ce que cela fait à vos dents et vous devez aller chez le dentiste et payer la facture! Donc pour un moment, au niveau individuel, nous pouvons parler d'un grandir ou d'un développement de conscience, c'est ce qui nous prépare pour la réalisation de la Conscience elle-même.
Les chose ne sont pas telles qu'elles apparaissent. Ce que nous disons qu'elles sont est seulement notre interprêtation, projection, appréciation et jugement à leur propos! C'est le premier et seul "péché"! Rien à voir avec la réalité! Et c'est l'invitation du Satsang, de voir ce qui est réel! Je ne parlerai donc pas d'acceptation mais plutôt d'auto-investigation, d'examen de conscience véritable et conséquent. Rien à accepter ou à rejeter, simplement voir au travers de l'investigation directe, dans le moment, ce que les choses sont vraiments, observer les jeux que nous nous jouons à nous-mêmes, reconnaître les procès d'intention en cours! Il n'est pas question d'acceptation, il est réponse de conscience, de réalisation et de libération.

Jal: Satto, dans vos intensifs vous parlez d'une invitation, que voulez-vous dire et qu'est-ce qui est partagé avec les participants du groupe?

Sat: C'est exactement cela! L'invitation est, façon de parler, de revenir à la vérité en nous et d'entrer en relation à partir de ce point de clarté, d'accueillir à nouveau tout le jeu de la vie. Tout le jeu! C'est un changement énorme! Accueillir le soi-disant bien et mal, comme le Bouddha que chacun de nous est en vérité et non comme une pauvre marionnette victime de circonstances bonnes ou mauvaises... et d'accueillir aussi la marionnette et la victime en nous! Donc l'invitation du satsang, au travers de notre réalisation propre, est la célébration complète de la vie dans tous ses aspects! C'est le partage proposé et c'est énorme! C'est rencontrer la totalité du Vivant!

Et je vous le dis - mais ne croyez pas un mot de ce que je dis - ce n'est pas ennuyeux du tout! La Vie alors est vue et vécue comme le fantastique, terrible et magnifique Jeu qu'elle est en vérité... La vie n'est ni frileuse ni honteuse, la Vie est scandaleusement vivante! (rires) C'est ce que vous recevez!
... Après vous pouvez encore plus jouir et vous réjouir, apprécier le sel de vos soi-disant drames; vos rires, vos cris et vos larmes! C'est du grand théâtre! (rires) ... Et si nous disons la vérité c'est ce qui est déjà!... mais nous nous plaisons à prétendre lourdement et péniblement le contraire! C'est la Grande Farce! (rires)

La Divine Comédie!

Merci d'avoir posé ces questions.

lundi 14 janvier 2008

• Le royaume intérieur de la conscience - Eckhart Tolle

Sources

Le royaume intérieur de la conscience

Eckhart Tolle

Bien des gens sont déjà conscients du fait qu'il existe une différence entre spiritualité et religion. Ils réalisent que le fait de disposer d'un système de croyances - un ensemble de pensées que vous considérez comme vérité absolue - ne fait pas de vous une personne spirituelle, quelle que soit la nature de ces croyances. En fait, plus vous assimilez vos pensées (croyances) à votre identité, plus vous vous coupez de votre dimension spirituelle intérieure. Bien des gens « religieux » restent pris à ce niveau. Comme ils assimilent la vérité à la pensée, une fois qu'ils sont complètement identifiés à leurs pensées (leur mental), ils prétendent être les seuls possesseurs de la vérité. Inconsciemment, ils ne font que protéger leur identité et ne réalisent surtout pas les limites de la pensée. A moins de croire (penser) exactement comme eux, vous êtes selon eux dans l'erreur. Il n'y a pas si longtemps, ils vous auraient tué pour cela, tout en se sentant tout à fait justifiés de le faire. C'est d'ailleurs ce que certains font encore de nos jours.
La nouvelle spiritualité, c' est-à-dire la transformation de la conscience, émerge dans une grande mesure en dehors des structures religieuses institutionnalisées actuelles. La spiritualité a toujours existé dans les religions dominées par le mental. Mais les hiérarchies institutionnalisées se sont toujours senties menacées par elle et ont souvent essayé de la supprimer. L'ouverture à la spiritualité à grande échelle en dehors des structures religieuses est un phénomène entièrement nouveau. Autrefois, cela n'aurait pas pu se concevoir, surtout en Occident, la culture la plus dominée de toutes par le mental, culture où l'EgIise chrétienne avait une franchise virtuelle sur la spiritualité. II etait foncièrement impossible de discourir sur la spiritualité ou de publier des livres dans ce domaine à moins d'avoir été approuvé par l'Eglise. Si vous ne l'étiez pas, on vous réduisait illico presto au silence. Mais de nos jours, il y a des signes de changements, même dans certaines confessions et religions. Il est réconfortant et gratifiant de constater le moindre signe d'ouverture, entre autre la visite du pape Jean-Paul II à une mosquée et à une synagogue.

En partie à cause des enseignements spirituels issus des religions établies, mais aussi grâce à l'arrivée des anciens enseignements orientaux, un nombre croissant d'adeptes des religions traditionnelles peuvent désormais se détacher de leur identification à la forme, au dogme et aux systèmes de croyances rigides pour découvrir la profondeur cachée originale propre à leur tradition spirituelle. Par la même occasion, ils découvrent cette profondeur en eux. Ces adeptes réalisent ainsi que le degré de spiritualité n'a rien à voir avec ce que vous croyez, mais tout à voir avec votre état de conscience. Et cette prise de conscience détermine la façon dont vous agissez dans le monde et avec autrui.
Ceux qui ne réussissent pas à voir au-delà de la forme s'incrustent davantage dans leurs croyances, c'est-à-dire dans leur mental. Nous assistons donc en ce moment non seulement à une expansion sans précédent de la conscience, mais également, en parallèle, à un fort renforcement de l'ego. Certaines institutions religieuses acceptent de s'ouvrir à cette conscience nouvelle, alors que d'autres durcissent leurs positions et rejoignent les rangs de toutes les autres structures créées par l'homme pour permettre à l'ego de se défendre et de contre-attaquer.

Certains cultes, confessions, sectes ou mouvements religieux forment des entités collectives totalement fondées sur l'ego et aussi rigidement identifiées à leurs positions mentales que les partisans de n'importe quelle idéologie politique fermée à une quelconque autre interprétation de la réalité que la leur.
Mais, comme l'ego est destiné à se dissoudre, toutes ses structures rigides, qu'elles soient de nature religieuse, institutionnelle, corporative ou gouvernementale, se désintègreront de l'intérieur, même si elles semblent profondément ancrées. Ce sont les structures les plus rigides, les plus hermétiques au changement qui s' effondreront les premières. C'est ce qui s'est déja produit dans le cas du communisme soviétique. Ce régime politique ne semblait-il pas ancré à tout jamais, solide et monolithique ?
Pourtant, en quelques années, il s'est désintégré de l'intérieur. Personne ne l'avait prévu et tout le monde fut pris par surprise.
Quelques autres belles surprises de cet ordre nous attendent !

L'urgence de la transformation

Quand on se trouve devant une crise radicale, quand la vieille façon d'être dans le monde, d'interagir avec autrui et avec la nature ne fonctionne plus, quand la survie est menacée par des problèmes apparemment insurmontables, soit une forme de vie particulière ou une espèce mourra, soit elle dépassera les limites qui lui sont imposées et fera un bond évolutif.
Les formes de vie de notre planète auraient tout d'abord évolué dans la mer. Alors qu'il n'y avait aucun animal sur la terre, la mer regorgeait déjà de vie. A un moment donné, une de ces créatures marines a du s'aventurer sur la terre. Elle a probablement au tout début rampé quelques centimètres puis, épuisée par l'énorme force gravitationnelle de la planète, a du retourner dans l'eau, où la force de gravité étant presque nulle, elle pouvait vivre plus facilement. Puis, après d'incalculables tentatives, elle s'est adaptée à la vie sur terre, a développé des pattes à la place des nageoires et des poumons, à la place des branchies. Une espèce ne s'aventure pas dans un milieu si étranger et ne subit pas une telle transformation évolutive à moins qu'une situation critique ne la force à le faire.
Peut-être une grande partie de la mer fut-elle coupée du reste et vit-elle son niveau baisser au fil des millénaires, forçant les poissons à quitter leur milieu et à évoluer ailleurs.
C'est ce genre de défi auquel l'humanité est confrontée actuellement : l'humanité doit réagir à une situation critique qui menace sa survie même. Le dysfonctionnement de l'esprit (ego), déjà reconnu il y a plus de 2 500 ans par les anciens sages et maintenant amplifié par la science et la technologie, menace pour la première fois la survie de la planète tout entière. Jusqu'à récemment, la transformation de la conscience humaine, également mentionnée par les anciens sages, n'était rien d'autre qu'une possibilité, concrétisée ça et là chez quelques rares personnes, indépendamment de leur culture ou de leur confession religieuse. Un tel avènement de la conscience humaine ne se produisait pas parce que ce n'était pas impératif.
Une portion significative de la population terrestre reconnaîtra bientôt, si ce n'est déjà fait, que l'humanité se trouve devant un choix brutal : évoluer ou mourir. Un pourcentage encore relativement faible mais constamment croissant de l'humanité est en train de faire sauter les vieilles structures de l'ego et d'entrer dans une nouvelle dimension de la conscience.
Ce qui émerge en ce moment, ce n'est pas un nouveau système de croyances, une nouvelle religion, mythologie ou idéologie spirituelle, puisque nous arrivons au bout non seulement des mythologies, mais également des idéologies et des systèmes de croyances. Le changement se situe au-delà du contenu du mental, au-delà de nos pensées. En fait, au coeur de la nouvelle conscience se trouve la transcendance de la pensée, l'habileté nouvellement trouvée de s'élever au-dessus de la pensée et de réaliser une dimension en soi infiniment plus vaste que la pensée. Le sens de votre identité ne vient alors plus de l'incessant flot de pensées que vous preniez pour vous dans l'état de l'ancienne conscience. Quelle libération de réaliser que la « voix dans ma tête» n'est pas ce que je suis ! Mais alors, qui suis-je ? Je suis celui qui voit ceci. Je suis celui qui est là avant la pensée. Je suis la présence dans laquelle la pensée, l'émotion ou la perception se produisent.
L'ego n'est rien d'autre qu'une identification à la forme, principalement aux formes-pensées. Si le diable est un tant soit peu une réalité (pas une réalité dans l'absolu, mais quelque chose d'apparente), cette définition lui convient bien aussi : complète identification à la forme, qu'il s'agisse de formes physiques, de formes-pensées, de formes émotionnelles. Cette identification se traduit par une inconscience totale de mon lien avec le Tout, avec tout autre être et avec la Source. Cet oubli, c'est le péché originel, la souffrance, l'illusion. Quand cette illusion de division sous tend et gouverne tout ce que je pense, dis et fais, quelle sorte de monde puis-je créer ? Pour trouver la réponse à cette question, il suffit d'observer la façon dont les humains agissent les uns envers les autres, de lire un livre d'histoire ou de simplement regarder les nouvelles à la télévision le soir.
Si les structures du mental humain restent telles qu'elles sont, nous finirons toujours par fondamentalement recréer le même monde, les mêmes démons, le même dysfonctionnement.

Un nouveau paradis et une nouvelle Terre

Pour le titre de cet ouvrage, je me suis inspiré d'une prophétie de la Bible qui semble plus appropriée maintenant qu'à n'importe quel autre moment de l'histoire de l'humanité. Cette prophétie, qui se retrouve aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, parle de l'effondrement de l'ordre mondial existant et de l'émergence d'un « nouveau paradis et d'une nouvelle terre ». Il faut comprendre ici que le paradis n'est pas un lieu à proprement parler, mais le royaume intérieur de la conscience. Tel est le sens ésotérique de ce terme. C'est également le sens des enseignements de Jésus. Quant a la Terre, elle est la manifestation extérieure de ce paradis intérieur. La conscience humaine collective et la vie sur notre planète sont intrinsèquement liées. Le « nouveau paradis », c'est l'avènement d'un état de conscience humaine transformée, la « nouvelle Terre» en étant le reflet dans le monde physique. Etant donné que la vie et la conscience humaines font intrinsèquement un avec la vie de la planète, et à mesure que l'ancienne conscience se dissout, il est certain que, parallèlement, des bouleversements géographiques et climatiques se produisent à bien des endroits de la planète, bouleversements auxquels nous assistons déjà.

Extraits tirés du livre "Nouvelle Terre", d'Eckhart Tolle (Ariane Éditions)

• Comme des traces vides chevauchant les vagues - Daniel Odier

Comme des traces vides chevauchant les vagues

Daniel Odier

L'ego, c'est avant tout la séparation. Lorsque le désir ne se déploie pas vers l'ego, il s'immerge spontanément dans la conscience. Ainsi ce qui lie les êtres conditionnés par l'ego libère le tantrikâ et le désir s'épanouit en pur amour. Il n'y a plus alors d'obstruction. Si, dans la présence, nous pouvons descendre au plus profond de nous-mêmes, nous voyons clairement qu'il n'y a pas d'ego, qu'il n'y a pas de différenciation donc pas de dualité. A cet instant, la peur n'est plus présente et nous pouvons enfin, par instants, connaître la condition du sahajiyâ, adepte éveillé du spontané, manière dont se définissent les tantrikâ, qu'ils soient shivaïtes ou bouddhistes. Chinul, le grand maître Chan coréen du douzième siècle, exprime magnifiquement cette liberté dans son traité Les secrets de la culture de l'esprit : «Ainsi, pour les adeptes, le principe de maintenir également concentration et pénétration ou vision profonde n'est pas une question d'effort ; c'est spontané et naturel, sans plus de disposition de temps. En voyant et en écoutant, ils sont simplement ainsi ; en se vêtant et en se nourrissant, ils sont simplement ainsi ; en déféquant et en urinant, ils sont simplement ainsi ; en conversant, ils sont simplement ainsi : quoi qu'ils fassent, marchant, debout, assis, couchés, parlant, silencieux, pleins de joie ou de colère, en tout temps et en toute activité, ils sont ainsi, comme des traces vides chevauchant les vagues, allant avec les hauts et les bas, comme une rivière se faufilant entre les montagnes, se courbant dans les sinuosités et se redressant dans les lignes droites, sans se préoccuper d'aucun état d'esprit, allant avec la nature, bouillonnant, s'adaptant à toutes les situations sans inhibition et sans entraves, sans arrêter ni nourrir le bien et le mal, simples et directs, sans artifices, avec une perception normale'. »

Pour les tantrikâ, l'ego lui-même n'a d'autre noyau que la conscience. Dès qu'il se détend un peu, sa nature fondamentalement absolue se libère. L'ego n'est donc pas plus à trancher que tout ce qui fait un être humain, il suffit de saisir sa nature originelle immaculée et spatiale.

Le Vijñânabhaïrava tantra donne cette très belle définition de la méditation : « Un esprit stable et dépourvu de caractéristiques, voilà la vraie contemplation » alors que les sahajiyâ parlent de « conscience égale au repos ». Lorsque l'esprit se trouve ainsi apaisé, il est enfin capable de refléter la réalité telle qu'elle est et non telle que nous la voudrions. Cette réorchestration incessante de notre esprit qui s'efforce de voir le monde comme il l'imagine nous fatigue et nous fait souffrir. Un esprit paisible réalise qu'il a la capacité de tout saisir dans l'instantanéité. II n'a plus à stocker les matériaux de la réalité pour les traiter ultérieurement. II voit les choses directement, sans projections et sans jugements, dans leur évidence, dans leur réalité nue.

Extrait du livre Désirs, passion & spiritualité - Daniel Odier - Pocket

• En Cela, vivait et vibrait Le Silence - Trinity

Sources

En Cela, vivait et vibrait Le Silence

Trinity

Trinity : J'ai cherché des mots, très longtemps, des mots qui pourraient rendre l'Expérience de l'Être, de La Réalité, comme je l‘ai vécu, et peut-être pas comme elle est dans l‘Absolu... et j'avoue que je n'en ai trouvé aucun... alors je me suis dit qu'en additionnant beaucoup de mots qui disent chacun un peu, j'en viendrais à donner un aperçu, de Ce Qu'Il Est, Ce Réel...

Mais je vais commencer par poser l'état intérieur dans lequel je me trouvais, lorsque j'ai pénétré le Royaume des Cieux, Le Pur Espace de la Lumière...

C'était un très beau dimanche d'été, le soleil ne trouvait aucun nuage pour voiler ses rayons dorés, l'air était chaud et doux, et je marchais dans les rues de ma petite ville... J'étais dans un très bel état intérieur, aucun désir de quelque chose, aucun besoin d'arriver quelque part, aucune attente si légère soit-elle ne me prenait mon esprit ou mon coeur... si je prenais ici un mot pour définir cet état, je choisirais le mot, Contemplation...

Donc en me baladant au hasard de mes pas, je contemplais le monde, les choses, les êtres, tous les mouvements de la vie en somme, mais j'étais moi-même sans mouvement... je n'étais que "regard" se posant sur les choses, que silence et quiétude, que présence en un mot... ici, maintenant, totalement… sans forcer, ni pour y être, ni pour ne pas y être...

Et dans cet état ou "moi" avait disparu, dans le sens ou "moi" est celui qui soliloque, bavarde, désire, compare, évalue, juge etc...

Soudain, LUI EST APPARU !

Et c'est maintenant que tous les mots du monde ne servent plus à rien…

Soudain LA VIE EST APPARUE dans ce que « « je » pensais » être la vie… Rien de ce qui m’entourait n’avait changé, mais pourtant, tout ce qui m’entourait s’est mis à VIVRE… Le trottoir sur lequel je posais les pieds, les façades des édifices, la petite clôture, le lampadaire, le carré d’herbe, absolument tout est devenu VIVANT, RAYONNANT, CONSCIENT D’ÊTRE… Comment exprimer qu’un trottoir puisse être vivant, dans le sens où le trottoir était conscient que j’étais là, qu’il me voyait, qu’il n’était pas qu’un amas de roches et de ciment inerte, mais qu’il était MATIÈRE-ESPRIT VIVANTE, qu‘il rayonnait d’une Lumière d’Or, sans que cette Lumière d’Or ne modifie sa propre couleur, qu’il était pétri de Conscience, et encore plus inimaginable, qu’il était Radiant d’Amour… un trottoir ??? je ne sais si Cela peut s’imaginer si on ne la pas Vu…

Et tout ainsi, la clôture, l’herbe, les façades des immeubles, tout ce qui m’entourait était de cette Unique façon… Tout était Vivant, Tout me voyait, me souriait, "m’aimait"… Tout était « mes amis » si cela peut se comprendre…

Tout était Dieu !

Puis j’ai levé les yeux pour regarder l’espace devant moi et le ciel, et c’est devenu encore plus inimaginable… L’espace n’était pas que VIDE contenant l’air que je respire, il était « QUELQUE CHOSE »… Une Présence, Un Regard Immense, Une Conscience… L'ESPRIT d’UN ÊTRE…

L’Espace me regardait, me voyait, me connaissait, et de la même façon aussi tout ce qui était en LUI était ainsi Vu et Connu… Il y avait en Cet Espace, une Énergie dont la Splendeur est innommable, faites de Lumière en mouvement, un mouvement incommensurablement Puissant mais en même temps sublimement Doux... un mouvement semblable aux vagues, à la façon de l’eau de l’océan... et cette Énergie, cette Eau-Lumière remplissait tout l'Espace, baignait, entourait et pénétrait le moindre et le plus « vulgaire » atome, animait et pourvoyait à tout ce qui était en Cet Espace, en Cet Esprit illimité… d’ailleurs, en Cela, plus rien n’était vulgaire ou petit… Tout était Parfait !

Et en Cela, vivait et vibrait Le Silence… un Silence si Plein, Entier et Vivant qu’il en est indescriptible… on ne le connaît pas parce qu’on l’entend, car comment entendre le Silence, on le connaît parce qu‘on le pénètre… qu’on pénètre l’Intemporelle Puissance d’Or du Silence… il y a beaucoup de bruits dans une ville, mais tous les bruits qui sortaient du train-train quotidien, aussitôt qu’ils étaient émis, coulaient, fondaient, se dissolvaient dans Le Silence... ils ne troublaient même pas un soupçon, un iota de cette pure Quiétude qui soutenait ce monde et le remplissait, le saturait de Paix et d’Harmonie… Toutes choses, tous les atomes vibraient en harmonie les uns avec les autres, et cette « vibrance » était infiniment Joyeuse… Cela produisait comme une cascade, un scintillement, un éclat de cristal, presque comme un rire… c’était la Joie à l’État Pur, d’Être et d’Exister, sans cause, sans raison…

En tout Ceci, en toute cette Magnificience Vivante, il n’y avait qu’Un seul "Sentiment" qui était, comme la colle, comme le lien, comme la Force qui maintenait toutes choses Unies, les unes AVEC les autres, les faisaient vibrer dans Une Harmonie Parfaite, sans que rien ne soit HORS de cette Harmonie… et ce Sentiment C’était L’AMOUR… Total, Pur... Sublime ! Soufflant et Rayonnant en TOUT un Bien-Être, une Plénitude indisable, une Puissance et une Douceur d’Être INFINIE, sans aucune considération quant aux appréciations, aux jugements et conceptions humaines… Car tout était AINSI… Simplement, Également et Parfaitement AIMÉ !

LE RÉEL EST DONC L’UTOPIE…

Pourquoi l'Utopie... parce qu'il est au-delà de tout ce que l'on peut imaginer, qu'il est encore bien plus BEAU, GRAND, MAGNIFIQUE que tout ce que l'on peut concevoir, qu'il dépasse les visions les plus féériques, les plus merveilleuses qui se puissent imaginer... d'ailleurs, l'on ne pourrra jamais imaginer aussi Grandiose que Ce Réel...

Qui donc pourra le croire, sans l’avoir lui-même VU… D’ailleurs il n’est pas possible de croire au Réel, puisqu’il n’est pas du domaine des nos "pensées", des philosophies et des croyances…

Le Réel Est, comme Dieu Est… Il Est Celui Qui Est !

Trinity

jeudi 3 janvier 2008

• Francis Lucille sur YouTube

Toute une série de vidéos ont été mise en ligne sur YouTube
(hélas pour nous, en Anglais, mais cependant assez facile à comprendre...).


• Il n'y a que la source apparaissant - Tony Parsons

Il n'y a que la source apparaissant

Tony Parsons

- Je suis en train de lire le livre de Suzanne Segal. Ce qui est étonnant pour moi est qu'elle n'est pas su ce qui lui arrivait pendant si longtemps. Comment cela s'est-il passé pour vous?

Tony Parsons : Quand cela s'est produit et qu'il y eut la vision : « Je suis ceci », cela a été, en fait, tout à fait naturel. Pour certains, c'est lié à une profonde souffrance ou un sentiment de perte - pour moi, c'est allé d'une grande joie à une joie plus grande encore.
Lorsque j'étais enfant, et n'oubliez pas que c'était pendant la guerre, j'étais persuadé que la seule chose qui valait la peine était de trouver Dieu. J'ai grandi dans un milieu chrétien et à mes yeux la seule chose valable à faire était de trouver Dieu. Pourquoi faire autre chose ?
J'étais absolument sûr que Dieu était partout et que tout renfermait un secret. Tout ce que je regardais renfermait quelque chose qui était Dieu me confiant le secret. Ce qui est drôle, c'est que j'ai toujours su que je finirais par découvrir le secret. Alors, lorsque j'ai traversé le parc, ce fut, en quelque sorte: « Oh !... Oui... Bien sûr... » C'était étonnant, cette incroyable tranquillité... Mais il y avait aussi cette reconnaissance: « Oh, oui! C'est ainsi que nous sommes de façon naturelle. Nous le recouvrons avec l'idée d'un « moi » - quelqu'un là voulant quelque chose. »
Il n'y avait aucune crainte de devenir fou. Quand c'est arrivé, c'est arrivé également accompagné d'une grande clarté, d'une vision élargie. Et une chose qui ne faisait aucun doute est que nous sommes constamment dans cette invitation.

- Je vous ai entendu dire que lorsque quelqu'un s'éveille, c'est d'une grande aide pour le monde entier; que cela apporte de la lumière. Cela m'a beaucoup touché.

Tony Parsons : Tant qu'il y a au monde des gens apparents en recherche, et qu'apparemment ils rencontrent quelqu'un d'autre qui réellement n'est rien, ils en éprouvent une expansion. D'une façon générale, dans la perspective élargie au tout, il n'est pas de différence. Mais pendant tout le temps où il y a un chercheur en demande, être auprès de quelqu'un qui n'est rien peut être une manière de générer relâchement et sentiment d'expansion. Parce que ce qu'ils y voient est leur nature originelle. Ce qu'ils voient est ce qu'ils sont. Et un lâcher prise, un effondrement de toute cette étroitesse, peut intervenir.
Il peut y avoir une échappatoire dans le fait de se plonger dans l'aide aux autres. Ce peut être simplement une autre façon d'esquiver la découverte que vous n'êtes rien. Lorsque l'unicité est embrassée ou intégrée, il n'est plus question d'aider qui que ce soit - il n'est personne ayant besoin d'aide.

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Il n'y a que la source apparaissant...

Au coeur du projecteur, il y a la lumière, une lumière constante. Et le film - que ce soit votre vie, le film Tony Parsons ou un autre - défile dans le projecteur. Il se dévide avec tous les personnages qui en font partie et à la fin, il n'y a plus rien. Seule demeure la lumière.
Ce que vous êtes est la lumière, lumière éternelle. La lumière est la non chose d'où tout émerge. Et ce qui également émerge est ce personnage assis ici. Vous êtes la présence, l'absolu, le rien ou la lumière qui permet à ce personnage d'être là.

- La lumière a-t-elle un savoir de ce qui se passe?

La lumière est le savoir.

- La lumière crée-t-elle l'histoire ?

Il n'est pas de création et pas d'histoire - seulement un semblant. Voyez-vous, ceci est difficile, car dans un sens l'histoire émane de la lumière, mais la lumière est intemporelle, totalement impersonnelle et immobile. Par conséquent, il n'y a pas quelque chose dans la lumière en train d'inventer et de fabriquer l'histoire. L'histoire, simplement, se manifeste. Ce n'est pas quelque chose qui peut être compris... C'est le divin mystère.
Et ce qui est encore plus dur à admettre, c'est qu'il n'est ni but, ni intention, ni dessein, ni sens, ni raison, ni orientation, ni direction, ni parcours ou progression - rien que ceci. Il n'y eut jamais de commencement et il n'y aura jamais de fin. Il n'y eut jamais un moment où, disons, la source se reposait et ne se connaissait pas elle-même et ensuite voulut se connaître et créa ceci. Cela ne s'est jamais produit - rien ne s'est jamais produit. Il n'est que l'éternel ceci.
Il y a apparemment une histoire - ici Tony Parsons et là-bas, le monde - mais il s'agit simplement d'une image. Et d'une seule - il n'y en a qu'une seule. L'esprit en fait une série d'images et nomme cela une histoire. Mais en réalité, il ne s'agit toujours que d'une image. Lumière... Unicité.
C'est au delà de la compréhension. C'est un mystère - l'esprit ne peut jamais concevoir cela. Je ne peux que confirmer (et vous me le confirmerez quand il n'y aura plus de chercheur) que la lumière se sait elle-même. Il y a un savoir. Et ce savoir se sait lui-même en tant que tout et rien.
Il n'y a pas quelque chose qui est au repos, et puis qui crée quelque chose. En l'éternelle manifestation, il y a le repos, l'immobilité, et le mouvement, le vide et le plein - tout et tout à la fois. Et jusqu'à ce que cela soit vu, il y a toujours cette subtile séparation du "moi voyant la conscience se manifester."
Il y a une difficulté avec les mots. Plusieurs mots peuvent être utilisés pour ce que je nomme la source - lumière, présence, absolu, vacuité, conscience, le rien qui est tout, le bien-aimé...
J'emploie souvent le bien-aimé. Ces mots signifient tous le un.
Lorsque je vous dis que vous êtes la source, strictement parlant, ce n'est pas exact. Il n'est que la source. Il n'est personne là qui soit la source. Il n'est que source, il n'est que présence, il n'est que conscience (conscience pour moi est un autre mot pour source)... Tout cela, ce sont des mots, ils ne peuvent exprimer ce que vous êtes. C'est impossible.
De la source émane l'amour inconditionnel. L'immobilité est la nature de la source ; tout dans le monde, ou dans l'apparence, possède cette nature d'amour inconditionnel, de tranquillité, d'impersonnalité.
Encore une fois, il s'agit de mots. Il n'y a aucun moyen pour qu'ils expriment réellement ce qui est. Il faudra donc que vous me pardonniez les mots. Et puis aussi, vraiment, il faudrait que j'emploie "apparent" devant tout ce dont je parle - l'apparent "vous", l'apparent mur, et cetera... Tout cela n'est qu'apparent - une métaphore, une parabole, une suggestion, le reflet d'une possibilité autre.
L'éveil introduit une perception totalement différente. Ce n'est pas "vous" qui avez cette perception. La perception a lieu, point. Il n'est personne là pour s'en emparer. L'éveil est la réalisation qu'il n'est personne là. Et lorsqu'il n'y a personne, tout ce qui a été dit est vu par personne, y compris le personnage de Pierre, Paul, Jacques ou Marie, qui ne fait lui aussi que surgir en cela.

- Et tout le temps il n'y a qu'une seule image ?

Il n'y a que la seule image ou rien du tout. Il n'y a que le bien-aimé. Il n'y a que l'absolu apparaissant en tant que particulier ou pas.

- Tout le temps ?

C'est intemporel. Ce n'est pas "tout le temps" - c'est au delà du temps. C'est tout ce qui est. Où que vous alliez dans le monde, quoi que vous voyiez, est source apparaissant... Tout ce que vous voyez est le bien-aimé, apparemment en mouvement, apparemment au sein de quelque chose appelé temps. Il embrasse toutes ces choses qui semblent s'agencer en une histoire.


Extraits de Tout ce qui est
Éditions Accarias L'originel