Une immersion momentanée dans l'Éveil
L’éveil est l’éveil qui s’éveille sans s’éveiller.
L’éveil qui s’éveille est l’éveil en rêve.
Le soleil de midi ne fait pas d’ombre.
L’illumination vraie ne brille pas.
Shosan Suzuki
Le soleil de midi ne fait pas d’ombre.
L’illumination vraie ne brille pas.
Shosan Suzuki
Avertissement : Ce texte n'a aucune prétention. Il ne se veut pas comme un exposé définitif de la vérité absolue. Il constitue juste un témoignage d'un "aperçu" de l'éveil, qui est en lui-même un "non-événement". Il peut toutefois devenir une source d'inspiration pour certains, ou faire écho à d'autres ayant vécue la même expérience. Tout ce que je pensais connaitre concernant l'éveil n'était en réalité que des concepts car l'idée de l'éveil n'est pas l'éveil tout comme le mot n'est pas la chose nommée.
Chacun abordera donc ce témoignage comme il l'entend, y adhèrera ou le laissera tel quel. Tout ça n'a, en définitive, aucune importance. Je ressens juste le désir sincère de partager cette expérience...
Il était assis face à nous partageant, par sa présence et son enseignement, la connaissance de la condition éveillée. Puis il s'arrêta de parler et, dans le même temps, son regard croisa le mien. À cet instant précis, l'éveil me saisit subitement, ne laissant plus rien de la personnalité à laquelle je m'étais identifié jusqu'à ce jour.
Durant ce moment de silence, au-delà du temps et en un éclair qui parut éternel(1), toute notion de dualité cessa et la conscience se reconnue pour ce qu'elle a toujours été. Je perçut instantanément qu'il n'y avait plus aucune notion de séparation et que l'état dans lequel je me trouvais était totalement identique au sien et à celui de tout être et de toute chose. Nous participons tous du même éveil. Seul le Soi peut contempler le Soi et seule, en réalité, la conscience éveillée se saisit elle-même.
Lorsque l'éveil est reconnu, ne serait-ce que temporairement, une prise de conscience radicale s'effectue : cet état éveillé est intemporel (au-delà du temps), impersonnel (au-delà d'un sens de soi) et inconditionnel (non conditionné). L'éveil est notre condition première, notre nature originelle, et jamais nous n'en avons été séparé. CELA a toujours été, présent, en évidence. De tout temps, hors du temps, et en toutes circonstances, nous sommes CELA qui VIT en nous.
Comprenons bien qu'il s'agit d'une dimension non-duelle dans laquelle n'existe plus le sens d'un "je" autonome et indépendant, bien que dire cela soit totalement irrationnel pour le mental ordinaire et la pensée conceptuelle.
Il se fait jour en nous la réalisation qu'il n'y a jamais eu de soi individualisé. Il y a l'ÊTRE, mais pas de soi relatif. Pour utiliser une métaphore, c'est comme si l'identification à la vague - cette notion illusoire d'un moi distinct - disparaissait, laissant l'OCÉAN de notre vraie nature se révéler dans toute sa plénitude.
Paradoxalement, on ne peut assister à sa propre illumination, car l'éveil est justement la disparition de ce sentiment illusoire de séparation que l'on appelle l'ego. Il y a éveil, mais personne qui s'éveille. Mais en définitive, même l'ego n'existe pas ! Celui-ci est juste une image trompeuse à laquelle, par ignorance, on s'identifie, comme si on prenait un de ses rêves au sérieux, au point de le faire durer indéfiniment... Jusqu'au jour où, enfin, CELA se reconnait.
De même que pour la lumière et l'obscurité, l'ego et la réalisation ne peuvent coexister. C'est justement l'un qui empêche temporairement la reconnaissance de l'autre. Mais le plus étrange, c'est qu'au moment même où l'on VOIT ce qui EST, on réalise l'irréalité totale de cet ego. Celui-ci est simplement une construction sans aucune consistance, tel un mirage, car seule cette dimension d'êtreté est, et a toujours était, l'unique RÉALITÉ. Cette prise de conscience est si puissante qu'elle fait voler en éclat le masque du "moi".
Lorsque CELA est perçu, il y a un niveau de connaissance et de compréhension jamais atteint. Nous sommes cette totale connaissance (de SOI) et elle embrasse toutes choses. Celle-ci elle est à l'oeuvre dés MAINTENANT, à l'instant même où chacun lis ces lignes.
Ainsi, au sein de l'éveil, l'activité mentale ordinaire (concepts, pensées, croyances) est devenue totalement silencieuse, laissant place à une perception directe, une CONNAISSANCE absolue au sein de laquelle rien ne manque. Cette Intelligence première embrasse tout et rien n'existe en dehors d'elle. La conscience se reconnait alors comme étant inséparable de cette Intelligence innée.
Par la suite, quand le sentiment ou l'expérience d'en être séparé reviennent, il suffit de demeurer dans la certitude et la confiance sans faille que c'est toujours LÀ (et ça l'est), percevoir que tout est une expression, tel un déploiement, de cette nature absolue, et de se tenir immobile dans ce regard.
En conséquence, il n'y a rien que nous ne puissions faire, puisque tout est déjà là, complet tel que c'est, et que nous sommes CELA. Nous pouvons juste maintenir une présence-conscience à ce qui est, au coeur de l'instant. Si on sait les aborder comme telles, chaque situation et chaque circonstance sont un moment de réalisation. Pratiquer cela n'est pas en soit faire quelque chose, mais participe déjà de la condition éveillée.
Tant que l'éveil reste un simple avant-goût et qu'il n'est pas totalement stabilisé, il convient donc de "veiller", c'est-à-dire de demeurer dans la Présence continue, une attention et une vigilance naturelles. On appelle aussi cela le retournement de la conscience qui se saisit elle-même, dans un face à face intime, où l'on revient à la racine de l'esprit.
Alors, CELA réapparaitra à un moment ou à un autre, puisqu'il n'est pas séparé de qui nous sommes. Sachons rester simplement disponibles pour la prochaine invitation...
C'est dans ce sens que nous devrions parler de méditation, et non comme d'une technique dualiste basée sur le devenir, qui a pour objectif de calmer simplement l'agitation des pensées en vue de s'éveiller dans le futur. Cela n'a pas de sens car, au sein de l'éveil, toutes notions de passé, présent et futur n'existent plus. Ce qui est, EST, et CELA ne participe pas du temps. Seul demeure l'Instant-hors-du-temps.
Du point de vue de l'éveil, nous sommes déjà ce que nous voulons être. Toute idée de chemin à parcourir et de pratiques à réaliser devient un non-sens. L'éveil n'est pas dans le temps. L'éveil est simplement l'énergie de ce qui est. L'éveil est maintenant. On considère à tort celui-ci comme un objet extérieur qu'il faudrait acquérir ou posséder.
Si "méditation" il y a, alors celle-ci ne peut pas être appliquée dans l'objectif de s'éveiller dans le futur. Pratiquons plutôt en vue de révéler et de laisser émerger ce l'on est déjà fondamentalement... bien que je SUIS ne dépende, en définitive, d'aucune pratique !
Ainsi, l'Insondable est perçu comme la totalité de ce qui est. Le moi relatif et le sens de séparation qui l'accompagne se sont volatilisés, laissant place à une ouverture et un espace de connaissance sans limite. On existe en tant que TOUT, et non en tant que conscience indépendante.
Même si, à partir de cet état, on en vient à employer l'expression "je", c'est juste une convention facilitant la communication car il n'y a plus de notion d'un soi séparé, de vérité à revendiquer ni de territoire à défendre.
Cette condition d'éveil est la plus naturelle, ordinaire et simple qui soit. Elle est déconcertante d'évidence. Elle déjà connue. Elle n'a jamais été éloignée pas plus qu'elle ne se trouve dans un "ailleurs".
Au moment où l'on perçoit l'Inconcevable, il n'y a même plus d'observateur, simplement parce que l'on est CELA. Selon l'adage Indien de la tradition non-duelle (advaïta), c'est l'Un-sans-second. On ne peut rien en dire et, bien que le sens du moi ait totalement disparu, on n'a jamais été autant SOI-MÊME avant ça.
Chacun abordera donc ce témoignage comme il l'entend, y adhèrera ou le laissera tel quel. Tout ça n'a, en définitive, aucune importance. Je ressens juste le désir sincère de partager cette expérience...
Il était assis face à nous partageant, par sa présence et son enseignement, la connaissance de la condition éveillée. Puis il s'arrêta de parler et, dans le même temps, son regard croisa le mien. À cet instant précis, l'éveil me saisit subitement, ne laissant plus rien de la personnalité à laquelle je m'étais identifié jusqu'à ce jour.
Durant ce moment de silence, au-delà du temps et en un éclair qui parut éternel(1), toute notion de dualité cessa et la conscience se reconnue pour ce qu'elle a toujours été. Je perçut instantanément qu'il n'y avait plus aucune notion de séparation et que l'état dans lequel je me trouvais était totalement identique au sien et à celui de tout être et de toute chose. Nous participons tous du même éveil. Seul le Soi peut contempler le Soi et seule, en réalité, la conscience éveillée se saisit elle-même.
Lorsque l'éveil est reconnu, ne serait-ce que temporairement, une prise de conscience radicale s'effectue : cet état éveillé est intemporel (au-delà du temps), impersonnel (au-delà d'un sens de soi) et inconditionnel (non conditionné). L'éveil est notre condition première, notre nature originelle, et jamais nous n'en avons été séparé. CELA a toujours été, présent, en évidence. De tout temps, hors du temps, et en toutes circonstances, nous sommes CELA qui VIT en nous.
Comprenons bien qu'il s'agit d'une dimension non-duelle dans laquelle n'existe plus le sens d'un "je" autonome et indépendant, bien que dire cela soit totalement irrationnel pour le mental ordinaire et la pensée conceptuelle.
Il se fait jour en nous la réalisation qu'il n'y a jamais eu de soi individualisé. Il y a l'ÊTRE, mais pas de soi relatif. Pour utiliser une métaphore, c'est comme si l'identification à la vague - cette notion illusoire d'un moi distinct - disparaissait, laissant l'OCÉAN de notre vraie nature se révéler dans toute sa plénitude.
Paradoxalement, on ne peut assister à sa propre illumination, car l'éveil est justement la disparition de ce sentiment illusoire de séparation que l'on appelle l'ego. Il y a éveil, mais personne qui s'éveille. Mais en définitive, même l'ego n'existe pas ! Celui-ci est juste une image trompeuse à laquelle, par ignorance, on s'identifie, comme si on prenait un de ses rêves au sérieux, au point de le faire durer indéfiniment... Jusqu'au jour où, enfin, CELA se reconnait.
De même que pour la lumière et l'obscurité, l'ego et la réalisation ne peuvent coexister. C'est justement l'un qui empêche temporairement la reconnaissance de l'autre. Mais le plus étrange, c'est qu'au moment même où l'on VOIT ce qui EST, on réalise l'irréalité totale de cet ego. Celui-ci est simplement une construction sans aucune consistance, tel un mirage, car seule cette dimension d'êtreté est, et a toujours était, l'unique RÉALITÉ. Cette prise de conscience est si puissante qu'elle fait voler en éclat le masque du "moi".
Lorsque CELA est perçu, il y a un niveau de connaissance et de compréhension jamais atteint. Nous sommes cette totale connaissance (de SOI) et elle embrasse toutes choses. Celle-ci elle est à l'oeuvre dés MAINTENANT, à l'instant même où chacun lis ces lignes.
Ainsi, au sein de l'éveil, l'activité mentale ordinaire (concepts, pensées, croyances) est devenue totalement silencieuse, laissant place à une perception directe, une CONNAISSANCE absolue au sein de laquelle rien ne manque. Cette Intelligence première embrasse tout et rien n'existe en dehors d'elle. La conscience se reconnait alors comme étant inséparable de cette Intelligence innée.
Par la suite, quand le sentiment ou l'expérience d'en être séparé reviennent, il suffit de demeurer dans la certitude et la confiance sans faille que c'est toujours LÀ (et ça l'est), percevoir que tout est une expression, tel un déploiement, de cette nature absolue, et de se tenir immobile dans ce regard.
En conséquence, il n'y a rien que nous ne puissions faire, puisque tout est déjà là, complet tel que c'est, et que nous sommes CELA. Nous pouvons juste maintenir une présence-conscience à ce qui est, au coeur de l'instant. Si on sait les aborder comme telles, chaque situation et chaque circonstance sont un moment de réalisation. Pratiquer cela n'est pas en soit faire quelque chose, mais participe déjà de la condition éveillée.
Tant que l'éveil reste un simple avant-goût et qu'il n'est pas totalement stabilisé, il convient donc de "veiller", c'est-à-dire de demeurer dans la Présence continue, une attention et une vigilance naturelles. On appelle aussi cela le retournement de la conscience qui se saisit elle-même, dans un face à face intime, où l'on revient à la racine de l'esprit.
Alors, CELA réapparaitra à un moment ou à un autre, puisqu'il n'est pas séparé de qui nous sommes. Sachons rester simplement disponibles pour la prochaine invitation...
C'est dans ce sens que nous devrions parler de méditation, et non comme d'une technique dualiste basée sur le devenir, qui a pour objectif de calmer simplement l'agitation des pensées en vue de s'éveiller dans le futur. Cela n'a pas de sens car, au sein de l'éveil, toutes notions de passé, présent et futur n'existent plus. Ce qui est, EST, et CELA ne participe pas du temps. Seul demeure l'Instant-hors-du-temps.
Du point de vue de l'éveil, nous sommes déjà ce que nous voulons être. Toute idée de chemin à parcourir et de pratiques à réaliser devient un non-sens. L'éveil n'est pas dans le temps. L'éveil est simplement l'énergie de ce qui est. L'éveil est maintenant. On considère à tort celui-ci comme un objet extérieur qu'il faudrait acquérir ou posséder.
Si "méditation" il y a, alors celle-ci ne peut pas être appliquée dans l'objectif de s'éveiller dans le futur. Pratiquons plutôt en vue de révéler et de laisser émerger ce l'on est déjà fondamentalement... bien que je SUIS ne dépende, en définitive, d'aucune pratique !
Ainsi, l'Insondable est perçu comme la totalité de ce qui est. Le moi relatif et le sens de séparation qui l'accompagne se sont volatilisés, laissant place à une ouverture et un espace de connaissance sans limite. On existe en tant que TOUT, et non en tant que conscience indépendante.
Même si, à partir de cet état, on en vient à employer l'expression "je", c'est juste une convention facilitant la communication car il n'y a plus de notion d'un soi séparé, de vérité à revendiquer ni de territoire à défendre.
Cette condition d'éveil est la plus naturelle, ordinaire et simple qui soit. Elle est déconcertante d'évidence. Elle déjà connue. Elle n'a jamais été éloignée pas plus qu'elle ne se trouve dans un "ailleurs".
Au moment où l'on perçoit l'Inconcevable, il n'y a même plus d'observateur, simplement parce que l'on est CELA. Selon l'adage Indien de la tradition non-duelle (advaïta), c'est l'Un-sans-second. On ne peut rien en dire et, bien que le sens du moi ait totalement disparu, on n'a jamais été autant SOI-MÊME avant ça.
≈≈≈≈≈≈
Dans les jours qui ont suivi cette expérience, je me trouvais par moments dans un état de méditation spontanée, totalement paisible et naturellement établi dans l'instant présent. Il m'est arrivé de rester ainsi plusieurs heures sans même me rendre compte du temps qui s'écoulait, ni ressentir aucune gêne due à la posture assise.
J'ai eu une fois une expérience bien étrange : j'étais assis depuis près de deux heures quand mon regard se porta sur une montre posée devant moi. Je vivais à ce moment-là une sensation de grande immobilité intérieure et j'avais l'impression que le temps s'était totalement arrêté. Je ne comprenais donc pas comment la trotteuse de la montre pouvait bouger alors que l'esprit, lui, ne connaissait aucun mouvement. Comment cela était-il possible ?!
Aujourd'hui, que reste-t-il de cette immersion momentanée dans l'éveil, l'essence de l'Être ? Qu'est-ce que nous apprend une telle reconnaissance, sur le plan relatif de notre existence ? C'est de ne plus rester identifié à ses pensées et à ses émotions ni de nourrir aucune histoire limitative personnelle. En langage plus actuel, on dirait de ne plus prendre les choses personnellement, c'est à dire du point de vue de cette entité fallacieuse qu'est l'ego. C'est d'abandonner (lâcher-prise) toute saisie et attachement quant à ses constructions mentales illusoires. C'est aussi et surtout revenir dans l'état de Présence authentique, cette nature ouverte propre à chacun, qui est là, en arrière-plan de la conscience, avant même la manifestation de tout vécu et de toute émergence.
Bien que l'observateur (le sens de la dualité) soit maintenant revenu, et avec lui son cortège de pensées et d'émotions, la vie relative me paraît cependant moins tragique et un espace ainsi qu'une joie toute simple de vivre m'habitent désormais. Il s'est aussi établi un sentiment de paix plus profond, avec une acceptation et une ouverture à ce qui est...
Je retiens surtout de cet aperçu que notre nature véritable est cette dimension du Soi, notre visage originel, qui est impersonnelle. Lâcher prise de l'ego, ce n'est pas "disparaître" pour autant. C'est simplement laisser la place à ce que nous SOMMES véritablement.
C'est en ce sens que la condition éveillée est importante dans nos vies et que nous avons besoin de l'Éveil pour nous remettre d'aplomb(2).
Y. R.
(1) Tony Parsons
(2) Vernon Kitabu Turner
Par discrétion, l'auteur de ce texte ne souhaite pas être identifié.



8 commentaires:
Bonjour, je voudrais réagir à ce témoignage émouvant en précisant, d'après mon expérience personnelle, que l'apparente simplicité et spontanéïté de cette magnifique expérience, repose en réalité sur une discipline de fer pendant des années pour atteindre le niveau d'énergie suffisant, ou alors un maÎtre prête momentanément la sienne ... Par exemple dans le zen, cela requiert en moyenne de 3 à 5 ans d'ascèse. Ceci dit, en principe n'importe qui, avec un courage suffisant, peut y arriver...
AG
Un maître Zen avait coutume de dire, suite à son satori : "L'illumination s'est produite par accident !", sous entendant que celle-ci ne dépendait, en réalité, ni de causes ni de conditions... Mais pour conclure ensuite : "et la pratique (zazen, car il avait médité très longtemps), ce qui l'a provoqué" !
Beaucoup d'humour chez ce maître Zen !!!
A la lecture de ce témoignage, me viennent les questions suivantes:
une telle rencontre avec l'indicible, une telle expérience d'ouverture dans l'absolu ne donne-t-elle pas l'envie d'y retourner et d'y rester ?
est-il possible de vivre constamment dans cet état?
y a-t-on accès à volonté lorsque cela vous semble souhaitable pour une raison ou une autre telle que apporter une aide à quelqu'un ...?
cette rencontre est-elle seulement possible à travers la pratique de la méditation?
.......?
reponse a anonyme :toute experience est addictive ,c'est a dire qu'elle donne envie de se reproduire .
l'experience est temporelle c'est a dire qu'elle s'eteint ,alors vient le desir d'une autre experience .
l'etat est une experience ,vecu par le "je suis" donc temporel .
oui, on peut avoir acces a volonte a des etats ou des talents pour des effets differents .
la meditation entraine des etats ,tous sont temporels et entrainent une addiction .
"une telle rencontre avec l'indicible, une telle expérience d'ouverture dans l'absolu ne donne-t-elle pas l'envie d'y retourner et d'y rester ?"
Réponse transmise par Y.R. (qui souhaite rester anonyme)
- D'un certain coté, oui, bien sûr, quelque "Chose" en nous y aspire, comme un élan naturel, mais d'un autre coté, ce n'est plus vraiment le point. Une fois Cela aperçu, dans cette vision hors du temps, on "sait" que cela est notre nature véritable. Le paradoxe est qu'il n'y a rien à "faire" car nous sommes déjà ce que nous souhaitons être.
"est-il possible de vivre constamment dans cet état?"
Il semblerait que nous y sommes déjà, tout le temps ! Pas "nous" en tant que personne divisée, séparée. Mais Cela, en tant que réalité intrinsèque. En fait, il n'y a rien de plus naturel que de vivre constamment en Cela. Mais "Cela" n'est pas un "état" pour autant...
"y a-t-on accès à volonté lorsque cela vous semble souhaitable pour une raison ou une autre telle que apporter une aide à quelqu'un...?"
Je crains vous décevoir, car en Cela, il n'y a plus vraiment d' "intention", parce qu'il n'y a plus "personne" pour en avoir. Par contre, quoiqu'il s'élève dans la conscience, cela semble toujours en accord et adapté avec la situation présente.
"cette rencontre est-elle seulement possible à travers la pratique de la méditation?"
C'est tout le paradoxe. Rien ne peut vous mener LÀ où vous êtes "déjà". Aucune méthode, aucune technique ni aucun "isme"... Cependant, tant que cela n'est pas pleinement reconnu, il semblerait, qu'à notre niveau, il y ait bien quelque chose à, pas tant faire, mais... être. Reconsidérons alors la pratique de la méditation, non pas comme un moyen pour atteindre un "état", un "idéal" différent de ce qui EST, un "ailleurs meilleur et plus éveillé", mais comme un "regard" permettant de révéler ce que nous sommes déjà.
Du point de vue de l'éveil, méditer n'a peut-être pas grande importance, puisque tout participe à cette condition. Mais de ce même point de vue, si vous méditez, alors c'est bien aussi ! A notre niveau, la méditation devrait être envisagée comme une expression naturelle de la Vie, une pratique qui nous maintient dans un équilibre naturel (encore une façon de voir et une façon de dire dualiste j'en conviens). Selon un enseignant tibétain de la voie non-duelle «l'approche contemplative consiste à tourner son attention vers l'intérieur et à observer, derrière le voile des pensées et des concepts, la nature de la "conscience originelle" qui sous-tend toute pensée et permet leur formation. Cette faculté fondamentale de "connaître", que l'on peut appeler "conscience pure", existe en l'absence de constructions mentales et d'objets de pensée.../... Le véritable but de la méditation est de demeurer dans la conscience nue, quoi qu'il se passe ou ne se passe pas dans l'esprit. Peu importe ce qui se présente à vous, restez simplement ouvert et présent à ce phénomène, puis laissez-le disparaître. Si rien ne se produit, ou si les pensées s'évanouissent avant que nous les ayez remarquées, demeurez simplement dans cette clarté naturelle.»
Mais ici, on parlerait plutôt de "contemplation naturelle". Et à y regarder de plus prés, même sans le savoir, nous faisons déjà cela, nous sommes déjà en Cela... Y.R.
merci pour cette réponse,
cela me semble un peu compliqué..........
je crois comprendre (intellectuellement) que Cela est notre nature et que nous le sommes déjà depuis toujours, que tout ce qui arrive est Cela, cet échange lui-même... mais ....
je vois bien dans la vie qu'à chaque instant il faut refaire la mise au point sinon la vue est brouillée et le pilote automatique enclenché.......
qu'est-ce qui peut aider à la jonction de ces deux aspects ? à accélérer un peu le processus?
à faire en sorte que la mise au point se fasse automatiquement, spontanément ?
J'ai juste envie de vous dire que, du point de vue de l'éveil, tous les chemins sont possibles ! Revenons alors à cette pratique, peut-être pas si spéciale, que l'on appelle "méditation", qui est comme une métaphore de l'éveil...
"Il nous faut maintenant le faire, le pratiquer, le vivre. Nous avons pris de mauvaises habitudes qui ont besoin d'être corrigées.
Ce n'est pas une méditation en vue d'un but à attendre dans le futur. C'est une méditation qui consiste à être attentif à ce qui nous est donné MAINTENANT."
Douglas Harding
Si vous le voulez bien, là, maintenant, asseyons nous quelques instants - peu importe la posture.
Ne tentez ni n'essayez rien de spécial. Pas même de "méditer" ! Soyez simplement, totalement, et naturellement présent, en vous-même, à ce qui EST. Sentez cette présence ordinaire derrière le mouvement des pensées, à l'arrière plan de toute émergence se produisant dans la conscience. Laissez ainsi reposer l'esprit, dans la détente et la clarté, dans ce sentiment de Présence, d'êtreté. Au-delà de toute identification à un nom, une forme, une histoire personnelle, il y a ce que vous êtes. Cela est disponible, cela est à notre portée. Cela est PAIX, dès maintenant.
Et rassurez-vous, même si cela reste encore une expérience empreint de dualité, d'un certain point de vue, comme nous le souffle un maître Zen, "il n'y a pas d'autre pratique que cette pratique ; il n'y a pas d'autre manière de vivre que cette manière de vivre"... Y.R.
merci pour vos réponses, Y.R. et patrice,
il est vrai que la lecture de ce témoignage et de vos réponses m'aident en ce moment pendant la méditation, je les ai tellement lus et relus que certains passages reviennent tout seuls et favorisent une présence plus pleine, plus ouverte.
La difficulté est qu'il me faut sans cesse des stimulis de ce genre, que je cherche dans des lectures, des rencontres, ou même sur le net ! la preuve !...
j'ai des difficultés de concentration, et je vais faire quelques investigations du côté d'une éventuelle intoxication aux métaux lourds qui pourrait en être la cause.
une autre difficulté, est ce corps qui a tellement de mal à garder la posture...il faut dix bonnes minutes pour que le deuxième genou atteigne le sol, et au bout d'un moment, je suis tellement coincée que j'ai l'impression d'être un bloc de pierre, évidemment c'est pas terrible pour la respiration, et comme tout est lié, finie l'ouverture d'esprit. Quelque fois il y a dix minutes "magiques", quelques fois moins , mais tout de même un peu, quelque fois ce n'est que confusion, et quelque fois, ce n'est que envie de bouger et douleurs.
malgrès cela, les choses changent d'elles mêmes dans ma vie, deviennent plus fluides, plus de présence, plus d'ouverture, plus d'espace, plus de compréhension ...alors, ce serait juste ça l'éveil ? non, bien sûr !, mais puisque tout est déjà là ? un autre regard sur les choses ?...
Enregistrer un commentaire